Les fourmis au potager

Au potager, les fourmis causent parfois quelques dégâts…

Il n’en demeure pas moins qu’elles jouent un rôle essentiel dans un jardin en permaculture.

Essayons de concilier nos louables objectifs de protections de nos cultures avec le respect de cet insecte indispensable qu’est la fourmi.

Les fourmis (on en compte plus de 12 000 espèces répertoriées à travers le monde, mais seulement 285 en France) ont réussi à coloniser toute la planète (exceptés les mers et océans), des régions les plus froides au plus chaudes.

Et ce n’est pas le fruit du hasard !

Elles vivent, non pas seulement en communauté, mais pour la communauté (jusqu’à se sacrifier pour le bien de celle-ci).

Quel altruisme, non ?

Ne pourrions pas prendre quelque peu exemple (bon peut-être pas jusqu’à se sacrifier…).

Car cette solidarité est bien la principale raison de ce formidable développement… alors que l’individualisme de l’humain risque bien de le conduire à sa perte…

Rôles écologiques des fourmis

Les fourmis ont inventé l’agriculture bien avant nous

Fourmis éleveuses de pucerons
Fourmis éleveuses de pucerons

Pour se nourrir, les fourmis élèvent notamment des pucerons (je sais, ça ne vous plait pas forcément… nous y reviendrons plus bas), qui leur fourniront un bon miellat.

Certaines espèces protègent les arbres de parasites.

D’autres dispersent et sèment des graines !

D’autres encore sont même chargées de faire pousser des champignons (des organismes nécessaires à la vie du sol…) pour nourrir leurs congénères.

Elles contribuent à la pollinisation des plantes.

Et j’en passe…

Sachant que les fourmis sont présentes sur Terre depuis environ 120 millions d’années (et même plus selon certaines recherches récentes), je pense ne pas prendre de gros risques en affirmant que ces petits insectes ont tout simplement inventé l’agriculture (élevage et cultures) bien avant nous !

De par leurs activités agricoles, les fourmis jouent donc déjà un rôle écologique majeur… mais ce n’est pas tout.

Fourmis et biodiversité

Les fourmis sont omnivores.

Dans la nature, elles se nourrissent du miellat des pucerons, d’insectes (œufs, larves ou insectes adultes) ou autres petits invertébrés (morts* ou vivants), des sucs de plantes ou de fruits…

Ainsi, de part leur propre alimentation, les fourmis contribuent à réguler certaines populations.

Mais elles servent également elles-mêmes de nourriture à pas mal d’animaux : insectes (araignées, mille-pattes…), oiseaux, amphibiens, chauve-souris, certains rongeurs… ou même les hommes (que ce soient des communautés vivant depuis toujours en harmonie avec la Nature, ou, plus récemment, dans cette tendance insectivore, en aliment protéiné moins énergivore et polluant que ceux issus des élevages de mammifères destinés à l’abattoir…).

*Notons également que certaines espèces de fourmis sont nécrophages. Elles se nourrissent de petits animaux morts et limitent ainsi la diffusion de pathogènes, tout en enrichissant le sol (via leurs déjections).

Bref, les fourmis jouent un rôle tout aussi important que tout autre animal (excepté l’Homme… qui lui s’évertue à la détruire) en terme de biodiversité.

Leur présence au jardin est donc un bienfait, tant au niveau écologique que sanitaire.

Ne l’oubliez pas !

Et si elles deviennent parfois particulièrement invasives dans certaines régions du monde, ou plus localement dans un potager, c’est bien parce qu’une partie de leurs prédateurs font défaut (encore notre faute…).

Bon, le but de cet article n’est pas de tout savoir sur les fourmis…

L’article de Wikipédia le complétera de façon déjà très intéressante.

Et, dans une optique plus divertissante , mais tout aussi documentée, je ne peux que vous recommander la trilogie des fourmis de Bernard Werber.

Les dégâts occasionnées par les fourmis

Elles détruisent parfois les semis…

Fourmis au potager
Les fourmis peuvent certes causer quelques dégâts au potager…

Si elles ont décidé de bâtir leur fourmilière au sein même de vos planches de culture, vous allez probablement les détester, en particulier si vous venez juste de semer ou que les plants sont à peine enracinés.

Car oui, en construisant leur dôme, les fourmis vont tout retourner… mettant vos semis sans dessus-dessous ou déracinant quelques jeunes plantules.

