La Culture de la Carotte

La carotte se consomme en toutes saisons, crue ou cuite, voire lacto-fermentée. Sa richesse en pro-vitamine A (carotène) est bien connue.

Carottes en association avec poireaux
Carottes en association avec poireaux

S’adaptant à tous les climats, la carotte figure parmi les légumes les plus cultivés en France.

Pourtant sa culture sans engrais ni traitements chimiques n’est pas des plus faciles.

Bien choisir les variétés de carottes

Les variétés anciennes adaptées localement sont comme toujours à privilégier.

Choisissez également des variétés adaptées à votre sol. Certaines variétés se plaisent en terre sableuse, d’autres apprécient les terres argileuses

De même, la variété sera choisie en fonction de la période de culture :

  • les variétés courtes sont hâtives et donc principalement utilisées pour les premiers semis : courte améliorée à forcer, d’Amsterdam à forcer, Davanture,…
  • les variétés demi-longues (racine cylindrique) sont les plus communes. Semées au printemps, elles sont destinées aux récoltes de fin d’été et d’automne : Nantaise améliorée, Touchon, de Carentan, Chantenay…
  • les variétés longues sont semées  entre la fin juin et la première quinzaine de juillet. Elles sont destinées aux récoltes et à la conservation hivernale : de Colmar, Longue de Maux, de la Halle…

Je vous recommande de tester, chaque année, de nouvelles variétés. C’est ainsi que vous pourrez sélectionner celles convenant le mieux à vos conditions de cultures (taper « meilleures variétés de carottes » dans un moteur de recherche n’a aucun intérêt. Une variété peut parfaitement se plaire dans des conditions particulières et se révéler totalement inadaptée dans d’autres conditions…).

Préparer la terre pour semer vos carottes

Le semis de carottes sont parmi les plus délicats à réussir.

La graine est très petite et la levée parmi les plus longues (jusqu’à 3 semaines) pour ce qui concerne les légumes.

Aussi, pour une bonne levée, la terre doit être soigneusement préparée :

Une terre « propre »

La concurrence des herbes spontanées est préjudiciable à la levée des carottes.

Un engrais verts (vesce-avoine par exemple) semé à l’automne (ou en début de printemps pour les semis d’été) assurera la couverture du sol préalablement au semis. Broyer et incorporer en surface (sur 2 ou 3 cm) l’engrais vert environ 3 semaines avant le semis. Effectuer ensuite un faux-semis en affinant progressivement la terre de surface d’abord à la Grelinette (ou à la Campagnole pour une surface un peu conséquente), puis au cultivateur et enfin au râteau ; cela favorise la germination et la levée des herbes « indésirables ».

Un sol ameubli

Pour permettre une levée régulière, mais également afin d’éviter les racines fourchues, il est important d’ameublir correctement la terre des parcelles destinées à la culture des carottes.

Ce travail d’ameublissement sera effectué par les passages successifs de cultivateur et du râteau.

Une fertilisation adaptée

La carotte ne supporte pas le fumier ou le compost insuffisamment décomposé.

Effectuez un apport modéré  de compost bien mûr (moins de 30 kg, soit en gros une petite brouette, pour 10 m2).

Dans un sol régulièrement fertilisée avec des matières organiques, les apports supplémentaires ne sont pas nécessaires. Toutefois, si ce n’est pas encore le cas et en cas de déficit avéré, on pourra effectuer un apport de phosphates naturels. Un apport complémentaire de vinasse de betterave ou de patenkali (effet rapide) en cours de culture  pourra être apprécié si le sol manque de potasse (indispensable au grossissement).

Notons ici que si la terre de votre potager est couverte en permanence, et qu’elle est devenue suffisamment meuble et fertile, vous pourrez vous contenter de simplement écarter le paillage pour  semer (attention toutefois aux limaces !)

Semer des carottes

Semez si possible en lune descendante, en jour racine et 8-10 jours avant la pleine lune (voir le calendrier lunaire). La levée est alors beaucoup plus rapide.

Semis sur couche chaude

De janvier à mars, vous pouvez effectuer les premiers semis, à la volée, sur couche chaude.

Choisissez pour cela des variétés courtes à la volée sur couche chaude.

Semis en pleine terre

Semez en rangs distants de 25 à 30 cm :

  • de mars à juin : les variétés demi-longues
  • de fin juin à mi-juillet : les variétés longues

Dans les régions à hiver doux et si vous disposez d’une serre, il est également possible de semer des carottes courtes au mois de novembre. En cas de gros froids, couvrir la culture avec un voile d’hivernage.

