Enrichir sa Terre avec le BRF

BRF est l’acronyme de Bois Raméal Fragmenté.

Il s’agit d’un broyat de jeunes branches (d’un diamètre inférieur à 7 cm) que l’on va utiliser notamment, mais pas seulement comme nous le verrons plus loin, comme amendement (contrairement à un « engrais », qui va nourrir directement la plante, un amendement a pour objectif d’enrichir le sol).

La finalité du processus étant la constitution d’un riche humus comparable à celui existant naturellement dans les forêts.

Pour constituer ce broyat particulier, on utilise principalement des espèces feuillus, mais les résineux peuvent également être utilisés à hauteur de 20% maximum.

Les jeunes branches sont les parties les plus riches de l’arbre ; elles contiennent 75% de minéraux, des acides aminés, des protéines ainsi que des catalyseurs.

Le Bois Raméal Fragmenté est une « technique » innovatrice, assez récente, née au Québec.

Aussi, avant d’en utiliser à tout va dans votre jardin, je vous recommande fortement de d’abord tester sur une ou deux planches de culture…

Les avantages du Bois Raméal Fragmenté

Le Bois Raméal Fragmenté présente de nombreux avantages :

  • Il permet la constitution d’un humus de très grande qualité en quantité importante et ce de façon beaucoup plus rapide qu’avec un compost (augmentation de 1% du taux d’humus en 10 ans alors qu’il faut 50 ans pour obtenir le même résultat avec du compost ou encore 80 ans avec du fumier ). Cet humus sera le support et la nourriture des cultures ; Avec un tel humus, il n’y a plus besoin de fertilisation complémentaire

  • Les rendements sont accrus de manière spectaculaire. Certaines études ont montré des rendement 2, 3 et jusqu’à 7 fois supérieur !

  • Les besoins en arrosage sont également grandement diminués. Le lessivage des sols et des éléments nutritifs qu’il contient est alors réduit. Les légumes ont plus de goût car contenant moins d’eau. Et l’on peut dès lors envisager des cultures légumières sur des sols arides…

  • Le Bois Raméal Fragmenté a des effets visibles sur la santé des cultures.  Des essais (planches témoins avec et sans broyat de bois) ont montrer l’absence ou l’atténuation de maladies ou d’attaques de prédateurs sur les planches avec broyat par rapport aux planches témoins

  • Le travail est considérablement réduit : pas de travail du sol, pas de désherbage (le broyat sert de également de paillage), pas ou très peu d’arrosage, pas de traitement. Ce qui se traduit par une diminution importante des coûts

  • On peut observer une multiplication de la faune du sol (pédofaune)

Produire du Bois Raméal Fragmenté

Pour produire votre Bois Raméal Fragmenté, utilisez les résidus de taille de vos arbres et arbustes d’ornements et fruitiers.

On utilise les jeunes branches, déjà ligneuses, de feuillus.

Tas de Bois Raméal Fragmenté
Tas de BRF

Les rameaux utilisés doivent avoir un diamètre inférieur à 7cm.

Les conifères peuvent être utilisés, mais en mélange avec des essences de feuillus, et ce dans une proportion inférieure à 20% du total.

Broyer (avec un broyeur à végétaux) les branchages en automne ou en hiver, pendant la période dormante.

A défaut de broyat fait maison, les résidus de tailles ou d’élagage de forestiers, d’élagueurs ou des collectivités locales peuvent également être utilisés… mais ces matériaux ne sont pas garantis être issus de tailles de jeunes branches. De ce fait, ils seront peut-être plus difficilement assimilés par votre terre.

Utiliser le BRF au potager

Attention : risques de faim d’azote

Avant de voir concrètement comment utiliser le Bois Raméal Fragmenté dans votre jardin, il me semble essentiel de nous pencher sur la question de la faim d’azote, le principal problème rencontré avec l’utilisation de ce broyat.

Faim d'azote sur plant de pommes de terre
Plant de pommes de terre subissant une faim d’azote

On appelle « faim d’azote » la conséquence de la concurrence entre les besoins en azote pour la décomposition des matières organiques et les besoins en azote des plantes cultivées.

Concrètement, les micro-organismes, normalement chargés de mettre les éléments minéraux présents dans le sol à disposition des plantes, se retrouvent accaparés à décomposer des matières organiques ligneuses… l’azote n’est alors pas disponible pour les cultures.

Ayant subi cette faim d’azote suite à des apports massifs, on trouve pas mal de jardiniers, voire d’agronomes, opposés à son utilisation.

Il faut dire ici que la littérature existante sur le sujet préconisait en général d’incorporer le broyat dans le sol.

Certes superficiellement (on recommandait de l’incorporer à 5 – 15 cm de profondeur), avec une griffe.

Mais un matériau ligneux, à fortiori dans une terre lourde, froide, faute d’oxygène, ne pourra alors se décomposer correctement… ce qui entrainera probablement une faim d’azote durable (je l’ai moi-même testé à mes dépens).

Et, dans une forêt, les branches tombent à terre… et se décomposent naturellement en surface.

Incorporer un tel broyat est donc probablement une erreur !

Et d’ailleurs, en tout cas pour ce qui concerne les essais menés chez moi, les conclusions sont très claires :

  • le Bois Raméal Fragmenté enfoui pose de nombreux problèmes : faim d’azote, broyat se décomposant très mal…
  • apporté en couverture, soit en automne, soit en paillage lorsque les cultures sont déjà en place et le sol réchauffé, le Bois Raméal Fragmenté est très bénéfique pour le sol (la terre dévient rapidement noire, grumeleuse et grouillante de vie avec notamment la présence de nombreux vers de terre) et les cultures (elles s’y développent en général très bien; j’ai également pu constater que le mildiou ou l’oïdium était beaucoup moins fréquents et virulents sur une planche de culture paillée avec du BRF)
  • le broyat d’acacia semble tenir à distance les limaces; alors que constitué avec d’autres espèces forestières, comme tout autre paillis, il est au contraire apprécié par ces mollusques.

