Créez vos mélanges de couverts

Bonjour,

J’ai aujourd’hui l’honneur d’accueillir Benoît, un jardinier passionné, très enclins aux expérimentations et particulièrement impliqué sur le nouveau Forum du Jardinier Bio.

Benoît nous présente donc ici un premier article d’une série consacré aux  d’engrais verts.

Bonne lecture,

Gilles

 

Bonjour à tous,

Puisque je me suis proposé auprès de Gilles pour développer un peu le sujet des engrais verts (ou couverts végétaux) à votre attention, et qu’il a eu l’amabilité et l’amitié d’accepter,  j’en profite au passage, et en premier lieu, pour le remercier chaleureusement.

Je jardine sérieusement (mais sans me prendre au sérieux) depuis peu de temps, je me suis réveillé tard. Le jardin, à la maison, se veut tout autant expérimental que vivrier. Il y a aujourd’hui presque 400m2 cultivés. Les couverts végétaux prennent beaucoup de place au jardin et dans mon jardinage, tant dans le semis concret que dans l’élaboration que je fais du jardin (plan d’assolement, associations, rotations, dérobé, intercalaire…).

levée engrais verts Si bien qu’aujourd’hui, une culture vivrière est toujours suivie d’un couvert. Le couvert revient une fois sur deux. Ce qui me permet de tendre vers l’autonomie en paillage, et de limiter les intrants (paille, foin) pour l’augmentation/entretien de la fertilité et de la vie de ma terre.

Mais je développerai cela un peu plus tard car – c’est une autre question – il y a lieu de tenir compte des natures du couvert précédent et de la culture précédente dans le schéma général de rotation.

Avant de vous proposer concrètement des fiches, variété par variété, pour chacune des plantes les plus utilisées en couverture végétale, je vous propose d’apprendre la règle de calcul, assez simple, grâce à laquelle il est possible de doser vos propres mélanges en fonction des espèces semées, de la composition du mélange, et de la superficie que vous avez à semer.

 

En voici l’énoncé:

Il faut diviser la dose de semis en graine pure à l’hectare par le pourcentage souhaité pour la variété dans le mélange. Puis, par une règle de trois, ramener la quantité obtenue à celle dont vous aurez besoin dans votre superficie à semer.

Résultat final auquel il convient d’ajouter 15 à 20% pour parer aux aléas et difficultés potentielles de levée et d’homogénéité du semis.

 

En voici la formule:

(Dose en pur à l’hectare) x (Pourcentage dans le mélange) x (N / 10000).

 

Unités:

Dose en pur: en grammes par hectare.

N (superficie à semer): en mètres carrés.

 

Prenons un exemple de couvert hivernant Seigle 40%/Vesce Velue 25%/Trèfle Incarnat 20%/ Ray-Grass Italien 15%. La superficie à semer sera de 400m2.

Les doses en pur sont les suivantes:

Seigle:  25 à 80 Kg/Ha. Nous prendrons içi une valeur médiane, 60 Kg/Ha.

Vesce Velue:30 à 50Kg/Ha, nous prendrons ici 40Kg/Ha.

Trèfle Incarnat: 25Kg/Ha

Ray-Grass Italien: 20 Kg/Ha

 

Ce qui donne, une fois calculé:

Seigle: 60000 x 40/100 = 24000 g/Ha. Soit pour 200m2: 24000 / (10000/200=50) = 480 g/200m2. Avec 20% de sécurité cela donnera 480 x 1,2 = 576g de seigle pour 200m2 à semer avec le mélange précité.

Selon le même calcul, nous obtenons 240g de Vesce, 120g de Trèfle et 72g de Ray-Grass.

Poids total: 576 + 240 + 120 + 72 = 1008g pour 200m2.

Pour l’exemple, mon mélange « tout fait » acheté dans le commerce est dosé à 500g à l’are. On voit que le calcul que je vous tope ici dans la main est tout à fait dans les clous…

Engrais vertsPetit conseil: Vu le prix de la semence de couvert, souvent gratuite car de récupération auprès de vos amis jardiniers ou agriculteurs (qui ont toujours des fonds de paquets), et le service qu’un engrais vert nous rend dans l’assolement (c’est une stricte nécessité pour maintenir voire développer une fertilité saine, produite gratuitement et localement sans autre intrant que des plantes), n’hésitez pas à semer bien, bien dru… C’est autant de paille qui retournera au sol pour permettre sa vie, ce sont autant de minéraux qui seront immédiatement disponibles pour vos cultures suivantes.

D’où mon deuxième conseil, entendu par moi de la bouche de quelqu’un de très expérimenté en la matière: Fertilisez vos couverts. Et non vos cultures. Mathématiquement, c’est bien plus intelligent, et bien plus payant à court, moyen et long terme. Un sol vivant est tout ce dont vous avez besoin. Le reste est payant, cher, polluant, dégradant pour le sol, mortifère, inefficace à moyen terme, et ne fait jamais que permettre à des super-firmes de faire tourner la machine bien huilée de l’esclavage paysan. C’est donc facultatif. Un sol vivant, c’est un sol toujours couvert, jamais travaillé, et toujours pourvu d’une plante active en son sein.

Je me ferai un plaisir de vous faire, plante par plante, une fiche développée que je proposerai à Gilles de manière régulière.

