Compostons nous !

Dans une ère où la durabilité et la conscience écologique sont devenues des priorités, il est temps de réexaminer nos pratiques post-mortem. Le compostage humain émerge comme une alternative plus respectueuse de l’environnement que ne le sont l’inhumation traditionnelle ou la crémation.

Cette pratique ancienne, autorisée aujourd’hui dans quelques états américains, au Canada ou encore en Australie, offre une manière de retourner à la terre d’une manière plus harmonieuse et durable.

Dans cet article, nous explorerons les tenants et aboutissants du compostage humain, ses implications sociales, environnementales et culturelles, ainsi que les progrès et les défis qui façonnent son adoption.

Comprendre le compostage humain

Processus biologique

Le compostage humain est un processus qui transforme le corps humain en sol riche en nutriments. Ce procédé repose sur des principes biologiques similaires à ceux du compostage des déchets organiques. Voici une explication détaillée du fonctionnement du compostage humain du point de vue biologique :

1. Décomposition initiale

Micro-organismes et macro-organismes :

  • Bactéries : les bactéries « décomposeuses » jouent un rôle crucial dans le début du processus. Elles commencent à dégrader les tissus mous du corps.
  • Champignons : ils participent à la décomposition de la matière organique plus résistante, comme la cellulose des cellules végétales.

Conditions environnementales :

  • Température : la température doit être contrôlée pour favoriser l’activité microbienne. Une température autour de 55-65°C est idéale pour la phase thermophile, où l’activité bactérienne est la plus intense.
  • Oxygène : une aération adéquate est essentielle pour maintenir un environnement aérobie, nécessaire à la survie des bactéries décomposeuses.
  • Humidité : un niveau d’humidité optimal (40-60%) est nécessaire pour que les micro-organismes puissent fonctionner efficacement.

 

2. Décomposition active

Phase thermophile :

  • Cette phase est marquée par une augmentation de la température due à l’intense activité microbienne. La chaleur produite aide à tuer les agents pathogènes et accélère la décomposition.
  • Les bactéries thermophiles décomposent rapidement les protéines, les lipides et les glucides.

Phase mésophile :

  • Après la phase thermophile, la température baisse, et les bactéries mésophiles (qui prospèrent à des températures modérées) prennent le relais.
  • Les champignons et les actinomycètes jouent un rôle clé dans la décomposition de la matière organique plus résistante.

 

3. Formation de l’humus

Matières organiques transformées :

  • Les produits de décomposition, comme les acides aminés, les acides gras et les sucres simples, sont consommés par les micro-organismes et transformés en humus, une matière organique stable et riche en nutriments.
  • Les restes de tissus osseux et autres matériaux résistants sont également décomposés lentement et incorporés dans l’humus.

Maturation :

  • Le compost subit une phase de maturation où il est stabilisé et devient biologiquement inactif. Cela peut prendre plusieurs mois.
  • Le produit final est un sol riche en nutriments, sans pathogènes, prêt à être utilisé pour enrichir les sols.

Similitudes avec le compostage des déchets organiques

  1. Principes biologiques : les mêmes types de micro-organismes (bactéries, champignons) et macro-organismes (insectes, vers) sont impliqués dans les deux processus.
  2. Conditions environnementales : les besoins en température, oxygène et humidité sont similaires.
  3. Phases de décomposition : les deux processus passent par des phases thermophile et mésophile, avec une décomposition initiale rapide suivie d’une maturation plus lente.
  4. Produits finaux : les deux processus aboutissent à la production d’humus, une matière organique stable et enrichissante pour les sols.

En résumé, le compostage humain est un processus naturel et contrôlé de décomposition des corps, similaire à celui du compostage des déchets organiques, visant à retourner les nutriments au sol de manière écologique et durable.

Techniques et méthodes de compostage humain

Le compostage humain, ou « réduction organique naturelle », peut être réalisé par différentes approches.

Voici les principales méthodes envisageables :

Compostage aérobie

Description :

Il s’agit d’un processus naturel, mais contrôlé, de compostage du corps dans un broyat de bois et de feuilles.

Processus :

  • Le corps du défunt est placé sur un lit végétal composé de matières végétales broyées (avec notamment de copeaux de bois et des feuilles).
  • On le recouvre des mêmes matériaux.
  • En une année seulement, l’humusation du défunt produirait plus ou moins 1,5 m³ d’humus.

Avantages :

  • Ne nécessite ni produits chimiques, ni technologique coûteuse.
  • Le procédé est on ne peut plus naturel…
  • Production d’un humus riche en nutriments.

Inconvénients :

  • Contrôle quelque peu aléatoire du processus.
  • Un processus de compostage mal maîtrisé pourrait entraîner des risques sanitaires. Une élévation de la température à 60-65°C demeure indispensable pour détruire tous les agents pathogènes.
  • Les expérimentations menées en Belgique, avec des cadavres de porcs, ont fait reculer les autorités… La Fondation Humusation réfute toutefois les conclusions des autorités belges, considérant que les conditions d’expérimentation n’ont pas été respectées…

Décomposition naturelle en sol

Description :

  • Cette méthode imite la décomposition naturelle dans le sol, souvent utilisée dans des réserves naturelles ou des cimetières écologiques.
  • Le corps est enterré, peu profondément, directement dans le sol sans cercueil ou avec un cercueil biodégradable.

Processus :

  • Phase initiale : les micro-organismes du sol commencent à décomposer les tissus mous du corps.
  • Rôle des invertébrés : insectes et vers contribuent à la décomposition.
  • Maturation : la décomposition complète et la formation de l’humus peuvent prendre plusieurs années.

Avantages :

  • Méthode naturelle et traditionnelle.
  • Favorise la biodiversité et la santé des sols.
  • Aucun produit chimique ou technologie avancée requis.

Inconvénients :

  • Aucun contrôle possible du processus.
  • La décomposition en humus reste très discutable (manque d’air pour la décomposition).

Compostage hors sol en conteneur fermé

 

compostage humaine - méthode Terramation hors sol.
Compostage humain hors sol – © Recompose Sabel Roizen

 

Description :

  • Cette méthode utilise des conteneurs hermétiques spécialement conçus pour accélérer la décomposition.
  • Le corps est placé dans un conteneur avec des matériaux riches en carbone (comme de la paille, du bois déchiqueté ou des copeaux de bois) et des agents de décomposition (comme des bactéries et des champignons).

Processus :

  • Phase thermophile : la température à l’intérieur du conteneur augmente rapidement en raison de l’activité microbienne intense, atteignant jusqu’à 55-65°C, ce qui tue les agents pathogènes.
  • Aération et humidité : le conteneur est conçu pour permettre une bonne circulation de l’air et maintenir une humidité optimale.
  • Durée : environ 4 à 6 semaines pour la décomposition initiale, suivies de plusieurs mois de maturation du compost.

Avantages :

  • Contrôle précis des conditions environnementales.
  • Accélération du processus de décomposition.
  • Production d’un compost sûr et riche en nutriments.

Inconvénients :

  • Processus relativement complexe nécessitant un conteneur spécialement conçu pour cela.
  • Coût conséquent.

Fermentation accélérée (par hydrolyse alcaline ou procédé de promession)

Les méthodes décrites maintenant, bien que n’étant pas à franchement parler du « compostage », s’inscrivent néanmoins également dans cette idée de transformation du corps humain en produit utilisable pour la fertilité des sols. A ce titre, elles méritent d’être abordées ici.

 

Compostage humain par hydrolyse alcaline (aquamation)
« Compostage humain » par hydrolyse alcaline (aquamation)

 

Hydrolyse alcaline (aquamation) :

  • Description : utilise une solution d’hydroxyde de potassium et de sodium pour dissoudre les tissus mous du corps à haute température et pression.
  • Processus : le corps est placé dans une chambre hermétique où il est exposé à la solution alcaline à environ 150°C. Les tissus se décomposent en quelques heures.
  • Résultat : la solution contient des acides aminés, des peptides, des sucres simples et des lipides. Les os sont broyés en une poudre fine.

Promession :

  • Description : utilise la congélation et les vibrations pour décomposer le corps.
  • Processus : le corps est congelé à une température très basse (environ -196°C) à l’aide d’azote liquide, puis soumis à des vibrations qui le réduisent en une poudre fine.
  • Résultat : la poudre peut ensuite être séchée et utilisée comme compost.

Avantages des méthodes de fermentation accélérée :

  • Rapidité du processus (quelques heures à quelques jours).
  • Moins de production de gaz à effet de serre comparé à la crémation.
  • Conversion complète des tissus en un produit stérile et stable.

Inconvénients :

  • Processus très complexes entrant dans un nouveau « business » très rentable (nous somme loin de la notion de permaculture telle que présentée par Guy dans la petite vidéo ci-dessus.
  • Coût très élevé (je n’ai pas les prix… mais ça ne fait aucun doute).

