Comment drainer un sol de jardin ?

L’eau qui stagne au jardin n’est jamais très rassurante. Après une grosse pluie, quelques flaques peuvent être normales. Mais si la terre reste longtemps spongieuse, collante, asphyxiée, ou si les jeunes plants végètent dans une zone détrempée, il faut se poser la question du drainage.

Drainer un sol de jardin ne consiste pas seulement à évacuer l’eau au plus vite. Dans bien des cas, surtout en sol argileux, il vaut mieux commencer par comprendre pourquoi l’eau s’infiltre mal : terre compactée, manque de vie du sol, cuvette naturelle, allées tassées, pente défavorable… Le bon remède dépend beaucoup de la cause.

Un drainage peut donc être utile, mais il ne doit pas devenir un réflexe. Si votre terre est déjà légère et sèche en été, chercher à l’assécher davantage reviendrait surtout à augmenter vos besoins en arrosage. Et ce n’est pas vraiment le but, surtout quand chaque goutte d’eau compte.

Voyons donc comment reconnaître un vrai problème d’excès d’eau, quelles méthodes utiliser pour drainer un jardin, et dans quels cas il vaut mieux privilégier des solutions plus douces : planches surélevées, allées drainantes, engrais verts, apport de matière organique ou simple amélioration de la structure du sol.

Qu’est-ce que le drainage d’un jardin ?

Le drainage consiste à évacuer, canaliser ou favoriser l’infiltration de l’eau en excès dans un sol trop humide.

Dans son sens le plus technique, le drainage tel que défini dans le dictionnaire Larousse renvoie à l’évacuation de l’eau par des drains, des fossés ou d’autres aménagements. Au jardin, on peut toutefois élargir un peu la réflexion : améliorer la structure du sol, surélever les zones cultivées ou guider l’eau vers des allées peut aussi résoudre bien des problèmes, sans transformer le terrain en chantier.

Il faut donc distinguer deux approches :

  • évacuer l’eau en trop, avec un fossé, un puits perdu ou un drain enterré ;
  • aider l’eau à mieux s’infiltrer, grâce à un sol plus vivant, plus aéré et mieux structuré.

Dans un jardin naturel, la seconde approche mérite toujours d’être étudiée en premier. L’eau n’est pas seulement un problème à chasser : c’est aussi une ressource à retenir intelligemment.

Avant de drainer : votre sol en a-t-il vraiment besoin ?

Un sol humide après une pluie n’est pas forcément un sol mal drainé. La question importante est plutôt : combien de temps l’eau reste-t-elle en surface, et quelles conséquences observez-vous sur vos cultures ?

Si l’eau s’infiltre en quelques heures, même après une pluie soutenue, il n’y a généralement pas lieu de s’inquiéter. Si, en revanche, des flaques persistent plusieurs jours, si le sol reste collant très longtemps, ou si les racines des plantes pourrissent régulièrement, le drainage mérite d’être envisagé.

À vérifier avant de drainerAvant de creuser un fossé ou de poser un drain, prenez le temps d’observer le comportement de l’eau dans votre jardin.

  • Les flaques disparaissent-elles en quelques heures ou restent-elles plusieurs jours ?
  • Le problème concerne-t-il tout le terrain ou seulement une zone basse ?
  • Le sol est-il compacté par les passages répétés, les travaux ou les engins ?
  • Les cultures souffrent-elles vraiment, ou le sol est-il simplement humide en saison pluvieuse ?

Les signes d’un sol qui garde trop l’eau

Plusieurs indices peuvent vous alerter :

  • des flaques qui restent longtemps après la pluie ;
  • une terre spongieuse sous les pieds ;
  • une terre lourde, collante, difficile à travailler ;
  • des semis qui pourrissent avant de lever ;
  • des racines asphyxiées, brunes ou molles ;
  • des maladies cryptogamiques favorisées par l’excès d’humidité ;
  • des cultures qui végètent dans certaines zones du jardin.

Ces signes ne veulent pas dire qu’il faut forcément poser un drain. Ils indiquent surtout qu’il faut comprendre ce qui bloque l’infiltration de l’eau.

Les causes possibles : argile, tassement, pente ou cuvette naturelle

Un excès d’eau peut avoir plusieurs origines. Une terre argileuse retient naturellement davantage l’eau qu’une terre sableuse. Ce n’est pas un défaut en soi : en été, cette capacité de rétention peut même devenir un avantage précieux.