Si des questions se faisaient jour, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous, ou encore mieux à nous rejoindre sur le Forum du Jardinier Bio

 

Avec toutes mes amitiés et encouragements,

 

Benoît

 

  • Bonjour à tous,
    Bin bin bin!!!
    Je suis impressionné par la précision de ton article.
    Mais je me demande ce que j’en ferai avec mes 150 m2.
    Merci, Benoit.
    Amitiés.
    Yvon.

    • Bonjour Yvon,

      En effet ta question est légitime. Je me la suis posée un moment avant de « franchir le pas ».

      Il semble admissible de penser que l’achat de paillis divers soit amplement suffisant pour entretenir, voire augmenter la fertilité de ta terre, même en en exportant pas mal de légumes, qui plus est gourmands en nutriments.

      Les couverts cultivés en dérobé/intercalaire sont une solution au refus de s’approvisionner en paille. Deux objections peuvent s’y manifester:

      D’une part, trouver de la paille en biologie est un vraie gageure, donc il faut se contenter de paille cultivée en conventionnel (avec tous les pesticides qui vont avec). Le paillis est bien là, mais les insecticides font barrage à la faune du sol qui va, précisément, dégrader cette litière. Le même raisonnement s’applique aux fongicides, en se souvenant que les champignons sont les seuls êtres de cette planète à pouvoir attaquer, dégrader et métaboliser la lignine pour la redonner au sol, comme en forêt, sous forme de carbone qui va « appeler » l’azote, même s’il fonctionne en produisant tout d’abord une faim de ce précieux azote. Notons que, nous jardiniers, nous pouvons très bien ajouter du compost fait sur place, qui va solliciter pour sa part les bactéries, et minéraliser plus rapidement que le bois. Donc, la faim d’azote peut être tamponnée, voire contournée. Surtout si on cultive des légumineuses. CQFD.

      D’autre part, des couverts poussés sur place ont une empreinte carbone quasi-inexistante, ils encouragent la vie du sol en associant à une couverture carbonée toutes les racines qui, vivantes, alimentent la faune/flore par la rhizodéposition (de sucres en grande partie), ils emmagasinent un maximum de photosynthèse en hiver au moment où la plupart des potagers sont nus (morts, donc), ils te permettent de ne plus acheter de paille souillée et, mine de rien, leur intégration à l’assolement est facile.

      Je suis tout à fait disponible pour continuer d’en parler avec toi, ça m’aidera à avancer sur mon propre chemin !

      Amitiés,

      Benoît

      • Bonsoir Benoit,
        Sans doute es-tu au courant du phénomène mais je vais quand même te le rapporter:
        A l’automne 2014, j’ai mis un peu de feuilles mortes dans ma grande serre.
        Comme cela n’a pas fait de tort, l’automne dernier j’ai déposé dans cette serre 6 bacs de tondeuse de feuilles mortes. J’ai bien étalé le produit, 15 à 20 cm d’épaisseur, et arrosé abondamment. Quelques semaines plus tard, j’ai fait un nouvel arrosage aussi abondant.
        Maintenant, j’ai une petite production de champignons qui vont très bien avec l’omelette des œufs de mes poules.
        Je pense que cela fera du bien aux tomates lorsqu’elles auront été plantées.
        Je te souhaite une bonne fin de semaine.
        Amitiés.
        Yvon.

  • Bonjour,
    comme Yvon mon problème est la surface du jardin (même pas 100m2) et le second la faible période de production car froid jusqu’en juin et retour en septembre en année normale. Juste le temps de faire une seule culture et encore dès fois gèle en juillet ou août et adieu haricots (mais c’est de plus en plus rare).
    J’ai lu qu’en sol pauvre (ce qui est mon cas) le couvert vivant n’apportait rien, c’était du zéro-zéro. Je pratique donc plutôt le paillage et ma terre en 4 ans c’est grandement améliorée. Maintenant je suis autonome en légumes.
    Pourrais-tu nous conseiller aussi en fonction des sols (et éventuellement climat mais là tu n’as que l’expérience du tien je pense).
    Bonne journée,
    Françoise

    • Bonjour Françoise,

      De nombreux témoignages de gens munis d’une solide expérience professionnelle apportent des réponses à ta question.

      Même si ta saison de production est courte, il est possible d’implanter rapidement et efficacement un mélange de couverts composé de plantes hivernantes, résistantes pour la plupart jusque -15°C, facile.

      Ton potager sera vivant en hiver avec ce type de mélange, et augmentera la vie, donc la fertilité de ton sol pour la saison de production suivante.

      De même, le dérobé peut être une solution. Par exemple, pourquoi ne pas implanter un couvre-sol de trèfle ou de luzerne sur ta planche de choux, en même temps que tu les cultives ? Les légumineuses à faible biomasse comme le trèfle blanc restent des légumineuses, à savoir que, moyennant une bonne porosité de ton sol à l’air, elles sont strictement autonomes en azote.

      L’investissement est bien mince par rapport aux nombreux services rendus par des plantes qui, littéralement, poussent toutes seules !

      Avec mes chaleureuses amitiés,

      Benoît

  • Bonjour

    Article intéressant. Pour l’engrais vert , il y a t-il aussi une rotation à prévoir ? Est il déconseillé de semer tel ou tel engrais vert avant certaine culture ? Peut on avoir par légumes ce qu’il faut ou ne faut pas semer comme engrais vert ?
    Merci pour vos réponses.

    Raymond

    • Bonjour Raymond,

      Les règles de rotation sont, en fait, les mêmes que celles que tu utilises déjà pour tes planches de cultures de fruits et légumes.

