Tanaisie au jardin : guide complet pour la cultiver, la préparer et l’utiliser au potager

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La tanaisie fait partie de ces plantes vivaces que tout jardinier bio devrait connaître. Répulsive, fongicide, décorative et facile à cultiver, elle s’intègre naturellement dans un potager en permaculture — et ce, sans le moindre produit chimique.

Encore faut-il savoir comment la cultiver, quand la récolter et, surtout, comment préparer correctement ses différentes préparations : purin, infusion, décoction, macération ou teinture alcoolique. Car selon la recette et la dilution choisies, la tanaisie commune agit comme préventif doux, répulsif général ou insecticide puissant.

Dans ce guide complet, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin : conditions de culture, recettes détaillées avec dosages et fréquences, tableau de synthèse et précautions d’usage. De quoi tirer le meilleur parti de cette plante étonnante, en toute connaissance de cause.

Qu’est-ce que la tanaisie commune ?

La tanaisie (Tanacetum vulgare), membre de la famille des Astéracées, est une plante vivace robuste originaire d’Europe. Elle se reconnaît facilement à ses tiges dressées pouvant atteindre 1,5 m, à son feuillage très découpé d’un vert sombre et à ses inflorescences jaunes en forme de petits boutons dorés, qui fleurissent de juillet à septembre.

Son odeur camphrée, puissante et caractéristique, est à la fois son trait le plus distinctif et le fondement de ses propriétés répulsives.

Elle pousse spontanément dans de nombreuses régions de France, en bordure de chemins, de haies et de friches.

Présentation botanique et identification

Quelques repères pour l’identifier sans se tromper :

  • Hauteur : 60 cm à 1,5 m selon les conditions.
  • Feuilles : alternes, très découpées, vert sombre, dégageant une forte odeur camphrée au froissement.
  • Fleurs : petits capitules jaunes en corymbes denses, sans ligules (pas de « pétales » autour).
  • Floraison : juillet à septembre.
  • Racines : rhizomateuses, ce qui explique son extension rapide.

À ne pas confondre avec la tanaisie annuelle (Tanacetum annuum), utilisée en aromathérapie pour son huile essentielle bleue, qui est une espèce distincte aux propriétés différentes.

Une plante parfois envahissante : ce qu’il faut savoir avant de la planter

La tanaisie se ressème abondamment et s’étend par ses rhizomes. Dans un jardin non surveillé, elle peut coloniser rapidement un espace au détriment des plantes voisines. Quelques précautions simples permettent de la garder sous contrôle :

  • Rabattez les inflorescences fanées avant qu’elles ne montent en graines.
  • Installez-la de préférence en bordure, dans un espace dédié ou délimité.
  • Divisez les touffes tous les 4 à 5 ans pour limiter leur expansion.

Avertissement préalableLa tanaisie contient des composés toxiques (tanacétine, huiles essentielles). Portez toujours gants et lunettes lors de sa manipulation, étiquetez vos préparations et tenez-les hors de portée des enfants et des animaux. Les précautions détaillées d’utilisation sont regroupées dans la section Bonnes pratiques d’application plus bas.

Pourquoi cultiver la tanaisie au jardin ?

La tanaisie est l’une des rares plantes à combiner autant d’atouts pour le jardinier bio : elle repousse les ravageurs, prévient certaines maladies fongiques, attire les auxiliaires et habille le jardin de ses pompons jaunes en plein été. Voici ce qui en fait une alliée précieuse au potager.

Un répulsif naturel puissant contre de nombreux ravageurs

C’est sans doute l’usage le plus connu de la tanaisie : sa richesse en tanacétine (substance résineuse extraite des feuilles et des fleurs, mortelle pour l’homme et les mammifères à la dose de 15 grammes), en huiles essentielles et en tanins lui confère de réelles propriétés insectifuges. Son odeur camphrée, insupportable pour de nombreux insectes, agit comme une barrière naturelle dès lors qu’on lui réserve une bonne place au jardin.

Elle est particulièrement efficace pour tenir à distance :

  • Les mouches et moustiques.
  • Les fourmis et les altises.
  • Les doryphores sur pommes de terre.
  • Le carpocapse sur pommiers et poiriers.
  • La piéride du chou sur les brassicacées.