Le problème apparaît surtout lorsque la terre est compacte, pauvre en matière organique ou travaillée au mauvais moment. L’eau ne circule plus correctement. Elle reste alors en surface, au lieu de descendre lentement dans les horizons du sol.

Le relief compte aussi. Une cuvette naturelle, un bas de pente ou une zone en contrebas d’une allée recevra plus d’eau que le reste du jardin. Dans ce cas, le sol n’est pas forcément mauvais : c’est l’emplacement qui concentre les ruissellements.

Comment drainer un sol de jardin ?

Il existe plusieurs façons de drainer un sol de jardin. Le bon choix dépend de la gravité du problème, de la surface concernée, du type de sol et de l’usage de la zone : potager, verger, massif, pelouse, allée ou plantation d’arbuste.

Je vous conseille de partir des solutions les plus simples et les plus respectueuses du sol. Les travaux lourds ne devraient venir qu’en dernier recours, quand les autres options ne suffisent pas.

Améliorer l’infiltration avant d’évacuer l’eau

Au potager, le premier objectif n’est pas d’assécher le sol. On cherche plutôt à améliorer sa structure pour que l’eau s’infiltre mieux, circule plus lentement et reste disponible pour les plantes.

Pour cela, plusieurs pratiques donnent de bons résultats sur la durée :

  • apporter régulièrement du compost mûr ;
  • protéger le sol avec un paillage adapté ;
  • éviter de marcher sur les zones cultivées ;
  • installer des planches permanentes ;
  • semer des engrais verts pour aérer le sol avec leurs racines ;
  • ne pas travailler une terre argileuse lorsqu’elle est détrempée.

Ces pratiques ne règlent pas tout en quelques semaines. Mais sur plusieurs saisons, elles transforment réellement le comportement d’un sol lourd. Une terre mieux structurée absorbe mieux les pluies, ressuyera plus vite en surface et restera plus accueillante pour les racines.

Au potager, pensez d’abord infiltrationDans une zone cultivée, évacuer l’eau trop vite peut créer un autre problème quelques mois plus tard : un sol qui sèche davantage en été.

  • Travaillez en planches permanentes pour limiter le tassement.
  • Gardez des allées fixes, quitte à les creuser légèrement dans les zones très humides.
  • Apportez de la matière organique chaque année, sans chercher à transformer le sol d’un seul coup.

Créer des planches surélevées et des allées drainantes

Planches surélevées et allée creusée pour drainer un jardin humide
Planches potagères surélevées entourées d’allées basses et drainantes après la pluie. Les cultures restent hors de l’eau tandis que les chemins recueillent l’excès d’humidité et facilitent le drainage naturel du jardin.

Dans une terre lourde, les planches surélevées sont généralement plus pertinentes qu’un drainage profond, surtout au potager. L’idée est simple : on cultive un peu au-dessus du niveau naturel du terrain, tandis que les allées recueillent temporairement l’eau.

Cette solution est particulièrement intéressante si votre jardin est humide en hiver ou au printemps, mais pas marécageux toute l’année.

Vous pouvez par exemple creuser légèrement les allées, puis remonter la terre sur les planches de culture. Dans les allées, l’eau se concentre après les fortes pluies, puis s’infiltre lentement. Les planches restent plus vite praticables, les racines respirent mieux, et vous évitez de bouleverser tout le terrain.

C’est aussi une approche plus cohérente avec la vie du sol. Au lieu d’envoyer l’eau ailleurs, vous l’aidez à circuler et à nourrir la réserve utile du jardin.

Drainage à la plantation

Drainage à la plantation avec trou profond et compost sous la motte
Jeune arbuste installé dans un trou de plantation profond, sur un apport de compost, avec une terre travaillée autour de la motte. Une méthode utile pour améliorer l’installation des racines et limiter les excès d’eau en sol lourd.

Le drainage à la plantation peut aider pour certains arbres, arbustes ou plantes vivaces sensibles à l’excès d’eau. Il ne s’agit pas de drainer tout le jardin, mais d’améliorer localement la zone où les racines vont s’installer.

La méthode consiste à creuser un trou plus large et plus profond que la motte. Dans les sols lourds, on peut ameublir le fond et les bords, puis incorporer du compost mûr à la terre de rebouchage pour améliorer sa structure.

