Insecticide à base de pyrèthres naturels.

Les insecticides biologiques, ce que j’en pense !

Nous ne parlerons évidemment pas ici des insecticides chimiques, sinon juste pour rappeler que leur emploi est nocif pour la santé de celui qui l’utilise mais également pour l”environnement.

Non, ce qui nous intéresse ici, ce sont les insecticides naturels autorisés en agriculture biologique, et couramment utilisés par les jardiniers amateurs.

Mais ces produits, bien que naturels, sont-ils inoffensifs ? Et leur utilisation est-elle en adéquation avec la notion de bio ?

Nous allons tenter d’y voir un peu plus clair.

 

Qu’est-ce qu’un insecticide ?

Un insecticide est un produit destiné à tuer les insectes, ceci de façon spécifique ou au contraire sans distinction d’espèces.

Je rappelle simplement que le terme bio signifie vie. On comprend donc tout de suite que les insecticides, qu’ils soient naturels ou non, ne respectent pas la vie, puisque leur but est de la détruire.

 

Quels sont les différents types d’insecticides biologiques ?

Les insecticides à base de pyrèthre

Insecticide à base de pyrèthres naturels.

Insecticide à base de pyrèthres naturels.

Extraite des fleurs de  pyrèthre de Dalmatie ou de certains chrysanthèmes, les insecticides à base de pyrèthre agissent par contact (les traitements préventifs sont donc inappropriés).

Ils s’attaquent au système nerveux des insectes (et des poissons…), provoquant une paralysie immédiate et donc la mort dans les heures (ou les jours) suivantes.

La toxicité sur les abeilles ou les coccinelles est contestée. Toutefois, certains insectes auxiliaires y sont évidemment sensibles…

 

 

 

Les Baccillus Thurengiensis

Insecticide biologique à base de Baccilius Thurengiensis

Insecticide biologique à base de Baccillus Thurengiensis

Pour faire simple, les Baccillus Thurengiensis (BT) sont des bactéries se trouvant naturellement dans le sol, l’eau ou l’air, ainsi que sur les feuillages.

Les BT proposés dans les jardineries se présentent sous forme de poudres mouillables à pulvériser sur les plantes envahies. On trouve différentes souches  agissant chacune spécifiquement sur une ou plusieurs familles d’insectes, les autres étant insensibles au produit.

L’effet est limité dans le temps mais radical : la paroi intestinale de l’insecte est détruite. L’insecte cesse alors de s’alimenter et meurt en quelques jours.

 

 

 

 

Les insecticides à base de roténone

Les indiens d’Amazonie utilisent la roténone pour pêcher. Les poissons meurent sous son effet et remontent à la surface…

La roténone est une molécule issue de certaines plantes tropicales et agissant sur les animaux à sang froid.

Longtemps autorisés en bio, les insecticides à base de roténone sont aujourd’hui interdits.

 

Quelles sont les conséquences de l’utilisation d’insecticides ?

La mort des insectes

Comme on l’a vu plus haut, par définition, les insecticides tuent. C’est là même leur raison d’être. Dès lors, peut-on qualifier de bio un produit détruisant la vie ? Ma réponse est clairement NON.

Un déséquilibre dans la chaîne alimentaire

Si ma chère alliée la coccinelle n'a plus aucun puceron à manger, n'ira t'elle pas voir ailleurs ?

Si ma chère alliée la coccinelle n’a plus aucun puceron à manger, n’ira t’elle pas voir ailleurs ?

 

Quand un insecte disparaît, c’est tout un cycle de vie qui s’en trouve profondément perturbé. Les prédateurs naturels de cet insecte ne trouveront plus leur nourriture favorite et iront voir ailleurs…laissant ainsi votre jardin sans régulateur de population et engendrant par la même des déséquilibres encore plus importants…

 

Un désintérêt pour la recherche des causes de l’invasion

Un coup de pulvérisateur et l’indésirable n’est plus ! Allez je passe à autre chose…sans me poser la seule question qui convient, à savoir “Pourquoi mes cultures ont subi cette invasion ?” (la réponse à cette question étant très souvent une fertilisation déséquilibrée, avec en particulier un excès d’azote).

