Comment améliorer une terre sableuse (légère)

Une terre sableuse n’est pas à priori idéale pour jardiner… mais elle peut le devenir.

Nous avons vu il y a quelques temps comment améliorer une terre lourde, argileuse.

Voyons aujourd’hui comment améliorer une terre légère, sableuse…

De quoi parle t-on ?

Il est question ici de texture du sol, c’est à dire de sa composition en terme de matériaux minéraux.

Un sol majoritairement pourvu en sable aura une texture sableuse (ou sablo-limoneuse si les limons sont également présents en quantités conséquentes) alors qu’un sol particulièrement pourvu en limons aura une texture limoneuse (ou limono-sableuse, ou limono-argileuse)…

Connaitre cette texture est essentielle en jardinage naturel.

Car c’est à partir de cela que nous pourrons déterminer la meilleure façon de rendre notre terre vivante et fertile…

Je vous présente, dans Mon Potager au Naturel, des tests simples (et gratuits) pour déterminer avec une précision suffisante la texture de votre terre (de la plus légère à la plus lourde : sableuse, sablo-limoneuse, limono-sableuse, limoneuse, limono-argileuse, argilo-limoneuse ou argileuse).

Caractéristiques d’une terre sableuse

Le sable est un matériau grossier (une particule de sable est plus grosse qu’une particule d’argile ou de limon) dont les éléments vont peu s’agglomérer entre eux.

Les terres à dominante sableuse sont des sols légers, qui vont donc se réchauffer facilement, et sont de ce fait particulièrement propices aux cultures précoces (le climat étant toutefois bien sûr primordial pour cela).

Cette faculté à bien se réchauffer va également favoriser la décomposition des matières organiques qui y seront déposées.

Elles retiennent peu l’eau, ce qui implique des arrosages plus fréquents qu’en terres plus lourdes.

Pauvres de nature, une terre sableuse retient tout aussi mal les éléments minéraux (facilement lessivés vers les profondeurs et rendus ainsi indisponibles pour les cultures)…

Pour cette raison, des apports particulièrement copieux, et réguliers, de matières organiques diverses et variées seront de mise pour en améliorer la fertilité.

Souvent acides, des apports de matériaux calcaires (cendres de bois, lithothamne, dolomie magnesienne…) seront alors bienvenus.  Mais attention, ce n’est pas une généralité… il y a des terres sableuses et calcaires (vous trouverez également dans Mon Potager au Naturel des tests simples à réaliser pour savoir si votre terre est acide, neutre ou calcaire).

Mais voyons maintenant comment améliorer durablement, et naturellement (ça va de soi…) une terre sableuse.

Comment améliorer une terre sableuse ?

Des apports réguliers de matières organiques pour enrichir une terre sableuse

Une terre légère retenant peu les éléments nutritifs, des apports réguliers de matières organiques y sont particulièrement recommandés.

Afin de favoriser la constitution d’un humus stable et durable, les matériaux carbonés seront à privilégier en terre sableuse (ça tombe bien, car une telle terre, de par sa faculté à se réchauffer, permettra une bonne décomposition de ce type de matériaux… contrairement aux terres argileuses, pour lesquelles la décomposition est fortement ralentie).

A l’automne

fumier sur terre sableuse
Le fumier est très utile pour améliorer une terre sableuse

Commençons par le fumier de vache (par fumier, j’entends un mélange de litière – en général de la paille – et de déjections ; la bouse seule n’est pas du fumier…).

C’est un matériau lourd (plus que le fumier de cheval) qui donnera plus de corps à cette terre.

Il est donc particulièrement utile dans une terre sableuse (à défaut du fumier de cheval sera quand même bienvenu).

Quel que soit le type de fumier, des apports copieux (on parle ici d’apports de l’ordre de 100 à 300 kg pour 100m²), chaque automne (pas au printemps, car d’une part le fumier n’aurait pas le temps de se décomposer avant la mise en place des cultures; et d’autre part, il y aurait alors des risques sanitaires…), seront très bénéfiques si votre terre est légère.

