Comment conserver les fruits et légumes après la récolte sans les voir se flétrir, germer ou pourrir prématurément ? La réponse dépend beaucoup du produit : une courge, une pomme de terre, une pomme ou une carotte n’ont ni les mêmes besoins ni la même durée de conservation.
La question m’a été posée par Bruno, abonné à la lettre d’informations. Elle mérite une réponse détaillée, car quelques bons réflexes au moment de la récolte et du stockage peuvent prolonger nettement la durée de vie de vos fruits et légumes.
Silo, clayette, cave ou cellier, stockage à température ambiante, congélation, lactofermentation ou conserves : nous allons voir quelles méthodes conviennent aux principales récoltes du potager et du verger, ainsi que les conditions de température, d’humidité, d’aération et de lumière à respecter.
Avant de conserver les fruits et légumes : les bons réflexes après la récolte
La réussite de la conservation commence avant même le stockage. Le moment de la récolte, l’état des fruits et légumes et leur préparation comptent autant que le choix de la cave, du silo ou de la clayette.
Récolter au bon moment
Pour conserver une récolte longtemps, il faut d’abord la cueillir ou l’arracher au bon stade. Mais ce stade varie selon les fruits et légumes.
Certains fruits destinés à être consommés rapidement gagnent à être récoltés bien mûrs. Pour les fruits de garde, notamment certaines pommes et poires, la maturité de récolte ne correspond pas toujours à la maturité de consommation : ils peuvent continuer à évoluer après la cueillette.
Les légumes destinés au stockage doivent eux aussi avoir atteint un stade suffisant de développement. Les courges, par exemple, se conservent mieux lorsqu’elles sont arrivées à maturité, avec une peau bien durcie et un pédoncule conservé intact.
Pour les courgettes que vous souhaitez garder plusieurs semaines, vous pouvez laisser quelques fruits poursuivre leur maturation bien au-delà du stade où on les récolte habituellement pour les cuisiner. Leur peau s’épaissit alors et leur comportement se rapproche davantage de celui d’une courge de garde.
Vous trouverez des repères plus détaillés dans cet article consacré au bon moment pour récolter les légumes.
Récolter par temps sec et laisser ressuyer si nécessaire
Lorsque c’est possible, récoltez les fruits et légumes destinés au stockage par temps sec. Une récolte mouillée ou couverte de terre humide se conserve moins bien, car l’humidité favorise le développement des moisissures et des pourritures.
Évitez néanmoins de repousser une récolte au seul motif que le temps n’est pas idéal. Si des gelées susceptibles d’endommager les légumes sont annoncées, mieux vaut rentrer des courges mûres ou d’autres récoltes fragiles, puis les laisser ressuyer dans un endroit sec et bien aéré.
Ce temps de séchage est particulièrement utile pour les courges, l’ail, les oignons et les échalotes. Ne les enfermez pas immédiatement dans un local peu ventilé s’ils sont encore humides.
Trier les fruits et légumes avant le stockage
Une petite blessure, un choc, une zone ramollie ou un début de pourriture peuvent compromettre la conservation d’un fruit ou d’un légume et contaminer les produits voisins.
Avant le stockage, examinez donc chaque récolte. Réservez pour une consommation rapide les fruits et légumes légèrement blessés mais encore sains. En revanche, ne conservez pas un produit présentant une moisissure, une pourriture avancée ou une altération douteuse.
Manipulez aussi les récoltes avec précaution. Une pomme apparemment intacte peut avoir été meurtrie par un choc et commencer à se dégrader quelques jours plus tard.
Un contrôle régulier évite bien des pertesMême avec un tri soigneux, inspectez les récoltes stockées de temps en temps. Quelques minutes suffisent pour repérer un fruit ou un légume qui commence à s’abîmer.
- Retirez rapidement les produits qui se ramollissent ou présentent une pourriture.
- Profitez-en pour vérifier l’aération, l’humidité et l’état général du stock.
Préparer les récoltes selon leur mode de conservation
Il n’existe pas une préparation valable pour tous les légumes. Les besoins changent selon l’espèce et la méthode choisie.
Pour les légumes racines destinés au stockage, retirez généralement le feuillage sans blesser la racine. Évitez de les laver avant un stockage prolongé : laissez plutôt sécher la terre en surface et enlevez délicatement l’excédent si nécessaire.
