Les anti-limaces à base de phosphate de fer, souvent utilisés comme alternative aux produits chimiques plus agressifs, ont généralement moins d’impact environnemental et sont considérés comme plus sûrs pour les animaux domestiques et la faune non ciblée.
Ils sont donc couramment employés pour lutter contre les limaces.
Vous êtes d’ailleurs nombreux à “avouer” en épandre régulièrement, et plus particulièrement encore lors de semis directs au potager…
Pourtant, ces produits ne sont pas sans inconvénients…
Et c’est précisément le sujet du présent article (la gestion écologique des limaces ayant déjà été traitées ici)
Mais commençons déjà par comparer ces anti-limaces “bio” aux anti-limaces au métaldéhyde.
Les anti-limaces au phosphate de fer sont mieux que les granulés anti-limaces au métaldéhyde…
Ces 2 différents types de produits se présentent sous forme de granules bleus. Ce qui peut évidemment prêter à confusion… Alors, essayons d’y voir plus clair.
Qu’est-ce que le métaldéhyde ?
Le métaldéhyde est un composé chimique organique de formule CH3CHOCH2CHO. Il s’agit d’un hémiacétal, souvent utilisé comme appât contre les limaces et les escargots dans les jardins et les cultures agricoles.
Généralement commercialisée sous forme de granulés ou de pellets, le métaldéhyde agit en attirant les limaces et escargots qui consomment ensuite le produit. Une fois ingérée, la métaldéhyde provoque la mort de ces mollusques en perturbant leur système digestif.
Cependant, il convient de noter que le métaldéhyde est toxique et peut également présenter des risques pour les animaux domestiques et la faune non-cible s’ils ingèrent des appâts contenant cette substance.
Si les anti-limaces au métaldéhyde sont (malheureusement) encore autorisés pour les agriculteurs, en France, ils sont (heureusement) aujourd’hui interdits à la commercialisation aux particuliers… qui n’ont pas le droit d’en utiliser (des jardiniers peu scrupuleux en achètent dans certains pays où ces m…. sont encore autorisées, ou s’en procurent auprès d’agriculteurs… Je vous vois !)
Qu’est-ce que le phosphate de fer ?
Le phosphate de fer, également connu sous le nom d’orthophosphate ferrique ou de phosphate ferrique, est un composé chimique qui se présente sous forme de poudre ou de cristaux. Sa formule chimique est FePO4. Il est composé d’un ion ferrique (Fe^3+) et d’un ion phosphate (PO4^3-).
Le phosphate de fer est souvent utilisé comme additif alimentaire, notamment dans l’industrie alimentaire pour enrichir les aliments en fer. Il est également utilisé dans le traitement de l’eau pour éliminer les phosphates et les métaux lourds, et parfois comme engrais pour les plantes, fournissant à la fois du fer et du phosphore.
Il entre aujourd’hui dans la composition d’anti-limaces autorisés en agriculture biologique, et disponibles pour les jardiniers amateurs (Ferramol® et autres dénominations commerciales).
Inconvénient des anti-limaces au phosphate de fer
Voici quelques-uns des inconvénients potentiels associés à l’utilisation d’anti-limaces au phosphate de fer :
- Les anti-limaces au phosphate de fer sont relativement coûteux.
- L’efficacité est limitée en périodes de fortes pluies… périodes pendant lesquelles ces mollusques envahissent nos jardins !
- Les anti-limaces au phosphate de fer agissent plus lentement que leurs homologues chimiques… Les jardiniers, pensant que la dose n’est pas suffisante, en rajoutent…
- Or, un surdosage peut entraîner des problèmes environnementaux et affecter la faune non ciblée, notamment les animaux domestiques et la faune sauvage.
- Bien que le phosphate de fer se dégrade plus rapidement que de nombreux autres produits chimiques, il peut persister dans l’environnement pendant un certain temps. Ce qui peut poser des problèmes pour les écosystèmes aquatiques, en particulier dans les zones proches des points d’application.
