Comment arroser ?

L’eau joue un rôle vital dans le jardin.

Mais l’eau est précieuse et parfois rare, il convient dont d’en limiter la consommation. C’est même une règle dans un potager se voulant naturel !

Les différentes techniques de paillage (pailles, mulching, BRF, autres matériaux naturels) permettent ainsi de moins arroser, donc de consommer moins d’eau tout en maintenant une humidité importante au pied des cultures.

Le choix de variétés adaptées à notre région est également un facteur important en matière d’économie d’eau.

Besoins en eau des différentes cultures

L’arrosage doit être adapté aux besoins particuliers de chaque culture, des précipitations (un pluviomètre sera utile pour mesurer les quantités d’eau tombées) ainsi que de la région.

Cultures potagères :

Les besoins en eau des légumes varient de 0 à une dizaine de litre d’eau au m² par jour selon les légumes et leur stade végétatif.

D’une manière générale les légumes ont besoin de 2 fois plus d’eau dans leur maturité (grossissement des fruits, des bulbes, des tubercules ou des pommes) qu’en période de croissance. En cas de pluie, diminuez d’autant l’arrosage.

Si vous arrosez par exemple une fois par semaine, les quantités quotidiennes indiquées dans le tableau  doivent donc être multipliées par 7).

Je précise que ces quantités sont des quantités moyennes considérées comme nécessaires. Personnellement, j’arrose beaucoup moins que cela (en gros moitié moins), notamment en sol paillé.

 

N’hésitez pas à télécharger ce document PDF récapitulant les besoins en eau des légumes :

 

tableau-besoins-eau

 

Fleurs :

Les besoins journaliers moyens des fleurs (saufs rocaille et fleurs rustiques) en eau varient de 2 à 6 litres d’eau au m², le double en climat méditerranéen.

Arbustes et arbres :

Arroser des arbustes ou autres arbres fruitiers est nécessaire les 2 premières années de plantation.

Ensuite, arrosez seulement au printemps et en été s’il ne pleut pas. Les arrosages doivent être peu nombreux mais très copieux.

Besoins en arrosage selon le stade végétatif

  • Semis : le sol doit rester humide en permanence, sans être détrempé (risque de pourriture des graines)
  • Plantation : à la plantation, une jeune pousse nécessite suffisamment d’eau pour permettre son redémarrage. Le sol doit être bien humidifié à chaque arrosage. On espacera petit à petit les arrosages.
  • Plants en développement : les arrosages sont réguliers, copieux (la terre doit être détrempée) mais espacés (mises à part quelques exceptions) : 4 à 8 jours, voire 10 à 15 jours avec un bon paillage… et beaucoup plus avec un BRF. L’ail, l’oignon, l’échalote ne doivent pas être arrosés (sauf sécheresse)
  • Maturité avant récolte, la plupart des légumes  apprécient des arrosages importants, notamment pour favoriser le grossissement des parties consommables. Attention, trop d’eau nuit au goût mais aussi à la conservation (arrosages à éviter donc pour l’ail, l’oignons ou l’échalote, et à limiter pour les courges ou les pommes de terre notamment).

Quand arroser ?

  • De l’automne au printemps : arrosez de préférence le matin, quand le sol est déjà réchauffé. Les arrosages le soir sont fortement déconseillés lorsque les nuits sont fraîches.
  • En été : arrosez le soir, juste avant le coucher du soleil.
  • Sauf jusqu’à la levée des plants si le temps est sec, n’arrosez pas tous les jours – celui nuit à l’enracinement mais aussi à la floraison, donc à la fructification.
  • Arrosez au contraire de façon espacée (tous les 4 à 15 jours selon votre sol, votre climat, les précipitations, sol paillé ou pas…) mais abondamment* (voir ci-dessus les quantités nécessaires par jour au m²) et régulièrement (essayez de garder un rythme identique).

*un arrosage superficiel n’a aucun intérêt, principalement en période chaude ; l’eau va s’évaporer avant de pouvoir être absorbée par les plantes…

Comment arroser ?