Aussi, après quelques années d’expérimentations, j’utilise aujourd’hui le BRF uniquement en paillage, sans l’incorporer au sol.

Bref, imitons simplement la nature, et laissons le Bois Raméal Fragmenté en surface, sans l’enfouir.

En paillage

Précisons d’entrée qu’un paillage avec des matériaux ligneux, comme l’est le Bois Raméal Fragmenté, peut tout de même entrainer une légère faim d’azote.

Mais elle sera alors de courte durée, quelques jours à quelques petites semaines (alors qu’elle peut durer plusieurs années lorsque le bois est enfoui).

Aussi, et plus particulièrement si votre terre est particulièrement froide, pour éviter cette « faim d’azote», il pourra être judicieux de faire une culture de légumineuse (trèfle, pois, lupin, luzerne…) la saison précédent l’apport.

Le BRF sera épandu :

  • soit à l’automne, rapidement après le broyage
  • soit en couverture du sol, au printemps, lorsque le sol est déjà réchauffé (mieux vaut éviter de couvrir le sol en hiver, voire en début de printemps, lorsque le sol est encore froid…)
  • soit en paillage de cultures déjà en place (je préfère cette façon de procéder à la précédente, ceci pour limiter les problèmes de limaces et de rongeurs, et afin de permettre au sol de mieux se réchauffer)
Culture de concombre sur BRF
Culture de concombre sur BRF

Si le broyat est épandu tardivement, peu de temps avant la mise en place de vos cultures, ou en paillage des cultures déjà en place, apportez du compost préalablement à l’épandage.

Les plantes cultivées auront ainsi à disposition de l’azote rapidement assimilable.

Voici maintenant comment procéder :

  • Épandez le broyat sur 1 ou 2 cm (max) d’épaisseur en terres lourdes et jusqu’à à 6 cm en terre plus légère, ce qui représente 1 à 6 mètres cube pour 100 m²
  • Laissez simplement le Bois Raméal Fragmenté en surface

Cette technique étant relativement récente, les avis sont partagés quand à la mise en place des cultures.

Certains sèment et plantent directement dans un BRF en première année et apportent un complément en couverture chaque année.

Cette première alternative présente pour intérêt de maintenir le sol couvert en permanence, mais la terre pourra avoir du mal à assimiler ces apports répétés de matériaux ligneux (en tout cas en terre lourde ou en climat plutôt froid).

D’autres, dont je fais partie, penchent plutôt pour une utilisation évolutive :

  • En première année, plantez les plants élevés en pépinière
  • En deuxième année (il est en principe déjà en grande partie « digéré » par le sol), semez les grosses graines. Recouvrez le semis d’un compost bien mûr. Un paillage avec des matériaux moins ligneux (donc plus faciles à digérer pour le sol) comme du foin, des tontes et des déchets verts du jardin ou de cuisine, peut parfaitement être envisagé
  • En troisième année (il est normalement parfaitement décomposé), semez les petites graines (le substrat est alors bien fin). Recouvrez le semis d’un compost bien mûr (là aussi, n’hésitez pas à pailler avec des matériaux « verts »)
  • Laissez éventuellement au repos la quatrième année
  • Renouvelez la couverture la cinquième année
  • La sixième année, vous planterez à nouveau… et recommencez le cycle.

Je tiens ici à préciser que tous mes essais de cultures de pommes de terre avec une couverture de Bois Raméal Fragmenté se sont avérés désastreux, que ce soit en première, deuxième ou troisième année après l’apport…

Autres utilisations possibles du Bois Raméal Fragmenté

Vous disposez de quantités importantes de Bois Raméal Fragmenté ?

Profitez-en…

Au verger ou pour vos plantes ornementales

Comme pour le potager, ce broyat de jeunes branches pourra être utilisé pour pailler vos différentes cultures.

Non seulement il couvrira et protégera ainsi le sol, mais, en se décomposant, il l’enrichira durablement.

Et vos fruitiers ou autres plantes ornementales bénéficieront alors d’une nourriture abondante et équilibrée.

N’hésitez pas là aussi à apporter d’abord une couche de compost.

 

Dans une butte vivante

Broyat de jeunes branches et buttes lasagnes
Le BRF constitue la première couche de mes buttes-lasagnes

Le Bois Raméal Fragmenté s’intégrera parfaitement à une butte vivante.

Incorporez-le à vos buttes de préférence juste après le broyage.

Il chauffera alors parfaitement, activant ainsi le processus de décomposition de la butte.

 

Dans une couche chaude

Ce broyat de jeunes branches peut, à défaut de fumier frais de cheval, remplacer avantageusement ce dernier pour la constitution d’une couche chaude.

Mais pour que la Bois Raméal Fragmenté puisse chauffer correctement, il est impératif d’utiliser un broyat fraîchement broyé (quelques jours).

Au compost

Le Bois Raméal Fragmenté étant constitué de jeunes branches est un matériau plutôt équilibré entre matières azotés et matières carbonés.

On estime un rapport carbone/azote (C/N) supérieur à 30 (plus si les branches sont un peu plus âgés).

Aussi, de par une teneur en carbone élevée, le ce broyat sera bienvenu dans un compost (pour lequel on manque souvent de matériaux ligneux, indispensables à la bonne évolution d’un compost).