- En détruisant une population animale, quelle qu’elle soit, nous nuisons également aux populations qui s’en nourrissent. Nous parlons ici d’oiseaux, de grenouilles et crapauds, de carabes, de hérissons…
- Bien que le phosphate de fer soit moins toxique que d’autres substances chimiques utilisées dans les anti-limaces, il demeure toxique pour certains organismes non ciblés si ingéré en grande quantité.
Penchons-nous un peu plus sur cette dernière problématique.
Anti-limaces au phosphate de fer et biodiversité
Conséquences sur les vers de terre
Appuyons-nous ici sur des données de l’Union européenne, partagées sur le forum aujardin.info (https://www.aujardin.org/viewtopic.php?t=146180&start=45) me semblent intéressantes à considérer :
5.5.1 TOXICITÉ AIGUË SUR LES VERS DE TERRE
Eisenia foetida (foetida ou andrei) – CL50 : > 10 mg/kg sol – Durée d’exposition : 14 jours
(Source de l’information : union européenne)
préparation : formulation Ferramol Schneckenkorn (10 g SA/kg)
Eisenia foetida (foetida ou andrei) – CL50 : > 1000 mg/kg sol – Durée d’exposition : 14 jours
(Source de l’information : union européenne)
La conclusion est claire : les anti-limaces au phosphate de fer sont toxiques pour les vers de terre à haute dose. Conclusion partagée dans ce document (https://www.hautegoulaine.fr/fileadmin/Haute-Goulaine/2-QUOTIDIEN/G-Environnement/3.Jardiner-au-naturel/2G3.Alternative_anti-limace.pdf)
5.5.2 EFFETS SUR LA REPRODUCTION DES VERS DE TERRE
préparation : formulation Ferramol Schneckenkorn (10 g SA/kg)
Lumbricus terrestris – CSEO : 50 g/m2 – Durée d’exposition : 8 semaines
(Source de l’information : union européenne)
préparation : formulation Ferramol Schneckenkorn (10 g SA/kg)
Eisenia foetida (foetida ou andrei) – CSEO : 5 g/m2 – Durée d’exposition : 8 semaines
(Source de l’information : union européenne)
On comprend donc ici que les anti-limaces, présentés comme sans conséquence pour l’environnement, nuisent à la reproduction des vers de terre… Ce qui implique évidemment moins de nourriture pour leurs prédateurs…
Rappelons maintenant une simple vérité : les oiseaux mangent des vers de terre et en rapportent à leurs oisillons…
Conséquence sur les oiseaux
Référons-nous encore au forum aujardin.info (https://www.aujardin.org/viewtopic.php?t=146180&start=45) :
5.1.1 TOXICITÉ ORALE AIGUË CHEZ LES OISEAUX
préparation : formulation Ferramol Schneckenkorn (10 g SA/kg)
Colinus virginianus – DL50 : >2000 mg/kg p.c.
SA = Substance Active.
DL50= Dose léthale pour 50% du lot d’oiseaux.
On comprend donc qu’à forte dose, cette formulation est toxique pour les oiseaux, et qu’à très forte dose, elle peut devenir létale…
La parole à la défense
Mais, par souci d’équité, donnons la parole à Arnaud Lagriffoul, responsable agriculture durable chez De Sangosse… fabriquant d’un anti-limaces “bio”.
« L’ensemble des études dont nous disposons amène à des conclusions plutôt rassurantes. Les rares cas d’effets délétères des produits sur les organismes non cibles sont liés à des causes accidentelles relevant des mauvaises pratiques de l’utilisateur. Le cas d’un sac de produits qui se perce par exemple, entraînant l’accumulation d’une très grande quantité d’antilimaces à un endroit donné », conclut Arnaud Lagriffoul. (source : https://www.cultivar.fr/technique/antilimaces-et-faune-auxiliaire-le-vrai-du-faux).
Ok… il peut y avoir quelques problèmes, mais c’est la faute du jardinier… Les sacs qui se percent étant évidemment extrêmement rares…
Dans ce même article, on observe que les oiseaux ne consomment pas les anti-limaces. Puis on ajoute qu’aucune mortalité imputable à l’anti-limaces n’est observée dans les populations d’oiseaux… Génial !
