15 matériaux naturels gratuits pour rendre votre terre vivante et fertile

Vous avez l’impression qu’il est difficile de trouver suffisamment de matériaux naturels pour fertiliser naturellement votre jardin ?

Vous pensez alors que vous ne pouvez le faire sans acheter des engrais organiques du commerce…

Pourtant, les matériaux à votre disposition pour enrichir votre terre, et ce gratuitement, ne manquent pas…

L’objectif de ces apports de matières organiques est l’obtention d’un humus stable, afin d’obtenir une terre vivante et fertile.

Précisons de suite à ce sujet qu’il existe 2 grands types de matériaux organiques : les matériaux azotés (ou matériaux verts) et les matériaux carbonés (matériaux bruns), les seconds étant essentiels pour obtenir cet humus stable. Mais nous y reviendrons plus bas…

Quoi qu’il en soit, ces matériaux pourront être compostés en tas, en silo ou en composteurs. Ils pourront également être apportés directement en couverture du sol, (ce qui équivaut finalement à un compostage en place) ou encore pour une butte vivante.

Quels sont ces matériaux ? Quelles peuvent-être vos sources d’approvisionnement ? Comment les utiliser ?

 

Voici 15 pistes.

Matériau 1 – Le compost

tas de compost
Tas de compost

Le compost est évidemment le plus connu de ces matériaux.

C’est un matériau équilibré qui favorisera la vie du sol et le développement immédiat de vos cultures (les éléments minéraux qu’il contient seront rapidement disponible pour celles-ci).

Néanmoins, son action sur le sol reste relativement peu durable, comparativement à des matériaux plus carbonés.

Je ne développerai pas ici la pratique du compostage (vous trouverez tout ce qu’il faut savoir à ce sujet par exemple sur le site Compostage Info).

Le but est plus de vous faire prendre conscience de la diversité et des quantités de matériaux disponibles pour constituer un bon compost… et ce sont en fait tous les matériaux suivants.

Matériau 2 – Le fumier

Les éleveurs ne savent souvent pas quoi faire de leur fumier. N’hésitez pas à contacter ceux de votre entourage… ils seront souvent ravis que vous les en débarrassiez.

Nous avons déjà vu que chaque fumier avait ses caractéristiques propres. Je vous invite à cliquer ici pour voir ces particularités.

Un fumier sans paille, ou en contenant très peu est riche en azote mais pauvre en carbone, alors qu’un fumier pailleux est plus équilibré en azote et carbone.

Bien entendu, privilégiez les élevages bio… mais du fumier issu d’élevages extensifs* est tout à fait acceptable à condition d’être composté (c’est d’ailleurs là la condition de leur utilisation en AB).

* On entend par “élevages extensifs”, les petits élevages dans lesquels les animaux vivent en grande partie à l’air libre, disposant d’une surface de pâturage suffisante – en opposition à l’élevage intensif, dans lesquels les animaux vivent la majorité du temps (ou même tout le temps) confinés et sont bourrés d’antibiotiques…

Matériau 3 – Les feuilles mortes

Feuilles mortes pour couverture du sol
Brouette de feuilles mortes

Les feuilles mortes sont nombreuses à l’automne.

Cela constitue une masse considérable de matières organiques naturelles -plus en moins riches en carbone selon l’essence- , à intégrer à votre compost maison, à une butte-lasagne ou en simple paillage pour l’hiver.

Pourtant, nombreux sont les jardiniers qui les brûles, ne sachant qu’en faire. En plus des feuilles mortes de votre propre jardin, proposez à vos voisins de les en débarrasser gratuitement !

Matériau 4 – Les tontes

Les tontes constituent un matériau riche en azote.

Évitez des apports trop épais de tontes. Ce matériau vert a en effet tendance à pourrir facilement. Je conseille en général de le laisser quelques jours à sécher avant de l’apporter en couverture du sol.

En cas d’intégration au compost, ou à une butte, n’en apportez pas trop d’un coup et, si possible, effectuez en même temps un apport de matériaux carbonés (paille, feuilles mortes…).

Matériau 5 – Le débroussaillage

Déchets végétaux
Brouette de déchets végétaux

Si vous avez une haie, ou une zone de votre jardin laissée à l’état sauvage, vous disposez là encore d’une bonne quantité de matériaux naturels à intégrer au compost ou à apporter directement, après broyage, en couverture du sol.

Vous pouvez là aussi augmenter considérablement votre masse de matériaux en débarrassant vos voisins de leur déchets de débroussaillage (à condition bien entendu qu’il n’utilisent pas de débroussaillants chimiques…).

Matériau 6 – Le vieux foin

Si vous vivez à la campagne, rendez une petite visite aux éleveurs de votre village.

Ils ont très souvent de vieilles bottes de foin, désormais inadaptées à la consommation animale.

Or, ce vieux foin a souvent entamé un processus de décomposition. Il sera donc parfait comme matières organiques volumineuse pour votre compost ou pour simplement apporter en couverture du sol.

Les prairies sont rarement traitées… le foin issu de fermes non bio est donc en règle générale tout à fait acceptable.