Ne semez pas trop serré, le travail d’éclaircissage étant très fastidieux.

 

Mon astuce : pour marquer le rang de carottes et pouvoir ainsi sarcler entre lignes avant la levée (qui est, je le rappelle, très longue), semez en parallèle (à 3 ou 4 cm de distance) une ligne de radis. Les radis étant beaucoup plus rapide à lever, vous aurez ainsi un repère efficace.
semis carottes/radis
Ligne de radis semés en parallèle des carottes pour marquer le rang.

Entretenir une culture de carottes

Éclaircissage

On recommande généralement d’éclaircir rapidement les semis à 4 cm (variétés courtes), 6 cm (variétés demi-longues) ou 8 cm (variétés longues).

Mais j’ai observé que les jeunes plantules se développent mieux lorsqu’ils sont resserrés que lorsqu’ils sont isolés.

Aussi personnellement je commence à éclaircir seulement lorsque des petites carottes sont formées et j’opère progressivement… outre un meilleur développement initial, je récolte ainsi de délicieuses petites carottes bien tendres tout en éclaircissant.

Désherbage

Sarclez entre les lignes de semis avant la levée (les rangs doivent être droits et bien marqués) puis désherbez sur la ligne de culture en même temps que le premier travail d’éclaircissage.

Maintenez le sol désherbé pendant la formation des carottes.

Arrosage

Le sol doit être maintenu humide jusqu’à la levée.

Un arrosage régulier et copieux (tous les 4 ou 5 jours) est ensuite indispensable.

Paillage

Le paillage permet de garder le sol frais et de limiter les arrosages.

Il y a toutefois un inconvénient majeur à pailler les carottes : les ravageurs qui aiment se nicher dans un bon paillis (en particulier les limaces et les rongeurs)…

Si ces charmantes petites bêtes vous causent des soucis, évitez le paillage pour cette culture (et d’une manière générale pour les légumes racines); ou alors ne paillez que tardivement, et surveillez de près l’état des carottes (si en en récoltant, vous constatez que les dégâts sont importants, enlevez alors le paillage).

Protéger naturellement les carottes

La culture de la carotte est principalement exposées à la mouche de la carotte et à la pourriture noire.

Les mesures préventives présentées ci-dessous donnent de bons résultats.

Mouche de la carotte

La mouche de la carotte est un insecte diptère dont la larve (un asticot blanchâtre)  peut causermouche de la carotte des dégâts considérables dans les carottes en y creusant des galeries.

Mais les moyens de protection naturelle existent :

Sacrifiez une variété

Les mouches de la carottes raffolent de certaines variétés.

Repérez ces variétés (ce sont celles qui seront les plus touchées) et semez à part un petit carré; cela peut permettre de préserver la culture principale.

Préservez la biodiversité

La mouche  se repère à l’odeur.

Favoriser la diversité végétale en préservant notamment des ombellifères sauvages aux alentours du potager limite les invasions.

Associations

L’association avec le poireau est bien connue, à juste titre, des jardiniers bio.

D’autres plantes particulièrement odorantes, perturberont la mouche  : coriandre, aneth, oeillets d’Inde

Semez tardivement

La première génération de larve naît en mai (sud de la France) ou juin (nord de la France).

Semer après cette période permet d’éviter la première génération.

Buttez

Les mouches pondent à proximité du collet.

Butter les carottes juste après le démariage permet de préserver quelque peu ses cultures.

Utilisez des répulsifs

Certains répulsifs sont efficaces sur la mouche de la carottes : marc de café, algues marines (poudre), branchages d’absinthe, de tanaisie, de fougère, de sureau

Placez un filet anti-insecte

Vous appliquez  les recommandations ci-dessus mais le problème subsiste ?

Un filet anti-insecte vous garantira une protection efficace.

Les mouches volent en rase-motte. Il faut donc poser le filet (période des vols) sur les cultures en buttant les bords, ou encore le disposer verticalement (40 cm de haut au moins) autour de la culture.

Alternariose

L’alternariose, ou pourriture noire, est une maladie foliaire causée par un champignon (Alternaria dauci).

Les feuilles noircissent et se dessèchent ; les carottes pourrissent lors du stockage.

Mesures préventives

  • semez un engrais verts préalablement à la culture de carottes ;
  • évitez les engrais azotés (y compris le purin d’ortie) ;
  • semez clair et éclaircissez soigneusement.