 

En conclusion

Bien sûr, les insecticides biologiques sont un moindre mal que les insecticides chimiques. Néanmoins, leur utilisation n’est pas sans conséquence sur la vie. Aussi, je pense qu’ils ne doivent être utilisés que très exceptionnellement,  après avoir essayer en vain des répulsifs, et pour sauver une récolte qui, sans cela, serait totalement détruite…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Utilisez-vous certains insecticides biologiques ?

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    23 réflexions sur “ Les insecticides biologiques, ce que j’en pense ! ”

    1. Bonjour Gilles,
      Personnellement, je n’achète aucun insecticide pour le jardin, il m’est arrivée d’utiliser le savon dilué pour les pucerons quand ceux la “étaient trop nombreux ou des jet d’eau sous les feuilles , mais sinon non rien d’acheté dans le commerce.
      Bon maintenant je n’ai qu’un petit jardin et le potager n’a que 3 ans de culture sans problème particulier d’insectes.
      bonne fin de semaine.

      Amitiés Nancy

    2. Bonjour,
      Je jardine uniquement pour le plaisir et pour manger quelques légumes les plus naturels possible. C’est pourquoi, je n’utilise aucun produit du commerce, je n’ai pas confiance !
      Amicalement

    3. absolument d’accord avec vous : l’insecticide permet surtout de ne pas s’interroger sur les causes de ce déséquilibre. La biodiversité est nécessaire et implique que l’on sorte totalement de cette vision archaique d’une opposition utile-nuisible. Comme vous le suggérez dans votre article, il faut se demander : s’il n’y a pas quelques pucerons, elles mangeront quoi mes coccinelles ?

    4. A ce sujet je souhaite poser une question.
      Les pucerons sont exploités par les fourmis.
      Si une coccinelle se pose sur la plante, les fourmis s’ attaquent à elle immédiatement.
      Alors que faire ? Faut-il agir contre les fourmis et comment ?
      Merci pour vos avis

      1. Bonsoir Marilou,

        Laissez faire la Nature. Je n’interviens jamais et les choses s’équilibrent en général d’elles mêmes.
        D’ailleurs, la coccinelle sait réagir face aux attaques de fourmis (soit elle cherche à se mettre rapidement hors de portée, soit elle cache les pattes du côté attaqué et pose l’abdomen sur le support pour ne plus présenter que l’élytre aux attaques de l’assaillant, ou encore elle fait la morte…).

        Cela dit, la question est complexe…j’ai trouvé ça sur le web : http://jpgeslin.free.fr/Pucerons%20%20fourmis%20et%20cocinelles%20J-P%20Geslin.pdf

        Cordialement,
        Gilles

    5. Pas d’insecticide dans notre jardin nous cultivons en associations, par exemple le haricot avec la pomme de terre pour éloigné les doryphores et ça marche bien :-)

    6. Bonjour Gilles et merci pour cet article
      1/ Quid des insecticides ( repulsifs ) de type purin d’ortie frais
      2/ Comment éviter les exces (azote ou autres)qui provoquent certaines proliférations et et arriver à l’”équilibre” idéal dans son potager ?

      Merci par avance
      Philippe

      1. Bonsoir Philippe,
        1/ Les purins d’ortie ou autres ne sont justement pas des insecticides mais des insectifuges (répulsifs). Leur emploi peut donc être utile et ce sans dégâts sur la biodiversité.
        2/Chaque plante a des besoins particuliers en éléments nutritifs (voilà un sujet d’article à développer…). Pour éviter les excès d’azote, il convient donc de respecter ces besoins mais également d’éviter les engrais organiques trop riches en azote (guano par exemple). Le compost constitue par contre une fertilisation équilibrée et libère lentement les éléments, évitant ainsi les excès d’azote.

        Amitiés,
        Gilles

        1. Bonjour à tous,

          Je vais vous raconter un fait dont j’ai été témoin :

          Il y a quelques années, j’ai planté plusieurs dizaines de mètres de haie de campagne (viornes, sureaux, fusains d’Europe, nerpruns, troènes etc … entrecoupés de quelques arbres.

          L’hiver suivant, j’ai taillé tous les arbustes à 50/60 cm du sol.

          Au printemps, je vais voir ma haie qui commençait à pousser et que vois-je sur un fusain d’Europe? Deux petits rameaux tout bébés, d’un beau vert tendre, et, HORREUR, noircis à l’extrémité par une colonie de pucerons. Je vais vite aller chercher ma mitraillette à pucerons pour exterminer cette vermine.

