Il y a des insectes que l’on repère tout de suite au jardin. Le doryphore sur les pommes de terre, par exemple, ne fait pas vraiment dans la discrétion. Le thrips, lui, joue dans une autre catégorie : celle des petites bestioles presque invisibles, mais capables de laisser des traces bien visibles sur les feuilles, les fleurs ou les jeunes pousses.
Quand vous le découvrez sur vos plantes, ce qui compte surtout, c’est de comprendre ce qu’il fait, quand il devient gênant, et comment limiter les dégâts sans sortir l’arsenal chimique.
Car c’est bien là toute la question. Les thrips au jardin ne méritent pas toujours une intervention. Une présence limitée passe parfois presque inaperçue. Une attaque plus forte, surtout sous serre, en pot ou par temps chaud et sec, peut en revanche abîmer les feuilles, déformer les fleurs, fatiguer certaines cultures et gâcher une partie de la récolte.
Dans cet article, je vous propose donc une approche simple : reconnaître les thrips, évaluer les dégâts, agir seulement quand c’est utile, puis prévenir les attaques en renforçant les équilibres naturels du jardin. Pas besoin de loupe de laboratoire ni de combinaison blanche. Une feuille blanche, un peu d’observation et quelques gestes bien choisis suffisent déjà à y voir plus clair.
Les thrips au jardin : qui sont ces minuscules insectes ?
Un insecte très petit, discret, mais bien équipé

Précisons tout de suite un point : le mot « thrips » ne désigne pas une seule espèce. Il regroupe de nombreux petits insectes appartenant à l’ordre des Thysanoptères. Certains sont de vrais ravageurs des cultures, d’autres vivent plus discrètement sur les plantes, dans les fleurs ou dans l’environnement, sans provoquer de dégâts notables au jardin.
Il existe même quelques thrips prédateurs, capables de consommer de petits insectes ou des acariens. Mais dans un article pratique pour jardiniers, quand on parle de « thrips au jardin », on pense surtout aux espèces qui piquent les feuilles, abîment les fleurs ou affaiblissent certaines cultures sous serre.
Les thrips sont de minuscules insectes. Beaucoup d’espèces rencontrées sur les plantes sont piqueuses-suceuses, mais le groupe est plus varié qu’on ne l’imagine.
Ils mesurent généralement 1 à 2 mm de long. Autant dire qu’à l’œil nu, ils ressemblent davantage à de petits traits sombres ou jaunâtres qu’à des insectes bien identifiables.
Leur corps est allongé, fin, mobile. Les adultes possèdent des ailes étroites bordées de soies, ce qui leur donne un aspect plumeux quand on les observe de près. Les larves, elles, n’ont pas d’ailes. Elles sont plus claires, jaunâtres ou orangées selon les espèces et leur stade de développement.
Le thrips ne grignote pas les feuilles comme une chenille. Il pique les cellules végétales et en aspire le contenu. C’est cette façon de se nourrir qui provoque les marques argentées ou plombées que l’on remarque parfois sur les feuilles.
Où trouve-t-on les thrips au jardin ?
Les thrips peuvent s’installer sur de nombreuses plantes. On les rencontre au potager, sur certaines fleurs, sous serre, sur des plantes en pot, et parfois sur les plantes d’intérieur.
Au potager, ils peuvent toucher les tomates, les poivrons, les aubergines, les concombres, les salades, les oignons, les poireaux ou encore les haricots. Dans les massifs, ils s’attaquent volontiers aux fleurs tendres, aux boutons floraux et aux jeunes pousses.
Mais il faut garder la tête froide. Leur simple présence ne signifie pas que votre jardin est « infesté ». Au jardin naturel, on observe toujours de petits déséquilibres passagers. Le problème commence quand les dégâts progressent, que les plantes se déforment, ou que la population augmente rapidement sous l’effet de la chaleur.
Quels dégâts les thrips provoquent-ils sur les plantes ?
Feuilles argentées, petits points noirs : les signes à observer
Le symptôme le plus caractéristique, ce sont les plages argentées ou grisâtres sur les feuilles. Elles apparaissent là où les cellules ont été vidées par les piqûres. Au départ, cela peut ressembler à une légère décoloration, à un voile terne ou à de fines marbrures.
En regardant de plus près, vous pouvez aussi voir de minuscules points noirs. Ce sont les déjections des thrips. Ce détail aide beaucoup pour confirmer leur présence, surtout quand les insectes eux-mêmes sont difficiles à voir.