On peut tirer parti de cet effet répulsif de plusieurs façons : en plantant la tanaisie en bordure des cultures sensibles, en disposant ses tiges fleuries fraîches ou séchées au poulailler ou au compost, ou encore en préparant un purin, une infusion ou une décoction à pulvériser sur les plantes. Elle est ainsi très appréciée au potager naturel ou au verger bio.

Il y a maintenant pas mal d’années, alors que j’exerçais encore professionnellement, j’avais planté une rangée de tanaisie en bordure d’une culture de pommes de terre. Alors qu’à l’époque, je luttais encore désespérément contre les doryphores, leur nombre avait été considérablement réduit, comparé aux années précédentes. Sans en tirer une conclusion définitive (d’autres facteurs jouent), c’est cette observation qui m’avait convaincu de l’utilité de cette plante au jardin.

La tanaisie attire aussi les auxiliairesSa floraison abondante attire les pucerons — alors qu’en purin elle les éloigne. Mais ces pucerons attirent à leur tour leurs prédateurs naturels, comme les coccinelles. Un équilibre naturel qui se met en place tout seul, à condition de bien choisir l’emplacement de la plante.

Des propriétés fongicides utiles au potager

Moins connues que ses vertus répulsives, les propriétés fongicides de la tanaisie sont pourtant bien réelles. Utilisée en macération ou en décoction, elle aide à prévenir le mildiou sur tomates et pommes de terre, ainsi que la rouille sur rosiers et poiriers. Son action reste préventive et légère — elle ne remplace pas un traitement curatif face à une attaque sévère — mais dans une logique de prévention au potager bio, elle a toute sa place.

Une plante ornementale et attractive pour les auxiliaires

Floraison de tanaisie commune au potager bio en été
Belle floraison de tanaisie au potager.

Au-delà de ses usages pratiques, la tanaisie est une belle plante de jardin. Ses fleurs jaunes en forme de pompons illuminent les massifs de juillet à septembre, et sa végétation dense et odorante crée un arrière-plan généreux. Elle se marie bien avec des feuillages verts (hostas) ou des fleurs violettes (nepeta, lavande).

Elle peut être plantée :

  • En massif, pour créer un arrière-plan lumineux en été.
  • En bordure de chemin ou d’allée.
  • En pot sur une terrasse ou un balcon.
  • Au pied des rosiers ou des fruitiers pour profiter de son effet répulsif.

Comment cultiver la tanaisie au potager ?

Peu exigeante, la tanaisie s’installe facilement dans la plupart des jardins. Elle tolère des conditions variées et demande peu d’entretien une fois en place. Voici l’essentiel pour bien la cultiver.

Conditions de culture et emplacement idéal

La tanaisie s’adapte à une grande variété de sols, mais elle donne le meilleur d’elle-même dans les conditions suivantes :

  • Sol : frais, humifère, bien drainé — elle tolère le calcaire mais redoute les sols très acides et l’eau stagnante.
  • Exposition : soleil ou mi-ombre.
  • Entretien : un apport de compost tous les 2 à 3 ans suffit à maintenir sa vigueur.

Côté emplacement, installez-la de préférence en bordure du potager, près du compost ou au pied des rosiers et des fruitiers : elle y exercera son effet répulsif sans gêner les cultures. Attention à ne pas la placer trop près des autres plantes : elle peut inhiber leur croissance par allélopathie.

Semis, plantation et multiplication

La tanaisie se multiplie facilement par plusieurs méthodes :

  • Semis : de mars à octobre, directement en pleine terre ou en godets. Les graines sont minuscules — un sachet en contient plusieurs milliers. Vous trouverez des graines de tanaisie chez Germinance.
  • Plantation : au printemps ou à l’automne, en espaçant les pieds de 60 cm minimum.
  • Multiplication : par division de touffes au printemps, tous les 4 à 5 ans — c’est la méthode la plus simple et la plus fiable.

Résistance et entretien

La tanaisie est une plante robuste qui demande peu de soins particuliers :

  • Elle tolère bien le gel et les sécheresses modérées.
  • Elle redoute en revanche l’eau stagnante : évitez les zones mal drainées.
  • Rabattez-la après floraison pour limiter les semis spontanés et maintenir une touffe bien compacte.

Quand et comment récolter et sécher la tanaisie ?

La récolte se fait de préférence en été, au moment de la pleine floraison, lorsque la plante est la plus concentrée en principes actifs. C’est aussi la période idéale pour préparer les macérations ou constituer un stock de fleurs séchées pour le reste de l’année.

