Enrichir sa Terre avec le BRF

Cet article fait l’objet d’un évènement inter-jardiniers organisé par Yannick du blog Au potager bio. Il souhaite réaliser un e-book sur les différentes méthodes permettant d’enrichir la terre pendant l’hiver. Tout le monde peut y participer, que vous soyez amateur, professionnel, possédant un blog ou non. Vous trouverez tous les renseignements directement sur le site page événement inter-jardiniers.

 

Bien qu’inexpérimenté en la matière (je vais faire mon premier essai cette année), j’ai choisi de vous parler ici de BRF. Cette technique innovante d’enrichissement du sol (mais pas seulement comme nous allons le voir plus loin), de plus en plus présente dans les potagers naturels, a, j’en suis persuadé, un bel d’avenir devant elle.

Tas de BRF

Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est une technique assez récente née au Québec et consistant dans l‘utilisation de jeunes branches d’arbres broyées (de diamètre inférieur à 7cm) comme couverture du sol.

La finalité du processus étant la constitution d’un riche humus comparable à celui existant naturellement dans les forêts.

On utilise principalement des espèces feuillus mais les résineux peuvent également être utilisés à hauteur de 20% maximum.

Les jeunes branches sont les parties les plus riches de l’arbre ; elles contiennent 75% des minéraux, des acides aminés, des protéines ainsi que des catalyseurs.

Les avantages du BRF

  • Le BRF permet la constitution d’un humus de très grande qualité en quantité importante et ce de façon beaucoup plus rapide qu’avec un compost (augmentation de 1% du taux d’humus en 10 ans alors qu’il faut 50 ans pour obtenir le même résultat avec du compost ou encore 80 ans avec du fumier ). Cet humus sera le support et la nourriture des cultures ; Avec un tel humus, il n’y a plus besoin de fertilisation complémentaire ;

  • Les rendements sont accrus de manière spectaculaire. Certaines études ont montré des rendement 2, 3 et jusqu’à 7 fois supérieur !

  • Les besoins en arrosage sont également grandement diminués. Le lessivage des sols et des éléments nutritifs qu’il contient est alors réduit. Les légumes ont plus de goût car contenant moins d’eau. Et l’on peut dès lors envisager des cultures légumières sur des sols arides…

  • Le BRF a des effets visibles sur la santé des cultures.  Des essais (planches témoins avec et sans BRF) ont montrer l’absence ou l’atténuation de maladies ou d’attaques de prédateurs sur les planches avec BRF par rapport aux planches témoins.

  • Le travail est considérablement réduit : pas de travail du sol, pas de désherbage (le BRF sert de également de paillage), pas ou très peu d’arrosage, pas de traitement. Ce qui se traduit par une diminution importante des coûts.

  • On peut observer une multiplication de la faune du sol (pédofaune).

Produire du BRF

On utilise des branchages jeunes voir de jeunes pousses de feuillus. Les conifères peuvent être utilisés mais dans une proportion inférieure à 20% du total.

Utiliser les résidus de taille de vos arbres et arbustes d’ornements et fruitiers, les résidus de travaux forestiers ou d’élagage, les résidus de travaux de taille ou d’élagage des collectivités locales…

Les rameaux utilisés doivent avoir un diamètre inférieur à 7cm.

Broyer (avec un broyeur à végétaux*) les branchages en automne ou en hiver, pendant la période dormante.

Le BRF doit alors être épandu rapidement. Eviter les apports, en tout cas en incorporation, trop tardifs (printemps) qui risquent d’induire une « faim d’azote ».

Il existe tous les types de broyeurs :

Utiliser le BRF

Afin d’éviter la « faim d’azote» (conséquence de la concurrence entre les besoins en azote pour la décomposition des matières organiques et les besoins en azote des plantes cultivées), on pourra :

  • Faire une culture de légumineuse (trèfle, pois, lupin, luzerne…) la saison précédent l’apport;
  • Apporter du compost préalablement à l’épandage du BRF.

On procédera ensuite ainsi :

  • Épandre le BRF sur 1 ou 2 cm (max) d’épaisseur en terres lourdes et jusqu’à à 6 cm en terre plus légère, ce qui représente 1 à 6 mètres cube pour 100 m².
  • Si l’épandage a lieu en automne, on peut incorporer (toutefois risqué en terre lourde) le BRF au sol sur 5 à 15 cm de profondeur, avec une griffe ;
  • En cas d’épandage tardif (fin d’hiver et printemps), laisser le BRF en surface.

Cette technique étant relativement récente, les avis sont partagés quand à la mise en place des cultures. Certains sèment et plantent directement dans un BRF en première année et apportent un complément en couverture chaque année. D’autres, dont je fais partie, penchent plutôt pour une utilisation évolutive :

  • Dans un BRF en première année : planter les plants élevés en pépinière ;
  • Dans un BRF en deuxième année : semer les grosses graines. Recouvrir le semis d’un compost bien mûr ;
  • Dans un BRF en troisième année : semer les petites graines (le substrat est alors bien fin). Recouvrir le semis d’un compost bien mûr;
  • Laisser au repos la quatrième année ;
  • Renouveler le BRF la cinquième année.

Je me lance donc cette année…je vous tiendrai bien sûr informés de la pratique et des résultats.

Mes observations sur le Bois Raméal Fragmenté (ajout février 2018)

Cet article date maintenant de plus de 5 ans.

Pour ce qui concerne les essais menés chez moi, les conclusions sont très claires :

  • le BRF enfoui pose de nombreux problèmes : faim d’azote, broyat se décomposant très mal…
  • apporté en couverture, soit en début d’automne soit en paillage lorsque les cultures sont déjà en place et le sol réchauffé, le Bois Raméal Fragmenté est très bénéfique pour le sol (la terre dévient rapidement noire, grumeleuse et grouillante de vie avec notamment la présence de nombreux vers de terre) et les cultures (elles s’y développent en général très bien; j’ai également pu constater que le mildiou ou l’oïdium était beaucoup moins fréquents et virulents sur une planche de culture paillée avec du BRF
  • le BRF d’acacia semble tenir à distance les limaces; alors qu’un BRF fait avec d’autres espèces forestières, comme tout autre paillis, est au contraire apprécié par ces mollusques.

En conclusion, tout au moins sous nos contrées, je déconseille d’incorporer le BRF au sol mais recommande au contraire de l’utiliser comme paillage.

 

N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous. Les retours d’expériences d’utilisateurs du BRF sont particulièrement bienvenus !

Vous trouverez un large choix de broyeurs ici.

 

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    • Merci pour ton article. Quel broyeur utilises tu ? J’avais achete un magazine qui avait fait un comparatf….le broyeur ne bourrant pas trop souvent coutait 700€!!

