Devenir Maraîcher Bio en 2015

Vous rêvez de vous installer en maraîchage biologique ?

Vous êtes loin d’être seul(e) dans ce cas, comme je peux le constater très fréquemment à travers ce blog.

Je vous propose donc un petit tour de la question, afin de mieux cerner les tenants et aboutissants du métier de maraîcher bio

Une réponse à des besoins existants

Au début du XXème siècle, en France, les agriculteurs représentaient environ 50% de la population active. Aujourd’hui, ce taux est de…3.3 % (5.3 % en Europe).

Source :  http://www.lafranceagricole.fr/l-agriculture/panorama-de-l-agriculture/population-agricole-19829.html

Pour nourrir toute la population, ces agriculteurs n’ont dès lors d’autre choix que le productivisme, avec les conséquences sur la qualité et bien sûr sur l’environnement qu’un tel mode de production implique.

Au-delà du renouveau du potager familial, il me semble donc aujourd’hui impératif d’encourager et de favoriser l’installation d’une multitude de maraîchers de proximité.

Nous venons de le voir la France a besoin d’agriculteurs.

Le premier étal d'Agathe (automne 2014)
Le premier étal d’Agathe, nouvellement installée dans la Creuse (automne 2014)

Et nombreux sont ceux et celles qui aujourd’hui rêvent de s’installer sur de petites surfaces comme maraîchers bio. Et je ne peux qu’encourager et soutenir ce mouvement.

La demande est importante : les gens souhaitent de plus en plus consommer naturel, frais et local. Et le souci de celui qui s’installe en choisissant la vente directe ne sera pas vraiment de trouver la clientèle, mais plutôt de produire suffisamment pour répondre aux besoins…

Alors oui, nous avons besoin d’une multitude de petits maraîchers de proximité (il pourrait évidemment en être de même pour l’élevage). Et oui, cette activité peut être viable !

 

Une activité épanouissante

Alors, certes, celui ou celle qui s’installe en maraîchage sur une petite surface n’aura pas pour objectif de s’enrichir. Mais il fera alors un vrai choix de qualité de vie.

Le travail au grand air

Travailler en extérieur n’a pour moi pas de prix.

Respirer, observer et sentir la Nature au fil des saisons est une joie et un ressourcement quotidien indispensable à mon équilibre… et sans doute à celui de tout un chacun.

Une activité indépendante

Pouvoir gérer son temps et ses loisirs est aussi un véritable privilège.

Et, même si une telle activité requiert un investissement personnel important, je suis heureux de pourvoir m’organiser comme bon me semble, au gré de la pluie et du beau temps ou de mes souhaits familiaux par exemple.

Une évolution permanente

L’agriculture biologique est en constante évolution. Certaines pratiques sont remises en question, d’autres apparaissent…

L’expérimentation constituent ainsi un pan important du maraîchage biologique, et c’est bien là ce qui rend cette activité passionnante.

Une activité gratifiante

Il est toujours très réjouissant d’entendre une maman vous dire que ses enfants mangent enfin des légumes depuis que vous livrez sa famille.

Et mon cœur bondit de joie lorsqu’un enfant se jette sur le panier de légumes pour y dérober une petite carotte !

De même, lorsqu’une personne âgée m’affirme qu’elle n’avait pas mangé de légumes aussi bons depuis son enfance, je suis vraiment fier d’exercer ce métier.

 

Les difficultés existent

Il ne faut pas non plus se leurrer, une telle entreprise n’est pas sans difficultés… alors mieux vaut en avoir conscience avant de se lancer.

La formation

Le métier de maraîcher bio requiert certaines connaissances de bases. Et, même s’il est tout à fait possible d’apprendre en autodidacte, des cursus de formations existent : formations diplomantes pour les débutants ou non (voir ici), formations pratiques sur des fermes biologiques (ferme de Sainte-Marthe par exemple).

biodiversité-au-potagerL’accès à la terre

La première difficulté à laquelle sera confronté le candidat à l’installation (si celui-ci n’est pas issu du milieu agricole) est, sans conteste, l’accès à la terre.

En effet, il est beaucoup plus rentable de rendre une terre constructible et la pression sur les terres agricoles est donc très forte. Il devient alors de plus en plus difficile d’acquérir un bout de terrain pour s’installer en maraîchage biologique…

Néanmoins, conscientes de l’importance d’une agriculture de proximité, de plus en plus de communes ou d’associations  locales mettent des terres à disposition des porteurs de projet.

