Comment cultiver des légumes toute l’année… ou presque ?

Arrivé à l’automne, les jardins potagers se dégarnissent…

Les jardiniers, pour la majorité d’entre-eux, nettoient les planches de culture et remisent le matériel…

A l’année prochaine !

Vivement le printemps…

En attendant, je vais acheter des légumes.

Est-ce votre cas ?

Alors, certes, en montagne par exemple, il sera vraiment difficile de cultiver en hiver (à moins d’avoir une serre chauffée… mais est-ce le but ?).

Mais dans la majorité des cas, il est vraiment dommage de cultiver uniquement durant la belle saison.

Il est en effet relativement facile de :

  • récolter plus tôt au printemps
  • prolonger les récoltes de légumes fruits à l’automne
  • récolter à l’automne et même en hiver

Pourquoi allonger la période de culture ?

Allonger ses périodes de culture présente quelques intérêts indéniables :

  • vous allez faire des économies : les légumes coûtent cher… en continuant à cultiver en hiver, vous ferez de conséquentes économies
  • vous récolterez des légumes frais et sains tout au long de l’année, même en hiver
  • le jardinier que vous êtes continuera à « prendre l’air » toute l’année… c’est bon pour le corps et l’esprit… et c’est aussi tout simplement un vrai plaisir d’être au jardin par une belle journée ensoleillée hivernale !

Quels légumes sont concernés ?

Pratiquement tous les légumes peuvent être cultivés plus longtemps dans l’année.

Mais attention, on ne parle pas ici de cultures « contre-nature« .

Il ne s’agit pas de cultiver des tomates en hiver… mais seulement, pour ce qui concerne cette culture, d’en récolter un peu plus tôt (dès le printemps, alors que sinon, ce sera seulement à partir de la mi-juillet dans de nombreuses régions…) et également un peu plus tard à l’automne.

Ainsi, pour des cultures précoces au printemps, on pourra avoir des laitues, des carottes, des radis, des navets, des betteraves, des radis, des pommes de terre nouvelles, des choux pommés et des choux-fleurs, des petits pois… et donc également, mais un peu plus tard (deuxième moitié du printemps) des tomates, des concombres ou encore des courgettes, des aubergines, des poivrons, des melons et des haricots, ainsi que des aromates comme le persil par exemple.

Avec une protection, ces mêmes légumes d’été pourront être récoltés plus longtemps à l’automne.

Et à l’automne et même en hiver (selon votre climat), vous pourrez encore récolter des salades (laitues et chicorées), de la mâche, des épinards, des choux, des carottes, des navets, des radis d’hiver, des céleri-rave, des blettes et bien entendu du poireau.

Résumons, en dehors des périodes « normales » de cultures, les possibilités de récoltes étendues :

Des récoltes précoces au printemps

  • carottes courtes à forcer
  • choux-fleurs hâtifs
  • choux pommés
  • laitues de printemps
  • navets à forcer
  • poireaux baguettes
  • pois
  • pommes de terre nouvelles
  • radis
  • betteraves

Des légumes d’été récoltés dès le printemps

  • tomates
  • concombres
  • courgettes
  • aubergines
  • poivrons
  • melons
  • haricots

Des légumes d’été jusqu’à l’automne

  • tomates
  • concombres
  • courgettes
  • aubergines
  • poivrons
  • haricots

Des récoltes en automne et en hiver

  • carottes
  • chicorées
  • choux
  • fenouils
  • laitues
  • mâches
  • épinards
  • radis d’hiver
  • petits radis
  • navets
  • poireaux d’automne et de printemps

Comment cultiver hors belle saison ?

Choisir des variétés « de saison »

Comme vous le savez probablement (ou pas), chaque espèce de légumes a des variétés adaptées aux différentes saisons.

On trouve par exemple des laitues de printemps, des laitues d’été, des laitues d’automne ou encore des laitues d’hiver… ainsi que des laitues des 4 saisons.

Mises à part ces dernières, qui peuvent donc être cultivées toute l’année, il est important de respecter les périodes appropriées pour les différentes variétés.

Sachant que lorsque l’on parle de laitues d’hiver, il s’agit de la période de récolte. Les laitues d’hiver seront ainsi semées de la fin d’été à l’automne; et les laitues d’automne seront en fait semées en fin de printemps et en début d’été.

De même, certaines variétés de tomates sont mieux adaptées à une production précoce au printemps (voir l’article sur la culture des tomates précoces)… c’est aussi le cas pour les pommes de terre nouvelles (voir l’article sur la culture des pommes de terre nouvelles).

Dans cette même optique de variétés adaptées à la saison, on privilégiera aussi par exemple des carottes plus « rustiques » pour des récoltes hivernales (à semer en début d’été…) ou des carottes courtes « à forcer » pour des récoltes primeurs au printemps.

Anticiper

J’en ai touché deux mots un peu plus haut.

Mais lorsque l’on parle de légumes d’hiver, il s’agit de légumes qui vont être récoltés en hiver.

De même pour les autres saisons…

Bref, il va vous falloir anticiper :

  • En été, semez les légumes pour l’automne et l’hiver : au début de l’été (carottes, chicorées, choux, fenouil, laitues d’automne) ou en fin d’été (laitues d’hiver, mâches, épinards, radis d’hiver et petits radis, navets) – ainsi que des choux pommés et fleurs ou encore des poireaux baguette pour le début du printemps suivant
  • En fin d’hiver, début de printemps, semez des variétés de légumes précoces pour le printemps en fin d’été (carottes courtes, choux-fleurs hâtifs, laitues de printemps, navets à forcer, poireaux d’été, pois, pommes de terre nouvelles) ainsi que des variétés hâtives de légumes d’été (tomates, concombres, courgettes, aubergines, poivrons, melons, haricots)

Résumons cela :

Protéger ses cultures

Tout ça est très bien, mais comment protéger mes légumes des intempéries (notamment les risques de gelées), que ce soit au début du printemps, à l’automne ou même en hiver ?