    • Oui effectivement c’est génial mais dommage le lien que Gilles a mis sur le forum semble être un lien mort.
      En tous cas je n’arrive pas à m’y connecter.
      Si quelqu’un peut me renseigner, je cherche du BRF mais mes moyens financiers sont très serrés.
      J’habite Septeuil dans les Yvelines entre Mantes et Houdan.
      J’attends tous renseignements à ce sujet.
      Bon courage à tous.
      Michel

        • Bonjour Agnès.
          Merci pour votre réponse je vais essayer cette solution.
          Par contre j’ai lu qu’il y avait une saison favorable et des conditions minimum à respecter pour que le BRF soit correct et remplisse sa « mission ».
          Si je m’adresse à un élaguer il va forcément me donner les coupes qu’il vient de faire à ce moment là.
          Alors à quel moment dois je le faire et que lui demander au juste.
          Michel

        • Vous payez votre BRF? Scandaleux…
          Les élagueurs sont censés payer la déchèterie, au lieu de ça ils vous le vendent?!
          Je me fournis depuis des années auprès des municipalités ou d’elageurs, je nai jamais payé, on partage une bière et tout le monde est content.
          À noter que je me fais livrer une benne complète (4-5m^3) chaque année lors des tailles d’autonme, je vois directement avec eux les essences qui seront taillés.

  • Bonjour et merci pour vos commentaires
    Pour l’instant j’utilise un petit broyeur (prêté) à usage domestique qui, en effet bourre beaucoup. Mais si l’on ne couvre que quelques dizaines de mètres carré, c’est suffisant.
    Un achat en commun (avec des collègues maraîchers) d’un broyeur semi-professionnel est envisagé. On tourne alors autour des 1000 €…
    Les différents types de broyeurs sont présentés ici : https://www.un-jardin-bio.com/brf-et-broyeurs/

  • Bonjour Gilles,
    C’est amusant, à te lire, j’ai l’impression de relire le style de texte que j’écrivais il y a quelques années, en plus tu as le même prénom 😉 ! tu as raison de t’intéresser au BRF qui est en effet un amendement qui, dans certains cas, peut être très intéressant.
    Quelques remarques toutefois:
    Tout d’abord sur le terme de « technique », je trouve vraiment dommage qu’on assimile un amendement (le BRF) à une des mille manières qu’il existe de l’utiliser. C’est ainsi que l’incorporation par exemple n’est nullement nécessaire.
    Attention aussi aux dose: 3 à 6 cm, si tu met ça sur un sol argileux, ça va coincer très sévèrement !
    Voilà pour ces deux trois remarques.
    Bon BRF !
    Gilles

      • Bonsoir Jean-Pierre,

        Je suis personnellement débutant en la matière et ne peux te livrer ici que le fruit de mes recherches sur le web, d’autant que je cultive une terre limoneuse.

        Pour les sols argileux, différentes approches sont expérimentées :
        – incorporer en surface en automne une couche fine de brf (1cm d’épaisseur max);
        – pailler au printemps avec un brf pré-composté; un engrais vert semé à l’automne serait alors un plus ;
        – cultiver sur buttes.
        plus de détails ici : http://www.terredhumus.fr/content/view/50/19/
        Chacun devra expérimenter et mettre en place la technique qui convient le mieux à son climat, à son sol ainsi qu’aux plantes cultivées.
        Mais peut-être Gilles Domenech pourra t’il nous apporter également quelques précisions ?
        Bonne soirée.
        Gilles

  • Bonjour Gilles,

    Je te remercie beaucoup pour tes précisions.
    Ton blog est très intéressant et je le consulte régulièrement.
    Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le BFR, vous trouverez en bas de l’article un lien vers le livre de Gilles Domenech consacré au BRF (que je vais très certainement acheter).
    Bonne journée,
    Gilles

  • Merci Gilles, Au bout de quelques années on voit que cette technique est formidable. Autour de moi on commence à pratiquer cette méthode; ça traine un peu : premièrement par le prix prohibitif d’un broyeur qui ne bourre pas; secondo, la faim d’azote les premières année demande un apport en nitrates: quelle quantité?

    • Merci Annick pour ce témoignage.
      Comme précisé dans l’article, la faim d’azote peut-être évitée par une culture préalable d’engrais verts et un apport de compost (300 kg/100 m² me semble être une dose appropriée) avant de mettre en place le BRF.
      Evitez évidemment les apports d’engrais chimiques azotés (certes sources de nitrates, mais polluants pour les eaux et dont le sol ne retient rien).
      Cordialement,
      Gilles

      • J’applique votre méthode pour les zones de culture. À la différence que je le laisse reposer 1ans aupréalable.

        J’en met par contre en plus grande quantité dans les zones fleurales.
        J’essaye de contrer les faims d’azote via un arrosage de purin d’ortie ou de mes urines dilué à 10%.
        Retour positif jusqu’à maintenant.

  • je tiens juste a rappeler ( je suis un ancien jardinier d ornement qui a le dos péter donc ancien !) un broyeur est très très dangereux c le style d appareil a ne pas utiliser quand on est malade fatiguer bourre etc etc mais il ne faut pas être terroriser non plus^^ moi ma technique que ce soit a la tronçonneuse ou autre c de ne jamais être sur de moi du coup je me mefi^^

  • Bonjour Gilles,

    Je suis novice en ce qui concerne le BRF. J’ai un broyeur depuis février 2013, que j’ai utilisé sur des tailles d’érables / noisetiers et épandu début mars 2013 sur terre argileuse lourde à tendance acide (proche de résineux). Résultat au 20 mars 2014 très encourageants! Une fine couche meuble sous le BRF, foncée, comme un début de « terreau ». Je viens d’en épandre à nouveau autour d’arbustes (cornus) plantés en automne, aux pieds desquels j’ai préalablement déposé corne broyé, amendement de fumier et algues et broyage de feuilles sèches… J’espère ne pas en avoir trop fait..
    La suite l’année prochaine probablement, avec de nouvelles expériences (sur potager).

  • Salut et merci à tous.
    Je n’ai pas encore utilisé le brf, pour l’instant je me documente.
    Claude bourguignon dit qu’il ne faut pas trop enfouir le brf, 3, 5cm maxi, après 8 cm ce n’est pas bon pour le sol ni les nappes d’eau souterraines.
    J’ai lu plusieurs fois que pour que le brf soit vraiment efficace, les branches doivent etre broyées et épandues sur les planches tout de suite après les avoir coupées. le sol profite ainsi de la lignine contenue dans le bois et des réactions en chaine…
    Donc à vous lire, les bactéries qui viennent se nourrire de lignine, ces moisissures, fil blanc, peuvent apparaitre meme dans un brf qui n’a pas été broyé et épandu dans les 48h ?