Loin de moi l’idée que cet article, fondé sur les dires d’un acteur on ne peut plus impartial (j’ironise bien sûr), puisse être quelque peu orienté…
Mais, je m’interroge quand même…
Dans l’article en question, on ne dit pas que les vers de terre en ingèrent… Et que les oiseaux mangent des vers de terre… Et en rapportent à leurs petits. Ces derniers sont évidemment plus fragiles… Or, on ne précise pas non plus si l’on est allé voir dans les nids… Les observations sont par ailleurs faites à court terme…
Autres sources d’information
“Le phosphate ferrique, souvent présenté comme un produit sans danger sur l’emballage, est moins dangereux, mais peut entraîner salivation, vomissements et diarrhée, et lors d’ingestion importante peut provoquer une hépatite.” (https://www.centre-antipoison-animal.com/les-antilimaces.html).
Référons-nous à un document officiel, l’autorisation de mise sur le marché à destination des particuliers : https://www.anses.fr/fr/system/files/phyto/evaluations/NEU1186M_PAMM_2013-1347_Ans.pdf :
- risques acceptables d’ingestion par un enfant de 10 kg…. on imagine pour un oisillon….
- “Les risques pour l’environnement, les organismes terrestres et aquatiques liés à l’utilisation de la préparation NEU 1186 M sont considérés comme acceptables.”…
Notez le terme “acceptable”… et on ne dit rien des oiseaux.
D’après https://www.sagepesticides.qc.ca/Recherche/RechercheMatiere/DisplayMatiere?MatiereActiveId=156 , “Le phosphate ferrique est relativement non toxique pour les oiseaux, les poissons et les invertébrés aquatiques. D’après le profil d’emploi, on ne prévoit pas que l’exposition potentielle des espèces non ciblées soit préoccupante.”
Notez là aussi les mots employés (“relativement non toxique”)… On peut dire que les auteurs de ces études se gardent bien de se mouiller !
Conclusion sur les anti-limaces au phosphate de fer
Bien que m’étant pour ma part toujours refusé à en employer, je ne juge pas les jardiniers ayant recours à un anti-limaces au phosphate de fer.
Et les dégâts que ces produits peuvent engendrer sont, à n’en point douter, minimes.
Mais dire que leur emploi est sans incidence sur la biodiversité animale me parait pour le moins abusif. Cela va en tout cas clairement à l’encontre d’une recherche d’équilibre dans notre jardin…
Je terminerai en partageant ces paroles pleines de sagesse (Tempo – https://tomodori.com/forum/topic14510.html) :
“A partir du moment ou un mammifère, quel qu’il soit, est atteint par la toxicité d’un produit, je le considère comme toxique pour nous les Hommes. Même si c’est une question de dosage. Et je suis en train d’étendre cette “doctrine” à a peu prés tout ce qui est vivant étant donné qu’on est en bout de chaine alimentaire…
Des exemples de saloperies ingérées par des végétaux ou des animaux et qui se retrouvent dans notre organisme, il y’en a à tour de bras. On en consomme déjà à notre insu, même en étant très précautionneux sur notre manière de nous alimenter.
La bave de limace jusqu’à preuve du contraire n’est pas toxique.
Partageons nos radis avec les limaces et cessons de polluer l’endroit même d’où viens notre alimentation.
Sur le long terme c’est se tirer une balle dans le pied. Déjà qu’elle est dans le barillet et le doigt sur la gâchette depuis pas mal de temps…”
C’est maintenant à vous de faire vos choix, en connaissance de cause…
Crédits photos : https://depositphotos.com/






Je suis d’accord qu’il faut trouver un équilibre entre les limaces et leurs prédateurs. C’est super si on peut héberger des prédateurs dans son jardin (crapauds, canards, hérissons, carabes, vers luisants…).
Mais si ce n’est pas possible, cela crée un déséquilibre. Dans ce cas, je considère que c’est à l’humain de remplacer les prédateurs. Typiquement sur un petit terrain en ville, avec plein de clôtures et de gazons tondus à raz tout autour.
Chez moi aussi, les moineaux picorent les granulés, snif !
