Chaque automne, les feuilles mortes s’accumulent sur la pelouse, dans les allées et au pied des arbres. Faut-il toutes les ramasser ? Pas nécessairement. Certaines peuvent rester sur place, tandis que d’autres seront utiles pour couvrir le potager, compléter le compost ou fabriquer un terreau de feuilles.
Dans un jardin naturel, ces feuilles constituent une ressource gratuite et disponible sur place. Encore faut-il adapter leur utilisation : un paillage autour des légumes ne se gère pas comme un tas destiné à se décomposer pendant plusieurs saisons.
Voyons où laisser les feuilles mortes au jardin, comment les utiliser et quelles précautions prendre pour profiter de leurs bienfaits sans gêner vos cultures.
Faut-il ramasser toutes les feuilles mortes au jardin ?
Avant de sortir le râteau, regardez où les feuilles sont tombées : leur présence n’a pas les mêmes conséquences sous une haie, sur un passage ou parmi de jeunes légumes.
Où laisser les feuilles sur place ?
Sous les arbres, les arbustes et les haies, vous pouvez laisser les feuilles se décomposer sur le sol. Elles apportent de la matière organique et constituent un abri pour de petits animaux. Inutile de dégarnir systématiquement ces espaces pour alimenter le composteur : les feuilles y remplissent déjà leur rôle.
Dans les massifs de vivaces, conservez-les entre les plantes, en dégageant leur base. Vérifiez simplement qu’un amas de feuilles humides ne recouvre pas les petites plantes persistantes ou les jeunes pousses. Une couverture utile au sol ne doit pas devenir une couche qui prive les végétaux de lumière.
Vous pouvez aussi garder un tas de feuilles dans un coin tranquille, au pied d’une haie. Laissez cet abri aussi peu perturbé que possible pendant l’hiver. Si vous devez le déplacer, procédez doucement pour ne pas blesser les animaux qui pourraient s’y être installés.
Où les ramasser et avec quelles précautions ?
Dégagez les marches, les terrasses et les allées empruntées régulièrement. Les feuilles mouillées peuvent rendre ces surfaces glissantes. Retirez également celles qui obstruent les grilles d’évacuation de l’eau.
Sur la pelouse, quelques feuilles dispersées ne nécessitent pas un ramassage immédiat. En revanche, retirez les couches épaisses et persistantes qui masquent l’herbe. Dans le potager, dégagez les semis et les petits légumes que les feuilles risquent de recouvrir. Vous pourrez utiliser les feuilles ramassées sur une parcelle libre ou les réserver pour le compost et le terreau.
Un râteau à feuilles suffit pour les petites surfaces. Travaillez sans gratter vigoureusement la terre et sans chercher à retirer chaque feuille des massifs. Avant de passer la tondeuse pour ramasser et broyer des feuilles sur la pelouse, vérifiez l’absence de branches, de pierres et d’animaux. Ne passez pas sur un tas ancien susceptible d’abriter de la faune.
Feuilles tendres ou coriaces : quelles différences pour leur utilisation ?
Toutes les feuilles mortes peuvent apporter de la matière organique au jardin, mais elles ne se décomposent pas au même rythme. Pour choisir comment les utiliser, leur texture donne un premier repère. Des feuilles fines et souples disparaîtront plus rapidement que des feuilles épaisses et résistantes, dans des conditions comparables.
Cette distinction reste indicative. L’humidité, la température, l’aération et l’activité des organismes décomposeurs influencent aussi leur dégradation. Un tas de feuilles tendres laissé au sec peut ainsi évoluer très lentement.
Le rapport carbone/azote : un repère pour comprendre la décompositionLe rapport C/N indique la quantité de carbone par rapport à celle d’azote dans une matière. Un rapport de 60 signifie ainsi qu’elle contient 60 parts de carbone pour une part d’azote, en masse. Plus ce chiffre est élevé, plus la matière est riche en carbone relativement à l’azote.
