Culture sur tumulus ou sur butte : je me lance !

Cet article fait l’objet d’un festival d’articles consacré à la Gestion de l’Eau au Jardin Bio et  que j’organise sur mon Blog du Jardinier Bio. Les articles publiés seront réunis dans un e-book. Vous trouverez tous les renseignements directement  en cliquant ici.

 

Références : R. Steiner (bio-dynamique), Fukuoka, et des tonnes de blogs de gens passionnés.

Tumulus
Tumulus

On prépare une « base durable » en creusant une trachée de 30 à 50 cm de profondeur, de 1,2 à 1,8 m de largeur et de la longueur qu’on veut … ou peut  (ça fait beaucoup de terre à déplacer). Si le terrain est pentu,  elle doit être perpendiculaire à la pente pour faire barrage au ruissellement. On remplit le creux ainsi créé avec des bois pourrissant qui deviendront, par leur porosité, une réserve d’eau. On les trouve en forêt, en bordure de haie, dans les embâcles de rivière, etc. Par-dessus on met une grosse couche de terreau grossier et de tout ce qui pourra se dégrader lentement (BRF, aiguilles de pin, bogues de châtaignes, coques de noix, de noisettes, vieux cuirs non traités, copeaux, etc. On complète par une couche d’herbe fraîche (arrachée ou tondue) qu’on recouvre d’une couche de terreau fin.

Et on recouvre avec la terre retirée au début : ouf ! Ensuite, il faut du temps (beaucoup) pour que ça se compacte au point de présenter un terrain structuré pour les racines. J’ai commencé un prototype en septembre et, malgré toute l’eau qui est tombée depuis, les pierres que j’ai mises au milieu pour servir d’appui-pied, de réserve de chaleur et de toit pour les insectes, sont encore instables : le sol semble être posé sur une bulle de caoutchouc. Cela n’empêche pas le pissenlit de profiter (miam-miam) et je vais donc planter, dès cette année, de nombreuses plantes complémentaires.

Si on lit tout ce qu’internet contient sur la permaculture et la bio-dynamique on a du mal à se faire une idée précise. A ce stade, il semble que ce soit à chacun de se faire sa « religion » grâce à l’observation, le pifomètre et la patience, en fonction du climat local. Il me semble que c’est une bonne solution pour terrains très secs et/ou pentus (ça remplace les terrasses) et/ou difficiles à drainer (les racines sont au-dessus du niveau de l’eau quand il pleut beaucoup).

Enfin, sur cette base, le mieux est de faire en permaculture en utilisant les différentes orientations de la butte pour adapter les plantes. La partie inférieure apportera de la nourriture pendant plusieurs années et les apports de BRF au-dessus prendront la relève. On peut espérer dix années et plus de récolte voire une éternité (pour peu que vous soyez encore là).

Bon courage, j’espère que je vais récolter les fruits de mes efforts sur ce prototype pour terrain sec.

Jean-Daniel de la maison du fada (faut être fada pour construire une grande maison en travaillant et en élevant des enfants … mais ça marche)

  • Encore merci pour cet article Jean-Daniel,

    J’ignorais tout de cette technique et je pense en avoir bien compris le principe grâce à tes explications très claires.

    N’hésites pas à revenir partager ici tes observations sur les cultures à venir…

    Amicalement,
    Gilles

  • Bonjour Jean Daniel,

    Très intéressant cet article, je commencais à me renseigner sur ce type de culture ça tombe à pic !

    D’ailleurs, serait-il possible de te contacter en privé?

    Bonne continuation et merci à Gilles pour le relai 🙂
    Romain

  • Bonjour Gilles,
    Je ne sais ou placer mon témoignage, alors je te laisse faire si tu juges que c’est intéressant. Le voici :
    Plus je regarde mes tomatiers, plus je trouve qu’ils ont une vigueur inhabituelle. Je n’ai jamais vu ça en 12 ans de jardinage. Et en y réfléchissant, je me souviens d’un acte que je ne fais jamais d’habitude.
    Un mois avant de planter mes tomates, j’ai passé la tondeuse dans les orties. J’ai récupéré une centaine de litres de broyat d’orties que j’ai dépose près de l’endroit prévu pour la plantation. Le moment venu, après avoir creusé les trous j’y ai déposé environ 2 litres du broyat qui avait un peu séché. Et j’ai planté comme d’habitude… Et voilà le résultat.
    Moralité : l’ortie, tellement détestée par certains, est une plante merveilleuse par ce qu’elle apporte au jardin. J’y au déjà vu des coccinelles qui avaient l’ai bien.
    attention aux coups de soleil!
    Yvon.