 

 

 

 

Pour approfondir vos connaissances sur le sujet, je vous recommande la lecture du livre Les Bois Raméaux Fragmentés, de Gilles Domenech et Eléa Asselineau.

N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous. Les retours d’expériences d’utilisateurs du BRF sont particulièrement bienvenus !

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Emilie
Emilie
9 mai 2022 15 h 59 min

Bonjour, je dispose d’un énorme tas de BRF d’eucalyptus et d’épicéa suit à leur abattage il y a 6 mois. Je l’utilise comme paillage. J’ai constaté plusieurs types de moisissures dans le tas, au début, des moisissures vertes poussiéreuses très volatiles et aujourd’hui des moisissures blanches qui compactent les copeaux à plusieurs endroits du tas. Quelques champignons ont poussé sur le dessus. Ma question est : ces moisissures sont elles dangereuses pour la santé ? Et ce BRF est-il toujours utilisable au jardin ? Merci

Philippe971
Philippe971
11 avril 2022 20 h 59 min

Bonjour,
J’ai commencé à utiliser du brf depuis presque 2ans en Guadeloupe (milieu tropical). Celà booste en 2 ou 3 semaines les quelques agrumes qu’il me reste et ils semblent mieux résister au citrus greening.les tomates poussent mieux aussi.
Tout cela à très petite échelle.
J’aimerais avoir des retours d’autres personnes qui jardinent en milieu tropical. Période et fréquence d’utilisation, essence utilisée…

eric Ducruet
eric Ducruet
9 janvier 2022 21 h 54 min

Bonjour Gilles,
Avec un ami, nous avons créé un grand potager en Belgique, dans la grande périphérie de Bruxelles.
En janvier 2021 nous avons recouvert 200m² de notre terrain avec du BRF. Il est donc en cours de décomposition.
Pour réduire le risque de faim d’azote, il est probable que cette année nous devrons cibler nos cultures sur cette partie de de notre parcelle.
Quels légumes nous recommandes-tu de cultiver sur cette parcelle et quels sont les légumes que tu nous recommandes de certainement ne pas y cultiver?
Merci et bravo pour ton blog que je trouve particulièrement intéressant et bien fait 😉
Eric

Ducruet Éric
Ducruet Éric
12 janvier 2022 20 h 42 min
En réponse à  Gilles le Jardinier Bio

Merci beaucoup pour tes conseils.
Pour info, nous avons un sol limoneux (48,1% de limon, 42,6% de sable et 9,3% d’argile), un pH de 6,2, 10% de carbone organique et 1,9% d’humus. Cela avant l’ajout de brf.
Initialement, nous pensions y cultiver des pommes de terre et des oignons.
Qu’en penses-tu ?

Muriel
Muriel
29 septembre 2021 21 h 09 min

Bonjour,

J’ai du BRF de conifère, puis-je le mettre aux pieds de mes fraisiers (et de mes autres légumes) ? Ma terre et sableuse et plutôt pauvre, je mets du terreau pour l’amender un peu… et de l’engrais bio.

Merci pour tous vos conseils que je lis avec attention et qui sont précieux pour la jardinière peu expérimentée que je suis !!

Stéphanie
Stéphanie
14 janvier 2021 19 h 39 min

Bonsoir,
Je viens de récupérer du brf auprès d’une société de jardinage. Mon terrain est très léger, très filtrant et donc très vite sec avec la chaleur. Avoir du gazon est très difficile. En ayant assez de ressemer du gazon pour un résultat minable et de désherber, je viens de déposer une bonne épaisseur de brf (plutôt très finement broyé) pour y créer un endroit potager fleuri.
Je pense ainsi me passer de la corvée de retourner ce sol tassé, et ne pas avoir à désherber. Je ne compte pas faire de semis sur place, mais y mettre des plants, en leur apportant du compost à la plantation. Qu’en pensez-vous ?
Merci de vos réponses.

Maud
Maud
29 novembre 2020 11 h 32 min

Bonjour Gilles,
Je suis tout à fait pour le BRF et, comme je suis en train de préparer des buttes permanentes, j’ai prévu de mettre du BRF sur mes couches cet automne. Mes buttes permanentes, entre planches en bois de 4 m de long, sont composées de 1 bonne couche de paille en décomposition, 1 couche de terreau, 1 couche de consoude, 1 autre couche de terreau du jardin, 1 couche de paille ou de feuilles mortes.
J’aimerais savoir à quel moment je peux mettre une couche de BRF. D’autre part, j’ai pas mal de sciure de bois de chauffage; puis-je l’utiliser. Si oui, comment ?
Encore merci pour tes judicieux conseils qui me sont toujours très utiles.

didier
didier
28 novembre 2020 8 h 14 min

Bonjour gilles
je souhaite apporter quelques infos personnelles constatées et ou expérimentées
j’habite le nord de la Dordogne, le sol que je travaille est argilo-calcaire(au moins 2,8 m d’argile d’épaisseur)
je « pratique » le BRF depuis 6 ans j’ai pour habitude de dire que l’usage du BRF n’est pas compliqué mais complexe
après de nombreuses recherches et de recoupages d’informations j’avais « ensemencé fin novembre une parcelle de 50 m², avec 3 cm après grelinage
effectivement au printemps suivant j’ai eu une bonne fin d’azote sur deux – trois semaines
ensuite les légumes (ici des pois à rames) sont partis en flèche, pour atteindre une taille de 3 m (avec fleurs et fruits)plusieurs années de suite
même choses avec du blé 2,20 m avec de gros épis jusqu’a 40 grains alors qu’un autre semis à 10 m de là montait à 0,80 m avec 15-20 grains
tout cela semble donc fonctionner du moins sur ce sol

