Le mildiou fait partie de ces maladies qui transforment un potager plein d’espoir en scène de film catastrophe… souvent juste après quelques jours de pluie et de fraîcheur.
Sur la tomate et la pomme de terre, il peut progresser très vite. Mais bonne nouvelle : on peut vraiment réduire les risques avec des gestes simples, et limiter la casse avec des approches naturelles, à condition d’agir au bon moment.
Dans cet article, je vous propose une méthode pragmatique : comprendre comment le mildiou fonctionne, savoir le reconnaître, puis mettre en place des mesures préventives (abri, aération, choix variétal, sol vivant) et, si besoin, des traitements naturels en complément.
Qu’est-ce que le mildiou ?
Le mildiou est une maladie dite « cryptogamique », c’est-à-dire liée à un micro-organisme qui se développe et se propage surtout quand l’humidité s’installe durablement.
Sur la tomate et la pomme de terre, l’agent le plus fréquent est Phytophthora infestans. On parle aussi de mildious proches sur d’autres plantes, par exemple Peronospora parasitica chez certaines crucifères, ou Plasmopara viticola sur la vigne.
Ce qui rend le mildiou redoutable, ce n’est pas seulement sa présence, mais la combinaison « météo favorable + végétation dense + feuilles humides longtemps ». C’est pour ça que la prévention (sol vivant, aération, protection de la pluie) pèse souvent plus lourd que le « traitement miracle ».
Justement, en travaillant sur la vitalité globale du potager (je détaille cette approche dans Mon Potager au Naturel), vous donnez à vos plants un net avantage au moment où la pression maladie monte.
Comment reconnaître le mildiou ?
Souvent, le scénario est le même : quelques jours de pluie (ou de fortes rosées), une certaine fraîcheur derrière… et vous découvrez des taches « pas nettes » sur les feuilles de tomates ou de pommes de terre.

Le mildiou commence généralement par des taches brunâtres (parfois irrégulières), souvent entourées d’un léger liseré plus clair/verdâtre, avec un aspect qui peut sembler un peu « gras » ou « huileux » sur la face supérieure des feuilles.
- Sur le dessus des feuilles : taches brunes qui s’agrandissent rapidement, puis noircissent.
- Sur le dessous des feuilles : un feutrage blanchâtre peut apparaître (souvent visible tôt le matin, quand l’humidité est maximale).
- Évolution : les zones touchées finissent par se nécroser, et le feuillage peut sécher en quelques jours si la météo reste favorable à la maladie.
Mais le mildiou ne touche pas seulement les feuilles. Sur les tomates comme sur les pommes de terre, des taches brunâtres peuvent aussi apparaître sur les tiges. Elles fragilisent la plante et peuvent provoquer le brunissement et le dépérissement des extrémités (les bouquets terminaux, notamment).
Sur la tomate, on observe aussi des fruits atteints : des zones brunâtres qui durcissent, puis finissent par pourrir. Quand l’attaque est forte et que la météo reste humide, la plante entière peut se dessécher et mourir en peu de temps.
Mon conseil pour ne pas passer à côté : inspectez d’abord le dessous des feuilles (idéalement le matin), surtout après des nuits fraîches et humides. C’est souvent là que les premiers signes « parlent » le plus clairement.
Attention enfin aux confusions possibles : un coup de soleil, une carence, ou d’autres maladies peuvent aussi marquer le feuillage. Ce qui oriente vraiment vers le mildiou, c’est la combinaison taches qui progressent vite + humidité persistante + feutrage blanchâtre sous les feuilles.
Qu’est-ce qui favorise le mildiou ?
Le mildiou explose rarement « par hasard ». Il a besoin d’un cocktail assez précis : humidité durable, feuilles mouillées longtemps et températures douces. Quand ces conditions sont réunies, la maladie peut progresser très vite.
Concrètement, voilà ce qui lui déroule le tapis rouge :
- Pluies répétées, rosées, brouillards : tout ce qui maintient le feuillage humide pendant des heures.
- Températures modérées : la maladie est souvent la plus active quand il fait doux (et que l’humidité reste élevée). À l’inverse, une période chaude (températures supérieures à 26-28°C) et sèche freine nettement sa progression.
- Végétation trop dense : plants serrés, feuillage qui sèche mal, circulation d’air insuffisante.
