Mon environnement se caractérise par une falaise boisée au nord et des habitations au sud (la dimension humaine de mon projet). De nombreux bâtiments permettent la récupération des eaux de pluie...

La Permaculture au Jardin 2ème Partie : Techniques Spécifiques

Après avoir essayé, la semaine passée, de définir la permaculturenous allons voir aujourd’hui quelques techniques entrant dans le cadre de la permaculture : buttes, jardin-forêt, spirales aromate…

Après avoir pris le temps de l’observation, le jardinier-permaculteur adoptera les pratiques qui conviennent le mieux à son environnement et à sa personnalité propre.

La Permaculture en Pratique

Il n’est bien sûr pas possible ici de dresser un tableau complet des nombreuses pratiques culturales se réclamant de la permaculture. Nous nous contenterons donc d’en présenter succinctement les plus populaires.

La Spirale à Aromates

Cette technique est très prisée des permaculteurs. Je suis pour ma part plus enclin à intégrer les aromates ça et là dans le jardin, tant pour certains effets répulsifs ou au contraire attractifs, que pour “brouiller” les pistes…

La spirale à aromates a notamment pour objectif d’offrir aux plantes aromatiques les meilleurs conditions pour leur développement. Ainsi :

  • les plantes appréciant  un sol frais et humide (menthe, ciboulette…) sont plantées en bas de la spirale ;
  • celles affectionnant la mi-ombre (persil, bourrache, coriandre…) sont placées sur les pentes ;
  • enfin les végétaux préférant un ensoleillement maximale (thym, romarin, lavande…) trouveront place au sommet.

Les Buttes de Culture

Mes buttes-lasagnes
Mes buttes-lasagnes

Rien que dans cette catégorie, les approches sont nombreuses; Que ce soient de simples (dans l’idée, pas dans la réalisation) buttes de terre enrichies de compost, des buttes vivantes de type lasagnes, ou mieux encore de buttes constituées sur une fosse dans laquelle on aura placé des troncs d’arbres en décomposition – (voir la vidéo de Philip Forrer ci-dessous) – toutes ces approches ont le même objectif : favoriser la constitution d’un riche humus stable et permettre ainsi un développement harmonieux et optimal des plantes cultivées. Les buttes jouent également un rôle dans l’écoulement de l’eau en excès (attention en zones sèches, le paillage est primordiale).

La constitution de buttes représente certes un travail considérable de mise en place, mais les travaux d’entretien sont par contre beaucoup moins importants par la suite : pas de bêchage, désherbage fortement limité et facilité (les adventices s’arrachent aisément). Et la terre est moins basse !

Les techniques de constitution, les formes (droites, en courbe ou en spirale), la hauteur et les matériaux utilisés sont extrêmement variables et dépendront de vos souhaits propres, de votre terrain et bien entendu des ressources à disposition. Observez et faites preuve d’imagination…

La Forêt-Jardin

S’inspirant de l’agro-foresterie, la forêt-jardin a pour principe d’associer arbres fruitiers à grand développement (noyer, cerisiers), arbres fruitiers à développement moyen (pommiers, poiriers, pruniers…) ou plus petits (pêchers…), petits fruits, aromates…et mêmes légumes !

Il s’agit en quelque sorte de reconstituer un Jardin d’Eden… Mais si ceci peut sembler relativement simple sur le papier, il n’en est pas de même dans la pratique. Chaque plantation doit en effet être mûrement réfléchie en fonction de son développement ultérieur, des ses besoins en lumière, de l’adaptation au voisinage de telle autre plante, etc…

Le Jardin en Ville

Contrairement à ce que l’on peut imaginer, la permaculture, en permettant une productivité maximale sur une petite surface, a toute sa place en ville.

On y appliquera les mêmes principes de non-travail du sol, d’étages de cultures, de diversification et d’associations de plantes.

Allonger les périodes de production

Diversité variétale

Vous l’aurez compris, la permaculture repose notamment sur la diversité des espèces cultivées, gage d’équilibre au jardin, mais aussi condition à des récoltes diversifiées et étalées dans le temps.

La diversification des variétés au sein d’une même espèce (il y a par exemple des variétés de tomates précoces, des mi-saison et des tardives) permettra d’étaler encore un peu plus ses récoltes.

Semis échelonnés

Échelonner les semis d’un même légume va également dans ce sens. On peut ainsi récolter des salades, des radis, des carottes, des poireaux ou encore des choux tout au long de l’année…à condition de semer régulièrement !

Plantes pérennes

Les plantes pérennes sont privilégiées dans un jardin en permaculture : artichauts, asperges, topinambours, aulx des ours, livèche…vous offriront ainsi chaque année de précieuses récoltes, et ce sans avoir à travailler le sol, à semer ou planter.

Avantages et inconvénients de la Permaculture

Les avantages

La biodiversité constitue l’un des fondements de la permaculture, les équilibres naturels sont alors respectés et les dégâts dus aux “ravageurs” s’en trouvent dès lors fortement atténués.

