5 critères pour choisir vos variétés de tomates

Parmi les innombrables variétés de tomates, peut être avez-vous du mal à choisir…

Evidemment, si vous achetez vos plants de tomates dans le commerce, le choix est assez restreint.

Et souvent composé de variétés hybrides, créées avant tout pour la commercialisation… mais non reproductibles (c’est à dire que si vous semez les graines issues du fruit, vous n’obtiendrez pas la même variété) et en général peu goûteuses.

Personnellement, je ne cultive donc que des variétés anciennes.

Et bien entendu, je fais mes propres plants.

Ce que je vous recommande également (la formation multimédias que je vous propose vous sera utile si vous ne maitrisez pas la production de plants).

Je ne vais pas ici vous conseiller telle ou telle variété.

Car ça n’aurait pas grand sens, pour toutes les raisons que nous allons évoquer plus bas.

Cet article a plutôt pour but de vous aider à choisir, année après année, les variétés de tomates que vous voulez cultiver chez vous, à partir de critères bien définis.

1 – Le goût

Le goût est bien évidemment une notion très subjective.

Certains préféreront des tomates sucrées, d’autres plus acidulées.

De même, bien que ce ne soit pas lié au goût proprement dit, il y a des adeptes des tomates à chair ferme. Alors que d’autres les préfèrent bien juteuses.

Ces notions figurent souvent sur les fiches de présentation (ou même parfois les sachets de graines) des semenciers bio.

Mais bien évidemment c’est en dégustant vos tomates que vous saurez si vous, et vos proches, les appréciez, ou pas…

Nous pouvons donc déjà dire qu’il sera judicieux de cultiver chaque année de nouvelles variétés en vue d’établir votre propre catalogue.

2 – L’utilisation culinaire

L’utilisation culinaire est le deuxième critère à prendre en considération.

Nous avons par exemple des tomates cerises, parfaites pour l’apéritif. Il en existe des rondes, d’autres en forme de poire…

Pour les salades, nous apprécierons les tomates les plus goûteuses, qu’elles soit à chair ferme ou juteuses (selon vos préférences).

Citons notamment la Noire de Crimée (un peu fragile, mais délicieuse), la Rose de Berne, la téton de Vénus (j’adore !), la Tigerella, les différentes Cœur de Bœuf (rouges, roses, oranges ou même blanches), la Green Zebra…

De grosses tomates bien rondes, à chair ferme, comme par exemple la Saint Pierre ou la Super Marmande, seront parfaitement adaptées pour préparer vos tomates farcies.

Pour la conservation ou les coulis, on recommande en général la Marmande, la San Marzano ou, plus classique, la Roma… bon, autant choisir des tomates plus goûteuses, selon vos propres goûts ! Et un mélange de différentes tomates vous donnera des préparations bien plus savoureuses !

Disons enfin que les grosses tomates pourront plus facilement être congelées que des petites variétés.

Il va de soi que si vous aimez les tomates, vous en ferez différentes utilisations…

Alors, diversifiez au maximum !

3 – La précocité

Variété ancienne de tomates
Ces tomates Cœur de Bœuf sont longues à mûrir…

Chaque variété de tomate est plus ou moins longue à arriver à maturité.

On parle de tomates précoces, hâtives, de saison et tardives.

Ces termes désignent le temps nécessaire moyen entre le plantation et les premières récoltes :

On a ainsi :

  • des variétés précoces : il s’agit de variétés mettant en moyenne 40 à 60 jours, à partir de la plantation, avant d’arriver à maturité
  • des variétés hâtives : des tomates qui commenceront à produire  55 à 65 jours après la plantation
  • des variétés de saison : comptez 65 à 80 jours avant les premières récoltes
  • des variétés tardives : ce sont des variétés qui mettent en moyenne plus de 80 jours à vous donner les premiers fruits bons à récoltés

Bien que ce ne soit pas là une vérité absolue (la consistance de la chair joue aussi un rôle), plus une tomate est grosse, plus elle sera longue à mûrir.

Concrètement, jouer avec ces différents niveaux de précocité permet d’étaler les récoltes sur la saison.

