Fiche Culturale de couvert végétal : La Vesce

La Vesce est une plante précieuse dans une utilisation de type « engrais vert ». C’est une plante légumineuse, c’est-à-dire que moyennant quelques précautions sur lesquelles je reviendrai, elle est autonome dans son approvisionnement en azote.

Elle est très utilisée en grandes cultures, par exemple dans ma région en association avec la moutarde blanche, comme CIPAN (Culture Intercalaire Piège à Nitrates). En effet, associée à la moutarde (il est aussi très fréquent de l’associer à une céréale dont l’effet structurant compense la faiblesse de la Vesce sous ce rapport), elle permet de pomper tout le résidu de fertilisation azotée qui, faute de plante active dans le sol, descendrait dans le profil, pour aller rejoindre la nappe phréatique.

Et, soyons sérieux, personne ne voudrait de ça.

Elle est aussi active que ses compagnons pour pomper les résidus car, bien qu’active dans la fixation d’azote atmosphérique via les nodosités présentes sur ses racines, tant que le sol est riche en azote déjà minéralisé, les nodosités n’ayant aucune justification concrète ne se développent pas.

La condition expresse pour que l’azote soit correctement fixé directement par les nodosités de la plante est que la structure du sol le permette, c’est-à-dire qu’il soit suffisamment aéré. Un sol bien vivant, pourvu en biodiversité, assurera cela sans problème. Et puis rien n’empêche un léger grelinage avant semis, de même que des arrosages peu importants en quantité, mais fréquents (pour éviter la battance, ou l’effet de croûte). Par ailleurs, la Vesce est gourmande en eau.

Variétés de vesce

Il existe trois variétés de vesce qui se distinguent par leur rusticité entre autres choses, ce qui va déterminer la date et la période des semis :

La vesce d’hiver, la vesce velue et la vesce de printemps.

Les trois variétés se sèment à dose de 50Kg/Ha. Les deux premières sont rustiques, et adaptées à un passage de l’hiver en plein champ.

La vesce de printemps se sème de mars à juin, les deux autres se sèment d’août à mi-octobre.

Avantages de la vesce

Voici les principaux avantages de la Vesce :

  • Autonome en azote, qu’elle fixe et va ensuite redonner au sol lors de sa décomposition (et attention, en aucun cas avant !)

  • Croissance vigoureuse et bonne production de biomasse.

  • Fort pourcentage de couverture du sol.

  • Fort effet allélopathique sur les spontanées (de plus, c’est une plante très concurrentielle à la lumière et aux nutriments).

  • Bonne rusticité (pour la variété d’hiver, jusqu’à -15°C).

  • Sa destruction et sa décomposition sont simples et rapides, ce qui rend l’azote directement accessible à la culture suivante.

Quelques conseils pour cultiver la vesce

Il est important de noter plusieurs règles de conduite pour cette plante :

  • Elle est très sensible à la verse, et son port est grimpant, donc nécessite une plante qui lui servira de tuteur. Pour cette raison, elle se sème toujours en association.

  • Bien que n’ayant jamais personnellement testé, il semble déconseillé de la semer en suite de légumineuses dans la rotation. Ce qui respecte la logique même de la rotation, d’ailleurs.

  • Si sa restitution d’éléments fertilisants est excellente (c’est l’une des meilleures fixatrices d’azote par poids de matière sèche), elle n’est en revanche pas la championne au niveau de l’effet structurant.

La vesce est un bon choix donc, en association, et en précédent de cultures relativement gourmandes. Son usage est très fréquent, voire systématique dans les mélanges les plus divers.

J’espère comme d’habitude que cela vous sera d’une quelconque utilité, et reste à votre disposition pour la suite.

A bientôt pour le Trèfle Incarnat !

Amitiés,

Benoît

  • Bonjour et merci pour cet article.
    Je suis étonné que tu ne conseilles pas une association seigle-vesce (céréale + légumineuse) car j’avais cru comprendre dans un précédent article que le seigle était ton engrais vert préféré.
    Y a-t-il une raison de déconseiller cette association ?
    Olivier

    • Bonjour Olivier,

      Je ne l’ai pas mentionné expressément mais c’est effectivement une association classique, à juste titre d’ailleurs.

      D’une manière générale, la vesce ne se fait pas en pur, mais en association avec au moins une graminée à tige forte, puisque son port est grimpant et nécessite un tuteur.

      De plus la céréale va prendre le relais de la vesce pour ce qui est de l’effet structurant.

      C’est une très bonne base de mélange hivernant.

      À bientôt !

  • C’est très enrichissant comme d’habitude, une vraie encyclopédie ton blog, je suis sûr de sortir avec de nouvelles informations quand j’y reviens
    Félicitation pour le travail que vous faites et l’aide à l’information que vous nous apportez

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