Les feuilles de vos plants de tomates se recroquevillent ?

Par ce printemps déjà très chaud dans la plupart des régions, vous aurez peut-être constaté que les feuilles de vos plants de tomates (notons déjà que certaines variétés y sont plus sensibles que d’autres) se recroquevillent sur elles-même.

Ce phénomène est en général sans grande conséquence sur les récoltes à venir.

Mais il est néanmoins intéressant d’en connaitre les raisons et d’ainsi pouvoir l’éviter. On distingue 2 cas de figure :

  • Par forte chaleur, les feuilles se recroquevillent pendant la journée mais s’ouvre avec la fraîcheur du soir;
  • Qu’il fasse chaud ou non, les feuilles restent recroquevillées le soir. Il s’agit alors de la maladie de l’enroulement, une maladie physiologique.

Voyons comment aborder ces 2 cas.

Recroquevillement dû à la chaleur

Il fait  chaud. Ces feuilles s’enroulent légèrement… et s’ouvriront le soir venu

Les plants de tomates  recroquevillent tout simplement  leur feuillage sous l’effet de la chaleur (remarquez au passage l’intelligence des plantes). A la fraîcheur du soir, le feuillage s’ouvre à nouveau (c’est ainsi que vous pourrez savoir qu’il ne s’agit pas de la maladie de l’enroulement)

Ce phénomène s’observe très fréquemment pour les cultures de tomates sous abri, mais parfois aussi en extérieur en cas de fortes chaleurs.

Dans le cas d’une culture sous abri, si c’est possible, ouvrez plus grand votre serre ou tunnel de culture (ce qui est de toute façon préférable en cette saison) et ce en permanence (inutile de refermer le soir… une relative fraîcheur et une bonne aération sont profitables).

Que ce soit sous serre ou en extérieur, il serait peut-être aussi utile d’arroser un peu plus copieusement. Mais n’arrosez pas pour autant tous les jours :

  • dans un sol léger, avec un bon paillage, un arrosage copieux (3 à 5 litres par pied) tous les 5-7 jours est normalement suffisant;
  • dans un sol lourd (retenant mieux l’eau), également paillé, vous pourrez en général vous contentez d’un arrosage tous les 10/15 jours, à raison d’un arrosoir environ par pied (soit 12 litres pour les arrosoirs “classiques”).

Vous trouverez également sur cet article consacré aux arrosages les quantités théoriques préconisées au m² (non pas par plant) pour chaque légume.

Et surtout arrosez au pied (par d’aspersion pour les tomates) et de préférence le soir (ce qui vous permettra justement de constatez si les feuilles s’ouvrent ou pas) ou le matin de bonne heure, jamais en pleine chaleur, même si c’est à ce moment là que vous observez ce phénomène (car outre le choc thermique, l’eau s’évapore extrêmement vite, ne profitant pas aux cultures).

Maladie de l’enroulement

Les feuilles sont sérieusement enroulées et ne s’ouvrent pas le soir. C’est la maladie de l’enroulement

D’une manière générale on peut résumer la cause de la maladie de l’enroulement à une alimentation irrégulière en eau.

Les feuilles s’enroulent (en commençant par celles du bas) et deviennent “cassantes” (autre façon de distinguer la maladie d’un simple enroulement thermique). Elles ne s’ouvrent pas avec la fraîcheur du soir.

Mais les raisons de cette alimentation irrégulière peuvent être multiples et même “opposés” (trop ou pas assez d’eau) :

  • des arrosages trop espacés (notamment dans un sol léger, retenant peu l’eau);
  • des arrosages trop fréquents ou trop copieux dans un sol lourd, ayant par nature tendance à s’asphyxier suite à un excès d’eau. On observe ainsi fréquemment ce phénomène suite à des orages particulièrement violents. Si vous avez un sol lourd, il sera alors peut-être nécessaire d’assurer un bon drainage…
  • une taille sévère des plants de tomates, engendrant un déséquilibre entre les fortes capacités d’absorption des racines et un feuillage alors réduit, ce qui aura pour conséquence un excès d’eau dans le feuillage (c’est encore une bonne raison de ne pas tailler les plants de tomates, comme je le préconise notamment ici);

La maladie de l’enroulement aura en général peu de conséquences sur vos récoltes.

Néanmoins, lorsque les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes, les fruits en deviennent moins bien protégés des rayonnements du soleil, ce qui peut potentiellement engendrer des brûlures sur les tomates…

Aussi, pour limiter au maximum cette maladie, il est important de pailler et d’arroser le plus régulièrement possible (ce qui ne veut pas dire le plus souvent possible… on parle bien de régularité) : vous pouvez partir sur les bases préconisées plus haut et adapter progressivement votre fréquence d’arrosage selon vos observations.