Le sol bénéficiera des apports successifs de matériaux organiques et les rendements obtenus risquent de vous surprendre.

Les pénibles travaux de désherbage sont considérablement réduits.

Vous aurez le sentiment de travailler vraiment en accord avec la Nature.

Les inconvénients

Certains ne manqueront pas de vous dire que ce jardin n'est pas entretenu...
Certains ne manqueront pas de vous dire que ce jardin n’est pas bien entretenu…

Le travail de mise en oeuvre est considérable.

Les cultures étant mélangées, les récoltes ne sont pas facilitées.

Le regard des autres : un jardin mené en permaculture peut donner l’impression d’un jardin mal entretenu et les non-connaisseurs auront alors tendance à critiquer “les mauvaises herbes” parsemant votre parcelle… Tenez bon et soyez pédagogues!

Pour aller plus loin

Le présent article n’est qu’un petit survol de ce que peut être la permaculture. Pour en savoir plus sur les techniques évoquées ici, je vous invite à consulter les liens ci-dessous.

A lire

Pour mieux comprendre ce qu’est la permaculture : Le guide de la permaculture au jardin – de Carine Mayo

Les livres fondateurs de la permaculture :

Expérimentons ensemble et échangeons sur l’Espace Privilège du Jardinier Bio

Je vous propose également de nous rejoindre, moi-même mais aussi tous les jardiniers passionnés débutants ou plus expérimentés déjà inscrits sur l’Espace Privilège, afin d’y partager nos expériences mutuelles et progresser ensemble dans cette démarche passionnante et enrichissante qu’est la permaculture.

Vous trouverez également dans cet espace de nombreux documents traitant plus en profondeur des différents sujets abordés ici.

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    11 réflexions sur “ La Permaculture au Jardin 2ème Partie : Techniques Spécifiques ”

        1. Bonjour Gilles,
          L’essentiel est que tu puisse aussi passer du temps en famille. Pour le reste, nous aurons le temps, plus tard, de recevoir et de lire tes bons conseils.
          Amitiés.
          Yvon.

    1. Bonjour Gilles,
      Bonjour à tou-te-s,

      J’avoue avoir toujours un peu de mal lorsque sont évoquées “les techniques (qui se revendiquent) de la permaculture. Si les principes ont été clairement énoncés (tout en indiquant leur caractère non-exhaustif), que des méthodes de conception en découlant ont été élaborées, je ne pense pas qu’il soit possible d’identifier telle ou telle technique comme ‘relevant de la permaculture’. En effet, chacun peut selon moi piocher parmi les techniques existantes celles qui seront les plus appropriées pour son contexte spécifique (conditions pédo-climatiques, objectifs…), à commencer par la large palette des techniques agro-écologiques.
      Sans m’étaler plus avant sur le sujet, j’observe que lorsqu’est évoquée la permaculture – à travers les techniques mises en oeuvre notamment – on oublie un peu trop fréquemment d’évoquer son essence, à savoir l’éthique sur laquelle elle repose…

      Bien amicalement,

      Jérôme, jardinier-maraîcher inspiré par la permaculture

    2. Bonjour a tous !
      Je suis à fond dedans en ce moment : je viens de passer un weekend tres agréable en stage d’initiation à la permaculture (2 jours de cours et conférences), et je suis revenu avec un beau diplôme ! Bien entendu , en 2 jours , on ne voit que les bases et fondements de cette “science” qui est enseignée par des specialistes , avec différents niveaux et agréments .
      La suite , c’est le stage de 72 h ( 2 semaines complètes ) que je ferai sans doute l’an prochain .
      C’est une vaste discipline et je pense que ça vaut bien de lancer un sujet sur le forum de l’espace privilège ?

    3. Bonjour Gilles,
      Je viens de relire ton article sur la permaculture. Je commence à y comprendre quelque chose.
      La question que je me pose est celle-ci : Comment faire de la permaculture lorsque chaque décimètre carré est, sitôt libre, envahi par les galinsogas?
      C’est une invasion permanente. Pour te donner une idée, certains avaient escaladé les asperges. J’en ai marre, vraiment.
      Amitiés. Yvon.

    4. Bonjour Yvon,
      La permaculture repose notamment sur un principe de couverture permanente du sol, que ce soit sous forme de buttes vivantes, de paillage ou de culture d’engrais verts… ces différentes techniques permettent, avec le temps, d’éradiquer nombre d’herbes indésirables.
      Concernant les galinsogas, il semblerait (je parle au conditionnel car je n’ai jamais testé) qu’un paillis de seigles (épais de 3-4 cm), sur les cultures légumières, éradiquait efficacement cette adventice.
      Les engrais verts d’été fournissent également une excellente couverture de sol capable de venir à bout des galinsogas.

      Un second principe de la permaculture : faire avec ce qui pousse naturellement… et les galinsogas sont justement comestibles (voir ici) !

      Amitiés,
      Gilles

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