Parlons également de Terre de Liens, une fondation qui oeuvre  pour l’acquisition de terre destinées à l’agriculture biologique. Malheureusement, si l’objectif est louable, on peut déplorer que le nombre de projets soutenus soit dérisoire par rapport à l’enveloppe d’investissement disponible…

L’administration

Je n’entrerais pas ici dans le détail des aléas administratifs (je crois d’ailleurs que je n’en ai pas encore fait le tour), mais sachez que s’installer sur une petite surface est un véritable parcours du combattant au niveau de la sécurité sociale.

En effet, en dessous d’une certaine surface (SMI) variable selon les départements, la MSA (Mutualité Sociale Agricole) ne vous considère pas comme agriculteur et ne vous ouvre pas de droit en matière de sécurité sociale (mais vous réclame néanmoins une cotisation, certes minime). Il faut alors se débrouiller autrement (harceller la CPAM, travail salarié ponctuel pour ouverture de droits, cotisation auprès d’organismes privés…).

Les investissements de départ

sol-ameubli-gelinetteMême si les investissements peuvent être relativement minimes pour une installation sur une petite surface, et à fortiori dans une optique de permaculture (pas ou très peu de mécanisation), il n’en demeure pas moins que certains achats initiaux seront indispensables :

Les contraintes de travail

Avant de s’installer en maraîchage biologique, il est également indispensable d’avoir pleinement conscience de la charge considérable de travail liée à cette activité.

Une bonne condition physique est évidemment impérative. Et, si les conditions climatiques sont agréables au printemps ou en automne, c’est parfois beaucoup plus difficile en été (fortes chaleurs) et surtout en hiver…

Oubliez enfin les horaires fixes, oubliez les vacances en été (bon je dis ça mais aujourd’hui je m’autorise une petite semaine en fin d’été…),

 

Bon, malgré tout cela vous n’êtes pas découragé(e) ? Alors, foncez ! Vous avez la motivation nécessaire pour devenir maraîcher bio !

Liens utiles :

L’Agence Bio, Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique

Ecocert, organisme de certification agrée

Fnab, Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique

 

Lectures utiles :

 

 

  • Bonjour Gilles,
    Super article que j’ai dévoré 🙂 Je trouve le sujet très intéressant que l’installation en maraichage mais n’y a-t-il pas une surface minimum pour être accepté ?

    J’ai un ami de la région qui est justement en train de s’installer et il m’expliquait le cursus de formation et l’accompagnement qui je l’avoue semble très motivant !

    En dehors de cela, il est vrai qu’il est très intéressant en tant que consommateur de trouver à proximité des fruits et légumes bio 😀 Merci à toi et à très bientôt
    Amicalement
    Yannick Hirel

  • Salut Yannick,
    Merci pour ton commentaire.
    Il y a en effet une surface minimale (la SMI dont je parle dans l’article) pour avoir le statut d’exploitant agricole.
    Mais on peut très bien s’installer avec une surface inférieure (mais d’au moins 1/10ème de SMI si je ne me trompe pas) avec le statut de cotisant solidaire…
    Je ne peux donner de chiffre car cette fameuse SMI est variable selon les départements.
    Amitiés,
    Gilles

    • Bonjour Gilles,

      En fait, la loi d’avenir de l’agriculture a fait disparaître cette notion de SMI au profit d’une notion d’activité minimale.
      Mais comme le diable se cache dans les détails, les chambres d’agriculture ont obtenu la création d’un répertoire des actifs. Ce seront donc elles qui décideront qui est ‘exploitant agricole’ ou pas (avec la possibilité d’attribution d’aides qui va avec, entre autres)…
      Toujours est-il qu’il y a d’autres statuts possibles que ceux d’exploitant agricole et de cotisant solidaire (qui n’est pas réellement un statut vu le peu de droits qui y sont associés).
      Bonne continuation à tous les candidats à l’installation,
      Jérôme, jardinier-maraîcher (49) et administrateur d’un espace-test agricole