Pour les feuilles mortes, on retient couramment un rapport C/N de l’ordre de 40 à 80. Cette fourchette reste indicative : les valeurs varient selon les espèces et l’état des feuilles. Pour un mélange destiné au compostage, un rapport initial autour de 25 à 30 favorise une décomposition active. Cela explique l’intérêt d’associer les feuilles mortes à des matières plus riches en azote.
Ce rapport ne suffit cependant pas à prévoir la vitesse de décomposition. La distinction entre feuilles tendres et coriaces apporte un repère complémentaire, sans correspondre à deux plages fixes de C/N.
Les feuilles tendres, plus rapides à se décomposer
Les feuilles de tilleul, de noisetier, de frêne ou de sureau se décomposent assez facilement. Elles conviennent notamment au potager, où leur décomposition rapide facilite la préparation des cultures suivantes. Au compost, elles se mélangent aux autres matières sans qu’un broyage soit indispensable. Elles permettent aussi d’obtenir du terreau de feuilles plus rapidement que des feuilles coriaces.
Avant la chute des feuilles, l’arbre récupère une partie de leur azote pour le stocker dans ses organes vivants. Les feuilles mortes sont donc moins riches en azote que les feuilles vertes, ce qui explique leur classement parmi les matières « brunes » du compost. Les feuilles tendres ne font pas exception : leur décomposition plus rapide tient aussi à leur texture, et pas seulement à leur teneur en azote. Au compost, associez-les donc à des matières plus riches en azote, comme les tontes fraîches ou les résidus de légumes.
Les feuilles coriaces, plus lentes à se décomposer

Les feuilles de platane ou de laurier-sauce sont plus résistantes. Celles de nombreux chênes et du hêtre persistent également plus longtemps que les feuilles tendres. Leur lente décomposition n’est pas un défaut : elle permet de maintenir une couverture durable sous les haies, autour des arbustes ou dans les massifs.
Vous pouvez aussi les utiliser au potager, les incorporer au compost ou en faire du terreau. Il faudra simplement tenir compte de leur persistance. Un broyage grossier facilite leur mélange et accélère leur décomposition, sans qu’il soit nécessaire de les réduire en miettes. Dans le compost, évitez de les accumuler en couches épaisses et mélangez-les aux autres apports.
Les feuilles de noyer demandent quelques précisions supplémentaires, au-delà de leur vitesse de décomposition. Vous trouverez les conseils adaptés dans l’article consacré à l’utilisation des feuilles de noyer au jardin.
Dans la pratique, vous n’avez pas besoin de trier chaque feuille par espèce. Utilisez le mélange disponible et observez son évolution. Si certaines feuilles restent reconnaissables longtemps, laissez-les poursuivre leur décomposition. Lors du prochain ramassage automnal, vous pourrez broyer les feuilles de ces mêmes espèces pour accélérer leur transformation.
Pailler avec les feuilles mortes
Les feuilles ramassées à l’automne permettent de couvrir le sol de votre potager, mais aussi les espaces entre les vivaces ou autour des arbustes. Étalez-les en surface, sans les enfouir. Les organismes du sol les décomposeront progressivement.
Intérêts d’un paillage avec des feuilles mortes
Le premier intérêt est de protéger la terre tout en apportant de la matière organique. Une couverture de feuilles contribue à :
- Amortir l’impact des pluies et limiter la formation d’une croûte en surface.
- Réduire l’évaporation et préserver l’humidité du sol.
- Atténuer les variations de température, sans empêcher le gel lors d’un froid prolongé.
- Freiner la levée des herbes spontanées, sans éliminer les vivaces déjà installées.
- Nourrir les organismes décomposeurs et restituer progressivement des éléments nutritifs au sol.
Comment couvrir le sol avec des feuilles mortes ?

L’automne est une période pratique pour installer ce paillage : les feuilles sont disponibles et des parcelles se libèrent après les récoltes. Intervenez de préférence sur une terre encore douce et humide, mais non détrempée. Si le sol est déjà gelé, attendez le dégel. En revanche, une terre seulement fraîche peut encore recevoir une couverture.
