Quels apports pouvons-nous effectuer au potager au printemps ?
Dans cet article, nous nous intéresserons aux amendements et engrais pouvant être apportés en cette saison.
Mais commençons peut-être par le matériau à éviter au printemps…
Au printemps, évitez d’apporter du fumier non décomposé
Je vous déconseille d’apporter du fumier non décomposé (également appelé fumier frais…) au jardin au printemps, pour plusieurs raisons :
- Risques de brûlure des plantes : le fumier frais contient généralement des niveaux élevés d’azote et d’autres éléments nutritifs. Or, une concentration excessive de nutriments risquent d’avoir pour conséquence des brûlures racinaires.
- Risques de maladies et de parasites : le fumier non décomposé peut contenir des pathogènes et des œufs de parasites potentiellement nuisibles aux plantes et au consommateur.
- Risques de faim d’azote : le fumier frais nécessite du temps pour se décomposer complètement avant de devenir un amendement bénéfique pour le sol. En phase de décomposition, les micro-organismes normalement chargés de la libération des éléments minéraux, dont l’azote, se retrouvent accaparés par ce travail de décomposition. L’azote fait alors défaut aux plantes. C’est ce phénomène que l’on appelle faim d’azote, avec pour conséquence une déficience du développement de la végétation.
Pour éviter ces aléas, je vous recommande d’apporter le fumier non décomposé à l’automne plutôt qu’au printemps.
Quels apports au potager au printemps ?
Au printemps, les plantes doivent pouvoir disposer des nutriments nécessaires à une croissance saine et équilibrée.
Distinguons ici les amendements (qui visent avant tout à améliorer un sol, que ce soit au niveau de sa structure, de son PH ou encore de sa fertilité), des engrais (qui ont pour objectif principal de nourrir directement les plantes… même si les engrais organiques contribuent aussi quelque peu à améliorer le sol).
En jardinage naturel, on cherchera en premier lieu à améliorer le sol, en vue d’obtenir une terre vivante apte à nourrir nos cultures.
Les amendements constitueront donc la base de toute fertilisation.
Les amendements au potager au printemps
Dans un potager naturel, les amendements pouvant être apportés au printemps sont :
- Le compost, un amendement organique précieux pour enrichir le sol en matière organique et en nutriments essentiels tels que l’azote, le phosphore et le potassium. Il favorise la structure du sol, retient l’humidité et encourage une activité microbienne bénéfique. Au printemps, l’ajout de compost bien décomposé favorisera la croissance et le bon développement des cultures à venir.
- Le fumier composté, une autre source d’amendement organique riche en nutriments. Assurez-vous que le fumier est bien décomposé (aspect de terreau, dans lequel les déjections animales et la litière ne se distinguent plus) avant de l’appliquer dans le potager.
- Des matériaux organiques divers apportés en paillage (tontes, foin, brf, paille…) en couche pas trop épaisse et pas trop tôt (le sol doit être un minimum réchauffé et gardez à l’esprit que le paillage peut être problématique pour les jeunes plants, notamment avec les limaces) – voir la vidéo sur la paillage progressif.
- Les amendements calciques (marne, craie, calcaire broyé, lithothamne, dolomie) relèveront le PH de terres acides, permettant d’y cultiver des légumes n’appréciant pas l’acidité. D’une manière général, ces amendements calciques s’épandent de l’automne au tout début du printemps (si vous en utilisez, vérifiez les recommandations d’emplois pour chacun d’eux).
- Les argiles bentonites permettront de mieux retenir les matières organiques et l’eau en terre légère.
Les apports d’engrais au potager au printemps
Les cultures amenées à se développer dans un sol correctement amendé chaque année n’auront à priori pas besoin d’engrais.
Mais en attendant, ou pour augmenter quelque peu les rendements, ceux-ci peuvent être utiles en complément.
Voici les différents types d’engrais pour le jardinage naturel :
- Le compost… qui est à la fois un amendement (améliore le sol) et un engrais (rapidement assimilable par les plantes).
- Les engrais verts. En se décomposant, les engrais verts constitueront une nourriture de choix pour nos cultures de saison. De par leur action bénéfique sur la structure du sol, j’aurais pu également les classer comme amendement.
- Les engrais organiques du commerce (fumiers déshydratés ou en poudre, guano, farine d’os, tourteau de ricin, sang séché, farine de poisson, engrais complets composés…). On les utilise pour fournir aux plantes des nutriments de manière progressive tout au long de la saison de culture. Ces engrais sont généralement sous forme de granules ou de poudre. On les incorpore dans le sol au moment de la plantation ou on les épand en surface autour des plantes.