- Arrosage sur le feuillage (ou le soir) : vous prolongez la durée d’humectation… exactement ce qu’il attend.
- Abri mal aéré : sous serre, sans ventilation, l’humidité reste piégée et le feuillage ne sèche pas.
À propos de l’origine : sur tomate et pomme de terre, le risque vient très souvent de tissus contaminés (repousses de pommes de terre, tubercules oubliés, résidus végétaux, plants atteints) et de la dispersion par l’air quand la météo est favorable. Autrement dit, ce n’est pas seulement « le sol » qui est en cause : ce sont surtout les conditions météo et les sources proches qui font la différence.
À retenir : vous ne contrôlez pas la pluie… mais vous pouvez agir sur tout le reste (aération, densité, abri, arrosage). Et c’est là que la prévention devient vraiment efficace.
Météo à risque : quand se mettre en alerteLe mildiou profite surtout d’un feuillage qui reste humide longtemps. Dès que vous enchaînez pluies ou fortes rosées + douceur, considérez que le risque grimpe d’un cran.
- Après une pluie : vérifiez le dessous des feuilles le lendemain matin.
- Sous abri : aérez au maximum pour accélérer le séchage.
- Au moindre doute : supprimez immédiatement les premières feuilles suspectes.
Prévenir le mildiou
Check-list express anti-mildiou (5 minutes)Quand la météo devient humide, ce sont ces petits gestes répétés qui font la différence.
- Arroser au pied, jamais sur le feuillage.
- Espacer davantage les plants et tuteurer pour aérer.
- Retirer les feuilles basses qui touchent le sol si besoin.
- Surveiller le dessous des feuilles, surtout le matin.
Un traitement « magique » qui guérit le mildiou n’existe pas. En revanche, on peut réduire très fortement les risques en combinant quelques leviers simples : un sol vivant, moins d’humidité sur le feuillage, plus d’aération, et des gestes cohérents dès la plantation.
Une terre vivante et fertile
Une plante pleine de vitalité résiste mieux aux maladies qu’une plante frêle et carencée. Le premier traitement, au fond, c’est donc le sol.
En mettant en œuvre des actions visant à obtenir une terre vivante, riche et fertile, vous limiterez déjà fortement les risques de mildiou.
Protéger de la pluie
La méthode la plus efficace consiste à protéger les plants de la pluie, tout simplement parce que c’est l’humidité durable sur les feuilles qui déclenche souvent l’attaque.
Que ce soit avec un simple auvent transparent, une housse spéciale à tomates ou plus simplement une serre, le fait de cultiver sous abri limite très fortement les risques, à condition de suffisamment aérer.
Sans ventilation, l’humidité reste piégée, le feuillage sèche mal, et vous recréez des conditions idéales pour les maladies cryptogamiques.
Pour assurer une production, je cultive aujourd’hui une quinzaine de plants de tomates sous serre, le reste étant à l’extérieur, soumis aux aléas climatiques.
Sélectionner des variétés plus résistantes au mildiou
Des hybrides ont été créées pour une meilleure résistance au mildiou. On trouve aussi aujourd’hui des plants greffés dans ce but, même si, sauf à greffer vous-même, ce n’est pas donné.
Mais si, comme moi, seules les variétés anciennes trouvent grâce à vos yeux, certaines semblent mieux tenir que d’autres selon les années et les conditions.
J’ai ainsi pu constater chez moi que les tomates Saint-Pierre, la Rose de Berne ou encore la Golden Jubilee étaient moins facilement atteintes que la Cœur de bœuf ou la Noire de Crimée, par exemple.
J’ai également noté que certaines (en particulier la Golden Jubilee) continuaient à produire sans problème des fruits sains malgré la présence de la maladie.
Je tiens toutefois à préciser qu’une variété peut mieux résister dans certaines conditions, mais pas forcément dans d’autres. La meilleure approche consiste donc à tester différentes variétés au fil des ans et à en tirer vos propres conclusions.
Ne pas tailler
Les plaies engendrées par la taille sont des portes d’entrée pour les maladies cryptogamiques. Le fait de ne pas tailler limite donc les risques de contamination par ces blessures.