      Par exemple, il est plus intelligent de ne pas semer un couvert à forte proportion de crucifères (radis fourrager, colza, moutarde) juste après une récolte de choux…

      En fait ce qui est opérant dans la rotation, c’est que tu prives les parasites éventuels d’une famille de légumes de la succession au même endroit de la même famille de plantes.

      Pas de colza derrière des radis, pas de fèverole derrière des pois ou haricots, etc.

      En fait, on s’aperçoit vite que les couverts les plus confortables dans un potager sont les graminées (céréales). Parce que c’est bien rare de trouver des planches de blé dans un potager. Donc, tu casses le cycle des éventuels parasites.

      J’ajoute que, expérience personnelle à l’appui, plus un sol est bien remis en vie, moins les plantes qui y poussent restent sensibles au parasitisme et aux maladies.

      Bon courage dans tes expériences !

      Avec mes amitiés,

      Benoît

  • Merci Benoit pour tous ces exemples.
    Perso, je suis maraicher ET apiculteur (mais depuis moins longtemps), et j’ai maintenant du mal à penser « couvert » sans penser « fleurs mellifères » pour mes abeilles. Et comme les couvert doivent être – généralement – être détruits à la floraison, mes abeilles en profites peu ou pas. Alors depuis, je fais des plate-bande spéciales pour elles. Et j’ai trouvé un joli tableau pour savoir quoi semer/planter pour nos abeilles. c’est là :
    http://www.untoitpourlesabeilles.fr/blog/calendrier-de-plantation-et-semence-des-fleurs-preferees-des-abeilles/
    Bonne préparation du printemps à tous,
    Jérôme

    • Bonjour Jérôme,

      Quelle chance tu as… Tu fais à toi tout seul les deux métiers qui me passionneraient le plus (je suis entrain d’y travailler activement).

      Je me suis acheté quatre ruches pour cette année, mon objectif n’étant pas de produire du miel, mais d’apprivoiser la conduite des ruches, l’augmentation ou non du cheptel, et surtout le soin à apporter à ces petites bêtes-là.

      Après être d’abord parti sur de la Dadant 12 cadres, je me suis rabattu sur de la Warré à barettes. Je rapelle que je ne vise pas la production de miel, tu t’en doutes…

      Du coup, comment gérer les fleurs dans mes couverts ? Bien , ma rotation est sur 6 ans, dont une année sera consacrée pour chaque planche à des fleurs (j’ai 24 planches de 6-7 m2).

      Et puis, des fleurs seront semées en couvre-sol sur mes planches produisant des légumes à fort développement et celles produisant des légumes où les fleurs sont nécessaires comme auxiliaires. C’est-à-dire presque toutes mes planches…

      il y a aussi le jardin d’ornement, que je conduis en mettant le maximum de fleurs plates (prélèvement de nectar facilité) comme le cosmos. Madame est très contente de ce que j’y fais.

      Elle, c’est les roses, bien sûr…

      Je serais réellement ravi que nous puissions parler de tes expériences, de ton métier, de ton jardin et de tes abeilles, plus amplement.

      Voudrais-tu nous rejoindre sur le forum de Gilles, à moins que tu n’y sois déjà inscrit ? Et nous faire un petit truc sur, par exemple, « Une ruche au jardin » ?

      Amitiés chaleureuses,

      Benoît

      • Merci Benoit pour cette réponse.

        Je ne suis pas (encore) inscrit sur le forum de Gilles. Je dois partager mon temps entre les besoins « physique » du maraichage et le blog sur l’apiculture qui, tu dois bien le savoir, me prends pas mal de temps…
        Mais pour faire « un petit truc » du genre article invité sur le blog de Gilles, pourquoi pas. Ce serait même avec plaisir.
        Un article sur les 10 bonnes raisons d’avoir une ruche dans son jardin, ça t’irais ?

        En tout cas, bravo à Gilles et toi pour le blog et les articles.

        Je vais m’inscrire sur le forum.

        Tenez-moi au courant,

        Jérôme BOISNEAU

        • Bonjour Jérôme,

          Pour un article invité, c’est quand tu veux ! Le sujet que tu proposes me convient très bien.

          Petite parenthèse pratique : tu as répondu directement au mail d’avertissement de réponse… mais cela ne parait pas sur le blog et moi seul avait donc accès à ta réponse. Je me suis donc permis de la transférer ici.

          A bientôt,
          Gilles

          • Super, je te prépare ça bientôt, sans doute fin de semaine prochaine. Et désolé pour la réponse par mail, je débute…
            à bientôt,

            Jérôme

          • Oui, bien sûr ! C’est http://www.MaPremiereRuche.com
            Au plaisir de t’y voir passer, et laisser des commentaires sous les articles que tu aimes 🙂
            et quand tu n’est pas d’accord aussi, bien sur !

            Jérôme

            PS : dans les commentaires ci-dessus, si tu cliques sur mon nom, tu arrives sur mon blog 🙂

  • Bonjour,
    Merci pour ces explications!
    J’ai commencé à utiliser les engrais verts récemment et je suis toujours confronté au même problème. Lors du semis, comment faire en sorte que les graines soient bien recouvertes de terre afin d’assurer leur germination?
    Je sème à la volée, bien dru, puis je « gratte » avec le râteau pour recouvrir les graines. Mais je constate qu’à la première pluie, les graines se retrouvent en surface.
    Avez-vous des astuces?