Lutte directe

En dernier recours, traitez au cuivre en cas de forte attaque de la maladie…

Récolter les carottes

Les carottes peuvent être récoltées toute l’année au fur et à mesure des besoins.

Si la terre est bien meuble, vous pourrez les arracher facilement en tirant simplement à la base des fanes.

Mais si elle est un peu dure ou sèche, un outil sera utile pour éviter qu’une partie de la carotte reste en terre.

La Grelinette est alors parfaite (à condition de bien positionner l’outil, c’est à dire quelques centimètres en arrière de la ligne de culture) pour en récolter une certaine quantité. Une bêche à dents fera aussi l’affaire.

Si vous ne voulez en récolter que quelques unes, une gouge à asperge permet également de récolter les carottes sans les casser.

Dans les régions à hiver doux, un simple voile d’hivernage peut permettre de garder les carottes en terre. On pourra les arracher lorsque le sol est dégelé (ne jamais récolter dans un sol encore dur, les carottes pourriraient).

Dans les régions à hiver plus rude, on  préfèrera les arracher en fin d’automne, début d’hiver, pour les stocker (sans les laver – elles se conservent beaucoup mieux avec un peu de terre) en silo ou à la cave.

22 commentaires au sujet de “La Culture de la Carotte”

  1. Pour une fertilisation biologique, je préconise un arrosage avec une solution de vieille urine (vieille de 2 à 3 semaines), diluée au 1/10 tous les 15 jours. Ceci n’est – bien entendu – possible que si le / les « donneurs » sont sains, exempts de pathologies et hors toute prise médicamenteuse (et aussi de substances illicites !), se retrouvant, ensuite, dans les urines.
    Comme précisé plus haut, celle-ci doit être vieillie :
    L’ammoniac doit pouvoir s’oxyder en nitrites (nitritation) ;
    Puis, c’est au tour des nitrites de pouvoir être oxydés en nitrates (nitratation) ;
    Tout ceci, afin que l’urine devienne assimilable par les plantes.

    Répondre
  2. Bonjour, j ai du mal avec les carottes…enfin elles sont sorties mais c est laborieux. Terre argileuse mais bien enrichie en sable pour ce carré. Chantenay car j adore. Peux tu m indiqUer une carotte qui aime la terre argileuse sachant que le sol est riche, vivant. J ai mis un filet autour et dessus. Mon objectif était surtout les voleurs comme les oiseaux. Je dois dire aussi que chaque année, le topinambour refait son apparition dans ce carré, sur un côté et cette année plus beau que jamais. L an dernier j y avais mis des haricots verts. Merci!

    Répondre
  3. Bonjour
    Merci pour vos articles, j’ai un nouveau jardin depuis l’an dernier, sans vouloir me venter normalement j’ai la main fluo, mais ce nouveau terrain est un caillou constant.; J’avais eu l’occasion d’avoir de la tourbe. pour les carottes j’avais donc fait une tranchée que j’avais tamisée très fin sur 30 cm, il y a tellement de caillou petits et gros, que c’était une vraie galère. J’ai fais 50/50 tourbe terre.;or les carotte sont restées minuscules et ont eu beaucoup de mal à se développer;beaucoup de travail pour rien. je n’avais jamais raté mes carotte sou racines avant. Je suppose que cela a crée un ensemble trop lourd. cette année cet endroit ne sera utilisé que pour des salades et radis. Alors j’envisage de cultiver en bac. mais je n’ai pas nourri. Mon idée est sable plus terreau, mais le quid de la nourriture quand c’est au dernier moment , impossible de mettre du fumier.;Alors quels apports d’engrais me conseilleriez vous pour cette première saison de culture en bac..Pour l’an prochain dès l’automne je pourrai nourrir au fumier en attendant Juin, mais là je suis pris de court merci pour votre réponse.
    Bien jardinierement votre
    O

    Répondre
    • Bonjour,
      Sable + terreau ce n’est pas terrible… d’une part ça manque de structure, et surtout ça va sécher très vite… ajouter de la terre serait quand même une bonne chose…
      Pour la fertilisation, compost ou, à défaut, engrais organique bio du commerce (ça peut être du fumier composté type Or Brun) sont les solutions qui s’offrent à vous.
      Cordialement,
      Gilles

      Répondre

Laissez un commentaire (si c'est pour faire de la pub, ne perdez pas votre temps... je ne publierai pas)