Culture laitues : semis, plantation et astuces pour récolter toute l’année

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La culture des laitues a ce petit talent rare : elle donne vite des résultats… tout en pardonnant moins bien qu’on ne le croit les “à-peu-près” (un coup de chaud, un oubli d’arrosage, et hop, ça monte). La bonne approche, c’est de raisonner en rythme et en saison : vous échelonnez, vous ajustez, et vous récoltez longtemps.

Dans ce guide, je vous propose une méthode simple pour réussir vos laitues au potager naturel : choix des variétés selon la période, calendrier de semis et de plantation, distances, arrosage régulier, paillage, et astuces concrètes pour limiter la montaison et les attaques de limaces.

Connues depuis l’Antiquité, ces salades existent sous de multiples formes, et peuvent se cultiver presque toute l’année si l’on joue avec les bonnes variétés et les bons créneaux. Et rien qu’avec les différentes laitues, vous pouvez déjà assurer de la verdure dans l’assiette, saison après saison.

On y va ?

Conditions de culture des laitues

La laitue aime les sols riches en humus, frais et vivants. Sa croissance est rapide, donc elle réagit tout de suite à ce qui va bien… et à ce qui coince : manque d’eau, coup de chaud, sol trop pauvre, ou au contraire trop “dopé”. L’objectif, c’est une croissance régulière, sans stress.

Sol, fertilité et préparation avant plantation

Avant de semer ou de planter, travaillez surtout la structure : un sol souple, grumeleux, qui garde l’humidité sans rester détrempé. Une fumure équilibrée suffit largement pour la laitue.

Un apport préalable de compost mûr est généralement bienvenu, incorporé en surface ou légèrement griffé dans les premiers centimètres. Évitez les apports trop “forts” juste avant la culture : la laitue préfère la régularité à l’excès.

Le bon compost pour les laituesPour éviter les plants “tendres” et les à-coups, le plus simple est de viser un compost bien mûr, sombre et friable.

  • Apportez-le avant la plantation, puis couvrez le sol pour garder la fraîcheur.
  • Si votre sol est déjà riche, un simple paillage et des arrosages réguliers suffisent souvent.

Chaleur, froid et choix de l’emplacement selon la saison

La laitue apprécie les périodes fraîches et peut se cultiver longtemps dans l’année, à condition d’adapter les variétés et l’emplacement. En été, le point critique est la chaleur : elle favorise la montaison (montée à graines) et rend la germination plus délicate.

Quand il fait chaud, privilégiez une situation qui limite le stress : soleil du matin, ombre légère aux heures brûlantes, sol couvert (paillage), et arrosages réguliers. Sous châssis ou abri, pensez aussi à l’aération : un air trop chaud et stagnant accélère la montaison.

Montaison : le trio à éviterLa montaison arrive souvent quand plusieurs facteurs se cumulent. Bonne nouvelle : en corrigeant un seul levier, on améliore déjà beaucoup les choses.

  • Coups de chaud répétés (plein soleil + sol nu).
  • Arrosages irréguliers (stress hydrique, puis “douche” tardive).
  • Excès d’azote juste avant ou pendant la culture (croissance trop tendre).

Bonnes associations au potager (cultures intercalaires)

Grâce à leur croissance rapide, les laitues se glissent facilement en cultures intercalaires entre des légumes plus lents ou plus espacés. L’idée est simple : occuper le sol, récolter vite, et laisser ensuite la place.

Variétés de laitues

Quand on parle de “laitues”, on met en fait plusieurs familles dans le même panier… et ce panier peut vous sauver une saison. Certaines variétés tiennent mieux la chaleur, d’autres sont parfaites pour les premiers beaux jours, et les laitues à couper vous dépannent vite quand vous voulez récolter feuille à feuille.

Il existe de nombreuses variétés de laitues permettant de varier les plaisirs et d’étaler les récoltes. L’astuce, c’est de choisir d’abord selon la saison, puis selon vos contraintes : chaleur l’été, humidité au printemps, place disponible, et appétit de limaces.