 

Comparaison des méthodes

MéthodeDuréeContrôle des conditionsImpact environnementalProduit final
Compostage aérobieEnviron 1 anMoyenneTrès faibleHumus naturel riche en nutriments
Décomposition naturelle dans le solPlusieurs annéesFaibleTrès faibleHumus naturel
Compostage en conteneur4-6 semaines + maturationÉlevéFaibleHumus riche en nutriments
Hydrolyse alcaline (aquamation)Quelques heuresTrès élevéFaibleSolution riche en nutriments et poudre d’os
PromessionQuelques heuresTrès élevéFaiblePoudre fine pour compost

 

Chaque méthode de compostage humain a ses avantages et ses défis. Le choix de la méthode dépend souvent des préférences culturelles, des réglementations locales (rappelons qu’à l’heure ou j’écris ces lignes, le « compostage humain » n’est pas autorisé en France) et des considérations environnementales.

Avantages environnementaux du compostage humain

Réduction de l’empreinte carbone

La comparaison de l’impact environnemental du compostage humain avec les méthodes traditionnelles d’inhumation et de crémation met en évidence des différences significatives en termes de durabilité et d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Voici une analyse détaillée :

Compostage humain

Impact environnemental global :

  • Émissions de GES : le compostage humain produit très peu de GES. La décomposition aérobie évite les émissions de méthane (CH4), un puissant gaz à effet de serre, qui se produisent dans les conditions anaérobies des enterrements traditionnels.
  • Utilisation des ressources : le processus nécessite des matériaux carbonés (comme la paille ou les copeaux de bois) et de l’énergie pour maintenir les conditions optimales, mais ces besoins sont relativement faibles par rapport à d’autres méthodes.
  • Produit final : le compost final est un humus riche en nutriments, utile pour enrichir les sols et promouvoir la biodiversité.

 

Inhumation traditionnelle

Impact environnemental global :

  • Émissions de GES : les enterrements traditionnels dans des cercueils en bois ou en métal peuvent produire des GES indirectement par la décomposition anaérobie dans les cimetières. Cette décomposition produit du méthane, surtout lorsque le sol est mal drainé.
  • Déforestation : la fabrication des cercueils en bois contribue à la déforestation, ce qui a un impact significatif sur la biodiversité et le stockage du carbone.
  • Pollution du sol : les produits chimiques utilisés dans l’embaumement peuvent contaminer le sol et les nappes phréatiques.
  • Occupation des terres : les cimetières occupent des terres sur le long terme, limitant leur utilisation pour d’autres activités.

 

Crémation

Impact environnemental global :

  • Émissions de GES : la crémation est énergivore, nécessitant une grande quantité de carburant pour brûler un corps à environ 800-1000°C pendant 1-2 heures. Ce processus produit environ 160 kg de CO2 par crémation.
  • Pollution atmosphérique : outre le CO2, la crémation peut libérer d’autres polluants tels que le mercure (des amalgames dentaires) et des particules fines.
  • Utilisation des ressources : la crémation nécessite des ressources énergétiques fossiles, contribuant ainsi aux émissions de GES.

 

Comparaison des émissions de gaz à effet de serre

MéthodeÉmissions de GES directesÉmissions de GES indirectesImpact environnemental global
Compostage humainTrès faibleFaibles (liées aux matériaux carbonés et énergie)Favorable (enrichissement des sols, biodiversité)
Inhumation traditionnelleModérées à élevéesÉlevées (déforestation, fabrication de cercueils)Négatif (déforestation, pollution du sol)
CrémationÉlevées (~160 kg CO2/crémation)Modérées (production d’énergie)Négatif (pollution atmosphérique, GES)

 

En résumé :

  • Le compostage humain offre un impact environnemental nettement plus faible en termes de GES et de dégradation des ressources naturelles. C’est une méthode durable qui recycle les nutriments dans l’écosystème.
  • L’inhumation traditionnelle a un impact environnemental négatif principalement dû à la déforestation, la pollution du sol et l’émission de méthane.
  • La crémation contribue significativement aux émissions de GES et à la pollution atmosphérique, bien qu’elle utilise moins de terres que l’inhumation.

En résumé, le compostage humain est la méthode la plus écologique parmi les trois, réduisant les émissions de GES et promouvant un cycle de vie durable.

Restauration des sols

Le compostage humain, en transformant les restes humains en humus riche en nutriments, joue un rôle essentiel dans l’enrichissement des sols.

Voici comment ce processus contribue à la restauration des écosystèmes :

Enrichissement des sols en nutriments

Apport de matière organique :

  • L’humus produit par le compostage humain est riche en matière organique, ce qui améliore la structure du sol.
  • La matière organique augmente la capacité de rétention d’eau du sol, le rendant plus résilient face à la sécheresse.

Nutriments essentiels :

  • Le compost humain contient des macronutriments essentiels comme l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K), ainsi que des micronutriments tels que le calcium, le magnésium et le fer.
  • Ces nutriments, libérés progressivement, fournissent une source durable de nutrition pour les plantes.

 

Amélioration de la structure du sol

Aération et drainage :

  • L’ajout de compost améliore la porosité du sol, ce qui facilite l’aération et le drainage.
  • Une bonne aération permet aux racines des plantes de respirer et favorise la croissance des micro-organismes bénéfiques.

Réduction de la compaction :

  • La matière organique du compost aide à réduire la compaction du sol, créant un environnement plus favorable pour les racines des plantes.

 

Promotion de l’activité microbienne

Augmentation de la biodiversité microbienne :

  • Le compost humain introduit une diversité de micro-organismes bénéfiques (bactéries, champignons, actinomycètes) dans le sol.
  • Ces micro-organismes jouent un rôle crucial dans la décomposition de la matière organique et la libération des nutriments.

Amélioration de la santé des plantes :

  • Les micro-organismes bénéfiques aident à protéger les plantes contre les pathogènes en compétitionnant pour les ressources et en produisant des substances antimicrobiennes.
  • Ils favorisent également la symbiose mycorhizienne, où les champignons mycorhiziens augmentent l’absorption de nutriments par les plantes.

 

Promotion de la croissance des plantes

Augmentation de la fertilité du sol :

  • Les sols enrichis en humus sont plus fertiles et peuvent soutenir une croissance végétale plus dense et plus vigoureuse.
  • Les plantes cultivées dans des sols riches en compost sont souvent plus saines et plus productives.

Amélioration de la résistance des plantes :

  • Les sols bien nourris et structurés aident les plantes à mieux résister aux stress abiotiques (sécheresse, salinité) et biotiques (maladies, ravageurs).

 

Contribution à la restauration des écosystèmes

Rétablissement des sols dégradés :

  • Le compost humain peut être utilisé pour restaurer les sols dégradés ou épuisés, rétablissant leur fertilité et leur capacité à soutenir la vie végétale.
  • En améliorant la structure et la fertilité du sol, le compost humain contribue à la régénération des écosystèmes naturels.

Promotion de la biodiversité :

  • Les sols riches en humus favorisent la croissance d’une végétation diversifiée, ce qui attire une faune variée et augmente la biodiversité de l’écosystème.
  • La végétation diversifiée crée des habitats pour les pollinisateurs et d’autres espèces essentielles à la santé de l’écosystème.

 

En résumé :

Le compostage humain transforme les restes humains en un humus riche en nutriments qui enrichit les sols, améliore leur structure, et favorise la croissance des plantes. Ce processus soutient la restauration des écosystèmes en augmentant la fertilité des sols, en favorisant la biodiversité et en renforçant la résilience des plantes face aux stress environnementaux. En retour, des écosystèmes sains et diversifiés contribuent à la stabilité écologique et au bien-être des communautés humaines et naturelles.

Implications sociales et culturelles du compostage humain

Le compostage humain dans l’histoire

Le compostage humain, bien que souvent perçu comme une innovation moderne, trouve ses racines dans diverses pratiques historiques et culturelles de gestion des corps humains après la mort. Voici une exploration de l’évolution de cette pratique à travers l’histoire :

Pratiques traditionnelles et indigènes

Agriculture indigène :

  • Certaines cultures indigènes utilisaient des méthodes de décomposition naturelle des corps pour enrichir les sols. Par exemple, les peuples autochtones d’Amérique du Nord enterraient parfois les corps avec des matières organiques pour accélérer la décomposition et fertiliser les sols environnants.
  • La pratique de retourner les corps à la terre sans cercueils ou avec des cercueils biodégradables a été courante dans de nombreuses cultures traditionnelles, facilitant ainsi la décomposition naturelle.

Rituels funéraires écologiques :

  • Diverses sociétés ont pratiqué des rites funéraires qui impliquaient la décomposition naturelle. Les Zoroastriens, par exemple, exposaient les corps dans des « Tours du Silence » pour être consommés par des oiseaux charognards, retournant les restes à la nature sans pollution du sol.