Elles élèvent des pucerons

Elles élèvent des pucerons, pour le miellat qu’ils produisent…

Bon, vous me direz que le jardinier se passerait bien des pucerons.

Certes.

Mais ces pucerons constituent une grande part de l’alimentation des coccinelles, elles-mêmes très utiles pour le jardinier…

Donc, sans pucerons, pas, ou peu, de coccinelles…

Dommage non ?

Elles se nourrissent du suc de plantes et de fruits

Les fourmis, en en aspirant la sève,  vont parfois affaiblir certaines plantes cultivées.

Le sucre contenu dans les fruits leur plait aussi beaucoup…

 

Même si elles peuvent engendrer des dégâts, comme nous l’avons vu précédemment, elle jouent un rôle essentiel en terme de biodiversité.

Aussi, ne comptez pas sur moi pour vous communiquer des moyens, même naturels, pour les éradiquer (le terme employé par une lectrice qui me demandait récemment « comment éradiquer les fourmis de son jardin »).

Dans un potager naturel, nous nous contenterons d’essayer de les tenir à distance des zones de culture ou arbres fruitiers.

Comment tenir les fourmis éloignées de vos cultures ?

Arrosez fortement

Les fourmis sont intelligentes…

Montrez leur clairement qu’elles ne sont pas les bienvenues sur vos zones de culture.

Des arrosages copieux et répétés sur les fourmilières se trouvant sur les planches de culture les inciteront à déménager ailleurs…

Les fourmis n’aiment pas le citron pourri

Coupez un citron frais en 2.

Placez les 1/2 citrons (sans les presser…) aux endroits problématiques.

Laissez les pourrir sur place…

Les fourmis détestent cet odeur de citron pourri et vont normalement s’éloigner des zones que vous protégerez ainsi.

Plantez des plantes aromatiques au sein de votre jardin

Elles n’apprécient pas non plus les plantes odorantes (sans doute parce que cela perturbe profondément leur odorat, un sens essentiel chez elles).

Ainsi, en plantant ça et là dans votre potager diverses plantes aromatiques à forte odeur (basilic, menthe, ail, laurier, lavande…), vous limiterez considérablement les risques d’invasion.

Utilisez du purin de lavande en répulsif ?

En faisant mes recherches pour cet article, je vois que le purin de lavande peut être utilisé comme répulsif contre les fourmis et autres insectes.

Il est conseillé de le pulvériser pur sur les fourmilières, passages de fourmis ou plantes à protéger…

Ce qui tiendrait les fourmis à distance.

Mais on peut lire également que ce même purin serait un insecticide en l’utilisant dilué (à 10 % seulement) directement sur les insectes…

Or, si ce produit est létal fortement dilué, il va de soi qu’il le sera d’autant plus utilisé pur !

Et évidemment, si vous le pulvérisez sur les fourmilières, passages ou plantes, il y a de fortes chances que des fourmis, ou autres insectes visibles ou non à l’œil nu y succombent….

Bref, je déconseille… car le but n’est en aucun cas de tuer un insecte utile, mais seulement de préserver nos cultures des dégâts qu’il pourrait engendrer (cette approche respectueuse du Vivant est d’ailleurs une idée centrale de Mon Potager au Naturel).

Glu arboricole pour les arbres fruitiers

Pour les arbres fruitiers, des plantes aromatiques pourront également être utiles, mais ce ne sera pas forcément suffisant.

Badigeonnez les troncs de vos fruitiers avec de la glu arboricole.

Cela constituera une barrière physique empêchant les fourmis de grimper dans la ramure.

Je rappelle toutefois que les fourmis protègent les arbres de certains parasites…

La glu arboricole n’est donc à mon sens, à n’employer que si l’arbre subit de sérieux dégâts à cause de notre amie…

 

Voilà, j’espère que cet article vous aura aidé à tout au moins mieux considérer la fourmi…

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires ci-dessous.

Le Blog du Jardinier Bio
Moyenne des Votes:  
 0 avis

28 réflexions au sujet de “Les fourmis au potager”

  1. Merci Gilles pour cet article qui remet un peu les choses en place ! Personnellement , je suis colocataire de mon jardin . Sans parler du fait que nul produit monsantien ou autres ne vient perturber mon jardin  » partagé « , je compose avec mes colocataires fourmis , escargots , limaces et tout ce qui se déplace sur mon terrain ! Il y a des dégats ? et alors ! je sème , plante repique plus por leur laisser de quoi vivre et tant pis pour moi , ou tant mieux car je suis le plus heureux des jardiniers du Morbihan !!! merci Gilles .