J’ai constaté la deuxième année la disparition quasi complète des « attaques » de gastéropodes!!, alors que leurs présences est effectives
avant BRF 30 plants de salades mangées en une nuit
après BRF 70 salades plantées 68 servies sur table
nouvelles recherche et la, je découvre que ces bébêtes mangent principalement des champignons (mycélium du BRF) et délaissent donc nos jeunes pousses de légumes

Deuxièmes découverte la fin d’azote est normale et nécessaire ,les légumes pâtissent certe du manque d’azote lié à la décomposition du bois mais après quelques semaines ils s’associent au mycélium développé par le BRF(s’il est mis au bon moment , à la bonne épaisseur et selon son sol)
de cette symbiose un échange eau plus nutriments contre sucre de la photo-synthèse ce mets en place
et là « sa pousse fort », il me semble donc qu’il faut s’interroger sur l’apport d’azote qui empêcherai cette « union » bienfaitrice
voilà, ces déductions résultent de l’observation in-situ et du recoupage avec d’autres témoignages ou reportages
actuellement je travaille de nouvelles parcelles depuis 2 ans le BRF sera installé ce mois-ci, à suivre…..

Roland
Roland
27 novembre 2020 15 h 46 min

Bonjour,
Est-il intéressant de mettre du broyat sur une terre qui va servir aux plantes aromatiques ?
Merci pour votre réponse ! 🙂

Magalie
Magalie
9 mai 2020 12 h 12 min

Bonjour,
J’ai un tas de BRF depuis 1 an auquel nous n’avons pas touché. Plusieurs champignons se sont développés dessus l’année dernière.
Comme il n’est pas récent, pensez-vous que je puisse pailler en surface mes pieds de tomates, melons, pastèques et poivrons qui sont plantés dans la serre avec ce BRF ou vaut-il mieux que j’utilise un autre paillage ?
Si oui, est-ce que je peux ajouter des feuilles de fougères dessous ?
Merci d’avance pour vos réponses.
Bonne journée.

Jean-Charles
Jean-Charles
21 avril 2019 19 h 06 min

Bonjour ,
Je fais et utilise du BRF depuis 5a dans mon potager et pour mes arbres fruitiers , il faut utiliser du BRF découper style rondelle ( type de broyeur Jean Pain ) , éviter les BRF fais par les elageurs pro ou employee de mairie sauf si c’est pour recouvrir et garnir des parterre de fleurs ou autres : c’est du broyage par marteau et ca se decompose très mal .
J’ai une plantation de 1500 châtaigniers et tous les ans je broie les branches élaguées ou des arbres abattu en éclaircissement , ( 8/10 m3)
Au potager je le mets en paillage au printemps : tomate , mais , courgette …, un griffage a l’automne et au printemps il est incorporé a la terre , aucun engrais , ni pesticide ni désherbant et tous les ans bonne production et aucune maladie ou attaque de vers ou d’insecte ( je mets juste un peu de sel : 10kgs pour 2000 m2 .
Pour les fruitiers je couvre 2 m2 au pied , je griffe en fin d’hiver l’apport de l’année précédente et je remet une petite couche .
On m’a regardée la premiere année , maintenant j’ai quelques adeptes qui viennent m’aider a faire le broyage …

Carabus
Carabus
16 février 2019 18 h 17 min

Bonjour ,
J’ai deja expérimenté des tas de choses avec plus ou moins de bonheur. Le BRF (ou plutot le broyat, car c’est pas toujours des  » rameaux » mais souvent des branches assez grosses déchiquetées ) est une expérience concluante.
Mais : je le mets en andain et je repasse la tondeuse dessus pour obtenir un broyat fin , proche d’une poudre grossière, que j’étale sur mes plates bandes en Novembre, en y rajoutant de l’azote sous forme de sang en poudre.
Mélangée a la poudre de broyat cet azote n’est pas ( ou beaucoup moins ) lixivié par les pluies de printemps.
Vers le début d’avril je passe un coup de croc pour l’enterrer superficiellement et un mois apres, je cultive par dessus . Les vers de terre semblent adorer …
Le broyat vient de sociétés d’élagage qui préfèrent le déposer au seuil de mon jardin plutot que de payer pour le mettre en déchetterie

Michel
Michel
17 février 2019 6 h 22 min
En réponse à  Carabus

Bonjour,
vous avez bien de la chance que ces sociétés d’élagage vous en fasse cadeau car dans ma région 78790 aucun de ceux à qui je l’ai demandé, n’a accepté à ce jour sans être rémunéré et plutôt cher en plus…
Michel

Fanny
Fanny
6 novembre 2018 16 h 42 min

Bonjour,

Je me pose la question du paillage avec des espèces qui ont été malades (ex tomates et mildiou). Une fois les plants morts, y a t-il un risque de pailler avec? Les maladies peuvent-elles survivre sur ces végétaux morts?
Merci d’avance de votre retour.

Michel2
Michel2
20 février 2018 22 h 30 min

Merci Michel pour la philosophie finement dosée qui suinte à travers les mots de ton message.Dirais-je que c’est l’ABC(D) du bon sens et du recul nécessaire?

Merci Vincent pour la richesse d’un article que je partage sur…tout… ou presque, pour ma part suite à une approche plus intuitive que scientifique, mais qui m’encourage à rester observateur.