 

Pratiques agricoles anciennes

Utilisation des restes animaux :

  • Dans les sociétés agricoles anciennes, les restes animaux étaient souvent utilisés comme engrais pour enrichir les sols. Ce principe de retour des nutriments à la terre pourrait être vu comme un précurseur des pratiques modernes de compostage humain.
  • Les cultures utilisant des engrais organiques reconnaissaient l’importance de la décomposition naturelle pour la fertilité des sols.

 

Inhumation naturelle et développement de cimetières

Cimetières naturels :

  • Avant l’avènement des pratiques d’embaumement et des cercueils non biodégradables, de nombreuses cultures pratiquaient des inhumations naturelles où les corps étaient simplement enterrés dans la terre. Cette méthode permettait une décomposition naturelle et le retour des nutriments au sol.

Cimetières écologiques modernes :

  • Les cimetières écologiques, ou « green burials », sont une renaissance de ces pratiques, favorisant l’inhumation dans des conditions qui permettent la décomposition naturelle. Ils sont une étape vers les techniques de compostage humain modernes.

 

Évolution vers des pratiques modernes

Développement technologique :

  • Avec l’industrialisation et l’urbanisation, les méthodes de gestion des corps sont devenues plus mécanisées, mais la prise de conscience environnementale croissante a conduit à un retour aux pratiques plus durables.
  • Dans les années récentes, des technologies telles que la promession (congélation et vibration) et l’hydrolyse alcaline (dissolution chimique) ont été développées pour offrir des alternatives plus écologiques à la crémation et à l’inhumation traditionnelle.

Initiatives contemporaines :

  • L’État de Washington, aux États-Unis, a été le premier à légaliser le compostage humain en 2019, reflétant une reconnaissance croissante de cette méthode comme une option viable et écologique. Plusieurs états américains l’ont depuis suivi, tout comme le Canada et l’Australie.
  • Des entreprises comme Recompose, aux Etats-Unis, ont popularisé le compostage humain en proposant des services qui transforment les corps en compost de manière contrôlée et respectueuse de l’environnement.
  • La Belgique, l’Allemagne et la France ont décidé de mené des expérimentations…
  • Une association bretonne « Humo Sapiens » a pour objectif la légalisation de la Terramation en France (l’idée de cet article m’est d’ailleurs venu en écoutant l’un de ses membres à la radio).

 

Perspectives culturelles et sociales

Changements culturels :

  • La perception du compostage humain évolue, passant d’un tabou à une pratique de plus en plus acceptée et encouragée dans le cadre des efforts de durabilité environnementale.
  • La sensibilisation aux impacts écologiques des méthodes funéraires traditionnelles pousse les sociétés à repenser et à adopter des pratiques plus durables.

Acceptation sociale :

  • Bien que le compostage humain soit une pratique récente, il s’aligne sur une longue tradition de retour à la terre et de respect des cycles naturels. La montée de l’intérêt pour des modes de vie durables et respectueux de l’environnement favorise l’acceptation de cette méthode.

 

En résumé :

Le compostage humain, bien qu’il semble être une innovation moderne, s’inscrit dans une longue tradition de pratiques funéraires respectueuses de l’environnement. En combinant des techniques anciennes de décomposition naturelle avec des technologies modernes, cette méthode offre une solution durable et respectueuse des cycles naturels, en phase avec les besoins contemporains de préservation de l’environnement.

Approche holistique de la mort

Le compostage humain joue un rôle crucial dans une approche holistique et écologique de la mort, en mettant en lumière le respect pour le cycle naturel de la vie et la mort. Cette perspective globale intègre des valeurs culturelles, écologiques et philosophiques, favorisant une connexion plus profonde avec la nature et une compréhension plus intégrée de notre place dans le monde. Voici comment le compostage humain contribue à cette approche :

Cycle naturel de la vie et de la mort

Retour aux racines écologiques :

  • Le compostage humain honore le principe fondamental de la nature : tout ce qui naît finit par retourner à la terre. En décomposant naturellement et en enrichissant le sol, il complète le cycle de la vie et de la mort.
  • Ce processus imite les cycles naturels observés dans les écosystèmes, où les organismes morts deviennent une source de nutriments pour de nouvelles vies.

Fermeture du cycle des nutriments :

  • En transformant les corps en humus riche en nutriments, le compostage humain restitue les éléments essentiels (azote, phosphore, potassium) au sol, soutenant ainsi la croissance des plantes et la santé des écosystèmes.
  • Cette restitution des nutriments contraste avec les méthodes traditionnelles d’inhumation et de crémation, qui ne contribuent pas à l’enrichissement des sols.

 

Respect et connexion avec la nature

Réduction de l’empreinte écologique :

  • Le compostage humain minimise l’impact environnemental de la gestion des corps après la mort. Contrairement à la crémation, qui émet du CO2 et d’autres polluants, et à l’inhumation traditionnelle, qui peut entraîner la déforestation et la pollution des sols, le compostage humain est une méthode durable et écologique.
  • Cette approche encourage une vie (et une mort) plus respectueuse de l’environnement, réduisant notre empreinte carbone et contribuant à la préservation des ressources naturelles.

Renforcement des liens avec la terre :

  • Le processus de compostage humain rappelle aux vivants leur lien intrinsèque avec la terre. En choisissant cette méthode, les individus et les familles peuvent sentir une connexion plus forte avec la nature, percevant la mort non pas comme une fin, mais comme une transformation et un retour à la source.
  • Cette perception peut apporter un réconfort spirituel et une perspective positive sur la mortalité, en voyant la mort comme une contribution continue à la vie sur Terre.

 

Compostage humain : éthique et valeurs sociales

Pratiques funéraires durables :

  • Le compostage humain propose une alternative éthique aux pratiques funéraires traditionnelles, souvent coûteuses et écologiquement dommageables. Il offre une option plus abordable et accessible (bon… ça dépend des procédés…), respectueuse des valeurs de durabilité.
  • Cette méthode encourage des choix de fin de vie qui sont en harmonie avec les préoccupations écologiques contemporaines, alignant les actions individuelles avec les objectifs globaux de conservation et de durabilité.

Valorisation de la vie :

  • En intégrant le compostage humain dans les pratiques culturelles, les sociétés peuvent promouvoir une vision de la vie et de la mort qui valorise la continuité et le renouvellement. Cela peut transformer les perceptions culturelles de la mort, la voyant non pas comme une perte définitive, mais comme une étape naturelle dans le cycle de la vie.
  • Les cérémonies funéraires peuvent inclure des éléments symboliques qui soulignent cette continuité, comme planter un arbre ou créer un jardin en mémoire des défunts, utilisant le compost produit pour nourrir ces plantes.

 

Impact psychologique et spirituel

Confort et acceptation :

  • Savoir que son corps nourrira la terre et soutiendra de nouvelles vies peut offrir un sentiment de paix et d’accomplissement, contribuant à une meilleure acceptation de la mortalité.
  • Cette perspective peut aider à atténuer la peur de la mort et à favoriser une attitude plus sereine et positive face à la fin de vie.

Renouveau spirituel :

  • Pour de nombreuses personnes, le compostage humain peut être perçu comme un acte spirituel de retour à la nature, en accord avec des croyances éco-spirituelles ou des traditions animistes.
  • Cela peut enrichir les pratiques funéraires contemporaines en incorporant des éléments de respect profond pour la nature et de participation active à la préservation de l’environnement.

 

En résumé :

Le compostage humain, en tant que méthode écologique et respectueuse du cycle naturel de la vie et de la mort, offre une alternative puissante aux pratiques funéraires traditionnelles. Il encourage une compréhension plus holistique de la mortalité, où la mort est vue comme une transformation positive et une contribution continue à la vie sur Terre. En intégrant cette approche, les sociétés peuvent promouvoir des valeurs de durabilité, de respect pour la nature, et de connexion spirituelle, enrichissant ainsi notre compréhension et notre expérience de la vie et de la mort.

Compostage humain et transformations culturelles

Le compostage humain remet en question les traditions et les tabous entourant la mort de plusieurs façons, en encourageant une réflexion plus profonde sur notre relation avec la nature. Voici une analyse de ces aspects :

Défis aux traditions funéraires

Évolution des pratiques funéraires :

  • Les traditions funéraires établies, comme l’inhumation et la crémation, sont profondément enracinées dans les cultures du monde entier. Le compostage humain, en tant que pratique nouvelle et radicalement différente, défie ces normes.
  • Cette méthode propose une alternative respectueuse de l’environnement, remettant en question les pratiques qui contribuent à la déforestation, à la pollution des sols et à l’émission de gaz à effet de serre.

Modification des rituels culturels :

  • Les rituels funéraires traditionnels incluent souvent des cérémonies élaborées et des processus d’embaumement qui visent à préserver le corps, un contraste marqué avec le processus de décomposition rapide du compostage humain.
  • L’adoption du compostage humain nécessite de repenser ces rituels pour inclure des pratiques plus simples et écologiques, ce qui peut être perçu comme une perte de tradition pour certains.

