Compost – Comment le faire et comment l’utiliser au jardin ?

Le compost est un élément essentiel du jardinage naturel.

Il améliore la fertilité d’un sol et permet ainsi le développement harmonieux des cultures.

Toutefois, la réalisation d’un bon compost requiert quelques connaissances élémentaires.

Personnellement, je composte depuis toujours (enfin depuis que je jardine) les matières organiques issues de mon jardin et de ma cuisine.

Sans être un « maître-composteur » (je dois avouer être assez peu « rigoureux »… fonctionnant plutôt au « feeling »), j’ai tout de même acquis, au fil des ans, une certaine expérience en matière de compostage. Expérience que je me propose donc de partager avec vous aujourd’hui.

Définissons déjà le compostage :

« Le compostage est un processus de décomposition aérobie (à l’air libre) de matières organiques d’origine végétale et/ou animale. On peut dire que faire un compost, c’est contrôler une biodégradation. »

Très bien. Mais alors, que met-on dans un compost ? Comment contrôle t’on sa décomposition ? Comment l’utilise t’on ?

Commençons, si vous le voulez bien, par une petite explication, très pédagogique, de Claude Bourguignon :

 

 

La Composition du Compost

Avant toute chose, il faut avoir à l’esprit qu’un bon compost demande un équilibre entre matières azotées  et  matières carbonées.

Plus le taux de matières carbonées sera important, plus lente sera la décomposition, mais plus l’humus obtenu sera stable (donc durable).

Mais, si le taux d’azote est trop faible, le tas ne chauffera pas correctement et le processus de décomposition aura dès lors du mal à démarrer.

Pour que le compostage puisse évoluer positivement, on aura pour objectif un rapport Carbone/Azote (C/N) entre 23 et 30; c’est à dire 23 à 30 doses de matières carbonées pour 1 dose de matières azotées.

 

Matériaux riches en azoteMatériaux riches en carboneMatériaux équilibrés
  • pailles
  • sciure de bois
  • feuilles de chêne, de bouleau ou d’érable
  • branchages
  • tourbe
  • papiers

 

  • fumier avec paille
  •  marc de café
  • feuilles d’aulne ou de hêtre
  • fanes de pommes de terre

 

Mais voyons maintenant concrètement comment faire son compost.

Faire son Compost

Si possible, on stockera séparément et à l’ombre les matériaux qui serviront à la constitution du compost.

On commencera par élaborer un tas de forme triangulaire d’environ 1.2 m à 1.5 m de large à la base pour une hauteur de 1 m environ (la longueur du tas dépendra quant à elle de la quantité de matériaux disponibles ainsi que des besoins en compost). Idéalement, l’aire de compostage se trouvera à mi-ombre.

Si vous ne disposez que d’une petite surface, ou encore pour des raisons d’esthétique, voire d’odeurs (mais un compost bien élaboré ne doit pas sentir mauvais), vous pouvez également élaborer votre compost dans un composteur.

Les différents matériaux seront apportés en couches successives et en proportions équilibrées (voir tableau ci-dessus). On arrosera copieusement chaque couche au fur et à mesure de la constitution du tas. Quelques brassées d’ortie serviront d’activateur naturelle (bien plus efficace que les activateurs du commerce).

On a vu que la qualité du compost dépendait en premier lieu de sa composition. Elle dépend également de la proportion d’eau et surtout d’air. C’est en effet l’aération qui déclenche le compostage.

Le processus de fermentation se déclenche très rapidement après la constitution du tas et se caractérise en particulier par une montée en température à l’intérieur du tas (50 à 60°C), montée en température qui durera environ 7 jours puis la température du tas baissera progressivement. Un thermomètre de compost peut être utile pour en surveiller la température.

On pourra alors retourner le tas, en le déplaçant à côté du tas initial. Le retournement du tas aura pour effet d’aérer le tas et ainsi de faire augmenter à nouveau la température et donc de relancer le processus de fermentation.