Bonjour à tous et surtout merci pour cette article,
Je cherchais a savoir si le phosphate ferrique était nocif pour les vers de terre car après en avoir utilisé (peut être un peu trop) j’ai trouvé (quelques) aneciques comme amorphes limite entrain de sécher (liens de cause à effet ???). Et comme je cherche a faire un potager sans travail du sol pour accroître la vie du sol c’était déjà un non sens d’utiliser produits (mais quand toutes vos salades, courges, carottes, choux et autres betteraves disparaissent avant même d’avoir fait 2 vraies feuilles il faut essayer de trouver une solution) maintenant qu’il y a une suspicion que cela puisse limiter la vie des vers de terre (et surement d’autres bestioles moins visibles) je vais devoir chercher une autre alternative.
Encore merci pour votre article
Bonjour Gérard,
Je vous invite à lire l’article sur les limaces, sur lequel vous trouverez quelques pistes… ainsi que l’article de ce week-end consacré à la laine de mouton en protection des limaces.
Bonne journée (encoure pluvieuse chez moi…).
Gilles
merci pour ces précisions ,moi je mets de ces granulés qui sont un moindre mal pour beaucoup de chose du vivant .Je considère les limaces comme un nuisible très ravageur ,dés qu’il y à mieux comme méthode de lutte je l’utiliserai avec plaisir .Je pense pense que les punaises de lit ,les poux ,les puces, les tiques ,les rats et les limaces ont leur place dans la chaine alimentaire mais je ne l’ai pas trouvé .Evidement tout est histoire de mesure dans l’utilisation et la critique. J’ai un très grand terrain qui est un jardin que je considère comme sauvage je n’ai pas l’impression de nuire à beaucoup de choses (sauf au limages bien sur).Merci de vos conseils
Merci beaucoup Gilles pour cet article ! Vous dites bien et fort-et de façon très argumentée- ce que je pense tout bas depuis longtemps.
Votre combat est beau et juste. Encore merci pour ce que vous faites !
Bonjour Gilles,
Tout d’abord, merci beaucoup pour le partage de votre expérience !
Après lecture de votre article sur le phosphate de fer (que j’ai utilisé dans le passé) je voulais vous faire part de deux observations réalisées après épandage des granulés :
– les moineaux viennent picorer ces granulés bleus !
– j’ai trouvé un hérisson qui avait l’air malade dans mon jardin. Mais je ne sais pas s’il avait directement mangé des granulés ou des limaces qui en avaient consommer ou autre chose…
Bref, ce n’est effectivement pas un produit inoffensif !
Bien cordialement.
Merci pour ce témoignage Laurent !
Bonjour
Entièrement d’accord avec vous. Je n’utilise l’antilimace que dans ma serre et très peu. Pourquoi?
Et bien j’ai découvert que cela attirait les fourmis! L’invasion cessait dès que j’arrêtais l’anti limaces… (plus arrosage du nid de fourmis)
Maintenant je surveille les limaces et met l’anti-limaces à petites doses, quand nécessaire. Déjà, je n’arrivais pas à les tuer quand j’en trouvais. Je les jette dans le pré sous un grand mur.
Idem pour les punaises que je ramasse dans un bocal avant de les libérer ailleurs, loin du jardin.
Il parait que les escargots mangent les oeufs des limaces. Maintenant je les laisse tranquille dans la serre et le jardin. Si j’en surprend un gros entrain de se régaler, je le jette en-dessous, avec les limaces.
Merci Gilles pour cette mise au point. je confirme que la bave de limace et celle d’escargot ne sont pas toxiques, loin de là, elle ont même été utilisées au siècle dernier comme antituberculeux et restent aujourd’hui reconnu comme stimulant de l’immunité cellulaire. Raison de plus pour les préserver pour nous et surtout pour les oiseaux qui s’en nourrissent entre autre pour résister aux psittacoses; pour ma part j’utilise de simples planches de bois blanc non traité disposées entre mes rangs de légumes, les limaces s’y cachent naturellement et leur élimination manuelle est simple et non toxique.; les poules les aiment bien aussi
Quant aux dosage non toxique de l’industrie, leur études ne reposent que sur le paradigme de Paracelse (la dose fait le poison) et ne connaissent donc pas les mécanisme d’hormèse:( de petites doses de différents métabolites ou produits de bases répétés dans le temps sont plus toxique qu’une intoxication aigue, aujourd’hui 40000 morts par an en France sont liées à ce méchanisme.)