On lit parfois qu’il suffit de déposer une couche de pierres ou de graviers au fond du trou. Cette pratique peut aider dans certains cas, mais elle ne doit pas créer une cuvette étanche où l’eau s’accumule sous les racines. Si le sous-sol est très compact ou argileux, l’eau risque de descendre dans le trou… puis d’y rester. Pour une plante, c’est un peu comme passer l’hiver les pieds dans une bassine.

Dans ce cas, mieux vaut élargir généreusement la zone travaillée, planter légèrement sur butte et choisir des espèces adaptées à votre sol. Pour le potager, cette méthode ponctuelle n’est pas la plus adaptée : les planches de culture surélevées et l’amélioration progressive du sol seront plus efficaces.

Drainer en ouvrant des sillons

Drainer un jardin en ouvrant des sillons dans un sol humide
Potager en sol lourd avec plusieurs sillons creusés à la pelle pour guider l’eau après la pluie. Cette technique de drainage aide à évacuer l’excès d’humidité dans un jardin détrempé, sans gros travaux.

Pour une zone ponctuellement humide, vous pouvez ouvrir des sillons étroits qui guideront l’eau vers un point bas, une allée ou une zone d’infiltration. Cette méthode reste légère, accessible et moins engageante qu’un réseau de drains enterrés.

Avec une bêche, creusez des sillons dans le sens de la pente, lorsque celle-ci existe. La largeur d’une bêche suffit dans la plupart des jardins. Le but n’est pas de faire une tranchée impressionnante, mais de créer un chemin préférentiel pour l’eau.

Évitez toutefois de remplir systématiquement ces sillons avec du sable, surtout en terre très argileuse. Le sable seul ne transforme pas une terre compacte en terre légère. Il peut même créer des zones mal structurées si l’ensemble du sol ne suit pas.

Selon le cas, il sera plus judicieux d’utiliser des graviers, du bois raméal fragmenté bien maîtrisé en surface d’allée, ou simplement de laisser ces sillons jouer leur rôle de petites rigoles temporaires. L’essentiel est de ne pas évacuer l’eau n’importe où.

Creuser un fossé

Creuser un fossé dans un potager en pente pour drainer l’eau
Dans un potager en pente, un fossé est creusé à la pelle pour canaliser l’eau de ruissellement. Cette technique aide à drainer le jardin et à protéger les cultures d’un excès d’humidité.

Le fossé est une solution simple pour intercepter l’eau dans la partie basse d’un terrain, autour d’une zone de culture ou le long d’une limite. Il peut soulager temporairement un jardin après de fortes pluies.

Cette technique convient surtout lorsque l’eau ruisselle depuis une zone plus haute et se concentre toujours au même endroit. Un fossé placé au bon endroit peut alors recueillir l’excès d’eau et l’orienter vers une zone où elle s’infiltrera sans gêner les cultures.

Attention toutefois : un fossé n’est pas une invitation à envoyer l’eau chez le voisin ou sur une zone déjà fragile. Observez le sens naturel de l’écoulement, gardez une pente douce, et privilégiez chaque fois que possible une zone d’infiltration dans votre propre jardin.

Creuser un puits perdu

Le puits perdu vise à recueillir l’eau en excès dans une fosse profonde, remplie de matériaux drainants. L’eau s’y concentre, puis s’infiltre progressivement en profondeur.

Dans sa version classique, on creuse une fosse d’environ 1,50 m de profondeur, sur une largeur suffisante pour absorber les volumes d’eau concernés. On place ensuite un géotextile au fond et sur les bords, puis on remplit la fosse avec des pierres, des tuiles cassées, des graviers et éventuellement une couche plus fine en surface.

Cette solution peut fonctionner dans certains terrains, mais elle demande prudence et bon sens. Si le sous-sol est imperméable, le puits perdu risque de se remplir sans vraiment infiltrer. Si la nappe est proche, il peut poser d’autres problèmes. Et si l’eau vient d’une toiture, d’une allée ou d’une grande surface imperméabilisée, le volume à gérer peut vite dépasser ce qu’un simple aménagement de jardin peut absorber.

Un puits perdu ne se creuse pas au hasardAvant de créer un puits perdu, vérifiez la nature du sous-sol, la circulation naturelle de l’eau et la proximité des bâtiments.

