De la diversité au potager pour gagner du temps…et de l’argent !

Bonjour à tous et merci à Gilles de me céder sa plume pour vous faire part d’un article qui me tient à cœur ! Peut être certains d’entre vous me connaissent déjà, par ma participation à l’évènement sur l’eau qu’a organisé Gilles avec mon article « l’eau au potager, un élément précieux à économiser » ou bien directement sur mon blog tousaupotager.fr.

 

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je m’appelle Romain Georges et je suis passionné par le potager sous toutes ses formes. Je suis toujours à la recherche d’une nouvelle façon de jardiner au potager et c’est pourquoi le mien change constamment. Et dans cette recherche, rien de mieux que les différents blogs de jardiniers qui sont de vraies mines d’information. Celui de Gilles n’échappe pas à la règle, c’est pourquoi c’est un vrai plaisir d’y participer !

 

Aujourd’hui, j’ai donc souhaité vous parler d’un sujet qui me tient à cœur, je vous le disais, la diversité au potager ! Toutefois, j’ai voulu l’aborder sous un angle peu exploré je pense : la diversité comme économiseur de temps.

 

Pourquoi diversifier ses cultures ?

Potager au carré
Potager au carré

Il ne s’agit pas là du cœur de ce billet, c’est pourquoi je n’entrerai pas dans les détails surtout qu’il existe de très nombreux papiers sur le sujet. Toujours est-il que, depuis quelques temps, les mentalités des jardiniers ont changé et les potagers d’antan, aux planches de monocultures bien délimitées où les variétés de légumes ne se côtoient pas ont changé au profit d’une grande mixité parfois dans une anarchie à peine contrôlée ! La mode du potager en carré n’est d’ailleurs pas étrangère à cette évolution de notre façon de voir le potager. Alors bien sûr, je parle ici des potagers de particuliers et il me paraît évident que les professionnels du domaine peuvent difficilement se permettre de cultiver ci et là 4-5 plants de chaque variété. Mais pourquoi diversifier ses cultures ?

  • L’argument le plus évident, c’est que diversifier ses cultures permet de diversifier ses récoltes (si si je vous assure !). Fini le temps où l’on croulait sous les haricots pendant le mois de juillet ou bien que l’on récoltait 20 kg de betteraves en septembre et c’était presque tout. Aujourd’hui, beaucoup de jardiniers préfèrent sacrifier la quantité au profit de la diversité. On cueillera ainsi de quoi se faire un repas de haricots par semaine, 4-5 tomates par jour, quelques navets primeurs, une petite récolte de carottes accompagnée de moins d’1 kg de petit pois…
  • Diversifier ses cultures pour préserver son sol : chaque légume ayant des besoins qui lui sont propres, en multipliant les légumes on évite de priver le sol d’un élément
  • Diversifier ses cultures pour protéger ses cultures : les associations bénéfiques au potager ce n’est pas un mythe (même si parfois, on peut se questionner sur la véracité de certains propos sur les associations…).
  • Diversifier ses cultures pour gagner du temps : voilà donc où je voulais en venir, diversifier vos cultures va également vous permettre de passer moins de temps à effectuer les tâches un peu plus ingrates du potager pour que celui-ci demeure un lieu de plaisir !

 

La diversité pour gagner du temps d’arrosage et économiser l’eau

J’ai pu me rendre compte de cela l’année dernière au potager avec une association de légumes que je mets en place régulièrement : la tomate avec une culture dérobée de salades. Au pied d’un plant de tomate, je plante donc 4 plants de salades. A la base, je faisais cela pour gagner de la place au potager, puis je me suis rendu compte que mes plants de tomates avec salades supportaient beaucoup mieux les épisodes de sécheresse que ceux cultivés seuls.  C’est en cueillant l’une de ses salades que j’ai compris, elles maintiennent l’humidité à la manière d’un paillis. En effet, bien que mes planches soient paillées à la paille de blé, sous les salades la terre reste humide encore plus longtemps que sous la paille seule.

Conclusion : mélanger des légumes couvrants et des légumes non couvrants permet de réduire son temps d’arrosage et de faire des économies !