Ce fumier sera simplement épandu sur le sol (il peut aussi être intégré, de façon très superficielle, quelques semaines après l’épandage… mais pourquoi se fatiguer ? les vers de terre se chargeront de ce travail…), et éventuellement (n’hésitez pas si vous pouvez le faire… ce sera d’autant plus bénéfique) recouvert de feuilles mortes, de BRF, ou même d’un peu de paille supplémentaire (notamment si le fumier est peu pailleux).

A défaut de fumier, vous pouvez également apporter du compost (pas forcément décomposé pour un apport automnal) ou même des déchets verts variés (dernières tontes, déchets de nettoyage du jardin, résidus de cuisine…) que vous recouvrirez de paille, de feuilles mortes, de BRF, ou de foin…

N’hésitez pas à utiliser différents matériaux pour un même paillage (ça y favorisera le développement de la vie).

Au printemps et en été

Les matériaux à libération rapide (compost, fumier composté, engrais organiques du commerce, tontes…) seront apportés au printemps dans le but de nourrir directement les plantes.

Ces apports pourront être renouvelés en cours de culture si les plantes montrent des signes de faiblesse, ou pour améliorer les rendements (même si la consoude sera plus efficace, car aux effets plus rapides, pour cela).

Paillage sur terre sableuse
Le paillage sera particulièrement bénéfique sur une terre sableuse!

De même, un paillage conséquent (une bonne vingtaine de centimètres d’épaisseur, de préférence avec des matériaux de préférence carbonés* (paille, broyat) dès que le sol sera suffisamment réchauffé, contribuera à améliorer la terre à terme (la décomposition des matériaux utilisés venant enrichir le sol) tout en limitant les pertes d’eau par évaporation (et limitant de ce fait la fréquence des arrosages).

*Toutefois, pour favoriser la décomposition des matériaux carbonés (durs) constituant le paillage, des apports préalables, ou complémentaires, de matériaux verts (tontes, orties, consoude, résidus de récoltes, déchets végétaux de cuisine…) ou par exemple de vieux foin (commençant à se décomposer, et donc devenu impropre à la consommation animale… les éleveurs seront heureux de s’en débarrasser !) seront également bienvenus.

L’idéal étant un paillage progressif (comme je l’explique notamment dans cette vidéo).

Des buttes vivantes pour s’affranchir d’une terre (trop) légère

Butte vivante
Une butte vivante peut être une solution en terre légère…

La constitution de buttes vivantes est également une solution pouvant être envisagée pour une terre sableuse, notamment si elle s’avère particulièrement pauvre.

Notez toutefois que cela requiert de pouvoir disposer de matières organiques variées en quantités très importantes… et que cela représente un travail considérable de mise en oeuvre.

De l’argile pour donner plus de corps aux terres très sableuses

Une terre légère, sableuse peut aussi être améliorée en apportant de l’argile bentonite, sous forme de poudre ou de billes.

De fait, on en changera ainsi la texture…

Le sol retiendra mieux les éléments minéraux et sera moins séchant.

Cet argile contribuera aussi efficacement à la constitution d’un humus stable.

Notez toutefois que le coût est relativement conséquent.

Pas d’engrais verts sur une terre sableuse…

Pour se développer, un engrais vert va puiser dans les réserves du sol…

Or, ces réserves sont déjà faibles dans un sol sableux.

Aussi, sauf éventuellement si la terre est très tassée (dans ce cas, une culture d’engrais verts pourra aider à la décompacter), je ne recommande pas de cultiver des engrais verts dans ce type de terre.

Comment arroser en terre sableuse ?

Une terre sableuse retenant très mal l’eau, des arrosages réguliers, et plus fréquents qu’en terre plus lourde, y seront nécessaires.

Nous venons de le voir, un bon paillage permettra d’y atténuer l’évaporation de l’eau.

Vous limiterez ainsi les corvées d’arrosage… ce qui est donc particulièrement intéressant ici.

Au printemps ou en automne, arrosez de préférence le matin, lorsque la terre est déjà un peu réchauffée (mais que le soleil ne brille pas encore trop fort).

En été n’arrosez pas en pleine journée… l’eau n’aurait même pas le temps de s’infiltrer dans le sol. En plein été, le mieux est d’arroser le soir (l’eau aura alors toute la nuit pour s’infiltrer dans le sol), au pied des plantes (donc sans mouiller le feuillage) ou de bonne heure le matin (mais il y a alors plus de perte que pour un arrosage en soirée).