  • Bonjour Nathalie,
    merci pour votre article.
    Pour ma part en reconversion depuis près de 2 ans vers le maraîchage bio, j’ai fait la formation à Sainte-Marthe au printemps 2013. J’habite encore la région parisienne mais je travaille sur un projet d’installation dans ma région d’origine, le Berry.
    En effet, même si je n’ai pas le problème du foncier puisque j’ai répondu à l’annonce du maire d’un village qui prête la terre, reste quand même beaucoup de choses à voir avant de planter quoi que ce soit. Trouver des partenaires, des aides à droite à gauche pour l’investissement car il faut creuser un puits, construire un bâtiment, acheter tout le matériel, trouver de quoi vivre pendant la phase d’élaboration de projet ainsi que pendant la phase de démarrage…
    J’ai bien envie de tout faire à la main mais je vois des exemples de gens comme moi qui se sont lancé et qui regrettent ce choix, qui se disent qu’ils auraient mieux fait de prévoir au moins un micro tracteur, les outils qu’on attache derrière, un motoculteur etc. Et en effet quand j’essaie de faire un budget on me dit d’y inclure ces machines! Mais autant je connais pas mal le travail à la main, autant je ne connais pas les engins. Savoir de quoi on a besoin avant de démarrer n’est pas chose facile.
    Et en effet la forme juridique à adopter est à étudier avec soin en se donnant la possibilité d’évoluer.
    Donc voilà je prends mon bâton de pèlerin, je le tiens bien car dorénavant c’est ce métier qui a le plus de sens pour moi.
    J’espère que plein d’autres vont s’y mettre!
    Merci encore.
    Nathalie

  • Bonsoir Nathalie,
    Merci pour ce témoignage très intéressant, et qui me donne l’occasion d’apporter quelques petites précisions…
    Je pense aussi qu’un minimum de mécanisation est nécessaire. Pour faire simple, je dirais que pour une surface inférieure à 3000 m2 un motoculteur est suffisant ; au delà, un tracteur sera bienvenu.
    Que ce soit avec l’un ou l’autre, 2 outils attelés me semblent importants :
    – un cultivateur (canadien) qui permettra de préparer grossièrement la terre (sans la retourner- contrairement à une charrue) ;
    – un outil rotatif pour affiner en vue des semis directs et intégrer le compost ou autres apports organiques.
    Pour une surface plus conséquente, il faudra aussi envisager l’acquisition d’un épandeur à fumier, voire d’une remorque…
    Cela dit, je connais aussi pas mal de maraîchers regrettant d’avoir acquis trop de matériel au départ, et donc de s’être endettés au-delà de leurs capacités de remboursement…
    Une question à bien réfléchir donc !
    Je vous souhaite la réussite dans votre projet.
    Cordialement,
    Gilles

    • Re,
      Je me ‘contente’ pour ma part d’une fraise afin de faire (et redresser) mes planches permanentes. Ce qui n’a pas empêché le recours à un tracteur de forte puissance avec une déchaumeuse pour préparer le terrai (friche de jeunes chênes et de ronce…).
      Mon meilleur ‘outil’ : les vers de terre, et une bâche à ensilage pour leur servir de toit.
      Je cultive 4000 m2, de terre sablo-argileuse. Ce qui précède n’est donc pas valable n’importe où, et le travail manuel que cela suppose est assez conséquent les premières années.
      L’ingrédient principal de la recette que j’ai adoptée : y aller à petits pas…
      Jérôme

  • Bonjour Gilles et tous mes vœux pour cette nouvelle année.

    Sans parler de formation de maraîcher, je dois dire que j’ai bénéficié, en 2014, de l’aide que tu proposais par l »Espace Privilège » à travers lequel tu m’as donné un tas de bons conseils pour mon potager et mon verger.

    Je t’en remercie.

    Amitiés. Yvon.

  • Bonjour Gilles,
    Merci pour cet article plein de bons conseils pour devenir maraîcher bio. J’avoue que l’idée m’a effleuré plus d’une fois. Pourtant, comme tu le dis en début d’article, les consommateurs reviennent massivement aujourd’hui vers les produits naturels donc la demande est là.
    Espérons que ton article va susciter des vocations!
    Ludo

