Comment apporter de l’azote aux plantes ?

Si vous apportez régulièrement des matières organiques diverses et variées, comme je le développe notamment dans Mon Potager au Naturel, vous n’aurez pas à vous soucier de l’azote… Il sera naturellement présent et disponible pour vos cultures.

Nous allons néanmoins, dans cet article, nous intéresser plus précisément à cet élément minéral indispensable aux plantes :

  • Pourquoi les plantes ont-elles besoin d’azote ?
  • Comment apporter de l’azote naturellement à vos cultures ?
  • Et pourquoi ne pas abuser de cet élément ?

Pourquoi les plantes ont-elles besoin d’azote ?

Les plantes ont besoin d’azote pour plusieurs raisons élémentaires :

  • Synthèse des protéines : l’azote est un composant vital des acides aminés (les constituants de base des protéines). Les protéines jouent un rôle essentiel dans la croissance cellulaire, la structure des tissus végétaux, et le fonctionnement des enzymes.
  • Photosynthèse : l’azote est un composant crucial des chlorophylles. Ces pigments verts permettent aux plantes de réaliser la photosynthèse (processus par lequel les plantes convertissent l’énergie solaire en glucose, qui est utilisé comme source d’énergie pour la croissance et le métabolisme).
  • Métabolisme : cet élément est également nécessaire pour de nombreux processus métaboliques vitaux dans les plantes, tels que la synthèse des hormones végétales et des coenzymes.
  • Croissance : un apport adéquat en azote favorise une croissance végétale vigoureuse. Il est particulièrement important pour la croissance des feuilles, des tiges et des racines.
  • Réponses au stress : l’azote joue également un rôle dans la capacité des plantes à répondre au stress, qu’il s’agisse de stress environnemental (comme la sécheresse ou les températures extrêmes) ou de stress biotique (comme les attaques de ravageurs ou de maladies).

En résumé, l’azote est un élément indispensable à la vie des plantes, car il est nécessaire à la synthèse des protéines, à la photosynthèse, au métabolisme et à la croissance.

Un approvisionnement adéquat en azote est donc essentiel pour la santé et le développement optimal des plantes.

Une carence en azote (à ne pas confondre avec la faim d’azote) se manifestera souvent par des symptômes tels que des feuilles jaunes, un ralentissement de la croissance et une sensibilité accrue aux maladies.

Comment apporter naturellement de l’azote aux plantes ?

Les matériaux organiques riches en azote

Une fertilisation organique est toujours préférable à une fertilisation minérale (même bio).

Car elle ne se contentera pas de nourrir la plante… En se décomposant, les matériaux organiques vont contribuer à la constitution d’un humus stable et donc enrichir également le sol.

Bonne nouvelle !

Les matériaux organiques riches en azote ne manquent pas.

Les déchets verts de cuisine ou du jardin, les tontes, les engrais verts (en particulier les légumineuses), les orties, les feuilles de consoude, le marc de café (à vérifier) sont autant de matériaux pouvant être épandus directement sur les planches de culture afin de l’enrichir en azote.

Les fumiers, et plus particulièrement les fientes de volaille, sont également des matériaux riches en azote.

Ces engrais azotés naturels issus de notre environnement proche sont à privilégier…

Toutefois, si vous ne disposez pas de ces matériaux naturels chez vous, ou à proximité, vous trouverez en jardinerie des engrais organiques azotés :

  • À effet “coup de fouet” (action rapide mais peu durable) : sang séché.
  • À effet plus durable (contribue à la formation d’humus) : tourteau de ricin (également utile pour éloigner les rongeurs du jardin… mais attention à la toxicité…), poudre de corne (particulièrement recommandée pour les arbres), guano (l’exploitation du guano pose d’importants problèmes écologiques).

Les engrais azotés naturels

En cas de carence avérée en azote, des engrais azotés liquides (effet coup de fouet) pourront y remédier rapidement.

Et là aussi, vous en avez à disposition ou pourrez en fabriquer vous-même :

N’abusez pas de l’azote !

Si les plantes ont besoin d’azote pour se développer, un excès d’azote peut également être nuisible… Et, même si cela est plus particulièrement vrai avec des engrais chimiques (concentration de l’azote), les excès sont aussi possibles avec des engrais azotés naturels (surtout liquides).

Voici quelques conséquences potentielles d’un excès d’azote sur les plantes, les sols et les écosystèmes :

  • Un excès d’azote est toxique pour les plantes. Il peut entraîner une accumulation excessive de nitrates dans les tissus végétaux. Ce qui perturbera le métabolisme et provoquera des dommages cellulaires.
  • Lorsque les plantes ne peuvent pas absorber tout l’azote présent dans le sol, cet élément sera lessivé par les précipitations et se retrouvera finalement dans les cours d’eau, les lacs et les nappes phréatiques. Les excès d’azote dans l’eau sont fréquemment source de prolifération excessive d’algues, un phénomène connu sous le nom d’eutrophisation. Cela a pour conséquence une diminution de la qualité de l’eau et la perturbation des écosystèmes aquatiques.
  • Dégradation des sols : l’excès d’azote peut perturber l’équilibre des nutriments dans le sol, avec pour possible conséquence une acidification du sol, diminuant sa capacité à retenir l’eau et à fournir des nutriments essentiels aux plantes. De plus, un excès d’azote peut contribuer à la perte de matière organique dans le sol, affaiblissant sa structure et sa fertilité à long terme.
  • Un excès d’azote peut également entraîner une réduction de la biodiversité. Des espèces végétales et animales sensibles à l’azote étant évincées par des espèces plus tolérantes).
  • L’utilisation excessive d’engrais azotés peut contribuer aux émissions de gaz à effet de serre, tels que le protoxyde d’azote (N2O), un puissant gaz à effet de serre. Le N2O est produit par des processus microbiens dans le sol en réaction à l’excès d’azote. Il contribue au réchauffement climatique et à la destruction de la couche d’ozone.

