La Culture du Fraisier

A l’occasion de l’implantation d’une nouvelle fraiseraie (Mara des Bois), je vous propose un petit tour d’horizon de la culture du fraisier. J’essaierais de compléter cet article au fil de la saison pour vous présenter l’évolution de cette fraiseraie…

Les fraises ont toute leur place dans un potager naturel…Rares sont les jardiniers, et encore moins leurs enfants, qui me contrediront !

Bien sûr, la fraise n’est pas un légume (tout comme les tomates, concombres, courges, poivrons…) mais bel et bien un fruit…enfin, pas vraiment non plus…

Un peu de botanique

Appartenant à la famille des rosacées (tout comme la plupart des fruits, mais aussi les rosiers ou aubépines par exemple), la fraise est un faux fruit …la partie consommée est en réalité un réceptacle floral fécondé et ainsi transformé ; ce faux-fruit contenant lui-même une multitude de vrais fruits, appelés akènes, qui le recouvrent.

Conditions de culture du fraisier

Climat

La diversité des variétés permet de cultiver la fraise sous la plupart des climats, et ce jusqu’à 1500 m d’altitude.

Jeune plant de fraisier
Jeune plant de fraisier

Exposition

Le fraisier apprécie un emplacement bien exposé.

Sol

Le fraisier est parfaitement adapté aux terres acides ou neutres mais redoute le calcaire (bien que certaines variétés y soient adaptées).

En sol lourd ou humide, il sera opportun de cultiver les fraisiers sur buttes.

Variétés de fraises

Vérifiez (auprès de votre fournisseur) que la variété que vous souhaitez planter est adaptée à votre climat !

Variétés non remontantes

Ces variétés produisent pendant 1 mois environ. On distingue :

Les variétés hâtives : Elvira, Gariguette, Favette, Surprise des Halles…

Les variétés de moyenne saison : Belburi, Madame Moutot, Gorella…

Les variétés tardives : Maraline, Marascor, Bogota, Senga, Talisman…

Variétés remontantes

Après une première période de récoltes, la production s’arrête pendant 1 mois environ, puis reprend pour se prolonger jusqu’aux premières gelées.

Citons la Mara des Bois, la Gento, La Rabunda, la Selva, la Profusion, la Saint-Claude….

Fertilisation et plantation d’une fraiseraie

Avant la plantation, épandez et incorporez du compost mûr en quantité importante (30 à 50 kg pour 10 m2 soit une brouette à une brouette 1/2).

Les fraisiers se multiplient par plantation de stolons (rejets) issus de pieds mères jeunes et vigoureux.

 

Plants frigo prêts à être plantés...
Plants frigo prêts à être plantés…

Achetez des plants frais ou des plants “frigo” (les plants sont arrachés en hiver puis placés au frigo à 2°C jusqu’à livraison) ou, solution plus économique, prélevez des stolons enracinés sur une plantation existante.

Mettez en place dans les 48h suivant l’arrachage : Les variétés remontantes sont plantées en mars/avril (petites récoltes possibles dès la première année, mais il est conseillé d’éliminer au moins une partie de la première floraison sous peine d’épuisement du pied) ; les variétés non-remontantes sont mises en place en juin-juillet :

  • Constituez éventuellement (en particulier en terres lourdes) de petites buttes d’une vingtaine de cm de haut pour permettre à l’eau de s’évacuer facilement (les fraisiers n’apprécient pas une humidité excessive) ;
  • Préparez des trous de plantation (remplis d’un mélange de compost, terre de jardin et terreau – 1/3 de chaque) sur 2 lignes écartées de 50 à 70 cm et à 30-50 cm sur la ligne ;
  • Juste avant la plantation, pralinez les racines dans une bouillie à base de terre argileuse ;
  • Transplantez les stolons en ayant soin de diriger le système racinaire vers le bas (N’utilisez pas un plantoir à légumes mais creusez plutôt à la main ou avec une petite pelle). Le collet ne doit pas être enterré, ni dépasser du niveau du sol.
  • Arrosez au pied après la plantation et jusqu’à la reprise du plant.

On peut planter, entre les lignes de fraisiers, des salades ou encore des épinards afin d’y occuper utilement l’espace en attendant le développement des fraisiers ;

Intercalez quelques alliacées (ail, oignons échalotes, poireaux) dans la fraiseraie. Ces légumes sont réputés protéger les fraisiers des moisissures.

