Pascal Poot, ses semences sont-elles les meilleures ?

Depuis quelques années, et plus précisément, son passage à la télévision, beaucoup de jardiniers produisant leurs plants ne jurent plus que par les semences de Pascal Poot.

On me demande ainsi très fréquemment ce que j’en pense…

Rendez-vous compte : vous pouvez désormais cultiver des tomates sans arrosage !

Du moins, c’est ce que l’on dit… mais voyons cela de plus près, le plus objectivement possible (je précise que je n’ai jamais acheté ses semences…).

Pascal Poot, une démarche exemplaire

Oui, chercher à obtenir des variétés moins dépendante en eau est une très bonne chose.

Les canicules et sécheresses sont de plus en plus fréquentes, intenses et durables…

Aussi, penser que l’on va pouvoir continuer à cultiver comme nos aïeuls pendant encore longtemps est une erreur.

En cherchant à améliorer des variétés anciennes pour une meilleure résistance à la sécheresse, Pascal Poot est donc dans le vrai.

A ce titre, il doit servir d’exemple et être remercié et encouragé pour son travail.

Merci Pascal !

Des plants réellement sans besoin en eau ?

C’est là que les choses se compliquent quelque peu…

Si en effet, les plants issus de semences de Pascal Poot sont déjà peut-être un peu moins dépendants en matière d’arrosage, il n’en demeure pas moins qu’ils ont, en général, besoin d’un minimum d’eau pour produire correctement.

Pourtant, certains affirment que grâce à ses semences, on peut se passer totalement d’arrosage (on n’y reviendra un peu plus bas…).

Mais il suffit de regarder les plants cultivés par Pascal lui-même chez lui, dans le but de produire de la semences, et donc sans aucun arrosage (enfin un ou deux dans la saisons en réalité), pour comprendre que c’est loin d’être le cas.

Non seulement certains de ses plants sont rachitiques, mais d’autres, dans des conditions de sécheresse vont même mourir… alors que dans d’autres secteurs (ayant un terre plus argileuse), les plants résistent bien.

On voit donc déjà que les plants se comporteront différent selon les conditions dans lesquelles ils sont cultivés.

Mais voyez cela par vous-même :

 

 

Pascal Poot est parfaitement honnête et objectif.

Nous voyons donc clairement que, sans eau, dans des conditions de sécheresse, les plants produits à partir des semences de Pascal  ne sont pas réellement indépendants en eau.

Contrairement à ce que l’on peut lire ou entendre ici ou là.

Alors, certes, certains ont réussi à produire des tomates sans arrosage… mais est-ce réellement sans eau ?

Car l’eau ne vient pas seulement de nos arrosages, mais aussi bien évidemment des pluies (si vous avez un orage tous les 10 ou 15 jours… ben vos plants sont arrosés), mais aussi du sol (une terre argileuse a des réserves importantes en eau, en profondeur… et les racines vont tout simplement aller puiser dans ces réserves).

En clair, dans des régions aux étés relativement humides, et avec une terre retenant bien l’eau, cultiver et récolter des tomates sans arrosage est possible…

Ça l’est beaucoup moins dans d’autres régions, ou avec une terre plus légère, retenant très peu l’eau… Par exemple, chez moi (canicules et sécheresses pratiquement tous les étés depuis quelques années, terre légère), des plants de tomates non arrosés ne donneront rien. Ils ne passeront tout simplement pas l’été.

Alors, quelles sont les meilleures semences ?

La réponse est simple : les vôtres !

Car c’est bien en reproduisant vous-même vos propres graines que vous allez, peu à peu, obtenir des semences parfaitement adaptées à votre terroir et à votre climat !

Les conditions de culture de Pascal Poot (près de Lodève, dans l’Hérault, donc le sud de la France, situation légèrement en altitude…) ne sont pas forcément les mêmes que les vôtres.