  • Évitez les zones proches des fondations, des caves ou des murs enterrés.
  • Ne dirigez pas l’eau vers une parcelle voisine.
  • En cas de doute, renseignez-vous localement, surtout pour des volumes importants.

La vidéo ci-dessous illustre concrètement la logique d’un aménagement drainant. Elle peut vous aider à visualiser les volumes de matériaux et la mise en œuvre.

Poser un drain enterré

Poser un drain enterré au potager avec gaine drainante et géotextile
Pose d’un drain enterré dans un potager familial : géotextile, graviers et gaine drainante de petit diamètre.

La pose d’un drain enterré est la solution la plus durable, mais aussi la plus lourde. Elle implique de creuser un réseau de tranchées, de respecter une pente régulière et de prévoir un exutoire adapté. Ce n’est donc pas la première option à envisager dans un potager familial.

Un drain devient pertinent quand une zone reste durablement gorgée d’eau, malgré les améliorations de surface, ou lorsqu’il faut protéger une partie du terrain d’un excès d’eau récurrent.

1re étape : creuser un réseau de tranchées

Commencez par creuser une tranchée principale dans le sens de la pente. Elle servira de collecteur. Creusez ensuite des tranchées secondaires qui rejoindront cette tranchée centrale.

La pente doit conduire l’eau vers l’évacuation. Une pente d’environ 1 % constitue un bon repère : cela représente 1 cm de dénivelé par mètre de tranchée.

La largeur d’une bêche suffit généralement. Pour la profondeur, prévoyez plus large que pour un simple sillon. Si vous souhaitez cultiver au-dessus, gardez assez de terre au-dessus du drain pour ne pas l’atteindre avec les outils et pour laisser les racines se développer.

Dans un potager, une profondeur de l’ordre de 60 cm donne un repère raisonnable : le drain occupe quelques centimètres, les graviers doivent le recouvrir, et les cultures ont besoin d’une couche de terre exploitable au-dessus.

Évitez de planter des arbres juste au-dessus d’un drain. Leurs racines s’étalent en largeur et peuvent finir par gêner ou colmater l’installation.

2e étape : poser le drain

Déposez un feutre géotextile au fond des tranchées, en le faisant remonter sur les côtés. Il limitera le colmatage par les particules fines du sol.

Placez ensuite une gaine de drainage perforée, annelée, d’un diamètre adapté à l’humidité du terrain. Les gaines de 50 à 70 mm conviennent à de nombreux jardins, mais un terrain très humide peut exiger un diamètre supérieur ou un réseau mieux dimensionné.

Vérifiez soigneusement la pente avant de reboucher. Un drain sans pente, ou avec une pente inversée, ne draine pas grand-chose. Il garde l’eau, se colmate, puis finit par devenir un souvenir coûteux enterré sous les plates-bandes.

3e étape : combler les tranchées

Recouvrez la gaine de graviers, sur au moins 20 cm d’épaisseur. Repliez ensuite le géotextile par-dessus les graviers, puis terminez avec la terre du jardin.

Le drain central doit déboucher vers une zone prévue pour recevoir l’eau : fossé existant, mare, noue, zone d’infiltration ou autre solution adaptée au terrain. Plus l’eau reste dans le jardin, en s’infiltrant correctement, mieux c’est. L’objectif n’est pas de déplacer le problème ailleurs.

Comment drainer un sol argileux sans l’abîmer ?

Un sol argileux demande une approche particulière. Il retient l’eau, colle aux bottes, se compacte vite si on le travaille trop humide, mais il possède aussi de belles qualités : il garde les éléments nutritifs et résiste mieux à la sécheresse lorsqu’il est bien structuré.

Le but n’est donc pas de transformer une terre argileuse en terre sableuse. Ce serait vain, coûteux et rarement bénéfique. Le but est de l’aider à respirer.

Pourquoi le sable n’est pas toujours une bonne idée

On conseille parfois d’ajouter du sable dans une terre argileuse pour l’alléger. En pratique, ce conseil est à manier avec beaucoup de prudence.

Pour modifier réellement la texture d’un sol argileux, il faudrait des quantités énormes de sable, parfaitement incorporées. Avec de petites quantités, on obtient surtout un mélange hétérogène, parfois plus compact encore. Le jardinier croit alléger sa terre ; la terre, elle, n’a rien signé.