Une fraiseraie est en principe renouvelée tous les 3 ou 4 ans. Mais, si l’on respecte les consignes d’entretien figurant ci-dessous, la production peut durer bien au-delà…

Entretien d’une fraiseraie

Plant frigo déjà démarré moins d'une semaine après la plantation...
Plant frigo déjà démarré moins d’une semaine après la plantation…

Le fraisier apprécie un sol riche en humus. Chaque année, apportez du compost.

Paillez, de préférence avec des matériaux acides (écorces de pins broyées, épines de pin, BRF de résineux…) surtout si le sol est calcaire.

Arrosez au pied (goutte à goutte).

Coupez régulièrement les stolons inutiles, ils épuisent la fraiseraie. Conservez uniquement ceux qui comblent un vide ou destinés à être transplantés.

Protections naturelles contre les principaux ravageurs et maladies du fraisier

Nous ne sommes pas les seuls à aimer les fraises : les limaces ou les oiseaux en raffolent également…

Limaces

Le plus grand prédateur de limaces est le hérisson. Favorisez sa venue dans votre jardin en disposant ici et là quelques tas de branchages.

Entourez la plantation de feuilles de fougères ; les limaces ne franchiront pas cette barrière naturelle.

Une autre technique efficace consiste à poser des planches à même le sol. Les limaces iront s’y réfugier et vous pourrez alors les récupérer facilement pour les éliminer…ou les amener chez votre voisin (seulement si vous êtes en froid avec lui évidemment !).

En dernier recours, utilisez du Ferramol, un anti-limaces biologique, le seul à préserver ses prédateurs.

On trouve aujourd’hui des barrières à limaces (voir ici par exemple). J’avoue ignorer si c’est réellement efficace et cela me semble relativement cher…

Par contre évitez absolument les pièges à bières. Des études ont en effet montré leur efficacité, à tel point qu’elles attirent des limaces de très loin…limaces qui ne seraient jamais venues dans votre potager sans ces « pièges ». Cela ne fait donc qu’augmenter la population de limaces !

Oiseaux

Placez des épouvantails ou de vieux CD près de la plantation.

La pose d’un filet en période de maturation des fruits demeure la solution la plus efficace.

Thrips

La prolifération de cet insecte est favorisée par un temps chaud et sec.

On observe alors des colonies de ce petit insecte et de ses larves (claires) sous les feuilles.

Des répulsifs naturels – infusion de tanaisie ou d’ail (en bordure de la culture sinon gare au goût…) – sont en général suffisants pour éloigner cet insecte.

 

Outre les dégâts dus aux animaux, les fraisiers sont également sensibles à quelques maladies cryptogamiques, notamment dans les sols lourds et calcaires…

Nous n’entrerons pas ici dans le détail des nombreuses maladies cryptogamiques pouvant atteindre une fraiseraie mais, outre la culture sur buttes, je conseille d’effectuer des traitements préventifs à base de prêle ainsi que de bicarbonate de soude.

Récolter les fraises

Les fraises, pour dégager toute leur saveur, se récoltent bien mûres…mais surveillez-les de prêt, la concurrence est rude !

52 commentaires au sujet de “La Culture du Fraisier”

  1. Bonjour Gilles,

    Je dois renouveler ma fraiseraie, qui a plus de 5 ans et a surtout souffert cette année de la météo.
    J’espère avoir qq stolons, même si j’ai un doute vue la tête de certains pieds ….
    Si j’en ai néanmoins (ce sont toutes des variétés remontantes) : puis je les replanter de suite (septembre /oct) en les coupant du pied mère ? Dans ce cas, comment préparer ma terre ? ‘faut-il dès maintenant de l’engrais /compost ( il me reste de ce dernier)

    Merci de votre réponse

    Aurélie

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  2. Bonjour Emilie,

    Les fraises ne se tuteurent pas, mais il est bien de pailler pour éviter qu’elles ne touchent la terre.
    Quant à celles qui sortent du pot, il n’y a pas de souci.
    Les stolons sont de nouvelles pousses qui vont, si on les laisse, former un nouveau pied. Alors, en pot – si il y en a, ce qui n’est pas évident – j’imagine que cela doit ressortir du pot avec au bout une nouvelle pousse de feuilles… mais je ne suis vraiment pas spécialiste de ce genre de culture. Peut-être pouvez-vous poser la question ici ? Je pense qu’ils sauront mieux vous répondre que moi pour ce qui concerne les cultures sur balcon.
    Cordialement,
    Gilles

