L’Aquaponie, une méthode de culture écologique et innovante

Avez-vous déjà entendu parler de l’aquaponie ?

On commence à entendre parler d’aquaponie dans les médias, en particulier à travers la présentation de quelques structures professionnelles.

Voici par exemple un petit reportage sur l’aquaponie diffusé sur Arte :

Émission du 13/12/2014 – FUTURE – ARTE par futuremag

Mais savez-vous que cette méthode de culture est également accessible aux particuliers ? Pierre est justement un passionné d’aquaponie. Il expérimente depuis quelques années ce mode de culture novateur et respectueux de l’environnement.

Je vous propose donc d’aller à sa rencontre pour en savoir plus sur l’aquaponie.

Gilles : « Bonjour Pierre. Je suis très heureux de t’accueillir aujourd’hui sur le Blog du Jardinier Bio. Peux-tu commencer par te présenter à mes lecteurs ? »

Pierre : « Bonjour Gilles et bonjour à tous les jardiniers qui nous liront. C’est un plaisir pour moi de pouvoir dialoguer avec vous aujourd’hui.

Je m’appelle Pierre HARLAUT, j’ai 29 ans et je suis passionné d’aquaponie et de jardinage. Jusqu’alors j’avais décidé de consacrer ma vie au travail dans le but d’hypothétiquement pouvoir m’émanciper de cette société nauséabonde un jour, mais plus le temps passait, plus les objectifs étaient conquis et plus je me rendais compte du non-sens de cette vie occidentale et de l’inaccessible bonheur par le biais de la réussite professionnelle. Ma sensibilité, ma simplicité et mon amour pour la Vie et la nature ont été plus forts et m’ont rappelé auprès d’eux. Un réel schisme s’est opéré en moi et j’ai alors décidé de tout plaquer : il était temps de faire un radical retour aux sources. C’est alors que j’ai eu l’opportunité d’acquérir une maison dans mon village natal, non loin de celle de mes parents. Cela fait maintenant trois années que je renoue avec cette vie simple mais très enrichissante et j’essaye de vivre mieux et plus en adéquation avec les entités qui nous entourent.

C’est en ce sens qu’en 2012, j’ai découvert les joies et le peines du jardinage et que vers la fin 2013 je suis tombé totalement des nues en découvrant la permaculture ainsi que l’aquaponie. Depuis je passe mon temps dans le jardin et à travailler pour faire connaitre ces deux pratiques au plus grand nombre. Ma compagne et moi avons radicalement changé nos habitudes de vie et même si tout n’est pas encore 100% bio ou fabriqué de nos mains, nous avons sacrément avancé. La route est longue mais le chemin est si beau!

Pendant ces trois années d’initiation je me suis redécouvert et j’ai pu me reconnecter à la Vie et au vivant. J’ai énormément changé ma façon de voir les choses même si j’ai toujours été un révolté contre ce système qui nous oppresse et nous divise à coup de propagande de masse. Rien ne sert en effet de lutter contre ce « système » qui de toute façon arrive à bout de souffle ; ce qui commence d’ailleurs à être compris de beaucoup. Il est en effet bien plus intéressant de participer à la création d’un nouveau modèle sociétal plus harmonieux qu’à vouloir déstabiliser celui qui est actuellement en place. Comme dit si bien Pierre Rabhi, « la meilleure des révoltes est celle qui se passe au potager » et nous voyons que cela fonctionne quand on lit les propositions de lois lobbyistes qui tentent de nous retirer ce droit fondamental et cette liberté de cultiver ou de penser. 

Ayant quelques compétences sur le web, j’ai alors décidé de créer une communauté francophone de permaculture (www.permaculteurs.com) pour centraliser et fédérer les ressources et savoirs à notre disposition ainsi qu’un portail sur l’aquaponie sur lequel je publie chaque jour des conseils pour se lancer dans l’aquaponie (www.aquaponie.biz). Toujours dans la continuité, j’ai décidé à la fin de l’année 2014 de concevoir et commercialiser mon propre kit aquaponique car je trouvais qu’il était encore assez difficile pour des personnes qui ne bricolent pas de créer leur kit aquaponique étant donné qu’il n’y en avait alors encore pas en vente en France, ou alors pas viables à mes yeux pour le moment… »

 