Notons toutefois que le foin est surtout riche en azote et contient de fait peu de matières carbonées.

Matériau 7 – La vieille paille

Couverture du sol avec de la paille
Couverture du sol avec de la paille

La paille est un matériau carboné, long à se décomposer.

Sans doute parce qu’elle est facile à utiliser et produisant un “bel effet” en couverture du sol, la paille est probablement l’un des matériaux favoris des jardiniers “pailleurs”.

Pour profiter plus rapidement de son effet fertilisant, privilégiez une vieille paille, dont le processus de décomposition est déjà entamé.

A l’instar du vieux foin ou du fumier, vous pourrez rendre service aux éleveurs en les débarrassant d’une vieille paille (devenue peu saine comme litière pour les animaux)…

La paille issue d’une ferme biologique est bien entendu préférable. Mais, à défaut, il est possible d’utiliser de la paille non-bio provenant de petites fermes (sur le petites parcelles les traitements sont en général peu nombreux) mais assurez-vous que la culture dont est issue cette paille n’a pas été conduite avec un “raccourcisseur chimique” (source de pollution pour le sol).

Matériau 8 – Les branchages

tas de BRF
Tas de BRF

Les branchages issus de vos tailles de haie, d’arbres et arbustes fruitiers ou d’ornements fournissent une quantité non négligeable de matières organiques.

Ce type de matériau est notamment riche en carbone (mais également en azote si ce sont de jeunes branches), un élément important pour constituer un humus stable et donc durable.

Vous procéderez préalablement à l’épandage (ou à l’intégration au compost ou à une butte vivante) au broyage des branches (obtenant alors du BRF s’il s’agit de branches jeunes), ceci pour permettre une couverture plus homogène mais aussi pour en faciliter l’assimilation (par le sol ou le compost).

Matériau 9 – Les déchets de cuisine

Les  déchets de cuisine ne manquent pas.

Ce sont des matériaux principalement azotés.

Intégrez-les simplement à votre compost au fur et à mesure de leur disponibilité.

Vous pouvez même les apporter directement sur vos bandes de cultures (bon, reconnaissons que ce n’est pas très esthétique – aussi, si vous pratiquez ainsi, il est plus sympa de les recouvrir avec de la paille, du foin, des feuilles mortes, du BRF…).

Matériau 10 – Le désherbage des planches de cultures

S’il est un matériau dont dispose tout jardinier, il s’agit bien des déchets issus du désherbage dse planches de cultures, que ce soient des cultures potagères, aromatiques ou ornementales.

Et rien n’est plus simple.

Lorsque vous désherbez, laissez simplement les herbes arrachées à sécher entre les plantes cultivées. Vous pouvez évidemment aussi les ajouter au compost ou sur un paillage existant ou encore par dessus une butte vivante.

Matériau 11 – Les feuilles d’orties

feuilles d'orties
Feuilles d’orties

L’ortie est riche en azote, l’élément de base pour le développement de vos cultures.

Traditionnellement, on emploie l’ortie principalement sous forme de purin (voir ici).

Mais on peut tout aussi bien les intégrer au compost ou même les épandre directement sur nos bandes de cultures ou pour compléter un paillage existant.

Matériau 12 – Les feuilles de consoude

Consoude
Consoude

Les feuilles de consoude sont particulièrement riches en potasse.

Certes, elles se décomposent très rapidement, et ne peuvent constituer, à ce titre, une véritable couverture du sol.

Toutefois, en se décomposant, elles enrichiront la terre en potasse, mettant cet élément à disposition de vos plantes cultivées.

Matériau 13 – Le marc de café

Le marc de café est riche en azote (comme l’ortie par exemple).

A ce titre, il constituera un matériau intéressant pour favoriser le développement de vos cultures… même si les quantités disponibles restent limitées (à moins que vous n’en récupériez auprès du café du coin…).

Matériau 14 – Les engrais verts

Outre son intérêt sur la structure d’un sol, une culture d’engrais verts fournira une quantité plus ou moins considérables de matériaux utiles pour rendre votre terre fertile.

Matériau 15 – Les résidus de récoltes

masse végétale après récolte
Ces cultures offriront une importante masse végétale après récolte

Les résidus de récoltes sont nombreux.

Ce sont en général des matériaux azotés.

Que ce soit après des récoltes partielles ou en fin de culture, laissez simplement ces matériaux sur la bande de culture.

Vous pouvez également les intégrer au compost ou encore les utiliser pour compléter une planche paillée (ou encore une butte vivante).

Conclusion

Alors, finalement… n’avez-vous pas suffisamment de matériaux à votre disposition pour obtenir une terre vivante et fertile ? N’avez-vous pas moyen d’en récupérer près de chez vous ?

Il est essentiel de rappeler ici que les matériaux carbonés amélioreront le sol de façon durable, alors que les matériaux azotés joueront un rôle important sur le processus de décomposition et favoriseront le développement des cultures, mais ceci de façon très éphémère.