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  3. Bonjour,
    Jeune jardinière débutante dans le monde des fraises, je recherches quelques conseils.
    J’ai acheté deux plants de fraises remontantes en mai, replantés dans une jardinière sur mon balcon (exposition : sud).
    J’ai déjà des fleurs et des fraises quasiment mures.
    Les tiges ne sont pas hautes, elles ont tendances à retomber et donc certaines fraises touchent la terre ou retombent à l’extérieur du pot.
    Ma question est : faut il que je mettes des tuteurs? ou cela est mieux de les laisser retomber?
    De plus, il est noter qu’il faut enlever les stolons, mais je n’arrive pas à les identifier. Pouvez vous me renseigner?
    Merci pour vos conseils.
    Cordialement.
    Emilie

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  4. Bonjour

    Ayant que très peu de compost, est ce que je peux mettre du crottin de cheval ou alors de l’engrais biologique riche en potasse ?

    Merci d’avance

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  5. Bonjour Gilles
    J’ai planté des Mara des Bois il y a3 ans , mais ils sont atteints de chlorose ferrique ( les feuilles jaunissent, seules les nervures restent vertes , les plants ne poussent pas et donnent tres peu de fruits…)
    Aurais tu une solution bio pour cette maladie ?
    Faudrait il amender le sol ?

    Merci d’avance

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    • Bonjour Phil,

      La chlorose ferrique est en général due à un taux de calcaire élevé dans le sol, bloquant le fer éventuellement présent.
      De même que pour Christian (voir message en dessous), je te conseille de pailler avec des matériaux acides.
      Il semblerait également que des traitements au purin d’ortie (dilué 20 fois) soit efficace (l’ortie est riche en fer).
      On peut également traiter avec une eau dans laquelle on aura laissé des morceaux de ferrailles à rouiller, libérant ainsi le fer.
      Enfin, il existe dans le commerce des produits de traitement bio comme celui que propose par exemple Solabiol (voir ici)

      Amitiés,
      Gilles

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      • Merci Gilles pour ces conseils sur la chlorose : j’avais déjà essayé le mulch d’ecorces de pin , le purin d’orties et les clous rouillés , sans succès.
        Je suis effectivement sur une terre argilo-calcaire (à vigne) et je pense que le probleme est là.
        Je vais voir si je trouve le produit que tu me conseilles , sinon j’essayerai d’incorporer de la terre de bruyère avec une fourche sur les rangs de fraisiers.Mais après mon experience malheureuse de BRF de l’an dernier , j’hesite beaucoup à “bricoler” la composition de la terre …
        Merci encore pour ton aide

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        • En condition très favorable à son développement (c’est visiblement le cas chez toi), la chlorose ne disparaît pas comme cela, il faut quelques années pour espérer modifier quelque peu un sol …
          Personnellement, plutôt que de m’acharner sur une plantation atteinte, j’en créerais une nouvelle (mais n’utilise surtout pas les stolons de la première plantation), en incorporant au préalable de la terre de bruyère et en paillant dès le départ avec des matériaux acides.

          Bon courage !
          Gilles

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  6. Rebonsoir
    Je reviens du jardin, merci pour la réponse rapide.
    Le travail permet de réfléchir, et je me demandais, pour ce qui est de la fraise, si l’on devait la repiquer en jour fruit ou fleur ? au vu de ta remarque plus haut.
    Et si je met a tremper des graine de persil, je les met à tremper en jour feuille ou c’est le jour de semis en terre qui est le plus important?
    Ce qui est bien avec le jardin, c’est qu’il y a toujours des questions.
    Merci d’avance
    Christian

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    • Je suis bien d’accord avec toi : le travail au jardin éclaircit la tête et favorise la réflexion…mais comme je n’ai pas travaillé aujourd’hui, je suis bien incapable de répondre !
      Plus sérieusement, j’ai toujours planté les fraisiers en jour fruit, mais du coup, tu me mets un sérieux doute…
      Jeantou, si tu passes pas là, ton avis sur la question serait bienvenu !
      Pour ce qui est de ta question sur les graines à tremper, je pense que la date de semis prime.