Gilles : « Oui, nous reparlerons de ce kit tout à l’heure… Mais en attendant, en quelques phrases, comment définirais-tu l’aquaponie ? »

Pierre : « L’aquaponie est une méthode de culture très ancienne qui a été remise au goût du jour et améliorée avec les technologies de notre époque. C’est le couplage de deux techniques de culture et d’élevage approuvées qui sont l’hydroponie et l’aquaculture. Cette synergie entre ces deux modes de culture est très vertueuse voir miraculeuse si je peux me permettre. En effet, en aquaponie on profite des avantages et de la synergie de tous les éléments d’un réel écosystème, chose qu’on ne peut obtenir ni en hydroponie, ni en pisciculture.« 

 

Gilles : « Qu’est-ce qui te motive dans ce système de culture ? « 

Pierre : « L’aquaponie est une technique de culture assez incroyable et aux nombreuses vertus. Elle est clairement plus productive mais ce qui m’intéresse le plus dans celle-ci c’est le fait qu’elle soit accessible à tous, même aux citadins qui vivent dans de petits appartements. A l’heure où le monde change à une vitesse folle et où les inégalités sont au plus haut, je trouve intéressant le fait qu’on puisse enfin reconnecter des citadins avec le jardinage. C’était déjà possible avec ces mouvements d’urban farming qui se lancent un peu partout mais ça restait assez contraignant.

Avec l’aquaponie, les citadins et les ruraux peuvent enfin échanger et dialoguer ensemble autour de l’aquaponie, c’est une sorte de ciment fédérateur qui nous relie tous à notre point commun qu’est la vie. Je dis ça sans doute du fait que, pratiquant la permaculture depuis une année, lorsque j’en parle à mes amis citadins, ils me disent que c’est génial et que j’ai l’air plus épanoui depuis que j’ai entamé ce changement de vie ; mais revient très souvent le fait qu’eux, en tant que locataires d’appartement, ne peuvent malheureusement pas suivre cette résilience par l’autoproduction car ils ne disposent ni de jardin, ni d’autorisation de leur propriétaire pour transformer le salon en potager… Avec l’aquaponie, pour une fois, il n’est pas une question de moyens, de localisation ou de compétences et je pense que cette pratique permettra l’union de ces deux mondes historiquement opposés. Jusqu’à présent, la plupart des gens qui pratiquaient la culture d’intérieur le faisaient dans des buts illégaux et  les gens n’osaient pas dire qu’ils avaient un placard de culture chez eux, même s’il était rempli de tomates, de peur qu’on les classe dans la catégorie « hippie cannabiculteurs ». Ca faisait mauvais genre tu vois. Et ce ne sont pas les magasins de culture d’intérieur qui tentent de rattraper le coup… chacun de leurs prospectus sont ornés de feuille de chanvre…

L’aquaponie est à ses balbutiements en France et je suis également fier d’y contribuer avec mes amis aquaponistes, tout comme le font également d’autres sur leurs blogs aquaponiques. Il y a tellement de retard en France qu’on ne sera jamais assez. J’en profite pour inviter toutes les personnes qui voudraient nous contacter et rallier notre petite bande de passionnés à le faire car inventer chacun la roue dans son coin n’aidera en rien cette cause commune qu’est l’essor de l’aquaponie en France.« 

 

Gilles : « Selon toi, quels sont les avantages de l’aquaponie par rapport à un mode de culture plus traditionnel ? »

Pierre : « L’aquaponie permet de cultiver ses légumes tout en élevant des poissons et cela apporte une dimension ludique qui est nécessaire et redore un peu l’image du jardinage classique que se font les non-initiés. De nos jours tout le monde rêve de manger sainement mais ce n’est malheureusement pas à la portée de toutes les bourses. L’aquaponie permet d’assurer en partie la sécurité alimentaire des familles tout en éduquant les pratiquants au mieux-vivre. C’est également le cas dans le jardinage bio mais en aquaponie il faut souligner le fait qu’on n’a pas à se casser le dos à travailler la terre ou à récolter ses légumes car tout se fait à hauteur d’homme et qu’on n’y a pas à travailler le sol.