    Bien cordialement

    Aurélien

  • Bonjour Aurélien,

    Il me faudrait un peu plus d’infos… Que sèmes-tu ? A quel moment ? Quelle superficie ? Quel type de terre ? Est-ce que tu travailles ton sol mécaniquement ?

    il y aurait bien quelques pistes à explorer dans ton cas:

    – Le semis sous mulsch: Tu sèmes à la volée, et tu couvres de compost et/ou de menue-paille, en couche très légère. En plus, tu ferais d’une pierre, deux coups (tu fertilises ton couvert, qui te le rendra bien, d’ailleurs).

    – Le semis de graines enrobées à l’argile, ou d’un mélange argile/compost.

    Qu’en dis-tu ?

    Je pense que bien d’autres jardiniers pourraient te conseiller sur le forum de Gilles, ton petit soucis ne devrait plus t’embêter très longtemps. Passe donc nous voir !

    A bientôt

    Amitiés,

    Benoît

  • Benoît,
    L’engrais vert, oui ! J’y crois ! Mais…
    Quand et comment ? Je m’explique :
    Lorsque je regarde mes buttes, il y a toujours quelque chose dessus puisque je plante et/ou sème n’importe quoi, n’importe où afin qu’il y ait un mélange de tout. Donc, pas de rotation, mais je ne plante jamais deux fois le même légume au même endroit.
    Donc, je ne sème jamais de l’engrais vert de peur qu’il y ait concurrence avec ce que j’ai déjà sur mes buttes. Pourtant, j’aimerais bien. Mais je ne vois pas comment faire.
    Par ailleurs, il faut du temps pour que cela pousse et là, c’est le problème de place qui fait pierre d’achoppement. J’ai besoin de planter de la salade, mais… Ah zut ! il y a déjà de l’engrais vert qui occupe toute la place ! Que faire ?
    Et puis, quand faut-il « enlever » cet engrais vert ? et comment procéder ? Arracher ? Couper ? Aplatir ?
    C’est ce genre d’info qui me paraît le plus intéressant et non de dire que l’engrais vert c’est bien. Cela, je suis convaincu que tous le réalisent. Mais je suis tout aussi convaincu que tous ne savent pas comment s’y prendre « sur le terrain ».

  • Bonjour,
    Je viens d’acquérir une praire que je voudrais cultiver en légumes, mais en deux temps:
    – une partie (A) le printemps prochain
    – une partie (B) dans 2 ans.
    Pour la partie A, je pensais mettre un mélange de vesce+avoine (et pas seigle pour son côté gélif)
    Pour la partie B, je pensais mettre de la luzerne.

    Qu’en pensez-vous? Que pourrais-je mettre d’autre?

    merci d’avance pour votre réponse, et milles merci pour vos articles qui sont toujours des sources d’inspiration et de réflexion pour mon potager!

    Charlotte.

  • @ charlotte misson

    Tondre bas, puis étendre une grosse couche (20 cm minimum) de « foin » étendu à l’automne.
    Le printemps suivant, le terrain est ‘idéalement’ prêt.
    A ce moment, ou vous continuez avec une couche de 20 cm de « foin » d’année en année , ce qui est le mieux car le sol se bonifiera de plus en plus, ou vous utilisez la couverture de votre choix.

    Evidemment, si la zone à couvrir est grande, toute couverture de sol est problématique.
    Cela reste donc une question de choix de couverture et de possibilité.

  • Gilles, tu me surprends. J’ai peur de croire que tu n’as jamais dû essayer la couverture de « foin », mais bien de la « paille » dont l’action n’est pas comparable.

    Ma terre argileuse et terriblement compactée par le passage d’engins de chantier a été « décompactée » en 1 seul hiver avec une couche de 20 cm de foin (pas de paille) !
    Il suffit d’essayer sur un petit morceau de terrain, déjà maintenant (!), avec une petite botte (5 EUR max). En novembre, lever le foin et « constater » les changements pour être convaincu !

    Perso, cela me chaut peu que l’on essaye ou non, mais je parle d’expérience et c’est ce que je fais toujours quand c’est possible pour « lancer » un sol « inexploité » durant longtemps, dont la prairie permanente (qui est déjà un très bon sol en soi par le travail racinaire des plantes qui la recouvrent). Quand des passants me demandent quoi faire pour créer leur potager, je réponds à chaque fois : «Tondez court, puis recouvrez d’une épaisse couche de foin !» Evidemment, la réaction est toujours la surprise. Et pourtant, par après, on me dit tout simplement : «Merci».

    Evidemment, je ne ferais pas cela sur de grandes surfaces (champs) car le coût serait trop important !
    Par contre, l’investissement en vaut la chandelle : sol en très bel état, engrais complet (au fur et à mesure de la décomposition = 1 saison pour 20 cm, mais on peut retirer plus tôt pour cultiver ou passer à l’engrais vert), destruction des adventices (sauf celles à fortes racines comme le pissenlit car fortes réserves de nourriture). N’empêche, le sol est déjà bien nettoyé et décompacté par la pédofaune avec pour avantage principal de ne plus du tout devoir labourer.

    Autre moyen de vérifier : faucher les herbes sur place et les entasser puis les enlever après 1 mois et « constater » combien la terre est devenue belle, sans adventices, pleine de vers et… totalement décompactée !

    Par ailleurs : as-tu constaté comme les racines passent facilement et deviennent beaucoup plus fortes dans une terre « ferme » (pas dure comme du caillou, évidemment). Voir, par exemple, les semis avec « presse-motte ». Rien n’arrête les racines et les plans sont plus « forts ».
    C’est grâce aux fortes racines (mais plus encore à un fort chevelu) que la terre se décompacte le mieux ! D’ailleurs, quel est le rôle principal de l’engrais vert ? Décompactage par leur puissantes racines.

