La place de la Nature dans ma pratique du jardinage

La Nature est tout simplement la base de mon engagement professionnel. Et si j’ai un jour décidé de me diriger vers l’agriculture biologique, c’était bien avant tout par amour de la Nature.

Ma question, à l’époque, était : comment puis-je m’épanouir, physiquement mais aussi intérieurement, dans un environnement sain tout en contribuant, humblement, à mon niveau, à la préservation de notre environnement naturel.

Mais alors, après toutes ces années, dans ma pratique du jardinage, en quoi cette place prépondérante de la Nature se concrétise t-elle ? Et pour quels bénéfices ?

Préservation de l’environnement

Nous l’avons vu, la préservation de l’environnement constitue tout simplement un fondement de mon engagement. Aussi, dans mon approche du jardinage, je veille à toujours préserver des zones sauvages.

Le jardinier a très souvent tendance à vouloir dominer la Nature. Or Dame Nature se débrouille très bien sans nous ! Pire, plus nous agissons, plus nous créons de déséquilibres dans cette symbiose sur laquelle tout repose.

Alors certes, jardiner implique d’agir (même si nous jardinons naturellement), avec certaines conséquences “néfastes”… Mais prenons au moins soin de laisser une place importante à la nature sauvage autour et au sein de nos parcelles cultivées.

Pour ma part, je laisse la végétation spontanée se développer tout autour de mes parcelles cultivées mais également sur mes “allées”. Bien sûr je fauche parfois certaines zones, mais jamais toutes en même temps… Ainsi, il y a toujours des zones sauvages dans mon jardin. De même des haies sauvages (ronciers par exemple) ont toute leur place dans un jardin naturel.

Nous participerons ainsi, à l’échelle de notre jardin (ce qui est déjà pas si mal) à préserver un tant soi peu notre environnement naturel. Et contribuerons par là-même à une certaine diversification de la vie…

Diversification

La diversité (animale, végétale ou même minérale) constitue elle aussi un point essentiel d’une approche écologique du jardinage.

Ces différentes formes de vie, et chacun des éléments particuliers qui en font partie, forment un tout magnifiquement structuré.

zone nature à l'arrière du potager
A l’arrière de mon potager, je laisse la Nature maîtresse des lieux…

Tel élément minéral (eau, roche, terre…) ou végétal va abriter une multitude d’organismes vivants, des plus invisibles aux plus “voyants”… et chacun d’entre-eux fait partie intégrante d’une chaîne de vie parfaitement équilibré (du moins à l’origine…).

Détruisez un seul de ces éléments, et c’est tout un écosystème qui s’en retrouve perturbé… avec par exemple la prolifération de tel ou tel insecte qui, de par l’absence de son prédateur naturel, deviendra alors ce que l’on appelle un nuisible…

Dans mon jardin, une mare, des tas de branchages ou encore des murets de pierres viennent offrir des abris diversifiés, aptes à accueillir une faune dès lors très variée. Et les populations animales se régulent, la plupart du temps, ainsi d’elles-mêmes, sans nulle intervention de ma part. De fait, depuis des années, les ravages dus à des insectes sont rares.

De même, mélanger différentes cultures légumières, ou encore y intégrer des fleurs ou des aromates participera à cette diversification fort bénéfique dans un jardin potager… mais c’est là un autre sujet puisque l’on s’éloigne quelque peu de la Nature à proprement parler (la plupart des plantes cultivées ne sont plus vraiment “naturelles” puisque sélectionnées et améliorées par l’Homme).

Un sol vivant

Mais comment parler d’importance de la Nature dans notre jardin sans prendre en considération ce qui constitue le fondement même des cultures, à savoir le Sol.

Car c’est bien dans ce sol que les plantes cultivées vont puiser l’essentiel des éléments minéraux dont elles ont besoin pour se développer harmonieusement.

Notre objectif, en tant que jardinier sera donc de rendre ce sol le plus vivant possible, lui conférant ainsi une grande fertilité.