Je parlais tout à l’heure de miracle car en pratiquant l’aquaponie on peut décupler ses récoltes sans toutefois avoir recours à l’usage d’engrais et tout en faisant des économies d’eau de l’ordre de 90% comparé à la culture en pleine terre. L’aquaponie est 100% biologique* et il ne peut presque pas en être autrement car l’ajout d’engrais non-organiques entrainerait la mort des poissons ou leur contamination et ce n’est pas le but puisque l’on veut manger les poissons au final J

On parle également d’une productivité entre 2 et 3 fois plus importante que dans une culture traditionnelle et polluante. Un autre avantage est que l’espace de culture est réduit car la densité de culture permise est bien plus importante étant donné que les nutriments sont directement apportés sur les racines des plantes.

Les avantages de l’aquaponie sont nombreux et je ne peux tout te résumer ici. On pourrait en parler longuement ensemble mais ça nous prendrait des semaines !« 

 

Gilles : « A qui s’adresse l’aquaponie ? »

Pierre : « L’aquaponie est une solution simple à nos problèmes de nutrition et de santé quotidiens, elle s’adresse donc à toute personne qui souhaite améliorer son alimentation et qui souhaite faire un acte de résilience et d’éco-citoyenneté. On peut pratiquer l’aquaponie en appartement ou en maison et son coût étant faible, tout le monde peut réussir à fabriquer ou à s’acheter un kit aquaponique. Une fois lancé le kit ne coûte que quelques euros d’électricité par mois (moins d’un euro pour mon système de 1500 litres par exemple).

J’ai même quelques associations de personnes handicapées qui m’ont contacté pour installer des systèmes aquaponiques dans des écoles et centres car la culture leur est possible de part la hauteur des bacs de culture. C’est un projet qui me motive vraiment car j’y vois déjà le sourire de ces personnes à s’occuper de leurs poissons et de leurs légumes.« 

 

Gilles : « Quelles sont les limites éventuelles de l’aquaponie ? »

Pierre : « Comme je l’évoquais plus haut, il existe quelques freins à la pratique de l’aquaponie comme la création de son kit aquaponique. Nombreux sont les gens qui cherchent à se lancer dans l’aquaponie mais nombreux sont également ceux qui ne le font pas car il est difficile de fabriquer soi-même son kit pour diverses raisons comme le fait de ne pas avoir l’outillage, l’espace ou les compétences nécessaires. D’autres savent et pourraient se le fabriquer mais ils ne se lancent pas dans cette aventure car les kits aquaponiques bricolés sont en général peu esthétiques et que cela ne plait pas toujours à Madame, surtout si c’est en appartement… C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de lancer ma gamme de kits aquaponiques, afin d’enlever ce frein au développement de l’aquaponie.

Au niveau des compétences, il est très facile d’apprendre et de comprendre l’aquaponie puisque si les règles de bases sont respectées, c’est la nature qui se charge de tout réguler ou équilibrer. Les personnes intéressées par l’aquaponie peuvent aussi venir télécharger mon ebook sur l’aquaponie qui cerne les aspects et points importants pour se lancer dans l’aquaponie. Cet ebook est le résultat de mes premières années d’expérimentations ainsi que de la lecture de certains sites américains ou australiens très réputés pour leurs compétences (parfois plus de 25 ans de pratique pour eux alors qu’en France on découvre à peine). Ma formation gratuite fait 80 pages mais je travaille déjà sur une nouvelle version bien plus approfondie et qui sera principalement destinée aux aquaponistes qui pratiquent déjà mais qui cherchent à aller plus loin, voir créer leur métier grâce à l’aquaponie. J’ai également été approché par deux maisons d’éditions qui voudraient que nous sortions un livre sur la pratique de l’aquaponie. »

 

Gilles : « Sans entrer dans des détails trop précis, de quoi a-t-on besoin pour se lancer dans l’aquaponie ? »

Pierre : « Est-ce que j’ai le droit de te répondre « sa bite et son couteau » ?:)

Plus sérieusement, pour se lancer dans l’aquaponie il n’y a pas besoin de grand-chose et on peut tout récupérer gratuitement si on sait se débrouiller et qu’on est patient. Avant tout, il faut deux bassins, cuves, aquarium, bâches ou bidons qui serviront à créer le bassin des poissons et le bac de culture dans lequel pousseront les plantes. Il faut ensuite du substrat comme les billes d’argile par exemple.