Sur certaines plantes, les feuilles prennent un aspect rugueux, déformé ou crispé. Les jeunes feuilles peuvent sortir mal formées si les piqûres ont eu lieu très tôt dans leur développement.

Fleurs et jeunes pousses déformées
Les thrips apprécient les tissus tendres. Les boutons floraux, les jeunes feuilles et les pousses en croissance sont donc des zones sensibles. Sur les fleurs, les dégâts peuvent se traduire par des pétales tachés, décolorés, striés ou déformés.
Sur les plantes ornementales, cela gêne surtout l’esthétique. Sur les légumes-fruits, les dégâts peuvent marquer certains fruits ou perturber la floraison si l’attaque est importante. Les plantes déjà fragilisées par la sécheresse, un pot trop petit ou un manque de nourriture réagissent plus mal.
Les thrips peuvent-ils faire mourir une plante ?
Dans la plupart des jardins, les thrips ne tuent pas directement les plantes. Ils les affaiblissent plutôt. C’est déjà suffisant pour justifier une surveillance, mais pas pour paniquer.
Une plante vigoureuse, bien enracinée, dans un sol vivant et correctement arrosée, encaisse généralement mieux une petite attaque. Une plante en pot, une jeune plantation, une culture sous serre ou une plante déjà stressée peut en revanche souffrir davantage.
Il existe aussi un autre point à connaître : certains thrips peuvent transmettre des virus aux plantes. Ce risque concerne surtout des contextes de cultures sensibles, notamment sous abri ou en production intensive. Au jardin amateur, on garde simplement cette information en tête si des symptômes étranges apparaissent : mosaïques, taches inhabituelles, déformations importantes et progression rapide.
Ne confondez pas dégâts et catastrophe
Quelques marques argentées sur une feuille ne condamnent pas une culture. Avant d’intervenir, observez l’évolution pendant quelques jours.
- Si les dégâts restent localisés, surveillez simplement
- Si les jeunes pousses se déforment ou que l’attaque gagne vite du terrain, agissez
Pourquoi les thrips apparaissent-ils dans votre jardin ?
Chaleur, sécheresse et plantes stressées
Les thrips aiment les ambiances chaudes et plutôt sèches. Leur développement s’accélère quand les températures montent. C’est une raison pour laquelle on les remarque davantage en été, sous serre, dans une véranda ou sur des plantes d’intérieur maintenues au chaud.
La sécheresse joue aussi un rôle. Une plante qui manque régulièrement d’eau se défend moins bien. Ses tissus deviennent plus vulnérables, sa croissance ralentit, et les petits ravageurs en profitent. Ce n’est pas une règle absolue, mais c’est une tendance nette au jardin.
Chez moi, en Dordogne, je surveille surtout les cultures sous abri en période chaude. Quand la serre reste très sèche, avec des nuits chaudes et peu d’auxiliaires visibles, les thrips trouvent vite leurs marques.
Le cas particulier de la serre
La serre peut devenir un lieu très favorable aux thrips : chaleur, air sec, cultures denses, peu de pluie sur le feuillage, et généralement moins de prédateurs naturels qu’en plein air. C’est le cocktail classique.
Ce n’est pas une raison pour condamner la serre. Elle rend de précieux services au potager. Mais elle demande un peu plus d’observation, surtout sur les tomates, aubergines, poivrons, concombres et jeunes plants.
Une serre bien aérée, ombrée si nécessaire en été, avec un sol paillé et vivant, limite déjà une partie des déséquilibres. À l’inverse, une serre fermée, brûlante et sèche devient vite un petit paradis pour les thrips, les acariens et quelques autres amateurs de sauna végétal.
Les achats de plants et plantes d’intérieur
Les thrips peuvent aussi arriver avec de nouveaux plants. Cela vaut pour les plants potagers, les plantes fleuries, les plantes d’intérieur et les végétaux gardés en pot.
Avant d’installer une nouvelle plante au jardin ou dans la serre, prenez le temps de regarder le revers des feuilles, les jeunes pousses et les fleurs. Si vous voyez des traces argentées, des petits points noirs ou de minuscules insectes allongés, isolez la plante quelques jours et surveillez-la.
Cette petite vérification prend deux minutes. Elle évite parfois d’introduire un problème dans un espace déjà favorable, notamment sous abri.
Comment confirmer la présence de thrips ?
Le test de la feuille blanche
Le test le plus simple consiste à placer une feuille blanche sous une feuille ou une fleur suspecte, puis à secouer doucement la partie atteinte. Si des thrips sont présents, vous verrez probablement tomber de minuscules traits mobiles, jaunâtres, bruns ou noirs.