Concrètement, si vos plants semblent souffrir d’un manque d’eau, raccourcissez peu à peu le délai entre 2 arrosages (en retirant d’abord une journée sans arrosage, mais pas 3 ou 4 d’un coup).

Si au contraire, vous pensez avoir trop arrosé (voir aussi par rapport aux fréquences et quantités indiquées plus haut), cessez les arrosages pendant un moment (les feuilles devraient finir par reprendre un aspect normal); Par la suite, essayez de diminuer votre fréquence d’arrosage, là encore progressivement.

Pour compléter notre tour d’horizon sur la maladie de l’enroulement, signalons d’autres causes possibles :

  • un excès d’azote (veillez à une fertilisation équilibrée)
  • ou encore des blessures sur les racines suite à du binage mal contrôlé (encore une raison de pailler !)

Signalons enfin que les pucerons peuvent également engendrer un enroulement des feuilles de tomates… enroulement particulier puisqu’on observe alors aussi un rétrécissement des feuilles (ce que n’est pas le cas pour ce qui nous concerne aujourd’hui). Mais c’est là un autre sujet traité ici

Notez que les fréquences et quantités d’eau à apporter ne sont que des indications ne pouvant tenir compte des conditions de culture de chacun.  C’est par l’observation que vous arriverez, peu à peu, à déterminer ce qui convient chez vous… 

 

Pour des cultures saines, cliquez ici

 

  • Bonjour Gilles,

    Ce phénomène c’est en effet produit sur mes plants de cornues des Andes issues de mes propres semis, lorsqu’elles étaient dans la serre (une ancienne piscine couverte non utilisable).
    A partir du moment où je les ais mises en pleine terre, les feuilles sont redevenues “normales”.
    Depuis maintenant deux ou trois ans, je ne taille plus mes tomates et les rendements sont tout aussi bons, voir meilleurs que lorsque je les taillais.
    Mais il est vrai que je choisi des variétés anciennes et plutôt résistantes. Quand une variété me convient (production, goût, résistance aux maladies), je n’en change pas, éventuellement je teste une nouvelle variété l’année suivante.

    Bonne journée !

  • Salut Gilles,

    Super article ! Très complet et bien écrit.

    Je te rejoins tout à fait quand tu parles d’arroser copieusement mais peu souvent. Surtout avec un paillage et un sol lourd. Ça permet aux plantes de faire des racines plus en profondeur et de devenir plus ou moins autonomes. Et se faisant et capte plus de micro-nutriments dans le sol et auront plus de goût !

    À bientôt, bonne journée
    Heikel

  • Bonjour,

    Je vis en appartement et je tente pour la première fois de faire pousser des tomates sur mon balcon. J’ai acheté 12 petits plants de 4 variétés différentes que j’ai d’abord gardé en intérieur à la fenêtre pendant environ 2 semaines. Puis j’ai rempoté les plants les plus vigoureux en jardinière il y a plus d’un mois.

    Depuis deux bonne semaine, les premiers bourgeons ont fait leur apparition, que de joie! Et depuis une semaine, les fleurs on commencé à s’ouvrir.

    Seulement voila, les premières fleurs à être sorties commencent à toutes se refermer sur elles-même. En gros, les pétales reforment une sorte de “boule’. Et j’ai remarqué ce matin que les premières à l’avoir fait commencent à sécher. Les pétales sont beaucoup moins colorés et ont dirait que la fleur fane.

    Est-ce un comportement normal ou dois-je modifier quelque chose?

    Voici en vrac la façon dont j’ai procédé :
    J’arrose toujours une fois le soleil couché et assez abondamment mais jamais jusqu’à ce que l’eau ne remplisse les coupelles. J’ai coupé les “gourmands” au fil du temps sur quasi toute la longueur de la tige principale. Les plants sont orientés au nord donc profitent du soleil de 14h à 21h30 environ. J’ai utilisé un terreau engraissé bio pour rempoter. J’ai utilisé les “barreau” du garde-fou de mon balcon comme guide pour les tiges principales.