Laitues pommées, batavia, romaines, grasses, à couper : comment choisir

Sans entrer dans un cours de botanique (on est au jardin, pas à l’examen), retenez surtout les usages et le comportement au potager :

Variétés de laitues
Les variétés de laitues ne manquent pas.
  • Laitues pommées : elles font une belle pomme tendre. Très agréables au printemps et à l’automne, mais elles peuvent être plus sensibles aux coups de chaud.
  • Laitues batavia : souvent plus croquantes, généralement plus tolérantes aux variations (un bon choix “passe-partout”).
  • Laitues romaines : elles montent en général en hauteur, avec des feuilles plus longues. Certaines tiennent mieux l’été.
  • Laitues grasses (type sucrine) : compactes, souvent intéressantes en période chaude quand on choisit les bonnes variétés.
  • Laitues à couper : vous récoltez au fur et à mesure des feuilles, et la plante continue de produire. Très pratique pour échelonner sans se compliquer la vie.

Quelles variétés selon la saison (printemps, été, automne, hiver)

Chaque variété est particulièrement adaptée à une ou plusieurs saisons (notées ci-dessous : P pour printemps, E pour été, A pour automne et H pour hiver). C’est un repère utile, mais gardez en tête que votre microclimat (exposition, sol, vent, humidité) peut changer la donne.

Citons :

  • Les laitues pommées : appia (P et A), Reine de mai (P), merveille des 4 saisons (E et A), Grosse blonde paresseuse (E), du bon jardinier (E et A), merveille d’hiver (H), brune d’hiver (H)…
  • Les laitues batavia : dorée de printemps (P), blonde de Paris (P), rouge grenobloise (E, A et H), Reine des glaces (E et A), Merveille de Vérano (P, E et A)…
  • Les laitues romaines : ballon (P, E et A), chicon des Charentes (E et A)…
  • Les laitues grasses : Sucrine (P et E), Craquerelle du midi (P).
  • Les laitues à couper : feuilles de chêne rouges ou blondes (toutes saisons).

Repérer chez vous les variétés qui montent moins

Notamment pour les cultures d’été, essayez de repérer celles qui résistent le mieux à la montée à fleurs chez vous. Et comme ces différences sont très liées au terrain et au climat, la meilleure “sélection” reste souvent la vôtre, au fil des saisons.

Si le sujet vous tente, vous pouvez même reproduire vos propres semences de laitues : au fil des années, vous garderez naturellement les plantes qui se comportent le mieux dans vos conditions.

Le trio gagnant pour l’étéPour limiter la montaison quand il fait chaud, le plus efficace est souvent de combiner variété adaptée + sol couvert + arrosage régulier.

  • Choisissez une variété annoncée “été” et testez-en 2 ou 3 chez vous.
  • Gardez le sol frais avec un paillage, et évitez les à-coups d’arrosage.

Semer des laitues

Pour réussir la culture des laitues, le semis est souvent le moment le plus “sensible”, surtout en plein été. La bonne nouvelle, c’est qu’avec deux ou trois gestes simples (profondeur, humidité régulière, et protection contre la chaleur), on obtient des levées très correctes.

Où semer : pépinière, sous châssis, pleine terre

Vous avez trois options, chacune avec ses avantages :

Semis de laitues en plaques alvéolées
Semis de laitues en plaques alvéolées.
  • En pépinière (caissette, plaque alvéolée, godets, petite planche dédiée) : c’est le plus simple pour surveiller l’humidité et repiquer ensuite les plus beaux plants.
  • Sous châssis ou sous abri : pratique en fin d’hiver et début de printemps, à condition d’aérer dès que le soleil chauffe.
  • En pleine terre (semis direct) : rapide et efficace au printemps ou en fin d’été quand la température redevient plus douce, mais il faut gérer la concurrence des herbes et l’éclaircissage.

Quand semer : calendrier de janvier à septembre

Les laitues se sèment pratiquement toute l’année, en adaptant les variétés et le mode de semis :

  • Dès janvier-février : semez en pépinière des variétés de printemps sous châssis ou sur couches chaudes.
  • De mars à juin : semez des variétés de printemps puis d’été, soit en pépinière, soit directement en pleine terre.
  • En juillet-août : semez des variétés d’automne. Ce sont les semis les plus délicats : les graines germent mal quand il fait trop chaud, et un ombrage peut être nécessaire.
  • En août-septembre : semez en pleine terre des variétés d’hiver à récolter en fin d’hiver et début de printemps.