 

Affrontement des tabous

Tabous autour de la décomposition :

  • La société occidentale, en particulier, a tendance à éviter les discussions sur la décomposition des corps humains, considérant cela comme un sujet morbide ou inapproprié. Le compostage humain force une confrontation directe avec cette réalité naturelle.
  • Accepter le compostage humain nécessite de surmonter les sentiments de répulsion ou de malaise liés à la décomposition, ce qui peut être un processus difficile mais libérateur.

La sacralité du corps :

  • De nombreuses cultures voient le corps humain comme sacré, nécessitant des soins spéciaux après la mort. Le compostage humain, en tant que processus qui transforme le corps en matière organique, peut sembler dévaloriser cette sacralité.
  • Cependant, en intégrant cette pratique, certaines personnes trouvent une nouvelle forme de sacralité dans le cycle naturel de la vie, où le corps continue à nourrir la terre et à soutenir la vie.

 

Réflexion sur la mortalité

Acceptation de la mortalité :

  • Le compostage humain encourage une acceptation plus naturelle de la mort, la voyant comme une partie intégrante du cycle de vie plutôt que comme une fin définitive.
  • Cette perspective peut aider les individus à mieux accepter leur propre mortalité et celle de leurs proches, en soulignant le rôle continu que chaque vie joue dans l’écosystème.

Redéfinition du « repos éternel » :

  • Traditionnellement, le repos éternel implique souvent la préservation du corps dans un cercueil ou la transformation en cendres. Le compostage humain redéfinit ce concept en termes de transformation et de retour à la nature.
  • Cela invite les individus à considérer le « repos » non pas comme une stase permanente, mais comme une contribution dynamique et renouvelable à la vie sur Terre.

 

Relation avec la nature

Renaissance écologique :

  • Le compostage humain renforce l’idée que les humains font partie intégrante de l’écosystème. En retournant à la terre de manière bénéfique, nous pouvons contribuer activement à la santé et à la fertilité des sols.
  • Cette approche renforce une vision écologique où la mort est une étape naturelle qui nourrit et régénère la nature, promouvant une perspective plus harmonieuse et respectueuse de notre environnement.

Réduction de l’empreinte écologique :

  • En choisissant le compostage humain, les individus et les familles peuvent réduire l’impact environnemental des pratiques funéraires, minimisant l’utilisation de ressources non renouvelables et la pollution.
  • Cela encourage une réflexion plus large sur les choix de vie et de mort qui respectent et soutiennent l’environnement, alignant les actions individuelles avec les principes de durabilité et de conservation.

 

Impact sur les communautés

Changement des valeurs communautaires :

  • Les communautés qui adoptent le compostage humain peuvent voir un changement dans leurs valeurs collectives, mettant l’accent sur la durabilité, le respect de la nature et la responsabilité environnementale.
  • Cela peut mener à des initiatives locales visant à promouvoir des pratiques écologiques, non seulement dans la gestion des corps après la mort, mais aussi dans d’autres aspects de la vie communautaire.

Éducation et sensibilisation :

  • Le compostage humain nécessite une éducation et une sensibilisation accrues pour une meilleure compréhension et acceptation. Cela peut inclure des discussions ouvertes sur la mort, la décomposition et l’importance de pratiques écologiques.
  • Ces discussions peuvent démystifier la mort et encourager une culture de transparence et de compréhension, réduisant les tabous et les stigmates associés à ces sujets.

 

En résumé :

Le compostage humain remet en question les traditions et les tabous entourant la mort, en incitant les individus et les communautés à repenser leur relation avec la nature et leur compréhension de la mortalité. En encourageant une approche plus écologique et intégrée de la vie et de la mort, cette pratique favorise une acceptation plus naturelle de la mort, une réduction de l’empreinte écologique et une valorisation des cycles naturels. Cette transformation des perspectives culturelles et individuelles peut contribuer à une relation plus harmonieuse et respectueuse avec notre environnement et notre propre existence.

 

Compostage humain : défis et controverses

Considérations sanitaires

L’enterrement des morts pour des raisons sanitaires est une pratique qui trouve ses origines dans la préhistoire, mais qui a pris une importance particulière avec l’évolution des sociétés humaines et la compréhension des maladies transmissibles. Voici une exploration des considérations sanitaires qui ont conduit à l’enterrement des morts :

Prévention des maladies

Contagion et épidémies :

  • Les corps en décomposition peuvent devenir des foyers de bactéries pathogènes et de virus, particulièrement dangereux dans les cas de maladies infectieuses. Les épidémies de peste, choléra, et autres maladies contagieuses ont souvent conduit à des mesures strictes concernant l’enterrement des morts.
  • L’inhumation des corps a aidé à limiter la propagation de ces agents pathogènes, en empêchant le contact direct avec les vivants et en réduisant le risque de contamination des sources d’eau et de nourriture.

Vecteurs de maladies :

  • Les cadavres attirent les insectes nécrophages comme les mouches, qui peuvent ensuite devenir des vecteurs de maladies. L’enterrement des corps permet de minimiser cette attraction et de contrôler la population d’insectes potentiellement dangereux.

 

Hygiène et salubrité publique

Contrôle des odeurs et nuisances :

  • Les corps en décomposition produisent des odeurs nauséabondes et peuvent attirer des animaux charognards. L’enterrement permet de contrôler ces nuisances et de maintenir une salubrité publique acceptable.
  • Dans les environnements urbains, avec une densité de population élevée, la gestion des cadavres par l’inhumation était essentielle pour éviter des conditions insalubres.

Préservation des ressources en eau :

  • Les corps non enterrés peuvent contaminer les sources d’eau potable, particulièrement dans les zones où les nappes phréatiques sont peu profondes. L’enterrement des corps aide à protéger ces ressources vitales en évitant la contamination par des agents pathogènes.

 

Évolution historique des pratiques funéraires

Pratiques préhistoriques :

  • Les premiers humains enterraient probablement leurs morts pour des raisons rituelles et pratiques, incluant des considérations sanitaires même si celles-ci n’étaient pas scientifiquement comprises. Les sépultures anciennes montrent des signes de respect pour les morts et un désir de protéger les vivants des dangers potentiels.

Évolution des connaissances médicales :

  • Avec l’avancée des connaissances médicales et la compréhension des germes et des vecteurs de maladies, les pratiques funéraires ont évolué pour inclure des mesures plus strictes en matière de salubrité. L’inhumation est devenue une méthode standardisée pour prévenir les épidémies et protéger la santé publique.

Législation et régulations :

  • De nombreuses sociétés ont mis en place des lois et des régulations concernant l’enterrement des morts pour des raisons sanitaires. Par exemple, pendant les épidémies de peste en Europe, des mesures strictes étaient prises pour enterrer rapidement les corps afin de limiter la propagation de la maladie.

 

Considérations contemporaines et compostage humain

Sanitation moderne et compostage humain :

  • Le compostage humain moderne est conçu pour être sûr du point de vue sanitaire. Les processus de décomposition contrôlée, incluant l’aération et le maintien de températures élevées, assurent la destruction des agents pathogènes.
  • Les protocoles modernes garantissent que le compost humain ne pose pas de risque de contamination pour l’eau ou les sols, rendant cette méthode non seulement écologique mais aussi sûre sur le plan sanitaire.

Régulations et sécurité :

  • Les législations actuelles encadrant le compostage humain imposent des normes strictes pour assurer que les pratiques respectent les considérations sanitaires. Cela inclut des régulations sur les températures, les durées de compostage, et la gestion des restes.

 

En résumé :

L’enterrement des morts a été historiquement motivé par des considérations sanitaires visant à prévenir la propagation des maladies, à maintenir la salubrité publique et à protéger les ressources en eau. Aujourd’hui, le compostage humain, bien que nouveau, est conçu pour répondre à ces mêmes préoccupations sanitaires tout en offrant une alternative écologique aux pratiques funéraires traditionnelles. Là où ils sont autorisées, les processus modernes de compostage humain sont rigoureusement contrôlés pour assurer la sécurité sanitaire, montrant que cette méthode peut s’inscrire dans une longue tradition de pratiques funéraires respectueuses de la santé publique.

Considérations éthiques

Le compostage humain, tout comme toute autre méthode de disposition des corps après la mort, soulève des questions éthiques importantes. Les principales préoccupations éthiques incluent le consentement préalable des individus, le respect de la dignité humaine, et les implications culturelles et religieuses. Voici une exploration détaillée de ces questions :

Consentement Préalable

Autonomie et choix personnel :

  • Le respect de l’autonomie individuelle est fondamental. Les personnes doivent avoir le droit de choisir ce qu’il advient de leurs corps après la mort. Le consentement préalable, exprimé par le biais de directives anticipées ou de volontés testamentaires, est essentiel pour garantir que le compostage humain est conforme aux souhaits de l’individu.
  • Les législations et les régulations doivent inclure des mécanismes clairs pour enregistrer et respecter ces choix, afin de s’assurer que le compostage humain n’est effectué qu’avec le consentement éclairé du défunt.