Retirez d’abord les herbes vivaces gênantes. Si la terre est réellement compactée, vous pouvez l’aérer, sans la retourner, avec une Grelinette ou une Campagnole. Attendez qu’elle soit suffisamment ressuyée pour travailler sans coller aux outils. Sur un sol déjà meuble, cette intervention est inutile.
Un apport de compost mûr ou de fumier bien décomposé peut précéder les feuilles, selon les besoins des prochaines cultures et les apports antérieurs. Il ne s’agit toutefois pas d’une condition obligatoire pour que le paillage se décompose.
Sur une parcelle libre, une épaisseur d’une dizaine de centimètres de feuilles entières, déposées sans les tasser, constitue un repère de départ. Ce volume diminuera avec les pluies, le tassement naturel et la décomposition. Avec des feuilles broyées ou déjà humides et agglomérées, commencez par une couche plus mince. Autour de petites plantes ou sur une terre lourde et humide, ajustez également la quantité.
Observez ensuite la couverture plutôt que de chercher à conserver une épaisseur précise. Complétez les zones dégarnies et allégez celles où les feuilles forment une masse compacte. Autour des légumes, des vivaces et des arbres, laissez la base des tiges et les troncs dégagés.
Comment éviter que les feuilles s’envolent ou se tassent ?
Installez les feuilles par temps calme, de préférence lorsqu’elles sont légèrement humides. Si elles sont très sèches, un arrosage léger peut les aider à se maintenir en place. Quelques branchages posés au-dessus limitent aussi leur envol. Vous pouvez enfin les mélanger à un peu de broyat grossier.
À l’inverse, de grandes feuilles mouillées peuvent se coller les unes aux autres. Si elles forment une couche compacte dans laquelle l’eau pénètre mal, soulevez-la doucement avec une fourche et répartissez les amas. Ajoutez au besoin quelques matières grossières pour maintenir des espaces entre les feuilles.
Broyer les feuilles sans les réduire en bouillieUn broyage grossier facilite leur répartition, mais un broyage très fin ne garantit pas un paillage aéré.
- Évitez de broyer une masse de feuilles détrempées.
- Étalez les feuilles broyées en couche plus mince que les feuilles entières.
- Après les premières pluies, vérifiez que la couverture ne forme pas une couche compacte.
Que faire des feuilles restantes au printemps ?
Il n’est pas nécessaire de retirer toutes les feuilles à la fin de l’hiver. Leur devenir dépend de l’état du sol et des cultures à installer. Sur une parcelle encore inoccupée, elles peuvent continuer à protéger la terre.
Pour semer, écartez les feuilles sur une bande assez large pour préparer la terre et suivre la levée. Déposez les graines dans le sol, jamais sur le paillage. Les feuilles peuvent rester entre les rangs, à condition de ne pas revenir recouvrir les semis. Deux petits piquets aux extrémités permettent de repérer chaque ligne.
Si la terre reste froide et très humide, dégagez plus largement la future zone de culture pour faciliter son réchauffement et son ressuyage. Vous pourrez ramener progressivement les feuilles lorsque les plants seront suffisamment développés. Pour une plantation, ouvrez simplement un espace permettant de travailler, puis replacez le paillage autour du plant, sans toucher sa base.
Surveillez les limaces à proximité des jeunes pousses, notamment par temps humide. En cas de dégâts, écartez davantage la couverture autour des plants et inspectez les abris voisins. Les feuilles retirées pourront rejoindre une autre parcelle, le compost ou le tas destiné au terreau.
Intégrer les feuilles mortes à votre compost

Les feuilles mortes constituent une réserve de matières brunes pour accompagner les apports de cuisine et les déchets verts du jardin. L’intérêt est de les incorporer progressivement, au fil des besoins, plutôt que de remplir le composteur avec toute la récolte d’automne.
Pourquoi les mélanger aux autres matières ?