    Répondre
  2. Salut Gilles !!

    Ton article est un délice. Je pratique exactement comme tu l’expliques. En fait, comme tu le dis il faut les éloigner. Dans un jardin naturel il ne faut éradiquer personne. C’est la même chose pour les limaces par exemple. Pas de limaces donc pas de hérissons ni de carabes.. Etc.. Et j’en passe. Le seul prédateur comme tu l’as bien souligné c’est bien l’homme. Merci à toi pour cet article. A bientôt !! Bonne soirée !!

    Répondre
    • Bonsoir Jean-Claude,
      Oui, mais je ne dis pas que le seul prédateur est l’homme (ce serait totalement faux, la Nature n’est que prédation…).
      Je dis simplement que l’homme détruit la biodiversité.
      Ce n’est pas vraiment la même chose… On peut être un prédateur (ça fait partie intégrante de la vie), sans pour autant tout détruire (ce que font les animaux, et ce qu’a fait l’homme pendant des centaines de milliers d’années… avant de devenir fou.
      Cordialement,
      Gilles

      Répondre
  3. Bonjour Gilles,
    Je partage ta conception du jardinage et MERCI pour les partages.
    Pour le fourmis elles sont nombreuses chez moi surtout autour de la maison. Elles grimpent jusqu’au toit et colonisent les poutre déjà abimées par la vrillette…
    Ce que j’ai trouvé de plus efficace est le bicarbonate de soude en poudre répandu le long des murs. Eloignement garanti ! Au jardin pas de problèmes majeurs.

    Répondre
  4. Bonjour Gilles

    Chez moi la terre est très dure
    Outre la biodiversité qu’elles amènent, les fourmis me decompactent ma terre
    J’ai l’impression que leurs galeries permettent d’amener l’eau aux racines des arbustes

    Répondre
  5. Bonjour Gilles,
    Merci pour cet article.
    Bonjour Gilles,
    J’utilise le marc de café pour inviter les fourmis à se déplacer. Cela semble efficace le long d’un mur ou d’une porte, sur une zone minérale (en renouvelant après la pluie). L’usage de tels produits odorants (canelle,…..) confirme la piste de réflexion et d’étude d’une utilisation fine des odeurs. Positif ici, inefficace ailleurs, ainsi au pied d’un jeune péché, je n’ai pas attend mon but, les déplacer.
    Produits, plantes divers + environnement spécifique voilà peut être une orientation. Continuons nos expériences en respectant comme vous l’avez souligné la VIE.
    Bon weekend Gilles.
    Patrick

    Répondre
  6. Je n’ai pas de problème de fourmis dans mon jardin mais elles escaladent les murs de ma maison, s’insinuent sous les tuiles et mangent l’isolant qui tombe en neige dans mon séjour…J’essaie de leur parler mais elles n’écoutent rien…

    Répondre
  7. Bonjour Gilles et merci pour vos conseils. Pour faire fuir et non pas tuer les fourmis j’ai trouvé un truc qui fonctionne très bien : la cannelle en poudre. Je l’achète par paquet d’un kg et la mets dans une boite saupoudreuse. On arrose la fourmilière avec et c’est instantané, elles commencent leur déménagement avec leurs cocons sur le dos. En une nuit toute la fourmilière est vidée. Elles ne doivent pas aimer l’odeur je pense !
    Bien sûr la fourmilière n’est que déplacée mais au moins elle n’est plus sur un point de culture.

    Répondre
    • Bonjour
      Grand merci Rose de ce partage d’expérience ! tous les ans j’ai mes fruitiers absolument envahis de fourmis ( et ça commence très tôt au printemps ) et de pucerons que je les ai même vu défendre férocement en repoussant les coccinelles ! Résultat , en fin d’été , il y a tellement de miellat que tous les insectes du coin , guêpes et autres se retrouvent sur les branches à s’empifrer !