-D’accord sur le BRF et sa « quantité »,

-d’accord sur un humus pas tjrs nécessaire partout; des jardins qui sont équilibrés en qualité et en quantité de production n’ont rien à gagner à en recevoir à profusion. Depuis 30 ans dans le même potager je n’ai pas de meilleur résultat avec mes 7 années d’humification plus soutenue, hormis la souplesse du sol, l’erreur possible du débutant pouvant être de penser que c’est parce qu’ il n’en a pas mis assez…Tu as peut-être lu que maintenant je dose léger.

-D’accord sur la qualité aléatoire des composts asphyxiés des déchetteries, j’en utilise un peu, en sachant ce qu’il vaut, je le mélange souvent avec de la matière verte pour le « réanimer »
et je ne le laisse ensuite qu’en surface pour le remettre à l’air sous paillis.
Mais çà me parait difficile de leur demander une gestion de ce compost au Top, il faut des gens bien formés, et un réseau pour l’écouler au meilleur moment, qui est plutôt court si le délai n’est que de qques semaines…

-D’accord aussi sur l’utilité relative des buttes sur bois, relative quand-même.
J’en ai fait 3 dans la partie la plus humide à titre de test sur mon sol argileux (jaune à 30cm) fertile mais humide en été pluvieux. Pour un meilleur drainage à la pluie, et une humidité maintenue par le bois si sécheresse. Paillage permanent, çà marche plutôt bien!
Dans 10 ans, quand la butte sera effondrée sur un humus mort à cause de l’anaérobie permanente, je verrai ce que çà donne…ou je referai…mais quel boulot, surtout que çà pousse presque aussi bien à côté!
Je n’ai aucune expérience du bois « éponge » sous buttes en terrain sec…

Je me permets de pirater ta conclusion passqu’elle me plait bien :
 » je pense que tout doit être pris avec précaution, car chaque sol et chaque expérimentateur est différent, et que la subtilité des choses m’invite à être ouvert et curieux. »

Merci à toi, Gilles, d’accueillir tout çà.

Michel
Michel
20 février 2018 8 h 34 min

Bonjour Vincent.
Je viens de lire ton commentaire et je l’ai apprécié à mon niveau.
Je n’ai pas de connaissances particulières en la matière et je ne porterai donc aucun jugement sur le fond de cet article.
Par contre en tant que débutant dans cette méthode de culture par rapport à celle que mes parents m’ont apprise (j’ai 73 ans) je trouve cet article passionnant et je vais en tirer un maximum d’enseignement à mettre en application à mon petit niveau de jardinier amateur mais qui pense à l’avenir ayant personnellement 8 petits enfants dont j’aimerai pouvoir penser qu’à mon niveau j’ai fait ce qu’il fallait pour leur préserver un avenir disons « correct » avant qu’il ne soit trop tard.
Je vous remercie donc tous de participer à ces échanges enrichissants même si certains sont contradictoires car c’est justement là que la véritable solution se trouve.
Nous savons bien que tous les chercheurs du Monde cherchaient A quant ils ont trouvé B et qu’ils continuent toujours de chercher A et qu’avant de le trouver (peut être un jour) ils vont trouver C ou D etc…
Alors merci, courage, et continuez tous ces échanges enrichissants pour l’avenir de l’humanité.
Un petit jardinier amateur qui pense à sa famille et aux autres.
Michel.

Vincent
Vincent
19 février 2018 20 h 34 min

Bonjour à tous et bonjour Gilles, merci de partager tes expériences et ton expérience 🙂

Ayant eu la chance d’avoir Yves Herody en cours d’agronomie (en BPREA), avec Mr Petit (un spécialiste du compostage, pas E. Petiot, autre prof, spécialiste des préparations naturelles), je viens ici partager leurs avis sur la question du BRF – dans le but d’échanger sur les différents avis.

En effet, Herody et Petit sont totalement anti-BRF…
Je précise tout de suite que pour ma part, je suppose qu’un BRF peut être utile, bien utilisé et avec parcimonie, selon le type de sol et les besoins (et c’est ce que vous expérimentez ici).

Pour ces messieurs, l’apport de Carbone aura un effet bénéfique au début, mais entraînera un blocage total des processus de minéralisation après 5 à 10 ans.
D’après leurs essais de terrain, un BRF de 5cm tout les ans entraîne ainsi un blocage total la 6ème année (d’ou son interdiction dans des régions du Canada). L’apport d’azote nécessaire pour 5cm est aussi inconcevable en pratique et agronomiquement parlant.
De plus, dans ce cas de 5cm, cela représente des quantité de BRF énorme 🙂

Pour moi, cette information invite à la prudence mais pas à l’arrêt total des expériences.

Alors je fais la part des choses, 2cm de BRF tout les 5ans n’est pas la même chose, et je suppose que cela n’entraîne pas les même effets à long terme.

L’utilité de l’humus est lui aussi démystifié par ses personnages haut en couleurs.
En effet, pour eux, cela apporte un structurant intéressant mais n’apporte pas la fertilité du sol. Car la fraction stable est par définition, stable. Les plantes auront donc le plus grand mal à en récupérer les éléments. Par contre, cela apporte un effet structurant et éponge tout à fait intéressant. La course à l’humus ne parait donc pas être le graal souvent plébiscité.
Sujet très important, surtout à l’heure ou les centres de compostage valorisent les déchets vert de la collectivité. Je crois qu’il est très important de se pencher sur la question et d’en parler avec eux. Le centre de Grenoble que j’ai visité propose un composte très mur, noir et donc très stable (ce qui ne les arrange pas puisqu’ils doivent le stocker plus longtemps). Les agriculteurs locaux peuvent se servir et font confiance (avec hésitation), mais attention, j’espère que cela ne sera pas problématique à moyen terme (perte de fertilité et donc de rendement par apport trop important de carbone stable, voir si dessous). Je crois, pour ma part, que le centre devrait proposer un composte plus jeune, vraiment…
Sujet très important pour la filière du recyclage et agricole.