Alors, vous pouvez bien entendu acheter vos premières graines chez Pascal Poot (voir ici), ou tout aussi bien chez d’autres semenciers bio. Je vous recommande d’ailleurs au passage de vous approvisionner auprès de semenciers les plus proches de chez vous, au tout au moins ayant des conditions climatiques similaires.

Mais ensuite, essayez de reproduire vous-même vos semences, sur le principe de ce que propose Pascal, c’est à dire en n’arrosant pas, ou très peu, vos plants destinés à la reproduction de semences.

Année après année, vos semences vont réellement s’adapter à votre terre et à votre climat.

Et, finalement, dans quelques années, peut-être pourrez-vous pratiquement vous passer de les arroser…

 

Vous l’aurez compris, cet article ne se veut pas polémique et ne vise en aucun  cas à dénigrer Pascal Poot (je soutiens au contraire à 100% sa démarche)…

J’ai simplement souhaiter recadrer un peu les choses, et par rebond, vous inciter à reproduire par vous-même vos semences !

Ceci précisé, vos réflexions et commentaires sont bienvenus ci-dessous.

 

  • Vous envisagez de faire vous-même vos plants de légumes ?
  • Vous produisez déjà vos plants mais ce n’est pas toujours une réussite ?

Découvrez la formation vidéo “Faites vos plants !”

 

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  • bonjour , effectivement s’est mieux de faire ses plants sois même puisque ce sont nos propre graines récoltées , bien plus de satisfaction personnelle de réussite et on s’ai ce que l’on mange ,il ne faut pas oublier que les légumes de grande surface ou autre sont des légumes forcés qui peuvent venir aussi de l’étranger et au niveaux du gout ce n’est pas vraiment çà , donc continuons à faire nos propre légumes de plus s’est un vrais plaisir de cultivé son potager , contant de te lire a+

  • Bonjour Gilles, tu as pris beaucoup de pincettes pour écrire cet article. Cela sous-entend bien les craintes éprouvées. Je fais partie de ces gens qui ont un ras le bol général de l’immense majorité des indépendants, artisans, commerçants, exploitants, etc… qui dénigrent, dénoncent, leurs concurrents, pensant mieux faire qu’eux et se faire valoir auprès de leurs clients. J’ai toujours fuis ces gens-là, et aujourd’hui j’en suis au fait, de rentrer systématiquement en conflit avec, pour leur faire redescendre l’orgueil au RDC.
    Je te connais pas, mais je te suis silencieusement depuis quelques années. Et rassures-toi concernant ton article, j’y adhère totalement, car nous parlons bien du travail et de la vision de l’individu, en toute objectivité. Et de s’en servir de base de réflexion, et de l’adapter à notre terroir. J’ai acheté des semences dans différents endroits se revendiquant Bio, et aussi chez Pascal Poot. J’ai pas suffisamment de recul pour l’affirmer, mais j’ai tout de même la nette impression que ses semences de tomates, donne des plants plus robustes et résistants que d’autres semenciers. Je sais qu’ils ont résisté à plusieurs petites gelés consécutives avant de mourir. J’ai les ai arrosé, plus par précaution que part nécessité, mais sans arrosage, ils n’auraient sans doute pas tenu. Sachant que j’en ai planté entre 900 et 1070m d’altitude. Pour finir sur Pascal Poot, il a construit sa notoriété depuis quelques années, mais il ne faut pas occulter le travail remarquable de bien d’autres exploitants, tout aussi compétents.
    Peu importe d’où proviennent les semences, avec le temps on peut pratiquement tout adapter en les réutilisant. La nature nous le démontre depuis toujours, sans notre intervention. “Limagrain (et tes copains aussi)” si tu me lis, désolé pour toi lol
    Bonne journée Gilles.

  • Bonjour, oui il est vrai que Pascal Poot que j’ai connu par les réseaux sociaux il y a quelques années m’a vraiment plu. Toutefois, j’ai pu constater que cette méthode de culture est possible sur de très grandes surfaces et non sur un potager “familial” car il a beaucoup de pertes. Je récupère mes graines et les échange avec l’entourage, ainsi que les plants en surnombre. C’est pratique, sympa et créé des liens. Merci pour toutes vos infos.