 

 

  • Arrosoirs : si l’on cultive une petite surface et que l’on dispose d’un point d’eau proche, cette arroser avec un arrosoirsolution est envisageable. C’est alors, après la pluie bien sûr, le meilleur arrosage qui soit. Arroser les jeunes plants juste repiqués en terre de préférence au pied. Arroser les semis avec une pomme à petits trous.
  • Gouttes à gouttes : Si vous avez un potager relativement important, utiliser de préférer des gouttes à gouttes. Éloigner les tuyaux des lignes de culture (20 à 30 cm) afin que les plants aient besoin d’aller chercher l’eau; cela favorise le développement des racines. Un meilleur enracinement de la plante ayant pour effet une résistance accrue. Arrosez copieusement mais peu souvent. Un bon paillage sera également utile pour garder humidité et fraîcheur. Si vous devez vous absenter utilisez un programmateur d’arrosage.
  • Arroseurs mécaniques (spinklers) : A réserver aux quelques cultures qui apprécient particulièrement un arrosage sur les feuilles (salades, choux…). Cette technique a pour inconvénient majeur de consommer beaucoup d’eau. Arroser impérativement le soir en été et plutôt le matin de l’automne au printemps (surtout si nuits fraîches).

 

Pour résumer, dans un potager naturel, arrosez régulièrement, de façon espacée et abondamment à chaque fois.

J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à laisser un commentaire ou poser une question…

 

49 commentaires au sujet de “Comment arroser ?”

  1. Bonjour Gilles, bonjour la Dordogne!
    Ah!! L’arrosage! Question essentielle mais pas moins délicate et épineuse pour les jardiniers!
    De combien diviser la quantité d’eau de votre tableau récapitulatif en cas de planches paillées? (10 cm de paille et/ou foin)
    Je lis souvent qu’il ne faut pas arroser les oignons. Or, de mon expérience, sur une terre argilo-calcaire de Haute Provence, j’ai remarqué qu’un apport d’eau, dans des petites rigoles, surtout en période de grossissement de bulbes leur était grandement profitable (contrairement à l’ail par exemple).
    Autre culture: la pomme de terre: faut-il arrêter les apports d’arrosage lorsque les plants sèchent ou garder une humidité constante jusqu’à la récolte?
    Enfin, …. combien de temps le paillage peut-il garder la fraicheur et l’humidité et … envisager de m’absenter quelques jours 🙂
    Merci pour vos lettres,
    A bientôt!

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    • Bonjour Pépita,
      Désolé pour le temps de réponse…
      Bon, vos questions sont complexes, car il n’y a pas de généralités… Il faut surtout apprendre à ressentir les besoins des plantes.
      Comme je le précise dans l’article, en sol paillé, je divise en gros par 2 les quantités recommandées dans le tableau… mais ça dépend du temps, du sol…
      Dans certaines conditions sèches, l’arrosage des oignons peut en effet être profitable au grossissement des bulbes, mais cela nuira à la conservation (surtout en cas d’arrosages en fin de culture).
      Oui, mieux vaut arrêter les arrosages des pommes de terre au moins une ou deux semaines avant la récolte (également pour une bonne conservation).
      Il est impossible de répondre à votre dernière question… Tout dépend du temps, du sol, des quantités d’eau apportées, de la fréquence des arrosages (si vous avez pour habitude d’arroser fréquemment, les plantes se seront habituées à cette fréquence et réclameront de l’eau plus rapidement…), du matériau utilisé pour pailler, de l’épaisseur du paillage, etc…
      Cordialement,
      Gilles

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      • Bonjour Gilles,

        “Le mieux est l’ennemi du bien” ! Je vais apprendre à mieux observer, comprendre et ressentir … mais pas toujours facile
        Tous mes remerciements pour le temps accordé et la réponse personnalisée que vous m’apportez! 🙂
        Très bel été à vous!
        Cordialement,

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  2. Bonjour,

    Dans un premier temps merci pour conseils et l’esprit avec lequel vous les préconisez. Je suis un débutant et j’ai récupéré un jardin qui fait 4,5 ares dont la terre est bien nourrie car elle a été entretenu par un jardinier qui avait une forte réputation et quelque décennies d’expérience et argileuse. Mon terrain se situe à proximité du canal de la somme à Saint Quentin dans l’Aisne.
    Je cumule l’expérience et les conneries avec l’arrosage. J’ai des céleris rave dans ma serre dont les feuilles sont couchées comment leur redonner du moral. Je suis tenté comme tout un chacun à l’économie d’eau et je me demandais si mettre au pieds de mes tomates une bouteille d’eau pleine comme moyen de goutte à goutte et aussi élargir cette méthode à d’autres légumes. J’ai planté petit pois, radis, carotte de printemps et d’hiver, courgette, potimarron,laitue, fraise et j’aimerai rajouter haricot vert, navet, panais, betterave.