Les épluchures, les résidus de légumes et les tontes fraîches apportent notamment de l’azote et de l’eau. Accumulés seuls, ces matériaux peuvent se tasser et manquer d’air. Les feuilles mortes complètent ces apports en fournissant du carbone et, lorsqu’elles sont sèches, en absorbant une partie de leur humidité.
Mais ajouter des feuilles ne suffit pas à garantir une bonne aération. Si elles restent collées en couches épaisses, elles peuvent elles aussi former des amas compacts. Mélangez-les aux déchets humides et conservez quelques éléments plus grossiers, comme de petites brindilles, pour laisser circuler l’air.
Les feuilles tendres conviennent très bien à cet usage. Les feuilles coriaces peuvent également rejoindre le compost, de préférence après un broyage grossier. Si certaines restent reconnaissables au moment d’utiliser le compost mûr, remettez-les simplement dans le tas suivant.
Comment stocker les feuilles et les incorporer au compost ?
À l’automne, gardez une réserve près du composteur, dans un bac aéré ou un contenant qui les empêche de s’envoler. Pour disposer de feuilles sèches capables d’absorber l’humidité des déchets de cuisine, protégez cette réserve de la pluie. Évitez toutefois d’enfermer des feuilles mouillées dans un récipient étanche.
À chaque apport de déchets humides, ajoutez des feuilles et mélangez les deux dans la couche supérieure du compost. Défaites les paquets de feuilles et les amas de tontes. Il n’est pas nécessaire de retourner tout le composteur à chaque fois.
Ajustez les quantités en observant le mélange. Les matières doivent rester humides, sans être gorgées d’eau. Leur aspect et leur odeur vous renseignent davantage qu’une proportion appliquée sans tenir compte des déchets apportés.
Deux situations pour ajuster vos apportsUne décomposition lente peut venir aussi bien d’un excès d’humidité que d’un manque d’eau. Avant d’ajouter des feuilles, vérifiez l’état du compost sous la surface.
- Si le mélange est détrempé, compact et malodorant, incorporez des feuilles sèches, quelques matières grossières et aérez-le.
- Si les feuilles restent sèches et que la décomposition avance peu, humidifiez progressivement et mélangez-les à des déchets frais.
Si vous avez beaucoup plus de feuilles que de déchets à composter, gardez le surplus pour le paillage ou préparez un tas séparé. Vous pourrez alors les laisser se transformer en terreau de feuilles.
Faire un terreau avec les feuilles mortes
Un tas composé principalement de feuilles peut se transformer en terreau, sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter régulièrement des tontes, des épluchures ou des résidus de légumes. Les champignons jouent un rôle important dans cette décomposition. Le produit obtenu améliore la rétention d’eau et la structure des mélanges de culture, mais reste peu fertilisant.
Comment préparer et entretenir le tas de feuilles ?
Choisissez un emplacement ombragé ou à mi-ombre, à l’abri des vents desséchants. Un simple enclos grillagé, installé sur la terre, permet de contenir les feuilles tout en laissant circuler l’air. Vous pouvez aussi former un tas libre si l’endroit est suffisamment abrité.
Mélangez les feuilles disponibles et broyez grossièrement les plus coriaces si vous souhaitez accélérer leur décomposition. Humidifiez les feuilles sèches au moment de constituer le tas. Elles doivent être humides dans toute son épaisseur, sans baigner dans l’eau. Contrairement à la réserve sèche destinée au composteur, ce tas doit conserver son humidité pour évoluer.
Vérifiez de temps à autre l’intérieur du tas, notamment après une période sèche. La surface peut sembler humide alors que le cœur reste sec. Arrosez si nécessaire et remuez les feuilles pour répartir l’eau. Si elles se sont agglomérées en paquets compacts, défaites-les à la fourche. Un retournement fréquent n’est toutefois pas indispensable.
Quand et comment utiliser le terreau de feuilles ?