  • Salut

    Le travail de Pascal Poot c’est de produire des graines pas de produire des tomates.

    C’est une activité différente que de produire des tomates pour les manger ou les commercialiser.

    Du coup les impératifs notamment d’irrigation sont différents.
    Avoir des tomates fripées avec des graines dedans c’est pas un problème pour lui.
    Mais pas pour ceux qui veulent les manger ou les commercialiser.

    Ma remarque ne veut pas du tout dénigrer son boulot bien au contraire.

    Mais les gens confondent graines récoltées sans arrosage ou presque et tomates récoltées sans arrosage ou presque.

    Par ailleurs on sait que des tas d’autres facteurs rentrent en ligne de compte comme la RU que bien peu mesurent.

    Sans parler de sa géologie dont nous ne savons rien et lui non plus d’ailleurs qui sait?

    Chez nous on a une veine de 5m de large dont on sait qu’elle est toujours plus humide que le reste du terrain.
    Ça ne se voit pas mais elle est là et sur cette veine on peut ne jamais arroser et faire croire au miracle :).

  • Bonjour Gilles et merci pour ton article.
    Sans rentrer dans une polémique “vrai/pas vrai”, je souscris totalement à ta vision de produire ses propres semences et ses propres plants.

    J’entame ma troisième campagne, je produits depuis le début mes propres plants et j’espère qu’en fin d’année je serai quasi autonome pour mes semences. Bien au delà d’un geste économique (et il faut dire que ça l’est aussi), c’est surtout un geste “politique”.
    J’ai pris le parti de cultiver non seulement en bio, mais aussi sans aucun traitement quel qu’il soit. Au résultat après plusieurs essais je sais quelles sont les variétés qui sont adaptées à ma terre et à mon climat et celles dont le résultat est plus décevant.
    Que ce soit en maraichage comme en arboriculture, chez moi quasiment pas de végétaux protégés par un COV (certification d’origine variétale), ce qui me permet de les reproduire à l’infini, et pas d’hybride (F1).
    Cette année je mets en place la reproduction d’espèces plus sensibles à l’hybridation et aux croisements (courgettes, courges, melons et concombres). Mon but, à termes, est d’arriver à l’autoproduction de bout en bout.
    Je ne jette la pierre à personne, mais j’ai du mal à cautionner “breveter le vivant” pour obtenir des royalties, ce qui a conduit notamment à la disparition de variétés locales ou régionales et à la “standardisation du gout”, bien pratique pour agro-industrie. Cela est d’ailleurs bien plus vrai dans le domaine des fruitiers (bio ou non bio).
    Ma principale satisfaction est que je me sens soutenu dans ma démarche par mes clients, et on ne peut que souhaiter que la prise de conscience collective progresse encore.

    Cordialement

  • Bonjour,
    Personellenent j’admire la démarche de Pascal Poot, autant plus que ça date encore du temps avant que le savoir en général soit divulgué dans l’internet et qu’il y est parvenu simplement en observant et réflechissant!
    J’ai le bonheur d’essayer ses semences pour la premiere fois, dans mon petit jardin a Alger, et déjà je peux dire que c’est avec de très bons résultats!
    Je souhaite a cet homme si humble, ainsi qu”a sa famille, tout le bien possible.

  • Effectivement c’est important de bien préciser cela, je n’y avait pas pensé . Bon je n’avais pas non plus cru que je n’aurait pas besoin d’eau pour autant. Je me lance à faire mes propres semences depuis 2 , 3 saisons, mais j’ai du mal a faire partir les graines, il faut vraiment que je travail cet aspect et m’équipe correctement pour faire mes plants

  • Sur 10 sachets de graines differentes, seuls les haricots et les reines des glaces ont pris, + 2 graines de tomates. Un peu déçu quand même.

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