Il y a plusieurs types de protection :

  • les couches-chaudes : idéales pour des récoltes précoces au printemps, mais qui impliquent quand même un certain travail, des matériaux et un savoir-faire (voir ici)
  • les serres : c’est parfait, mais si votre but est seulement de prolonger les saisons, cela représente un investissement tout de même conséquent
  • les châssis : c’est bien pour quelques cultures, mais cela requiert une surveillance quotidienne (dès qu’il y a du soleil, il faut ouvrir, sans quoi, tout peut « cramer » sous le vitrage) – et ça ne laisse pas passer l’eau… obligeant ainsi à des arrosages, à des saisons pendant lesquelles ce n’est normalement pas nécessaire
  • les cloches : avec les mêmes contraintes d’ouverture que les châssis
  • les tunnels bas en dur : outre le fait qu’ils soient très coûteux, on retrouve ces mêmes inconvénients (ne laissent pas passer ni l’eau, ni l’air)
  • les arceaux avec bâches transparentes : on a les mêmes contraintes. Précisons toutefois que l’on trouve aujourd’hui des bâches avec des trous, pour laisser passer l’air… et un peu l’eau – je n’ai personnellement jamais testé, mais à priori on se rapproche alors de la solution suivante
  • les arceaux avec voiles de croissance (ou voiles de forçage) : c’est là la meilleure solution. Ces voiles laissent passer l’eau, la lumière et l’air… ce sont des structures rapides à monter, et de surcroît peu coûteuses…

Mais peut-être êtes-vous en train de vous dire que les bâches et les voiles de croissance ne sont pas des matériaux écologiques…

Et vous avez raison.

Ou plutôt, vous aviez raison…

Car on trouve aujourd’hui des voiles, ainsi que des films de croissance compostables, à base de farines de céréales – voyez par exemple ici)

Pour aller plus loin

En complément de cet article relativement succinct (l’idée étant simplement ici de vous donner envie, si ce n’est pas déjà le cas, de cultiver toute l’année… ou presque), je vous recommande la formation présentée par Nicolas Larzillière et intitulée « Étendre les saisons« .

Après avoir expliqué pourquoi il privilégie les tunnels nantais avec voiles de forçage (avis que je partage totalement) plutôt que d’autres modes de protection, Nicolas y détaille, saison par saison, quels légumes cultiver, et comment procéder… Si vous n’avez encore jamais cultivé hors saison, ou l’avez fait, mais sans les résultats escomptés, cette formation vous sera, je pense, d’une réelle utilité.

Comme tout ce que propose Nicolas, cette formation est vraiment bien conçue et les conseils qu’il y prodigue sont clairs, simples à mettre en oeuvre, et pertinents.

 

Jardiniers, étendez vos saisons

 

  • bonjour Gille ,tu nous demandent ou nous en somme avec les légumes récolté ,pour moi 2congélateurs plein et encore au jardin » tomates, carotte, plusieurs choux ,aubergines , poivrons et bien sur toutes sortes d’épices  » les derniers haricot récolté il y à deux jours ,encore une fois cette année à été une abondance de légumes ,j’en ai donner des kilos à mes enfants et amis , toujours contant de te lire

    • Bonjour Laure,
      Voiles de forçage ou de croissance, c’est la même chose.
      Pour le reste, je pense expliquer les intérêts et inconvénients des différentes protections dans l’article (paragraphe « Protéger ses cultures »)… à moins que je ne comprenne pas le sens de votre question ?

  • Merci pour votre réponse.
    J’ai bien lu et relu votre article, mais je me demandais en fait, quand on veut forcer un légume est il indispensable d’utiliser un voile de forcage ou bien un voile de maraichage fait-il le boulot de la meme façon ? (pourquoi tous ces voiles différents y a t il vraiment une différence à l’usage ?)

    • Ok.
      La différence est donc surtout d’ordre pratique : les films de maraîchage (en matière plastique, non percés – car je pense que c’est de cela dont vous parlez), contrairement aux voiles, ne laissent pas passer l’eau et l’air… ce qui implique des contraintes supplémentaires (aération et éventuellement arrosage).
      Mais sinon, en terme d’efficacité, on est dans le même ordre d’idée.
      Cordialement,
      Gilles

  • Bonjour Gilles, je vous lit toujours avec intérêt , mais le fait de nous renvoyer régulièrement vers le site de Mr. Larzillière commence à me gêner un peu, certes il est intéressant et c’est sur son site que je vous ai découvert , mais maintenant il ressemble plus à un site marchand et pas très bon marché et non plus à un site d’échange hélas….Bien à vous.

    • Bonjour Pascal,
      Je trouve pour ma part intéressant de renvoyer vers un contenu plus complet qu’un simple article comme celui-ci… d’autant plus que ce que propose Nicolas est vraiment bien conçu.
      Il crée régulièrement de nouvelles formations… Ayant parfaitement conscience du travail considérable que cela représente, je ne saurais le blâmer.
      Et très franchement, je dirais même que j’aimerais être aussi productif que lui… mais je passe sans doute justement trop de temps à répondre (bénévolement) aux questions qui me sont posées, ou à rédiger de nouveaux articles…car échanger sur internet c’est bien… mais nous devons aussi vivre de notre travail.
      Après libre à vous de suivre, ou pas, les liens que je vous présente.
      Cordialement,
      Gilles

      • Bonjour Gilles.
        Nous dirons alors que c’est de bonne guerre et que nous restons libres de nos choix , en tout cas merci de répondre , même dans des cas plus épineux , pour rester nature…
        Cordialement.

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