    • Bonjour,
      maraicher bio installé depuis 5 ans. Désolé de casser le rêve de beaucoup mais il est nécessaire de « montrer la réalité du terrain ». non, les consommateurs ne se jettent pas sur nous, même en bio.
      non, jardiner pour se faire plaisir ne permet pas d’en vivre (même d’amour, d’eau fraiche et de qq légumes … çà ne permet pas de payer les factures primaires de graines, plants … eventuellement d’investissements de matériels et/ou foncier. non, on ne choisit pas son « planning » : de mars à fin septembre, un minimum de 70 à 80H/sem pour 1 personne sur 1 ha est nécessaire (et encore! 100H/7 jours = 14h/ jours … et ce n’est pas rare en pleine saison. Pour ma part, je me suis lancé comme beaucoup d’entre vous pour une qualité de vie. je ne regrette rien!!! mais avec le recul et qq années d’expérience, je sais que seul 25% d’entre vous survivront aux 5 premières années. donc avant de vous lancer prenez au moins le temps de faire une saison (mars=>septembre) chez un maraicher. çà permets de se tester (notamment physiquement), d’apprendre, et d’ainsi de profiter ensuite pleinement de ce métier magique, à condition de ne pas être « pris à la gorge » financièrement ». bonne installation à ceux qui se lance! 🙂

      • Bonjour Florent,

        Ton témoignage est intéressant et je partage totalement ton conseil de faire si possible une pleine saison chez un maraîcher avant de s’installer.
        Mais il reflète « ta » réalité… pas « la » réalité.
        En tout cas, pas celle qui était la mienne au bout de 5 ans de maraîchage (je faisais alors max 50h/semaine avec un jour de repos… et la sieste en début d’après-midi)
        A mon sens, 1 ha est une trop grande surface pour une personne seule ; avec, pour conséquences des investissements relativement importants et une charge de travail énorme ne permettant pas de mener à bien toutes ses cultures de A à Z.
        J’ai cultivé personnellement jusqu’à 8000 m2, et ce fut ma plus mauvaise année en terme de bénéfice. Je suis donc revenu à environ 4000 m2 de surface cultivée, avec des charges de production très minimes (pas ou très peu de motorisation, auto-production de la totalité de mes plants, reproduction d’une partie des semences, compost maison, traitements à base de plantes…) et une production et donc un CA supérieurs (mieux vaut se consacrer pleinement à une petite surface qu’être débordé par une grande).
        Par ailleurs, j’ai toujours misé sur la qualité gustative de mes légumes (donc que des variétés anciennes, aucune hybride) et la diversité (pour faire découvrir de nouvelles saveurs et varier les plaisirs). Et de fait, je devais tous les ans refuser de nouveaux clients (venus à moi par bouche à oreille) pour le système de panier que j’avais mis en place, faute de pouvoir produire suffisamment. Donc, oui, la demande est importante.
        Très sincèrement, et en toute bienveillance, je pense qu’il te faudrait revoir quelque peu ton organisation générale pour une meilleure efficacité et une vraie qualité de vie (car franchement, la qualité de vie en travaillant toute la journée et 7j/7…)
        Bon courage.
        Gilles

  • Merci Gilles pour cet article.
    Je pense aussi qu’il faut que le maraîchage bio se développe. Bien trop souvent, pour acheter un produit bio, on se retrouve avec un légume ou un fruit produit à des 100 de km. Bonjour le bilan carbone!
    Je pense aussi qu’il faut penser au débouché très vite. A mon avis, les AMAP peuvent être une solution mais le système des paniers « imposés » est une contrainte. Pas de libre choix des produits. J’ai un couple d’amis qui a quitté le système, en tant que client, car ils en avaient marre de manger du chou pendant des semaines par exemple. Une des solutions est, à mon avis, un regroupement de producteurs bio qui propose à la clientèle un point de vente tenu à tour de rôle , avec un libre choix.
    Il faut aussi des produits de bonne qualité. Mes tomates (en tant que jardinier amateur) sont meilleures (et beaucoup moins chères) que celles proposé par le producteur bio du coin. Ces dernières n’avaient aucun goût malheureusement.
    Faire des produits bio de qualité en respectant la nature et en vivant au milieu de celle-ci, un beau projet non ?

  • Bravo pour cet article Gilles !
    Bien que je débute, il décrit parfaitement ce que je vis au quotidien ! Comme tu l’expliques si bien, les difficultés existent mais pour ma part le fait de travailler en pleine nature et d’être mon propre patron me fait oublier le reste.
    Et puis, quoi de plus gratifiant que de bien nourrir les autres, et d’entendre mes consommateurs me féliciter sur les saveurs de mes légumes !
    Merci pour ton accompagnement cette année, et merci d’avance pour celui de cette année, qui va inaugurer ma première collaboration avec un restaurateur !!
    A très bientôt
    Agathe