Pour faire circuler l’eau dans le système aquaponique, il faut une pompe ainsi qu’un siphon-cloche qu’on peut également fabriquer facilement soi-même.
Pour ce qui est de la nourriture pour les poissons, on peut la fabriquer aussi mais il faut bien faire attention car si votre nourriture est trop pauvre, vos poissons seront en carences et vos plantes le seront inévitablement aussi.

Je ne sais pas si je peux déjà en parler mais un ami pêcheur et moi travaillons sur le lancement d’une gamme de nourriture pour poissons bio spéciale aquaponie. Nous avons déjà passé les phases de tests et sommes actuellement en phase de finalisation du produit qui a déjà son site web (www.feedish.fr). Sans doute, pourrons-nous assurer les volumes de commandes d’ici deux ou trois mois car pour le moment nous avons dû stopper par faute de temps. Réaliser 500 grammes de nourriture nous prenait environ deux heures entre la récolte, la préparation et le conditionnement et on ne s’en sortait plus. On n’oublie pas ce projet et nous allons très bientôt communiquer dessus de façon plus officielle car une société locale nous a contactés pour nous fabriquer notre nourriture selon nos recommandations. »

 

Gilles : « De la nourriture bio pour les poissons me semble en effet être une très bonne chose. A suivre donc… Mais en attendant, j’aimerais revenir sur le dispositif : est-il réaliste selon toi de fabriquer soi-même un système complet d’aquaponie ? »

Pierre : « Il est bien entendu possible de créer son système aquaponique complet. On peut même le faire presque gratuitement comme je te le disais. Le principal souci du fait maison c’est qu’en général, lorsqu’on débute, on ne pense pas à tous les aléas qui peuvent arriver au cours du temps et on se retrouve vite avec la maison inondée ou à faire sauter les plombs et tout cela impacte sur l’écosystème créé, ce qui peut à terme décourager ceux qui ont tenté l’expérience. Mon conseil est de commencer avec un petit système pour se faire la main et ensuite d’améliorer ce système en y greffant un filtre plus efficace ou une pompe plus économe, ajouter un bac de culture …etc. L’aquaponie, tout comme le jardinage, est une passion évolutive car on en apprend tous les jours, même quand on s’appelle Travis Hughey ! »

 

Gilles : « Ok, alors on voit justement que ce n’est pas forcément évident… enfin, il faut quand même être un bon bricoleur. Aussi pourrais-tu nous en dire plus sur les kits que tu proposes  ? »

permacube-kit-aquaponie-sans-logo (2)Pierre : « En effet ce n’est pas toujours simple, surtout si on se lance à l’aveugle dans l’expérience. Le minimum est d’au moins comprendre globalement le principe de l’écosystème avant de se risquer à vouloir en créer un et c’est aussi pour cela que j’ai voulu développer ma propre gamme de kits aquaponiques.

Parlons-en d’ailleurs… pourquoi ai-je eu cette prétention de vouloir créer mon propre kit alors que ça ne fait que deux années que je cultive en aquaponie ?
Il y a de multiples raisons à cela et je vais tenter de vous les énumérer brièvement. La première est que ce n’est pas facile de réussir à trouver tous les éléments pour fabriquer son kit et comme je te le disais, c’est un réel frein au développement de l’aquaponie en France. J’ai par exemple mis 2 mois à trouver tous les éléments nécessaires à la fabrication de mon premier kit aquaponique.
Dans les pays anglophone il y a eu l’époque des pionniers de l’aquaponie puis est arrivée l’époque de l’aquaponie dans tous les foyers suite à l’arrivée de produits clés en main sur leur marché. En France, nous en sommes encore au stade des pionniers et il n’est désormais plus utile de faire des recherches sur l’efficacité de l’aquaponie puisqu’elle est prouvée depuis plus de trente années dans ces pays anglophones. Avec le web, il suffit de chercher un peu et on peut se faire une culture aquaponique en lisant les bons sites ou en suivant les bonnes personnes sur les réseaux sociaux, c’est comme cela que j’ai appris sur le tas d’ailleurs. Mon souhait premier est de voir des kits aquaponiques dans tous les foyers français et j’aimerai que les enfants de ces foyers puissent s’émerveiller devant leurs poissons et leur plantes. C’est une étape très importante de l’éveil et il est de notre ressort d’inculquer les bonnes valeurs et l’autoproduction alimentaire que nous n’avons pas forcément tous pu voir quand nous étions jeunes à cause de nos familles éclatées et de nos anciennes générations écartées pour la plupart du foyer familial.