Par exemple, si vous plantez vos tomates après les saints de Glace (donc vers le 15 mai) :

  • les tomates précoces (ou hâtives, les 2 étant souvent réunies au sein d’un même groupe) commenceront à produire en gros vers la fin juin/début juillet. Les variétés précoces produiront en général moins longtemps en fin d’été…
  • les tomates “de saison” commenceront à produire dans la deuxième quinzaine de juillet (mais la fin de production sera aussi plus précoce que les tardives)
  • des variétés tardives ne produiront qu’à partir du mois d’août (si elles sont plantées mi-mai), mais continueront à produire en arrière-saison (si le temps le permet…)

L’exemple que je donne ici repose sur des plantations à la mi-mai (donc des semis à l’abri fin mars/début avril, sachant qu’il faut compter environ 6 semaines entre le semis et la plantation).

Mais vous pouvez bien entendu avancer encore la production, en semant et en plantant des variétés hâtives beaucoup plus tôt (mais dans bien des régions il conviendra de disposer d’une serre – le fait qu’elles soient précoces ne les met pas à l’abri du gel…).

De même, pour pouvoir récolter des variétés tardives plus tôt, il faudra les planter aussi plus tôt, par exemple en avril (mais avec également un abri dans les régions sujettes aux gelées printanières, ou même simplement un peu fraîche en avril).

Pour étaler au mieux vos récoltes, je vous recommande de sélectionner différentes variétés au sein de chacun des stades de précocité.

La précocité figure souvent sur les sachets de graines (ou catalogues) des semenciers bio.

4- La résistance au mildiou

Certaines variétés sont réputées plus résistantes au mildiou que d’autres…

Plant de tomate atteint par le mildiou

Rien n’est prouvé.

Et surtout, cette résistance dépendra en grande partie de la météo et de vos conditions climatiques.

En d’autres termes, dans certaines conditions, une variété donnée s’avèrera plus résistante que d’autres… mais ce ne sera pas forcément le cas dans d’autres conditions.

Il vous appartient donc là encore de tester chaque année de nouvelles variétés et de faire vos propres sélection en fonction de vos observations.

Notez également que certaines variétés seront résistantes au niveau du feuillage… mais pas au niveau des fruits…

Et inversement…

Bon, à titre d’exemple, j’ai remarqué que chez moi les fruits de Green Zebra, de Golden Jubelee ou de Rose de Berne résistaient plutôt bien au mildiou; et ce même lorsque le feuillage était atteint.

5 – L’adaptabilité à votre terre et à votre climat

Nous en avons touché 2 mots plus haut.

Mais certaines variétés se plairont bien chez vous… d’autres beaucoup moins.

Même si les conditions climatiques peuvent différer d’une année sur l’autre (et donc fausser vos observations), c’est là un dernier critère, important à prendre en considération.

De même, certaines variétés se plairont bien dans un sol plutôt léger, alors que d’autres affectionneront une terre lourde.

Le goût d’une variété sera ainsi plus ou moins prononcé en fonction de ces critères.

Mais les combinaisons climat/météo/sol sont infinies…

Et vous citer ici des variétés plutôt que d’autres n’aurait pas vraiment de sens.

Un seul mot d’ordre donc : testez !

Alors comment choisir vos variétés de tomates ?

Peut-être êtes-vous un peu déçu(e) en arrivant à la fin de cet article ?

Vous vous attendiez à avoir en main une liste définie de variétés de tomates à cultiver chez vous…

Mais, et j’espère que vous l’aurez compris, les choses ne fonctionnent pas ainsi.

Et je ne peux que vous recommander de diversifier et de tester chaque année un maximum de variétés.

C’est ainsi que, progressivement, vous ferez vos propres sélections, en fonction de vos goûts et de l’adaptation d’une variété à vos conditions de culture.

Bien entendu, si vous voulez avoir un vrai choix de variétés de tomates (et il y a vraiment de quoi faire…), cela passe par le fait de produire vous-même vos plants.

 

Ne me demandez pas quelle variété vous devez choisir chez vous (c’est alors que vous n’avez pas compris le sens de cet article).

Il est également inutile de me demander où vous procurer telle ou telle variété… Voyez pour cela la liste des semenciers bio, et faites vos propres recherches sur leurs sites (je ne suis pas là pour faire ces recherches à votre place – Merci de votre compréhension).

Par contre, vos propres observations en matière de choix variétaux sont bienvenus dans les commentaires ci-dessous (merci alors de préciser votre région, pour que cela puisse avoir un certain sens).