 

La diversité pour gagner du temps de pollinisation

Courges
Courges

Je ne sais pas vous mais il m’est déjà arrivé de devoir polliniser moi-même pour permettre la fructification de mes cucurbitacées par exemple. C’est particulièrement le cas dans ma serre qui, lorsqu’elle est fermée, n’est pas très accessible aux pollinisateurs et lorsqu’elle est ouverte, n’est pas spécialement attractive. Et je peux vous dire que remplacer une abeille et bien c’est long… Alors imaginez en remplacer des dizaines et des dizaines comme celles qui peuplent naturellement vos potagers… Il me fallait trouver une solution pour arrêter d’avoir à balader un coton-tige de fleurs en fleurs pendant des heures. La solution était toute bête et consistait à favoriser la diversité dans ma serre et troquer quelques mètres carrés de légumes pour des fleurs du potager attirant les pollinisateurs.  Ca a franchement valu le coup, car très rapidement mes récoltes ont été plus abondantes et ce, sans que je n’ai à polliniser moi-même mes plantes.

Conclusion : mélanger fleurs et légumes évite d’avoir à polliniser soi-même et améliore les récoltes !

 

La diversité pour réduire les parasites et les maladies

Les ravageurs de culture peuvent rapidement causer de gros dégâts et parfois même, vous priver d’une récolte entière. C’est par exemple le cas de la piéride du chou, joli papillon aux larves (chenilles) redoutables qui ont vite fait de grignoter tous vos choux. Alors comment s’en débarrasser sans pour autant dépenser son argent dans des produits phytosanitaires (qui soit dit en passant, ne sont pas l’idéal pour votre potager). Et bien, il y a deux solutions principales : éviter que les ravageurs ne trouvent vos cultures et les empêcher de se propager.

Pour cela, encore une fois la solution consiste à diversifier ses cultures. Il faut savoir que les ravageurs repèrent les cultures favorables à la vue ou bien grâce au cocktail de substances volatiles qu’elles émettent (leur odeur en gros). Si l’on mélange les légumes et les fleurs entre eux, une piéride qui passera par votre potager sera bien incapable de trouver vos choux, perdus dans un amalgame d’odeurs, de couleurs, de formes, … Et si par miracle (pour la piéride, pas pour vous malheureusement 🙂 ) l’une d’entre elles parvient à trouver un chou et y pondre ses œufs, les chenilles seront cantonnées à ce plant sans pouvoir se propager à tous vos autres choux !

Conclusion : diversifier ses cultures de légumes permet d’éviter d’acheter des produits de traitements et de réduire les pertes lors d’une attaque

 

La diversité pour fertiliser vos cultures

La consoude est un très bon fertilisant
La consoude est un très bon fertilisant

Consoude, ortie, camomille, pissenlit, valériane, souci … Qu’ont de commun ces plantes qui n’ont pas l’habitude d’être cultivées dans les potagers ? Et bien, préparées en infusion, décoction ou purin, elles sont de formidables fertilisants pour vos légumes. Laissez-leur donc une petite place au potager pour qu’elles puisent vous faire bénéficier de leurs vertus.

Conclusion : laisser de la place au potager pour des plantes adventices évite d’acheter des engrais du commerce

 

La diversité pour favoriser la biodiversité

Ça vous paraît évident mais la diversité fonctionne un peu comme un cercle vertueux. Faites en

La diversité agit comme un cercle vertueux
La diversité agit comme un cercle vertueux

sorte de mettre un peu de diversité au potager et la diversité grandira d’elle-même, vous apportant de nombreux services qui sont autant d’économies pour vous ! Plantez des fleurs au potager et les papillons et abeilles viendront polliniser vos cultures. Plantez différents types de cultures et offrez le gîte et le couvert aux carabes et à toute une panoplie d’autres auxiliaires qui se chargeront pour vous de limiter les populations de ravageurs. Plantez des plantes au système racinaire très développé (comme la phacélie ou la bourrache) pour décompacter votre terre sans avoir à la bêcher. Bref, des exemples comme ceux-ci, il en existe des tas et je suis loin de tous les connaître. La biodiversité n’a pas fini de nous rendre service.