Communication avec la famille :

  • En plus du consentement de l’individu, il est important de communiquer avec les membres de la famille pour s’assurer qu’ils comprennent et respectent les choix faits. Cette communication aide à éviter les conflits et les malentendus potentiels après la mort de la personne.

 

Respect de la Dignité Humaine

Traiter le corps avec respect :

  • Le compostage humain doit être effectué de manière à respecter la dignité du défunt. Cela inclut des pratiques de manipulation et de décomposition respectueuses et dignes, évitant toute forme de traitement dégradant ou indécent.
  • Les installations de compostage doivent être conçues et opérées avec une sensibilité particulière aux aspects symboliques et émotionnels du traitement des corps humains.

Cérémonies et rituels :

  • Intégrer des cérémonies et des rituels appropriés peut aider à honorer la mémoire du défunt et à respecter les sentiments des proches. Ces rituels peuvent être adaptés pour inclure des éléments écologiques, reflétant le choix du compostage humain tout en préservant la dignité et le respect.

 

Considérations Culturelles et Religieuses

Sensibilités culturelles :

  • Différentes cultures ont des traditions et des croyances spécifiques concernant la disposition des corps. Le compostage humain peut être perçu différemment selon les contextes culturels, et il est crucial de respecter ces perspectives.
  • Les efforts de sensibilisation et d’éducation doivent inclure des dialogues avec les communautés pour comprendre et respecter leurs vues, tout en expliquant les avantages et les processus du compostage humain.

Compatibilité avec les croyances religieuses :

  • Certaines religions ont des doctrines précises sur la disposition des corps… Le compostage humain pourrait être en contradiction avec ces croyances. Par exemple, certaines traditions insistent sur l’inhumation intacte ou interdisent la manipulation du corps après la mort.
  • Il appartiendra à chacun de consulter, selon ses croyances, les leaders religieux et de considérer les enseignements religieux dans la promotion et la pratique du compostage humain, afin de trouver des moyens de respect mutuel et de coexistence des pratiques.

 

Transparence et Information

Accès à l’information :

  • Les individus doivent avoir accès à des informations claires et complètes sur le processus de compostage humain. Cela comprend ses aspects techniques, ses avantages écologiques et ses implications éthiques.
  • La transparence est essentielle pour garantir que les décisions sont bien informées et pour renforcer la confiance dans cette méthode.

Éducation et sensibilisation :

  • Les campagnes de sensibilisation peuvent aider à démystifier le compostage humain et à le présenter comme une option respectueuse et écologique. L’éducation peut également aborder les préoccupations éthiques et montrer comment elles sont traitées de manière appropriée.

 

Implications Légales

Régulations et législations :

  • Les cadres législatifs doivent être mis en place pour réguler le compostage humain, garantissant que toutes les pratiques respectent les normes éthiques et sanitaires.
  • Les lois doivent protéger le consentement individuel et assurer que les processus de compostage humain sont effectués de manière respectueuse et sécurisée.

 

En résumé :

Le compostage humain soulève des questions éthiques complexes, nécessitant une attention particulière au consentement préalable, au respect de la dignité humaine et aux sensibilités culturelles et religieuses. En assurant une transparence totale, en éduquant le public, et en développant des cadres législatifs appropriés, il est possible de promouvoir cette méthode comme une alternative respectueuse et durable aux pratiques funéraires traditionnelles. L’intégration de ces considérations éthiques est essentielle pour gagner l’acceptation sociale et garantir que le compostage humain est pratiqué de manière juste et digne.

 

Conclusion

Le compostage humain représente bien plus qu’une simple méthode d’élimination des corps. C’est un acte de réconciliation avec la nature, un moyen de transformer la mort en une contribution positive à l’écosystème. Alors que nous continuons à explorer de nouvelles façons de vivre en harmonie avec notre planète, le compostage humain se profile comme une pratique respectueuse et durable qui mérite d’être sérieusement considérée dans notre approche de la mort et du deuil.

Selon un « sondage Opinion Way pour Humo Sapiens », 46 % des français se déclarent prêts à recourir à la terramation…

Et vous ? Quelles seraient vos motivations ? Vos choix de méthodes ? Vos réticences ?

 

Sources et informations complémentaires :

https://humosapiens.fr/

https://www.humusation.org/

https://www.happyend.life/aquamation-hulusation-mort-ecologiques/

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ces-francais-qui-veulent-legaliser-le-compostage-humain-20230914

https://leparticulier.lefigaro.fr/jcms/c_118384/demarches/le-compostage-des-corps-humains-va-etre-etudie-en-france-20240315

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/morlaix/je-souhaite-que-mon-corps-retourne-a-la-terre-en-quoi-consiste-le-compostage-humain-possible-nouveau-rite-funeraire-en-france-2942133.html

https://www.genethique.org/compostage-humain-vers-un-nouveau-rite-funeraire-en-france/

https://reporterre.net/Compost-humain-Nous-avons-peur-d-etre-manges-par-des-petits-vers

https://www.meine-erde.de/

Crédit photo de couverture : https://www.humusation.org/

61 commentaires sur « Compostons nous ! »

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  1. Bonjour

    J’arrive en retard. cela me rappelle l’antique coutume de planter un arbre sur la tombe; Effectivement je suis contre le bétonnage des corps mais soit on me mets en terre en plantant un arbre soit on m’incinère et on disperse mes cendres
    Le reste cela touche ma sensibilité et mes tabous même si c’est pas top, j’envisage pas l’humusisation (?) et je trouve cela dégoutant à regarder et puis nous sommes tellement nombreux, je n’envisage pas de bécher mon corps en décomposition ni celui de personne. Il doit me rester un peu de judéocrétinisme!

    Répondre
  2. Bonjour Gilles,
    Le jardinage est le centre tout, la preuve en est de cet article très complet, qui conforte ma réflexion de ces derniers mois sur le sujet.
    Si je doute voir aboutir une prise de position de l’état de mon vivant (j’ai un âge certain), j’espère que toutes les voix comme la votre, s’élevant pour faire avancer le débat, amèneront au moins à faire changer les mentalités et rendront les gens plus tolérants les uns envers les autres.
    La question de la pollution trouvera sa réponse par l’acceptation de la parole scientifique, quant aux religions, elles ont su adapter leur dogme à l’évolution de la société au fil des siècles, elles le referont. Mais il faut beaucoup plus de temps pour faire croître une bonne idée que pour une mauvaise…
    On médite souvent en jardinant, merci de m’avoir remis en mémoire un sujet qui me tient à cœur et nourrira mes pensées lors d’une prochaine corvée de désherbage.
    Très bonne journée à vous

    Répondre
  3. Bonsoir Gilles

    Un grand merci pour cet article, incroyablement documenté (quel travail de recherche, je suis impressionnée) et qui m’a ouvert des nouvelles pistes de réflexion ! J’ignorais que ces pratiques existaient dans certains pays, je pensais que c’était trop compliqué d’un point de vue sanitaire. Pour moi c’est clairement le summum de la permaculture ! Moi qui cherche toujours comment nourrir au mieux ma terre, qui prend tellement plaisir à me dire que je donne à manger à des tas d’être vivants, insectes, vers de terre, micro-organismes, j’adorerais pouvoir faire ce geste ultime de les nourrir de moi-même ! Une butte auto-fertile avec moi-même, vraiment j’adore l’idée ! Et si je pouvais dormir pour toujours au milieu des légumes que j’ai pris tant de plaisir à faire pousser, quel bonheur suprême ! Déjà, depuis longtemps, j’avais envie que ma tombe ne soit pas recouverte de marbre, juste la terre nue, pour que la vie puisse reprendre ses droits et pousser au-dessus de moi. C’est tellement plus naturel ! Alors cette solution d’humusation serait encore plus aboutie.

    Comme vous, je pense qu’il n’y aurait que des avantages d’un point de vue écologique, sauf que quelque chose m’interpelle, c’est la question du cimetière. Vous dites que cela permettrait de gagner de l’espace dans les villes pour en faire autre chose… En théorie oui, mais dans la pratique, je ne sais si c’est le cas dans toutes les villes, mais dans la mienne, actuellement, chaque centimètre carré qui se libère est automatiquement honteusement bétonné, c’est une vraie catastrophe, il n’y a plus d’espace, plus de verdure, c’est de pire en pire, alors même qu’on sait qu’il est urgentissime de végétaliser les villes… Et il se trouve que juste à côté de mon bureau, il y a un très beau cimetière, très grand et très arboré, et c’est le seul endroit qui reste encore vert dans le quartier ! C’est un vrai poumon de CO2 et une oasis de calme. Et là, au-moins, c’est sûr, ils ne pourront pas bétonner !! C’est le seul endroit que j’ai trouvé pour ma pause déjeuner et je m’y sens vraiment bien, pas seulement pour le côté verdure et calme, pour les oiseaux et les écureuils, mais aussi pour le côté spirituel et également historique… Car le fait que ce soit un cimetière fait qu’on y ressent quelque chose de bien différent que dans un parc, aussi beau et bien aménagé soit-il. Ce sont des témoignages du passé, des grands moments de notre histoire et des destins personnels, on lit de magnifiques poèmes sur certaines tombes, on sent beaucoup d’amour, on devine la personnalité de certaines personnes d’après les choix de décoration, d’après les photos… En passant du temps auprès de tous ces gens, j’ai aussi l’impression de continuer à les faire exister, de leur rendre hommage… Alors qu’en serait-il de notre mémoire individuelle et surtout collective si nos cimetières disparaissaient ?