Merci Gérard pour ce message très instructif !
Merci à Gilles ainsi qu’à tous ceux qui ont fait un commentaire sur ce sujet très intéressant.
Il y a quelques années j’avais lu un article sûr le témoignage d’un producteur de truffes qui avait pu observer une forte baisse de sa production après avoir fait un épandage d’anti limace pour se débarrasser de ces vilaines bébettes. Il semblerait bien que la bave de limace joue un rôle intéressant, qu’en pensez-vous Gilles ?
Personnellement il y a des années que je n’utilise plus ce genre de saloprie. Quand je constate des attaques sur les feuilles de mes pommes de terre (qui les attirent), je reviens à la nuit avec ma lampe torche faire des prélèvements manuels, je fais de même sur mes salades et les choux. Dans un petit potager familial c’est faisable sans grande contrainte, efficace et sûr.
Bon jardinage, c’est le printemps !!!
Amitiés
Yves le Tourangeau
Bonjour Yves,
J’en pense qu’il y a beaucoup d’interactions dans le vivant… et que nous sommes loin de tout connaître.
En clair, ce genre d’observations ne peut que renforcer cette idée de laisser la nature gérer au mieux les choses, plutôt que d’intervenir (par peur) et ne faire au final qu’aggraver la situation.
Amitiés,
Gilles
Bonjour, la bave de gastéropodes a un effet reconnu sur le sol, comme pour les vers de terre cela participe à la formation du complexe argilo humique. Les limaces mangent des champignons mais ne digèrent pas les spores qui sont “ressemées” dans leur déjection. Les gastéropodes sont l’un des premiers maillons dans la destruction des végétaux morts également.
Tout à fait d’accord avec gille depuis quelques années, je partage un peu de légumes avec la(biodiverssité bien sur je ne suis pas professionnel très jolie article de gille et très complet merci
Bonjour, je me permets une petite contribution sur les tests de toxicité aïgue sur les vers de terre et oiseaux. En fait, aucune toxicité n’a pu être mise en évidence aux doses maximums demandées par les tests OCDE de l’union européenne, soit 1000 mg/kg sol pour les vers de terre ou 2000 mg/kg pour les oiseaux. Du fait qu’ils n’ont pas trouvé d’EC50 à ces doses max, ils mettent une EC50 qui est théoriquement > à ces doses. Seuls les tests de reproduction sur les vers de terre montrent une certaine toxicité du phosphate de fer (SA du Ferramol). Très belle journée
Merci pour ces précisions Odon.
Permettez-moi d’apporter la mienne… Sans déroger aux règles de confidentialité (la teneur de vos propos m’ayant mis la puce à l’oreille), une simple recherche sur votre adresse mail me laisse à penser (mais je me trompe peut-être ?) que vous n’êtes peut-être pas tout à fait impartial, puisque travaillant pour une société produisant des bio-pesticides… qui sont des produits létaux, même si d’origine naturelle, et qui, à ce titre, engendrent des déséquilibres.
Les précisions scientifiques, probablement justes, que vous apportez ne changent rien à cet état de fait…
Et c’est surtout sur cela que je souhaite insister dans cet article et d’autres : changer nos moyens de tuer revient finalement au même… c’est notre façon de voir le monde qui nous entoure qui doit évoluer. Mais évidemment, cela ne va pas dans le sens des intérêts de sociétés telles que celle pour laquelle vous travaillez… Ceci dit sans aucune animosité, votre démarche étant tout de même plus louable que celle de l’industrie chimique, qui elle se fiche totalement du vivant.
Bonne fin de journée à vous.