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      • Je rentre dans la discussion pour vous préciser que je n’ai jamais tenu compte des jours feuilles ou fruits. Pourquoi : parce que j’ai de sérieux doutes sur leur utilité pratique.
        Ceci dit si vous avez des éléments sur ce point, je suis preneur. Personnellement je pense que le sol, le climat et un certain savoir faire du jardinier sont les points importants.

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        • Bonjour Jean-Louis,

          Tu as raison, les paramètres que tu évoquent sont primordiaux.
          Et, si je n’ai pas vraiment de doute sur l’influence de la Lune sur les végétaux (lune montante ou descendante ; croissante ou décroissante), je ne suis pas totalement convaincu de la réalité de l’incidence des jours fruits ou fleurs, ou feuilles…mais je leur trouve justement un intérêt “pratique” : je m’en sers de base pour planifier mes semis ou plantation, ce qui m’aide bien pour m’organiser.
          Mais je reste souple et tiens en effet compte tout d’abord du temps. Par exemple, j’ai planifié un semis de carotte jeudi, mais il doit pleuvoir ce jour là…et les jours suivants, la terre sera trempée, ne permettant pas le passage de mon semoir à pousser. Dès lors, si les prévisions restent les mêmes, j’avancerais mon semis de carottes à mercredi (il profitera ainsi de la pluie et ne sera pas inutilement retardé).

          Bonne semaine de jardinage,
          Gilles

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  7. Bonjour Christian,
    je prends bonne note pour la fougère, ce qui fonctionne aussi chez moi ce sont les coquilles d’ œufs, je les conserve tout au long de l’ année dans des sacs en papier et quand je fais des plantations je les écrase pour en faire des miettes et en fait une barrière autour de la zone de plantation ou de chaque plant, j’ ai aussi des planches pour faire le chemin, elles s’ en servent de refuge, j’ en profite pour les collecter et les éloigner .

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    • Bonjour Laurent,

      Moi, c’est Gilles, mais bon, peu importe !

      Merci pour ton témoignage…même si je ne suis pas vraiment convaincu de l’efficacité des coquilles d’oeufs (j’ai vu des plants pourtant entourés de coquilles complètement dévorés par les limaces).

      Cordialement,
      Gilles

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      • Bonjour Gilles,
        Encore de bons conseils pour manger des fraises.
        Tu parles de variétèes adapter au sol calcaire, je n’ai rien trouvé sur le net, si ce n’est de rajouter de la tourbe!….
        Je continu mes recherche
        Bien cordialement
        Christian ( là c’est bien moi)

        Répondre
        • Bonjour Christian,

          Je sais que la Rubis des Jardins s’adapte bien à tous les types de sol…mais je ne trouve rien de plus non plus sur les variétés adaptées au calcaire, bien que sachant qu’elles existent.
          Le mieux est de se renseigner auprès des producteurs de plants.

          Cordialement,
          Gilles

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      • une barriere autour des plantions (de fraises ou autres) faite avec la cendre de la cheminée décourage toutes les limaces et les escargots (vérifié et approuvé par moi!) Par contre, les fourmis sont en train de coloniser mes fraisiers!!!avec vous un “truc” efficace ; les coquilles d’oeufs ne les éloignent pas…

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        • pour éloigner les fourmi il faut faire un filet de craie, comme la craie pour écrire sur les tableau, très efficace, fais le test en faisant un filet de craie autour d’un groupe de fourmis elles paniquent

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      • Bonjour Gilles, merci pour votre site! Pour un bon usage des limaces, pour ceux qui ont un point d’eau pouvant accueillir quelques truites ou saumons de fontaine, les limaces leur sont très appréciées!
        Cordialement, Christian

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  8. Bonjour Gilles,
    Merci pour ton dernier bulletin. Je vais m’en inspirer car je dois renouveler mes fraisiers . Les stolons vont m’être bien utile.
    Sur un autre sujet, tu parles de l’aérobêche 4 dents et de la grelinette et de leur différence de prix.
    Je pense qu’il faut préciser que l’aérobêche est fabriquée en Chine et la grelinette en Savoie. Le bilan carbone ne doit pas être le même….. (le bilan emploi non plus d’ailleurs).
    De plus la grelinette existe en plusieurs modèles. J’en ai une depuis plusieurs mois et j’en suis très satisfait. J’ai laissé un commentaire dans ce sens sur le site ami que tu nous proposes. Pour l’instant mon commentaire n’est pas visible.

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