La contrepartie, c’est un feuillage potentiellement plus dense. D’où l’importance d’espacer davantage les plants et de viser une aération maximale (tuteurage, conduite claire, et arrosage au pied).
Traiter en préventif contre le mildiou
Un traitement contre le mildiou ne « guérit » pas la maladie. En revanche, certains gestes et préparations peuvent aider en préventif, et parfois freiner une attaque débutante, surtout si la météo redevient plus sèche et plus chaude.
Bouillie bordelaise et produits à base de cuivre
Les produits à base de cuivre sont communément utilisés depuis longtemps pour prévenir du mildiou. Je ferais 3 remarques :
- Les souches les plus récentes semblent plus virulentes et la bouillie bordelaise n’est plus toujours suffisante.
- Le cuivre est phytotoxique et nuit en particulier à la floraison (lisez les recommandations d’emploi sur les emballages).
- Le cuivre s’accumule dans le sol avec des conséquences importantes sur la vie de celui-ci et notamment sur les populations de vers de terre.
Pour ces raisons, je me refuse depuis maintenant quelques années à utiliser du cuivre au jardin.
Traitement au bicarbonate de soude contre le mildiou

Le bicarbonate de soude est une alternative intéressante pour protéger vos cultures du mildiou et plus largement des maladies cryptogamiques.
- Versez 1 cuillère à café de bicarbonate de soude dans 1 litre d’eau.
- Ajoutez éventuellement 1 cuillère à café de savon noir (ou de Marseille).
- Dès la plantation, vaporisez le mélange sur la plante entière.
- Répétez l’opération une fois par semaine durant deux mois et après chaque pluie.
Notez toutefois que, tout comme la bouillie bordelaise, le bicarbonate de soude nuit à la floraison. Il convient donc de traiter hors floraison ou, en période de floraison, en veillant à ne pas atteindre les fleurs en plein épanouissement.
Pour cela, dirigez la buse de pulvérisateur sous la dernière floraison.
Traitement au lait contre le mildiou

Le lait demi-écrémé ou entier (mais odeur désagréable avec ce dernier) peut être utilisé en traitement antifongique. Il est plus couramment utilisé contre l’oïdium, mais certains témoignent de son intérêt également sur le mildiou.
Mélangez 1 volume de lait pour 9 volumes d’eau et pulvérisez rapidement sur toute la plante.
Purin de prêle
Des traitements répétés au purin de prêle ont une certaine efficacité pour prévenir du mildiou.
Purin de consoude et purin d’ortie
Des arrosages avec du purin de consoude, voire du purin d’ortie, vont renforcer les défenses naturelles des plantes.
Ils les rendront ainsi plus résistantes aux maladies, et notamment à celle qui nous intéresse ici.
Décoction d’ail
L’ail a des propriétés fongicides. On peut donc l’utiliser, sous forme de décoction, pour protéger nos cultures des maladies cryptogamiques, et notamment du mildiou.
Voyez ici la recette de la décoction d’ail.
Éliminer les parties atteintes
Supprimez le feuillage et les branches atteintes par le mildiou (évidemment, si cela ne concerne pas tout le plant). Cela évitera la propagation immédiate.
Concernant les déchets : vous pouvez les composter si, et seulement si, votre compost monte vraiment haut en température (au-delà de 65 °C). À défaut, mieux vaut détruire les parties atteintes plutôt que de prendre le risque de disséminer la maladie. Pour aller plus loin, voyez aussi mon article sur le compost.
Ne pas cultiver au même endroit ?
Si la maladie a sévi chez vous, il est souvent recommandé de vous abstenir de cultiver à nouveau des tomates au même endroit pendant au moins 5 ans.
Mais dans nos climats, le gel a généralement raison du mildiou sur les résidus exposés. Ce n’est pas parce que la maladie a sévi durement une année que ce sera le cas l’année suivante.
Ce sont surtout les conditions climatiques de fin de printemps et de début d’été qui provoqueront l’apparition de cette maladie cryptogamique.
Erreurs fréquentes qui aggravent le mildiouOn peut parfois faire « tout ce qu’il faut »… sauf un détail qui ruine l’effort. Voici les classiques.
- Arroser le feuillage ou arroser tard le soir.
- Planter trop serré.
- Traiter en plein soleil, ou sur feuillage déjà brûlant.