Le sable peut avoir un intérêt dans certains mélanges très précis, pour des zones localisées ou des substrats de plantation. Mais pour améliorer durablement une terre de jardin, la matière organique, les racines vivantes et la protection du sol sont beaucoup plus intéressantes.

Le rôle du compost, des engrais verts et des racines

Le compost mûr nourrit la vie du sol et favorise la formation d’agrégats. Ces petits grumeaux stables améliorent la circulation de l’air et de l’eau. La terre reste argileuse, bien sûr, mais elle devient moins massive, moins collante, plus facile à cultiver.

Les engrais verts jouent aussi un rôle précieux. Certaines racines fissurent le sol, explorent différents horizons et laissent derrière elles des canaux utiles à l’infiltration de l’eau. Le couvert végétal protège également la surface contre la battance, ce phénomène qui forme une croûte après la pluie.

Dans mes propres observations, les sols lourds s’améliorent rarement par une action spectaculaire. Ils progressent par régularité : sol couvert, apports de compost, pas de piétinement sur les planches, racines vivantes dès que possible. C’est moins impressionnant qu’une tranchée de drainage, mais bien plus fertile sur la durée.

À retenir pour une terre argileuseUne terre argileuse n’a pas forcément besoin d’être drainée en profondeur. Elle a surtout besoin d’une structure plus stable et d’une meilleure activité biologique.

  • Ne travaillez pas la terre lorsqu’elle colle aux outils.
  • Préférez les apports réguliers de compost mûr aux corrections brutales.
  • Gardez des passages fixes pour ne pas tasser les zones cultivées.

Quelle méthode de drainage choisir au jardin ?

Pour choisir une méthode, partez toujours de votre situation réelle. Un petit excès d’eau dans une planche de culture ne se traite pas comme un terrain entier gorgé d’eau. Un arbre fruitier n’a pas les mêmes besoins qu’un rang de salades. Et une terre argileuse humide en février peut devenir dure comme de la brique en juillet.

MéthodeSituation adaptéeNiveau de travauxLimite principale
Amélioration du solPotager, sol lourd, terre tassée, infiltration lenteFaible, mais régulierRésultats progressifs
Planches surélevéesPotager humide, terre argileuse, allées détrempéesModéréDemande une organisation durable du potager
Drainage à la plantationArbres, arbustes, vivaces sensibles à l’excès d’eauFaible à modéréPeu adapté aux grandes surfaces cultivées
Sillons ou rigolesZone ponctuellement humide, petite surface, pente légèreFaibleSolution temporaire ou localisée
FosséBas de terrain, ruissellement régulier, bordure de jardinModéréDoit recevoir et guider l’eau sans créer de nuisance
Puits perduPoint bas avec sous-sol infiltrantImportantInutile si le sous-sol ne laisse pas passer l’eau
Drain enterréExcès d’eau récurrent, zone durablement saturéeImportantDemande pente, exutoire et mise en œuvre soignée

Ce tableau n’est pas une ordonnance. Il sert plutôt à éviter les réponses automatiques. Le drainage le plus adapté est celui qui règle le problème sans appauvrir le sol, sans déplacer l’eau chez autrui et sans créer une dépendance supplémentaire à l’arrosage en été.

Les erreurs à éviter avant de drainer un jardin

La première erreur consiste à confondre sol humide et sol mal drainé. Un jardin vivant peut rester frais en hiver ou au printemps. Ce n’est pas un défaut si les cultures se portent bien et si l’eau finit par s’infiltrer.

La deuxième erreur consiste à vouloir assécher un sol argileux à tout prix. Une terre lourde n’est pas une mauvaise terre. Elle demande simplement d’autres gestes, d’autres périodes d’intervention et une vraie patience.

La troisième erreur consiste à poser un drain sans réfléchir à la sortie de l’eau. Un drainage n’a de sens que si l’eau rejoint un endroit adapté : zone d’infiltration, fossé autorisé, mare, noue ou point bas prévu pour cela.

La quatrième erreur consiste à oublier l’été. Un sol qui paraît trop humide en mars peut devenir très sec en août. En drainant trop fort, vous pouvez accentuer les besoins en arrosage au moment où l’eau manque le plus.

Ne drainez pas par réflexeUn drainage mal pensé peut aggraver la situation au lieu de l’améliorer.