- Les engrais liquides. Rapidement absorbables par les plantes, on les utilise pour une fertilisation rapide des plantes au printemps. Ils peuvent être dilués dans l’eau d’arrosage et appliqués directement sur le feuillage ou en arrosage au sol autour des plantes. On trouve des engrais liquides naturels dans le commerce. Mais vous pouvez en préparer vous-même, à base d’ortie ou de consoude par exemple. L’urine constitue également un engrais liquide à disposition du jardinier… D’une manière générale, les amendements et engrais organiques sont à privilégier. Les engrais liquides ne sont là que comme compléments.
Connaître les principales caractéristiques du sol de votre jardin constitue la condition première à des apports adaptés.
Un équilibre nutritif adéquat, et correspondant aux exigences particulières de chaque espèce, contribuera à une croissance vigoureuse et à des récoltes abondantes.
C’est justement le chemin que je vous propose d’emprunter dans votre potager naturel.
Crédits photos : https://depositphotos.com/






Merci beaucoup pour vos conseils tellement précieux. Je vous lis avec plaisir et j’ajuste ma façon de cultiver après chaque lecture.
Bonjour, en ce moment je me suis mis à mettre des cheveux dans mon jardin, légèrement enterrés pour ne pas qu’ils s’envolent. On en récolte une grosse poignée tous les jours (légèrement colorés mais exclusivement avec du henné bio). En cherchant un peu sur internet j’ai lu que ça pouvait être un bon engrais à diffusion lente et peut être même décourager les limaces ou certains prédateurs. En plus les oiseaux peuvent en prélever pour leurs nids si besoin (bon, du coup ils ne servent plus d’engrais ni répulsifs, mais contribuent à la diversité au jardin). Je me dis qu’ils pourraient contribuer dans une moindre mesure à l’allègement du sol. A suivre…
Des conseils juste au moment précis; merci beaucoup!
Toujours un plaisir de lire tes bons conseils et ton partage d’expériences. Merci Gilles
Merci Gilles pour vos conseils et ouvrages toujours avisés et à propos. Très bonne journée
Merci pour tous ces bons conseils avisés !
Merci Gilles pour tout votre travail pour nous, vous êtes vraiment une bonne personne. Vous suivre c est garder l esprit jardin dans le bon sens et la bonne direction de Dame Nature.
Votre site est une merveille d enseignement, en vous lisant, l on ressent votre passion pour le beau travail du potager et Merci pour le partage que vous manifestez à notre égard.
C’est un réel plaisir que de vous lire
Amicalement Votre
Merci André,
C’est très sympa.
Amitiés,
Gilles
Merci Gilles
je confirme c’est vraiment une belle personne Gilles le jardinier bio, tout le monde l’apprécie.
Bonjour Gilles bonjour à tous, vous citez l urine comme engrais liquide,mais j ai toujours entendu dire qu il ne fallait pas avoir de traitement médicamenteux pour l utiliser au potager.
Quel est votre avis ?
Merci d avance pour votre retour.
Bon week-end à tous.
Bonjour Bernard,
Mieux vaut en effet s’abstenir d’utiliser l’urine en cas de prise de médicaments. Plus d’infos sur l’urine ici : https://www.un-jardin-bio.com/urine-engrais-jardin/
Bon week-end
Croyez-vous que les animaux sont indemnes de médicaments ? Les porcs sont bourrés d’antibiotiques et bien d’autres médicaments… les volailles n’en parlons pas… D’après vous qu’elle est la première matière qui sert de fertilisant dans le fumier ? C’est l’urine animale donc faites vos conclusions…
Avez-vous déjà entendu parlé d’agriculture biologique, ou même d’élevages extensifs (qui ne bourrent pas forcément les animaux d’antibiotiques… car ça coûte cher) ?
Précisons également que le compostage détruit une grande partie des antibiotiques… raison pour laquelle l’agriculture biologique autorise l’utilisation de fumiers en provenance d’élevages non bio, à condition de les composter…
Par ailleurs, vous affirmez que le principal fertilisant d’un fumier est l’urine… Rappelons que le fumier est un mélange de déjections et de litière… Et vous négligez le fait que l’urine, même si elle est en effet évidemment également présente au départ, est facilement lessivée (c’est le cas lorsque le fumier est sorti des étables), contrairement aux matériaux organiques, plus stables… Bref, j’aimerais savoir d’où vous tenez ça ?
Bonjour,
Toujours quelque chose à apprendre. Merci pour toutes ces informations qui me permettront de mieux réussir, peut-être!
Merci pour vos commentaires toujours fournis et très utiles
Merci Fabienne !