  • Bonjour José-Antanio,

    Un BRF enfoui trop profondément aura en effet du mal à se décomposer (par manque d’air) ; mais je pense que cela dépend du type de sol… cela dit, comme on enfouit plusieurs cm de BRF, la couche supérieure restera pratiquement au niveau du sol, et la dégradation de cette couche entraînera aussi celle des couches inférieures… et franchement, on ne va prendre une règle pour mesurer si c’est à 8 ou 10 cm…
    Le broyage n’est pas nécessairement immédiat, l’azote et la lignine contenus dans les jeunes rameaux ne disparaît pas comme ça. Par contre, en effet, l’épandage doit, en principe, être réalisé rapidement après broyage pour éviter le démarrage du processus de compostage (perte de lignine), sauf peut-être, comme il est précisé plus haut, en sol argileux (qui aurait du mal à digérer un BRF non pré-composté)…
    Alors, dans le premier cas (épandage rapide), ce seront certaines bactéries et les champignons qui agiront… dans le second, on aura un processus de compostage plus classique… mais la décomposition, et donc la libération des éléments contenus dans le BRF, aura de toute façon lieu (sans doute pas dans le même laps de temps et avec des teneurs un peu différentes il est vrai).
    Mais bref, les règles théoriques, c’est une chose ; la pratique dans des conditions particulières (votre sol, votre climat, l’espèce employée pour le BRF) en est une autre… et seule cette dernière a une réelle valeur…
    On vous attend donc pour votre partage d’expérience !
    Cordialement,
    Gilles

    • Théoriquement, le BRF est issu de branches d’arbres, or le muscanthus est une plante herbacée; mais cette plante est néanmoins riche en lignine…
      Bon, cela dit, le muscanthus est super pour le paillage (masse végétale importante), peu importe le terme que l’on donne (BRF ou paillage)…

  • Bonjour, j’ai un potager dont le sol est assez argileux. J’ai recouvert de BRF au printemps avec des copeaux de Roseaux de Chine. Peut être une trop grande épaisseur car je n’ai eu aucune carotte ni radis mais plein d’autres variétés de légumes. Maintenant je souhaiterais avant l’hiver ajouter du composte, de l’engrais vert et du fumier de cheval pour enrichir ma terre. Ma question est: est ce que je dois retirer le BRF actuel avant d’ajouter ces éléments ou je mets par dessus et recouvre de nouveau BRF après? Je n’arrive pas à trouver ce genre de réponse… merci si vous pouvez m’aider!

    • Bonjour,
      Ajoutez pas dessus : plus la couverture est diversifiée, plus la vie s’y développera… avec un bémol, vous l’avez constaté pour les semis directs de petits légumes (carottes, radis…), pour lesquels une couverture n’est pas vraiment appropriée (à moins de l’écarter au moment du semis)

  • bonjour
    je trouve que le broyeur c’est trop cher alors si je découpe en petits tronçon mes petites branches… est ce le même bénéfice …bon j’ai un tout tout tout petit petit petit jardin!!!!!

  • Bonjour Gilles,
    Je « BRFise » depuis maintenant plus de 6 ans sur sol argilo-calcaire.

    -1er essai fin d’automne, broyat frais de 2cm enfoui sur qques cms de surface : une cata au printemps suivant avec une faim d’azote jusqu’en juillet suivant, condamnant quasiment toute culture, semis ou repiquage. Puis rééquilibrage en fin de saison.

    -Maintenant j’imite le travail naturel en forêt où tout reste d’abord en surface : je n’enfouis surtout plus, mais je paille , même dru, au printemps, après une bonne levée des semis ou après repiquage : çà protège des adventices et çà régule l’humidité du sol plus finement qu’un gros paillis. Aucun manque d’azote pour les cultures en croissance. C’est une merveille par ex. dans un parc de jeunes fraisiers.
    L’application de printemps me semble idéale car le BRF bouge peu en cours de saison (pas de faim d’azote), mais prépare sa décomposition d’automne.

    Ce Brf se modifie lentement en cours de saison , plus ou moins vite selon l’humidité de l’année , puis « champignonise » allègrement dès le début de l’automne, encore plus si la couche est un peu épaisse, le dessous est bourré de filaments blancs.
    Le tout s’enfouit partiellement dans la terre de surface, simplement avec l’arrachage des légumes et (ou) un très léger coup de croc . Un engrais vert par dessus s’il est encore temps, puis un paillis d’hiver (feuilles mortes et foin pourri pour tenir les feuilles)
    …et la parcelle est nickel au printemps qui suit : terre souple malgré l’argile et les pluies d’hiver, sol nourri et remise en culture sans aucun engrais, hormis une petite poignée d’organique à chaque pied de plante gourmande (choux-fleurs++, courges et courgettes etc…)

    Je pratique çà une année sur deux ou trois pour chaque parcelle, pour ne pas saturer la terre et éviter de la déséquilibrer, et aussi parce qu’il faut un paquet de bassines de BRF, et donc de branches dispo pour faire simplement une bonne parcelle.
    Petit broyeur, mais de bonne qualité, pour des branches de 2 à 3cm maxi, çà donne un broyat en gros copeaux (et non en morceaux!) qui convient parfaitement pour cette méthode, car la décomposition de fin de saison est systématique. Les morceaux produits par les gros broyeurs (qu’on trouve souvent gratuitement en déchetterie) sont bcp plus lents à se décomposer. Parfois je les repasse doucement dans le petit broyeur si besoin et je mélange au reste, pour éviter un excès de résineux.

    La forêt fait la même chose et le fait très bien. Je la remercie pour cette leçon qu’elle me donne …en souriant un peu quant à « l’intellectualisation » que j’observe ici et là sur le « bon emploi » du BRF…
    C’est pourtant simple : étalez quand vous avez le broyat dispo quelque soit le moment (pour moi, en fonction de mon expérience, après plantation c’est le top) , n’enfouissez surtout pas, et laissez faire…Le jardin vous remerciera l’année suivante, faut pas être pressé, et les suivantes encore…
    Bref, l’utilisation « la plus intelligente possible » du BRF ne m’empêche plus de dormir!

    • Bonjour Michel,
      Votre témoignage est intéressant, comme d’habitude… mais vos conclusions manquent malheureusement de discernement. Je me dois donc de les modérer…
      Il ne s’agit pas « d’intellectualiser les choses », mais bel et bien de prendre en compte la réalité du terrain.
      J’ai moi-même opérer dans différents types de sols, et les témoignages que je reçois depuis maintenant plus de 5 ans à travers ce blog ou mes prestations de conseils, confirment que les choses sont plus complexes que vous ne l’affirmez.
      Vous semblez penser (ce n’est pas la première fois que vous intervenez ainsi) que ce qui fonctionne chez vous est applicable partout de la même façon, sans discernement aucun…
      Je suis moi-même aujourd’hui (après également quelques années de recul par rapport à cet article), plutôt partisan d’un apport en couverture au printemps (sol déjà réchauffé) et je partage par exemple votre avis sur le non enfouissement du BRF dans une terre argileuse (dont la froideur permettra difficilement l’enclenchement des processus de vie)… mais, en terre plus légère, certains jardiniers (pas tous) obtiennent de bien meilleurs résultats en l’enfouissant…
      Mais je ne peux surtout vous laisser conseiller sans réagir d’ étalez quand vous avez le broyat dispo quelque soit le moment.
      Avez-vous déjà épandu du BRF (ou autre couverture) en plein hiver sur un sol gelé ? Blocages garantis !
      Peut-être est-ce d’ailleurs l’une des raisons de la faim d’azote dont vous parlez en début d’intervention… enfoui dans un sol déjà froid (c’était probablement le cas chez vous, en terre argileuse, en fin d’automne), le processus de mycorhization, puis de décomposition, ne peut s’enclencher avant le réchauffement printanier; et les matières organiques se trouvent alors en pleine décomposition au moment de la mise en place des cultures (d’où la faim d’azote)… Mais si cela avait été fait par exemple en septembre, les choses auraient pu évoluer plus vite… Voyez par exemple le témoignage de Patrick ci-dessous…
      Cordialement,
      Gilles

  • PS :
    -Ces broyeurs (thermiques++ mais aussi electriques) sont particulièrement bruyants et agressifs, en volume sonore comme en fréquence assez aigüe, néfastes pour l’oreille, d’autant plus que le temps d’utilisation pour un bon tas de branches est de 1H minimum, souvent plus.
    Je conseille fortement , comme le fait le démonstrateur de la video, un casque antibruit!
    Ne vous fiez pas au son de la vidéo pendant le broyage, c’est bcp bcp plus fort que çà!