  • Bonjour Gilles, bonjour à tous les contributeurs
    Bravo et merci pour ce blog dont je découvre tous les intérêts depuis quelques jours.
    Je suis passionné par la production de légumes, le travail de la Terre. Je m’attache pour l’instant à permettre à ma petite famille d’être autonome dans sa consommation de légumes grâce à une parcelle d’environ 300m².
    Outre les difficultés administratives qui me rebutent pour me lancer en tant que maraicher « professionnel », des témoignages recueillis dans mon entourage m’ont également alerté sur la masse de travail nécessaire une fois installé. On m’a même dit plusieurs fois que « le maraicher et le plus overbooké des fermiers : pas de vacances, pas de week-end… ». Quand je vois l’urgence permanente dans laquelle vivent certains de mes amis éleveurs, ça ne me donne pas du tout envie.
    Cependant, quand je lis tes articles et les témoignages de certaines personnes dans les commentaires, je ne perçois pas cet aspect si contraignant du métier.
    Peux-tu nous en dire plus sur ta charge de travail?
    Merci!

    • Bonsoir Aurélien,

      Alors, il ne faut pas se mentir. Oui, la charge de travail est importante !
      Cela dit, si l’éleveur ne peut se permettre de prendre son week-end, et encore moins de partir en vacances – les animaux ont besoin de soins tous les jours (quoique des services de remplacement se développe dans cette profession), pour le maraîcher c’est possible… avec une bonne organisation.
      On a également une période hivernale plus tranquille (juste les récoltes et la distribution… ce qui laisse du temps libre).
      Pour ce qui me concerne, lorsque j’ai débuté, je travaillais 7 jours sur 7 de mars à octobre et un petit peu moins en hiver… bon, cela marche un temps, puis on arrive à saturation, sans être finalement plus efficace, car on finit par manquer d’énergie.
      Aujourd’hui, je ne travaille jamais le dimanche et m’autorise parfois un jour de repos (ou une 1/2 journée) en plus dans la semaine. Sans parler de la sacro-sainte sieste du début d’après-midi en été… Indispensable !
      Et je m’accorde même une semaine de vacances en fin d’été ! Et franchement, en hiver, je me la coule douce (3 petites journées de travail par semaine en moyenne)
      Bon, cela reste un rythme relativement soutenu par rapport à un travail salarié, mais ça va. Et pour moi, la liberté de m’organiser comme bon me semble n’a pas de prix !
      Mais, je le répète, tout est question d’organisation – bien planifier ses travaux, ne jamais se déplacer les mains vides… et avec l’expérience on devient plus efficace – mais aussi de choix de vie (le travail n’est pas tout : il faut aussi se préserver).
      Allez, bon courage pour ton potager familial (300 m2, c’est déjà une belle surface)… et bienvenue dans la confrérie des maraîchers si un jour tu en viens à franchir le pas !
      Cordialement,
      Gilles

  • Bonjour Gilles
    Article très intéressant, je crois que la situation pour la MSA a bougé assez récemment (il faut juste des heures, pas une surface ou un CA minimum, en tout cas ma mère a pu s’installer en maraîchage dans le 35 avec une surface et un CA minuscule sans problème).
    Un point que tu ne soulève pas est le mode de vente. Il y a une forte progression des modes de commande dématérialisés. Je pense surtout aux outils qui sont disponibles pour les groupements de producteurs et individuels et permettent de gérer la prise de commande.
    As tu entendu parler de ces outils ? Panier local (surtout pour les groupements), Cyberlégume (pour les individuels), cagette.net (pour les amap) ..
    Ça serait intéressant que tu aborde ce sujet, ces logiciels peuvent beaucoup simplifier (ou compliquer) le coté commerciale, et sont relativement méconnus dans le milieu.

    PS : Je suis le développeur de cyberlégume, donc ce poste est pas tout à fait objectif, mais je tiens à préciser que les autres sont très bons aussi. Cyberlégume a été créé pour répondre au besoins de ma mère qui s’en sortait pas avec les commandes de légumes par mail avec fichiers excel en pièce jointe.

