Plantes engrais : guide complet pour nourrir naturellement votre potager

Les plantes engrais sont de véritables alliées pour qui souhaite enrichir naturellement son potager sans recourir aux produits chimiques. Riches en azote, phosphore, potasse ou oligo-éléments, elles nourrissent la terre tout en stimulant la vie du sol.

Ortie, consoude, pissenlit, rumex ou encore camomille : chacune possède des atouts spécifiques qui en font un engrais naturel gratuit, écologique et efficace. Utilisées en compost, en paillage ou en purin, ces plantes fertilisantes améliorent la structure du sol, favorisent l’humification et renforcent la santé des cultures. Découvrons ensemble les principales plantes engrais et comment les employer pour un jardin bio productif et équilibré.

Mais avant de présenter chacune de ces plantes engrais, revenons sur quelques bases.

Éléments nutritifs et rôles des plantes engrais

La plupart des jardiniers connaissent la trilogie NPK… L’azote (N) étant nécessaire à la croissance des plantes, le phosphore (P) jouant un rôle prépondérant dans le processus de floraison et de nouaison et la potasse (K) favorisant le développement des organes de réserve (racines, tubercules, fruits) ainsi que la bonne maturation des fruits.

Mais ces éléments ne sont pas les seuls ; il y a aussi le calcium, le magnésium, le fer… Et une multitude d’oligo-éléments jouant tous un rôle dans la santé des plantes…

Les “chimistes” apporteront ses éléments sous forme directement assimilables par les plantes cultivées (donc un engrais chimique NPK) .

Alors que les “bio” préféreront favoriser l’humification du sol (par des amendements organiques) afin de permettre une meilleure minéralisation des éléments (et donc pas seulement NPK…) qui y sont naturellement présents (ce qui est en général le cas dans un potager entretenu de manière biologique).

Or toute plante contient des éléments minéraux, de nature et en proportions variables.

On peut donc utiliser certaines d’entre-elles comme engrais naturels :

  • Les plantes engrais seront soient intégrées au compost, pour équilibrer celui-ci et finalement améliorer le sol dans lequel il sera apporté ;
  • Ces plantes engrais peuvent également être utilisées en paillage, ce qui contribuera également à la formation d’un humus stable ;
  • On peut enfin les utiliser en préparation diverses (infusion, macération, purin)  pour booster la plante ou remédier ponctuellement à une carence.

Voyons quelques plantes engrais parmi les plus intéressantes.

La Consoude, une plante engrais riche en potasse

Consoude, une plante engrais riche en potasse, phosphore, azote, oligo-éléments
Consoude de Russie Bocking 14 (Symphytum uplicandum)

La consoude est particulièrement riche en potasse, un élément nécessaire pour la floraison.

Elle contient également en quantités non négligeables de l’azote, du phosphore et divers oligo-éléments.

Employée en paillage, en arrosage ou en pulvérisation, la consoude constitue donc un engrais organique des plus complets.

L’Ortie, une plante engrais riche en azote

Ortie, plante engrais riche en azote
L’ortie est une plante fertilisante particulièrement riche en azote

Tous les jardiniers bio connaissent l’ortie. Et en effet, de par sa teneur en azote, elle est fort utile pour le développement des plantes cultivées.

L’ortie contient également de la potasse (mais beaucoup moins que la consoude) ainsi que des oligo-éléments.

On peut en mettre une poignée au fond du trou de plantation (mais attendez au moins 3 semaines avant de reboucher sinon elle ne pourra se décomposer correctement), arroser (dilution du purin à 10 %) ou encore pulvériser sur les plants (dilution à 5 %).

Intégrée au compost, tout comme le font les biodynamistes (préparat 504), l’ortie sert d’activateur et favorise ainsi son humification.

Mais si l’ortie peut être très utile pour démarrer une culture, et encore plus pour renforcer la vitalité d’une plante mal en point, elle n’est plus très appropriée par la suite (du moins en fertilisant) car elle risque alors de favoriser excessivement son développement, entraînant par là même des déséquilibres… On lui préférera alors la consoude.