    -L’idéal est de broyer en vert, le bois est moins dur pour les couteaux et le moteur qu’un bois dur et sec, et le broyat serait (?) de meilleure qualité « nutritive ». Si j’ai un mont de branches sèches (d’un voisin, ou pas eu le tps de les faire), je stocke dans un coin à la pluie au moins un an (comme en forêt) . Dès qu’il casse facilement (légèrement pourri mais sec) je le passe en été au broyeur où tout passe à l’aise et sans fatigue pour la machine , et je paille de suite. Ne pas garder en tas, c’est loin d’être l’idéal car il commence de suite sa décomposition, et en hors-sol)
    Peu de faim d’azote au printemps si ce type de broyat est épandu en fin d’automne car sa décomposition est rapide en cours d’hiver (sauf si rigoureux)

  • BRF Attention! J’ai essayé l’hiver dernier, fin novembre… J’ai broyé et épandu une épaisseur de plus de cinq cm de copeaux sur 80 cm de large et sur 25 mètres de long… Quel boulot pour le résultat que voici: c’est le liseron qui a le plus aimé le BRF, il l’a allègrement traversé et je n’ai pas pu le sarcler sur les copeaux: j’ai donc dû l’arracher à mesure, ce qui m’a demandé encore plus de travail que d’habitude…. Les plants de tomates que j’ai repiqués dessus furent pitoyables jusqu’en août à cause de la faim d’azote. Donc, la prochaine fois, je ferai comme la première année que je l’ai utilisé: je l’avais laissé en tas et ne l’ai utilisé en paillage qu’à partir de juin-juillet, lorsqu’il a été un peu décomposé et que (je suppose!) les besoins des champignons en azote étaient terminés.
    Mais cette année, ce foutu BRF a failli me coller la jaunisse…

  • Bonjour Gilles,
    Je rebondis (avec quiétude) sur votre réponse que je trouve un peu dure et inexacte quant à mon retour d’expériences sur les différents sujets :

    « Vous semblez penser (ce n’est pas la première fois que vous intervenez ainsi) que ce qui fonctionne chez vous est applicable partout de la même façon, sans discernement aucun… »

    J’ai très souvent décrit mon environnement et climat de culture (terre argilo-calcaire en région Nord, fond de vallée, nappe phréatique affleurante) en précisant que en climat + chaud et sec et en sol + sablonneux c’est différent (binage, paillage, arrosage etc..) avec un discernement que je croyais suffisant…

    Pour en revenir au BRF, vous demandiez des retours d’expérience, je vous ai donné le mien en restant d’avis qu’il peut s’appliquer sur tout type de sol et de climat :

    Mes observations m’amènent à penser que le broyat frais évolue en 2 phases successives:

    -Une 1ère phase hors sol (non enfoui) où il modifie sa structure grâce à l’air indispensable, et à l’alternance pluie/soleil qui le fragilise , mais sans décomposition. Cette phase dure quelques mois, elle autorise un paillage de printemps/été sans aucune faim d’azote pour les cultures mais en maintenant un peu d’humidité en-dessous. Un petit enfouissage de surface en sol léger et sablonneux, donc aéré, est faisable, mais pas sûr que çà rajoute grand-chose; en sol compacté à la moindre pluie c’est à proscrire car l’air est nécessaire pour le processus.

    -La 2è phase, sur un bois « pré-pourri » mais stable, commence dès que l’humidité s’accentue de façon permanente avec l’automne, par les rosées systématiques et le retour des pluies.
    Sur ce bois pré-pourri la mycorhization est alors rapide mais ne commence qu’en fin de culture (la faim d’azote ne gêne plus rien) , avec une décomposition achevée au printemps suivant si le broyat est suffisamment fin.

    Je pense que ce processus est valable pour tout type de sol et de climat, il est facile d’application, avec un maximum d’efficacité si effectué en cours/fin de printemps, sans aucune faim d’azote en cours de culture d’été.
    Mais je l’avais déjà clairement expliqué.
    Quand je parle d’ « étaler quand vous avez le broyat dispo quelque soit le moment », c’est bien-sûr en cours de culture (depuis le printemps jusqu’en début d’automne) , l’important étant d’épandre ce BRF de suite sans le laisser en tas.

    Quant à l’application de BRF en début d’hiver, elle n’est pas idéale, comme Patrick et moi-même (et bien d’autres) , l’avons expliqué.
    Ceci-dit , si on ne peut faire du BRF qu’en cours d’hiver sans autre choix :
    -ou bien on le stocke en tas mais il sera modifié pour son utilisation ultérieure (en bien ou pas , je ne sais pas, jamais fait)
    -ou bien on l’étale de suite sans problème, mais avec une faim d’azote printanière qui se prolongera jusqu’en Aout. C’est un choix possible avec un repos printanier de la parcelle.
    Et planter , en attendant, des plants riches en azote de par leurs racines (haricots, fabacées et autres) ne changera rien (j’avais essayé en vain) car ces plantes n’amènent l’azote manquant qu’en fin de croissance…or elles n’ont elles-mêmes qu’une croissance plus que chétive dans ce type de sol momentanément déséquilibré.
    Cordialement
    Michel

    • Bonjour Michel,
      Vous dites « J’ai très souvent décrit mon environnement et climat de culture (terre argilo-calcaire en région Nord, fond de vallée, nappe phréatique affleurante) en précisant que en climat + chaud et sec et en sol + sablonneux c’est différent (binage, paillage, arrosage etc..) avec un discernement que je croyais suffisant… » OK… mais le visiteur tombant ici sur votre commentaire l’ignore, d’autant plus que vous n’apportiez aucune nuance à vos propos sur votre conclusion précédente !
      Conclusion qui était « C’est pourtant simple : étalez quand vous avez le broyat dispo quelque soit le moment »… Vous précisez maintenant « c’est bien-sûr en cours de culture (depuis le printemps jusqu’en début d’automne) »… ce n’est donc pas la même chose, d’où ma réaction. Et j’apporterais là encore une contradiction : ne paillez pas non plus en plein été sur un sol sec (je sais personnellement que nous en avons déjà discuté, mais pas forcément l’internaute visitant cette page… ).
      J’ai trop vu de déceptions suite à des techniques appliquées sans discernement de conditions de culture… et c’est justement là l’un des points centraux de mon approche.
      Bonne journée,
      Gilles

      • Michel, après vérification, je tiens à m’excuser pour ces mots : « Vous semblez penser (ce n’est pas la première fois que vous intervenez ainsi) que ce qui fonctionne chez vous est applicable partout de la même façon, sans discernement aucun… ».
        J’étais en effet injuste, tout simplement à cause d’une confusion avec un autre intervenant…

  • Re bonjour Gilles,
    J’avoue que je ne me reconnaissais pas dans cette phrase et j’accepte bien volontiers vos excuses.