    Merci pour vos futurs conseils
    Cordialement

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  3. Merci d’avoir partagé cet article. Je crois aussi que pour gérer au mieux les indispensables économies d’eau, il est bon de collecter l’eau de pluie. Quand on voit toute cette eau gratuite et de bonne qualité disparaître dans les gouttières puis le tout-à-l’égout, c’est désolant.

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  4. Bonjour,
    Je ne sais pas si ce sujet est toujours suivi, cependant je me permets de demander un avis sur le sujet de l’arrosage goutte à goutte : j’envisage la mise en place d’un système goutte à goutte avec d’une part des tuyaux avec goutteurs intégrés et d’autre part , pour les tomates, un tuyau avec goutteurs à installer.
    Ma question concerne les goutteurs à mettre au pied des tomates: faut-il en prévoir 2 ou 3 , autour du pied ? merci de vos avis et commentaires,

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  5. Je m’étonne que dans les systèmes d’arrosage on ne parle pas des Oyas (ou jarres). Ce système ancestral naturel permet un arrosage régulier et (régulé) qui pour moi n’a pas d’égal (j’ai tout essayé).
    Lien supprimé par Gilles
    Je suis en train de l’expérimenter et je suis assez bluffé. De plus, on peut facilement les fabriquer.

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    • Bonjour… (pour reprendre votre tournure de phrase : “je m’étonne que”… la politesse ne fasse pas partie des habitudes de tout un chacun…).
      Bon, oui ce sont des systèmes intéressants si on s’absente, ou si on n’a pas le temps pour arroser…
      Mais globalement, je ne pense pas que ce soit une bonne chose.
      Je m’explique : en fournissant de l’eau en continu à une plante elle ne va pas chercher à développer son système racinaire… ce qui de fait la fragilise.
      Donc, bien qu’à la mode, ce n’est pas une solution que je préconise.
      Il est de loin préférable d’habituer une plante à des arrosages espacées.
      Cordialement,
      Gilles
      PS : bien vu le lien transitant pas wikipédia… pour finalement nous mener à un site vendant ces systèmes… dont je ne doute pas que vous y ayez des intérêts… publicité indirecte retirée donc… bon j’ai perdu mon temps à répondre à quelqu’un dont le seul objectif était en réalité de se faire de la pub…

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  6. Bonjour Gilles,

    Je possède un jardin assez grand 900 m² environ avec des cultures variés : framboises, fraises, fruitiers, asperges, légumes d’été et d’hiver, semis, petits fleurs utiles au potager…

    Enfin une grande surface à arroser.
    Je suis dans une région chaude 30 à 39 degrés tous les jours.

    Je n’ai qu’un forage à la maison (pas d’eau de ville).
    J’ai déjà un système de goutte à goutte, mais cela fait démarrer ma pompe de forage toutes les 2 minutes (ballon certainement trop petit). Et cela me pose des difficultés pour l’usure de la pompe.

    Avez-vous une idée pour relier mon système goutte à goutte à un bassin qui se trouve au jardin tout en intégrant des programmateurs ?
    L’eau sanitaire de la maison est aussi uniquement sur le forage, faut-il un système pour p”protéger” le réseau de la maison ?

    Merci d’avance.

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  7. Bonjour
    Nous avons fais planter*un savonnier en novembre.
    À ce jour le débourrement est difficile
    Un toupet seulement sur qq, branches.
    La jardinerie nous conseille de l’arroser tous les deux jours de 5 arrosoirs (10l)
    Nous pensons aussi à un “chignon” dans la motte…

    *Planté en notre absence.

    Merci de vos réponses
    Cordialement.

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    • Bonjour Robert,
      50 litres d’eau tous les 2 jours pour un arbre planté en novembre (et qui a donc très certainement bénéficié de pluies depuis) me parait complètement délirant !
      D’autant plus que le savonnier n’apprécie pas l’eau en excès (alors qu’il supporte par contre très bien la sécheresse…).
      Et, en arrosant aussi souvent, outre le risque de pourriture racinaire, vous rendez l’arbre dépendant des arrosages.
      Si le temps est chaud et sec chez vous, je partirais tout au plus sur un bon arrosage tous les 10-15 jours (vous pouvez mettre cinquante litres). Plus in bon paillage…
      Après, si il y a un chignon dans la motte… et si c’est le même pépiniériste qui a planté cet arbre… qu’il change de métier !
      Cordialement,
      Gilles

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