    Par la suite, lorsque/si le foin n’est pas/plus « adapté » au mode de culture (semis direct), il suffira de l’enlever (il aura déjà fait un excellent travail) et continuer avec des engrais verts après récolte. Le foin ainsi « récupéré » pourra recouvrir un autre zone encore en friche (après tonte courte de celle-ci) pour une nouvelle préparation du sol.

    • Je parle aussi en connaissance de cause : couverture de foin apportée sur sol léger et sec (en été), très tassé… 18 mois après rien n’avait changé sous le paillage…
      Nous n’avons ni le même sol, ni le même climat… C’est pourquoi j’insiste toujours : une expérience n’est pas forcément exportable partout. Je conseillerais donc à toute personne intéressée par ta méthode de le tester d’abord sur une petite surface comme tu l’indiques…
      Amitiés,
      Gilles

      • En été, ce n’est pas la meilleure période non plus… mais, s’il pleut de temps en temps, il ne devrait pas y avoir de problème. Si, par contre, on étend le foin après une certaine période de sécheresse, non cela ne pourra pas se « décomposer » et, ainsi, agrader le sol. L’engrais vert non plus : c’est une plante… donc besoin en eau… comme pour un paillage.
        Un sol « sec », léger ou non, tassé ou non, je ne vois rien qui peut le décompacter. Sauf en (fine) surface. Mais je te fais toute confiance car je ne connais pas ce type de sol ; je suis très très au nord.

        Quoi qu’il en soit, il est irréfragable qu’un paillage va retenir toute l’humidité « possible » et donc rendra le sol plus propice au décompactage. Un engrais vert, j’en doute.

        Maintenant, comme je l’ai écrit, il suffit de faire un « petit essai » sur un coin de parcelle. Une botte de foin couvrira quelques m². On en trouve partout sur l’Internet entre 3,50€ et 5,00€.
        On fait, en même temps, l’essai sur une même surface d’engrais vert. Les différences ne se feront pas attendre et le résultat permettra de décider encore en temps utile.

        • Tout à fait d’accord avec toi ! Cette expérience sur sol sec, je l’ai faite il y a maintenant quelques années… et j’en ai tiré les mêmes conclusions (c’est en faisant des erreurs que l’on apprend)
          Par contre, si, un engrais vert à racines plongeantes est parfait pour décompacter un sol lourd et tassé… tout comme peut l’être un apport de foin dans de bonnes conditions (présence d’eau et aussi encore une certaine chaleur, car si l’on couvre un sol froid, il aura du mal à se réchauffer…).
          Le choix, outre la surface, dépendra donc notamment de la période et du climat lors de la mise en place; mais aussi des matériaux à disposition (en région sèche, avec de nombreux élevages, il n’est pas forcément toujours facile de trouver du foin… les éleveurs se le gardent… et, pour ce qui me concerne, cohérence écologique oblige, il serait hors de question de faire venir du foin ne serait-ce que d’un département voisin)

  • 150 Km plus au Nord (par la route). Mais en dehors du micro-climat dont bénéficie la côte, rien ne diffère entre chez moi et chez toi. Sauf… le sol évidemment.

    Pour ce qui concerne le foin, il suffit de regarder sur l’Internet. Aucun problème pour en trouver. Même du vieux foin est bon.

    La présence d’eau implique seulement de ne pas poser le foin après une longue période de sécheresse. En effet, il faut un peu d’humidité au niveau de la surface pour que le foin se décompose.
    Je ne m’étendrai pas plus loin sur le sujet. Un « petite » recherche permettra de trouver « toutes » les informations nécessaires.

    • Bonjour,
      Merci pour cette discussion très intéressante!
      Mettre 20cm de foin partout serait très difficile au vu de la superficie à recouvrir et c’est pour cela que j’ai pensé aux engrais verts.
      Mais l’information très intéressante que je retiens c’est qu’une prairie permanente est déjà un sol relativement riche! Je pense qu’une analyse de sol me permettrait aussi d’y voir plus clair dans la richesse ou non de ma terre. Est-ce que les plantes bio-indicatrices pourraient également m’aider?

      Merci,
      Charlotte.

  • Salut papyrazzi , Gilles, et tout le monde,

    Je suis en Artois et je confirme à 100% l’efficacité de ta solution simple de décompactage d’un sol non retourné, par un paillis épais.
    J’avais expérimenté çà il y a quelques années, en Mai, pour agrandir le potager en sacrifiant un bout de pelouse. Terre riche mais lourde (argilo-calcaire). J’ai juste soulevé un peu à la grelinette à grosses mottes, pour faire descendre un peu d’air, puis j’ai couvert avec au moins 20cm de…tout! Foin sec (pour qu’il ne se retasse pas afin de ne pas asphyxier le sol) puis feuilles de tout légume du potager en couche légère (pour qu’elles sèchent), toutes les adventices gênantes etc…C’est devenu mon dépotoir du moment! Si pas de foin, des cartons feront l’affaire, à recouvrir rapidement de « mauvaises herbes », même tontes de gazon ,ce n’est pas l’idéal à mon avis, mais çà marche aussi.