    Je n’ai pas détaillé cette fois-ci mon environnement local car mon expérience décrite plus haut du BRF m’incite à penser qu’elle est aussi utilisable , aux mêmes périodes, sur d’autres sols et d’autres climats. A vous lire, vous arrivez aux mêmes conclusions sur votre sol.

    Les risques d’une utilisation pré-hivernale, je les ai présentés d’emblée dans mon 1er message :
    « -1er essai fin d’automne, broyat frais de 2cm enfoui sur qques cms de surface : une cata au printemps suivant avec une faim d’azote jusqu’en juillet , condamnant quasiment toute culture, semis ou repiquage. Puis rééquilibrage en fin de saison. »
    . Application possible quand-même sous conditions d’accepter ceci :
    « on l’étale de suite sans problème, mais avec une faim d’azote printanière qui se prolongera jusqu’en Aout. C’est un choix possible avec un repos printanier de la parcelle. »
    Si on choisit un assolement partiel, il n’y a aucun Pb à le faire.
    Pour ma part je ne le fais pas, l’application printanière me donne de bons résultats sans aucune répercussion ni interruption dans les cultures.

    Les 2 phases successives d’évolution du BRF que je décris, après observations, dans le 2è message, me semblent réellement fondées, la 2è arrivant sans doute un peu plus tardivement en zone chaude et sèche que chez moi où çà débute dès la mi-août. Dès que je vois la prolifération de champignons saprophages autour de mes vieilles souches ou racines (coprins noirs d’encre++) je sais que les conditions sont là pour que la mycorhization du BRF commence…mais çà c’est chez moi. Les filaments blancs commencent à abonder…Je me dis que çà va le faire!
    Bien amicalement
    Michel

    PS : vous me dites « Et j’apporterais là encore une contradiction : ne paillez pas non plus en plein été sur un sol sec »…
    Il vaut mieux, bien-sûr , ne pas en arriver là, mais si c’est le cas, je binerais gros et profond (selon les plants et leur racines) puis j’arroserais dru , ou mieux je mettrai un GAG , et puis je paillerais illico…Non?

  • J’utilise le BRF depuis 2 ou 3 ans. J’en suis très satisfaite. D’une part j’utilise les branchages qui doivent être coupés donc je n’en suis plus encombrée et en plus il m’apporte paillage, protection et c’est joli.

  • Bonjour,
    Je cultive sur un terrain calcaire (Sud-est, toulon) bien travaillé depuis des années par apports de compost maison (fumier cheval et paille/feuilles mortes de tilleul ou fumier de mes poulettes). Je cultive en butte (ados) de 120cm de large et 40-50cm de haut au sommet.
    Le brf m’intriguant et ayant broyé hier des rameaux verts, je me retrouve avec un petit tas, enfin je dois avoir le mètre cube à l’oeil, hihi. Qu’en faire ?
    1_Retirer le paillage (paille) de mes buttes et le remplacer par 2 cm de BRF ?
    2_Laisser le BRF en tas pour le mettre au printemps au potager en surface ?
    3_Enfouir le BRF pour refaire une nouvelle butte test de type forestière ?
    4_Mélanger le BRF frais à du fumier frais et composter à chaud (méthode des 21 jours, gros tas arrosé et retourné tout les deux jours) ?
    5_Brûler cette merde de brf, lol. On en parlera plus.

    Plus sérieusement, le BRF frais est un carbone (le bois) mais aussi un azote (le vert), non ? Le ratio est surement à l’avantage du C puisque tout le monde cite une faim d’azote. Pourquoi ne pas mélanger BRF frais et Fumier frais pour créer un compost ? (mon idée n°4) . Alors quelle proportion ?
    Tout le monde dit (pas moi, ,n’ayant pas testé) qu’à terme (4-5 ans) le Brf est meilleur que le compost de fumier (et paille) dont le ratio C/N est pourtant top. J’en suis très surpris donc!!
    A vous lire et en vous souhaitant d’excellentes fêtes.

  • Bonjour Ralex,

    Comme j’ai envie de te répondre…et de faire aussi bondir un peu les puristes, je te dirais que pour ma part je respecte strictement , puisque çà marche , ce que fait la forêt :

    1- Elle n’assimile jamais de bois vert .
    2- Elle ne connait jamais , de ce fait, de faim d’azote.
    3- Elle n’enfouit jamais rien mais elle attend patiemment que le bois pourrisse en surface, processus entretenu par la couverture de feuilles mortes, et qu’il finisse par se déliter jusqu’à décomposition, suite à quoi elle l’absorbe doucement depuis la surface sans que personne s’en mêle, en recrutant tout son petit personnel.
    4- Elle ne mélange jamais çà à du fumier, sauf peut-être exceptionnellement sous la crotte fumante d’un gros sanglier. Mélanger du BRF à du fumier frais supprime la faim d’azote (sécurité), mais accélère rudement sa décomposition en un compost qui n’aura peut-être pas toutes les qualités humiques d’une lignine qui n’en demandait pas tant.

    Tout çà ne va pas bien vite, donc j’utilise quand-même un broyeur :
    1- Pour broyer tout le bois mort que je trouve (pas sec -çà désaffute le couteau et çà fatigue la machine- mais mort pré-pourri) , j’ai plein de frênes malades qui me lâchent des branches comme çà après chaque coup de vent.
    En faisant çà je ne fais qu’accélérer le dernier stade de décomposition en forêt et c’est tout.
    D’aucuns diront que de ce fait je perds les richissimes composants inclus dans le bois vert…bon, et quand on le laisse étalé en surface fine, il se passe quoi?
    -Enfoui de suite c’est la faim d’azote assurée.
    -Non enfoui il ne bouge pratiquement pas et ne commence sa décomposition que quand il en arrive au stade de mon bois mort, ce qui est du bon sens pour du bois.

    2-Si je dois le broyer en vert (quand j’en ai un mont du diable, instockable):
    -en fin d’automne ou hiver je le broie de suite (ce que tu as fait) et je le laisse en tas peu épais que je retourne 3 ou 4 fois (vite fait) jusqu’au printemps pour qu’il sèche sans trop pourrir, puis je le mets en couche de 2cm maxi en surface sur les cultures sans jamais enfouir.
    -Si broyat de printemps, broyage immédiat, séchage court (une dizaine de jours) en remuant tous les 2 jours ou après chaque pluie, puis étalement comme au-dessus en couche fine, en évitant strictement tout enfouissement (c’est du frais)

    Jamais de faim d’azote (mais couche fine) -couche épaisse possible sous fruitiers et fruits rouges, fraises comprises-)
    Pourrissement progressif mais rapide dès les 1ères grosses rosées et pluies d’automne (mycelium++),
    Enfouissement partiel spontané avec l’arrachage des légumes, puis disparition totale en cours/fin d’hiver.