  • Bonjour tout le monde ,
    Et bien je m apprête a me lancer comme maraichers bio dans mon village car très entourés par d autre petit village;Une très grande motivation m envahit 🙂 mais toujours le fameux Mais , je ne sais comment je dois m installé en auto entrepreneur ou autre un peu perdu dans tout cela.Je viens a vous pour avoir certains conseilles , merci d avance.
    Laurent

    • Bonjour Latinis,

      Alors, le statut d’auto-entrepreneur n’est pas possible en agriculture…
      Donc, soit tu t’installes en entrepreneur individuel (c’est le plus simple mais tu engages alors tes biens personnels), soit tu crées une société (EURL, SARL…).
      Ensuite, pour ce qui concerne la protection sociale, en fonction de ton temps de travail (il n’est à priori plus question de surface d’installation…) soit tu seras cotisant solidaire (tu cotises peu… mais sans acquérir de droits), soit exploitant agricole (charges conséquentes).
      Mais pour plus de précisions, je te conseille de prendre rendez-vous avec un responsable installation de la Chambre d’Agriculture de ton département (dans beaucoup de départements, il y a aujourd’hui une personne spécialisée pour l’installation en bio).

      Cordialement,
      Gilles

      • Re ,
        Ok merci pour toutes ses infos cela me fait gagner du temps.Y a t il des structures pour des aides financière , merci mais effectivement je vais prendre au plus vite un rendez vous merci encore.
        Cordialement
        Laurent

  • Bonjour, je commence cette année 4000m2 plein champs en culture diversifiée. Une remarque et puis une question sur les pesticides bio.

    Attention à la certification bio. Ecocert me refuse de passer direct en bio car je les ai appelé après avoir travaillé le sol. Ancienne pature puis friche pendant 5 ans. Ils refusent toutes preuves (analyse de sols, photos, terrain non soumis a la msa, témoignage du maire,…). En fait ils n’en n’ont rien à foutre du bio. Ils respectent aveuglement la loi avec excès de zèle (ils m’ont même dit que je pouvais utiliser le fumier de mon voisin conventionnel, antibio, traces d’ogm et pesticide, puisque c’est autorisé). Sol travaillé avant passage du certificateur=conversion obligatoire pendant deux ans, pas de label pdt 2 ans. Attention donc si vous prenez un terrain vierge, le certificateur doit voir les ronces ou les herbes de la prairie si vous voulez espérer être direct en bio.

    Ceci étant, en dehors des limaces, tous mes premiers radis sont magnifiques mais verreux, mes deuxième radis qui poussent sont tous piqués au stade cotylédons par des altises et des centaines de teignes tournent autour de mes plateaux de transplants de choux. Très belle diversité du terrain, des centaines de grenouilles, des crapauds, couleuvres, carabes, hérissons, … beau bocage normand. Mais il va falloir que je pense pesticides.

    Est il possible de cultiver avec succès sans filet anti-insectes et sans pyrèthre ou maladies style bt??? Vais-je devoir systématiquement pulvériser mes carottes, brassicacées, … si je veux pouvoir être rentable???

    Il me semble que le sujet est très discret. Je crois savoir pour le pyrethre que la biodégradabilité est rapide (mais tue tout animal à sang froid), je suppose que pour les maladies style bt ca se répand à tous les insectes de mon terrain. En gros, non toxique pour l’homme mais bien pour la nature.

    Utilise t’on ces bio-pesticides systématiquement en maraichage bio?? Merci de m’éclairer.

    • Bonjour Olivier,

      Une période de conversion est la norme ; mais on peut avoir une dérogation et passer en bio directement si le sol n’a pas été travaillé… oui, il faut le savoir.
      Mais cela ne veut pas dire qu’Ecocert, ou autres organismes de certification, se fichent du bio. Ils ne font que respecter les réglementations.
      Après, il faut être précis : le fumier est autorisé, à condition de provenir d’élevages dits extensifs (et n’utilisant pas d’OGM…) et d’être composté. Si il y a des traces d’OGM accepté c’est uniquement par contamination accidentelle, jamais volontaire !

      Quant aux pesticides, même bio, je les déconseille fortement, car on nuit alors inévitablement à la biodiversité et donc aux équilibres naturels – Et c’est là la base de la réussite des cultures… sans traitement – tu auras inévitablement quelques échecs, mais la diversité des cultures en terme d’espèces et de variétés permet, si tu travailles en pleine intelligence avec la Nature, d’être « rentable » (plus que si tu dois acheter des produits de traitement). Les filets anti-insectes sont une solution efficace mais onéreuse.
      Alors, oui, on peut cultiver sans pesticides et sans filet (c’est ce que je fais depuis des années)…
      Et je dirais même que c’est la seule approche cohérente et réellement bio ! Traiter systématiquement n’est pas plus bio que ce que tu dénonces dans ton commentaire…
      Mais le sujet est évidemment beaucoup plus vaste et complexe que ce que je peux dire ici.