Pour sécher la tanaisie :

  • Coupez les tiges fleuries le matin, par temps sec.
  • Formez de petites bottes et suspendez-les tête en bas dans un endroit sec, aéré et à l’abri de la lumière directe.
  • Le séchage prend généralement 2 à 3 semaines selon les conditions.
  • Conservez les fleurs et feuilles séchées dans des bocaux hermétiques, à l’abri de la lumière, pendant 12 mois maximum.

Le purin, lui, se prépare de préférence entre mai et août, quand la plante est la plus vigoureuse.

Astuce pratiqueLes graines de tanaisie sont produites en quantité généreuse — n’hésitez pas à en partager avec vos voisins et amis, en leur transmettant au passage vos conseils d’utilisation (ou le lien de cet article…) au jardin !

Recettes à base de tanaisie pour le jardin

La tanaisie se décline en cinq préparations principales, chacune avec ses propres propriétés, dosages et modes d’emploi. Toutes peuvent être réalisées à la maison avec du matériel simple.

Quelle préparation choisir selon la situation ?

Avant de vous lancer, voici un repère simple pour choisir la bonne préparation selon votre situation :

  • Vous voulez prévenir le mildiou ou la rouille avant qu’ils n’apparaissent : optez pour la macération de fleurs.
  • Vous constatez des acariens ou une attaque de mouche des semis : l’infusion est plus adaptée.
  • Vous souhaitez un répulsif général à pulvériser régulièrement sur vos cultures : le purin est la référence.
  • Vous avez besoin d’une action fongicide légère combinée à un effet répulsif : la décoction est un bon compromis.
  • Face à une infestation sévère qui résiste aux autres préparations : la teinture alcoolique est le dernier recours — à utiliser avec beaucoup de précautions.

Matériel nécessairePour préparer et appliquer vos préparations à base de tanaisie, munissez-vous de :

  • Récipients non métalliques (seaux, bocaux en verre ou en plastique alimentaire).
  • Un tamis fin ou une toile pour filtrer.
  • Un pulvérisateur à pression (capacité 1 à 18 litres selon vos besoins).
  • Gants, lunettes de protection et vêtements couvrants.
  • Des étiquettes pour identifier chaque préparation (contenu, date, dilution).

1. Macération de fleurs (préventif — mildiou, rouille)

La macération est douce, facile et rapide : idéale en prévention sur tomates, rosiers et pommes de terre.

  • Ingrédients : 30 g de fleurs séchées de tanaisie (ou environ 300 g de fleurs fraîches) pour 1 litre d’eau de pluie.
  • Préparation : hachez grossièrement, versez l’eau (idéalement tiède), laissez macérer 48 à 72 heures à l’abri du gel. Ne couvrez pas hermétiquement et évitez les récipients métalliques.
  • Filtration : filtrez avant emploi (tamis fin ou toile).
  • Utilisation : pulvérisez non diluée en préventif sur le feuillage, de préférence le soir hors plein soleil.
  • Fréquence : 1 application toutes les 7 à 10 jours en période humide ou sensible.
  • Précautions : ne pas appliquer en pleine floraison des plantes attractives pour les pollinisateurs.

2. Infusion (anti-acariens et mouche des semis)

L’infusion est plus concentrée en principes solubles et convient pour traiter les infestations localisées et les semis problématiques.

  • Ingrédients : 30 g de tanaisie sèche (ou 300 g fraîche) pour 1 litre d’eau bouillante.
  • Préparation : versez l’eau bouillante sur la plante hachée, couvrez et laissez infuser 24 heures. Filtrez.
  • Dilution : diluez à 10 % pour pulvérisation générale (1 litre d’infusion pour 10 litres d’eau). En cas d’attaque forte, utilisez non dilué sur les zones localisées, mais limitez les répétitions.
  • Fréquence : 1 fois par semaine en traitement curatif, 1 fois toutes les 2 semaines en préventif.
  • Précautions : évitez l’application sur fleurs en pleine pollinisation ; lavez les légumes récoltés après traitement.

3. Décoction (répulsif et action fongicide légère)

La décoction extrait des composants résistants à la chaleur, absents de la macération ou de l’infusion. Utile sur pommiers, choux ou plantations à risques.