Ensuite, observez-les quelques secondes. Les thrips bougent lentement ou par petits déplacements rapides. Ils sont plus allongés que les pucerons et beaucoup moins ronds que les acariens.
Cette méthode ne donne pas toujours un résultat parfait, mais elle suffit dans bien des cas pour confirmer une suspicion.
Observer à la loupe sans devenir inspecteur de police scientifique
Une petite loupe de jardin peut rendre service. Elle aide à distinguer les larves, les adultes, les points noirs et les dégâts réels sur le feuillage.
Inutile toutefois de transformer chaque promenade au potager en enquête criminelle. Le but n’est pas d’identifier chaque individu à l’espèce près. Pour un jardinier amateur, la vraie question est plus simple : les dégâts progressent-ils, et la plante souffre-t-elle vraiment ?
Ne pas confondre thrips, pucerons, acariens et aleurodes
Plusieurs petits ravageurs peuvent abîmer les feuilles. Les symptômes se ressemblent parfois. Voici un tableau pour faire un premier tri.
| Ravageur observé | Aspect général | Signes fréquents | Indice utile |
|---|---|---|---|
| Thrips | Minuscules traits allongés, jaunes, bruns ou noirs | Feuilles argentées, petits points noirs, fleurs abîmées | Ils tombent parfois sur une feuille blanche quand on secoue la plante |
| Pucerons | Petits insectes plutôt ronds ou en forme de poire | Feuilles collantes, jeunes pousses crispées, fourmis présentes | Ils forment souvent des colonies visibles sur les tiges et jeunes pousses |
| Acariens | Très petits, difficiles à voir sans loupe | Feuilles piquetées, jaunissement, fines toiles en cas de forte attaque | Ils aiment aussi les ambiances chaudes et sèches |
| Aleurodes | Petites mouches blanches | Nuage blanc quand on touche la plante, miellat, fumagine | Les adultes s’envolent rapidement au moindre mouvement |
Que faire contre les thrips au jardin naturel ?
D’abord évaluer la gravité de l’attaque
La première chose à faire, c’est de ne rien faire trop vite. Cela peut sembler étrange dans un article sur les thrips, mais c’est une règle utile au jardin bio.
Observez la plante. Les dégâts sont-ils limités à quelques feuilles âgées ? Les jeunes pousses restent-elles belles ? La floraison continue-t-elle normalement ? Voyez-vous des auxiliaires dans le secteur ? Si la réponse est oui, une simple surveillance suffit dans beaucoup de situations.
À l’inverse, si les jeunes feuilles se déforment, si les fleurs avortent, si la serre devient très touchée ou si les plants en pot dépérissent, il faut intervenir. L’objectif n’est pas d’éradiquer chaque thrips, mais de casser la dynamique de l’attaque.
Supprimer les parties très atteintes
Sur une plante bien développée, vous pouvez retirer les feuilles ou fleurs très abîmées. Cela diminue une partie de la population présente et redonne un peu d’air à la plante.
Ne déshabillez pas tout pour autant. Une feuille un peu marquée reste capable de faire de la photosynthèse. On supprime surtout les parties très touchées, sèches, déformées ou couvertes de traces.
Sur plantes en pot ou plantes d’intérieur, mettez les déchets atteints dans un sac fermé ou au compost chaud si vous en avez un. Évitez de secouer joyeusement tout cela dans la serre. Les thrips n’ont pas besoin qu’on leur organise le transport.
Doucher le feuillage avec prudence
Un rinçage à l’eau peut aider sur une attaque légère, notamment sur des plantes en pot, des plantes d’intérieur ou certaines cultures assez résistantes. Le jet doit rester doux. Le but est de déloger une partie des insectes, pas de décaper la plante.
Au potager, je préfère le faire le matin, par temps doux, pour que le feuillage sèche rapidement. Sur tomates, concombres ou courges, il faut rester prudent : un feuillage mouillé trop longtemps favorise d’autres problèmes, en particulier les maladies cryptogamiques.
Sous serre, cette pratique peut être utile ponctuellement, mais elle ne remplace pas l’aération, l’ombrage, l’arrosage au pied et la surveillance des cultures sensibles.
Pièges bleus : utiles, mais pas miraculeux
Les pièges englués bleus attirent les thrips. Ils servent surtout à repérer leur présence et à suivre l’évolution de la population. Dans une serre, ils peuvent rendre service pour savoir si la pression augmente.