    Donc en résumé /
    -Je privilégie tjrs le bois mort (çà va grincer!)
    -je n’étale jamais en frais sauf au printemps sur cultures déjà installées
    -Sauf sous fruitiers et fruits rouges, je ne mets qu’en couche TRES fines au potager, que je peux donc renouveler plusieurs années de suite sans Pb.
    La forêt n’incorpore jamais d’un coup 5 à 10cm de bois tassé, je fais de même, et donc je ne déséquilibre jamais mon sol par un apport de lignine trop brutal, en ne perdant pas de vue que c’est avant tout un restructurant humique progressif qui refavorise la vie du sol sous toutes ses formes en prenant son temps (3 à 5 ans) et non un engrais qui va booster ta récolte de l’année. Faute de garder celà en tête on risque d’être décu.

    Un BRF n’a rien à voir avec un mulching standard (caricaturé à outrance avec une lasagne, mais pourquoi pas?). Par contre je pense qu’il en est le complément indispensable, c’est le traitement de fonds d’un sol qui retrouvera un humus progressif…et donc son équilibre et sa richesse.
    Tout celà n’étant qu’un avis fondé uniquement sur l’alliance de mes intuitions , mes recherches et , derrière çà, de mes diverses expériences en BRF.

    Bien cordialement
    Michel

  • Bonjour.
    La plupart des commentaires parlent du BRF comme si il était seul. Dans la pratique, Je me trouve avec des branches en certaine quantité à l’automne ou au printemps lors de la taille,mais aussi avec de la tonte fraiche durant l’été. Serait- il intéressant ,en mettant la tonte au compost,d’y incorporer du BRF pour que cela soit moins homogène, et sous quelle forme(BRF de printemps stocké un moment à part ou BRF frais coupé au fur et à mesure…).Question venant d’un novice…

  • Bonjour,
    Dès que je peux je lis les travaux des Bourguignons et je ne me souviens pas qu’ils parlaient d’incorporer le BRF dans le sol… En tout cas, le « BRF » à l’ancienne c’est la paille et c’est en plus vachement beau d’avoir un tapis de sol doré tout l’hiver… (paille bio: elle reste dorée alors que la paille pas bio devient toute grise dégueux…)

  • Bonjour,
    Au secours !
    Je pense que je commence à comprendre mes déboires…
    J’habite à Metz, le Grand Est comme ils disent et je cultive un potager de 150 m² environ (hors serre) sur une terre argileuse… Je pratique le BRF depuis 5 ans en utilisant mes tailles de fruitiers et les haies et arbustes des voisins. Je pratique la rotation des dépôts de BRF mais, curieusement, des fois ça marche (pas de déception dans les production), et des fois ça marche pas, pas du tout ! L’an passé, deux planches ont été catastrophiques (une de courgettes et une de tomates). En retournant sur mes notes après lecture de ce qui est dit ici, je crois comprendre : le BRF a été déposé les mois de novembre et décembre, période de la taille.
    On dit qu’on apprend de ses erreurs mais encore faut-il le savoir. J’ai recommencé cette année à la même période ! Quand je regarde l’état du BRF, on dirait que je l’ai déposé hier ! et je n’y suis pas allé de main morte : 4 à 5 cm sur environ 30 m². Et sur mon plan de culture 2018 je projette d’y faire des tomates (encore), des pommes de terre, des courgettes (encore).
    Au secours, donc. Que faire ? Quand je lis Michel, je crois comprendre qu’aucune culture ne s’accommodera de la faim d’azote. Mais voilà, je ne peux pas me passer du 1/5 de mon potager. Alors, je retrousse tout çà, je le mets sous les pommiers et j’oublie ?
    Merci d’avance pour vos conseils avisés.
    Nota pour Gilles : je crains que ça perturbe un peu mon expérimentation du TCO…

    • Bonsoir Jacques,
      Michel a en grande partie raison, sauf sur un point : un BRF frais laissé en couverture peut se décomposer beaucoup plus vite qu’il ne le suppose… mais en fait Michel ne parle par exactement de BRF… puisqu’il utilise du bois mort (ce qui est une autre option tout à fait défendable et cohérente).
      Or le BRF est, par définition justement un matériau vert issu de jeunes branchages, donc riche en azote… un élément qui va également favoriser la décomposition du broyat.
      Cela dit, une chose me saute aux yeux sur ce que vous dites : la couche de BRF est bien trop épaisse. Sur une terre argileuse, c’est 1 ou 2 cm max…
      Je vous suggère donc déjà d’en enlever une grande partie (pourquoi pas à transférer pour pailler vos fruitiers comme vous le dites).
      Mais il est à craindre que le sol ait déjà subi les conséquences de cet apport bien trop important, avec notamment certains blocages.
      Aussi, le mieux, à mon avis, serait si possible d’ôter provisoirement le BRF (en le mettant de côté) et d’apporter du compost (peut-être un effet ligneux moins important comme le dit Michel… mais je réponds là à votre problématique de pouvoir cultiver cette saison.. pas de l’effet durable d’un apport carboné).
      Vous pourrez ensuite ramener la couverture de BRF, en simple couverture plus tard au printemps.
      Cordialement,
      Gilles

      • Tout à fait d’accord avec Gilles pour le Pb de Jacques:

        -2cm de BRF sur un sol argileux, c’est pour moi un maximum, presque trop; cette année (et sans doute les suivantes) je le sèmerai simplement à la volée un peu partout en couche très fine, permettant de voir encore un poil la terre…ou plutôt le paillis mis au préalable , pour éviter (surtout s’il est vert…et cette année, Gilles, je n’aurai que du vert mais çà marche aussi) cette p…ain de fin d’azote, car peu de contact avec le sol. Cà nourrira le sol gentiment (sauf que ce n’est pas un engrais) et pourra, dans ces conditions, être refait l’année d’après sans la saturation d’une couche de 5cm. Et comme on n’a pas tjrs quarante douze bassines de BRF, çà permet d’en mettre sur une plus grande surface.

        -mettre du BRF vert sur sol argileux en hiver et c’est la faim d’azote quasi-assurée au printemps. Jacques, tu le dis toi-même, ton BRF n’a pas bougé d’un poil, bloqué par le froid…et il va déséquilibrer l’azote du sol en début de printemps, dès que le réchauffement va lui permettre d’entamer vraiment son processus.

        Sur ce type de sol, Ou tu mets le BRF tôt en début d’automne (option 1), sur cultures finissantes ou à l’arrachage, pour qu’il commence sa dégradation AVANT les froids (sinon c’est foutu pour l’azote de printemps qui sera bouffé) ,
        ou alors , ce que je préfère et que Gilles te préconise pour cette année, tu le retires de suite maintenant qu’il est encore un peu stable, pour tes fruitiers (ils annoncent du froid sec la semaine prochaine, conditions idéales pour le faire)…ou bien tu le stockes et le remets en cours/fin de printemps (sur paillis ou pas) , il ne bougera pas (humidité restreinte et trop de chaleur) mais paillera ton sol (encore que pour pailler, 1 à 2cm c’est limite, raison pour laquelle je paille en dessous). Puis tu te retrouves en automne avec l’option 1, mais avec une dégradation plus rapide…et tant mieux!…BRF un peu moins « riche » parce que séché? Même pas sûr…

        De cette façon toute la surface du potager est utilisable en totalité pour les cultures de printemps et d’été, quitte à épargner une parcelle pour des cultures de fin d’automne.
        Pas de faim d’azote.
        Tout çà, comme déjà dit, pour sol argileux et j’ajoute hiver froid…soit bcp de jardins.