    Voilà, c’est à peu près tout. Merci d’avance pour vos réponses 😉

    • Bonjour John,

      Ca peut être deux choses :
      1) l’oïdium, mais sans photo c’est pas évident à savoir.
      Certaines variétés de tomates sont plus sensibles à cette maladie.
      Les plants achetés en jardinerie et cultivés sous serre sont forcés ce qui les fragilise.
      2) problème de pollinisation.
      Pas assez de pollinisateurs qui viennent visiter vos plants du coup, les fleurs femelles non fécondées fanent, sèchent et tombent.
      Dans ce cas, il faut mettre des plantes mellifères près des tomates ou secouer légèrement les tiges pour que le pollen s’éparpille sur les fleurs.
      Mais le mieux ce sont les plantes mellifères (un gros pied de thym citron dans un pots ça attire tous les pollinisateurs et en plus ça sent bon !).
      Je vous souhaite de réussir vos tomates.

  • Bonjour Christine et merci pour votre réponse rapide 🙂

    Pour ce qui est des insectes pour pollinisation, je ne saurais pas dire, voici le seul que j’ai surpris dans mes plants de tomates :
    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/25/2/1497983383-img-20170618-204508.jpg

    Comme vous parliez de photos, je viens d’en prendre sur 3 “évolutions” différentes de la fleur.
    Voici comment elle se rétracte au début :
    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/25/2/1497983466-img-20170620-202246.jpg
    Comment elle forme une “boule” :
    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/25/2/1497983525-img-20170620-202256.jpg
    Et comment elle sèche :
    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/25/2/1497983584-img-20170620-202216.jpg

    Les 3 photos font partie de la même variété (noire de crimée) et sont les premières fleurs que j’ai vu apparaitre. Mais cela commence à apparaitre sur les autres. J’ai aussi de l’andine cornue, green zebra, ananas noir, rouge russe et rose de Berne).

    J’espère qu’elles ne sont pas touchées par une maladie. Pour la pollinisation, je suivrai votre conseil en “secouant” les tiges, mais dois-je le faire régulièrement ou pas?

    Pour ce qui est de leur “entourage”, je ne m’y connais pas encore suffisamment pour savoir si ce sont des mellifères. Mais pas loin, se trouve du romarin, du thym (pas citron) et du laurier sauce.

  • Rebonjour John,

    J’ai regardé vos photos.
    En effet, ça semble être un problème de pollinisation.
    La boule que vous voyez, c’est en fait l’ovaire de la plante, c’est ce qui va donner le fruit après pollinisation.
    Comme je l’ai dis dans le précédent commentaire, si l’ovaire n’est pas fécondé il tombe.
    J’ai eu le même problème avec mes courgettes il y a encore quelques jours, pourtant j’ai un potager.
    Depuis, le problème semble être résolu.
    Ne jetez pas vos tomates et ne les traitez pas, je pense qu’elles n’en ont pas besoin.
    Je vous suggère de les laisser pour qu’elles grandissent encore un peu et développent d’autres “ovaires” !
    Sur la première photo on voit bien un pollinisateur (bourdon).
    Mais peut-être que les pollinisateurs ne viennent pas assez souvent et du coup la fleur femelle n’a pas le temps d’être fécondée (ça doit se faire assez vite).
    Si vous avez du thym c’est parfait, le romarin aussi.
    En fait, pour la pollinisation c’est une histoire de timing, il faut que les plantes qui attirent les pollinisateurs soient en fleurs en même temps que celles des légumes.
    La couleur jaune des fleurs des principaux légumes attirent les insectes, mais le parfum des fleurs d’aromatiques aussi.
    Le jardinage c’est beaucoup d’observations et d’expérimentations.
    Bienvenue dans un monde fantastique !

    PS : je cultive aussi des Crimées et des cornues des Andes, elles sont résistantes et donnent de très bon fruits.

  • Un grand merci pour votre réponse et vos conseils Christine.

    Je ne vais bien sur pas les jeter. Vu que c’est une première pour moi, je vais tenter l’expérience jusqu’au bout. Et au pire, les plants garnissent la barrière de mon balcon avec leur verdure :).
    Quand vous dites de ne pas les traiter, faites-vous allusion à un produit de croissance? Un ami (qui a la main plus verte que moi) m’a proposé un “booster” de floraison. Vous le dé-conseillez donc?

    Chacune de mes plantes présente déjà beaucoup de nouveaux bourgeons. Les photos que je vous ai montré, sont vraiment les premières fleurs qui sont sorties. J’ai donc préféré me soucier du problème dès le début.