      Bonne installation
      Gilles

  • Bonjour Gilles,

    C’est très agréable de lire le témoignage et les conseils de quelqu’un qui, sans nier la charge de travail et les nombreuses difficultés, reste motivé et ne décourage pas les bonnes volontés.
    Cela-dit, il y a un point qui, si je ne me trompe pas, n’est pas abordé sur ce blog: les revenus du maraicher.
    Je pense sérieusement à une reconversion en agriculture (vigne, verger et/ou maraichage).
    J’ai acquis récemment une maison avec un terrain agricole de 2000 m2 planté de quelques cerisiers (je suis dans le Vaucluse). Je sui marié et père de trois enfants en bas age. Je m’interroge donc sur les possibilités de revenus que peut offrir les maraichage.
    Bien évidemment, les revenus diffèrent selon les caractéristiques de l’exploitation (taille, moyens matériels…). Mais sur une petite surface, en travaillant seul, quel est le revenu envisageable au bout quelques années ?
    Je dois garder la tête sur les épaules et rester prudent pour ma famille.

    Encore merci pour tes infos
    Nicolas

    • bonjour,

      pour répondre à ta question, je suis dans le même cas que toi mais avec plus de terrain et un peu plus avancé dans le projet d’installation en maraichage.
      tout d’abord tu vs devoir demander une autorisation d’exploitation à la DDTM qui te sera donnée soit sur la foi d’un diplôme en agriculture, d’une VAE avec expérience agricole, ou sur dérogation. Ensuite tu vas devoir choisir d’être agriculteur à titre principal ou secondaire. Dans ton cas vu ta surface et à moins de ne prouver plus de 1200 heures annuelles de travail tu ne pourras pas être agriculteur à titre principal.
      Pour finir, sans vouloir freiner tes ambitions, il me semble que 2000 mètres carrés de terre agricole, avec des arbres fruitiers implantés dessus, ne te permettront probablement pas de dégager un revenu pour faire vivre ta famille.
      la « norme » pour des maraichers vivant exclusivement de leur travail (revenu familial), est aux alentours de 1 Ha à 1.5Ha, avec 10 à 15% de serres froides.
      Après, ton revenu dépendra non seulement de ton sol, de ta production (en qualité et quantité), mais aussi et surtout de tes débouchés pour la vente.

      Bon courage à toi et n’hésite pas à prendre contact avec le PAIT de ta chambre d’agriculture qui saura te conseiller et te guider dans ta démarche d’installation.

    • Bonjour Nicolas,
      La réponse de notre « maraîcher en cours » est l’occasion pour moi de répondre également à une question bien délicate…
      Car on ne peut faire de généralités au sujet des revenus des maraîchers. Certains tirent un vrai revenu (je parle de plus ou moins un SMIC) avec seulement 2000m² (orientation permaculture, agriculture bio-intensive sur petite surface… bonne valorisation de la production), d’autres non…
      De même, avec 1ha ou plus, certains s’en sortent alors que d’autres n’arrivent jamais à rentabiliser leur travail (investissements matériels en général conséquents, moins bonne valorisation de la production car difficulté à faire de la vente directe avec une charge de travail très importante…).
      Et la norme dont parle « maraîcher en cours » est celle que voudraient voir se développer les chambres d’agriculture (avec les investissements conséquents dont on parle plus haut)… mais on voit de plus en plus de jeunes installés sortant de cette norme… et tirant pourtant leur épingle du jeu…
      Bref, à mon sens, ce qui compte en premier lieu, c’est d’agir en accord avec ses convictions profondes et ses compétences (en mécanique par exemple…).
      Pour ce qui concerne la surface officielle, cela dépend des départements… et dans certains départements, le CA peut aussi être pris en compte… Il te faut donc en effet voir cela avec la chambre d’agriculture de ton département.
      Pour finir, je dirais que, comme pour toute création d’activité, une projection financière est impérative (investissements, coûts de production, estimation de CA en chiffrant les différentes production…)
      Bonne réflexion…
      Gilles