Comptez environ un à deux ans pour obtenir une matière bien décomposée, parfois davantage avec des feuilles coriaces ou dans des conditions sèches et froides. Fiez-vous surtout à son état plutôt qu’à son âge. Un terreau mûr est sombre, friable et dégage une odeur de sous-bois. La plupart des feuilles ne sont plus reconnaissables, même si quelques nervures ou pétioles subsistent.
Son utilisation dépend de son degré de décomposition :
- Encore grossier, avec des fragments de feuilles bien visibles, il convient comme couverture du sol autour des plantes ou sur une parcelle libre.
- Bien mûr et tamisé, il peut servir de support pour des semis. Testez-le d’abord sur une petite quantité, car sa finesse et sa capacité à retenir l’eau varient.
- Pour le rempotage, incorporez-le à un mélange adapté aux plantes cultivées. Il améliore la rétention d’eau, mais ne remplace pas à lui seul les apports nutritifs nécessaires à leur croissance.
Pour vos semis, vérifiez que le substrat reste aéré et que l’eau s’écoule correctement après l’arrosage. Ce terreau maison n’est pas stérile : des graines d’herbes spontanées peuvent germer. Quant aux morceaux retenus par le tamis, remettez-les dans le tas suivant pour qu’ils poursuivent leur décomposition.
Feuilles malades : quelles précautions ?
Une feuille jaunie, brunie ou tachée en automne n’est pas nécessairement atteinte d’une maladie préoccupante. Son vieillissement et le début de sa décomposition modifient aussi son aspect. Il n’est donc pas utile d’écarter toutes les feuilles présentant des marques. En revanche, si une maladie a touché vos plantes pendant la saison, tenez-en compte au moment du ramassage.
Évitez de laisser les feuilles infectées au pied des plantes sensibles à la même maladie. Certains champignons passent l’hiver dans les feuilles tombées, puis peuvent provoquer de nouvelles contaminations. C’est notamment le cas de la tavelure du pommier et de la maladie des taches noires du rosier. Ramasser les feuilles atteintes contribue alors à réduire les sources d’infection, sans garantir à lui seul l’absence de maladie l’année suivante.
Ces feuilles ne présentent pas pour autant le même risque pour toutes les cultures. Une maladie du pommier ne se transmet pas automatiquement aux légumes du potager. Leur utilisation ailleurs au jardin reste donc envisageable, mais elle dépend de la maladie et des plantes susceptibles de l’héberger. Si le problème n’est pas identifié, évitez de disperser les feuilles concernées au hasard.
Le compostage domestique ne garantit pas l’élimination des maladiesUn composteur de jardin ne chauffe pas toujours suffisamment, ni uniformément, pour détruire les agents pathogènes. Un simple tas de feuilles destiné au terreau n’offre pas davantage cette garantie.
- N’ajoutez pas automatiquement des feuilles provenant de plantes fortement malades à votre compost habituel.
- Pour une maladie identifiée, vérifiez les recommandations propres à celle-ci avant de réutiliser les feuilles.
- Si leur évacuation est nécessaire, renseignez-vous auprès de votre collectivité sur la filière acceptant ces déchets végétaux.
Des feuilles mortes utiles, selon les besoins de votre jardin
Vous n’avez pas besoin de choisir un seul usage pour toutes vos feuilles. Laissez celles qui protègent déjà le sol sous les haies, utilisez une partie du ramassage pour couvrir les parcelles libres et gardez une réserve près du composteur. Si vous en avez davantage, un tas destiné au terreau permettra de valoriser le surplus.
Commencez par ce qui vous sera le plus utile cette saison. Observez ensuite comment les feuilles se comportent dans vos conditions : leur décomposition, leur tenue au vent et l’humidité sous la couverture vous aideront à ajuster vos pratiques.
Pour aller plus loin dans la préparation du sol, le compostage et la conduite de vos cultures, retrouvez mes conseils dans Mon Potager au Naturel, mon manuel pour cultiver un potager avec des méthodes naturelles.
