Transplanter un arbre

« Comment transplanter un arbre ? »

La question m’a été posée à plusieurs reprises, notamment en accompagnement personnalisé, ces derniers temps.

Il me semble donc intéressant de développer cela ici.

Mais avant d’aborder l’aspect technique d’une transplantation, j’aimerais partager avec vous quelques réflexions qu’amène cette question…

Les arbres ne nous appartiennent pas !

Je le dis avec force : les arbres ne nous appartiennent pas…

Tout comme nous, ils sont locataires de cette Terre… Et ils y jouent un rôle primordial pour la vie (pas comme nous…).

Un écosystème s’est déjà installé au niveau d’un arbre, même si celui-ci n’a qu’un ou deux ans, que ce soit dans sa ramure ou dans le sol.

Déplacer un arbre revient donc à perturber, voire à détruire totalement, les nombreuses formes de vie, visibles ou invisibles, qui se sont établies…

Et un déracinement implique forcément un stress important pour un arbre.

Transplanter un arbre - Est-ce nécessaire
Ce pêcher a poussé spontanément dans mon potager… Il a trouvé une place qui lui convient, et je ne vais donc pas le transplanter.

D’ailleurs dans la majorité des cas, un arbre issu d’un jeune scion (ou mieux encore d’un semis direct) sera en bien meilleure santé (et plus productif s’il s’agit d’un fruitier) et vivra plus longtemps qu’un arbre transplanté.

Ma conclusion est simple : si vous déménagez, laissez les arbres s’épanouir, là où ils sont.

Et plantez-en de nouveaux sur votre nouveau terrain…

Vous rendrez ainsi service à la Vie sur Terre (je rappelle que les arbres en capturant le CO², jouent un rôle majeur pour limiter le réchauffement climatique, même si nous ne pouvons nous contenter de cela… il faudrait déjà commencer par moins polluer) et vous contribuerez à préserver (en laissant l’arbre en place), et même favoriser (par la nouvelle plantation) la biodiversité !

 

Bon, il peut arriver qu’un arbre devienne vraiment gênant pour une raison ou une autre, voire risque de devenir dangereux à l’avenir… ou que le propriétaire à qui vous vendez votre maison envisage de le détruire (là c’est pour vous disculper Prudence).

Transplanter un arbre sera alors en général mieux que de l’abattre, tout au moins pour des arbres encore jeunes (je suis absolument opposé à la transplantation d’arbres de plus de 5 ou 6 ans…).

Donc, voici les différentes étapes pour transplanter un arbre.

Quand transplanter un arbre ?

La transplantation doit absolument se faire pendant le repos végétatif, c’est à dire entre le mois de novembre et la mi-février.

A cette époque, le stress est moindre pour l’arbre,  et surtout il aura le temps de s’enraciner à nouveau (la sève descend vers le système racinaire pendant le repos végétatif) avant l’été.

En dehors de cette période la reprise sera d’autant plus délicate.

Cela demeure néanmoins encore possible en début de printemps… mais la reprise est alors loin d’être garantie (il vous faudra en tout cas arroser très fréquemment, et espérer qu’une canicule ne sévisse pas).

En tout cas, ne transplantez jamais un arbre en plein été !

Comment transplanter un arbre ?

Si vous envisagez de transplanter un arbre, vous devrez avoir pour objectif de lui engendrer le moins de stress possible.

Outre le fait d’opérer pendant le repos végétatif, voici comment procéder :

Préparation du trou de plantation

L’arbre devant être replanté le plus rapidement possible, dans la mesure du possible, je vous recommande de préparer à l’avance le trou de plantation.

Afin de ne pas entraver le développement de nouvelles racines, dont dépendront la reprise, le trou devra faire environ le double de celui qui sera creusé pour l’arrachage (bon, si vous faites votre trou avant, comme je vous le recommande, prévoyez large; et au besoin, agrandissez le trou juste avant de replanter).