- Surdoser ou traiter trop souvent, notamment avec le bicarbonate.
- Manipuler et tailler des plants mouillés, puis toucher d’autres plants.
Tableau récapitulatif des actions à effectuer en priorité en cas de risque ou d’apparition du mildiou
| Situation | Objectif | Actions prioritaires |
|---|---|---|
| Météo à risque (pluie, rosées, douceur) | Éviter l’installation | Protéger de la pluie, aérer, arroser au pied, espacer, surveiller le dessous des feuilles |
| Premières taches sur quelques feuilles | Freiner la propagation | Supprimer les parties atteintes, améliorer l’aération, agir avec un traitement naturel adapté (bicarbonate, lait, prêle) sans surdoser |
| Attaque qui progresse vite | Sauver ce qui peut l’être | Tomate : enlever les axes atteints, garder des rejets sains, protéger de la pluie si possible. Pomme de terre : faucher le feuillage et récolter au bon moment |
Comment traiter le mildiou lorsque la maladie est déjà là ?
Quand le mildiou est installé, l’objectif n’est pas de « guérir » la plante, mais de casser la dynamique : limiter la propagation, sauver ce qui peut l’être, et récolter au bon moment.
Dans tous les cas, agissez si possible par temps sec (ou au moins quand le feuillage est sec), et évitez de manipuler les plants quand ils sont mouillés.
Traiter le mildiou de la pomme de terre

Mes pommes de terre ont été fortement touchées en cette fin de juin (2016). Ma première réaction (après la désolation) a été d’éliminer les parties atteintes, et en l’occurrence j’ai tout fauché.
Ensuite, j’ai récolté tout de suite les plants les plus atteints, avant que la maladie ne se propage aux tubercules. Avec une belle surprise : très belle récolte. Il faut dire que les plants étaient très bien développés.
L’inconvénient, c’est que la peau est encore très fine : ces pommes de terre ne se conserveront donc pas très longtemps.
J’ai pris le risque d’en laisser une partie en terre (les plants les moins atteints), mais après avoir aussi fauché le feuillage.
Puis j’ai prévu quelques traitements à la prêle sur le sol, en espérant que les tubercules ne soient pas contaminés.
En pratique, si vos pommes de terre sont touchées, les deux réflexes les plus utiles sont souvent : couper le feuillage pour freiner la progression, et récolter au bon moment (vite si l’attaque est forte, plus tard si l’attaque est légère et maîtrisée).
Traiter le mildiou de la tomate
Sur la tomate, si les plants ne sont pas complètement atteints et que la météo devient plus favorable (chaleur et temps sec), il est parfois possible de stopper la propagation.
Chez moi, les températures sont rapidement montées au-dessus de 30 °C, ce qui freine nettement le développement de la maladie. Après avoir éliminé les parties atteintes (feuilles et quelques branches), j’ai effectué un traitement au bicarbonate de soude.
Un traitement combiné purin d’ortie / purin de consoude a suivi dès le lendemain (vous pouvez d’ailleurs tout mettre ensemble).
Je renouvellerai ces traitements tous les 5 jours environ, tant que la pression maladie reste élevée.
Important : le fait de ne pas tailler mes pieds de tomates me permet souvent de retrouver des rejets sains sur une partie des plants, même quand certains axes sont touchés. C’est une des raisons pour lesquelles je garde cette approche.
On verra ce que ça va donner…
Conclusion
Le mildiou est redoutable, oui, mais il n’est pas invincible. En pratique, ce sont rarement les « produits » qui font la différence : ce sont les conditions. Un feuillage qui sèche vite, une culture bien aérée, un sol vivant, un peu d’anticipation avant les périodes humides… et vous changez déjà complètement la donne.
Si malgré tout la maladie arrive, gardez le cap : supprimer vite les parties atteintes, adapter vos gestes (abri, arrosage au pied, surveillance), et utiliser les traitements naturels comme des coups de pouce, pas comme des baguettes magiques. Sur la pomme de terre, faucher et récolter au bon moment sauve souvent l’essentiel. Sur la tomate, la chaleur et une réaction rapide peuvent parfois stopper la propagation.
