Utiliser la Couche Chaude

Nous avons déjà vu comment constituer une couche chaude.

Châssis pour couche chaude - Source : groupe FB - jardin brf
Châssis pour couche chaude –
Source : groupe FB – jardin brf

Nous ne reviendrons donc pas ici sur sa mise en oeuvre, mais nous allons voir de plus près comment utiliser la couche chaude pour un potager au naturel, à savoir :

Petits rappels importants

Coup de feu : la couche est à plus de 60°C - Source : groupe FB - jardin brf
Coup de feu : la couche est à plus de 60°C –
Source : groupe FB – jardin brf

Avant d’utiliser la couche chaude, il est important de surveiller la température.

Si la couche est correctement constituée, le processus de fermentation démarrera rapidement pour atteindre 60 à 70°C au bout de 7 à 10 jours (selon la composition de la couche, le temps, le taux d’humidité)  ; on appelle cela le “coup de feu”.

Attendre que la température redescende à environ 25°C pour effectuer les semis ou planter dans la couche.

Dès lors que des semis ou jeunes plants sont en place, une surveillance quotidienne est impérative :

  • La température doit être régulièrement contrôlée en utilisant un thermomètre dans le terreau. Elle ne doit pas dépasser 25°C.
  • Dès que le soleil brille, la température peut monter très vite à l’intérieur du dispositif. Il faut alors ouvrir les châssis dans la journée et les refermer le soir.
  • Les paillassons posés sur les châssis pour les nuits fraîches doivent être retirés de bonne heure le matin, ceci pour éviter l’étiolement des plantes.

Les différentes utilisations possibles d’une couche chaude

Utiliser la couche chaude comme pépinière de plants de légumes

Une couche chaude est idéale pour favoriser le développement de plants de légumes, notamment lorsque les températures sont encore froides à l’extérieur.

Lorsque la température de la couche s’est stabilisée autour de 20/25°C, placez dans le châssis les terrines ou godets contenant vos jeunes plants préalablement démarrés en intérieur.

Il est également possible de semer ou de repiquer directement dans la couche…

Utiliser la couche chaude pour hâter certaines cultures

Semis de radis dans la couche chaude. Source : groupe FB – jardin brf
Semis de radis dans la couche chaude.
Source : groupe FB – jardin brf

Grâce aux couches chaudes, il est possible de récolter des légumes avec plusieurs semaines d’avance par rapport aux cultures classiques en pleine terre.

La couche chaude, une fois le processus de chauffe dépassé, dégagera une chaleur comprise entre 20 et 25°C dans un premier temps, puis vers 15-20°C un mois après. Ces températures sont idéales pour cultiver des légumes un peu plus tôt dans la saison.

Ainsi, les carottes précoces (variétés courtes), les radis, les navets de printemps, les épinards ou encore les laitues de printemps trouveront des conditions idéales de développement dans une couche chaude, et ceci dès janvier/février dans la plupart des régions.

Utiliser la couche chaude pour cultiver des légumes exigeants en terme de fertilisation

La montée en température de la couche aura pour effet de lancer un processus de décomposition des matières organiques (même phénomène que pour un tas de compost).

Ainsi, après l’avoir utiliser pour le développement de plants ou pour des cultures précoces, ou même avant si l’on dispose de plusieurs châssis, on pourra disposer d’un riche substrat de culture (rappelons que la couche chaude est constituée de fumier mélangé à des matières organiques – ou de BRF – et de terreau) pour les aubergines, tomates ou poivrons par exemple.

Ces cultures bénéficieront en outre d’un sol déjà bien réchauffé (entre 15 et 20°C) ainsi que d’une température ambiante élevée (la couche est située dans une petite « serre »).

Une alternative intéressante : remplacer le fumier par du BRF

Vous ne disposez pas de fumier ? Vous pouvez remplacer celui-ci par du BRF.

Cela chauffera tout aussi bien !

Ainsi, les photos présentées sur cette page sont toutes issues de la page du groupe FB initié par Jean-Yves et consacrée au BRF… Jean-Yves remplaçant le fumier par du BRF.

Le BRF peut remplacer le fumier pour constituer une couche chaude...
Le BRF peut remplacer le fumier pour constituer une couche chaude…

 

Vous aimeriez bien avoir une pépinière pour vos plants mais installer une couche chaude vous semble un peu complexe ou vous ne disposez pas des matériaux nécessaires à sa confection ?