Mettez d’un côté la terre prélevée en surface et d’un autre celle prélevée en profondeur (afin de pouvoir replacer ces différentes couches à l’identique lors de la plantation).

N’hésitez pas à ajouter, en mélangeant, une bonne pelletée (ou plusieurs pour un gros trou) de compost mûr à la terre de surface.

Tailler avant de transplanter un arbre ?

La taille, en diminuant le volume de végétation à alimenter, va aider à la reprise.

Avant de transplanter un arbre, il est donc en général recommandé de raccourcir les branches secondaires (évitez de toucher aux branches charpentières), ceci en fonction des espèces :

  • arbustes décoratifs à feuillage caduc : raccourcissez d’environ 2/3 toutes les ramifications
  • arbres fruitiers à noyau (pêcher, prunier, abricotier, olivier) :  raccourcissez les branches secondaires à environ 5-10 cm de longueur (ne touchez pas aux charpentières, c’est à dire les branches principales partant du tronc). Le cerisier supportant très mal la taille, il est à mon sens préférable de ne pas tailler… mais la reprise sera d’autant plus délicate (une transplantation à éviter donc)
  • arbres fruitiers à pépin (pommiers, poiriers) : raccourcissez très légèrement, de 5 à 10 cm, les branches secondaires

La taille doit être effectuée au-dessus d’un bouton se dirigeant vers l’extérieur de la ramure.

Certains arbres ne doivent pas être taillés : chêne, hêtre, bouleau, marronnier… mais ils ne doivent à mon sens pas non plus être transplantés !

L’arrachage

Gardez à l’esprit que le système racinaire d’un arbre s’étend peu ou prou à l’aplomb de sa ramure.

Aplomb de la ramure d'un arbre
Le système racinaire se développe à l’aplomb de la ramure. La tranchée doit respecter cette distance…

Aussi, afin de pouvoir prélever tout le système racinaire de l’arbre, sans le blesser, vous allez donc devoir creuser au-delà de la projection de la ramure au niveau du sol.

Vous comprenez déjà que pour un arbre déjà bien développé, une mini-pelle s’avérera indispensable pour déterrer l’arbre…

En pratique, vous allez commencer par creuser une tranchée ceinturant l’arbre, à l’aplomb de la ramure (à la pelle pour un jeune arbre, ou à la mini-pelle pour un arbre déjà âgé), d’une profondeur équivalente à 10 fois la largeur du tronc (donc par exemple pour un tronc de 5 cm de diamètre, la profondeur de la tranchée sera d’environ 50 cm).

Essayez ensuite de faire basculer l’arbre en le poussant et en le tirant… si vous n’y parvenez pas, creusez plus profond…

Ensuite, soit avec une bêche, soit à la mini-pelle, soulevez l’arbre (si vous opérez manuellement, mieux vaut être au moins 2; l’un soulevant par-dessous et l’autre tirant vers le haut en essayant de conserver un maximum de terre – une belle motte- autour du système racinaire…).

Repérez l’orientation de l’arbre (par exemple en mettant un petit bandeau sur la partie exposée au sud) afin de pouvoir le replanter de la même façon.

Enveloppez la motte dans une bâche plastique, ou placez-la dans un grand pot, pour éviter que la terre ne s’en aille.

La plantation

L’idéal sera ici de replanter l’arbre immédiatement, ou au moins dans la journée suivant l’arrachage (si ce n’est pas possible, placez l’arbre à l’ombre, en ayant bien soin de conserver la motte autour des racines… et ne tardez pas !).

Placez l’arbre (en respectant l’orientation initiale) dans le trou préalablement creusé, en veillant à ce qu’il soit enterré à la même profondeur qu’avant l’arrachage : le collet (qui correspond à la jonction entre le système racinaire et la base du tronc), marqué par une différence de couleur, doit affleurer au-dessus du niveau du sol, ni trop haut, ni trop bas (pour un arbre greffé, le point de greffe, marqué par un renflement bien visible à la base du tronc, se retrouvera à quelques centimètres au-dessus du niveau du sol).