Les pommes de terre doivent sécher en surface avant d’être rangées, puis rester à l’abri de la lumière. L’ail, les oignons et les échalotes ont besoin d’un séchage plus marqué avant leur stockage. Les courges se conservent avec leur pédoncule, que l’on évitera de casser en les manipulant.
Ces petits gestes peuvent sembler secondaires, mais ils limitent les portes d’entrée pour les champignons et réduisent les risques de dégradation pendant l’hiver.
Éviter les mauvais mélanges pendant le stockage
Tous les fruits et légumes ne font pas bon ménage dans un même local. Certaines associations sont simplement désagréables : les choux, poireaux ou céleris peuvent transmettre leur odeur à des fruits stockés à proximité.
D’autres mélanges posent un problème de maturation. Plusieurs fruits produisent de l’éthylène après la récolte, un gaz naturellement impliqué dans leur mûrissement. C’est notamment le cas des pommes, poires, pêches, prunes, abricots, nectarines et melons.
Certains légumes y sont sensibles. Des carottes, choux ou poireaux stockés à proximité de fruits producteurs d’éthylène peuvent donc vieillir plus rapidement ou perdre en qualité.
Si vous disposez de plusieurs zones de stockage, séparez autant que possible les pommes et autres fruits producteurs d’éthylène des légumes destinés à une conservation longue. Cette précaution est particulièrement utile lorsque tout l’hiver repose sur quelques cagettes entreposées dans une même cave ou un même cellier.
Les tomates et les melons continuent eux aussi d’évoluer après la récolte, mais ils concernent surtout des durées de conservation plus courtes que les pommes ou les poires.
Comment conserver les fruits et légumes selon les récoltes ?
Une fois les récoltes triées et préparées, le choix du lieu de stockage devient déterminant. Il n’existe pas de local idéal pour tout conserver : certains légumes apprécient le froid et l’humidité, d’autres exigent une atmosphère sèche, tandis que les pommes de terre ont aussi besoin d’obscurité.
Laisser certains légumes en place au potager
Pour plusieurs légumes rustiques, le meilleur lieu de conservation reste tout simplement le potager. Les carottes, les poireaux, le panais, certains céleris, la mâche et de nombreux choux supportent le froid à des degrés variables.
Cette solution évite de récolter et stocker inutilement toute la production en une seule fois. Vous prélevez simplement les légumes au fur et à mesure de vos besoins.
La résistance dépend toutefois de l’espèce, de la variété, de l’état du sol et de l’intensité du froid. Une carotte bien protégée dans une terre légère ne réagira pas comme un céleri-rave exposé dans un sol gorgé d’eau. Il vaut donc mieux éviter de retenir un seuil de température unique pour toutes les cultures.
Un paillage limite le refroidissement brutal du sol et facilite aussi les récoltes lorsque les températures baissent. Un voile d’hivernage offre une protection complémentaire pour les cultures qui restent en place.
Si une période de gel durable est annoncée, récoltez à l’avance la quantité dont vous aurez besoin. Évitez surtout d’arracher des carottes ou d’autres légumes-racines lorsque le sol et les racines sont gelés : après le dégel, les tissus endommagés deviennent mous et ces légumes risquent de pourrir très rapidement. Attendez que le sol ait dégelé avant de récolter ceux qui sont restés indemnes.
Conserver les légumes racines et certaines récoltes en silo
Le silo convient particulièrement bien aux légumes racines lorsque vous ne disposez pas d’une cave adaptée. Carottes, betteraves, navets, panais ou céleris-raves peuvent ainsi passer une bonne partie de l’hiver à l’abri du gel et des variations de température.
Le principe consiste à maintenir les récoltes dans une atmosphère fraîche, sombre et légèrement humide, sans excès d’eau. Le silo peut être enterré ou installé hors sol, dans une cave, une grange ou un autre local frais.
Après avoir retiré le feuillage et écarté les racines abîmées, disposez les légumes dans du sable légèrement humide, de la terre fine ou un autre matériau qui limite leur dessèchement. Veillez toutefois à ce que l’ensemble puisse respirer : une humidité excessive et un manque d’aération favorisent les pourritures.
Une couche de paille autour ou au-dessus d’un silo extérieur améliore sa protection contre le froid. Il faut aussi empêcher l’accès aux rongeurs, qui apprécient autant que nous les réserves hivernales.
Ne stockez pas tout au même endroitSi votre récolte est abondante, répartir les légumes dans plusieurs contenants limite les pertes en cas de pourriture ou d’attaque de rongeurs.