Optez pour une serre !

Pour de Belles Récoltes, cliquez ici

 

33 commentaires au sujet de “Utiliser la Couche Chaude”

  1. Bonjour j’ai monté une couche chaude avec brf, elle est très bien montée en température puis elle est c est complètement refroidi. Que faire ??

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    • Bonjour Alain,
      « complètement refroidi », qu’est-ce que ça veut dire ? si la température est redescendue à 20-25 °C (dans la terreau), c’est normal… c’est le moment de mettre des plants en place (soit en pépinière, soit directement).
      Mais si la température est vraiment basse, vous pouvez essayer d’arroser abondamment pour relancer le processus.
      Cordialement,
      Gilles

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  2. Bonjour, merci pour ces explications. J’ai réalisé une couche chaude avec du fumier de cheval tout frais et une petite couche de brf. J’ai tassé légèrement arrosé. Les couches se trouvent dans un châssis dans la serre, j’ai refermé les chassis. Les couches sont restées à 20 degrés durant 7 jours et elles viennent de redescendre à 15… Il n’y a pas eu de coup de chaud, comment pouvons nous l’expliquer ?si vous aviez une idée… Merci beaucoup et à bientôt

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  3. Bonjour Gilles.
    J’ai un soucis avec mes feuilles de tomates.J’ai fait des couches chaudes avec du fumier issu d’un centre équestre qui utilise des copeaux de bois(du sapin) à la place de la paille.Cela à très bien fonctionné et durée assez longtemps (environ 3mois)mais les feuilles de mes tomates se recroquevillent et sèchent.J’ai testé le ph et il n’est pas acide après fermentation.Cependant comme cela ressemble à une couche tiède (elle est resté à 35 degrés sans coup de chauffe), je me demande si la matière organique mal décomposé(décomposition lente) n’a pas entrainé le soucis sur les feuilles.
    J’ai lu que quand les feuilles qui se recroquevillent cela peut être dû a un apport d’engrais trop important ou de matière organique mal décomposé.
    De plus je pulvérise avec du purin d’ortie(10%),bicarbonate de soude(5g/l),algues marines(5g/l) et huile essentielle de romarin(5gouttes/l).Après pulvérisation il y a un dépôt blanchâtre sur les feuilles.Est-ce plutôt dû à cela et pourquoi?
    Je suis dans une région très calcaire.Alors peut-être que cela bloque l’absorption du mélange?

    Je vous ai posé beaucoup de question mais je suis dans l’embarras et j’aimerais avoir un avis d’expérience.

    Chaleureusement.
    David

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  4. Bonjour Gilles,
    Je souhaite faire une couche chaude avec du fumier de cheval, dans ma serre, afin d’avancer mes semis de poireaux, oignons et échalotes. Je ne souhaite pas creuser, parce que je n’en ai pas la force, et parce que je déplace ma serre chaque année. Pensez-vous qu’il serait faisable de faire cette couche hors sol, dans un « caisson » constitué de bottes de foin ? D’autre part, je n’ai pas de vitres à ma disposition. Est-ce qu’une bâche transparente ferait l’affaire ? Merci d’avance pour votre réponse.

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    • Bonjour Sophie,

      Oui, il est possible de faire une couche chaude « hors-sol » mais ce n’est pas aussi efficace. Cela dit, si elle est placée dans une serre comme cela semble être le cas, cela devrait fonctionner correctement.
      Par contre, un vitrage est à mon sens beaucoup mieux (une bâche chauffe beaucoup moins avec le soleil d’hiver).

      Cordialement,
      Gilles

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  5. Bonjour,
    Super article qui me donne un peu d espoir!
    Est-il vraiment trop tard pour commencer une couche chaude en mai? J’habite au nord de la Suède, il y a encore 10cm de neige sur la moitié du jardin, les températures sont négatives la « nuit » et montent à 10*C en journée (25 si soleil).
    Risque de gelée jusqu’à mi juin. Je m’ y prendrait plus tôt l’annee prochaine. Mais il y a t’il une autre alternative pour garder de la chaleur dans une serre?
    (Je commence a fatiguer de sortir et rentrer mes 11 pieds de tomates et 4 courgettes tous les jours! :)).