Un autre aspect qui me motive est de pouvoir faire travailler des artisans locaux sur mon système aquaponique et c’est ainsi que j’ai pu réunir tous les éléments localement pour réaliser la fabrication de ce Permacube. Le produit est à 95% recyclable et le bois et matériaux utilisés sont tous français. Selon moi, on ne peut vouloir défendre des valeurs conservatrices en vendant des kits fabriqués en Chine. Mais c’est sûr que la voie de la facilité est souvent tentante… je n’y ai pas succombé même si je sais que mon produit sera plus cher que les autres, je sais qu’il sera avant tout plus solide et vivant qu’un bout de plastique thermoformé en Chine. Sans parler des conditions de travail dans ces pays. En fabriquant mon produit en France, je m’assure de bonnes conditions de travail et de l’éthique de ma marque.

Pour témoigner de mon soutien à Pierre Rabhi que j’ai lu et écouté comme un maître et qui a beaucoup contribué dans le changement de la vie de centaines de milliers d’entres-nous, j’ai décidé de verser 20€ par vente de kit aquaponique à sa fondation. C’est une petite somme pourrez-vous dire mais j’espère du fond du cœur pouvoir un jour lui reverser plus quand mon activité sera pleinement lancée. »

 

Gilles : “Outre ces kits, tu proposes donc également des produits nécessaires à l’aquaponie ? Quels sont-ils ?”

Pierre : « Oui, j’ai ouvert une boutique dédiée à l’aquaponie dans laquelle j’y vends tous les accessoires pour pratiquer l’aquaponie. Pour le moment c’est une petite boutique modeste mais je rêve d’une belle expansion pour celle-ci avec notamment l’envie de diversifier au maximum mon offre et d’arriver à trouver de meilleurs prix mais pour le moment ce n’est pas évident car je ne fais qu’une dizaine de ventes par semaine. »

 

Gilles : « Souhaiterais-tu ajouter quelque chose ? »

Pierre : « A priori non, je tiens juste à te remercier pour la confiance et pour le soutien que tu m’apportes en m’accueillant ici. Je suis très honoré de t’accorder cette première interview potagère de ma vie J

Ah si, juste un truc ! Si vous avez l’envie de développer l’aquaponie pour des projets sociaux ou pour développer une activité maraîchère, je suis à votre disposition et vous pouvez me contacter par mail. Je me fais quotidiennement une joie d’aider dans la mesure du possible les gens à se lancer dans leurs projets. Ma seule règle c’est que je n’aide que les gens qui font les choses avec leur cœur.

Soyez des colibris J« 

 

Gilles : « C’est moi qui te remercie Pierre, pour cet échange que j’ai personnellement trouvé très intéressant. J’espère que ce sera également le cas des lecteurs et lectrices de ce blog. Et je te souhaite beaucoup de réussite dans tes projets. A bientôt. »

 

logo-boutique-aquaponie

 

*Note de Gilles : bien que relevant en effet d’un mode de culture naturel, une production en aquaponie ne peut bénéficier du label AB, car le cahier des charges de celui-ci ne permet pas la culture hors-sol…

    • Bonjour DesignNaturel,

      J’ai été voir votre site qui m’a l’air bien sympa également 🙂

      Concernant le budget d’un kit aquaponique, sachez qu’on peut s’en sortir pour quelques euros à peine si on fabrique son système avec des produits de récupération. Le tout est d’avoir une pompe, deux bassins, un siphon-cloche, des tuyaux, des poissons et du substrat (souvent le plus cher) sauf dans le cas de culture sur radeaux (RAFT) ou NFT.

      Autrement si on n’a pas envie de se fabriquer son système ou qu’on cherche à avoir un système design et plus abouti on peut passer à l’achat d’un kit complet et clé en main. Les prix vont alors de 500 à 1200 euros pour des kits de tailles respectables (pour une petite famille). Le soucis reste l’offre qui est encore très très limitée en France à l’heure actuelle.

      Si vous avez des questions je suis à votre disposition pour y répondre, n’hésitez pas. A bientôt 🙂

      Pierre

        • Salut Gilles,

          Avec une pompe de 10W on peut s’en sortir pour moins de 2 euros par mois en conso électrique.