Et chez vous, ça donne quoi ? Le mildiou a-t-il touché vos tomates ou vos pommes de terre cette année ? Dites-moi en commentaire votre région, votre météo au moment de l’attaque, et ce qui a le mieux fonctionné (lait, bicarbonate, prêle, abri, variétés…). Vos retours aident vraiment tout le monde.
En complément de cet article, je vous recommande vivement la lecture de la « Des tomates sans maladies » présentée par Nicolas Larzillière.
FAQ : questions fréquentes sur le mildiou
Le bicarbonate de soude est-il efficace contre le mildiou ?
Le bicarbonate peut aider en prévention ou au tout début d’une attaque, surtout si la pression maladie n’est pas trop forte. L’idée n’est pas de « guérir », mais de compliquer la vie du champignon et de freiner la propagation.
Respectez les doses (1 cuillère à café par litre d’eau) et évitez de traiter en plein soleil. En période de floraison, faites attention à ne pas toucher les fleurs, car le bicarbonate peut nuire à la floraison.
Peut-on mélanger lait et bicarbonate contre le mildiou ?
Certains jardiniers mélangent ou alternent les deux, mais ce n’est pas une garantie de résultat. Le plus important reste de traiter au bon moment, sur feuillage sec, et de mettre en place la prévention (aération, protection de la pluie, arrosage au pied).
Si vous testez un mélange, restez prudent sur les dosages, observez vos plants, et évitez les traitements trop rapprochés.
Quel dosage de lait contre le mildiou sur tomate ?
Le dosage le plus courant est 1 volume de lait pour 9 volumes d’eau. Pulvérisez sur l’ensemble du feuillage, plutôt le matin, sur feuillage sec, et renouvelez après les pluies si la météo reste à risque.
Le lait est surtout cité pour son intérêt antifongique sur certaines maladies. Sur le mildiou, les retours sont variables : considérez-le comme un coup de pouce, pas comme un bouclier absolu.
Pourquoi la serre peut-elle aggraver le mildiou ?
Sous serre, si l’aération est insuffisante, l’humidité reste piégée et le feuillage sèche mal. Or le mildiou profite justement d’un feuillage humide longtemps.
Une serre peut être très efficace contre le mildiou si elle protège de la pluie et si vous ventilez largement.
Faut-il arracher un plant de tomate dès les premières taches ?
Pas forcément. Si l’attaque est limitée, vous pouvez supprimer immédiatement les feuilles atteintes, améliorer l’aération et agir avec un traitement naturel, tout en surveillant de très près.
En revanche, si la maladie progresse rapidement malgré vos actions, arracher un plant très atteint peut éviter de contaminer le reste de la culture.
Le mildiou survit-il dans le sol et faut-il attendre 5 ans avant de replanter ?
Dans la plupart des jardins en France métropolitaine, le gel met généralement fin au problème sur les résidus exposés, et ce sont surtout les conditions météo de la saison suivante qui font la différence.
Par prudence, éliminez les repousses spontanées (notamment de pommes de terre), ne laissez pas traîner de résidus contaminés, et privilégiez une prévention solide plutôt qu’une règle « 5 ans » appliquée mécaniquement.
Peut-on mettre des feuilles atteintes par le mildiou au compost ?
Oui uniquement si votre compost monte vraiment haut en température (au-delà de 65 °C), ce qui aide à détruire les germes. Si votre compost reste tiède, mieux vaut détruire les parties atteintes plutôt que de prendre le risque de disséminer la maladie.
Un compost « bien mené » (équilibré, aéré, qui chauffe) n’a rien à voir avec un simple tas qui ne monte pas en température.
Que faire si le mildiou touche les pommes de terre ?
Le réflexe le plus utile est souvent de faucher le feuillage pour freiner la propagation, puis de récolter au bon moment. Si l’attaque est forte, récoltez plus tôt pour limiter la contamination des tubercules.
La conservation des pommes de terre récoltées tôt est souvent plus courte, car la peau est encore fine.
À partir de quelle température le mildiou s’arrête-t-il ?
Le mildiou se développe surtout avec des températures modérées et une forte humidité. Quand il fait chaud et sec, sa progression ralentit nettement.
Dans l’article, je mentionne qu’au-delà de 26 à 28 °C, la maladie cesse généralement de se développer, surtout si le feuillage sèche rapidement.