Pour cela, il vous faudra jouer avec la profondeur du trou, soit en rajoutant un peu de terre au fond (collet ou point de greffe se trouvant enterré, soit au contraire en creusant un peu plus (collet ou point de greffe trop haut).

Pour vous repérez, placez par exemple un manche d’outil en travers du trou. Le collet doit se trouver au même niveau…

Une fois votre arbre bien en place, comblez le trou avec la terre évacuée lors du creusement, en respectant au mieux les couches successives (la terre du fond allant au fond, et celle de surface, éventuellement enrichie de compost, étant replacée en surface).

Tassez autour du tronc (par exemple avec vos pieds, en appuyant énergiquement). Cela formera une petite cuvette utile pour les arrosages.

Juste après la plantation, arrosez abondamment, même en période pluvieuse (ceci pour que la terre puisse bien combler les vides entre les racines).

Entretien après la transplantation

Paillez, mais en laissant le tronc dégagé (pour éviter un pourrissement au niveau du collet).

S’il ne pleut pas, arrosez au moins une fois par semaine, pendant 1 ou 2 mois.

 

Vous envisagez de transplanter un arbre, ou l’avez déjà fait (avec succès ou non) ?

Vous avez quelques recommandations supplémentaires à partager ?

A vos claviers !

8 réflexions au sujet de “Transplanter un arbre”

  1. Bonjour Gilles,
    Merci de vos conseilles. J’ai un pamplemoussier qui, en approche de la saison sèche, produit des fruits qui s’éclatent prématurément et tombent.

    comment faire?
    Merci

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  2. merci pour vos conseils Gilles. De plus je me sert du calendrier lunaire pour planter en lune descendante plus favorable et surtout je ne plante plus en jours de nœuds lunaires, défavorable pour la future vie de l’arbre!

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  3. « Tassez autour du tronc (par exemple avec vos pieds, en appuyant énergiquement) »

    Je pense que c’est à proscrire, car en faisant ça on réduit fortement la porosité du sol; on devrait juste plomber en arrosant copieusement et il faut bien veiller à ne pas avoir de grosses lacunes encore présentes après la plantation (ce qui devrait être le cas si on plante par temps sec, et si on decompacte bien la terre lorsqu’on comble le trou de plantation).

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    • Bonjour,
      Je parle de d’appuyer énergiquement avec les pieds (donc de plomber, ce que ne fera pas vraiment un arrosage)… pas de sauter à pied joint.
      La porosité ? il s’agit de tasser « autour du tronc », en gros sur la largeur d’un pied… l’eau s’infiltre sans problème autour et de l’air circule également.
      C’est ce que j’ai appris auprès d’arboriculteurs professionnels, et c’est la méthode qui figure dans la plupart des ouvrages de référence (certains disent de tasser avec les mains).
      Et les arbres que j’ai plantés ce sont toujours bien développés…
      Cordialement,
      Gilles

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  4. Bonjour
    J’ai planté beaucoup d’arbres et arbustes dans mon jardin mais certains végètent et ne semblent pas à leur place / à l’ombre, l’humidité, ….
    Je suppose qu’il vaut mieux dans ce cas de figure tenter la transplantation ?
    Merci de vos conseils avisés.

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  5. Ça tombe à pic!
    Un noyer dans les jardins partagés doit être arraché, alors son à décidé de le recueillir… il n’est pas grand mais pas petit
    Les infos sur le trou à prévoir, l’orientation à conserver l’aideront à repartir j’espère!

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  6. Bonjour,

    dans notre jardin,nous avons un énorme noyer qui nous fourni beaucoup de feuilles ! que je ramasse avec la tondeuse.

    puis-je les utilisées au composte ou sur le potager ? (elles sont broyées fines)

    Merci de votre réponse
    Henri

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