    Bien à vous, au plaisir de vous lire.

    Répondre
  4. Bonsoir Monsieur Dubus.
    « Rien n’est la proie de la mort, tout est proie de la vie » avait dit le Pr Antoine Bechamp, contemporain de Pasteur qui avait découvert les microzymas.
    Je vous invite à découvrir ce savant et ces microzymas , de nombreuses vidéos existent sur youtube. Et un film accessible sur la page Facebook du Dr A.Scohy.
    C’est pourquoi cette méthode de retourner à la terre pour nourrir le vivant me parle.
    Par contre, il y a un bémol, si le corps a reçu beaucoup de médicaments chimiques et des chimiothérapies, par exemple, la décomposition se fera très difficilement et polluera la terre. Et au jour d’aujourd’hui, c’est de plus en plus le cas.
    Sinon, tout cet article très intéressant.
    Cordialement

    Répondre
    • Bonjour Cat,
      Le compostage, contrairement au « pourrissement » (c’est le cas pour les inhumations) a justement pour effet, grâce à la montée en température, la destruction des résidus chimiques (et à ma connaissance, cela n’a pas d’incidence sur la décomposition)… Pour les chimiothérapies, ça peut en effet être sans doute plus problématique, mais dans ce cas, l’utilisation du compost sera peut-être raisonnablement à éviter (l’autorisation de ce procédé ne voudrait évidemment pas dire obligation ; ce serait juste une option en plus, à réfléchir intelligemment, au cas par cas…).
      Cordialement,
      Gilles

      Répondre
  5. Admettons on peut tous mourir demain. Je suis encore jeune pour penser à mes dernières volontés mais de mon vivant je ne suis pas à l’aise en « société » en général. Sans être aussi misanthrope que Pierre Desproges, je pense sincèrement à ne pas être enterrée pour l’Eternité au milieu d’un cimetière… avec des congénères que je ne supportais pas de mon vivant… plutôt mourir… de rire. Article très complet merci

    Répondre
  6. bonjour Gilles, je suis choquée et peinée que vous ayez eu des retours agressifs … quelle idée, alors qu‘il est important de parler de ce sujet.
    J‘ai trouvé l’article très instructif et bien documenté. Bravo!
    Retournons à la terre au propre comme au figuré 😊
    amicalement
    Véro

    Répondre
  7. Merci pour cet intéressant article qui m’ a appris qu’ une crémation nécessitait 1000° …
    Bonjour la planète …
    Composter notre corps serait une solution 1000 fois plus intéressante,
    mais en France, il faudrait changer, assouplir des textes, laisser le choix …
    Ca, on n’ est pas prêt de le faire, il vaut mieux continuer à marcher sur la tête, comme mettre de l’ eau potable dans les toilettes …
    Anecdote (qui n’ en est pas une), pourquoi ne pas copier le Zoroastrisme en Inde, consistant à déposer (pratique encore en vigueur en 1987, mais en voie de disparition) les corps pour décharnement par les vautours dans ce qu’ on appelle les Tours du Silence (ne se visite pas) …
    Bien cordialement @+

    Répondre
  8. Un grand merci pour cet article très fourni qui permet de découvrir cette solution qui permet à l’humain d’être littéralement humble au milieu dans lequel il vit.

    Répondre
  9. Bravo pour cet article, j’espère que nous aurons le choix de la méthode la plus naturelle et non pas les systèmes plus complexes et couteux qui alimentent le marché de la mort. En ajoutant le droit à la fin de vie, je vous souhaite le plus tard possible une belle mort!

    Répondre
  10. Merci Gilles pour cet article. Je m’étonne de voir que certains louent votre « courage » – faut-il du courage pour parler de ce sujet universel qu’est la mort et ce que notre corps devient ? au vu de certains commentaires, il faut croire que oui… les gens sont bien prudes !

    Répondre
  11. Bonne initiative de publication pour une décomposition naturelle le plus tard possible et … pour les survivants, restent les RISQUES BIOLOGIQUES infectieux réglés par confinement ou crémation ou les MECANIQUES {prothèses} ou les CHIMIQUES d’origine pharmaceutiques. Certaines pollutions industrielles sont dures à revitaliser.
    La vidéo et son acteur principal reflétaient la réalité.
    Merci d’avoir éveillé ma réflexion sur ce sujet…de fin de vie.

    Répondre
  12. cher gilles,
    merci pour cet article. il faut du courage !
    pour moi qui m’intéresse de près à la pensée du bouddhisme, c’est comme une explication biologique de la théorie de la réincarnation. on peut aussi le voir comme ça.
    eric

    Répondre
  13. Merci beaucoup Gilles pour cet article très complet et éclairant, en lui-même et par les réactions qu’il suscite. Je suis très intéressé par l’humisation et y aspire pour moi-même. Mais effectivement, je ne peux pas ne pas m’interroger sur la question de l’échelle: cette démarche resterait-elle applicable et sûre d’un point de vue sanitaire si elle devait etre généralisée à toute une population ? En tout cas, oui, il me semble important de mettre ce sujet sur la place publique et que chacun s’en empare, avec ouverture d’esprit et bienveillance.

    Répondre
  14. Bonjour Gilles,
    Très intéressant cet article, bravo d’avoir osé aborder ce sujet.
    Merci à vous pour tous vos bons conseils et votre ouverture d’esprit.

    Répondre
      • Entièrement d’accord, et ayant travaillé dans ce secteur, je pense que l on s’ est fourvoyé en prenant les dispositions actuelles en matière de traitement de la mort.Ayant fait des caveaux et autres monuments funéraires,et au delà des considérations financières où religieuses,il faut bien reconnaître, que « tu es poussière et tu redeviendra poussière »est une vue de l’ esprit,car ayant ouvert nombre de caveaux, je peux vous dire qu il n’ y a pas de poussière la dedans, les monuments étant complètement clos, les corps se transforment en une espèce de bouillasse immonde, avec une odeur telle que le purin d’ortie passe pour du Chanel 5.Si par malheur vous vous en mettez sur vos fringues, rien ne sert de les laver, vous pouvez les jeter.tout çà pour dire que l inhumation en pleine terre est la solution, je pousserais même l idée à supprimer le cercueil et seulement envelopper le corps du défunt d’un suaire, ce qui me semble avoir été le cas dans l’ histoire ancienne.Mais pas sûr que le monde du funéraire soit d’accord pour laisser partir la poule aux oeufs d’or

        Répondre
  15. Très intéressant cet article, cela ouvre des portes, et pose de bonnes questions. Je vais cheminer avec cette ouverture.Merci Gilles. Chaleureusement Anne-Marie

    Répondre
  16. Merci Gilles pour avoir osé aborder et développer le sujet.
    C’est une méthode qui correspond tout à fait à mes convictions et je regrette qu’elle ne soit pas encore légalisée en France. J’ai aussi vu une recommandation de Humo Sapiens par le Réseau Compost Citoyen (https://reseaucompost.org/articles/2024/07/humo-sapiens-lassociation-qui-veut-faire-evoluer-les-pratiques-funeraires-en).
    Outre l’immobilisation foncière prise par les cimetières, je note aussi l’imperméabilisation des sols que cela induit sans compter la consommation de béton, marbre, etc pour la réalisation des ouvrages qui sont une pollution à moyen ou long terme (et une consommation de ressources qui pourraient être nécessaires par ailleurs).
    Au plaisir d’avoir d’autres nouvelles sur le sujet

    Répondre
  17. Bonjour. Moi je trouve cela génial, surtout l’humusation. Rendre notre corps à la nature et grâce à lui redonner de la vie. Par contre quid du squelette au bout d’un an ? Je ne pense pas qu’il se décompose si vite… Dans le cas de la crémation il faut chauffer jusqu’à 1000° pour le faire disparaître.