          Mais avant d’aller chercher ce matériel, je regarde à nouveau et je vois, un peu en dessous des pucerons, 2 coccinelles. Bizarre!

          J’ai entendu dire que les coccinelles, Bêtes à Bon Dieu, sont les amies du jardinier. Pourquoi, je l’ignore. Je suis obligé de reconnaître qu’à cette époque, je n’y connaissais rien. Je me dis que je vais attendre un peu avant d’attaquer les pucerons.

          Quelques jours plus tard, je vais voir cet arbuste et, à ma grande satisfaction, il n’y avais plus un seul puceron. Ni là, ni ailleurs.

          J’ai alors détruit mon insecticide et n’en ai plus jamais acheté. Pour quoi faire puisque j’ai mes coccinelles.

          Parfois, dans mon jardin, je vois quelques pucerons sur les fèves, les artichauts et autres et je suis content car je pense qu’ainsi, mes coccinelles et autres prédateurs auront ainsi de quoi se nourrir.

          Ne jamais oublier que les pucerons sont la nourriture des coccinelles.

          Yvon Brisse.

    7. Bonjour Gilles,

      Je crois que tu connais déjà ma réponse :) Non ! Mais, j’aimerai juste préciser que je n’en ai jamais eu besoin, j’ai l’impression qu’il existe un certain équilibre dans mon petit jardin et l’une des choses qui a donné cet effet est, je pense, le fait que je l’ai agrandit au fur et à mesure des années, petit à petit, ce qui je pense a laissé le temps, chaque année à mon terrain de se gérer seul sans trop qu’il se voit dans l’obligation de se défendre , face aux plantes que j’introduisais à son insu dans le jardin, en envoyant de puissante attaque de nuisibles …

      Un bel article ;)
      A bientôt
      Yannick

    8. laissons s’intaller les antagonismes,les couleuvres,orvets,crapauds,testacelles,herissonsse chargent des limaces ,escargots,tous les insectes qui se livrent des combats pour leur nourriture,les oiseaux de meme,et la vie du sol,qui prime par dessus tout,a bannir tous les mots en cides de nos jardins,faisons confiance a la nature,l’harmonie va s’intaller

    9. Victime des capnodes (Capnodis tenebrionis L.), et ayant tué plus de 30 depuis quelques jours, et cherchant une insecticide naturelle
      (d’après http://www.fruits-et-legumes.net/phyto/prg/Fiche.asp?LISTEVAR=1|I055|109)je suis arrivé chez vous.

      Cette doc (http://www.fruits-et-legumes.net/revue_en_ligne/infos_ctifl/infospdf/infos%20246/246p30-33.pdf) explique bien le phénomène.
      Nous avons des dizaines de fruitiers cultivés (pêchers, pruniers abricotiers) et sauvages, (prunus). Notre verger est récent et nous avons seulement utilisé des purins (d’ortie et de prêle), mais peut-être pour lutter contre les larves, nous serons obligé d’utiliser une Insecticide biologique à base de Baccillus Thurengiensis.

      Qu’en pensez-vous ?

      1. Bonjour fereydoun,

        Cet insecte vit dans les zones méditerranéennes. N’ayant jamais été confronté à ce problème, je crains de ne pouvoir vous être d’une grande utilité.

        Je ne suis toutefois pas partisan du BT (cela élimine éventuellement le problème mais n’en résout pas la cause…). Je pense d’ailleurs qu’en utilisant l’ortie ou la prêle, vous êtes sur la bonne voie et je ne voudrais pas vous inciter à faire demi-tour (je n’utilise personnellement plus aucun insecticide “bio”).

        Les liens présents dans votre commentaire fournissent ainsi de bonne bases de recherche. J’y note par exemple que la ponte s’étale de fin juin à fin août et surtout que les oeufs de capnodes ne résistent pas à une forte humidité… Ainsi, si vous irriguez vos arbres fruitiers, pourquoi ne pas essayer d’arroser moins souvent mais plus abondamment (jusqu’à noyer la terre) et localement autour des arbres ?

        Ceci dit, je ne peux que vous conseiller de prendre contact avec des arboriculteurs bio de votre région. Si des solutions naturelles existent, ce sont eux qui vous renseigneront le mieux.