  • Ne drainez pas une terre légère qui sèche déjà rapidement.
  • Ne dirigez jamais l’eau vers une parcelle voisine.
  • Ne posez pas un drain enterré sans pente régulière ni sortie cohérente.

Drainer, oui… mais pas contre la vie du sol

Lorsque j’avais abordé ce sujet au départ, j’avais surtout présenté des techniques classiques : trous de plantation, sillons, fossés, puits perdu, drains enterrés. Ces méthodes existent, et elles peuvent rendre service dans certaines situations.

Mais les échanges avec des lecteurs m’ont amené à revoir l’approche. Plusieurs jardiniers ont rappelé, à juste titre, qu’un drainage ne consiste pas seulement à évacuer l’eau. On peut aussi organiser le jardin autrement : creuser les allées, surélever les planches, apporter du compost, garder le sol couvert et laisser les racines travailler.

L’exemple d’un jardinier en terre très argileuse est parlant : des allées creusées de 40 à 50 cm jouent le rôle de zones drainantes, tandis que les planches de culture surélevées reçoivent compost et couvert permanent. Après quelques années, la terre reste argileuse, mais elle se comporte beaucoup mieux. L’eau s’accumule dans les allées après la pluie, puis s’infiltre progressivement sous les planches. Les cultures ne baignent plus dans l’eau, et le sol continue de jouer son rôle de réserve.

Cette approche me semble aujourd’hui plus juste pour un potager naturel. Elle ne nie pas les problèmes d’excès d’eau. Elle évite simplement de répondre à chaque flaque par une tranchée.

Certaines techniques de drainage ont aussi des conséquences écologiques. En évacuant trop vite l’eau, on peut contribuer à l’assèchement local du sol, réduire la recharge en eau sur place ou reporter le problème plus bas. Dans un contexte où les sécheresses et les pluies brutales deviennent plus marquées, garder l’eau dans le paysage, quand c’est possible, devient une vraie priorité.

Au final, le bon drainage est peut-être celui qui se voit le moins : un sol vivant, des allées bien pensées, des planches légèrement surélevées, des racines en action, et seulement quand c’est nécessaire, un aménagement plus technique.

Avant de creuser, observez votre jardin

Drainer un sol de jardin peut être utile lorsque l’eau stagne durablement, que les racines s’asphyxient ou qu’une zone reste impraticable après chaque pluie. Mais ce n’est pas une opération anodine.

Avant de sortir la pioche, observez votre terrain, repérez les zones basses, testez la vitesse d’infiltration, regardez comment l’eau circule, et demandez-vous si vous devez vraiment l’évacuer… ou plutôt l’aider à entrer dans le sol.

Pour un potager, je privilégierais presque toujours les solutions progressives : planches surélevées, allées drainantes, compost, engrais verts, sol couvert et passages fixes. Les drains, fossés et puits perdus ont leur place, mais plutôt dans les cas plus lourds, quand l’excès d’eau devient réellement bloquant.

Si vous voulez aller plus loin dans cette logique de sol vivant, fertile et mieux structuré, vous trouverez aussi des bases pratiques dans Mon Potager au Naturel.

Et si votre problème de drainage vous amène surtout à mieux gérer l’eau au jardin, mon livret pratique Arrosage intelligent peut vous aider à aller plus loin. Vous y trouverez des repères concrets pour arroser moins au hasard, adapter les quantités selon les cultures et mieux composer avec les périodes sèches comme avec les excès d’humidité.

Et chez vous, comment l’eau se comporte-t-elle après une forte pluie ? Votre sol absorbe-t-il rapidement, ou certaines zones restent-elles détrempées plusieurs jours ? Vos retours d’expérience sont les bienvenus dans les commentaires.

FAQ drainage du jardin

Peut-on drainer un jardin sans tuyau ni drain enterré ?

Oui, dans de nombreux cas. Pour une zone humide mais cultivable, on peut d’abord travailler avec des planches légèrement surélevées, des allées fixes plus basses, des rigoles temporaires, des apports réguliers de compost mûr et des couverts végétaux. Ces solutions ne remplacent pas toujours un drain sur un terrain réellement gorgé d’eau, mais elles suffisent souvent au potager.

Combien de temps l’eau peut-elle rester en surface avant que ce soit inquiétant ?