Ceci précisé, que ce soit pour intégrer à un compost, en paillage pour couvrir le sol ou dans une butte vivante, il est important d’alterner matériaux azotés (en petites quantités) et matériaux carbonés (en quantités conséquentes); ceci afin de permettre une bonne décomposition et donc une réelle amélioration de la terre de votre jardin, tout en évitant les pourritures (vous trouverez, sur l’article consacré au compost, un petit récapitulatif de la classification des matériaux, selon qu’ils soient carbonés, azotés ou équilibrés).

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive… n’hésitez pas à partager vos sources d’approvisionnement ainsi que vos retours d’expérience dans les commentaires ci-dessous.

Et si vous avez trouvé cet article intéressant, ce sera probablement le cas aussi pour certaines de vos connaissances… Alors partagez-le sur vos réseaux sociaux !

 

Je tiens enfin à remerciez chaleureusement Josée pour cette superbe photo de son jardin (à Waimes en Belgique) illustrant cet article à la une.

 

 

44 commentaires au sujet de “15 matériaux naturels gratuits pour rendre votre terre vivante et fertile”

  1. Merci Gilles pour toutes ces informations, j’ai moi même un broyeur pour faire du BRF, du foin et fumier décomposé, cet article tombe à point. Je vais pouvoir épandre de façon harmonieuse tous ces matériaux sur mes plates bandes

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  2. Bonjour Gilles ,
    Merci pour votre partage qui m’est utile malgré mes nombreuses années de jardinage ! Ca me permet de m’améliorer et le résultat est plus que probant !
    j’ai tenté cet automne de mettre mes déchets de cuisine directement sur la parcelle mais, j’ai vite déchanté : les déchets attirent les corneilles, les pigeons et autres gros oiseaux et certainement les rats la nuit !
    Du coup, la terre n’en bénéficie pas et je préfère ajouter au compost car même celui-ci – à l’air- doit etre recouvert d’un grillage sinon , pillage garanti !

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  3. Bonjour, merci pour toutes ces informations qui vont mettre utile, effectivement je pense trouver la plus part des matériaux, utiliser ce qu’on à autour de nous c’est sympa. Merci à vous

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  4. Bonjour Gilles

    Tout d’abord merci pour tous vos articles riches d’informations (ainsi que votre livre numérique).
    Autour de chez moi, j’ai la possibilité de récupérer du fumier de cheval. Pouvez vous me guider ou conseiller pour composter du fumier de cheval ?
    Merci,

    Sébastien.

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  5. Bonjour, pour la paille : j’en achete à des fermes sur le larzac et la laisse prendre la pluie et toutes intempéries avnt de l’utiliser en couverture du sol. Elle a alors commencé à se décomposer. Merci pour tes articles.

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  6. Merci Gilles pour cette synthèse éclairante et bien utile !!! Quel beau choix nous avons au jardin … pour ma part je pratique pas mal le compostage “en place” (de surface). Mais je fais aussi du compost car j’ai une toilette sèche : pas possible d’étaler ce “fumier” tel quel sur le jardin … trop concentré et trop riche en azote ! Idem je pense pour le fumier animal, également trop riche en azote

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    • Bjr Gilles et Eveline,
      Au vu de mes essais divers le compostage de surface, même s’il n’est pas tjrs “joli” reste l’idéal pour un sol sans le déséquilibrer : il sert de paillis au cours de l’été puis se détériore dès l’automne pour être quasiment incorporé au début du printemps suivant, le peu qu’il reste peut être enfoui ou non sans Pb.

      Le fumier (pailleux c’est Top) peut être utilisé en cours de culture sans danger à condition de ne pas l’enfouir du tout (primordial) . Une fois étalé et bien séché (çà peut prendre un peu de temps) je le saupoudre régulièrement de 2cm de tonte que je laisse bien jaunir avant de renouveler. C’est même idéal pour maintenir un sol humide en été.
      Pour ceux, nombreux, qui n’ont qu’une grosse dominante de déchets verts et peu de carbone, il me semble nettement préférable d’utiliser la même technique car le compostage en tas, sauf à le retourner sans arrêt, va pourrir, perdre la plupart des qualités attendues et être fortement déséquilibré.
      Le gros Pb de l’accumulation de “vert”, avant même la dominante azote, c’est sa quantité phénoménale d’eau (environ 90% voire plus) s’il est stocké avant d’être séché, et cette eau fait travailler l’azote immédiatement: mettez votre main dans un tas de tonte 4 à 6h plus tard, vous la retirez de suite à cause de la chaleur.
      Si l’herbe a séché avant la mise en tas , l’évolution n’est plus du tout la même. Le peu de carbone présent reprend ses droits, même s’il reste déficitaire.
      Pailler un sol avec des déchets verts (si on n’a que çà), par couches fines qu’on laisse bien sécher avant d’en remettre, permet de les utiliser quand-même correctement. L’ azote est en grande partie perdu , tant mieux : il y en aurait trop, le paillis obtenu (un peu trop fin) jouera quand-même son rôle.
      Composter çà serait une Cata!

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