Réussir les semis en été (chaleur, ombrage, germination)

Quand il fait chaud, la difficulté n’est pas “la laitue”, mais la germination : si le terreau sèche, ou si le sol surchauffe, les graines font grève. Pour mettre toutes les chances de votre côté :

  • Semez plutôt en fin de journée, et gardez le semis à l’ombre légère les premiers jours.
  • Arrosez en pluie fine pour humidifier sans tasser, puis maintenez une humidité régulière (sans détremper).
  • Un voile, une cagette retournée, une planche posée en surplomb, ou un ombrage léger peuvent suffire à éviter le “coup de four”.

Le piège des semis d’étéEn été, l’ennemi n°1 est l’irrégularité : un semis qui sèche une fois peut lever de façon très inégale, voire pas du tout.

  • Surveillez surtout les 3 à 7 premiers jours (c’est là que tout se joue).
  • Préférez un léger ombrage plutôt qu’un plein soleil “pour que ça aille plus vite”.

Lune et semis : comment l’utiliser sans se compliquer la vie

Les semis de laitues en lune croissante sont souvent déconseillés, car le risque de montaison prématurée peut être plus élevé.

Quoi qu’il en soit, semer en période de lune décroissante peut vous servir de cadre pour planifier. Mais ce qui fait vraiment la réussite d’un semis de laitue, ce sont surtout la fraîcheur du sol, l’humidité régulière et le choix de la période (notamment en été). Si la fenêtre météo est bonne, ne vous privez pas d’un semis sous prétexte que la lune “n’est pas la bonne”.

Échelonner les semis pour récolter longtemps

Semez toutes les 2 à 3 semaines pour échelonner les récoltes. C’est le geste le plus simple pour éviter d’avoir “trois salades d’un coup”… puis plus rien pendant un mois.

Planter des laitues

La plantation (ou le repiquage depuis une pépinière) permet de choisir les plus beaux plants et d’obtenir une reprise plus régulière. Pour limiter le stress, intervenez de préférence par temps doux : en fin d’après-midi, ou un jour couvert, surtout au printemps avancé et en été.

Repiquage et plantation : gestes clés (collet, manipulation, arrosage)

Plantation de laitues en mottes
Plantation de laitues en mottes

Replantez quand les jeunes laitues ont quelques vraies feuilles et un petit système racinaire déjà formé. Arrosez la veille (ou humidifiez bien les mottes), puis replantez dans un sol frais.

Au moment de manipuler un plant, attrapez-le par les feuilles (ou par la motte), pas par la “tige”. C’est plus sûr, et vous évitez de blesser la zone du collet, qui conditionne une bonne reprise.

Lors de la plantation, n’enterrez pas le collet : laissez-le au contraire « flotter au vent ». Terminez par un arrosage copieux pour mettre la terre en contact avec les racines, puis maintenez une humidité régulière les jours suivants.

Le collet, c’est le point sensibleUne laitue plantée trop profond ou tassée autour du collet repart souvent mal, et peut pourrir plus facilement si le temps est humide.

  • Plantez au niveau du sol : collet visible, terre simplement ramenée autour des racines.
  • Arrosez pour “coller” la terre aux racines, sans noyer durablement la zone du collet.

Distances de plantation : selon le type de laitue

La règle simple : plus la laitue “pomme” (ou grossit), plus on espace. Une bonne aération limite aussi les maladies en période humide.

Type de laitueDistance conseillée (en tous sens)Remarque
Laitues pommées30 cmPour une belle pomme sans concurrence.
Batavia30 à 35 cmUn peu plus d’air, surtout en période humide.
Romaines30 à 35 cmElles prennent de la hauteur et apprécient l’espace.
Laitues grasses (type sucrine)25 à 30 cmPlus compactes, mais gardez de l’air pour limiter les pourritures.
Laitues à couper20 à 25 cmRécolte feuille à feuille, densité possible un peu plus forte.

Éclaircir un semis direct sans tout arracher

Si vous semez en place, l’éclaircissage est indispensable : trop serrées, les laitues filent, restent petites, et montent plus facilement. Procédez en deux temps : un premier éclaircissage tôt, puis un second quand vous voyez lesquelles sont les plus vigoureuses.