    3 mois plus tard je me dis que je serais bien bête de ne pas utiliser cette surface pour des potirons qui, de plus, courraient allègrement sur ce paillis , je plonge la main dedans pour dégager des trous de repiquage…je pouvais la descendre dans la terre facilement! Et mes potirons ont poussé à merveille, plus de 20 sur 3 pieds!
    Au printemps suivant j’ai dégagé l’herbe restante, c’était la partie du jardin la plus facile à travailler tant la terre était souple et docile. Depuis ce temps je paille au mieux tout le jardin en fin d’automne pour avoir le même résultat partout au printemps, avec succès. Feuilles mortes , foin restant, cartons « propres » tout y passe.

    Les vers de terre y sont pour beaucoup, mais chez nous c’est vite humide, ce qui peut expliquer l’échec sur terre très sèche où il faut absolument parvenir à les faire remonter. Pour ce faire, après un décompactage sommaire (pas obligé mais je pense que c’est mieux), deux solutions :
    -arroser abondamment toute une nuit à l’asperseur sur le paillage en place (pour ne pas recompacter) afin de mouiller profond, puis laisser faire la nature,
    -encore mieux si on a le matériel : poser quelques lignes espacées de tuyau GAG sous le paillage, laisser couler toute une nuit, puis c’est facile de renouveler toutes les 3 semaines (abondant à chaque fois) jusqu’aux vraies pluies….Il n’y a aucune raison pour que çà ne marche pas puisque, logiquement, les vers seront là! De plus je pense qu’ils incorporeront la couche de contact qui commence sa pourriture.
    Pour que çà marche il faut l’humidité tout de suite, après l’épaisseur du paillis fera le reste.
    Mais je confirme bien que çà marche au Top.

  • PS du message précédent :
    Le mieux à mon avis est de faire cette opération à l’automne…ou , à défaut, en début de printemps; le sol est encore humide partout et on peut ensuite repiquer des gros plants dedans en début d’été sans travail du terrain sur une nouvelle parcelle. Avec un sol paillé comme çà,même (ou peut-être surtout) dans le Sud, je pense que çà devrait le faire. Des courgettes là dedans, çà devrait gazer quasiment sans arroser, hormis un coup au repiquage…
    Cà ne mangerait pas de pain de faire un essai! Si j’habitais le Sud , je tenterais.

  • Re PS:
    Maintenant , s’il n’y a plus de vie sous toutes ses formes dans le sol, et surtout plus de vers et lombrics, on risque alors de couvrir une dalle qui restera une dalle,… humide avec ses 20cm de paillis, mais une dalle….

  • Pas sûr, Michel… pas sûr !
    J’avais un bois de près de 1000 épicéas. Point n’est besoin d’expliquer pourquoi mon sol était dépourvu de vie (pédofaune) sur plus de 60 cm de profondeur !
    De plus, pas un seul ver à trouver (quel que soit le genre), ni même la moindre trace d’une galerie. Nada ! Même après passage de la grelinette et arrosages abondants durant plusieurs jours avec rappel chaque semaine durant 2 mois. RIEN !
    Le sol était devenu de type MOR, mais beaucoup plus bas, il y avait de l’argile.
    J’ai donc déboisé pour installer potager et verger et recouvert de foin pour une partie et de broyage d’arbres pour une autre partie, puis j’ai laissé « au repos » pour permettre le travail de la nature. J’ai également fait des buttes pour avoir quelque chose le 2 premières années.
    Après 2 ans de couverture, c’est « tout » le terrain laissé au repos qui produit le mieux ! Le sol est devenu splendide sur plus de 20 cm de profondeur et il est colonisé par une belle pédofaune !!!
    Ma « dalle » de 60 cm d’épaisseur n’est donc plus du tout une « dalle » !
    Par contre, les vers restent rares. Il faudrait réensemancer, au moins en anéciques car ils ne se déplacent pas en largeur (ou à peine : max 1m/an).
    Heureusement, dans une prairie permanente, pas de problème : c’est normalement rempli !

  • Passionnant et édifiant, papyrazzi, tes observations sur un sol déboisé.

    Je suis tjrs admiratif de l’aptitude d’un sol à se régénérer tout seul, comme un grand, si on lui fout un peu la paix, avec des assolements que nos Anciens connaissaient bien.
    2 ans c’est plutôt court, après X années d’épicéas, rapide même pour rééquilibrer l’asphyxie et l’hyperacidité et repermettre une bonne culture légumière! Les apports d’un humus d’une autre nature (paillage et BRF en pourriture progressive), associés au repos, y sont peut-être pour qque chose.
    Maintenant ton sol hyperhumique et hyperacide après déboisement était plus déséquilibré dans sa nature (acidité++ et carences de tous ordres) que dans sa structure : Un sol hyperhumique sur 60cm peut-il être compacté comme l’est une argile de prairie qu’on veut mettre en culture?
    J’en doute un poil : chez moi je n’enfonce pas la grelinette dans mes allées entre parcs, même en sautant à deux pieds dessus…sauf au printemps près avoir dégagé le paillage d’hiver. (une raison de plus pour le faire)
    « Notre » méthode de décompactage ( et de fainéants inpirés : tu tonds, tu couvres , et tu laisses!)) est surtout intéressante (en tous cas par chez nous) par sa rapidité -en 3 ou 4 mois le sol est déjà bien changé- et son efficacité, sans « brutaliser » le sol par un labour ou bêchage.
    Elle s’ajoute et complète idéalement pour moi les autres procédés:
    -les engrais verts à longue racines
    -le paillage d’hiver qui évite le tassement par les pluies hivernales
    -le travail des vers et autres qui s’en trouve facilité
    -…et le gel hivernal, tellement utile chez nous pour éclater les argiles en profondeur, et qui nous manque hélas depuis plusieurs années…Celà inquiète aussi les Pros de mon secteur qui en voient les répercussions sur leurs propres cultures, même avec leur prolifération de matériel pour l’affinage de surface. …Leur sous-sol , tellement maltraité, se dalle de plus en plus et s’imperméabilise, drainage perturbé, maladies fongiques et asphyxies partielles en année humide etc….
    Amitiés
    Michel