Pour Petit, spécialiste du compostage, rejoint en ce point par Hérody, un composte Jeune (qu’ils appellent « composte assainit » = montée en température, retourné et à nouveau monté en température, afin de détruire les graines et pathogènes. Durée du compostage ~ 3 semaines, avec protection contre la pluie et récupération des jus), est bien plus intéressant qu’un composte vieux (sur culture de légumes), car l’énergie utilisée lors de la décomposition sera mise à profit du sol, plutôt que d’être grandement perdue et la minéralisation se fera sur le sol plutôt que sous forme de jus. Mais surtout, cela va favoriser l’ABI (Activité Biologique Intense), bah oui, cette phase qui chauffe est due à l’activité microbienne, autant en profiter pour créer des agrégats, des micro-galeries, des chaines tropiques, etc..
En effet, selon ce principe, que j’utilise sur mes cultures, les phases de décomposition de la Matière Organique permet de stimuler l’Activité biologique du sol, ce qui favorise son aération et sa fertilité (et stock au passage par la quantité de microbes présent, des fractions d’azote non négligeable). Ainsi, utiliser un composte jeune revient entre autre à faire travailler le sol tout en minéralisant progressivement, alors qu’un composte vieux apporte un structurant physique mais ne provoque pas l’ABI si utile et apporte une part de carbone stable qui mobilisera des microbes au détriment d’une minéralisation rapide – risquant à terme la fossilisation de ce carbone si les apports sont trop régulier et pas assez compensé en azote.

D’après l’approche Hérody, mettre de la MO (Matière Organique) stable, reviens à mettre dans le sol des fractions de MO difficile à décomposer, qui mobilisera au mieux les microbes (risque de faim d’azote et peu de minéralisation de cette fraction), et au pire, si elle s’accumule trop, deviendra ce que Hérody appel du « ni-ni », pour « ni-minéralisé ni-humifié » et partira en hydrocarbure (fossilisation, Ducerf parle de « MO archaïque » je crois).

Toujours selon cette approche, il est nécessaire d’anticiper le C/N dans le temps en prenant en compte les différentes vitesse de décomposition afin de maintenir un C/N cohérent avec les besoins agronomiques (selon les cultures).

Il est à noter qu’une culture de plantes de sous bois, type petits fruits, aimera un sol carboné (et donc les BRF – sol à champignons), contrairement aux cultures légumières qui nécessitent un sol +azoté (sol à bactéries plus que champignons).
Note que je parle là des champignons saprophytes qui décomposent le bois (apportant un effet éponge intéressant), et non des champignon mycorhizien. Dans mon système de culture, j’essaie de favoriser les mycorhizes qui me semble pouvoir être un levier majeur d’une agriculture moderne très sobre en intrants, à voir.

J’ai longuement parlé des buttes qui utilisent du bois mort (et même déjà très décomposé, donc très stable, l’inverse de l’approche Hérody/petit). L’hypothèse que j’ai aujourd’hui (et partage avec E. Petiot), c’est que c’est la diversification des microbes et autres vies qui permet une fertilité et une efficacité du système – une belle biodiversité quoi. A voir après quelques années, si les buttes sont toujours aussi efficaces et voir la rentabilité à moyen terme (temps,coût,énergie,production, sur un sol qui pourrait recevoir directement des cultures).

Voila, je pense que tout doit être pris avec précaution, car chaque sol et chaque expérimentateur est différent, et que la subtilité des choses m’invite à être ouvert et curieux.
Je crois qu’il est intéressant de ne pas être dans le tout ou rien, et j’aime assez vos expérimentations raisonnables en termes de quantité de BRF (tant sur le plant de la ressource que de l’agronomie). Alors continuons à expérimenter et à partager 🙂

Je reviens sur l’idée de composte jeune (assaini) et je vous invite à vous pencher un peu sur la question, afin d’orienter les centres de compostage vers un produits qui sera vraiment pertinent et utile à l’agriculture. D’ailleurs, sur les buttes ou avec des paillages, c’est un peu ce que nous faisons, en favorisant l’activité biologique et en profitant de toutes les phases de décomposition.

Merci à tous de participer à l’émergence d’une agriculture moderne et subtile, respectueuse du vivant et agréable à pratiquer 🙂

En vous souhaitant un joyeux démarrage de saison, et une année productive et riche d’apprentissage et d’autonomie 🙂

Vincent, Le Chant des Graines (Isère)

Jacques57000
Jacques57000
18 février 2018 19 h 19 min

Bonjour,
Au secours !
Je pense que je commence à comprendre mes déboires…
J’habite à Metz, le Grand Est comme ils disent et je cultive un potager de 150 m² environ (hors serre) sur une terre argileuse… Je pratique le BRF depuis 5 ans en utilisant mes tailles de fruitiers et les haies et arbustes des voisins. Je pratique la rotation des dépôts de BRF mais, curieusement, des fois ça marche (pas de déception dans les production), et des fois ça marche pas, pas du tout ! L’an passé, deux planches ont été catastrophiques (une de courgettes et une de tomates). En retournant sur mes notes après lecture de ce qui est dit ici, je crois comprendre : le BRF a été déposé les mois de novembre et décembre, période de la taille.
On dit qu’on apprend de ses erreurs mais encore faut-il le savoir. J’ai recommencé cette année à la même période ! Quand je regarde l’état du BRF, on dirait que je l’ai déposé hier ! et je n’y suis pas allé de main morte : 4 à 5 cm sur environ 30 m². Et sur mon plan de culture 2018 je projette d’y faire des tomates (encore), des pommes de terre, des courgettes (encore).
Au secours, donc. Que faire ? Quand je lis Michel, je crois comprendre qu’aucune culture ne s’accommodera de la faim d’azote. Mais voilà, je ne peux pas me passer du 1/5 de mon potager. Alors, je retrousse tout çà, je le mets sous les pommiers et j’oublie ?
Merci d’avance pour vos conseils avisés.
Nota pour Gilles : je crains que ça perturbe un peu mon expérimentation du TCO…