 

24 commentaires au sujet de “5 critères pour choisir vos variétés de tomates”

  1. Bel article. Depuis plusieurs années, je commence à choisir les variétés de tomates globalement en fonction des mêmes critères. Habitant en hautes ardennes belges avec un sol argileux, j’achète des graines à Tessgruun qui vend un peu sur le principe de Tomatofifou (10-15 graines pour 1,5€). Pour ce prix, je peux essayer plusieurs variétés et récolter les graines de celles que nous avons le plus apprécié. En 2020, nous avons retenu malakythovaya skatulka, green zebra, coral queen, black pear, raisin vert, manitoba, noire de crimée, amana orange. Pour 2021, nous allons essayer des tomates avec antocyanes cosmos, red beauty, amethyst cream xl, blue beauty, clackamas blue berry et d’autres blush, extravagante rouffiange, violet jasper… Celles renseignées pour climat frais sont testées sous serre et en pleine terre. Cette année, nous allons aussi en semer mi-février des précoces pour tenter d’avancer les récoltes. Bon dimanche

    Répondre
  2. Bonjour Gilles, C’est un réel plaisir de te lire chaque semaine. “Mon potager au naturel” est mon livre de chevet et depuis quelques années, il est accompagné de l’agenda de Nicolas Larzillière. Les tomates je les adore. En été, elles sont quotidiennement au menu. Au fil des ans j’ai appris à les connaître, elles sont capricieuses et ne poussent pas tous les ans de la même manière. Certaines années elles sont nombreuses et d’autres années certaines se font rares sur le plan. Je sème mes propres graines. Chaque année j’essaie des nouvelles variétés. Les tomates, c’est une question de goût, de l’usage qu’on en fait; de la météo et de l’endroit où on les fait pousser.  Pour la salade j’adore l’ananas (jaune) l’Evergreen ou la green Zebra ((verte), la Rose de Berne, la noir de crimée, la Saint Pierre  mais je plante la Cornus des Andes ou la San Marzano pour les coulis par exemple
    Et pour accompagner l’apéro, la Miel du Mexique. Oh la la, je salive déjà. Bonne journée, amitiés  Marianne de Bruxelles

    Répondre
  3. Bonjour,
    Je fais aussi mes plants et j’apprécie la diversité : Prune noire, Rose de Berne, Coeur de boeuf Jérusalem, Rose de Lyon, Joyaux d’Idaho, Précoce de Quimper, Grégory Altaï, Rose claire… Je ne suis pas là pour faire de la pub, mais j’apprécie les graines de Pascal et Rachel Poot du Potager de Santé. Elles sont produites en bio, bien sûr et sont particulièrement résistantes à la sécheresse. Sur son blog, Pascal explique pourquoi. En général, je ne les arrose que le jour de leur plantation (j’habite en région lyonnaise). Je les cultive “en cages” et je ne les taille pas, donc moins d’entrées pour les maladies. Elles sont délicieuses et les bonnes années elles produisent énormément.
    Bonne semaine.

    Répondre
  4. Bonjour Gilles ,

    Habitant en Belgique au porte des Ardennes, comme je l’ai dit la semaine passée, en février semis de stupice, glacier, prolifique de Falisolle( nouvelles sortes) pour essayer d’avoir des tomates précoces cultivées en serre. Semis en mars (des mes propres graines) Black Cherry(tomates cerises), Coeur de Boeuf, noire de Crémée, Verte Zébra. Nouvelles sortes: pour les coulis San Marzano et pour l’extérieur Charnue de Huy.Toutes mes graines viennent de chez Semailles.

    Bonne fin de journée à toutes et tous .

    Laurent

    Répondre
  5. Bonjour,
    Un petit coucou d’ardèche ou mon sol est plutôt sableux. je suis les conseils de Gilles depuis plusieurs années et je m’en félicite. L’an dernier j’ai planté 17 plants de tomates sur un carré en lasagnes que j’amende chaque année. Petit à petit j’affine ma sélection en testant de nouveaux plants à chaque nouvelle saison.
    Les valeurs sûres, par rapport à mes goûts et à mon sol :
    – Les “Trilly” rouges pour les tomates cerises que je trouve en jardinerie.
    – Ensuite, “Dix Doigts de Naples”, “Reine des hâtives”, “Merveille des Marchés”, “Airyleaf”, “Bargemon”, “Dragon’s Eye” et Speckled Roman” que je trouve chez un spécialiste des variétés anciennes qui produit tout près de chez moi.
    Puis je teste chaque année de nouvelles variétés, si ça marche je les garde pour l’année suivante, sinon je change …
    J’ai essayé plusieurs fois les semis, mais je ne suis pas doué et je n’y arrive pas, un coup ça file, un coup ça sèche ou bien ça ne pousse pas … Bref, c’est plus simple pour moi de planter.
    L’an dernier, lors de la plantation, j’ai testé les “plants Halos” ( voir sur internet) c’est assez pratique pour l’arrosage et je vais les réutiliser cette année.
    Bonne saison à toutes et tous.