        Bon courage,
        Gilles

        1. Bonjour,

          Merci pour votre réponse.
          Nous sommes effectivement dans l’Aude.
          Effectivement, la solution que nous avons adopté (et allons continuer) est de biner et d’inonder les cuvettes de nos arbres cultivés, et nous nous contentons des ronds pour les capter et écraser un par un. Mais nous avons aussi planté des dizaines d’arbres “indigènes” de famille “prunus” pour constituer les haies. Et ces arbres, plantés il y a 4 ans, ne sont plus irrigués. Et je viens de trouver un capnode adulte sur un “Prunus mahaleb”. Pas simple.

          Je vais aussi contacter notre pépiniériste.

    10. Tout cela est bel et “bio”, mais quid des carpocapses du poirier ? depuis 3 ans que j’ai acheté, le vieux poirier produit des fruits complètement vérolés ! que faire ? pyrèthre additionné de savon et d’huile d’olive ? les bandes de cartons, le brossage des écorces, ne donnent pas satisfaction.

      1. Bonjour,

        les professionnels utilisent des pièges à phéromones (comme ici : http://www.plantes-et-jardins.com/p/15643-piege-a-carpocapse-mouchclac-pommes-et-poires)à poser en mai-juin (avril dans le midi) dans l’arbre.
        Pulvérisez également une macération d’absinthe et de rhubarbe 4 ou 5 fois à 10 jours d’intervalle.
        Eclaircissez éventuellement les fruits en mai puis ensachez-les (manchon ou housse à fruit). Otez un mois environ avant la récolte pour permettre la coloration des fruits.
        Ces diverses techniques, alliées aux bandes en cartons, devraient permettre de limiter considérablement les dégâts…

        1. Bjr, et merci pour vos conseils éclairés ! je n’ai pas d’absinthe mais de la rhubarbe seulement. Je suis en Hte-Vienne (St Yrieix la Perche), et je pense que mai juin doit être la bonne période pour les pulvérisations et pièges.
          Bonne continuation, encore merci…

    11. Bonjour,

      Une petite précision sur la notion de “Bio” dans le mot bio-insecticides.
      Bio dans se contexte signifie “Biodégradable”. Un bio-insecticide est un insecticide biodégradable donc, qui ne persistera pas indéfiniment dans l’environnement. Parce que il est issu d’organismes vivant (champignons, bactéries, plantes, virus…), au même titre que la matière organique, le bio-insecticide sera transformé, dégradé ou métabolisé par d’autres organismes/microorganismes. Les composés issus de cette dégradation (acides aminés, sucres, lipides etc…) seront réutilisés par d’autres être vivants. C’est le cycle de la vie.
      Il ne faut donc pas associé le “Bio” de bio-insecticide à respectueux de la vie puisque comme précisé dans l’article: il tue. En général le bio-insecticide est quand même assez spécifique d’un ravageur donné, c’est le cas des bio-insecticides à base de Bacillus thuringiensis. A l’inverse, les pyréthrines, bien que bio-dégradable rapidement, ne sont pas très spécifiques et tuent bon nombre d’insectes ravageurs ou auxiliaires.

      Enfin “bio” dans ce cas ne veut pas dire bon pour la santé. N’avaler de pyréthrines!!!! Ce n’est pas bon du tout à la santé. Ca bloque les canaux sodium et génère d’énorme maux de ventre.

      1. Bonsoir A-G,

        Merci pour cette remarque très juste.

        Dans cet article, je parle les insecticides autorisés en agriculture biologique, pas de bio-insecticides (même si les produits présentés sont effectivement des bio-insecticides).

        Il existe par ailleurs des bio-insecticides (donc comme tu l’expliques des produits bio-dégradables) qui ne sont pas autorisés en agriculture biologique…et il s’agit là sans doute d’une volonté de confusion orchestrée par les fabricants de ces produits ?

    12. Je n’utilise pas de produits sur mes cultures. Je d’accords sur le fait qu’il faut laisser agir et que généralement ça ce régule tout seul.
      Je travail surtout à durcir les plants afin de les rendre plus résistant aux attaques de prédateurs ou de maladies (arrosage modéré, peu ou pas d’engrais, aération des serres…).

      Seul truc que je n’arrive pas à réglé c’est les attaques de cicadelles (Eupteryx decemnotata)sur les sauges officinales et les romarins. Si vous avez un répulsif efficace je suis preneur !

      Merci pour votre blog agréable et bien construit.

      JUBIN Jean-Michel

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