Si vous disposez d’un système d’arrosage par goutte à goutte, placez les gaines sous le paillage… les arrosages en seront d’autant plus efficients.

Pour vous donner un ordre d’idée, chez moi, en terre sablo-limoneuse, et avec des températures très élevées en été, en sol paillé, pour la plupart des cultures, j’arrose environ 1 fois par semaine en plein été, mais de façon conséquente (plus de précisions sur la fréquence d’arrosage en fonction du type de sol, des légumes cultivés, mais aussi du stade de développement des cultures, dans Mon Potager au Naturel).

 

A vos claviers pour commenter, poser vos questions, partager votre expérience ou vos expérimentations en terre sableuse…

6 réflexions au sujet de “Comment améliorer une terre sableuse (légère)”

  1. Au mois de Novembre 2021, j,ai ajouté sur mon petit jardin du compost, de la tonte et des feuilles, et maintenant fin Janvier je me,appercois que la vie de ma terre a déjà changé, les vers de terre ce régale, j,espère que cela. va tonifier ma terre !

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  2. SOL SABLEUX – Bonjour, dans le poulailler je met à la place de la paille 5 cm de cendres de la cheminée, les dejections sont enrobées,je récupère cela et l’eparpille sur mon sol sableux avec les feuilles de la forêt du fumier de cheval pendant l’hiver. Le sol se modifie chaque année .

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  3. Bonsoir,
    En Dordogne également, j’essaie actuellement de remettre en état une terre faites principalement de graves, avec peu de vie. Il m’est d’avis que je vais avoir besoin de patience et de beaucoup de matière organique de tout genre pour y parvenir et reconstituer un complexe argilo-humique digne de ce nom avant d’espérer y cultiver.
    Merci pour votre blog et vos conseils.
    Olivier

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  4. Bonjour
    Merci pour cet article
    Je suis depuis un an en Ardeche du sud ou j ai demarre un nouveau potager sur un sol sableux
    Je suis ok avec votre article et encore merci pour ces rappels et préc isions

    J ai juste un point de vue different concernant les engrais verts
    J ai semer un melange d automne legumineuse seigle moutarde afin, au contraire de retenir voir #pomper #, les elements qui sinon auraient ete lessive durant l hiver sans ces vegetaux
    A la fin de l hiver j ecraserai au sol les vegetaux et ainsi les elements repartent ds le ciruit du sol vivant
    Je completerai certainement en couvrant d unpeu de paille ou feuilles
    Cordialement

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    • Bonjour,
      Pour une terre non couverte fertilisée avec des engrais minéraux, rapidement minéralisables, votre raisonnement serait valable.
      Mais là on parle de sol fertilisé avec des amendements organiques (très peu minéralisables en hiver, donc pas de perte d’éléments nutritifs), et en sol couvert (limitant considérablement l’érosion). Il n’y a donc que très peu de perte. Mais au contraire, un gain considérable au printemps, lors de la mise en place des cultures, lorsque les matières organiques se décomposeront, et libéreront les éléments minéraux.
      Alors que des engrais verts vont pomper le peu d’éléments encore présents à l’automne (ce serait différents en terre plus riche) pour simplement les restituer au printemps (au mieux, car en terre pauvre, la masse végétale produite par des engrais verts demeure en générale assez minime)… Le gain en terme de fertilisation est donc nul, voire négatif si l’on prend en compte le travail du sol à l’automne pour semer les engrais verts, et le coût des semences d’engrais verts.
      Cordialement,
      Gilles

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  5. Bonjour,
    Je suis tout fait d’accord avec toutes ces explications. J’ai appris à jardiner avec mon père et notre terre était extrêmement sablonneuse. A l’automne il préparait un mélange de feuilles et de fumier de lapins qu’il répandait sur la surface du sol. L’été il faisait ses arrosages le soir et toujours à l’arrosoir manuel, il a toujours refusé l’arrosage automatique, il voulait que l’eau soit de température modérée, jamais froide. Ses récoltes étaient exceptionnelles.
    Aujourd’hui je mesure le travail qu’il a dû effectuer, moi qui ai la chance d’avoir une terre beaucoup plus équilibrée.
    Merci pour cet article.
    Yves

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