Et chez vous, quelles feuilles avez-vous à disposition et comment les utilisez-vous au jardin ? Partagez vos expériences en commentaire !






Bonjour,
Je me pose la question de laisser ou non en place les feuilles non décomposées qui ont passé l’hiver sur la terre de mon potager. S’il est préférable de les laisser en place, comment semer et repérer les lignes de semis, les différentes parcelles et la pousse des semis ?
Merci pour tous vos conseils !
Bonjour Catherine,
Je profite de revoir cet article pour vous répondre, avec énormément de retard… désolé.
Vous pouvez conserver ces feuilles pour protéger le sol, mais pour semer, écartez-les sur une bande suffisamment large afin de retrouver la terre. Préparez ensuite la surface et semez directement dans le sol : les petites graines ne doivent pas être déposées sur le paillage, qui gênerait leur contact avec la terre et leur levée.
Pour repérer vos lignes, placez un petit piquet à chaque extrémité du rang, avec une étiquette indiquant le légume semé. Les feuilles peuvent rester entre les rangs, en veillant à ce qu’elles ne viennent pas recouvrir les semis.
Si votre terre est encore froide et très humide, dégagez plus largement la zone à semer pour faciliter son réchauffement et son ressuyage. Vous pourrez ramener progressivement les feuilles autour des légumes lorsqu’ils seront suffisamment développés, en laissant leur base dégagée. Surveillez aussi les limaces, qui peuvent s’abriter sous les feuilles et s’intéresser de près aux jeunes pousses !
Bonne journée,
Gilles
Bonjour,
Merci pour cet article très intéressant. Où trouver une liste complète des arbres avec le type de feuilles (équilibrée, azotée, carbonée) ? qu’en est il du tilleul à grandes feuilles ?
Merci !
Bonjour Cécile,
Je n’ai pas de liste complète et suffisamment fiable à vous conseiller. La distinction présentée dans l’article donne des repères, mais elle mérite d’être nuancée : la composition des feuilles varie notamment selon leur stade de vieillissement, et leur vitesse de décomposition ne dépend pas uniquement de leur teneur en carbone et en azote.
Les feuilles mortes de tilleul à grandes feuilles font partie des feuilles qui se décomposent assez facilement. Vous pouvez donc les utiliser en paillage ou les intégrer au compost. Dans ce dernier cas, même si elles se décomposent plus vite que les feuilles de chêne, elles constituent bien un apport de matière « brune », à mélanger avec vos déchets plus riches en azote.
Pour vos utilisations au jardin, le plus pratique reste de mélanger les feuilles disponibles, sans chercher à classer précisément chaque espèce.
Cordialement,
Gilles
Bonjour,
Pour moi aussi la version de Mouloudji est la meilleure…
Mais je ne vous contacte pas pour ça.
Que faire d’un paillis de feuilles mortes au printemps ? L’incorporer à la terre ou bien l’écarter pour un réchauffement plus rapide de la terre ?
Et si on l’écarte … qu’en faire après ?
Même question avec la paille : j’ai prévu un paillis d’été avec de la paille de blé. Qu’en faire à l’automne ? L’incorporer ou le laisser sur place pour l’hiver ?
Merci.
Bonjour JP,
Le mieux est de l’écarter, puis de ramener le paillis au pied des cultures seulement lorsque elles sont en place et déjà un peu développées (pour limiter les problèmes de limaces), et que le sol est réchauffé.
Après, lorsque le sol est couvert en permanence, et équilibré, on peut aussi laisser le paillis (avec un sol vivant, il se réchauffe mieux, et les populations de limaces s’équilibrent)…
Laissez la paillage en couverture pour l’hiver. C’est son rôle de protéger le sol.
Bonne journée
Gilles
Bien le bonjour du Québec. Ici aussi les feuilles tombent et tombent. Ma question concerne les feuilles mortes aspirées-déchiquetées : une fois réduites, n’ont-elles pas tendance à former des couches agglomérées imperméables quand elles sont mises en paillis sur le jardin ou placées dans un enclos pour l’hiver ?