          Concernant la nourriture tu peux la fabriquer toi même ce qui fait que ça ne coûte pas non plus très cher. Tu peux également récupérer des aliments de ton potager: vers, asticots, limaces.

          C’est presque gratuit si on se débrouille bien 🙂

  • Grand merci Gilles pour ce bel interview. Je fais justement partie des gens qui s’intéressent à l’aquaponie depuis environ 2 ans, mais restent bloqué(e)s devant l’ampleur des bricolages.
    Je contacte de suite Pierre, car ô joli coup du destin, je fus l’1 des co-fondatrices des colibris 31 (Toulouse) et souhaite justement me lancer dans cette expérimentation dans le cadre d’1 jardin partagé permaculturellement médicinal au milieu d’1 cité hlm de Foix (Ariège).
    Et ci-dessous, 1 message que j’ai envoyé à 1 blog de Médiapart, pour dire ‘faites le jardin, et pas la guerre ! » :

    Oui, une belle étude sur les raisons d’une guerre, quelle qu’elle soit : religieuse, ethnique, économique, politique, n’est-elle pas issue de la folie des grandeurs de certains, dans le pire des cas car là elle est simplement gratuite. Et dans le meilleur, s’il y en a, des problèmes climatiques ont poussé à émigrer plus ou moins violemment, car le réflexe animal de l’homme ne comprend pas souvent le sens du partage.

    Eh encore oui, les guerres sont toujours nées de la stupidité, car elles commencent souvent que par des mots !

    Il est important que ce genre de drames permettent de sortir de l’histoire/géo formatée au possible pour dorer les blasons dont est issue l’Académie nationale respective à chaque pays. Eh oui, l’homme dans sa prétention à la Vérité n’a souvent bâti sa suprêmatie que par des mensonges et des crimes.

    Et bien sûr, ce sujet peut toucher jusqu’aux plus petits, car le relationnel en classe ou dans la cour de récréation découle toujours d’une éducation basée sur la compétitivité, notion de base même de la guerre.Ou celle du partage et du Faire Ensemble. Des choix de pensées et d’actes qui mènent une société.

    Si le Monde s’abîme tant et de plus en plus dans la violence et la haine, en semant les pollutions physiques et mentales, n’est-ce pas parce que les hommes ont fait le mauvais choix ? Entre l’Etre et l’Avoir, les évolution peuvent devenir diamétralement opposées. En fait, l’idéal serait d’organiser une journée de débats parents/enfants/enseignants, mais faut pas que ça dure , hein ? Y’a les campagnes électorales, et la COP21 où faudra refaire avaler les couleuvres empoisonnées sous couvert de bonnes intentions, n’est-ce pas ? Que voilà un terrorisme organisé par les multinationales, si politiquement correct que les milliers de meurtres et de déportés par seconde, seraient encore passés inaperçus si cela devenait trop flagrant pour le taire !

    Allez, le meilleur moyen de neutraliser toutes guerres reste d’apprendre à jardiner ensemble le meilleur des possibles. Créer c’est résister !

    • Bonjour Darna,

      J’ai répondu à ton email avec de lire ton beau commentaire que je ne vois que seulement.

      Il ne faut pas perdre espoir et ne jamais oublier que l’amour et la vérité sont plus forts que tout couplés à un peu de connaissance, d’éducation et de réflexion.
      A nous d’être des Colibris et de créer ce nouveau monde plein de partage, d’entraide et de respect comme tu dis 🙂

      Et quand on y repense, il y a quelques années c’était encore « ringard » de cultiver sa nourriture… maintenant c’est une « mode » et ça me fait penser à cette belle phrase:
      « First they ignore you, then they laugh at you, then they fight you, then you win. » Gandhi

      <3

  • Bonjour,

    Tout d’abord merci pour cet article et cette interview extrêmement intéressante. Étant moi même citadin et soucieux de mon alimentation, cette méthode de culture semble très attirante. J’avais simplement une question au niveau du temps à y accorder par semaines, même si forcement cela sera variable en fonction des périodes. Auriez-vous un ordre d’idée à m’indiquer ?