Conclusion : vive la diversité !

 

Voilà ce que je souhaitais vous dire aujourd’hui, je vous remercie de m’avoir lu et je remercie Gilles de m’avoir offert de m’exprimer sur son blog ! Je vous invite à nous laisser un petit commentaire, un avis sur la question et nous dire si vous aussi avez fait le constat que la diversité au potager permettait d’économiser temps et argent? Sur quels points ?

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    • Bonjour Yannick,

      Merci pour ton commentaire. Ton article est très intéressant et bien complémentaire oui, tu as raison de le proposer ! Diversité quand tu nous tiens 🙂

      A bientôt,
      Romain.

  • Bonsoir,
    Article vraiment complet et intéressant. Il y a 50 ans les jardins étaient souvent conçus avec des planches de monocultures bien délimitées. Pourtant, mon grand-père en Normandie avait toujours beaucoup de fleurs dans son potager: Soucis, cosmos, dahlias,capucines le long du mur.J’ai moi-même toujours gardé ce reflex.

    • Bonjour !

      Comme souvent, nous n’avons rien inventé en parlant de diversité au potager… Il suffisait juste de s’en rappeler ! Et puis, outre leur utilité, il faut bien avouer que quelques au potager rendent l’endroit encore plus agréable.

      A bientôt,
      Romain.

  • la biodiversité au jardin potager est un concepts que je pratique depuis peu mais j’en retire une grande satisfaction. Tres bel article merci

  • bonjour
    la biodiversité me semble tellement naturelle que je me demande pourquoi on en parle?
    mais dire que les adventices vont suffire à nourrir le potager là je reste septique et demande à voir.
    bon en même temps peut être que je e pratique pas la biodiversité dans les règles de l’art y a t il des règles ?

    • Bonjour,

      C’est une très bonne chose si la diversité vous semble naturelle mais croyez moi, ce n’est pas encore le cas de tout le monde malheureusement…

      Je ne souhaitais pas dire que les adventices suffisent à nourrir le potager, mais bien qu’elles apportent une alternative aux engrais du commerce. Il y a toujours une préparation naturelle qui peut remplacer un engrais chimique. Besoin d’azote ? Purin d’ortie. Besoin de potasse? Purin de consoude. Et j’en découvre presque chaque jour ! Mais il est clair, qu’à elles seules, elles ne suffisent pas à nourrir le potager. Il faut pour cela compléter avec du compost ou encore des fumiers !

      A bientôt,
      Romain.

  • Bonjour,

    Après avoir lu Le jardin naturel de Jean-Marie Lespinasse en 2006, je me suis mise à mélanger mes légumes et à intercaler des fleurs et des plantes sauvages et aromatiques. Depuis, je continue et je ne l’ai jamais regretté.

    Etant enfant, je pensais que si mon grand-père avait des rosiers et des bordures de fleurs tout autour de son potager et semait puis repiquait tous les ans des oeillets d’Inde et des calcéolaires dans son jardin, c’était pour faire joli. Depuis j’ai compris leur utilité.

    Amicalement,
    Isa d’Ecolo-bio-nature

  • Bravo Romain pour cet article,
    Vive la biodiversité.
    Pour ma part j’insisterai sur 2 points: la biodiversité n’est pas seulement végétale mais aussi animale. Quand c’est possible, avoir un plan d’eau dans son jardin apporte de multiples bienfaits. J’ai aussi appris à mes filles à « aimer » ou du moins « supporter » des animaux pas toujours très bien vus comme le crapaud, la couleuvre ou l’orvet.
    Pour la biodiversité végétale, je pense qu’une des idées les plus intéressantes c’est l’utilisation de très nombreuses plantes aromatiques. Chacune a son rôle pour éloigner des prédateurs ou des maladies.
    Félicitations,
    Jenny

    • Bonjour Jenny et merci pour ton commentaire! Tu as tout à fait raison, j’avais pris le parti d’orienter mon discours sur la biodiversité végétale car je pense que c’est la plus « chassée » des potagers.