      Répondre
      • Bonjour Diane,

        Auriez-vous une photo à me communiquer lorsque vos fruitiers seront envahis de fourmis et de pucerons … repoussant les coccinelles !
        Jamais vu cela et ceci m’intéresse . Merci pour votre partage. Evel

        Répondre
        • Moi aussi j’ai déjà vu les fournies repousser les coccinelles. Plusieurs citrons et elles déménagent (je suis en bretagne).
          Par contre cela ne fonctionne pas avec les fournies de Corse. Espèce plus petites. Étrange

          Répondre
          • Bonjour à tous,
            Oui, les fourmis protègent les pucerons des coccinelles (c’est le principe de l’élevage « j’exploite ce que tu peux m’apporter… mais en échange je te protège de tes prédateurs). Elles ne les attaquent pas, nuance.
            Et dans les arbres, la glu arboricole est à mon avis la seule solution vraiment efficace (les coccinelles ne volant pas en général pas très haut – par apport au niveau du sol, pas de la mer car je crois que l’on peut en trouver jusqu’à pratiquement 2000 mètres d’altitude).
            Cordialement,
            Gilles

            Répondre
  8. Bonjour Gilles Comme toujours article très intéressant c’est le troisième été avec mon jardin et vos conseils .La mise en place des plantes aromatiques ainsi que le maintien de l’équilibre commence a porter ses fruits .Une belle population de coccinelles s’est installée cette année dans mes quelques fruitiers et la vie qui s’équilibre fait partie des plaisirs que cela me procure

    Merci

    Répondre
    • Bonjour,
      Ca ne fonctionne pas toujours ! j’ai retrouvé des colonies de fourmis DANS mes pots de menthe ! et, cette dernière plantée aux pieds des fruitiers en compagnie de lavande et aussi de tanaisie , n’empêche pas l’invasion de pucerons et de fourmis !

      Répondre
  9. Bonjour, après lecture de cet article, je vous rejoints bien sûr sur la préservation de toute vie, chaque espèce a son utilité et on se doit de la conserver. Mais là, j’avoue que les fourmis et moi, c’est je t’aime moi non plus. Nous rénovons une maison en Dordogne, et pour l’instant nous nous consacrons à l’intérieur. Nous avons toutefois commencé à planter des fruitiers il y a deux ans et j’ai déjà constaté que les fourmis avaient envahi de pied de tous les arbres. J’ai répertorié au moins 4 espèces différentes, une minuscule, une rouge (et qui pique) une noire et une qui vole – il y en a pour tous les goûts. L’eau ne semble pas les faire fuir, nous avons été inondés au printemps et elles n’ont pas bougé. Je les laisserais bien vivre leur vie, mais nous avions un ancien pommier couvert cette année de petites pommes (des madeleines à ce qu’on nous a dit) et un matin, nous l’avons retrouvé couché, scié à la base et découvert une énorme colonie de fournies dans le tronc. J’ai eu des envies de lance flamme je l’avoue. Mais étant non violente, je me suis abstenue, j’ai ramassé mes pommes et fait du petit bois avec mon pauvre pommier. Par contre, je crains pour les jeunes fruitiers. Je vais tester vos conseils pour les tenir à distance en croisant les doigts. Je ne sais pas si c’est une idée à moi, mais je trouve qu’il y a de plus en plus de fourmis. Merci pour vos articles toujours très intéressants et bien documentés. Très bonne journée.

    Répondre
    • Bonjour Martine …
      Et bien, c’est aussi ce que je me disais ! j’ai des nids de fourmis absolument partout !!!! ma terre est à tendence poreuse quoique acide ce qui doit contribuer . Elle mon détruit toutes les prunes noires en protégeant les pucerons qui ont enduit les jeunes branches de leur miellat collant ! pas mal de pêches aussi sur un pêché complètement colonisé , ils ont pourtant tous les aromatiques sensés etre efficaces contre les fourmis ! Il faut voir leur va et vient du bout des branches au pied et leurs attaques contre les coccinelles , c’est hallucinant !

      Répondre
  10. Merci Gilles pour ces infos.
    Pour ma part j’ai constaté une présence accrue de fourmis ce printemps sur les haricots ou « l’élevage » de pucerons m’a débordé au point d’arracher certains plants vraiment trop gluants de mielat sur une récolte que j’ai trouvée affaiblie. Du fait des pucerons+fourmis ou du bien du fait de plants faiblards sur lesquels elles ont jeté leur dévolu comme on le constate parfois des limaces grignotant les légumes en petite forme, je n’ai pas la réponse.
    Plus interessant, j’ai remarquée une moindre fréquentation en été et plus du tout dans ma troisième série de haricots récoltés ces jours-ci en grand nombre!
    Conclusion peut-être hâtive: mieux vaut differer certaines plantations pour être à l’abri des fourmis affamées du printemps!
    Ou bien se dire que les lézards ont eu raison de cette invasion supérieure cette année de toujours plus de réchauffement climatique…favorisant la natalité…

    Répondre

Laisser un commentaire