  • Ingrédients : 30 g de plante sèche (ou 300 g fraîche) pour 1 litre d’eau.
  • Préparation : faites tremper 24 heures, puis portez à ébullition et laissez frémir 30 à 40 minutes sans couvrir. Laissez refroidir 24 heures, filtrez.
  • Dilution : diluez à 10 % (1 litre de décoction pour 10 litres d’eau) pour pulvérisation. En cas de besoin ponctuel sur feuillage, testez d’abord sur une feuille (sensibilité possible).
  • Fréquence : 1 fois par semaine en traitement curatif ; 1 fois toutes les 2 à 3 semaines en prévention.

4. Purin de tanaisie (répulsif général)

Feuilles de tanaisie fraîches pour préparer un purin ou une décoction
Feuilles de tanaisie

Le purin est une fermentation qui concentre une grande quantité de substances actives. C’est la préparation la plus puissante pour un usage répulsif général : à utiliser dilué et avec précaution.

  • Ingrédients : 2 kg de plante fraîche entière (tiges, feuilles, fleurs) pour 10 litres d’eau de pluie, dans un récipient non métallique.
  • Préparation : hachez grossièrement, immergez dans l’eau, couvrez sans fermer hermétiquement, remuez quotidiennement. La fermentation dure 10 à 15 jours selon la température (plus rapide par temps chaud). Le purin est prêt lorsqu’il n’y a presque plus de bulles et que l’odeur est fermentée mais non putride.
  • Filtration : filtrez avant stockage.
  • Dilution : 10 % (1 volume de purin pour 10 volumes d’eau) pour pulvérisation sur feuillage ; jusqu’à 20 % (1 volume pour 5 volumes d’eau) pour arrosage au pied en action prophylactique.
  • Fréquence : 1 fois toutes les 2 semaines en prévention ; 1 fois par semaine en cas d’attaque légère.
  • Stockage : conservez quelques semaines au frais et à l’abri de la lumière ; utilisez de préférence rapidement.
  • Précautions : odeur très forte ; portez des gants et évitez tout contact prolongé avec la peau. Ne versez pas de grandes quantités au compost.

Je prépare mon purin de tanaisie entre juin et juillet, quand la plante est en pleine floraison. L’odeur lors de la fermentation est franchement puissante — prévoyez de l’installer loin de la terrasse !

5. Teinture alcoolique (insecticide de dernier recours)

⚠️ Toxique — à manipuler avec précaution. Réservé aux infestations sévères. Étiquetez impérativement et tenez hors de portée des enfants.

  • Ingrédients : environ 30 à 40 g de plante sèche en poudre fine dans 1 litre d’alcool (éthanol à 70–90° ou alcool pour liqueur).
  • Préparation : macérez 7 à 14 jours en bouteille sombre, remuez une fois par jour. Filtrez soigneusement.
  • Utilisation : diluez 15 ml (1 cuillère à soupe) de teinture dans 1 litre d’eau avec une cuillère à café de savon noir pour améliorer l’adhérence. Pulvérisez le soir, localement sur les zones attaquées.
  • Fréquence : une à deux fois par saison maximum sur la même culture ; évitez les traitements répétés qui nuisent aux auxiliaires.
  • Conservation : la teinture alcoolique se conserve plusieurs années à l’abri de la lumière.
  • Précautions fortes : ne pas ingérer, inflammable, tenir éloigné des sources de chaleur. Étiquetez clairement, gardez hors de portée des enfants et des animaux. Attendez au minimum 48 heures avant récolte après application ; lavez soigneusement les récoltes.

Tableau récapitulatif — usages, dilutions et fréquences

PréparationQuantité (réf.)DilutionTemps de préparationUsage principalFréquence
Purin2 kg de plante fraîche pour 10 L d’eau10–20 %10–15 joursRépulsif général, arrosage au pied1 toutes les 2 sem.
Macération (fleurs)30 g de fleurs sèches pour 1 L d’eauNon diluée (préventif)48–72 hPrévention mildiou, rouille1 tous les 7–10 jours
Infusion30 g de plante sèche pour 1 L d’eau10 % (général)24 hAnti-acariens, semis1/sem. (curatif)
Décoction30 g de plante sèche pour 1 L d’eau10 %Env. 2 jours (trempage + cuisson)Action fongicide légère, répulsif1/sem. (curatif)
Teinture alcoolique30–40 g de plante sèche pour 1 L d’alcool15 ml / L d’eau7–14 joursInsecticide puissant (dernier recours)1–2 fois/saison maxi

Bonnes pratiques d’application au jardin

Quelle que soit la préparation choisie, quelques règles communes s’appliquent pour en tirer le meilleur parti sans risquer d’endommager vos plantes ou de nuire aux auxiliaires.