Gilles
Effectivement, le fait que je travaille sur un bio pesticide dans le cadre du biocontrole m’a permis de bien connaitre ces tests de toxicité qui sont obligatoires pour l’autorisation de mise sur le marché de produit, qu’il soit d’origine chimique ou naturelle. Mon propos n’est pas de défendre l’innocuité d’un produit ou d’un autre mais seulement de ne pas se méprendre sur les données scientifiques. Après, ces données ont une certaine limite, qui est celle du cadre normé dans laquelle elles ont été obtenues et elles ne prétendent pas démontrer une absence totale de toxicité mais du moins un risque limité. Je vous rejoins sur le message que vous faites passer dans votre blog, que je suis avec intérêt depuis quelques année, l’idéal est de privilégier les solutions de protection que la nature nous offre, on est sur de ne pas faire de bêtise et d’engendrer des déséquilibres. Cependant, dans des cas un peu difficiles où nous sommes dépassés, il peut être intéressant de privilégier de manière ponctuelle des solutions qui ont un impact très limité sur l’environnement afin de protéger le peu de salades qui nous restent. Amitiés, Odon
Je vous remercie très sincèrement pour cette réponse très sincère et intelligente.
Amicalement,
Gilles
L’article pêche là dessus, car pour faire scientifique, les EC50 sont balancées comme preuve alors qu’une explication montre que le danger est faible, même si jamais nul. C’est le défaut que je vois à l’utilisation de notions mal maitrisées, sans mise en lien avec d’autres références (par ex, quelles sont les EC50 d’autres produits naturels, comme les préparations maisons, sans même parler de la bouillie bordelaise?). Cette phrase est donc fausse ou pour le moins manquant de contexte: “les anti-limaces au phosphate de fer sont toxiques pour les vers de terre à haute dose”. Je peux faire la même phrase avec du sel (qui est très toxique pour un sol), du café ou n’importe quoi, même le très dangereux H2O.
Surtout, à s’axer sur une toxicité exagérée des phosphates ferrique, je trouve que l’on parle beaucoup plus de ce risque que des moyens de prévenir l’usage. L’article gagnerait à ne pas s’aventurer sur la partie toxicité qui ressemble surtout ici à un danger très (trop) fortement grossi.
PS: je n’ai jamais vendu, ni produit le moindre produit phytosanitaire, je ne suis donc pas en train de défendre cela, surtout que pour moi le traitement antilimace, souvent utilisé pour sauver les meubles quand on est dépassé, ne sert à rien sauf à enrichir des vendeurs/producteurs. Quand les conditions sont trop favorables aux limaces, aucun produit même chimique, ne sauvera rien.
Merci beaucoup Gilles pour le partage de vos expériences et connaissances.
J’ai une foultitude de limaces noire à ventre orange qui sont dédaignées par les mésanges, moineaux, rouge gorges et pinsons des arbres que j’accueille en les nourrissant en hiver…..
Avez vous l’expérience ou des témoignages sur l’utilisation efficace (ou pas) et/ou sur l’innocuité (ou pas) des nématodes PH sur les limaces et SF pour lutter contre les taupins ?
Amicalement.
Jean
Bonjour Jean,
J’ai écrit un article sur les nématodes (voyez ici)… qui reviennent finalement au même du point de vue de la biodiversité. Quand on tue, on nuit à cette dernière, et ce quel que soit le produit utilisé…
Cordialement,
Gilles
merci gilles pour cet article,
j’ai observé lors de tests dans les semis de carottes qu’il y a des oiseaux qui picorent les graines si on ne les couvre pas. je n’ai pas remarqué de manque de vers de terre mais une quantité importante de mille-pattes morts. cela met en réflexion malgré les échanges de mail avec neudorf qui affirment que c’est sans danger et sans problème.
amitiées
eric
Merci pour ce partage Eric.
Cela dit, sachant comme tu nourris bien la terre de ton jardin, qu’il y ait des vers de terre en nombre ne signifie pas pour autant que les anti-limaces n’ont aucune incidence sur ces populations…
Amitiés,
Gilles
Bonjour tout le monde.
Cela fait des années que je n’utilise plus d’anti limace. Les limaces ont leurs rôles à jouer dans le jardin. Je les nourris avec des adventices, tonde de pelouse et déchets de légumes, que je coupe et mets tout le long de mes semis ou plants. Oui il arrive que certains plants soient mangés, mais j’en mets quelques uns en plus. J’ai fait aussi des tas de pierres, où certains de leurs prédateurs vont se cacher, couleuvre, orvets, de grands consommateurs d’escargots. Voilà comment je procède pour réguler les limaces et escargots. Bonne journée.
