Les Plantes Engrais

La plupart des jardiniers connaissent la trilogie NPK… L’azote (N) étant nécessaire à la croissance des plantes, le phosphore (P) jouant un rôle prépondérant dans le processus de floraison et de nouaison et la potasse (K) favorisant le développement des organes de réserve (racines, tubercules, fruits) ainsi que la bonne maturation des fruits. Mais ces éléments ne sont pas les seuls ; il y a aussi la calcium, le magnésium, le fer… et une multitude d’oligo-éléments jouant tous un rôle dans la santé des plantes…

Les « chimistes » apporteront ses éléments sous forme directement assimilables par les plantes cultivées (donc un engrais chimique NPK) , alors que les « bio » préféreront favoriser l’humification du sol (par des apports de matières organiques) afin de permettre une meilleure minéralisation des éléments (et donc pas seulement NPK…) qui y sont naturellement présents (ce qui est en général le cas dans un potager entretenu de manière biologique).

Or toute plante contient des éléments minéraux, de nature et en proportions variables. On peut donc utiliser certaines plantes comme fertilisants naturels :

  • soit en les intégrant au compost, pour équilibrer celui-ci et finalement améliorer le sol dans lequel il sera apporté,
  • soit en paillage, ce qui contribuera également à la formation d’un humus stable ;
  • soit en préparation (infusion, macération, purin)  pour booster la plante ou remédier ponctuellement à une carence.

Voyons quelques-unes d’entre-elles parmi les plus intéressantes.

La Consoude

Consoude
Consoude

La consoude est particulièrement riche en potasse, un élément nécessaire pour la floraison.

Elle contient également en quantités importantes de l’azote, du phosphore et divers oligo-éléments.

Employée en paillage, en arrosage ou en pulvérisation, la consoude constitue donc un engrais organique des plus complets.

L’Ortie

Ortie
Ortie

Tous les jardiniers bio connaissent l’ortie. Et en effet, de par sa teneur en azote, elle est fort utile pour le développement des plantes cultivées.

L’ortie contient également de la potasse (mais beaucoup moins que la consoude) ainsi que des oligo-éléments.

On peut en mettre une poignée au fond du trou de plantation (mais attendez au moins 3 semaines avant de reboucher sinon elle ne pourra se décomposer correctement), arroser (dilution du purin à 10%) ou encore pulvériser sur les plants (dilution à 5%).

Intégrée au compost, tout comme le font les biodynamistes (préparat 504), l’ortie sert d’activateur et favorise ainsi son humification.

Mais si l’ortie peut être très utile pour démarrer une culture, et encore plus pour renforcer la vitalité d’une plante mal en point, elle n’est plus très appropriée par la suite (du moins en fertilisant) car elle risque alors de favoriser excessivement son développement, entraînant par là-même des déséquilibres…. on lui préférera alors la consoude.

Le Pissenlit

Fleur de pissenlit
Fleur de pissenlit

Le pissenlit est particulièrement riche en potasse, et en calcium, mais également en phosphore et divers éléments minéraux.

Intégrer le pissenlit au compost enrichira celui-ci de façon significative. D’ailleurs les biodynamistes l’utilise ainsi (préparat 506).

L’Achillée Millefeuille

L’achillée mille-feuille contient notamment de la potasse et du soufre.

Incorporée au compost (préparat 502), l’achillée participe à la minéralisation du potassium et du calcium. L’utilisation au jardin d’un tel compost contribue à la formation d’un humus riche en éléments assimilables par les plantes cultivées.

La Camomille

La camomille contient du calcium et évite ainsi l’acidification des sols.

Intégrée entière ou en jus au compost (préparat 503), elle participe à la décomposition de celui-ci.

Le Rumex

Rumex
Rumex

Les jardiniers redoute cette plante envahissante. Mais le rumex n’est pas là par hasard (voir ici). Et mieux encore, on peut lui trouver une utilité. En effet, de par ses puissantes racines plongeantes, le rumex est capable de puiser les éléments minéraux en profondeur.

Il convient d’arracher la plante entière (donc avec sa racine…) avant floraison puis de la faire sécher au soleil (pour éviter que la plante ne redémarre) avant de l’intégrer au compost qu’il enrichira ainsi de nombreux sels minéraux.

La Valériane

Notamment riche en phosphore, la valériane est également intégré au compost par les biodynamistes (préparat 507).

Ces derniers considèrent qu’elle protégerait aussi le compost un peu comme un manteau.

 

 

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  • Bonjour,
    Ces préparations sont spécifiques à la biodinamie.

    Je pense qu’une bonne partie des bien fait de ces plantes nous pouvons les avoir dans les infusions, macérations, et extraits.
    Cela ne veux pas dire que ce qui est préconiser par la biodinamie est mauvais . Mon seul problème c’est qu’il faut que ce système est spécifique à la biodinamie alors que les extraits tout le monde peut en faire s’il a la connaissance du produit et l’utilisation.

    Salutations

  • Bonjour Conspartarbor,

    Je suis tout à fait d’accord… il est en effet possible d’utiliser ces plantes de différentes façons (c’est d’ailleurs précisé dans l’article et c’est ainsi que personnellement je les utilise), sans être biodynamiste.
    Mais si j’ai décidé de renvoyer à la biodynamie, c’est avant tout pour argumenter mon propos, et rendre à César ce qui appartient à César. Car si ces propriétés sont aujourd’hui connues, c’est bien grâce au mouvement biodynamique, qui les a mises en lumière.
    Cela dit, des études ont montré un effet plus important avec les préparats biodynamiques…
    Cordialement,
    Gilles

  • Pour ma part j’utilise le purin d’ortie dès l’apparition des racines en dessous des godets afin de fortifier les plants.
    De la plantation en terre jusqu’au premières fleurs je remplaces le purin d’ortie par du purin de consoude (en petite dose car je ne possède pas de plants consoude booking 14 et l’achat de purin de consoude n’est pas bon marché) mais surtout par du purin de pissenlit (fleur, tige et racine)
    Je traite avec une décoction (ou macération désolé pour les termes exacts) d’ail et laurier sauce ou ail et sauge (effet identique)
    De l’apparition des fleurs à la récolte j’utilise seulement l’eau du puits et rien d’autre.
    Cordialement

    • Bonjour Casas,

      Ta méthode m’a l’air très intéressante ! Lorsque tu arrosages tes plants encore en godets lorsque les racines en sortent, est-ce que ça ne les « brûle » pas trop ?
      J’ai bien envie de tester la macération de laurier sauce ! 🙂

      A bientôt !

  • A ce jour je n’ai jamais perdu de plants en agissant de la sorte; mais attention à bien t’assurer que les racines poussent en dehors du godet.
    Lorsque les plants sont toujours dans les godets je verse 1 litre de purin d’ortie pour 10 litres d’eau de pluie, je mélange le tout à l’aide d’un bâton et reverse dans le pulvérisateur avec lequel j’arrose les plants.
    Dès la plantation en pleine terre (après les seins de glace), j’arrose une première fois les plants de manière copieuse puis les laisse une semaine sans arrosage. Par la suite je donne à chaque pied trois litre d’eau tous les quatre jours et donne du purin d’ortie un arrosage sur deux. (s’il pleut plus de 10 mins je saute un arrosage).
    Durant les 15 derniers jours de juin apparaissent les premières fleurs, c’est à ce moment là que je remplace le purin d’ortie par du purin de consoude (cher si achat) ou du purin de pissenlits.
    Cette année je vais essayer une astuce donnée par Gilles, à savoir placer des feuilles d’orties dans les trous de plantation un mois avant d’y placer les pieds
    Cordialement

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