En résumé, un excès d’azote peut avoir des effets dommageables sur les plantes, les sols, les ressources en eau et les écosystèmes, ce qui souligne l’importance d’une gestion équilibrée et judicieuse de cet élément…

Les équilibres… un axe central de Mon Potager au Naturel

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Carine
Carine
24 février 2024 21 h 24 min

Superbes articles que je suis avec beaucoup de plaisir. Conseils judicieux pour mon potager. Merci beaucoup.

Région
Belgique
Nicolas
Nicolas
14 février 2024 16 h 17 min

Bonjour,
Aujourd’hui, on est obligé de faire du compostage et je trouve ça très bien. Mais quand est-il des épluchures de bananes et autres légumes avec des traitements ?

Région
Pays de Loire 85
Jean Toussaint Fattaccioli
Jean Toussaint Fattaccioli
10 février 2024 15 h 30 min

Lorsqu’on respecte le fonctionnement de la nature, Les plantes, via les exhudats racinaires et microbiens extraient des silicates de l’azote sous forme soluble ( nitrate et aussi parfois ammoniacal ) disponible dans la solution du sol, en fonction de ses propres besoins, donc UNIQUEMENT ce qui lui est nécessaire pour son métabolisme.
C’est ‘la mobilisation active des nutriments par les plantes’ Edwin Scheller

Jean Toussaint Fattaccioli
Jean Toussaint Fattaccioli
10 février 2024 10 h 19 min

En agriculture on parle beaucoup du carbone.
Mais le nerf de la guerre, c’est l’azote.
Pas n’importe quel azote, sous n’importe quelle forme.
L’azote inerte est présent dans l’atmosphère ( 80%)
Des 20 % restants une grande partie est incluse dans l’humus, sous l’action des bactéries libres ( azotobacters) et des bactéries dans les nodosités racinaires des légumineuses.
Les micro organismes transforment ensuite l’azote de l’humus en nitrate, absorbé par le système racinaire pour former des protéines.
L’azote est un composant des enzymes, protéines, vitamines, hormones, primordiaux pour notre santé ( et pour les animaux aussi )

Région
Corse
Martine
Martine
10 février 2024 9 h 09 min

Bonjour Gilles,
“Mon potager au naturel” et vos formations sont devenus mes bibles et je retrouve dans vos conseils le bon sens qui semble quitter de plus en plus cette planète.
Mes voisins les chats et mon chien sont trop bien dans le potager, et j’ai abandonné le paillis de déchets direct, ils adorent l’étaler partout. J’ai opté pour le compost que je fais depuis quelques années avec un peu de tout (déchets de cuisine, feuilles, branches broyées,…), et je l’étale, bien mûr directement sur mes planches, arbres, massifs,… Puis je paille avec du foin. J’ai toujours un problème avec les chat, mais votre article de la semaine dernière m’a donné une idée, je vais voir si ça marche cette année.
Je n’ai pas encore suffisamment de recul pour juger dans le potager (démarré l’année dernière), mais malgré une concurrence féroce avec les punaises vertes, je suis assez contente de mes récoltes. Pour les arbres et massifs, plus anciens, ça semble leur réussir.
J’ai aussi eu des attaques de mildiou et oïdium sur les tomates et courges, mais n’étant pas une adepte des traitements, même naturels, j’ai laissé faire et après un petit mois, mes tomates ont refait des pousses saines et les courges ont continué à donner.
Je ne gagnerai pas le concours des plus gros légumes, mais j’en ai eu suffisamment pour remplir nos assiettes. Je redémarre cette saison plus confiante que jamais.
Merci encore de partager votre expérience avec nous.
Très bonne journée.

Région
Dordogne
Roland
Roland
10 février 2024 7 h 13 min

Bonjour Gilles,

Comment peut on mesurer le taux d’azote dans notre jardin.
Comment je peux savoir si il faut en rajouter ou pas.
J’ai étalé du fumier de cheval dans mes bacs, dois-je l’enterrer pour avoir plus d’efficacité ou le laisser en surface.
D’avance merci Gilles,
Bonne continuation,
Roland

Région
Drôme 26
MJ
MJ
10 février 2024 15 h 09 min
En réponse à  Roland

Le témoin “zéro azote”: vous pouvez faire votre propre test en cours de saison en délimitant sur une culture choisie(non légumineuse), une zone fertilisée normalement et une autre où vous n’apporterez rien (et pourquoi pas une troisième zone avec une autre modalité). Vous aurez directement, avec un peu de patience et d’observation, un résultat de l’autofertilité de votre sol dont découle la nourriture en azote de vos plantes. C’est beaucoup pratiqué maintenant pas les agriculteurs en conservation de sols.

Région
Normandie
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