Quand et comment appliquerQuelques repères pratiques pour des traitements efficaces et respectueux du jardin :

  • Pulvérisez de préférence tôt le matin ou le soir, par temps calme et sans pluie annoncée dans les 24 heures.
  • Ne traitez jamais en pleine chaleur ni sur feuilles mouillées : risque de brûlure foliaire.
  • Testez toujours une préparation concentrée sur une petite surface (une feuille) avant application généralisée.
  • Évitez de pulvériser sur les fleurs en cours de pollinisation : protégez les abeilles et autres pollinisateurs.
  • Respectez toujours un délai entre le dernier traitement et la récolte : 24 à 48 heures pour les purins et décoctions, au moins 48 heures pour la teinture alcoolique.
  • Lavez soigneusement les légumes récoltés après tout traitement.

Précautions importantesLa tanaisie contient des substances pouvant être toxiques (tanacétine et huiles essentielles). Quelques règles à respecter absolument :

  • Portez gants, manches longues et lunettes lors de la préparation et de l’application.
  • Étiquetez tous les récipients (contenu, date, dilution, usage recommandé).
  • Ne pas ingérer ; ne pas utiliser dans la cuisine sans avis spécialisé.
  • Ne pas pulvériser pendant la floraison des plantes mellifères ni à proximité immédiate des ruches.
  • Respectez un délai entre traitement et récolte : au moins 48 heures pour les préparations alcooliques ; 24 à 48 heures pour purins et décoctions.
  • Évitez de verser de grandes quantités de tanaisie non compostée au compost domestique : en petit volume les résidus se décomposent sans problème, mais en grandes masses ils peuvent perturber la vie du compost.

Autres usages de la tanaisie hors du jardin

Au-delà du potager, la tanaisie a longtemps été utilisée dans d’autres domaines : médecine traditionnelle, cuisine, entretien de la maison. Ces usages méritent d’être connus, même si la toxicité de la plante impose dans tous les cas une grande prudence.

La tanaisie, plante médicinale

Au fil des siècles, les propriétés médicinales de la tanaisie ont été mises à profit pour traiter divers troubles : troubles digestifs, douleurs menstruelles, maux de tête, fièvres et affections cutanées.

Dans l’Antiquité, Grecs et Romains l’utilisaient déjà pour soulager les maux de tête et réguler les cycles menstruels. Les médecins médiévaux la prescrivaient contre les fièvres et les infections. Elle a également été utilisée comme vermifuge, usage aujourd’hui délaissé en raison de sa dangerosité potentielle.

⚠️ Avertissement médicalLa tanaisie ne doit pas être utilisée à des fins médicinales sans avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé. Sa toxicité à forte dose en fait une plante à manier avec une extrême prudence, et certains usages traditionnels sont aujourd’hui contre-indiqués.

La tanaisie en cuisine : une plante comestible avec précautions

La tanaisie a connu quelques usages culinaires au fil de l’histoire, qui témoignent de son intégration dans les cultures populaires européennes :

  • Au Moyen Âge, les paysans l’utilisaient comme succédané au poivre.
  • En Russie, elle remplaçait le houblon dans la fabrication de la bière.
  • En Angleterre, elle parfume traditionnellement le pudding de Pâques.
  • Utilisée à dose très minime, elle peut donner une touche originale aux salades, sauces ou viandes braisées.
  • On peut également produire un vin de tanaisie.

⚠️ Toxique à haute doseCes usages culinaires ne doivent être envisagés qu’à doses infimes et avec une connaissance précise de la plante. La tanaisie est toxique à haute dose : ne l’utilisez jamais comme condiment courant sans avis spécialisé.

Autres utilisations pratiques

La tanaisie trouve également sa place dans l’entretien de la maison et quelques usages artisanaux :

  • La plante entière séchée, disposée dans la maison ou au poulailler, éloigne les mites, les puces et les acariens.
  • Elle entre dans la composition de teintures naturelles pour les vêtements et les cheveux.
  • Ses tiges et feuilles fraîches peuvent être glissées dans les placards ou sous les tapis pour éloigner les insectes indésirables.

Ce qu’il faut retenir

  • La tanaisie est une plante multi-usage au jardin : insectifuge, fongicide, décorative.
  • Elle se cultive facilement et s’intègre bien dans un jardin en permaculture.
  • À manier avec précaution pour les usages médicinaux ou culinaires.