- Contrôlez régulièrement les légumes accessibles.
- Retirez sans attendre ceux qui commencent à se dégrader.
Voici une méthode simple utilisant un tambour de machine à laver récupéré :
Conserver l’ail, les oignons et les échalotes au sec
L’ail, les oignons et les échalotes demandent des conditions presque opposées à celles des légumes racines en silo. Ils doivent être parfaitement secs avant leur rangement et rester dans un local sec, aéré et à l’abri de l’humidité.
Après la récolte, laissez-les sécher suffisamment longtemps pour que les enveloppes externes deviennent bien sèches. Ce séchage réduit fortement les risques de pourriture pendant le stockage.
L’ail peut être conservé en tresses ou en bottes suspendues. Pour les oignons et les échalotes, utilisez des cagettes peu profondes, des filets ou des claies bien ventilées. Évitez les tas épais dans lesquels l’air circule mal.
Une grange, un cellier sec ou un grenier peuvent convenir si les températures n’y deviennent ni excessivement chaudes ni durablement humides.
Conserver les pommes de terre dans un endroit frais et sombre
Les pommes de terre apprécient un local frais, aéré et surtout sombre. L’obscurité est indispensable : exposés à la lumière, les tubercules verdissent et peuvent accumuler davantage de glycoalcaloïdes, des substances naturellement présentes dans la pomme de terre mais indésirables à forte concentration.
Après l’arrachage, laissez sécher la terre qui adhère aux tubercules, puis triez-les sans les laver. Les pommes de terre blessées ou coupées seront consommées en priorité.
Vous pouvez les entreposer dans des cagettes ou des contenants laissant circuler l’air. Contrairement aux pommes ou aux poires, elles n’ont pas besoin d’être disposées une par une. Évitez néanmoins de constituer des tas trop importants, plus difficiles à surveiller et à ventiler.
Une température trop élevée accélère la germination. À l’inverse, un froid excessif modifie la composition du tubercule et peut altérer sa qualité culinaire. Une cave fraîche et hors gel reste donc une bonne solution lorsqu’elle est suffisamment sombre.
Conserver les courges et les patates douces dans un local adapté
Les courges se conservent mieux dans une atmosphère sèche, bien ventilée et plus douce que celle qui convient aux pommes de terre. Une pièce fraîche de la maison, un cellier tempéré ou un local hors gel peuvent convenir selon les conditions.
Récoltez-les à maturité avec leur pédoncule intact, puis laissez leur peau sécher avant le rangement. Posez-les sans les entasser et, si vous avez suffisamment de place, évitez qu’elles se touchent. Vous repérerez ainsi plus facilement le moindre début de pourriture.
Les variétés de garde peuvent se conserver plusieurs mois dans de bonnes conditions, mais toutes les courges n’ont pas la même aptitude au stockage. Une courge qui commence à ramollir ou dont le pédoncule s’altère doit être utilisée rapidement.
Les patates douces apprécient elles aussi une atmosphère relativement sèche, mais elles supportent mal les températures basses. Une cave froide adaptée aux pommes de terre n’est donc pas forcément un bon emplacement pour elles.
Après la récolte, manipulez-les avec soin : leur peau se blesse facilement. Une fois sèches, conservez-les dans un local tempéré et surveillez régulièrement leur état.
Conserver les pommes, poires et autres fruits en clayette
Les clayettes restent très pratiques pour conserver les pommes, les poires et les coings. Leur structure aérée facilite la circulation de l’air et le contrôle régulier des fruits.
Installez-les dans un local frais, sombre ou peu lumineux, bien ventilé et à l’abri du gel. Disposez les fruits sur une seule couche, sans les serrer. Un fruit abîmé pourra ainsi être retiré avant qu’il ne contamine ses voisins.
Toutes les variétés ne se conservent pas de la même façon. Certaines pommes et poires sont de véritables fruits de garde, tandis que d’autres doivent être consommées rapidement. Pour les poires, la maturité de consommation intervient parfois après la récolte : elles peuvent finir de mûrir hors de l’arbre.
Contrôlez les clayettes au fil de l’hiver et consommez en priorité les fruits qui commencent à se rider, à ramollir ou à présenter une petite altération.
Si plusieurs types de récoltes partagent le même local, gardez à l’esprit que pommes et poires produisent de l’éthylène. Éloignez autant que possible les légumes qui y sont sensibles.