    Répondre
    • Bonjour Christophe,
      Parmi les possibilités évoquées (voir les liens des associations en référence à la fin de l’article), il y a la récupération, après compostage, et le broyage des os… Mais ce sont justement, je pense, des problématiques à réfléchir plus profondément.
      Cordialement,
      Gilles

      Répondre
  18. Je n’ai pas envie de manger ma grand-mère dans l’idée. Même mon toutou… le feu c’est bien. La cendre aussi sur la terre il me semble que là aussi sans déchets toxiques. Certaines maladies ont été transportées à travers le temps dans la terre grâce au corps en décomposition. Comme la syphilis.
    Et puis il manque le rituel de passage cher aux peuples 1ers. Et d’autres choses que vous ne pouvez pas voir car vous n’êtes pas dans le corps de la personne qui part encore en lien avec son corps physique. Peut-être certains auront-ils une sensation terrible d’être étouffé ? Là s’arrêtent nos certitudes et bonnes intentions sans connaissance.

    Répondre
  19. Bonjour Gilles,
    Je vous remercie pour votre travail, pour vos articles fort intéressants. Celui-ci soulève bien des questions d’ordre éthique, spirituel, anthropologique. Il y a matière à réfléchir….!
    Bien cordialement à vous.
    Agnès

    Répondre
  20. Entièrement d’accord, nous faisons d’ailleurs partie d’un groupe qui œuvre pour l’humisisation… En espérant que les mentalités changent, et surtout les gouvernements !
    Vivement l’autorisation de cette pratique en France !

    Répondre
  21. Bien sûr que c’est la solution, j’ ai fait des caveaux et réalisé bien des transferts de corps et l ennemi de la compostisation des corps, c’est l’argent que rapporte la mort, c’est un business très lucratif et ils ne vont pas lâcher leur OS comme ça. Quand à nos arguments pour la planète, ils ne pèsent pas bien lourd face aux milliards que ça rapporte. J’ aurais aimé être enterré dans mon jardin, mais je ne crois pas que cela arrivera un jour.Il n’ y a qu’à regarder un cimetière, même dans la mort,on affiche son statut social, c’est désolant.Je suis pour, mais pour l’instant, je crois que le dossier est tout en bas de la pile.

    Répondre
    • Si l’on ne voulait pas afficher son statut social ( mais à mon avis c’est plutôt du savoir vivre ensemble), s’il n’y avait pas de business lucratif, on n’aurait en somme qu’ à vivre comme les animaux, et tout irait bien pour la planète, remarquez. Rien de plus écologique, semble t – il. Mais on n’est pas comme ça, c’est le hic. Alors on cherche des solutions.

      Répondre
  22. Cher Gilles,
    Cet article est le fruit d’une méprise totale sur la nature humaine, véhiculée par un courant philosophique qui utilise des idées parfois généreuses pour insuffler des idées extrêmement perverses pour l’humanité, à des fins assez proches de l’eugénisme et d’une forme de totalitarisme rampant.

    Je m’explique.

    Si mon corps n’est pas moi, intégralement partie de moi, quelle raison aurait un pouvoir totalitaire ou même un régime politique de ne pas le considérer comme un objet de marchandage, d’exploitation ? Pourquoi ne pas décider, de mon vivant, de rendre possible la vente de mes organes (ou de mes enfants comme ce même mouvement le propose avec insistance via la GPA ?) ? Pourquoi ne pas considérer que mon corps est au service de l’état (ou de mon patron…) ?

    Considérer que chaque être humain se réduit à sa mémoire ou sa capacité de communication (bref, à sa vie sensible !) amène directement au transhumanisme, ou à l’eugénisme de ceux qui oublient ou qui ne communiquent plus.

    Et quand il est mort, direz vous ? Mon corps reste moi et à ce titre digne de respect. Vous parlez de pratiques séculaire ? On a retrouvé chez les néandertaliens des traces de pourritures laissée dans une tombe. Idem dans les tombes d’Égypte antique, de Mayas, etc… Toutes les civilisations ont respectées les morts et enterrées leurs corps avec dignité par respect de ce « lien » unique que l’Homme sait perdurer entre ce qui reste de son corps et ce qui rest de sa vie. Nous sommes la première civilisation depuis le début de l’Histoire de l’Humanite à ne pas croire en une poursuite de notre être « au-delà » de ce voile de la mort.

    Bref. Rendre un corps assimilable à un sac de terreau est assez étrange comme idée pour une civilisation évoluée spirituellement… ou plutôt, c’est bien le signe d’une étrange régression.

    Pour finir une petite histoire vraie :
    Mon amie xxx avait perdu son fils Olivier (15 ans) dans une situation assez dramatique : il s’était suicidé. Elle a souhaité le faire incinérer, ce qui est choix respectable et totalement différent du compostage tant que les cendres sont respectueusement traitées (il y a d’ailleurs des lois très précises a ce sujet). Elle voulait les étendre sur sa pelouse et planter un petit Olivier en utilisant ses cendres comme du compost… Quelqu’un lui a dit (c’est assez cru, mais assez symbolique) : « et lorsque tu mangeras une olive de cet olivier, n’auras-tu pas le sentiment de lui croquer un doigt de pied ? »
    Mon ami a renoncé à ce projet, en prenant conscience soudainement de l’incroyable lien entre les restes d’un corps et la personne à qui appartient toujours…

    Pour finir, j’ai juste une question : qu’elle viendra-t-il des nappes phréatiques, lorsque toutes les toxines des putrescines et cadavérines dégagées par les corps se répondront de manière massive autour des villes par exemple ? ce n’est pas pour rien que les cimetières n’étaient pas au-dessus des nappes phréatiques…

    Un peu de bon sens ne nuit pas 🙂

    Répondre
    • Bien sûr, bien sûr, comme vous le dites, si mon corps n’est pas moi, pour quelle raison ne pas le considérer comme une marchandise ordinaire. Mais c’est une raison, pas la seule. Et elle n’est pas suffisante, l’Histoire l’a montrée, et l’histoire le montre (GPA et autre commercialisation d’organes), mais est-elle nécessaire, tout est là.

      Répondre
    • Cher Paul,
      Nous avons visiblement une vision opposée du totalitarisme : à mes yeux, pouvoir faire ses propres choix (c’est le but de cet article… étant entendu que chacun fait comme il se souhaite) pour son corps est justement une liberté… Mais bon, cela reflète bien la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui : ceux qui n’ont d’autre but que de limiter les libertés individuelles prétendent se battre pour elles… un monde à l’envers quoi.
      Il en va de même de la dimension spirituelle : vous pensez détenir la vérité… sans imaginer un seul instant que d’autres peuvent penser autrement… et que le bon sens nous dicte justement de respecter les croyances des autres…
      Cordialement,
      Gilles

      Répondre
        • Bonjour Brigitte,
          Je l’accepte… je n’impose rien (contrairement à Paul, qui nous traite en gros d’êtres insensés, immoraux…), mais invite simplement à ouvrir nos esprits à d’autres alternatives, tout aussi défendables (pas par des sentences définitives du genre « Je n’ai pas envie de manger ma grand-mère », comme vous le faites plus haut… mais en s’appuyant sur des données scientifiques (l’inhumation ou la crémation polluent plus…). Quant aux questions éthiques et de croyances, encore une fois, je n’impose rien et chacun est libre de choisir en accord avec ses convictions (quand Paul, et vous-même, nous dénier apparemment ce droit)…
          En clair, je n’interdis (de quel droit le ferais-je déjà ?) à personne d’enterrer les corps de ses défunts, ou de les brûler et de penser que c’est mieux ainsi (même si très franchement je ne comprends pas vraiment en quoi ce serait mieux pour une âme sur le départ ? Comme vous dites,  » Là s’arrêtent nos certitudes et bonnes intentions sans connaissance. »…).
          Cordialement,
          Gilles

          Répondre
          • Cher Gilles, le compostage humain répond à une question, un besoin, d’utilité pratique, tandis que l’enterrement traditionnel est une réponse symbolique à la grande interrogation sur la mort : Quand on mélange les deux, on ne parle plus de la même chose. Moi je trouve que le compostage humain est une bonne réponse pratique, qui répond aux exigences de notre époque. Reste à trouver une réponse autre que l’enterrement à la question spirituelle : Il faut trouver un autre symbole . Les deux domaines, utilitaire et spirituel, sont des besoins, des exigences bien réels. Avec le compostage humain, on a une réponse à l’un, mais il faut trouver une réponse aux deux, c’est à dire que l’un ne peut pas éliminer l’autre.

            Répondre
            • Bonjour François,
              Je pense que la dimension spirituelle du compostage humain est abordée dans l’article… Certes, cela peut remettre en question nos convictions ou nos croyances, mais cette dimension spirituelle n’est en aucun cas « éliminée » du débat !
              Cordialement,
              Gilles

              Répondre
    • Les nappes phréatiques ne risquent rien. La décomposition par la chaleur émise par la putréfaction tue toutes les bactéries et virus.
      Respecter son corps une fois qu’il est mort ? A quoi bon ? Je ne comprends pas ce que la notion de respect vient faire là dedans. Le respect envers soi-même, envers les autres et envers la nature c’est plutôt pendant son vivant qu’il faut le pratiquer.
      Et si vous tenez à cette idée de « respect » es autres méthodes d’inhumation sont-elles plus respectueuses ? Alors là je ne comprends pas ce raisonnement.