Grand merci Gilles pour cet article. Je me refuse à utiliser le moindre produit dans mon jardin. J’utilise des coques en plastique pour permettre aux petits plants de démarrer sans attaques de limaces et je les retire (ces coques) quand les plants deviennent assez forts pour s’autodefendre. C’est vrai que c’est un peu cher, elles sont vendues par 5 chez jardins animés mais elles sont solides et réutilisables à l’infini. Et j’en achète de temps en temps ainsi ça ne grève pas mon budget.
Certes c’est du plastique mais ça n’empoisonne ni la terre ni la faune.
Sinon les épluchures jetées sur le sol attire les limaces plus que les légumes frais… reste à ramasser ces gourmandises pour les poules.
Amicalement.
Bonjour Gilles,
On ne peut plus d’accord avec la conclusion de cet article. C’est dans la lignée de votre enseignement et je me félicite tous les jours de suivre vos conseils (et mon jardin et moi vous remercions). Très bonne journée.
Il faut partager son jardin avec toutes les inconvénients et les avantages qu’il rapporte.
Merci Gilles pour cet éclaircissement sur ce produit dont je soupçonnais la dangerosité, aussi minime soit-elle.
J’attendais les preuves car je n’ai pas ta compétence pour les trouver moi-même. C’est maintenant fait.
Je reconnais avoir utilisé les 2 versions d’anti-limace… Mais l’an passé sur un potager de 150 M2 j’ai dû consommer 3 ou 4 poignées dans les cas devenus catastrophiques pour mes plantations fragiles.
Désormais avec les hérissons qui fréquentent assidûment mes allées (ils sont sortis de l’hiver, j’ai les preuves en vidéo) et les 3 poules que j’arrive par rotation à couvrir 150 M2 attenants au potager, je devrais pouvoir me passer définitivement de cette solution extrême.
Merci encore
bonjour mr Dubus
c’est avec un grand plaisir que je lis quotidiennement vos articles
vos analyses objectives permettent une réflexion éclairé sur nos problématiques de jardiniers
concernant l’emploi d’anti limaces je n’ai rien à apporter au débat n’en n’utilisant pas et pour cause les gastéropodes ne font plus de dégâts dans mon potagers depuis bien des années !!!
le secret c’est l’emploi du BRF ,je vous explique sans plus tardé mes observations et conclusions
il y a une dizaine d’année limaces et escargots pouvaient dans une nuit me dévorer jusqu’à 40 plants de salades fraichement repiqués
souhaitant expérimenté le BRF j’en ai étalé 3cm sur ma terre (très argileuse) en novembre
au printemps suivant ,le mycélium s’étant installé, je repique 70 plants afin de nourrir ma famille et celles des gastéropodes et là surprises AUCUNES salades ne furent mangés ,malgré la présence constaté des bestioles ???
après réflexion j’ai cru comprendre que leur nourriture (préférée) c’est les champignons!(il est ,me semble t’il, rare de trouver un cèpe ,même très jeune,qui ne soit pas grignoté )
aussi grâce au BRF mon jardin regorge de leurs mets adorés, depuis nous déplaçons nos hôtes dans la salade d’à côté lors de nos cueillettes
j’ai pu vérifier le phénomène inverse également à épuisement du BRF les attaques ont reprises!
si il y a réticence à l’emploi du BRF je j’imagine (à vérifier) que la mise en place de quelques petites parcelles(par demi m²) à plusieurs emplacements (avec du BRF)mais sans cultures pourraient fonctionner également
PETIT BONUS
en m’étant une dizaine de cm dans mes allées afin de les pailler j’ai fait le bonheur de ma taupe qui désormais ne m’impose ses taupinières que dans celles-ci
en effet les vers de terre remontent sur le BRF pour le dégrader et ma taupe s’en régale en laissant tranquille mes plates-bandes fraîchement repiquées ou semées
que du bonheur !