 

Un sol vivant pour un potager fertile
Objectif : un sol vivant pour une potager fertile

Pour se faire, il suffit d’observer la Nature, et en l’occurrence, une forêt…

Vous constaterez alors, une fois encore, que la Nature fait merveilleusement bien les choses : les feuilles mortes, les branchages cassés par le vent ou de plus grosses branches succombant au poids de l’âge… viennent s’accumuler sur le sol, formant ainsi, au fil des saisons et grâce aux organismes vivant dans le sol, un riche humus, capable de nourrir les plantes les plus gourmandes qui soient… à savoir les arbres forestiers.

Comprenant cela, et reproduisant intelligemment ce que fait la Nature, il nous suffit alors d’apporter des matières organiques diversifiées (azotées et carbonées, comme pour un compost) directement sur le sol pour voir, années après années, la terre de notre jardin devenir de plus en plus fertile.

J’aborde cette question plus précisément sur l’article intitulé “Composter en place“.

Nos cultures se développent alors très bien, et de façon équilibrée. Les plantes sont, de ce fait, naturellement résistantes, limitant ainsi là encore les problèmes de “nuisibles” ou même de maladies.

Utilisation de matériaux “locaux”

Tout au moins à la campagne, les matériaux naturels ne manquent pas, en particulier si on laisse des zones sauvages comme je l’explique plus haut.

La Nature nous offre quantités de matériaux renouvelables pour nourrir notre terre (tontes, fauches, tailles de haies ou d’arbres, feuilles mortes…) ou encore pour “tuteurer” certaines cultures. Profitons de ces bienfaits. Cela ne coûte rien… et une armature en branches de noisetiers par exemple sera du plus belle effet !

Conclusion

La  Nature a une place centrale dans mon approche du potager au naturel, pour le plus grand bénéfice de mes cultures : plantes en bonne santé, résistantes aux attaques animales et aux maladies, récoltes abondantes…

Et, personnellement, je ne vois tout simplement pas d’autres façons d’aborder les choses, tant pour ce qui concerne ma philosophie de vie que l’efficacité du jardinage au naturel (on parle aujourd’hui plus volontiers de “permaculture“).

Cet article s’inscrit dans le cadre d’un carnaval d’articles initié par Heikel, du blog Jardiner Futé.

Le livre numérique regroupant tous les articles est maintenant téléchargeable gratuitement en cliquant ici.

Mais vous-même… quelle place accordez-vous à la Nature dans votre pratique du jardinage, et plus largement dans votre vie ? Vos témoignages sont bienvenus !

20 réflexions au sujet de “La place de la Nature dans ma pratique du jardinage”

  1. Bonjour Gilles, et joyeuses fêtes à toutes (tous).
    Très belle approche du jardinage, cependant, j’y apporte une certaine modération dans le sens où la parcelle (ou planche) cultivée représente un garde manger attrayant pour toute une ribambelle de campagnols, taupes, et autre courtilière, qui si nous ne leur barrons pas l’entrée, vont se régaler à notre détriment.
    Tout comme les chats du voisin comme le dit Roger. J’ai même eu la visite d’une biche…
    Mon conseil serait – comme lors de la création d’un poulailler pour tenir les sanguinaires en respect – de créer une “cloison” dès le départ du jardin, suffisamment “étanche” pour éviter les intrusions. Je peux témoigner que lorsqu’un campagnol a repéré votre future récolte de poireaux, ou salsifis, il n’en a pas pour longtemps et invitera toute sa famille au festin.
    La Nature a toute sa place, à proximité, mais gare aux racines d’orties, qui vont vite apprécier un sol frais et richement amendé. S’inspirer des Voies de la Nature, tout en sachant que l’activité de jardinage alimentaire apporte des modifications du milieu dont il faut tenir compte, afin de les camoufler le mieux possible des chasseurs cueilleurs…
    Ceci dit, j’adhère pleinement à vos pratiques, et mon message n’a d’autre objectif que de promouvoir la prudence, et l’observation du milieu pour adapter de nos interventions à chaque situation.