      Quand je reprends votre introduction : Cet article est le fruit d’une méprise totale sur la nature humaine, véhiculée par un courant philosophique qui utilise des idées parfois généreuses pour insuffler des idées extrêmement perverses pour l’humanité, à des fins assez proches de l’eugénisme et d’une forme de totalitarisme rampant.

      Eugénisme ? Totalitarisme ? J’avoue ne pas saisir !!

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    • Merci pour cet article, d’avoir osé le faire.

      Lors de mon stage de design en Permaculture c’est une des sujet qui m’est apparu comme évident. Pourquoi une fois mort, nous isolons nos restes dans des boites hermetiques et sous des stèles en marbre… quand les maisons des morts sont plus belles que cette des vivants… Notre culture moderne semble renier la mort, ne pas vouloir l’accepter alors que cette étape de notre existance est note seule certitude.

      Certaines cultures ne peuvent adopter de tels usages, d’autre le font déjà, mais pour nous, en climat tempéré, cela est tout a fait possible.
      Compostons nous au lieux de nous enfermer dans une boite, ce sont des volumes immenses de matière que nous sortons du système et qui l’appauvri.

      Le reportage est inspirant, en tout cas pour moi. L’idée que notre humus puisse être remis au service du vivant est une perspective interessante.

      Encore merci pour ce sujet très permacole au final.

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    • Bonsoir Paul
      J’avoue ne pas bien comprendre votre raisonnement.
      D’abord la manière d’aborder ce sujet ne remet pas en cause les autres méthodes existantes, il s’agit simplement de donner la possibilité à ceux qui le souhaite de pouvoir utiliser cette méthode.
      Je ne vois donc pas ce qu’un mot comme totalitarisme vient faire dans votre reponse.

      La dimension spirituelle est très importante et pour ma part elle doit intégrer la notion de la place que prend l’homme dans la « nature »
      J’y mets des guillemets car cette notion de nature, terme inventé par l’humain et de laquelle ce dernier s’est progressivement extrait en considérant que cette dernière était à sa disposition, est justement le fondement de cette démarche,
      C’est par elle que nous pouvons redonner au milieu le plus simplement les éléments qui nous composent, que nous avons nous même empruntés, et qui perpétueront à nouveau la vie sous d’autres formes.

      Je vous invite à lire Éthnologie des mondes à venir de Philippe Descola ou ce dernier parle longuement du peuple des Atchuars, et du rapport qu’ils ont à la mort et bien sûr à la nature, ou plutôt à leur milieu de vie.

      Dans nos modes de vie d’occidentaux nous betonnons de notre vivant et continuons à le faire après notre mort comme si nous cherchions à tout prix à éviter le retour des éléments qui nous composent dans leur milieu d’origine, si ce n’est pas le cas, nous brûlons ces éléments à grand renfort d’énergie.
      Quel sens donner à cela dans le contexte actuel environnemental si problématique ?

      L’idée c’est d’autoriser cet pratique pour ajouter un choix, et que ce choix, dans l’idéal puisse être fait par le défunt lui même avant son départ
      Le CHOIX, c’est le maître mot, tout le contraire du totalitarisme….

      Encore merci Gilles, d’avoir abordé ce sujet

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  23. Je suis entièrement d’accord avec l’idée de  » retourner à la terre nourricière  » . Je trouve scandaleux le montant dépensé en marbre, stelles et autres , qui, d’ailleurs nourrissent les égos des vivants : » t’as vu notre tombe ?…. elle est la plus belle du rang  » etc ….
    Cependant, suite aux lectures sur les découvertes des momies et le réveil potentiel de virus , je m’interroge sur ce point.Il n’y a pas que les morts de vieillesse mais aussi de maladies causées par des virus … je ne suis pas certaine que les virus disparaissent aussi facilement et si ce n’est pas le cas on les disperserait A LA SURFACE de la terre ????

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  24. Très bonne idée de nous sensibiliser à ce sujet. Bonne journée. Il y a eu Soleil Vert, un film des années 60 je crois : Lorsqu’on mourait, on était transformé en petite galettes vertes utilisées ensuite pour l’alimentation de la population. C’était la même chose, mais vu sous un angle noir. Là, c’est le côté positif et culturel. C’est une bonne chose, qui ira peut-être de soi dans quelques temps. PS Dans la philosophie antique, pour montrer qu’il ne fallait pas craindre la mort, une thèse expliquait que, (pas par le « compostage » certes !), on était toujours vivant par la transformation de notre corps en un maillon du monde : On était éternel, donc.

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  25. La décomposition ira t-elle jusqu’aux dents ? Les archéologues touvent des dents d’hommes préhistoriques. Je ne suis pas sûre d’avoir envie de retrouver des dents de ma famille dans mon potager….Ceci dit cette perspective est intéressante mais il reste un long chemin à parcourir…

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  26. Quid des produits pharmaceutiques lors de la décomposition du corps si le défunt avait un traitement medicamenteux . N’y a t il pas un risque de pollution du sol en cas de résistance de certaines molécules chimiques ?

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    • Même sans médicament. Il a été discuté dans de célèbres affaires judiciaires, que la décomposition des corps entrainait une pollution des eaux autour des cimetières, du cyanure je crois. Il était donc question, dans ces affaires, d’innocenter le suspect : Ce n’était pas lui qui aurait empoisonné la victime par cyanure, mais le cimetière…

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  27. Pour revenir à mon histoire de mise en pâture aux vautours (message précédent). Etre placée en haut d’une montagne plutôt que sous terre me semble aussi plus sympa comme environnement..déjà c’est plus près du ciel !!. Et en plus à chaque fois qu’on voit planer un vautour au dessus de nous..on peut dire « oh regardez c’est grand-mère! »

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  28. Merci pour cet article partagé.
    La méthode d’inhumation dans le sol pratiquée en milieu rural reste pour moi une méthode appropriée et adoptée au Burundi pour recycler le corps humain sans faire du bruit ni des blessures aux familles du défunt

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  29. Qu’est-ce qui a mis dans nos têtes que nous aurions besoin d’un cimetière pour faire notre deuil ?
    Oui, le compostage devrait faire partie des options; elle devrait même être encouragée. Mais le Marché mettrait tellement de contraintes que cette option perdrait un des ses avantages principaux qui est de réduire une inégalité économique inacceptable devant la mort.

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  30. Bonjour Gilles

    C’est très intéressant. Pour ma part vivant dans les Pyrénées et étant éleveuse d’équidés, j’ai toujours donné aux vautours le corps de mes chers amis animaux. Et c’est comme ça que j’aimerai partir..en nourrissant d’autres animaux. En plus c’est réglé en 48 h ! et sur le plan sanitaire c’est top. Il ne reste que les os rapidement nettoyés ou enlevés par d’autres prédateurs (renards, gypaètes..)

    Donc à quand des stations de vautours pour humains?. Ca existe pour les animaux d’élevage.

    C’est aussi la tradition tibétaine.

    Merci pour ce sujet

    Bon été

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  31. Bonjour Gilles,
    Merci d’avoir abordé ce sujet, tant il est important et j’espère que la législation en France évoluera vers l’autorisation de ces méthodes, bien encadrées et avec, avant cela un vrai débat sur la question.
    Je partage l’idée que même si le corps disparaît, l’arbre qui en aura tiré profit représente la vie. Il en assure la continuité.
    C’est aussi une manière de redonner à l’humain, même si c’est après sa mort, sa place au sein de la nature

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  32. C est peut être une solution pour être en harmonie avec la terre , mais la famille pourra se recueillir qu un an pour leur défunt , et après , comment le feront ils ?? Les personnes ont besoin de ce moment intime dans les années qui suivent la mort , c est pourquoi les cimetières existent . Comment enlever cette croyance envers la mort ?? Sommes nous vraiment préparer !!

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      • C’est exactement ce à quoi j’aspire. Et pourquoi pas un arbre fruitier d’un fruit que l’on aime particulièrement et qui portera notre souvenir?

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      • Mais le compostage ne prévoit pas d’enterrer les corps au pied d’un arbre, si cela se développe, ce sera un processus industrialisé, et le compost finira dans une benne, mélangé avec d’autres corps. Très différent des pratiques ancestrales décrites dans votre article.

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      • Personnellement, si j’adhère à votre proposition de se recueillir ainsi, il me semble bien que l’époque de mon enfance où la fréquentation des cimetières était pratique courante pour se recueillir est révolue et que, pour beaucoup d’entre nous, la seule vue d’une seule photo est bien plus évocatrice qu’une pierre tombale, surtout si l’on considère que c’est la personnalité du défunt qui vient de suite à l’esprit et rarement ce qu’il en est advenu de lui sous terre!

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