Mais ce ne sont pas des baguettes magiques. Ils capturent une partie des adultes, pas tous les stades du ravageur. Ils ne corrigent pas non plus les conditions qui favorisent les attaques : chaleur excessive, air trop sec, plantes stressées, manque d’auxiliaires.
Installez-les avec mesure, à proximité des cultures sensibles. Évitez d’en mettre partout, surtout dans un jardin riche en insectes utiles. Même si les pièges bleus sont plus ciblés que les jaunes pour les thrips, ils restent englués. Et tout ce qui colle n’est pas forcément bon pour la biodiversité.
Traitements naturels : rester sobre
Le savon noir revient fréquemment dans les discussions sur les thrips. Il peut limiter certains petits ravageurs par contact, surtout sur des plantes robustes. Mais son efficacité sur les thrips reste variable, car ils se cachent dans les fleurs, les jeunes feuilles, les replis du feuillage et parfois dans le substrat selon leur stade.
Si vous l’utilisez, faites-le avec prudence. Testez d’abord sur une petite partie de la plante. Pulvérisez le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil. Évitez les plantes fragiles, les jeunes feuilles tendres et les fleurs ouvertes. Et surtout, ne traitez pas « au cas où ».
Vous pouvez aussi tester des préparations répulsives comme une infusion de tanaisie ou une décoction d’ail, mais leur effet reste variable, et elles ne régleront pas une attaque déjà bien installée. Prudence également sur les légumes-feuilles ou les parties que vous allez consommer rapidement.
Les huiles végétales, macérations, décoctions et autres préparations, même naturelles, peuvent aussi gêner les auxiliaires si elles sont employées trop largement. Naturel ne veut pas dire anodin. Au jardin bio, mieux vaut donc réserver ces interventions aux cas vraiment utiles, et garder comme base des plantes vigoureuses, un arrosage juste, une bonne aération, de la diversité et une surveillance régulière.
Ma méthode en cas de petite attaque
Quand je repère des thrips sans dégâts graves, je commence par des gestes simples. Cela suffit dans bien des cas.
- J’observe l’évolution pendant quelques jours
- Je retire les parties très touchées si la plante le supporte
- J’améliore l’arrosage et l’aération
- Je surveille les jeunes pousses et les fleurs
Favoriser les auxiliaires contre les thrips
Les prédateurs naturels des thrips
Les thrips ont des ennemis naturels. Parmi eux, on trouve des punaises prédatrices, des chrysopes, certains acariens prédateurs, des araignées et d’autres petits auxiliaires du jardin.
Ces prédateurs ne travaillent pas sur commande. Ils ne lisent pas nos calendriers de traitement, et ils ne promettent pas une intervention sous 48 heures. Mais dans un jardin diversifié, ils participent à la régulation des populations.
Sous serre ou en véranda, certains jardiniers utilisent des auxiliaires achetés, comme des acariens prédateurs ou des punaises du genre Orius…
Faut-il acheter des auxiliaires ?
Pour un potager en plein air, je conseille d’abord d’améliorer les conditions de culture et la biodiversité. C’est moins spectaculaire qu’une boîte d’auxiliaires, mais plus durable.
Dans une serre fermée, une véranda ou une collection de plantes d’intérieur, l’achat d’auxiliaires peut avoir du sens si les thrips reviennent constamment. Il faut alors respecter les conditions d’utilisation : température, hygrométrie, absence de traitements incompatibles et mise en place au bon moment.
Autrement dit, les auxiliaires achetés ne sont pas une poudre magique. Ce sont des êtres vivants. Ils travaillent mieux si on leur offre un minimum de confort, comme nous tous finalement.
Des fleurs, des abris et moins de traitements
Pour attirer et conserver des auxiliaires, la base reste simple : diversifier le jardin. Des fleurs, des haies, des herbes spontanées maîtrisées, des zones un peu sauvages, des paillages organiques et des floraisons étalées créent un environnement plus accueillant.
Les ombellifères comme l’aneth, la carotte montée en fleurs, le fenouil ou la coriandre fleurie attirent de nombreux insectes utiles. Les composées, les légumineuses, les fleurs simples et les plantes aromatiques en fleurs jouent aussi leur rôle.
Le point le plus délicat, c’est la cohérence. Si vous favorisez les auxiliaires d’un côté, mais que vous pulvérisez régulièrement des produits insecticides de l’autre, même naturels, vous brouillez le message. Le jardin reçoit alors deux consignes contradictoires : « venez m’aider » et « attention, terrain miné ».