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      • Merci Gilles de votre réponse!
        Après 3 jours de travail intense j’ai enfin une couche chaude dans mon jardin! 🙂
        Je pense y planter des tomates, courgettes, radis, carotte, ciboulettes, persil…
        Etant débutante en jardinage, je me demandais : que faites vous ensuite de la couche? Dois-je vider le tout avant que la neige arrive? Dans ce cas il y a t il la possibilité de faire un composte du fumier et du terreau? (Dois-je séparer ?) Ou je laisse le tout et réutilise l’endroit l’année prochaine pour d’autres cultures (sans effet de couche chaude)?

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        • Vous répondez vous-même à votre question Anne-Laure.

          En fait, les 2 sont possibles : soit vous videz la fosse pour y créer une nouvelle couche chaude (et vous utilisez les matériaux de la vieille couche pour intégrer au compost) ; soit vous utilisez cette vieille couche comme riche support de cultures (mais sans l’effet de chauffe).
          Disons que de creuser une fosse pour une nouvelle couche demande pas mal de travail… il est donc en général plus simple de vider la fosse pour créer une nouvelle couche chaude au même endroit.

          Cordialement,
          Gilles

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  6. Bonjour Gilles,

    Je construis une couche chaude en ce moment pour remplacer ma vieille. J’utilise du cèdre non plané directement du producteur. Quel plaisir!

    Je ne pourrai certainement demarrer mon coup de feu comme prévu considérant la température mais j’ai bon espoir…

    Ce bijou mesure 4m x 70cm x 62cm devant et 75cm derrière et j’ai récupéré mes vieux Thermos pour le dessus et une partie de la façade, ce qui devrait d’avoir une meilleure lumière.

    Actuellement la terre est gelée. Quel serait ton meilleur conseil pour soutenir mon espoir d’avoir mon coup de feu.

    J’ai des brebis, donc du fumier de moutons frais que nous avons entassé et qui fume actuellement du haut du tas.

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    • Bonjour Denise,

      Tout d’abord, il faut savoir qu’une couche chaude est très peu dépendante de la température extérieure…
      Donc, si tu appliques les conseils figurant ici, et notamment dans ton cas, la mise en place d’une isolation extérieure, cela devait chauffer sans problème. Je ne vois pas ce que je peux dire de plus…

      Bonne journée,
      Gilles

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  7. Bonjour Gilles,

    J’ai commencé à faire des couches chaudes, je les fais au milieu d’une serre. J’ai creusé une fosse peu profonde (20cm max) et j’ai ensuite disposé une couche de fumier épaisse puis une couche de feuilles mortes plus fine et ainsi de suite jusqu’à une hauteur de 60cm. Je n’ai pas enfermé la couche chaude entre 4 pans de bois , une grande partie de la hauteur de la couche est donc à l’air libre. Est ce que cela pose un problème? Je compte ensuite poser un voile d’hivernage au dessus des semis sur la couche chaude.

    Un grand merci pour ton blog que j’aime lire.

    Daphné

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    • Bonjour Daphné,

      De cette façon, la couche risque tout simplement de ne pas chauffer…
      Le cadre a pour intérêt d’isoler la couche des conditions extérieures (gel) et les vitres permettent à celle-ci de monter rapidement en température.

      Cordialement,
      Gilles

      Répondre
  8. Bonjour Gilles,

    Ce type de fermentation et son évolution en humus m’intéressent mais je n’ai pas de machine à déchiqueter parce que j’ai de la réticence envers le Brf à cause de son bilan carbone *, et parce que son usage doit rester exceptionnel, aux risques de ne pas récolter les fruits attendus.

    Ceci étant, je suppose que le broyat doit être fin et tassé pour produire le coup de chaleur. Et après, quelle est l’évolution de cette matière fibreuse dans le sol sous 20 cm de terre ? Combien de temps pour devenir de l’humus et durée de la chaleur émise ?

    Merci pour votre retour
    Bonne journée.
    Christophe G

    * Sur mon blog, je vais publier dans quelques jours un article à ce sujet et sur la base de la ferme des mille vaches, ou des mille veaux à Millevaches ( authentique )

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