Transformer les récoltes pour les conserver plus longtemps
Lorsque le stockage en l’état ne suffit pas, plusieurs procédés prolongent la durée de conservation des récoltes. Lactofermentation, conserves, séchage et congélation répondent à des besoins différents. Le choix dépend du fruit ou du légume, mais aussi de l’usage que vous souhaitez en faire par la suite.
La lactofermentation
La lactofermentation convient particulièrement bien à de nombreux légumes : choux, carottes, betteraves, radis, navets ou encore haricots peuvent être conservés de cette façon.
Le principe consiste à placer les légumes dans un milieu salé et pauvre en oxygène. Les bactéries lactiques naturellement présentes transforment progressivement certains sucres en acide lactique. L’acidification qui en résulte freine le développement de nombreux micro-organismes indésirables et assure la conservation.
Cette méthode ne nécessite ni cuisson ni congélation et modifie à la fois la saveur et la texture des légumes. Elle ne consiste toutefois pas simplement à enfermer quelques légumes dans un bocal : respectez une recette fiable, les proportions de sel indiquées et veillez à maintenir les légumes immergés pendant la fermentation.
Si vous aimez les saveurs acidulées, c’est une solution intéressante pour absorber une partie des récoltes abondantes tout en diversifiant leur utilisation pendant l’hiver.
Les conserves maison : des précautions indispensables
Tomates, haricots, coulis, ratatouilles, compotes, fruits au sirop… les bocaux offrent de nombreuses possibilités, mais toutes les préparations ne se traitent pas de la même façon.
Le point déterminant est notamment l’acidité de la préparation. Pour certaines conserves peu acides, en particulier celles à base de légumes, une simple cuisson des bocaux dans l’eau bouillante ne suffit pas à garantir leur sécurité. Il faut alors suivre une recette éprouvée et utiliser un appareil adapté capable d’atteindre, sous pression, les températures nécessaires.
Conserves maison : ne vous fiez pas à une recette approximativeUne conserve peut présenter un risque sanitaire même si son aspect ou son odeur ne paraissent pas anormaux. Pour les préparations destinées à être gardées à température ambiante, respectez strictement une méthode fiable.
- Utilisez des bocaux, joints et ingrédients correctement préparés et respectez les proportions, températures et durées prévues par la recette.
- Pour les préparations peu acides, utilisez le procédé et le matériel adaptés plutôt qu’un simple bain d’eau bouillante.
Cette prudence concerne notamment le risque de botulisme. Mieux vaut donc s’appuyer sur des recettes et protocoles éprouvés que modifier au hasard les quantités, le temps de traitement ou le procédé de conservation.
Le séchage
Le séchage retire une grande partie de l’eau contenue dans les aliments et freine ainsi le développement des micro-organismes. Il convient bien à certaines tomates, aux pommes, poires et prunes, ainsi qu’à de nombreuses plantes aromatiques.
Vous pouvez utiliser un déshydrateur, un four réglé à basse température ou, lorsque les conditions s’y prêtent et que les aliments sont correctement protégés, un séchoir solaire. L’objectif est d’obtenir un séchage suffisamment complet et régulier avant le stockage.
Une fois refroidis, rangez les produits séchés dans des contenants propres et hermétiques, à l’abri de l’humidité et de la lumière. Si de la condensation apparaît dans le contenant, le séchage est insuffisant.
Le séchage modifie naturellement la texture et concentre les saveurs. Certains nutriments sensibles à la chaleur ou à l’oxydation peuvent diminuer, mais il serait excessif d’en conclure que cette méthode entraîne systématiquement une forte perte de valeur nutritive.
La congélation
La congélation est particulièrement pratique pour les récoltes que l’on souhaite conserver plusieurs mois sans passer par la mise en bocaux. Elle convient à de nombreux légumes et à la plupart des fruits, même si la texture de certains produits riches en eau se dégrade après décongélation.
Pour de nombreux légumes, un blanchiment rapide avant congélation aide à préserver leur couleur, leur texture et leurs qualités gustatives. C’est notamment utile pour les haricots verts, les carottes, les courgettes ou les aubergines. Laissez-les ensuite refroidir et égouttez-les soigneusement avant de les conditionner.