La tanaisie au jardin : une alliée naturelle à apprivoiser

Répulsive, fongicide, décorative et facile à cultiver, la tanaisie coche beaucoup de cases pour qui cherche à jardiner sans produits chimiques. Ses cinq préparations — macération, infusion, décoction, purin et teinture alcoolique — couvrent un large spectre d’usages, du préventif doux à l’insecticide de dernier recours.

L’essentiel est de bien la connaître avant de l’utiliser : respecter les dosages, porter les équipements de protection, étiqueter ses préparations et observer ses cultures avec attention. C’est à ce prix qu’elle révèle tout son potentiel au potager bio.

Si vous n’avez pas encore de tanaisie au jardin, c’est le moment de vous lancer : un seul pied bien placé en bordure du potager peut faire une vraie différence dès la première saison. Et si vous souhaitez aller plus loin dans la démarche du jardinage au naturel, mon guide Mon Potager au Naturel vous accompagne pas à pas.

Et vous, avez-vous déjà expérimenté la tanaisie au jardin ? En purin, en décoction, ou simplement plantée en bordure ? Partagez vos retours en commentaires — vos expériences sont précieuses pour toute la communauté.

FAQ – Tanaisie au jardin : vos questions les plus fréquentes

La tanaisie est-elle efficace contre les limaces ?

Son effet sur les limaces est limité comparé à d’autres plantes répulsives. En revanche, une décoction pulvérisée en bordure des cultures peut constituer un frein modéré. L’usage le plus efficace reste de disposer des tiges fraîches ou séchées autour des plants sensibles, plutôt qu’une préparation liquide.

Peut-on utiliser la tanaisie en pot sur un balcon ou une terrasse ?

Tout à fait. Choisissez un pot d’au moins 30 cm de diamètre, avec un substrat bien drainant (terreau + sable ou perlite). Arrosez modérément et rempotez chaque printemps. En pot, la plante reste plus compacte et moins envahissante qu’en pleine terre — un avantage certain pour les petits espaces.

Combien de temps se conservent les préparations à base de tanaisie ?

La macération et l’infusion se conservent 2 à 3 jours au réfrigérateur, à utiliser rapidement. Le purin filtré se garde quelques semaines au frais et à l’abri de la lumière. La décoction, 3 à 5 jours au frais. La teinture alcoolique est la plus stable : elle se conserve plusieurs années dans un flacon hermétique sombre.

La tanaisie est-elle dangereuse pour les chats et les chiens ?

Oui. La tanacétine et les huiles essentielles qu’elle contient sont toxiques pour les animaux domestiques, chats et chiens en particulier. Évitez de laisser des préparations à leur portée, et soyez vigilant si vos animaux ont accès aux zones traitées. En cas d’ingestion, consultez un vétérinaire sans attendre.

Peut-on associer la tanaisie à toutes les plantes du potager ?

Non, pas systématiquement. La tanaisie exerce un effet allélopathique : elle peut inhiber la croissance des plantes installées trop près d’elle. Installez-la en bordure du potager plutôt qu’au milieu des cultures. Elle s’associe bien aux rosiers, aux fruitiers et aux brassicacées, pour lesquels son effet répulsif est particulièrement bénéfique.

Quelle est la différence entre la tanaisie commune et la tanaisie annuelle ?

Ce sont deux espèces distinctes. La tanaisie commune (Tanacetum vulgare) est la plante vivace de jardin décrite dans cet article, utilisée en préparations répulsives et fongicides. La tanaisie annuelle (Tanacetum annuum) est une plante originaire du Maroc, cultivée principalement pour son huile essentielle bleue (riche en chamazulène), aux propriétés très différentes et utilisée en aromathérapie.

Le purin de tanaisie est-il autorisé en agriculture biologique ?

En France, les purins de plantes sont dans une zone réglementaire un peu particulière. Ils ne figurent pas sur la liste des produits phytosanitaires homologués, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas être commercialisés comme tels. En revanche, leur préparation et leur usage à titre personnel dans son propre jardin ne sont pas interdits. Pour un usage professionnel en agriculture biologique certifiée, renseignez-vous auprès de votre organisme certificateur.

Pour aller plus loin avec les purins et macérations au jardin bio :

Partagez vos retours d’expérience sur la tanaisie au jardin en commentaires.

 

Crédit photos : https://depositphotos.com/fr/

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