Je les accumule déjà entières pour ces deux usages mais ça cause des problèmes dont je me passerais, par le vent entre autres : je dois mettre des poids au dessus sinon les feuilles vont plutôt protéger les terrains voisins. J’hésite à acheter un « aspirateur-déchiqueteur » si les feuilles doivent s’agglomérées car je n’aimerais pas dépenser des sous pour échanger un problème contre un autre ;0)
Bravo pour votre blog et pour vos judicieux conseils.
Bonjour Grover,
J’ai présenté il y a trois jours mes pratiques de compostage des feuilles. J’ai omis de dire que je vais aussi ramasser les feuilles d’une personne qui n’a plus la force de le faire. Comme il y en a beaucoup, comme j’y vais en voiture, j’ai l’option de déchiqueter sur place avec son aspirateur déchiqueteur (division du volume par 4 ou 5). Je stocke ensuite directement dans mon silo. Il n’y a aucun problème d’agglomérations. Certainement que le citoines et autre vers à compost y sont pour quelque chose.
Bonne journée
Re-bonjour
J’oubliais de préciser : je brasse tout mes composts avec un gros ressort d’une marque bien connue. Si besoin (ce qui arrive au début du remplissage), le mélange des feuilles broyées des différents apports ne présente aucune difficulté, ce qui ne serait pas du tout le cas si elles étaient entières.
Au Québec le compostage s’arrête en hiver. de décembre à avril. Si vous continuez à entasser vos déchets de cuisine dans votre bac à composter, le tout va geler en bloc compact et pourries dès le début du printemps.
Gardez quelques sacs de feuilles mortes sèches dans votre garage et ajoutez-en quelques poignées à vos déchets cuisine avant de les mette dans le bac.
Cela évitera le pourrissement.
En hiver, il est impossible d’aérer votre bac car les déchets forment un bloc gelé. Dès le dégel remuez le contenu du bac et ajoutez encore des feuilles mortes sèches.
Je procède ainsi chaque année et mon compost est parfait.
Merci pour ces précisions intéressantes pour nos amis québécoises, mais aussi pour ceux et celles vivant par exemple en zone montagneuse.
Bonjour
Voici mon expérience sur le sujet :
Juste avant de le remplir de nouvelles feuilles mortes, j’ai vidé au 4/5ème mon silo à feuilles récoltées l’an passé. J’ai ainsi mis en sac 120 kg d’un magnifique terreau de feuilles. La centaine de larves de Cétoine Dorée récupérée à l’occasion est retournée dans ce qu’il restait de terreau dans le silo.
Puis j’ai vérifié que mes voisins étaient à nouveau OK pour se débarrasser de leurs feuilles chez moi et j’ai même distribué quelques sacs de déchet de jardin. C’est eux qui font le ramassage mais c’est moi qui les transporte (gagnant/gagnant, comme ont dit).
Là, sur une petite plateforme, je broie finement à la tondeuse tout ce qui arrive et je rempli le silo (0.70×0.70×1.00m), en prenant soin de le couvrir d’une toile lestée de deux planches. Il est déjà plein, mais dans une semaine, cela aura bien tassé et je pourrai en rajouter, et ceci durant tout le mois de récolte. Il faudra cependant stocker l’excédent de feuilles provisoirement à côté, mais je compléterai régulièrement le bac durant tout l’hiver. J’ajoute quelques litres d’eau lorsque je constate que la surface est déshydratée. Il m’arrive aussi de brasser avec mon super « ressort ».
Toute l’année, à l’occasion d’une manipulation de compost ou de paillage, les larves de Cétoine trouvées sont déposées dans le silo. J’évalue aujourd’hui leur nombre à près de 150. Leur travail est considérable. Elles doivent s’y plaire car leur nombre croît chaque année même si elles finissent par sortir du compost pour vivre leur vie d’adultes.
Merci pour ce partage très intéressant Jacques !