Certains fruits peuvent être congelés directement, entiers ou découpés selon leur utilisation future. Les fruits très riches en eau, comme le melon ou la pastèque, deviennent en revanche beaucoup plus mous après décongélation : mieux vaut les réserver à des préparations mixées ou cuisinées si vous souhaitez les congeler.
Conditionnez les récoltes en portions adaptées à vos besoins, chassez autant que possible l’air des emballages et indiquez la date de congélation. Congelez de préférence des produits frais et sains plutôt que des fruits ou légumes déjà en fin de conservation.
Le réfrigérateur pour une conservation de courte durée
Le réfrigérateur ne remplace pas les méthodes de conservation hivernale, mais il reste utile pour les récoltes destinées à être consommées dans les jours qui suivent. Salades, légumes-feuilles, radis, haricots verts ou jeunes carottes y gardent plus longtemps leur fraîcheur qu’à température ambiante.
Évitez en revanche d’y placer systématiquement toutes vos récoltes. Pommes de terre, ail, oignons ou courges entières se conservent mieux dans les conditions décrites précédemment. Pour les tomates, le froid prolonge la conservation mais peut aussi altérer leur texture et leurs qualités gustatives.
Pour les légumes-racines conservés au réfrigérateur, retirez les fanes lorsqu’elles sont encore présentes : elles continuent à évaporer de l’eau et accélèrent le flétrissement de la racine.
Quelle que soit la méthode choisie, la transformation ne sauve pas une récolte déjà altérée. Utilisez des fruits et légumes sains, propres et fraîchement récoltés : vous améliorerez à la fois leur conservation et la qualité du résultat final.
Tableau récapitulatif des modes de conservation des fruits et légumes
Pour choisir rapidement la bonne méthode, voici les principaux repères pour les récoltes courantes du potager et du verger. Les durées restent indicatives : elles varient selon l’espèce, la variété, le stade de récolte et les conditions réelles de stockage.
| Fruits ou légumes | Mode de conservation | Conditions à privilégier | Durée indicative | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Carottes, panais, navets, betteraves, céleris-raves | En place ou en silo | Frais, sombre, atmosphère légèrement humide | Plusieurs semaines à plusieurs mois | Ne pas stocker les racines abîmées ou ayant gelé |
| Poireaux et choux rustiques | En place au potager | Sol protégé si nécessaire selon le climat | Une bonne partie de l’hiver selon l’espèce et la variété | Anticiper les périodes de gel intense ou durable |
| Ail, oignons, échalotes | Cagettes, claies, filets ou tresses | Sec et bien aéré | Plusieurs mois selon la variété | Bien les sécher avant le stockage et éviter les tas épais |
| Pommes de terre | Cagettes ou caisses aérées | Frais, sombre, hors gel et ventilé | Plusieurs mois | La lumière provoque le verdissement ; la chaleur accélère la germination |
| Patates douces | Cagettes ou caisses aérées | Tempéré, ventilé, idéalement autour de 13 à 15 °C | Plusieurs mois dans de bonnes conditions | Éviter les locaux froids et manipuler les tubercules avec précaution |
| Courges de garde | Étagères ou clayettes | Sec, ventilé et relativement doux | Plusieurs mois selon la variété | Conserver le pédoncule et surveiller les zones qui ramollissent |
| Pommes de garde | Clayettes | Très frais, aéré, à l’abri du gel | Plusieurs semaines à plusieurs mois selon la variété | Les disposer sans les serrer et retirer rapidement les fruits altérés |
| Poires de garde | Clayettes | Très frais, aéré, à l’abri du gel | Quelques semaines à plusieurs mois selon la variété | Surveiller leur maturation, qui peut se poursuivre après la récolte |
| Noix et noisettes | Filets, paniers ou cagettes | Sec, frais et ventilé | Plusieurs mois | Bien les sécher avant stockage et les protéger de l’humidité |
| Légumes et fruits destinés à la transformation | Lactofermentation, conserves, séchage ou congélation | Selon le procédé choisi | Plusieurs mois à un an ou davantage selon la méthode | Respecter strictement les règles propres à chaque procédé |
Ce tableau donne des repères pour une conservation domestique. Une cave, un cellier ou un grenier ne reproduisent pas les conditions contrôlées d’une chambre froide professionnelle : observez vos récoltes et adaptez leur durée de stockage à votre propre local.