Prévenir les attaques de thrips au potager et sous serre
Arroser juste, sans détremper
Une plante qui manque d’eau devient plus vulnérable. Une plante détrempée devient fragile autrement. Entre les deux, il y a l’arrosage intelligent : celui qui tient compte du sol, du paillage, de la météo, du stade de culture et de la plante.
Pour limiter les thrips, l’idée n’est pas de transformer le jardin en marécage. Il s’agit plutôt d’éviter les stress hydriques répétés. Un sol vivant, bien couvert, riche en matière organique, garde mieux l’humidité. Les racines explorent davantage le sol, et les plantes encaissent mieux les périodes chaudes.
Si vous voulez creuser ce sujet, vous pouvez consulter mon guide Arrosage intelligent. J’y détaille des repères concrets pour adapter l’eau aux cultures sans arroser au hasard.
Aérer la serre et éviter les ambiances trop sèches
Sous serre, l’aération change beaucoup de choses. En été, une serre trop chaude et trop sèche favorise les thrips, les acariens et le stress des plantes. Ouvrir largement, créer une circulation d’air et ombrer légèrement pendant les fortes chaleurs aide à limiter ces déséquilibres.
Dans mes conditions, je préfère une serre très ouverte en été, sauf nuit franchement fraîche ou météo particulière. Les plantes respirent mieux, les auxiliaires circulent davantage, et l’ambiance devient moins favorable aux ravageurs spécialisés dans les climats de four.
Un paillage au sol aide aussi à maintenir une humidité plus régulière. Il ne règle pas tout, mais il réduit les à-coups. Et les à-coups, au jardin, finissent presque toujours par profiter à quelqu’un. Pas toujours à nous.
Diversifier les cultures et éviter les plantes affaiblies
La diversité reste une grande alliée. Une serre ou un potager composé d’une seule famille de plantes sensibles offre un terrain plus facile aux ravageurs. En mélangeant légumes, fleurs, aromatiques et zones refuges, vous compliquez leur progression.
Le sol joue aussi un rôle. Une plante bien nourrie par un sol vivant, avec du compost mûr, une couverture organique adaptée et une bonne activité biologique, résiste mieux aux petits coups durs.
La prévention des thrips ne tient donc pas à une seule recette. Elle repose sur un ensemble de gestes cohérents : arroser sans excès, aérer, observer, diversifier, éviter les traitements inutiles et maintenir des plantes vigoureuses.
Tableau récapitulatif : reconnaître et gérer les thrips
| Situation observée | Cause probable | Niveau d’alerte | Geste conseillé | Geste à éviter |
|---|---|---|---|---|
| Quelques traces argentées sur feuilles âgées | Présence faible de thrips | Faible | Surveiller l’évolution | Traiter toute la plante sans confirmation |
| Feuilles argentées avec petits points noirs | Attaque active | Moyen | Faire le test de la feuille blanche et retirer les parties très atteintes | Confondre avec une carence sans observer les insectes |
| Fleurs tachées ou déformées | Piqûres sur boutons floraux | Moyen à fort | Supprimer les fleurs très abîmées et surveiller les nouvelles | Pulvériser en plein soleil ou sur fleurs ouvertes |
| Forte attaque sous serre | Chaleur, air sec, plantes stressées | Fort | Aérer, ombrer, ajuster l’arrosage, poser quelques pièges bleus | Fermer la serre en pensant protéger les plantes |
| Thrips sur plante achetée | Introduction avec le plant | Variable | Isoler quelques jours et observer le revers des feuilles | Installer directement dans la serre sans contrôle |
| Retour chaque année sur plantes en pot | Ambiance chaude et sèche, population installée | Moyen à fort | Nettoyer, doucher, rempoter si besoin, améliorer l’humidité ambiante | Répéter des traitements sans changer les conditions |
Mon avis : faut-il vraiment « éradiquer » les thrips ?
Non. Et c’est même rarement un bon objectif au jardin bio.
Vouloir éradiquer les thrips, c’est partir dans une logique de guerre permanente contre le vivant. Or le jardin n’est pas une salle blanche. Il accueille des insectes, des acariens, des champignons, des bactéries, des oiseaux, des vers, des araignées, et tout ce petit monde ne demande pas notre avis pour exister.
La vraie question est plutôt : les thrips provoquent-ils un déséquilibre gênant ? Si la réponse est non, on observe. Si la réponse est oui, on agit avec mesure. On limite les dégâts, on aide la plante, on corrige les conditions favorables, puis on laisse les auxiliaires reprendre leur place.