        Michel2 (je rajoute 2 car je vois un autre Michel, que je salue bien!)

          • Merci également Michel (2) d’avoir complété les conseils de Gilles (je ne l’avais pas vue quand j’ai fait ma première réponse). J’attends l’assistance de mon petit-fils pour faire le déménagement…

      • Merci Gilles,

        Je vais donc enlever le BFR déposé fin 2017 (ça fera bien sous la ligne de pommiers en espalier) et je vais épandre 1/2 m3 de compost qui a passé l’hiver en 2 tas : c’est du compost assainit : sur un tas je suis arrivé à le monter début septembre à 72° et l’autre en octobre à 68°. J’espère que ça corrigera un peu mes bêtises.

        J’essayerai de me rappeler l’automne prochain de faire un petit rapport d’expérience sur cette maladresse…

        Cordialement,
        Jacques

  • Bonjour à tous et bonjour Gilles, merci de partager tes expériences et ton expérience 🙂

    Ayant eu la chance d’avoir Yves Herody en cours d’agronomie (en BPREA), avec Mr Petit (un spécialiste du compostage, pas E. Petiot, autre prof, spécialiste des préparations naturelles), je viens ici partager leurs avis sur la question du BRF – dans le but d’échanger sur les différents avis.

    En effet, Herody et Petit sont totalement anti-BRF…
    Je précise tout de suite que pour ma part, je suppose qu’un BRF peut être utile, bien utilisé et avec parcimonie, selon le type de sol et les besoins (et c’est ce que vous expérimentez ici).

    Pour ces messieurs, l’apport de Carbone aura un effet bénéfique au début, mais entraînera un blocage total des processus de minéralisation après 5 à 10 ans.
    D’après leurs essais de terrain, un BRF de 5cm tout les ans entraîne ainsi un blocage total la 6ème année (d’ou son interdiction dans des régions du Canada). L’apport d’azote nécessaire pour 5cm est aussi inconcevable en pratique et agronomiquement parlant.
    De plus, dans ce cas de 5cm, cela représente des quantité de BRF énorme 🙂

    Pour moi, cette information invite à la prudence mais pas à l’arrêt total des expériences.

    Alors je fais la part des choses, 2cm de BRF tout les 5ans n’est pas la même chose, et je suppose que cela n’entraîne pas les même effets à long terme.

    L’utilité de l’humus est lui aussi démystifié par ses personnages haut en couleurs.
    En effet, pour eux, cela apporte un structurant intéressant mais n’apporte pas la fertilité du sol. Car la fraction stable est par définition, stable. Les plantes auront donc le plus grand mal à en récupérer les éléments. Par contre, cela apporte un effet structurant et éponge tout à fait intéressant. La course à l’humus ne parait donc pas être le graal souvent plébiscité.
    Sujet très important, surtout à l’heure ou les centres de compostage valorisent les déchets vert de la collectivité. Je crois qu’il est très important de se pencher sur la question et d’en parler avec eux. Le centre de Grenoble que j’ai visité propose un composte très mur, noir et donc très stable (ce qui ne les arrange pas puisqu’ils doivent le stocker plus longtemps). Les agriculteurs locaux peuvent se servir et font confiance (avec hésitation), mais attention, j’espère que cela ne sera pas problématique à moyen terme (perte de fertilité et donc de rendement par apport trop important de carbone stable, voir si dessous). Je crois, pour ma part, que le centre devrait proposer un composte plus jeune, vraiment…
    Sujet très important pour la filière du recyclage et agricole.

    Pour Petit, spécialiste du compostage, rejoint en ce point par Hérody, un composte Jeune (qu’ils appellent « composte assainit » = montée en température, retourné et à nouveau monté en température, afin de détruire les graines et pathogènes. Durée du compostage ~ 3 semaines, avec protection contre la pluie et récupération des jus), est bien plus intéressant qu’un composte vieux (sur culture de légumes), car l’énergie utilisée lors de la décomposition sera mise à profit du sol, plutôt que d’être grandement perdue et la minéralisation se fera sur le sol plutôt que sous forme de jus. Mais surtout, cela va favoriser l’ABI (Activité Biologique Intense), bah oui, cette phase qui chauffe est due à l’activité microbienne, autant en profiter pour créer des agrégats, des micro-galeries, des chaines tropiques, etc..
    En effet, selon ce principe, que j’utilise sur mes cultures, les phases de décomposition de la Matière Organique permet de stimuler l’Activité biologique du sol, ce qui favorise son aération et sa fertilité (et stock au passage par la quantité de microbes présent, des fractions d’azote non négligeable). Ainsi, utiliser un composte jeune revient entre autre à faire travailler le sol tout en minéralisant progressivement, alors qu’un composte vieux apporte un structurant physique mais ne provoque pas l’ABI si utile et apporte une part de carbone stable qui mobilisera des microbes au détriment d’une minéralisation rapide – risquant à terme la fossilisation de ce carbone si les apports sont trop régulier et pas assez compensé en azote.

    D’après l’approche Hérody, mettre de la MO (Matière Organique) stable, reviens à mettre dans le sol des fractions de MO difficile à décomposer, qui mobilisera au mieux les microbes (risque de faim d’azote et peu de minéralisation de cette fraction), et au pire, si elle s’accumule trop, deviendra ce que Hérody appel du « ni-ni », pour « ni-minéralisé ni-humifié » et partira en hydrocarbure (fossilisation, Ducerf parle de « MO archaïque » je crois).

    Toujours selon cette approche, il est nécessaire d’anticiper le C/N dans le temps en prenant en compte les différentes vitesse de décomposition afin de maintenir un C/N cohérent avec les besoins agronomiques (selon les cultures).

    Il est à noter qu’une culture de plantes de sous bois, type petits fruits, aimera un sol carboné (et donc les BRF – sol à champignons), contrairement aux cultures légumières qui nécessitent un sol +azoté (sol à bactéries plus que champignons).
    Note que je parle là des champignons saprophytes qui décomposent le bois (apportant un effet éponge intéressant), et non des champignon mycorhizien. Dans mon système de culture, j’essaie de favoriser les mycorhizes qui me semble pouvoir être un levier majeur d’une agriculture moderne très sobre en intrants, à voir.

    J’ai longuement parlé des buttes qui utilisent du bois mort (et même déjà très décomposé, donc très stable, l’inverse de l’approche Hérody/petit). L’hypothèse que j’ai aujourd’hui (et partage avec E. Petiot), c’est que c’est la diversification des microbes et autres vies qui permet une fertilité et une efficacité du système – une belle biodiversité quoi. A voir après quelques années, si les buttes sont toujours aussi efficaces et voir la rentabilité à moyen terme (temps,coût,énergie,production, sur un sol qui pourrait recevoir directement des cultures).