Crédit photo image à la une : https://depositphotos.com/






Je ne sais pas si c’est une bonne idée mais pour être sûr de tuer le champignon, j’emballe les plants malades dans un sac à terreau retourné (face noire vers l’extérieur) et je le place dans un châssis, inoccupé l’été. Sous la fenêtre tous les thermomètres claquent, il y fait donc plus de 60 degrés (j’y ai déjà mis de l’eau, elle est brûlante). Après, je mets à composter. Ça nettoie les plants, mais pas le sol d’où les plants ont été arrachés. Ça m’évite de brûler ou de me débarrasser des plants.
Bonjour, tout d ‘abord merci pour vos conseils. Au sujet de la consoude, j’ai beaucoup de mal à la cultiver car les limaces et autres ont l’air de bien l’aimer, elles ne me laissent que les nervures et les tiges. Merci
Bonjour Myriam,
Bien qu’ayant pas mal de limaces chez moi, je n’ai jamais eu ce souci avec la consoude (et c’est également la première fois que l’on me le signale)… Je pencherais donc à priori pour « et autres »… mais je ne peux pas vous dire quoi…
Mais pour les limaces, voyez ici : https://www.un-jardin-bio.com/les-limaces-devorent-vos-jeunes-plants/
Sinon, je pourrais investiguer plus en profondeur, si vous le souhaitez, avec ma nouvelle prestation « Diagnostic ravageurs et maladies« .
Cordialement,
Gilles
Bonjour et merci Gilles pour toutes ces recettes alternatives au cuivre! Une petite question: j’ai 6 pieds de tomates atteints par le mildiou. J’ai arrache celui qui était trop atteint et vais tenter de sauver les autres avec le bicarbonate. A quelques mètres de là, jái une mini-serre avec 3 pieds de tomates. Ils sont encore beaux. Est-ce que le champignon risque de se propager si je laisse les pieds qui sont atteind?
Il me reste 4 petits semis de tomates, est-ce qu’il est encore temps de les planter a la mi-juillet?
Belle saison a tous malgre l’humidité, profitons des salades….
Bonjour Sylvie,
Pour la propagation, il y a toujours un « risque »… je ne peux deviner ce qu’il adviendra…
Pour une plantation mi-juillet, à moins d’un automne très beau et chaud, ces plants ne donneront probablement rien.
Cordialement,
Gilles
Bonjour Gilles, chez moi le Mildiou s’est installé dans les pommes de terre.
Pour les primeurs moins grave je vais les récolter.
Pour les autres c’est mort.
Et toi Gilles comment ça se passe?
Peux tu me donner des variétés très résistante au Mildiou.
Les avis d’autres jardiniers sont les bienvenus.
Merci à vous tous.
Bon courage
Bonjour Stéphane,
Non, mes cultures sont encore préservées du mildiou… par je ne sais quel miracle…
Dans le présent article, il y a une partie intitulée « Sélectionner des variétés plus résistantes au mildiou » pour ce qui concerne les tomates.
Et voici pour les pommes de terre : https://www.un-jardin-bio.com/pommes-de-terre-resistantes-au-mildiou/
Cordialement,
Gilles
Bonjour Gilles. Merci de ces conseils précieux. En ce qui me concerne, après 15 jours d’absence, tomates et pommes de terre étaient totalement déssechées. comme celles de mon voisin qui, lui, était bien présent. Pluie et fraicheur ont permis au mildiou d’agir. Je vais regarder ce qu’il reste des patates. Quant aux tomates, c’est cuit …
Bonjour Gilles. j’habite en Haute Vienne ouest, limite Charente.
Je cultive en permaculture depuis plusieurs années maintenant.
J’avais planté 7 pieds de tomates pyros F1 achetées en jardinerie, car bien avancées, plus une partie de mes propres semis plus petits. Les 7 pyros et 8 plants perso, situées dans la même parcelle, ont rapidement pris le mildiou mi juin, la base des tiges surtout a pourri en quelques jours, j’ai dû tout arracher. Je traite habituellement au bicarbonate/savon noir/lait, mais je ne l’avais pas fait à la plantation, il faisait si beau ! j’arrose ou vaporise aussi avec du purin de consoude, d’ortie, tanaisie, etc.