Pour ne pas déranger les plants que vous gardez, pincez ou coupez au ras du sol les plants en trop plutôt que d’arracher tout le paquet. Et si vous retirez des jeunes plants avec leurs racines, profitez-en : certains se repiquent très bien si le sol est frais et que vous arrosez aussitôt.

Entretien d’une culture de laitues

Avec la laitue, l’entretien n’a rien de compliqué… à condition d’être régulier. Un sol propre, une couverture progressive, et des arrosages sans à-coups : c’est souvent ce trio qui fait la différence entre une belle pomme et une salade qui tire la langue.

Désherber sans se fatiguer : binage rapide et couverture du sol

Sarclez et binez rapidement après la plantation (ou le semis si vous semez directement en pleine terre). L’objectif est surtout de casser la croûte de surface et de supprimer la concurrence au départ, quand les laitues sont encore petites.

Ensuite, le plus efficace est de couvrir le sol. Entourez les plants avec de la fougère ou des feuilles de consoude pour constituer une première couverture, tout en gênant les limaces. Quand les salades sont déjà bien développées, vous pouvez compléter par un paillage plus épais.

Couverture du sol en deux tempsPour éviter d’étouffer de jeunes plants, on peut couvrir progressivement : léger au début, plus épais ensuite.

  • Au départ : une “couronne” de feuilles (consoude, fougère) autour du plant.
  • Plus tard : un paillage plus épais entre les plants, sans enfouir le collet.

Paillage : quand, quoi, et comment éviter l’excès d’humidité

Culture de laitues paillée au jardin en permaculture
Laitues paillées

Le paillage est précieux pour garder le sol frais et limiter les à-coups d’arrosage, surtout dès que les températures montent. En revanche, en période très humide, un paillage trop compact collé au collet peut favoriser des pourritures.

Le bon réflexe : paillez entre les plants, mais gardez un petit dégagement autour du collet. Et si la météo est durablement pluvieuse, préférez une couverture plus aérée (feuilles, herbes sèches, paille légère) plutôt qu’une couche trop dense.

Arrosage régulier : fréquence, aspersion ou au pied

Arrosez les laitues le plus régulièrement possible. Cela ne veut pas dire tous les jours : l’idée est la régularité. Concrètement, tous les 2 à 3 jours, c’est très bien s’il ne pleut pas, surtout sur sol léger et en période chaude.

Les salades, contrairement à la plupart des autres légumes (qu’on arrose plutôt au pied), apprécient souvent un arrosage par aspersion (pomme d’arrosoir ou sprinkler). Le point important est de le faire au bon moment : tôt le matin, pour que le feuillage sèche vite, et éviter les périodes fraîches et humides où l’eau stagne sur les feuilles.

Le bon signe : une croissance sans stressUne laitue qui pousse régulièrement fait rarement des caprices. Surveillez surtout la fraîcheur du sol et la régularité d’arrosage.

  • Si le sol sèche vite : paillage plus tôt, et arrosages plus fréquents mais raisonnés.
  • Si le temps est humide : gardez de l’air autour du collet et évitez les paillages trop compacts.

Limiter la montaison : les leviers qui marchent vraiment

La montaison est presque toujours une réponse au stress : chaleur, manque d’eau, sol trop sec, ou croissance irrégulière. Pour la limiter, combinez plusieurs petits leviers plutôt que de chercher “l’astuce miracle”.

  • Choisissez la bonne variété pour la saison, surtout en été.
  • Gardez le sol frais (paillage, sol couvert, arrosage régulier sans à-coups).
  • Évitez les extrêmes : plein cagnard sur sol nu, ou au contraire excès d’azote qui donne des feuilles trop tendres.
  • Récoltez au bon moment : une laitue trop “attendue” a plus de chances de partir en graines.
Petite astuce d’anciens : quand des arrosages sont annoncés, arrosez ! En effet, le temps orageux favorise la montée en fleurs, arroser peu avant permet de limiter cela.

Protections naturelles pour la culture des laitues

Les limaces constituent souvent le principal problème sur les jeunes laitues. Et comme elles travaillent surtout la nuit, on découvre parfois le “chantier” le matin… alors que la laitue, elle, n’a rien demandé.

L’objectif n’est pas de tout “stériliser”, mais de protéger les plants au moment critique : juste après la plantation et pendant les premières semaines de reprise.