    Voila, je pense que tout doit être pris avec précaution, car chaque sol et chaque expérimentateur est différent, et que la subtilité des choses m’invite à être ouvert et curieux.
    Je crois qu’il est intéressant de ne pas être dans le tout ou rien, et j’aime assez vos expérimentations raisonnables en termes de quantité de BRF (tant sur le plant de la ressource que de l’agronomie). Alors continuons à expérimenter et à partager 🙂

    Je reviens sur l’idée de composte jeune (assaini) et je vous invite à vous pencher un peu sur la question, afin d’orienter les centres de compostage vers un produits qui sera vraiment pertinent et utile à l’agriculture. D’ailleurs, sur les buttes ou avec des paillages, c’est un peu ce que nous faisons, en favorisant l’activité biologique et en profitant de toutes les phases de décomposition.

    Merci à tous de participer à l’émergence d’une agriculture moderne et subtile, respectueuse du vivant et agréable à pratiquer 🙂

    En vous souhaitant un joyeux démarrage de saison, et une année productive et riche d’apprentissage et d’autonomie 🙂

    Vincent, Le Chant des Graines (Isère)

  • Bonjour Vincent.
    Je viens de lire ton commentaire et je l’ai apprécié à mon niveau.
    Je n’ai pas de connaissances particulières en la matière et je ne porterai donc aucun jugement sur le fond de cet article.
    Par contre en tant que débutant dans cette méthode de culture par rapport à celle que mes parents m’ont apprise (j’ai 73 ans) je trouve cet article passionnant et je vais en tirer un maximum d’enseignement à mettre en application à mon petit niveau de jardinier amateur mais qui pense à l’avenir ayant personnellement 8 petits enfants dont j’aimerai pouvoir penser qu’à mon niveau j’ai fait ce qu’il fallait pour leur préserver un avenir disons « correct » avant qu’il ne soit trop tard.
    Je vous remercie donc tous de participer à ces échanges enrichissants même si certains sont contradictoires car c’est justement là que la véritable solution se trouve.
    Nous savons bien que tous les chercheurs du Monde cherchaient A quant ils ont trouvé B et qu’ils continuent toujours de chercher A et qu’avant de le trouver (peut être un jour) ils vont trouver C ou D etc…
    Alors merci, courage, et continuez tous ces échanges enrichissants pour l’avenir de l’humanité.
    Un petit jardinier amateur qui pense à sa famille et aux autres.
    Michel.

  • Merci Michel pour la philosophie finement dosée qui suinte à travers les mots de ton message.Dirais-je que c’est l’ABC(D) du bon sens et du recul nécessaire?

    Merci Vincent pour la richesse d’un article que je partage sur…tout… ou presque, pour ma part suite à une approche plus intuitive que scientifique, mais qui m’encourage à rester observateur.

    -D’accord sur le BRF et sa « quantité »,

    -d’accord sur un humus pas tjrs nécessaire partout; des jardins qui sont équilibrés en qualité et en quantité de production n’ont rien à gagner à en recevoir à profusion. Depuis 30 ans dans le même potager je n’ai pas de meilleur résultat avec mes 7 années d’humification plus soutenue, hormis la souplesse du sol, l’erreur possible du débutant pouvant être de penser que c’est parce qu’ il n’en a pas mis assez…Tu as peut-être lu que maintenant je dose léger.

    -D’accord sur la qualité aléatoire des composts asphyxiés des déchetteries, j’en utilise un peu, en sachant ce qu’il vaut, je le mélange souvent avec de la matière verte pour le « réanimer »
    et je ne le laisse ensuite qu’en surface pour le remettre à l’air sous paillis.
    Mais çà me parait difficile de leur demander une gestion de ce compost au Top, il faut des gens bien formés, et un réseau pour l’écouler au meilleur moment, qui est plutôt court si le délai n’est que de qques semaines…

    -D’accord aussi sur l’utilité relative des buttes sur bois, relative quand-même.
    J’en ai fait 3 dans la partie la plus humide à titre de test sur mon sol argileux (jaune à 30cm) fertile mais humide en été pluvieux. Pour un meilleur drainage à la pluie, et une humidité maintenue par le bois si sécheresse. Paillage permanent, çà marche plutôt bien!
    Dans 10 ans, quand la butte sera effondrée sur un humus mort à cause de l’anaérobie permanente, je verrai ce que çà donne…ou je referai…mais quel boulot, surtout que çà pousse presque aussi bien à côté!
    Je n’ai aucune expérience du bois « éponge » sous buttes en terrain sec…

    Je me permets de pirater ta conclusion passqu’elle me plait bien :
     » je pense que tout doit être pris avec précaution, car chaque sol et chaque expérimentateur est différent, et que la subtilité des choses m’invite à être ouvert et curieux. »

    Merci à toi, Gilles, d’accueillir tout çà.

  • Bonjour,

    Je me pose la question du paillage avec des espèces qui ont été malades (ex tomates et mildiou). Une fois les plants morts, y a t-il un risque de pailler avec? Les maladies peuvent-elles survivre sur ces végétaux morts?
    Merci d’avance de votre retour.

  • Bonjour ,
    J’ai deja expérimenté des tas de choses avec plus ou moins de bonheur. Le BRF (ou plutot le broyat, car c’est pas toujours des  » rameaux » mais souvent des branches assez grosses déchiquetées ) est une expérience concluante.
    Mais : je le mets en andain et je repasse la tondeuse dessus pour obtenir un broyat fin , proche d’une poudre grossière, que j’étale sur mes plates bandes en Novembre, en y rajoutant de l’azote sous forme de sang en poudre.
    Mélangée a la poudre de broyat cet azote n’est pas ( ou beaucoup moins ) lixivié par les pluies de printemps.
    Vers le début d’avril je passe un coup de croc pour l’enterrer superficiellement et un mois apres, je cultive par dessus . Les vers de terre semblent adorer …
    Le broyat vient de sociétés d’élagage qui préfèrent le déposer au seuil de mon jardin plutot que de payer pour le mettre en déchetterie

    • Bonjour,
      vous avez bien de la chance que ces sociétés d’élagage vous en fasse cadeau car dans ma région 78790 aucun de ceux à qui je l’ai demandé, n’a accepté à ce jour sans être rémunéré et plutôt cher en plus…
      Michel

  • Bonjour ,
    Je fais et utilise du BRF depuis 5a dans mon potager et pour mes arbres fruitiers , il faut utiliser du BRF découper style rondelle ( type de broyeur Jean Pain ) , éviter les BRF fais par les elageurs pro ou employee de mairie sauf si c’est pour recouvrir et garnir des parterre de fleurs ou autres : c’est du broyage par marteau et ca se decompose très mal .
    J’ai une plantation de 1500 châtaigniers et tous les ans je broie les branches élaguées ou des arbres abattu en éclaircissement , ( 8/10 m3)
    Au potager je le mets en paillage au printemps : tomate , mais , courgette …, un griffage a l’automne et au printemps il est incorporé a la terre , aucun engrais , ni pesticide ni désherbant et tous les ans bonne production et aucune maladie ou attaque de vers ou d’insecte ( je mets juste un peu de sel : 10kgs pour 2000 m2 .
    Pour les fruitiers je couvre 2 m2 au pied , je griffe en fin d’hiver l’apport de l’année précédente et je remet une petite couche .
    On m’a regardée la premiere année , maintenant j’ai quelques adeptes qui viennent m’aider a faire le broyage …

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