  • Pour en revenir au sujet proposé par Gilles, les engrais verts, je comprends les hésitations de Papyrazzi sur « où et quand les mettre » , on a tjrs un légume à remettre en toutes saisons au lieu d’un engrais vert, et plus le jardin est petit plus c’est critique car on pense perdre une production.
    D’abord un engrais vert n’est pas une perte mais un investissement…bon, d’accord mais le dilemne persiste.
    Pour ma part je tente de le résoudre ainsi :
    En début de printemps je mets de la phacélie (çà lève facilement et rapidement, même en sol très frais) sur toutes les parcelles qui n’auront de culture qu’en Mai/Juin (carottes, poireaux à repiquer, courges et courgettes etc…). En temps voulu je fauche très ras, je fais sécher léger, puis j’utilise en paillis sur ces cultures.
    En automne, comme je ne mets pas de mâche et de scarole partout, je mets surtout de la moutarde (pour aider la fragmentation de mon sol argileux) sur tout ce qui se libère (navets , carottes précoces, betteraves rouges, haricots, PdT tardives, même un demi-parc de poireaux si je l’ai déjà attaqué etc…)
    En début d’hiver je fauche, j’écarte pour mettre une bonne couche de feuilles, puis je remets par-dessus pour les tenir en place contre le vent.
    Sur trois ans, avec la rotation des cultures, j’ai couvert l’ensemble du potager, puis je recommence!

    Pour le BRF, je ne le fais plus en automne (mon 1er essai avait été une cata au printemps suivant) comme je le vois souvent préconisé, mais au débourrage des bourgeons, voire avec quelques feuilles, puis je paille les 1ers semis ou repiquages, seulement après qu’ils aient déjà de bonnes racines. Ce BRF, jamais enfoui, sert de paillis sec en fin de printemps (aucune faim d’azote), puis se fait recouvrir par le feuillage des légumes en place et qui terminent leur croissance; là il commence sa « champignonisation » grâce à l’humidité du couvert, puis il s’incorpore doucement en automne au point de disparaitre en bonne partie, sans avoir nui aux légumes en place.
    L’arrachage des légumes enfouit les restes sans aucune carence azotée.
    Cà fonctionne à merveille sous mon climat du Nord. Pailler ainsi un jeune parc de fraisiers, çà fait des miracles, les fraises sont propres, les pieds se nourrissent en début du printemps suivant de ce BRF bien décomposé et rattaquent gaillardement leur 2è année.

    Mais ceci n’est que mon expérience, les avis de chacun sont les bienvenus.
    Amitiés

  • @ Michel :

    1° Je n’ai aucune hésitation concernant les engrais verts. Les phacélies, moutarde, trèfle rouge, luzerne, etc… je connais, mais je n’utilise plus vraiment. Par contre, en guise d’engrais vert, je sème de l’épinard partout.

    2° … ton sol hyperhumique et hyperacide après déboisement était plus déséquilibré dans sa nature (acidité++ et carences de tous ordres) que dans sa structure : Un sol hyperhumique sur 60cm peut-il être compacté comme l’est une argile de prairie qu’on veut mettre en culture?

    Bein oui, assurément ! Mon sol est essentiellement argileux. Les aiguilles d’épicéas ne couvraient qu’une épaisseur d’environ 15 cm de plus en plus compactée (d’aiguilles neuves à poussière blanche).
    Sous ce couvert, l’argile s’était modifiée complètement :
    – la couleur était passée du jaune ocre/orangé caractéristique à beige-gris (= grège) très pâle sur une profondeur d’environ 60 cm.
    – sur cette même profondeur, elle était devenue dure comme du caillou (probablement par l’assèchement dû à l’action du tapis de racines traçantes de l’épicéa. Sur une profondeur de +/- 20 cm, le terrain n’était plus que racines. Affreux comme boulot après déboisage !)
    – plus aucune trace de pédofaune en surface, ni de galeries de vers en profondeur.
    Bien évidemment, la grelinette n’y pénètrait plus non plus (quoique je n’utilisais que celle à 3 dents !)
    Dans un terrain aussi dur et sec, on ne peut effectivement y enfoncer que la pointe des dents de la grelinette « au début du travail » (3 à 4 cm seulement… et encore…) !
    Mais, en travaillant avec un recul limité à quelques centimètres à la fois et en tenant la grelinette de manière à ce que les dents pénètrent de manière « inclinées », pointes vers la partie traîtée, les dent s’enfoncent chaque fois un peu plus profond sous la partie travaillée précédente, jusqu’à permettre, enfin, d’arriver à fond de leur longueur. Au bout de 50 cm de ce début pénible, la grelinette arrivera à « arracher/casser » le bord de la terre « non travaillée » dès premier enfoncement des dents, mais à condition de ne pas essayer à 20 cm en aval !
    Ma grelinette (au départ du travail) a bien moins de difficultés dans ma prairie permanente ( pâture pour les vaches) depuis plus de 50 ans et dans mon gazon toujours piétiné aux mêmes endroits. Et tous deux sont évidemment sur terre argileuse.
    Le foin et le broyage de « bois » (fourniture de « broyage » d’un arboriste qui broie tout jusqu’à 16 cm de diamètre), donc pas du tout du BRF (!), ont fait le travail tout seul (sauf l’enlèvement des racines). Au bout de 2 ans, le sol est splendide (mais pas sur 60cm pour autant !) et permet déjà la culture potagère (un peu plus de boulot pour les carottes si on les veut sans défaut).
    Les racines de ces plantations, dont les ENGRAIS VERTS, continuent à faire leur oeuvre de décompaction au fur et à mesure du temps, tout comme le font… les pissenlits (engrais vert naturels).
    On ne se rend pas compte combien une plante peut s’infiltrer et décompacter un sol dès lors qu’elle est saine, solide et qu’elle a ce dont elle a besoin pour la nourrir. Le foin améliore le sol de surface (décompaction, rétention d’eau, apport de nourriture « complète »). Il permet donc au fines racines de se déployer à la surface, de s’installer, de forcir et, donc, à la plantule de survivre « dans des conditions excellentes » (évidemment, on ne la recouvre pas par la foin). De plus, le foin limite fortement, voire annule la concurrence des herbes/plantes non désirées, par retrait d’énergie (coupure de la lumière).