Limaces : barrières, cachettes, récolte “au bon endroit”

Limaces dévorant laitue
A table !

Voici quelques astuces simples et efficaces, à adapter selon la pression chez vous :

  • Entourez les plants avec des feuilles de fougères fraîches, de consoude ou, à défaut, de cendres de bois (renouvelez ce barrage naturel dès que la période devient pluvieuse).
  • Placez des planches de bois dans le jardin (pas trop loin, mais pas trop près non plus de vos cultures de salades). Les limaces iront s’y réfugier et vous n’aurez qu’à visiter régulièrement le dessous des planches pour éliminer ces indésirables.

Pour limiter les attaques, une autre stratégie consiste à concentrer vos jeunes laitues dans une zone facile à surveiller (pépinière, planche “nurserie”), puis à repiquer des plants déjà un peu costauds. Plus le plant est petit, plus il est vulnérable.

Protéger les laitues au bon momentLes limaces font le plus de dégâts sur des plants jeunes et tendres. Après quelques semaines, la laitue devient souvent plus résistante.

  • Soignez surtout la protection juste après plantation et après une période pluvieuse.
  • Un plant un peu plus “fort” en repiquage résiste mieux qu’un semis direct trop tendre.

Autres soucis fréquents : pucerons, pourriture du collet, fonte des semis

En dehors des limaces, les laitues peuvent rencontrer quelques problèmes classiques. Rien d’inéluctable, mais mieux vaut les reconnaître tôt :

  • Pucerons : ils arrivent surtout au printemps et en début d’été. Une croissance trop tendre (excès d’azote, arrosages irréguliers) peut les attirer. Un jet d’eau le matin suffit parfois à limiter l’infestation sur de petits foyers.
  • Pourriture du collet : favorisée par l’humidité stagnante, une plantation trop profonde, ou un paillage collé au collet. Gardez de l’air autour du collet, évitez les excès d’eau, et repiquez dans un sol frais mais non détrempé.
  • Fonte des semis : surtout en semis sous abri quand l’air est trop humide et trop chaud. Aérez, évitez de détremper le substrat, et espacez les semis pour que les plantules sèchent rapidement après arrosage.

Humidité : l’alliée… qui peut devenir piègeLa laitue aime la fraîcheur, mais elle n’aime pas l’eau qui stagne. Le bon équilibre, c’est un sol humide et aéré, et un collet bien dégagé.

  • Arrosez pour maintenir une humidité régulière, sans transformer la planche en marécage.
  • En période humide, aérez au maximum : espacement, paillage léger, collet dégagé.

Récoltes

Les laitues se récoltent au fur et à mesure des besoins. C’est d’ailleurs l’un des plaisirs de cette culture : vous coupez quand vous en avez envie, et le potager suit.

Quand récolter pour une salade plus croquante

Récoltées le matin, avant que le soleil ne pointe, elles se conservent beaucoup mieux. Les feuilles sont alors bien gorgées d’eau, plus croquantes, et elles flétrissent moins vite.

Si vous ne pouvez pas récolter tôt, un autre bon moment est la fin d’après-midi, quand la chaleur retombe. Évitez surtout de couper en plein soleil.

Couper ou arracher : selon le type de laitue

Récolte laitues
Récolte d’une laitue.

La méthode dépend du type de laitue et de votre façon de consommer :

  • Laitues pommées, batavia, romaines : on coupe souvent au ras du sol (ou on arrache avec la racine si l’on consomme rapidement). Couper proprement évite de remuer le sol et de déranger les voisins.
  • Laitues à couper : récoltez feuille à feuille, ou coupez au-dessus du collet pour favoriser une nouvelle repousse.

Récolter au bon stadeUne laitue trop “attendue” perd en qualité et a plus de chances de monter à graines, surtout dès que les températures grimpent.

  • Récoltez dès que la pomme est bien formée, sans chercher à battre un record de taille.
  • En période chaude, préférez des récoltes un peu plus précoces.

Une culture “perpétuelle” de laitues

Dans l’esprit de la permaculture, une petite astuce consiste à laisser quelques belles laitues monter à graines. C’est simple, économique, et parfois très efficace pour obtenir des semis spontanés.