    En vous remerciant.
    Cordialement

    • Bonjour Denis, un système aquaponique ne prend pas beaucoup de temps à entretenir. Au quotidien cela demande quelques secondes pour nourrir ses poissons (mais ils peuvent se passer de nourriture pendant quelques jours lors de vos absences et il existe aussi des distributeurs de nourriture automatiques).
      Il faut aussi nettoyer ses filtres régulièrement. Pour certains filtres il faut le faire toutes les semaines et pour d’autres on peut ne le faire qu’une fois par mois (j’ai opté pour ces filtres).

      Autrement le reste de l’entretien consiste à vérifier le pH et l’équilibre de son eau (plusieurs fois par semaine dans les premières semaines puis une fois par mois une fois le système « rodé ». On peut même le faire à vue d’oeil une fois une petite expérience acquise.

      Je vous invite à lire ce court article qui confirmera ce que je viens de vous dire plus haut: http://www.aquaponie.biz/entretien-dun-systeme-aquaponique/

      N’hésitez pas pour toute question, à bientôt.

      Pierre

  • Bonjour,
    Merci pour cet article qui m’a permis de découvrir l’aquaponie.
    Une question : un légume qui pousse en aquaponie contient-il autant de minéraux et oligo-éléments qu’un légume qui a poussé en pleine terre? Normalement, les plantes tirent ces éléments du sol, non?

    Bien cordialement

  • Merci pour cet article très intéressant!
    Pour résumer :Ancienne cadre dans une grosse boite commercial et suite a un « BURN OUT  » je suis entrain de changer ma vie ….
    J’ai dans l’idée de me mettre a l’agriculture « biologique »
    (mes grands parents étant maraichers ) Le naturel doit revenir au galop!!!
    Votre technique que je ne connaissais pas de L’aquaponie m’a réellement interpelée.
    Mais est ce possible de le pratiquer en tant que maraicher?
    Et existent il des formations dans ce domaine?
    Merci pour votre réponse
    Francine

  • Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant. Existe t’il des pompes solaires pour installer un système autonome dans un endroit où il n’y aurait pas l’électricité ?

    Merci d’avance

  • Bonjour Pierre… j’ai lu , avec beaucoup d’intérêt , ton explication de l’aquaponie … et je suis fort intéressé…
    J’ai une pisciculture… 4 bassins de 100m de long…4m de large et 1m de profondeur soit
    1.600 m3 d’eau..chaque bassins peut reçevoir entre 80 et 100 tonnes de poissons,mais il n’y a actuellement que 10 tonnes par bassin…ces bassins sont alimentés par une dérivation sur une rivière d’eau très froide(max. 15-16° en été) avec un débit de 200l/sec pour l’ensemble , soit +ou- 50l/sec par bassin .
    J’y élève des esturgeons (acipencer baerï)… esturgeons = caviar (enfin j’espère) = miam miam
    A la sortie les 4 bassins se rencontrent pour ne former qu’un , qui retourne à la rivière par l’intermédiaire de 2 bacs de décantation de 100m long mais de 8 et 10m de large.
    La vitesse de l’eau étant très basse , les excréments des poissons peuvent se déposer.
    Voilà mon explication de ma situation…
    Ma question : comment je peux faire de l’aquaponie avec ça?
    Je suis vraiment intéressé parce que la m….de des poissons m’emm-nuie(pardon hein)
    merci pour ta réponse

  • Bonsoir François…chance… chance…on peut dire ça comme ça… mes poissons ont 12ans et toujours pas de caviar à cause de la température de l’eau… y pondent pas MAIS Y BOUFFENT
    et ça coûte… c’est la raison pour laquelle je pense à l’aquaponie… dont j’avais déjà entendu parler… mais je n’y connais rien… j’écoute toutes les propositions avec grand plaisir…
    (Note de Gilles : si vous n’avez pas de site web, ne mettez rien dans « adresse web »…)

  • Toutefois, je connais tous les poissons d’eau douce de chez nous, mais pas l’esturgeon; je crois savoir qu’il y en a une souche qui remonte la Garonne, il faut espérer qu’il n’ait pas besoin d’un cycle de salinité pour déclencher la production d’oeufs.
    Disons que je peux vous aider pour une mise en oeuvre de l’aquaponie de la truite (de la salmoponie)- et quand la truite tient alors tout tient-, mais il faut la taille et matériaux des bassins, expo, et beaucoup d’élement de configuration par adapter la salmoponie des particulier à l’échelle d’un ruisseau finalement (à 50L/s je crois)