    Toutefois, comme je l’ai déjà exprimé, tout dépend de la grandeur de la surface que l’on veut traiter vu le coût final éventuel. En maraîchage on atteint vite la limite.
    Encore une fois, le mieux c’est d’essayer sur un coin de sol : étendre à l’automne, planter ou transplanter au bon moment et… laisser pousser sans plus s’en occuper (pas de risque de grande perte).
    L’engrais vert (moins onéreux) prendra éventuellement la suite si désiré/nécessaire/suffisant.
    P.S. : il est évident que le résultat optimum ne sera JAMAIS atteint la première année.

  • OK papyrazzi,
    je n’avais pas capté un tel dégat dans tes 1ers messages.
    Je ne sais pas non plus si c’était dessouché ou non.
    Si oui, pour ma part, sur un tel sol en « mort clinique », j’aurais d’abord marné fin (pas de chaux!) pour réalcaliniser doucement et durablement , puis je ne me serais pas emm…..dé, j’aurais fait une grosse entorse à mon règlement intérieur, en demandant un coup de main à la charrue et aux 150cv de mon ami voisin, puis engrais ORGANIQUE pour remettre une nourriture de base rapide, puis 2è retour du voisin et de son rotavator (avec ma motobineuse çà bourrerait de suite dans les morceaux de racines), puis au revoir le voisin, terminé le massacre.
    Puis je couvre et je laisse un an pour avoir un début de rééquilibre, ou bien je cherche une culture favorable en sol encore acide, en testant aussi un semis de panais dans un coin pour voir si çà lève dans un tel sol.
    Si oui, 2è année : panais partout, c’est un légume de dingue, capable de pousser dans une allée de jardin (j’exagère à peine), qui descend à 40cm une racine grosse comme trois carottes, et qui ira donc à l’aise en dessous de la profondeur de labour. Je laisserais l’hiver suivant (pourvu qu’il gèle!) pour qu’il pourrisse (mais faut qu’il gèle)…et là, si c’est pas défragmenté après çà…
    D’accord avec toi pour dire aussi que , si le but recherché avec un engrais vert est d’abord la défragmentation du sol, n’importe quel légume à racine profonde, carottes, panais, poireaux, côtes de bette Etc.. (qu’on peut aussi manger, ce qui à ma connaissance n’est pas le cas de l’engrais vert) fait aussi bien l’affaire!

  • PS :
    J’ai aussi , comme toi, semé des épinards en engrais vert! J’ai trop de graines.
    j’en mangerai qques saladiers, mais il en restera bien assez!!!
    On peut aussi le semer dans des cultures déjà bien avancées…si on ne sait où et quand le mettre!
    (humour!)

  • Bonjour
    Mon sol est très dur, terre de causse qui durcie très vite, dur à arroser…
    Le potager n est pas très grand.
    Quel type de graminées me conseillez vous pour realiser le plus simplement possible mon couvert?
    En vous remerciant
    CLEMENT

  • Bonjour Clément,
    J’hésite dorénavant à laisser des avis sur ce site , mais je le fais une dernière fois.
    Pour les graminées (engrais verts je suppose) c’est maintenant un peu tard. Cà peut lever encore, mais l’enracinement profond sera peu probable, avec donc un résultat qui risque d’être très limité et décevant.
    Pour ma part , dès les 1ères vraies pluies je décompacterais à la grelinette. Si c’est très dur, en 2 fois: une 1ère fois à 10/15cm, puis, après qques pluies, au plus profond permis par la grelinette sans retourner.
    Puis je paillerais illico (voir messages au-dessus) au foin, à défaut avec une grosse couche de feuilles mortes plus qques cartons dessus fixés par qques mottes de terre, ou une fine couche de grandes herbes pour tenir les feuilles au vent d’hiver.
    Le sol devrait être bcp plus souple au printemps et serait à pailler en permanence entre cultures par la suite. De plus la légère acidité amenée par le paillis sur un sol sans doute à dominance calcaire ne pourrait être que favorable.
    …Mais celà n’est que mon avis.
    Amicalement

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