Monter à graines : lesquelles garder et où les laisser

Choisissez des laitues saines, vigoureuses, et qui se sont bien comportées chez vous (celles qui n’ont pas monté trop vite, par exemple). Laissez-les en place, sans les bousculer : elles vont s’allonger, fleurir, puis former des graines.

Pour éviter que tout se ressème “au hasard”, placez plutôt ces laitues à graines en bord de planche ou dans un coin dédié. Cela permet de garder votre potager lisible tout en profitant de la dynamique naturelle.

Semis spontanés : comment en profiter sans être débordé

Lorsque les graines sont mûres, elles tombent au sol et germent quand les conditions redeviennent favorables. Vous verrez souvent apparaître de jeunes laitues à l’automne, en fin d’hiver, ou au printemps suivant, selon votre climat et la météo.

Le bon réflexe est alors de considérer ces semis comme une “pépinière gratuite” : vous éclaircissez, vous repiquez les plus beaux plants, et vous laissez le reste disparaître ou servir de nourriture au sol.

Le meilleur effet “perpétuel”Cette méthode marche d’autant mieux qu’elle s’intègre à une routine simple : garder quelques porte-graines, et repiquer les semis spontanés au bon moment.

  • Gardez seulement quelques laitues à graines : 2 à 4 suffisent souvent.
  • Replantez les jeunes laitues dès qu’elles ont quelques vraies feuilles, dans un sol frais.

Conclusion : des laitues réussies, c’est surtout une question de régularité

Pour réussir la culture des laitues, inutile de chercher compliqué : une variété adaptée à la saison, un sol humifère et couvert, et un arrosage régulier sans à-coups font déjà l’essentiel. Ajoutez une protection simple contre les limaces au bon moment, et vous récolterez plus longtemps, avec des salades plus tendres et plus croquantes.

Si vous ne deviez retenir qu’une idée : échelonnez vos semis. C’est le geste le plus fiable pour éviter la “surproduction” d’un coup… puis le trou dans les récoltes.

Et vous, quelles variétés de laitues se comportent le mieux chez vous, et à quelle période avez-vous le plus de mal (plein été, fin d’hiver, limaces…) ? Dites-le en commentaire : vos retours aident toujours d’autres jardiniers à ajuster leurs pratiques.

Pour aller plus loin et poser des bases solides sur l’ensemble du potager, vous pouvez aussi consulter Mon Potager au Naturel, un guide complet pour réussir vos cultures potagères.

FAQ

À quelle profondeur semer les graines de laitue ?

Semez très clair : à peine recouvertes. En pratique, comptez quelques millimètres à 0,5 cm maximum, puis tassez doucement et gardez humide sans détremper.

Combien de temps faut-il pour que les laitues lèvent ?

Selon la température, la levée prend souvent de 3 à 10 jours. En période chaude (sol trop chaud et sec), la germination peut ralentir, devenir irrégulière, voire échouer.

Quand repiquer des plants de laitue ?

Replantez quand les jeunes plants ont 3 à 4 vraies feuilles et une petite motte qui se tient. Repiquer trop tôt fragilise, trop tard ralentit la reprise.

Peut-on cultiver des laitues en pot ou jardinière ?

Oui, très bien. Prévoyez au moins 15 à 20 cm de profondeur, un substrat riche (avec compost mûr), et des arrosages réguliers. En été, une ombre légère aux heures chaudes aide beaucoup.

Pourquoi mes laitues deviennent amères ?

L’amertume vient surtout du stress (chaleur, sécheresse, croissance irrégulière) et d’une récolte trop tardive. Pour l’éviter : variété adaptée à la saison, arrosage régulier, sol couvert, et récolte un peu plus jeune en période chaude.

Comment conserver une laitue fraîche après la récolte ?

Récoltez tôt le matin, rafraîchissez si besoin, puis conservez au frais dans un linge légèrement humide (ou une boîte aérée). Idéalement, consommez sous 2 à 4 jours selon la variété et la fraîcheur de départ.

Que faire si les limaces détruisent tout malgré les protections ?

Renforcez la protection au moment critique : repiquez des plants plus robustes, protégez temporairement avec une cloche ou un voile fin la nuit, et combinez planches-pièges + ramassage régulier après la pluie. Souvent, c’est l’addition de plusieurs petites mesures qui fait basculer la situation.

Crédit photos : https://depositphotos.com/fr/

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