Prendre naturellement soin de sa pelouse

Bonjour à tous, 

N’étant absolument pas spécialiste de la question, j’ai invité Eric, jardinier paysagiste dans la région lyonnaise, pour vous parler de l’entretien écologique de la pelouse…

Gilles

 

Tous les paysagistes vous le diront, pour avoir une pelouse saine, le meilleur conseil est de soigner le sol. En effet, un beau jardin est avant tout un jardin qui respecte la nature.

belle-pelouseUn gazon naturel et bio ne peut compter que sur la qualité du sol sur lequel il repose : un sol riche en nutriments et micro-organismes sans toxine ni produit chimique. D’un autre côté, il n’y a rien de meilleur pour maintenir la qualité de son sol que de faire pousser une pelouse écologiquement. L’un entretient l’autre, une pelouse saine aide à l’enrichissement du sol, l’enrichissement du sol favorise l’épanouissement de la pelouse.

Un gazon dense et sain peut alors parvenir à s’auto- entretenir. Pour l’y aider, on va favoriser le développement des micro-organismes du sol en les nourrissant plutôt qu’en les éliminant avec des produits chimiques de grandes surfaces. On y gagnera du temps et de l’argent et en y parvenant, on obtiendra une plus belle pelouse sans tâches stériles.

Pour vous en convaincre, voici quelques-uns des apports de ces micro-organismes. Ils facilitent la fertilisation en fixant le nitrogène contenu dans l’air ambiant, en générant du dioxyde de carbone, retiennent l’eau, aèrent les sols (vous pouvez aussi utiliser un scarificateur pour aérer un sol tout en éliminant mousses et herbes indésirables), transforment la matière organique en humus, luttent contre les parasites.

Ayant dit cela, la question centrale est alors : comment permettre la multiplication de ces micro-organismes dans les sols ? Pas compliqué. Commençons par enrichir le sol du jardin par de la matière organique sous la forme de compost et arrêtons l’apport de pesticides et d’herbicides.

 

Rechercher l’équilibre

Qu’il s’agisse d’une pelouse récemment plantée ou d’un jardin à rafraîchir, la première étape consiste à tester le sol, et particulièrement son pH. On pourra ensuite se pencher sur les niveaux de nitrogène, de phosphate et d’autres nutriments.

Disposer du bon pH est sans conteste une aide précieuse pour l’entretien de sa pelouse. Cela facilitera l’ensaisinement du gazon qui pourra alors se développer et se densifier et par conséquent l’aération des sols si importante pour la multiplication des micro-organismes.

Les tests de pH sont simples à utiliser, précis et faciles à trouver dans le commerce. Suivez leur mode d’emploi, et selon la taille de votre jardin, procéder à plusieurs tests sur une profondeur de 15 à 20 cm à plusieurs endroits de votre espace vert. Idéalement le pH de votre sol doit être compris entre 6,5 et 7 soit légèrement acide à neutre. Une légère variation est néanmoins acceptable. Au-dessus on risque d’être confronté à une pelouse jaunie, on recommandera alors l’ajout de sulfure pour réduire l’alcalinité du sol et se rapprocher d’un sol équilibré. En revanche, un pH trop faible empêchera aux micro-organismes d’absorber le phosphore nécessaire à leur développement.

huitres-concasséesDans le cas d’un sol trop acide, nous conseillons l’apport de  coquilles d’huîtres concassées ou de chaux dolomitique qui contient habituellement une forte teneur en magnésium. L’aragonite suffit si votre sol est naturellement riche en magnésium.
Ces tests peuvent se révéler complexes à réaliser, on pourra se faire aider d’un paysagiste pour l’interprétation des résultats et les actions à mener.

 

Le compost, meilleur allié du gazon

Votre pelouse aime le compost. Un sol sain et fertile doit contenir au moins 3% de matière organique. L’ajout du compost doit permettre cet apport.

Roue à compost
Roue à compost

On conseillera de toujours ajouter du compost avant de planter une nouvelle pelouse et d’ajouter régulièrement à raison d’une fois par an du compost à une pelouse déjà plantée ; deux fois par an ne fera pas de mal non plus. Pour cela, on peut utiliser la méthode classique brouette / bêche ou une méthode plus sophistiquée avec une roue compost. Cette dernière est plus rapide et plus simple mais elle nécessite de s’équiper avec un matériel par toujours facile à trouver en jardinerie.

L’ajout de compost devra probablement être plus régulier et plus prononcé dans les zones plus problématiques où la pelouse à des difficultés à pousser densément. On fera néanmoins attention de ne pas disperser trop de compost, l’idée étant de ne pas recouvrir la pelouse. 2 à 3 cm devrait suffire car il est bien entendu indispensable que l’herbe reste exposée à la lumière et à l’oxygène de l’air.

L’intérêt du compost réside aussi bien dans le fait qu’il nourrit la terre mais également qu’il permet des apports de nouveaux micro-organismes qui vont à leur tour entrer dans le cercle vertueux décrit plus haut. On fera simplement attention à bien respecter les conseils pour faire son compost soit même.

  • Bonjour,
    j’aurai voulu savoir ce que vous pensiez du fait de laisser en place les déchets de tonte. C’est forcément bon pour les apports en mo et minéraux, mais est-ce que cela peut être néfaste pour d’autres aspects (étouffement, luminosité, humidité…) ?
    Merci et bonne continuation!

  • Bonjour, je viens dacheter une petite maison et l’heure est venue de passer à la réalisation de la pelouse. Cependant plusieurs paramètres m’interrogent. A la fin de l’automne j’ai déposé une quantité importante de feuilles mortes que j’ai etendu avec des déchets de légumes dans l’idée d’enrichir la terre et de créer de l’humus car je me suis aperçu cet été qu’une partie sechait très rapidement. Seulement voilà, nous sommes mi février et je me demande maintenant si je retour la terre (car le temps est doux) afin d’aplanir en vue de pouvoir semer au printemps. De plus je me souviens qu’il y avait plein de chardons cet été. Mes questions sont les suivantes. Quand dois je retourner la terre? Et à quelle profondeur? Et comment faire pour que les chardon ne reviennent pas sur la future pelouse? Je vous remercie pour vos éclaircissements.

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