Michel2
Michel2
20 février 2018 19 h 56 min
En réponse à  Gilles le Jardinier Bio

Tout à fait d’accord avec Gilles pour le Pb de Jacques:

-2cm de BRF sur un sol argileux, c’est pour moi un maximum, presque trop; cette année (et sans doute les suivantes) je le sèmerai simplement à la volée un peu partout en couche très fine, permettant de voir encore un poil la terre…ou plutôt le paillis mis au préalable , pour éviter (surtout s’il est vert…et cette année, Gilles, je n’aurai que du vert mais çà marche aussi) cette p…ain de fin d’azote, car peu de contact avec le sol. Cà nourrira le sol gentiment (sauf que ce n’est pas un engrais) et pourra, dans ces conditions, être refait l’année d’après sans la saturation d’une couche de 5cm. Et comme on n’a pas tjrs quarante douze bassines de BRF, çà permet d’en mettre sur une plus grande surface.

-mettre du BRF vert sur sol argileux en hiver et c’est la faim d’azote quasi-assurée au printemps. Jacques, tu le dis toi-même, ton BRF n’a pas bougé d’un poil, bloqué par le froid…et il va déséquilibrer l’azote du sol en début de printemps, dès que le réchauffement va lui permettre d’entamer vraiment son processus.

Sur ce type de sol, Ou tu mets le BRF tôt en début d’automne (option 1), sur cultures finissantes ou à l’arrachage, pour qu’il commence sa dégradation AVANT les froids (sinon c’est foutu pour l’azote de printemps qui sera bouffé) ,
ou alors , ce que je préfère et que Gilles te préconise pour cette année, tu le retires de suite maintenant qu’il est encore un peu stable, pour tes fruitiers (ils annoncent du froid sec la semaine prochaine, conditions idéales pour le faire)…ou bien tu le stockes et le remets en cours/fin de printemps (sur paillis ou pas) , il ne bougera pas (humidité restreinte et trop de chaleur) mais paillera ton sol (encore que pour pailler, 1 à 2cm c’est limite, raison pour laquelle je paille en dessous). Puis tu te retrouves en automne avec l’option 1, mais avec une dégradation plus rapide…et tant mieux!…BRF un peu moins « riche » parce que séché? Même pas sûr…

De cette façon toute la surface du potager est utilisable en totalité pour les cultures de printemps et d’été, quitte à épargner une parcelle pour des cultures de fin d’automne.
Pas de faim d’azote.
Tout çà, comme déjà dit, pour sol argileux et j’ajoute hiver froid…soit bcp de jardins.

Michel2 (je rajoute 2 car je vois un autre Michel, que je salue bien!)

Michel2
Michel2
20 février 2018 20 h 04 min
En réponse à  Michel2

PS:
Quand je dis que çà nourrira le sol gentiment, ce sera bien_sûr l’année prochaine…

Jacques57000
Jacques57000
21 février 2018 11 h 09 min
En réponse à  Michel2

Merci également Michel (2) d’avoir complété les conseils de Gilles (je ne l’avais pas vue quand j’ai fait ma première réponse). J’attends l’assistance de mon petit-fils pour faire le déménagement…

Jacques57000
Jacques57000
21 février 2018 10 h 54 min
En réponse à  Gilles le Jardinier Bio

Merci Gilles,

Je vais donc enlever le BFR déposé fin 2017 (ça fera bien sous la ligne de pommiers en espalier) et je vais épandre 1/2 m3 de compost qui a passé l’hiver en 2 tas : c’est du compost assainit : sur un tas je suis arrivé à le monter début septembre à 72° et l’autre en octobre à 68°. J’espère que ça corrigera un peu mes bêtises.

J’essayerai de me rappeler l’automne prochain de faire un petit rapport d’expérience sur cette maladresse…

Cordialement,
Jacques

Galli gaïa
Galli gaïa
17 février 2018 17 h 15 min

Bonjour,
Dès que je peux je lis les travaux des Bourguignons et je ne me souviens pas qu’ils parlaient d’incorporer le BRF dans le sol… En tout cas, le « BRF » à l’ancienne c’est la paille et c’est en plus vachement beau d’avoir un tapis de sol doré tout l’hiver… (paille bio: elle reste dorée alors que la paille pas bio devient toute grise dégueux…)

Jean
Jean
17 février 2018 9 h 36 min

Bonjour.
La plupart des commentaires parlent du BRF comme si il était seul. Dans la pratique, Je me trouve avec des branches en certaine quantité à l’automne ou au printemps lors de la taille,mais aussi avec de la tonte fraiche durant l’été. Serait- il intéressant ,en mettant la tonte au compost,d’y incorporer du BRF pour que cela soit moins homogène, et sous quelle forme(BRF de printemps stocké un moment à part ou BRF frais coupé au fur et à mesure…).Question venant d’un novice…

Michel
Michel
17 janvier 2018 22 h 18 min

Bonjour Ralex,

Comme j’ai envie de te répondre…et de faire aussi bondir un peu les puristes, je te dirais que pour ma part je respecte strictement , puisque çà marche , ce que fait la forêt :