Le Pissenlit, une plante engrais riche en potasse, calcium, phosphore

plante fertilisante riche en potasse, calcium et phosphore
Le pissenlit est une plante riche en potasse, calcium et phosphore

Comme la consoude, le pissenlit présente un puissant système racinaire plongeant. Il sera ainsi apte à puiser des éléments nutritifs en profondeur.

Le pissenlit est particulièrement riche en potasse, et en calcium, mais également en phosphore et en divers éléments minéraux.

Intégrer le pissenlit au compost enrichira celui-ci de façon significative. D’ailleurs les biodynamistes l’utilise ainsi (préparat 506).

L’Achillée Millefeuille, une plante engrais riche en potasse et en soufre

achillée millefeuilles, plante riche en potasse et soufre
L’achillée millefeuille présente une certaine richesse en potasse et en soufre

L’achillée millefeuille contient notamment de la potasse et du soufre.

Incorporée au compost (préparat 502), l’achillée participe à la minéralisation du potassium et du calcium. L’utilisation au jardin d’un tel compost contribue à la formation d’un humus riche en éléments assimilables par les plantes cultivées.

La Camomille, une plante engrais riche en calcium

Camomille, plante fertilisante riche en calcium.
La camomille se distingue par sa teneur en calcium

La camomille contient du calcium et évite ainsi l’acidification des sols.

Intégrée entière ou en jus au compost (préparat 503), elle participe à la décomposition de celui-ci.

Le Rumex, l’une des plantes engrais parmi les plus complète

Rumex, plantes engrais riches en azote/phosphore/potasse.
Grâce à ses puissantes racines pivotantes, le rumex puise de nombreux éléments minéraux dans le sol

Les jardiniers redoutent cette plante envahissante.

Mais le rumex n’est pas là par hasard. Et mieux encore, on peut lui trouver une utilité. En effet, de par ses puissantes racines plongeantes, le rumex est capable de puiser les éléments minéraux (notamment potasse et calcium) en profondeur.

Il convient d’arracher la plante entière (donc avec sa racine…) avant floraison puis de la faire sécher au soleil (pour éviter que la plante ne redémarre) avant de l’intégrer au compost qu’il enrichira ainsi de nombreux sels minéraux.

La Valériane, une plante engrais riche en phosphore

Valériane, plante engrais riche en phosphore
La valériane est riche en phosphore.

Notamment riche en phosphore, favorable à la floraison et à la nouaison, la valériane est également intégrée au compost par les biodynamistes (préparat 507).

Ces derniers considèrent qu’elle protégerait aussi le compost un peu comme un manteau.

Tableau récapitulatif des principales plantes engrais

Plante engraisÉlément dominantUsages principaux⚠️ Précautions d’emploi
ConsoudePotasse (K), azote, phosphorePurin pour floraison & fructification, compost, paillageExcès de K possible
OrtieAzote (N), potasse, oligo-élémentsPurin stimulant, compost, paillage, booster croissanceBien diluer le purin, éviter excès sur légumineuses
PissenlitPotasse, calcium, phosphoreCompost, paillage, enrichissement minéral du solÉviter propagation non désirée, couper avant floraison
Achillée millefeuillePotasse, soufreCompost, purin stimulant, équilibre minéral du solUtiliser en complément d’autres plantes
CamomilleCalciumCompost (active décomposition), paillage, amélioration du solEffet modéré → à combiner avec d’autres engrais naturels
RumexMinéraux divers, potasse, calciumCompost enrichi, paillage, apport minéral profondArracher entier, sécher avant compost pour éviter repousse
ValérianePhosphoreCompost biodynamique, protection du compostUsage en complément pour équilibre global du compost

Conclusion

Les plantes engrais ne sont pas qu’une alternative aux intrants chimiques : elles apportent au sol et aux cultures une richesse durable en nutriments, améliorent l’humification et favorisent un équilibre naturel dans ton potager.