Vous pouvez également consulter ce tableau proposé par Ecoconso, qui présente d’autres repères de conservation :
Bien conserver ses récoltes, c’est d’abord respecter leurs besoins
Il n’existe pas une méthode idéale pour conserver tous les fruits et légumes. Certaines récoltes se gardent mieux en place au potager, d’autres dans un silo, une cave fraîche, un local sec ou une pièce plus tempérée. Et lorsque le stockage en l’état atteint ses limites, la lactofermentation, le séchage, la congélation ou les conserves prennent le relais.
Le plus important reste d’adapter les conditions à chaque récolte : bon stade de maturité, fruits et légumes sains, température appropriée, humidité maîtrisée, ventilation suffisante et, pour certaines espèces comme les pommes de terre, obscurité. Quelques contrôles au fil de l’hiver évitent aussi qu’un produit altéré ne compromette une partie du stock.
Avec un peu d’organisation, vous pourrez ainsi profiter beaucoup plus longtemps de ce que vous avez cultivé, tout en limitant les pertes.
Et chez vous, quelles méthodes donnent les meilleurs résultats pour conserver vos récoltes pendant l’hiver ? Vos retours d’expérience dans les commentaires seront utiles aux autres jardiniers et jardinières.
Et si vous vous demandez quand cueillir ou arracher chaque légume pour profiter pleinement de vos récoltes, vous pouvez poursuivre avec mon livret Récolter au bon moment.







Bonjour. Merci pour ces conseils! Est ce que si je ne brosse pas mon légume , que je le laisse recouvert de sa terre il va mieux se conserver (dans la maison) ?
Merci Gilles, super article précis et complet, comme toujours.
Juste un petit truc supplémentaire pour la conservation des carottes au frigidaire : si elles sont épluchées dès la récolte ou l’achat et conservées dans une boîte hermétique au frigo, elles se conservent sans ramollir pendant au minimum 15 jours. Si elles ne sont pas épluchées, elles deviennent toute molles et quasiment inutilisables.
Merci encore pour cet article.
Je les conserve toujours dans un sac en papier. Elle se gardent très bien ainsi
Bonjour, concernant les courgettes: j’ai testé avec la récolte 2020 de les tronçonner en grosses rondelles et de les congeler CRUES d’abord étalées sur un plateau puis ensachées. impeccable pour les soupes. Je n’ai pas encore essayé de les cuire et ne sais donc pas si elles tournent en eau ou pas. cette année je teste le même procédé pour les aubergines, crues également donc, mais cette fois ce sera pour pour les cuire avec oignons et cumin. à suivre…
Bonjour
J’avais essayé le tambour de machine a laver comme silo,mauvaise idée pour moi ;certaines betes sont entrées (taupins ou autres ?) et se sont bien nourries de mes carottes .Je stocke dans des bidons de 20 litres remplis avec du sable sec ou de la tourbe (carottes,navets,betteraves)
cordialement
Merci pour cet article bie utle. Cependant je me demande aussi quels sont les légumes se conservent au noir et quels sont ceux qui préfèrent la lumière.
Ce serait peut-être l’occasion d’une réédition augmentée ?
Bonjour Gilles,
Encore une fois une excellente mise au point qui aide aussi bien les débutants que les « anciens » !
Merci.
Dans ton tableau récapitulatif qui est bien fait avec un petit bémol : je note pour les courgettes que tu n’as pas coché la case « lacto- fermentation ! Euh je dois dire que je fais beaucoup de L-F et que les courgettes sont excellents soit en pickles soit en petits morceaux après passage à la mandoline
(Saumure habituelle à 1% de sel de Guérande + graines de carvi et curcuma.)
Bonjour Roland,
Comme indiqué au dessus du tableau, je l’ai emprunté à un autre site (et je ne peux de ce fait le modifier).
Mais merci pour le complément d’information !
Amicalement,
Gilles
Bonjour J’ai un grand et vieux frigo que j’ai percé sur le bas et le haut derrière et placé une toile de moustiquaire est ce que cela peux convenir pour stoker merci de vos reponses
Il y a un truc génial pour conserver les fruits et légumes qui supportent le frigo : un couvert en inox (cuillère par exemple) dans le sac qui contient les fruits ou légumes.
Ça reste humide mais ça ne moisit pas. Essayez vous n’en croirez pas vos yeux !!!
Bonjour Gilles,
Je vois que vous n’avez pas mentionné la conservation par traitement thermique, que je fais car je n’ai de place pour silo, grenier, grange… car j’habite en appartement.