  • Salut à tous,afin de débuter le maraichage sans trops de tracasserie administratives et de cotisations « à perte  » du statut de cotisant solidaire,il existe un statut à la MSA de « suivi au titre de »:moins de 1/8 de SMA et d autres conditions + numéro siret au CFE .Renseignez vous,cela m a permis de débuter une petite activité de production de potimarrons à coté de mon activité professionnelle afin de tester si c’était viable ou pas sans prendre beaucoup de risques et sans rien devoir à personne

  • Bonjour Gilles,
    Actuellement salariée dans une entreprise lucrative, je pense de plus en plus à me reconvertir, passer le cap’ et m’installer en maraîchage biologique. Comme le faisait mon grand père.
    Votre article apporte beaucoup de réponses, les difficultés que vous énoncez ne m’effaraient pas malgré mon âge. Seulement j’aurai aimé savoir quel est approximativement le montant que vous avez du investir au départ, sans compter le terrain. Ceci est peut être indiscret, ou difficile à déterminer, mais je tente tout de même.
    Bonne journée,

    • Bonjour Alex,
      Ce n’est pas vraiment indiscret… mais ça n’a pas grande valeur… selon le projet (surface, modes de cultures, choix de cultures, moyens de commercialisation, choix de matériel neuf ou d’occasion…), ça varie énormément.
      Mais pour info, au départ j’ai investi environ 8 000 €… et fais d’autres investissements progressivement. Mais ça date un peu (tout a augmenté depuis…) et j’ai démarré avec très peu de matériel (tous les outils manuels déjà en ma possession puis achats 1 serre, 1 motoculteur, 1 semoir basique, 1 houe à roue).
      Bonne journée,
      Gilles

  • Bonjour,
    je suis en train de monter un projet de micro-ferme en permaculture.
    Petit verger, petit jardin, des poules pour vendre les œufs et une petite pension équine sur piste (selon le concept du Paddock Paradise de Jaimie Jackson: optimisation de la place, et meilleur santé pour les chevaux, et bonne production de fertilisant sur le site) .
    Je n’arrive pas à trouver comment chiffrer la production de fruits et légumes. Je pensais mettre en culture de légumes environ 1000m2, et pareil en verger. Les chiffres n’ont pas besoin d’être parfaitement précis, mais avoir une idée serait bien, soit en terme de CA, soit en terme de kg produit par an.
    Pouvez-vous m’aider avec ça?

    • Bonjour Marie,
      Oui… mais par en commentaire… la question est complexe et nécessite une étude plus approfondie.
      Aussi, si vous voulez que je vous aide, je vous propose de vous inscrire à ma prestation de coaching : https://www.un-jardin-bio.com/formations/coaching-1-an-pdv/
      Vous aurez déjà sur l’espace formation (auquel vous aurez accès à vie) pas mal de documents qui vous seront utiles. Et nous pourrons échanger en privé pour peaufiner et chiffrer votre projet.
      A votre disposition.
      Cordialement,
      Gilles

    • Bonjour pour te donner une idée de la production fruitière pour un verger semi piéton (arbres de 3 m maxi de haut et 400 arbres/Ha soit 25m2 par arbre) il faut compter sur 20 kg de fruits par arbres … bien sur cela dépend des années de l’age de l’arbre et surtout de la variété implantée. Ensuite si tu greffes toi même ou que tu achètes des arbres greffés sur de la vigueur moyenne tu attends 5 ans pour tes premiers fruits et tes arbres seront en pleine production pour 25 à 30 ans. Tu peux réaliser du palissé et là tu peux planter du nanisant et tu es sur du 1500 arbres/Ha … ce n’est plus de la production bio mais en général conventionnelle (tu tartines d’engrais tu charges en traitements et pesticides tu irrigues et tu peux espérer jusqu’à 45t/Ha … la rentrée en production est plus précoce mais tes arbres seront morts dans 15 à 20 ans) si ta parcelle est d’un seul tenant plutôt que de spécialiser tes surfaces tu peux réaliser des haies fruitières entre tes emplacements maraîchers. Des expérimentations sont en cours et assez encourageantes sur ce sujet.
      Pour le revenu à en tirer tout dépend des variétés plantées et des circuits de vente. Si tu arrives à vendre en direct une production de pommes Bio tu peux espérer 40€ annuels de CA par arbres. Attention toutefois si tu souhaites devenir arboriculteur il y a des connaissances à avoir (traitements et maladies, taille en vert et taille fruitièr, éclaircissage, …), c’est un vrai métier à part entière pour conduire des arbres jusqu’à une production de qualité… exactement comme la différence entre jardinier et maraîcher