1- Elle n’assimile jamais de bois vert .
2- Elle ne connait jamais , de ce fait, de faim d’azote.
3- Elle n’enfouit jamais rien mais elle attend patiemment que le bois pourrisse en surface, processus entretenu par la couverture de feuilles mortes, et qu’il finisse par se déliter jusqu’à décomposition, suite à quoi elle l’absorbe doucement depuis la surface sans que personne s’en mêle, en recrutant tout son petit personnel.
4- Elle ne mélange jamais çà à du fumier, sauf peut-être exceptionnellement sous la crotte fumante d’un gros sanglier. Mélanger du BRF à du fumier frais supprime la faim d’azote (sécurité), mais accélère rudement sa décomposition en un compost qui n’aura peut-être pas toutes les qualités humiques d’une lignine qui n’en demandait pas tant.

Tout çà ne va pas bien vite, donc j’utilise quand-même un broyeur :
1- Pour broyer tout le bois mort que je trouve (pas sec -çà désaffute le couteau et çà fatigue la machine- mais mort pré-pourri) , j’ai plein de frênes malades qui me lâchent des branches comme çà après chaque coup de vent.
En faisant çà je ne fais qu’accélérer le dernier stade de décomposition en forêt et c’est tout.
D’aucuns diront que de ce fait je perds les richissimes composants inclus dans le bois vert…bon, et quand on le laisse étalé en surface fine, il se passe quoi?
-Enfoui de suite c’est la faim d’azote assurée.
-Non enfoui il ne bouge pratiquement pas et ne commence sa décomposition que quand il en arrive au stade de mon bois mort, ce qui est du bon sens pour du bois.

2-Si je dois le broyer en vert (quand j’en ai un mont du diable, instockable):
-en fin d’automne ou hiver je le broie de suite (ce que tu as fait) et je le laisse en tas peu épais que je retourne 3 ou 4 fois (vite fait) jusqu’au printemps pour qu’il sèche sans trop pourrir, puis je le mets en couche de 2cm maxi en surface sur les cultures sans jamais enfouir.
-Si broyat de printemps, broyage immédiat, séchage court (une dizaine de jours) en remuant tous les 2 jours ou après chaque pluie, puis étalement comme au-dessus en couche fine, en évitant strictement tout enfouissement (c’est du frais)

Jamais de faim d’azote (mais couche fine) -couche épaisse possible sous fruitiers et fruits rouges, fraises comprises-)
Pourrissement progressif mais rapide dès les 1ères grosses rosées et pluies d’automne (mycelium++),
Enfouissement partiel spontané avec l’arrachage des légumes, puis disparition totale en cours/fin d’hiver.

Donc en résumé /
-Je privilégie tjrs le bois mort (çà va grincer!)
-je n’étale jamais en frais sauf au printemps sur cultures déjà installées
-Sauf sous fruitiers et fruits rouges, je ne mets qu’en couche TRES fines au potager, que je peux donc renouveler plusieurs années de suite sans Pb.
La forêt n’incorpore jamais d’un coup 5 à 10cm de bois tassé, je fais de même, et donc je ne déséquilibre jamais mon sol par un apport de lignine trop brutal, en ne perdant pas de vue que c’est avant tout un restructurant humique progressif qui refavorise la vie du sol sous toutes ses formes en prenant son temps (3 à 5 ans) et non un engrais qui va booster ta récolte de l’année. Faute de garder celà en tête on risque d’être décu.

Un BRF n’a rien à voir avec un mulching standard (caricaturé à outrance avec une lasagne, mais pourquoi pas?). Par contre je pense qu’il en est le complément indispensable, c’est le traitement de fonds d’un sol qui retrouvera un humus progressif…et donc son équilibre et sa richesse.
Tout celà n’étant qu’un avis fondé uniquement sur l’alliance de mes intuitions , mes recherches et , derrière çà, de mes diverses expériences en BRF.

Bien cordialement
Michel

Ralex
Ralex
23 décembre 2017 15 h 10 min

Bonjour,
Je cultive sur un terrain calcaire (Sud-est, toulon) bien travaillé depuis des années par apports de compost maison (fumier cheval et paille/feuilles mortes de tilleul ou fumier de mes poulettes). Je cultive en butte (ados) de 120cm de large et 40-50cm de haut au sommet.
Le brf m’intriguant et ayant broyé hier des rameaux verts, je me retrouve avec un petit tas, enfin je dois avoir le mètre cube à l’oeil, hihi. Qu’en faire ?
1_Retirer le paillage (paille) de mes buttes et le remplacer par 2 cm de BRF ?
2_Laisser le BRF en tas pour le mettre au printemps au potager en surface ?
3_Enfouir le BRF pour refaire une nouvelle butte test de type forestière ?
4_Mélanger le BRF frais à du fumier frais et composter à chaud (méthode des 21 jours, gros tas arrosé et retourné tout les deux jours) ?
5_Brûler cette merde de brf, lol. On en parlera plus.

Plus sérieusement, le BRF frais est un carbone (le bois) mais aussi un azote (le vert), non ? Le ratio est surement à l’avantage du C puisque tout le monde cite une faim d’azote. Pourquoi ne pas mélanger BRF frais et Fumier frais pour créer un compost ? (mon idée n°4) . Alors quelle proportion ?
Tout le monde dit (pas moi, ,n’ayant pas testé) qu’à terme (4-5 ans) le Brf est meilleur que le compost de fumier (et paille) dont le ratio C/N est pourtant top. J’en suis très surpris donc!!
A vous lire et en vous souhaitant d’excellentes fêtes.

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