Patricia
Bonjour Patricia,
Qu’entendez-vous par conservation par traitement thermique ?
Le séchage ? dans ce cas je le mentionne, très succinctement il est vrai, et pas de façon très adaptée (dans la partie sur la lacto-fermentation et les conserves).
En fait, je préparer un article spécifique sur ce sujet (mais chut…), raison pour laquelle je ne me suis pas étalé ici.
Sinon, si vous pensez à autre chose, merci de nous éclairer !
Cordialement,
Gilles
Je parlais de faire des bocaux de conserve que l’on fait stériliser
Bonjour, je vous remercie pour cet article. Moi, qui suit novice je me posais justement toute ces questions sur les différentes manières de conservation. Je trouve l’idée vraiment interessant de répondre effectivement aux questions des personnes qui vous suivent. Je n’hésiterai pas si une question me semble pertinente de vous la poser dorénavant. Merci bien à vous. Cécile.
Merci Gilles pour toutes ces informations, elles correspondent parfaitement à ma demande
Bonjour,
Jje suis étonné de votre avis sur la conservation en frigo.
Nous possédons un verger de vieilles variétés de pommes.
Chaque année en automne nous remplissons un frigo d’une partie de notre récolte.
Elles se conservent merveilleusement bien et nous en consommons encore au mois de mai de l’année suivante.
Bien à vous.
Merci Gilles
Tres intéressant il y a des informations très utiles.
On vois toute votre passion à travers vos articles.
A bientôt
Bonjour et merci pour ces précieuses infos de saison. En ce qui concerne les betteraves, je les laisse au jardin, paillées pour les protéger du froid. Je les récolte au fur et à mesure des besoins. Elles se conservent ensuite très longtemps au frigo, enveloppées dans de l’alu, du film étirable ou boite hermétique. Elles restent fermes, faciles à râper même au bout d’une semaine, voir plus. J’ai de grosses betteraves, impossible de les manger en une fois. J’ai pu en en profiter tout l’hiver dernier; jusqu’à la fin du printemps, texture et gout du légume fraichement récolté.
Portez vous bien
Amicalement
Yanick
Merci beaucoup pour ce partage, très instructif ! Bon vent et bonne continuation
Bonjour Gilles (et toute la communauté),
Quelle mine d’informations cet article, tableau récapitulatif vraiment utile.
Si j’ai besoin d’expliquer à quelqu’un comment débuter dans la conservation des légumes je l’enverrais sur cette page.
Petite question (un peu naïve), lorsque tu dis qu’on peut laisser certains légumes sur place durant l’hiver cela ne va-t-il pas diminuer leur qualité gustative ou les exposés à certains problèmes (conditions météo extrêmes, ravageurs, etc.).
Salutation du potager et bonne journée =)
Bonjour Lucas,
Merci !
Pour la qualité gustative, non, je ne crois vraiment pas, au contraire. C’est le terroir qui confère du goût… et un légume fraichement récolté a plus de goût qu’un légume conservé (les carottes, choux, céleris ou poireaux récoltés en hiver sont délicieux).
Concernant les conditions météos, oui, pour les gelées fortes (j’en parle dans l’article).
J’ajouterais que ça peut aussi être problématique dans un terrain inondable (ou se gorgeant d’eau à l’automne ou en hiver).
Dans ce cas, mieux vaut en effet rentrer les légumes.
Pour les ravageurs, il y a beaucoup moins de ravages animaux en hiver qu’au printemps ou qu’en été (pas d’insectes ou presque). Mais si les rongeurs (campagnols) sont nombreux, ça peut en effet aussi être un souci.
Bref, comme le sous-entend ta question, il convient toujours d’adapter nos pratiques à nos conditions particulières.
Cordialement,
Gilles
merci Gilles pour ses explications intéressantes et claires , prend bien soin de toi ainsi que ta famille
Bonjour Gilles et merci pour cet article, oui la lacto fermentation est un procédé simple, efficace et surtout ne demandant aucune source d’énergie. Ce choix est souvent effectué en cas de forte récolte. Je ne connais pas le silo et je pense que je m’y intéresserai l’année prochaine. En Bretagne, donc sans doute plus hors sol. Bon courage
Alain
Placement du tambour trop peu profond.
Bonjour, juste pour dire que si tu fais un silo extérieur, ne pas oublier de faire une cheminée,au centre pour laisser passer l’air.
Louis.