Si le tas est trop sec (présence de filaments grisâtres, manque d’eau apparent), il sera nécessaire d’arroser.

Si le tas dégage une odeur nauséabonde, avec des matériaux poreux, on a au contraire trop d’eau. Il sera alors utile de refaire le tas en y ajoutant des matériaux secs.

La durée du compostage est variable selon la température extérieure (donc la saison), la composition du tas ainsi que du volume du tas. De manière générale,

– un compost est demi-mûr, un à trois mois après son démarrage : apparition de vers de fumiers (vers roses avec des anneaux blanchâtres), les matéraux de départ sont encore en partie reconnaissable mais brunis.

– le compost est mûr, six à douze mois plus tard, apparition de vers de terre (lombrics), aspect terreux et noir du tas, odeur de sous-bois. Les matériaux de départ sont parfaitement décomposés en on ne peux plus les reconnaître.

Passé ce stade, le compost commencera à perdre de ses pouvoirs fertilisants pour devenir un terreau (utile pour les semis).

Mais voyons maintenant comment utiliser le compost.

Utilisation du compost

Chaque légume a des besoins spécifiques en quantité et en qualité. Le tableau suivant tentera de résumer ces besoins :

 

Apport nulApport moyen– de 300 kg/100 m²Apport important+ de 300 kg/100 m²
  • ail
  • chou bruxelles
  • fèves
  • échalotes
  • haricots
  • mâche
  • navet
  • oignons
  • pois
  • radis

* apport de compost mûr uniquement

Les autres légumes peuvent supporter un compost demi-mûr, bien qu’il soit préférable d’utiliser un compost bien mûr.

On épand le compost soit à l’automne ou au printemps avant la mise en place des cultures, soit entre les lignes de légumes.

Le compost peut être laissé en surface ou éventuellement légèrement enfoui avec un croc.

Pour aller plus loin, je vous recommande de visiter le site compostage.info. Vous y trouverez notamment une description détaillée des différentes techniques de compostage : en fut ou en silo, en tas ou encore lombricomposteur (ou vermicomposteur).

Une autre approche : Compostez directement en place sur vos planches de cultures…

 

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Catégories Compost
  • Bonjour,
    Si j’ai bien compris, un compost qui attend trop perd ses qualités. Pourquoi?
    Mon compost est dès fois prêt en hiver ou au printemps, mais je ne l’utilise qu’au moment de planter (au pied des légumes).

  • Bonjour Isabelle,

    Le pouvoir fertilisant du compost diminue avec le temps, c’est un fait ; pourquoi ? je n’en sais trop rien, mais je suppose que les éléments fertilisants qu’il contient migrent vers le sol ou sont évaporés par un processus que j’ignore…avis aux amateurs éclairés.
    Cela dit, un compost mûr en hiver est parfait pour les plantations au printemps suivant…moins l’année d’après et il perdra chaque année un peu plus de son pouvoir fertilisant pour devenir finalement une sorte de terreau neutre…

  • Bonjour,

    Votre site est composé d’informations très intéressantes. Mais, pourriez-vous me dire si les excréments d’animaux peuvent être intégrés dans le compost ? (Je ne parle pas d’une quantité faible, mais d’une quantité plus abondante, comme une SPA).
    Merci d’avance.

    • Bonjour Julien,

      Du fait d’une alimentation en général de type industrielle (je pense que c’est le cas dans une SPA), l’intégration au compost d’excréments d’animaux domestiques est déconseillée… sauf éventuellement pour un compost destiné à des plantes ornementales.

      Cordialement,
      Gilles

  • Bonjour Gilles et merci pour ces explications bien utiles !
    Nous avons deux petite chattes et nous utilisons une litière agglomérante (bois), pensez-vous que nous pouvons ajouter leurs excréments à notre compost ?
    Par ailleurs je vais acheter des « raised beds » quelle proportion de composte me conseillez-vous d’ajouter et comment le disposer ?
    Merci pour vos réponses, je vous souhaite une belle après-midi, à bientôt, très cordialement, Anne Sophie en Irlande.

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