Cette approche demande un peu de patience. Elle donne parfois moins l’impression de « faire quelque chose » qu’un traitement immédiat. Mais elle construit un jardin plus résilient. Et à long terme, c’est bien plus intéressant que de courir derrière chaque insecte avec un pulvérisateur.
A retenir
Les thrips deviennent surtout problématiques quand les plantes sont stressées et que les conditions leur sont favorables. Une intervention mesurée vaut mieux qu’une lutte systématique.
- Observez avant d’agir
- Corrigez les causes : chaleur excessive, air sec, stress hydrique
- Favorisez les auxiliaires et la diversité
- Réservez les traitements aux cas réellement gênants
Conclusion
Les thrips au jardin font partie de ces petits ravageurs qui méritent surtout de l’observation et du discernement. Ils sont minuscules, discrets, parfois agaçants, mais rarement ingérables si l’on intervient au bon moment.
Retenez surtout ceci : les feuilles argentées, les petits points noirs et les fleurs déformées doivent vous inviter à regarder de plus près. Si les dégâts restent limités, laissez le jardin travailler. Si l’attaque progresse, commencez par les gestes les plus simples : retirer les parties très touchées, améliorer l’arrosage, aérer la serre, poser quelques pièges bleus si besoin, et favoriser les auxiliaires.
Un jardin naturel ne cherche pas le zéro insecte. Il cherche l’équilibre. Et cet équilibre se construit avec des plantes vigoureuses, un sol vivant, de la diversité, de la patience, et une bonne dose d’observation. Les thrips peuvent bien faire les malins avec leur millimètre de long : dans un jardin vivant, ils ne gagnent pas toujours la partie.
Et vous, avez-vous déjà observé des thrips sur vos plantes, au potager, sous serre ou sur vos fleurs ? Vos retours d’expérience peuvent aider d’autres jardiniers à reconnaître le problème sans s’affoler.
FAQ – thrips au jardin
Que faire si les thrips reviennent chaque année sous serre ?
Commencez par revoir l’ambiance générale de la serre : aération plus large, ombrage en période chaude, arrosage plus régulier au pied et paillage du sol. Nettoyez aussi les supports de culture en fin de saison et surveillez les jeunes plants dès leur installation. Si la pression revient très fortement chaque année, l’introduction d’auxiliaires peut se réfléchir, mais seulement si vous n’utilisez pas de traitements incompatibles.
Les thrips attaquent-ils les tomates ?
Oui, les thrips peuvent attaquer les tomates, surtout sous serre ou en période chaude et sèche. Les dégâts se voient surtout sur les feuilles, avec des zones argentées ou ponctuées de petits points noirs. Une faible présence n’empêche pas forcément la récolte, mais une forte attaque sur jeunes plants ou plantes stressées demande une réaction rapide.
Peut-on manger les légumes touchés par les thrips ?
Dans la plupart des cas, oui. Les marques de thrips sont surtout des dégâts de surface. Éliminez simplement les parties trop abîmées, lavez les légumes et vérifiez que la plante ne présente pas de signes suspects plus larges, comme des déformations importantes ou des symptômes de maladie. Pour les légumes-feuilles très marqués, le tri est parfois plus simple que le sauvetage feuille par feuille.
Le savon noir suffit-il contre les thrips ?
Le savon noir peut réduire une petite population par contact, mais il ne suffit pas toujours. Les thrips se cachent dans les fleurs, les replis des feuilles ou les jeunes pousses, et certains stades échappent facilement à une pulvérisation. Il faut donc l’utiliser avec prudence, sur plantes adaptées, et surtout corriger les causes : chaleur, air sec, plantes affaiblies et manque d’auxiliaires.
Les thrips sont-ils utiles à quelque chose ?
Le mot « thrips » regroupe de nombreuses espèces, et toutes ne posent pas les mêmes problèmes. Certaines vivent discrètement dans l’environnement sans provoquer de dégâts importants. Au jardin, il vaut donc mieux raisonner en niveau de gêne plutôt qu’en élimination totale. Quand les dégâts restent faibles, la tolérance est souvent la meilleure stratégie.
Crédit photos : https://depositphotos.com/fr/






Bonjour,
Merci pour cet article et votre blog si précieux !
Petite question : mes basilics en pot sont tous attaqués, est-ce qu’à l’instar des légumes je peux tout de même en consommer les feuilles les moins touchées après nettoyage ?
Bonjour Clio,
Oui, bien sûr.