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  2. bonjour gilles merci beau coups pour tous ce que tu nous apporte comme institution horticole,personnellement j ai abandonner presque complète par ces dernières années sèches ,manquant d eau et appareils pour distribuer, dés que le mois de mai arrive je suis occupés à porter l arrosoir je ne fait que ce la dans un espace restreint c’est a dire une culture intensive la faune sauvage comme tu la dit a envahi mon terrain par les chiens dents etc alors j’ai décider de les fauché en été à l’aube craignant la chaleur ,en creusant une fausse et les brulée peur des incendies, j’ai récupérer une quantité considérables de cendre passer a la clés ,épandre une couche puis enfouir puis semer les pois et peut de feves ,j’ai obtenu les grains en quantité et de bonne qualité excuser moi mon clavier na pas de point encor merci karim d’algerie qui vous passe le bonjour a tous

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  3. Salut Gilles.
    Ah ! Comme c’est bon, comme ça fait du bien de lire ta contribution à cette thématique de la place de la nature dans notre pratique du jardinage ! Bravo et merci ! Tu exprimes en quelques lignes ce qui devrait être, pour tout jardinier, une véritable philosophie. C’est en partie grâce à toi qu’à mon niveau, je partage désormais ces pratiques consistant à préserver des zones sauvages dans et autour de mon modeste potager ; de même, j’attache de plus en plus d’importance à ma façon de “conduire” mon jardin, notamment en terme de travail de la terre, que je réduis d’année en année. Je paille beaucoup, je “purine” avec prêle et consoude et, surtout, je n’interviens que peu sur les cultures, juste le nécessaire pour accompagner les plantes, qui n’ont évidemment pas vraiment besoin de nous. Et je m’y retrouve, 2017 a été une belle année : avec à peine 50 m2 en extérieur et une serre toute neuve de 16 m2 que j’ai construite en polycarbonate, une trentaine de pieds de tomates (9 variétés différentes) m’ont permis d’en récolter plus de 150 Kg (j’ai en fait arrêter de compter à 150 Kg … puis il y a eu les vertes que j’ai “confiturées”) ; et avec des “phénomènes” comme une Grégory Altaï de 1,234 Kg, un pied de Green Zebra qui a produit plus de 100 fruits, des melons Charentay où succulence et taille ont rivalisé pendant trois mois, des fèves charnues comme des fesses, des carottes (certaines m’attendent encore en terre) là aussi de taille et de goût très réjouissants, des chicorées scarole énormes, des fraises à foison, etc…
    Bon, j’arrête là cette énumération, il faut que je passe commande de plants de pommes de terre chez Payzons Ferme et d’autres variétés de fraisiers chez les Stolons du Val de Loire … Comment ça, de la pub ? Mais non ! Juste une info …
    Encore bravo et merci, Gilles !

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  4. Bonsoir,
    Je profite du jour le plus court pour vous dire que partageant votre philosophie et pratiques, je suis vraiment content de voir que de plus en plus de personnes adhèrent à ces comportements “naturels”.
    Il me manque une mare, mais quand le dernier de mes petits enfants aura 5-6 ans, ce sera réalisé, et alors je pourrais avoir de la prêle. Pour le poulailler, c’est plus délicat, habitant en appartement à 45 km du terrain à la campagne.
    Ayant une serre, peu démontable, comment je fais une rotation des cultures, sachant que pour les tomates dans le Morbihan cela me semble mieux ?
    Amitiés,
    Bernard

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    • Je privilégie les tomates cerises “petit moineau”, dont chaque pied peut donner jusqu’à 7 kg ! et bien sûr je fais des compotes, plats salés, confiture et même une sorte de Martini avec les tomates vertes. Un beau blog : “Monotarcie” de Geispe , où sur son premier site on trouve pas mal d’infos. Très doué en plus pour la photo ! la mare : je l’ai déjà écrit mais je répète: je récupère la tourbe en été quand elle est asséchée, et quand elle est pleine j’y jette des feuilles et branches pour en produire à nouveau.

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  5. Bonjour Gilles
    merci pour cet article
    Tout à fait d’accord, moins on intervient dans un jardin et mieux il se porte.
    Pour info, une formation gratuite très intéressante actuellement sur le site Colibris, un MOOC de permaculture.
    à bientôt pour le prochain article

    Marie-Pierre

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