    J’habite un centre ville et il est vrai que les abeilles, bourdons, etc, sont rares. Mais j’espère que Mr Bourdon a apprécié son passage et qu’il reviendra avec des amis du coup. ^^

  • Bonjour John,

    Je me rend compte qu’hier je ne me suis pas très bien expliquée.
    Il était tard et il faisait chaud, mon message était un peu brouillon.
    Donc, je reprend tout depuis le début.
    Les tomates sont en principe auto-fertiles, on dit aussi autogames.
    C’est à dire que sur la même fleur il y a le pollen et l’ovaire (ou l’ovule).
    Le pollen mâle tombe sur le pistil et participe à la fécondation.
    Mais les insectes peuvent aussi jouer ce rôle, surtout si il n’y a pas assez de vent pour faire tomber le pollen (mais en principe c’est rare).
    La période de sensibilité du pistil à la fécondation est courte (quelques jours).
    Si la fleur n’est pas fécondée elle se dessèche et tombe.
    Mais, il arrive aussi que les fleurs tombent à cause de fortes chaleurs ou trop d’arrosages, ou l’inverse.
    Si la plante est résistante, elle reprendra son cycle de floraison et pollinisation dès que la situation redeviendra moins stressante.
    Sur certaines variétés anciennes (comme les Crimées), on trouve des fleurs dites allogames.
    Ces fleurs ont une forme particulière, elles sont plus grosses que les autres et peuvent facilement être pollinisées par les insectes (c’est ce qui donne les variétés croisées avec d’autres plants de tomates).
    Ce n’est pas gênant, sauf si on veut produire ses propres graines et cultiver une variété non dégénérée.
    La fleur allogame va donner une tomate plus grosse que les autres et un peu déformée (j’ai ça sur mes Crimées tous les ans).
    Donc, sur une de vos photos j’ai l’impression que c’est ça (la Cornue des Andes étant aussi une variété ancienne).
    Je pense que vos plants ne vont pas tarder à produire de belles tomates.

    Si vous désirez poursuivre cette conversation sur le jardinage, vous pouvez cliquer sur mon prénom en haut de ce message.
    Vous arriverez sur mon blog où vous trouverez un bouton “contact”.
    Je ne voudrais pas monopoliser tout l’espace des commentaires du blog de Gilles 😉

    Je vous souhaite une excellente journée

  • Bonjour.
    Merci pour article !
    Nous avons 3 pieds de Fournaises et 3 pieds de cœurs de boeuf greffés. Seuls les 3 pieds de coeur sont touchés par les symptômes que vous décrivez. Les arrosages sont identiques pour les 6 pieds. Nous avons été en canicule récemment.
    Les fruits sont nombreux et en grande quantité toutefois.
    Malheusement je n arrive pas à poster une photo.

  • Bonsoir Gilles le Jardinier. Merci pour le lien concernant cette maladie.
    Bon… apres lecture, il n y a pas pas grand chose à faire pour y remédier, tout du moins cette année.
    Je me console en mangeant tout de même les bons fruits que nous récoltons 😋 ! Environs 2 à 3 tomates récoltées chaque jour. Le rendement est quand même au RdV !

  • Bonjour,j’ai 3 plan de tomate qui se nomme noir de Crimée 3 plan de tomate russe et 6 plan de tomate marmande mais le problème ses que mes 3 plan de tomate de Crimée ont les feuilles qui s’enroulent a partir du bas que doit-je faire est ce que je doit les couper ?? Merci

  • Bonjour,
    Mes plants de tomates semblent victimes de la maladie de l’enroulement. Sauf que contrairement à la description, cela affecte la production, puisqu’ils meurent les uns après les autres.
    Les feuilles de certains plantules ont commencé à se recroqueviller dès les semis intérieurs, puis dans ma mini serre de jardin, même si j’ai éliminé le plant malade. La maladie se développe depuis une quinzaine de jours dans le potager -où leur croissance est moindre que les autres années- et s’étend progressivement à la majorité des plants. Le sol est paillé, j’arrose régulièrement, j’ai arrêté les arrosages hebdomadaires avec une solution eau+purin d’ortie il y a dix jours. J’ai aspergé les feuilles avec une solution contenant un peu d’huile essentielle de romarin pour le cas où il s’agirait de champignons. Rien ne semble enrayer la progression de la maladie et je ne sais plus quoi faire. Même les quelques plants que j’ai mis dans des bacs sont progressivement contaminés.
    Avez-vous une idée de ce qu’il faut faire pour que mes plants retrouvent vigueur et santé?

  • Bonjour,
    je suis triste de voir un pied de “Noires de Crimée” se faner sans autre signe de maladie. Ce pied nous a régalés cet été et est encore couvert de jeunes tomates mais il se fane de jour en jour depuis quelques jours, pourtant je l’arrose régulièrement de la même façon que les 5 autres.
    auriez-vous une solution pour le sauver avant qu’il ne soit trop tard ?
    (les feuilles passent du stade “fané” au stade “séché”, hélas …)
    merci à vous !