      A bientôt,
      Romain.

  • Bonjour,
    C’est intéressant ce que tu dis Romain :
    Les mentalités évoluent, comme tu dis les nouveaux jardiniers veulent de la diversité, un peu de ci un peu de ça, tels aromates pour cuisiner avec ci etc… Je jardine dans un potager familial où la moyenne d’age est d’environ 99 ans… (non plutôt entre 60 et 80) et leur conception du potager est tout à fait différente de celle des nouvelles générations. La plupart des anciens (mentalité après guerre) veulent produire en quantité quelques espèces de légumes. Le quart de leur surface c’est de la pomme de terre. Un autre quart est c’est de la carotte et du poireau. Et toujours la même variété ! Et comme il faut produire à tout prix ils traitent. Bon c’est pas que je critique c’est que c’est la mentalité de l’ancienne génération. J’ai déjà essayé de convaincre mon grand père de ne pas traiter systématiquement, c’est pas facile… Bon heureusement une incroyable énergie va vers le potager naturel et biologique, pourvu que ça dure et que ça continu à développer ! Dans tous les cas on blogue pour ça non ?
    A bientôt
    Aurélien

    • Salut Aurélien,

      Ce que tu dis est bien vrai, j’ai aussi pu le remarquer dans les jardins partagés de ma ville. Mais, j’ai aussi pu voir que les mentalités changent même chez les jardiniers plus anciens. Alors comme tu dis, continuons à bloguer dans ce sens 🙂

  • Bonjour!

    Je suis à 100% d’accord avec la biodiversité dans le jardin. Moi-même je suis jardinière et j’ai près de 1000 espèces de végétaux. La cohabitation de différentes espèces donnent de la force à la terre et à l’environnement. Côté récolte, c’est rentable! On mange de tout puisqu’on cultive tout.

    Merci pour l’article!

  • bonjour,

    J’ai semé des bourraches dans mon portager, c’est magnifique et grouillant d’insectes MAIS ces fleurs ont envahi l’espace (ainsi que les soucis). Je suis obligée de les arracher, à mon grand regret,pour faire de la place aux légumes, je me demande si je ne vais pas changer le potager de place, car chaque année les semis de bourrache envahissent tout.

    • Ah oui en effet les bourraches se propagent très facilement.. Mais elles s’arrachent tout aussi facilement. Si c’est la seule région qui vous pousse à déplacer votre potager, je vous conseillerai plutôt de retrousser vos manches et d’arracher les bourraches en trop. Car la terre d’un potager (s’il est bien conduit) s’améliore d’années en années et il serait dommage de vous priver de cette bonne terre..

  • bonjour, merci pour votre article qui conforte le choix que j’ai fait depuis quelques années de mélanger fleurs et légumes dans mon potager où je rajoute chaque année de nouvelles variétés et je m’émerveille chaque saison de mes découvertes sur le compagnonnage des plantes… VIVE LA BIODIVERSITE ! je viens de découvrir le blog de Gilles et je me régale à le parcourir ! bon jardinage à tous

  • mon jardin est petit car je débute,il se trouve au milieu d’un prés agricole donc j’ai des fleurs à proximité mais si j’avais la place j’en mettrais quelques unes

    • Pour éviter de ne trop empiéter sur vos parcelles de potager, n’hésitez pas à mettre des plantes en pots ci et là. Si elles vous gênent, vous pourrez les déplacer facilement !

  • Merci pour cet article qui illustre parfaitement mon idée des intérêts multiples de la diversité au potager, et ma motivation à proposer à tous le moyen d’échanger librement nos graines.

  • Bonjour,

    Quand tu dis que la consoude, l’ortie, la bourrache, le pissenlit, le souci ont leur place dans le potager en tant que fertilisant, je suis d’accord. Mais elles ont également une place dans le potager pour les mettre dans notre assiette. Car elles sont très bonnes à manger !

    Amicalement,
    Isa d’Ecolo-bio-nature

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