Après une forte pluie, quelques flaques pendant quelques heures ne posent généralement pas de problème. La situation devient plus préoccupante si l’eau reste plusieurs jours, si la terre sent mauvais, si elle colle durablement aux outils ou si les racines des cultures pourrissent régulièrement. Il faut alors chercher la cause avant de choisir une solution.

Quelles plantes supportent mieux un sol humide au jardin ?

Pour les zones qui restent fraîches, on peut privilégier des plantes plus tolérantes à l’humidité, comme la menthe, la consoude, certaines oseilles, l’angélique, la rhubarbe ou plusieurs petits fruitiers selon les conditions. En revanche, les plantes méditerranéennes, l’ail, l’oignon, la lavande ou le romarin supportent mal les terres durablement détrempées.

Faut-il drainer une pelouse qui reste humide en hiver ?

Pas forcément. Une pelouse humide en hiver peut être simplement liée à la saison, surtout en terre argileuse. Avant d’envisager des travaux, on peut limiter le piétinement, aérer ponctuellement le sol, améliorer la vie du sol et accepter une zone plus fraîche si elle ne gêne pas l’usage du jardin. Le drainage devient utile si la zone reste impraticable très longtemps ou se transforme régulièrement en bourbier.

Un drainage peut-il assécher le jardin en été ?

Oui, si le drainage est trop efficace ou mal adapté. Une terre qui paraît trop humide en hiver peut devenir précieuse en été grâce à sa capacité à garder l’eau. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux chercher à améliorer l’infiltration et la structure du sol avant d’évacuer l’eau trop rapidement.

Quand faut-il demander l’avis d’un professionnel ?

Un avis professionnel devient préférable si l’eau menace une maison, une cave, un mur, une terrasse, un chemin d’accès ou si le terrain reçoit beaucoup d’eau venant d’ailleurs. C’est aussi prudent avant de créer un puits perdu, un réseau de drains important ou une évacuation vers un fossé, car les conséquences peuvent dépasser le simple cadre du potager.

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Treyo
Treyo
22 mai 2020 10 h 09 min

Bonjour à tous
J’ai un sol assez argileux et la nappe phréatique est proche de la surface. Du coup, cet hiver (très pluvieux !) : sol gorgé d’eau pendant plusieurs mois.
Or j’ai au fond du jardin un trou d’environ 1 m3. Forcément au printemps il était rempli à ras bord et j’ai pu utiliser cette eau pour arroser le potager (planches surélevées de 15 – 20 cm et paillées en permanence). Maintenant le trou est vide et je me demandais s’il ne serait pas possible de retenir cette eau plus longtemps, pour faire une vraie citerne alimentée uniquement par drainage du sol environnant. L’idée serait une fosse de 2 m x 1 m (prof. 2 m) dont les parois seraient faites de plaques pour clôtures béton : l’eau peut percoler pendant tout l’hiver (entre les plaques), mais au printemps elle repasse beaucoup moins vite dans le sol puisqu’elle n’est pas « aspirée » par la terre des parois.
Je ne sais pas si je suis clair. Vos avis m’intéressent, je ne trouve rien sur le Net à ce sujet.