J’ai 12 plants perso sur une autre parcelle pas très éloignée ( 15/20 m environ) qui ont eu quelques taches sur feuilles, coupées aussitôt, mais les tiges ne semblent pas atteintes pour l’instant. J’ai traité aussitôt plusieurs fois. J’ai aussi 10 plants sous une petite serre, qui ne semblent pas touchés.
Q : Il me reste quelques plants perso bons à planter : je suppose que je dois impérativement changer la zone de plantation, par rapport au plants arrachés ?
Merci de ton avis ou du retour d’expériences d’autres abonnés.
PS : mes pdt sont aussi atteintes, les feuilles cramées pour beaucoup, j’ai commencé à récolter mais encore petit…
Bonjour Pierre,
Les spores du champignon responsable du mildiou sont encore forcément présentes au niveau du sol. Donc, oui, il est préférable de planter ailleurs.
Cordialement,
Gilles
Bonjour Gilles, pas de souci pour le moment. Il pleut toujours beaucoup en Belgique et les températures ne dépassent pas les 17°c de moyenne. Pour les pdt, j’utilise des « sharpo mira » qui sont résistantes au mildiou. Pour les tomates, j’en ai en serre et en extérieur non couvertes. Ces dernières sont des semences de chez Pascal Poot. L’année passée, elles n’ont été atteintes par le mildiou qu’au bout de 7 semaines de pluie quasi en continu. Merci pour tous tes partages et bel été, Jean-Baptiste
Bonsoir
C’est vrai qu’en Moselle le printemps 2024 est particulièrement pourri, et ça continue…
Pour ma part, depuis quelques années je pulvérise 1 à 3 fois par mois les tomates, pommes de terre, vigne et cucurbitacées avec un mélange composé de décoction de prêle à 8%, petit lait à 8%, bicarbonate de potassium à 3g/litres et savon noir à 20g/litres. Les résultats sont nettement plus concluant que ceux de tous les jardiniers de mon quartier.
En cas d’attaque virulente, il y a 3 ans, cela n’a pas suffit. La mort dans l’âme, j’ai utilisé la bouillie bordelaise, mais à ma manière. J’ai réalisé une bouillie super dosée que j’ai passé au pinceau sur les seules parties nécrosées (en enlevant toutes les feuilles atteintes). J’ai dû renouveler le traitement plusieurs jours lorsque les nécroses dépassaient les zones traitées la veille ou que de nouvelles nécroses apparaissaient.
J’ai sauvé ma production !
Notez que mon mélange semble efficace sur le mildiou et l’oïdium. Pour ceux qui se demande où trouver du petit lait sachez que la faisselle est mon unique fournisseur, et en plus c’est bon…
oui, ce matin, après une bonne pluie, tout allait bien dans ma cabane à tomates. mais ce soir, j’ai découvert une branche… pleine de mildiou, tout d’un coup. comme c’était sur une plante où j’avais coupé quelque chose, j’ai pensé que c’était à cause de ça. mais…….cette branche est sous l’ouverture d’air en haut et apparemment, il a plu dessus avec le vent cette nuit. c’est étonnant que cela puisse aller si vite. je l’ai enlevé et j’ai traité les plantes avec de la solution de bicarbonate/du savon noir. j’espère que cela ne va pas plus loin et que j’aurai encore quelques tomates. la forte pluie, le vent et l’humidité, tout cela est cruel chez nous en ce moment. cette nuit, il va encore pleuvoir fort. merci pour cet article gilles
La Bourdaine très efficace sur mildiou déclarée
Macération:
Broyat d’écorce (150g/5Ld’eau) de bourdaine laissé à macérer dans l’eau froid pendant 24h avant
de filtrer la préparation. Diluer à 10 % dans la bouillie.
Décoction :
Macération chauffée pendant 20 à 30 min
à petit bouillon (90-100°C) à couvert. Laisser refroidir sans enlever le couvercle et filtrer. Diluer à
10 % dans la bouillie.