    Répondre
  6. bonjour Gilles , je suis du côté de liège “Belgique” à la campagne ma terre est “Arable ” pour cette année , je vais essayé q.q tomates ancienne , mais je doit encore voir les quelles à semé ,toujours contant de te lire et portez-vous bien , a+

    Répondre
    • Déçu de kokopelli, taux de germination très aléatoire et graines donnant pas toujours le plant attendu.
      (Je ne parle pas des conditions de travail et autres.)

      Répondre
  7. Déçu de cette appréciation bâteau ou l’art de ne pas se mouiller , mais bon comme cela chacun fait comme il le sent et cela n’engage pas le blogeur ! j’attendais beaucoup plus qu’une appréciation de marchand de graines !

    Répondre
    • D’une part je ne suis pas “marchand de graines”… si c’était le cas, j’aurais justement mis en avant telle variété plutôt qu’une autre.
      Et, il ne s’agissait pas de donner une appréciation sur telle ou telle variété (qui n’aurait aucun sens…mais vous n’avez visiblement rien compris à mon propos…).
      Cela dit, je ne vous retiens pas…
      Au revoir,
      Gilles

      Répondre
    • Bonjour,
      Pour avoir souvent parcouru les catalogues de graines et m’y être perdue, je trouve que les critères et les exemples cités sont bien plus explicites. Personnellement je sais quoi choisir après avoir lu l’article, ce qui n’est pas le cas quand je regarde un catalogue ou un site qui me donne envie de tout acheter ou un vendeur de jardinerie qui ne me convainc pas de sa compétence.
      Peut-être êtes-vous suffisamment expérimenté pour ne plus avoir besoin de conseils mais votre message est un peu dur et désobligeant à l’égard du blogueur. Que vous n’êtes pas obligé de lire si c’est trop simple pour vous.
      Bon week-end.

      Répondre
  8. Bonjour,
    Pour répondre à ce sujet, je conseille fortement un fournisseur comme tomatofifou, qui propose de nombreuses variétés en petites quantités de graines et à un prix serré (2 euros) le sachet, permettant ainsi chaque année de faire de nouveaux essais à moindre coût ( j’en teste 7 à 8 par an), quand elles me plaisent je conserve les graines pour mon usage et celui de mes amis, ainsi pour une quinzaine d’euros par an, je découvre de nouvelles variétés.

    Répondre
      • Oui, tu as tout à fait raison en ce qui concerne le prix ramené à la graine, mais comme je fais mes propres semences, commander de petites quantités ne me gêne pas, et donc, dans ce cas précis, je peux essayer plus de variétés pour le même budget.

        Répondre
  9. Salut Gilles,
    Chez moi en Belgique (Hainaut), terre assez lourde (argilo-limoneuse), je sème la coeur de boeuf rouge, andes, rose de berne, prolifique de falisole (variété pour les préparations issue du répertoire belge voir semailles), téton de wépion (tomate jaune issue aussi du répertoire belge voir semailles), evergreen, zuckertraube (tomate cerise rouge), noire de crimée et marmande. Je sème fin février début mars dans la maison et je plante sous serre fin avril. La première à mûrir c’est la coeur de boeuf. D’ailleurs cette année j’essaie un 1° semis plus tôt (début février) de coeur de boeuf pour espérer en récolter mi-juin. Avant j’ai cultivé la joyau d’Idaho (semailles) assez intéressante car buissonnante et donnant assez vite des tomates d’un petit calibre et délicieuses. Elle peut se cultiver à l’extérieur car plutôt résistante au mildiou et très facile pour un débutant.
    Cette année, je vais essayer en plus la saint-pierre dont j’ai déjà entendu beaucoup de bien.
    Bonne fin de semaine.

    Répondre

Laissez un commentaire (si c'est pour faire de la pub, ne perdez pas votre temps... je ne publierai pas)