Hedera Concept
22 janvier 2020 10 h 15 min

Bonjour,
A mon sens, l »eau n’est jamais en excès sur un terrain ! Il faut juste apprendre à faire avec pour la valoriser au mieux.
Plutôt que de vouloir l’évacuer à tout prix, il semblerait plus intéressant de se pencher sur comment la stocker pour la rendre disponible en cas de besoins. Pour cela, et c’est d’autant plus facile dans les terres lourdes, donc argileuses, il semble interessant de mettre en place des mares. Elles sont alors des réserves d’eau pour l’arrosage estival tout en étant d’importants réservoirs à biodiversité. Certes une mare prend un peu de place mais nul besoin de recréer le lac Léman dans son jardin. Il faut l’adapter à la taille de son jardin voir privilégier la création de plusieurs petits points d’eau : limitation des trajets lors de l’arrosage, entretien facilité et création de plusieurs sortes de milieux aquatiques pour la faune et la flore. On joue alors sur la profondeur (possibilité de descendre sur plusieurs mètres au centre même sur une mare de petite taille : on obtient alors le principe du puits évoqué dans l’article de Gilles mais qui n’est pas rempli rebouché de pierres pour garder utilisable l’eau), sur la découpe des berges,… Et si on mets en place plusieurs mares dans son jardin, il est possible de les relier par un petit ruisseau créant alors un nouvel écosystème bénéfique pour l’environnement et oeuvrant au drainage du terrain alentour. On joint alors l’utile à l’agréable en créant un réseau hydrologique trop souvent absent des jardins et pourtant vital à son bon fonctionnement.
Et bien entendu, tout le travail d’allègement de la terre est complémentaire et nécessaire pour réussir ses cultures. Mais il est bénéfique que s’il s’inscrit dans le cycle de la nature et répond à quelques règles de bases :
– Pas ou peu de matières organiques déjà décomposées : en forêt, qui a déjà vu des lutins épandre du terreau. L’écosystème du sol est fait de façon à être capable d’assurer l’intégralité de la décomposition de la matière organique qui lui parvient alors il est préférable de le couvrir directement de feuilles mortes, de pailles,… et de laisser faire la nature pour ne pas rompre cet équilibre.
– Pas ou peu de travail du sol pour ne pas bouleverser cet équilibre (même le passage de certains outils les plus « naturels » peuvent perturber le sol de manière assez catastrophique suivant la période d’utilisation et la nature du sol. Et encore une fois, point de lutins en forêt pour travailler le sol et des plantes poussent.
– …
Mais ce n’est pas le sujet de l’article alors je m’arrêterai là.
Il faut juste retenir que si tout le monde évacue l’eau dans les réseaux, comme c’est le cas actuellement quasiment partout en ville, on accroît fortement les risques de catastrophe « inondations » tout en asséchant son terrain et limitant son infiltration dans le sol ne permettant pas alors aux nappes phréatiques de se remplir correctement.
Il est donc nécessaire de remettre en place une gestion dynamique et intégrée de l’eau à tous les niveaux.
En m’excusant pour la longueur de ce post,
Naturellement votre,
Louis.

Manou
Manou
18 janvier 2020 13 h 20 min

Bonjour Gilles, j’ai visionné cette vidéo. si on adhère, il ne faut plus utiliser la dernière solution d’un drain pour préserver la terre. Qu’en penses tu? Merci pour tes conseils.

Gilles
Gilles
18 janvier 2020 11 h 04 min

Concerné par ce cas de figure, j’ai résolu le problème en créant des planches surélevées d’environ 18cm (une hauteur de solivette). Et en pratiquant le jardinage sur sol couvert en permanence depuis maintenant 4 ans, j’ai vu ma terre s’améliorer profondément grâce à la faune du sol.
Petit à petit, le problème disparaît et je commence à récolter des légumes-racines, chose impossible auparavant.
Merci Gilles pour vos conseils bien utiles.
Amitiés jardinières,
Gilles

Gilles
Gilles
18 janvier 2020 11 h 50 min
En réponse à  Gilles le Jardinier Bio

Houps ! C’est vrai que j’étais un peu hors-sujet.
Pardon et bon courage
Merci
Gilles

Klod Alain
18 janvier 2020 22 h 54 min
En réponse à  Gilles

Bonjour Gilles
Je pratique la même méthode que vous, semble-t’il, qui m’a été inspiré par la technique des andains, qui, n’en déplaise à Gilles le Jardiner est bel est bien une pratique ancestrale de drainage, utilisée notamment en boulbènes battantes.
Avec l’âge, j’ai décidé l’extrapoler cette méthode et de surélever le sol ce qui me permet de moins avoir à me baisser. Dans ma terre très argileuse, j’ai donc creusé des allées de 40 ou 50 centimètres de large qui servent de drains. Puis, j’ai utilisé de la volige pour surélever mes planches de culture où j’apporte beaucoup de compost en plus du couvert permanent. En quelques années (moins de cinq ans pour être précis) ma terre lourde et collante est devenue comme du terreau. A chaque pluie, les allées sont remplies d’eau qui s’infiltre ensuite lentement dans le sol, sous les planches de culture, le complexe argilo-humique et la porosité du sol, désormais, permet de stocker l’eau pour les besoins des plantes. Mais en surface, mes planches ne sont jamais submergée.
Cette façon de procéder n’a absolument rien à voir avec la culture sur buttes, car le sol des planches, ou andains, est travaillé à l’aérobèche (ou autre) comme un sol normal en jardinage naturel.

eddy
eddy
18 janvier 2020 8 h 59 min

Bonjour Gilles , bon à savoir ,toujours content de te lire ,amicalement