Dynamiser 20 minutes avant emploi augmente son effet curatif
Bonjour
Je suis en Dordogne proche de Mussidan. Après une plantation plus que tardive due aux pluies intenses et au froid, j’ai eu la maladie sur mes tomates quasi immédiatement. Ce n’était pas le mildiou mais de l’alténariose. Comme je n’ai pas lu votre article avant, je me suis précipitée à la jardinerie et on m’a conseillé de faire 2 passages de bouillie bordelaise à 15 jours d’intervalle. La maladie a semble t il été stoppée. Par contre, j’ai acheté du plastique spécial tomates et les ai couvertes en laissant beaucoup d’espace au pied pour que l’air circule.
A priori (je touche du bois), cela semble fonctionner malgré la pluie qui a repris.
Bonjour,
Mise à part la corvée arrosage, 2 fois par sem., car pas une goutte depuis un mois et rien à l’horizon.
Pour l’instant, sans traitements, tomates en serre et pommes de terre sont en parfaite santé, mais si le climat devait changer, je m’empresserais d’essayer vos recettes.
Merci à toutes et tous.
Bonne continuation, j’apprécie !
Bonjour,
Pour nous en Touraine, c’est plutôt la grande sécheresse engendrée par ce vent d’est parfois à la limite du supportable.
La pression atmosphérique étant très élevée pas une goutte d’eau depuis plus d’un mois. J’avais un peut d’espoir avec le temps devenu très orageux depuis 3 jours, malheureusement c’est très décevant, quelques gouttes dans notre secteur !
Donc pas de maladie pour le moment, pour les tomates je couvre et arrosage au purin d’ortie et ensuite de consoude 👍.
Bon jardinage à tous.
Bonjour, peut on utiliser la décoction d’ail tous les jours ?
Bonjour,
On peut… mais ce serait du gaspillage… ça n’a pas d’intérêt.
J habite à Dunkerque et j essaie de trouver des traitements autre que la bouillie. Actuellement j utilise le bicarbonate+savon noir ou prêle ou consoude+ortie bref des traitements le plus naturel possible. En ce moment on a alternance de pluie et soleil et en moyenne 20° ou plus.
Bonjour j ai lu que la sauge officinale serait efficace en préventif et curatif pour le mildiou. Qu’en pensez vous?
Bonjour Nadia,
Je l’ai lu aussi (je crois d’ailleurs que quelqu’un en parle dans les commentaires).
Mais n’ayant jamais testé, je ne peux rien vous dire de plus.
Cordialement,
Gilles
OK. Merci
Bonsoir, y a-t-il une méthode pour mélanger le bicarbonate de soude à l’eau , le mien ne se dissous pas dans l’eau !
Bonsoir à tous,
Je lis tous les commentaires ce soir, et j’en viens à regretter l’époque (quoique je n’en ai pas beaucoup connu) où il y avait des problèmes avec cette maladie…. La pluie chez nous (sud est de la France) n’est plus qu’un souvenir, ma source est sèche depuis fin mai, je n’ai plus d’eau dans mes cuves il fait plus de 30° l’après midi et franchement, le mildiou me semble anecdotique quand la seule préoccupation est: comment je vais faire pour arroser encore mes tomates et mes patates? Sans compter le reste…..Et même Pascal Poot ne pourrait pas grand chose pour remédier à cette situation catastrophique…. J’en viens à penser que je serais heureuse de devoir lutter contre le mildiou, et pas contre la sécheresse et les acariens qui l’accompagnent(autre plaie gravissime)
Bonjours Gilles bonjour à tous, un vieux jardinier m a conseillé le purin de sureau contre toutes ces maladies , qu’ en pensez vous ? Merci d avance pour votre retour.
Bonjour Bernard,
Le purin de sureau est surtout utilisé pour ses vertus répulsives (rongeurs, taupes, insectes…) et stimulantes.
Il va donc renforcer les défenses des plantes (ce qui est une bonne chose), mais ce n’est pas à proprement parlé un fongicide.
Cordialement,
Gilles
Bonjour Gilles et merci pour tes conseils toujours judicieux …
Un collègue m’a conseillé de pulvériser de la Lécithine contre le mildiou et l’oïdium ( Tomates, pomme de terre, vigne, …)
Qu’en penses-tu ?
Cordialement,
Bonjour Louis,
On trouve en effet aujourd’hui des produits fongicides à base de lécithine.
Mais je ne connais pas… je ne peux donc donner un avis (j’espère juste que ces produits ne sont jamais issus de cultures OGM…)
Cordialement,
Gilles