Compost, paillage, purins ou infusions… autant de façons simples et efficaces de redonner vie à la terre tout en respectant l’environnement.

Pourquoi ne pas tester dès cette saison une ou deux de ces solutions naturelles ? Tu verras rapidement la différence sur la vigueur de tes plantes et la fertilité de ton sol. Et ton potager – et la planète – te diront merci !

 

FAQ PLANTES ENGRAIS

Qu’est-ce qu’une plante engrais ?

Une plante engrais est une plante qui contient des éléments minéraux (azote, phosphore, potasse, calcium…) que l’on peut utiliser pour enrichir le sol, soit via le compost, le paillage ou des préparations comme le purin, la macération ou l’infusion.

Quelles sont les principales plantes engrais ?

Parmi les plus connues : consoude, ortie, pissenlit, achillée millefeuille, camomille, rumex et valériane. Chacune apporte des éléments spécifiques et peut être utilisée en fonction des besoins du potager.

Comment utiliser les plantes engrais au potager ?

  • En compost pour enrichir le sol en éléments nutritifs.
  • En paillage pour favoriser la formation d’un humus stable.
  • En préparations liquides (purin, macération, infusion) pour stimuler la croissance ou corriger ponctuellement une carence.

Faut-il respecter des précautions avec les plantes engrais ?

Oui, chaque plante a ses particularités :

  • Ortie → bien diluer le purin pour éviter de brûler les plantes.
  • Rumex → arracher entier et sécher avant compost.
  • Pissenlit → éviter propagation excessive dans le jardin.

Peut-on remplacer la fertilisation organique par les plantes engrais ?

Non, elles sont un excellent complément naturel, mais pour un potager équilibré, il est recommandé de combiner plantes engrais, compost et paillage afin de couvrir tous les besoins des plantes.

Crédit photos : https://depositphotos.com/fr/

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14 Commentaires
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François
François
22 octobre 2024 17 h 14 min

Bonjour, Je “tombe” sur votre blog un peu par “hasard”. Je suis formateur pour des gens qui souhaitent revenir aux métiers de l’agriculture. Ma passion: Tout ce qui a trait au monde du vivant depuis la bactérie (Eucaryote) aux mousses, aux fougères, champignons, végétaux, animaux, et les interactions, symbioses et complémentarités de chacun.
Mes référents: L’arbre, lien entre la terre et l’atmosphère et la vache, avec son système digestif très adapté au végétal.
Je serais très heureux d’échanger avec vous sur plein de sujets

Ma région
Vendée
ELENA
ELENA
19 août 2024 20 h 38 min

Bonjour, merci beaucoup pour vos conseils. Bien cordialement.

Ma région
Rhône- Alpes
Bony jean Claude
Bony jean Claude
8 février 2024 0 h 38 min

C’est super extra d’avoir les delices de la nature a porté. C’est vraiment une grâce. merci

Ma région
cote d'ivoire
Bouzid
Bouzid
16 septembre 2023 16 h 08 min

Merci beaucoup .

Ma région
SETIF ALGÉRIE
Lux
Lux
1 juillet 2023 10 h 07 min

Desoin d’aide !

Ma région
Boeny
Jean paul
Jean paul
19 juin 2023 1 h 01 min

J’aime ça beaucoup

Ma région
Côté D'ivoire /Yamoussoukro
thrmag
thrmag
11 mai 2019 21 h 38 min

très intéressant, merci. Je suis en train de tester le purin de pissenlit

Casas
Casas
23 mars 2015 12 h 23 min

A ce jour je n’ai jamais perdu de plants en agissant de la sorte; mais attention à bien t’assurer que les racines poussent en dehors du godet.
Lorsque les plants sont toujours dans les godets je verse 1 litre de purin d’ortie pour 10 litres d’eau de pluie, je mélange le tout à l’aide d’un bâton et reverse dans le pulvérisateur avec lequel j’arrose les plants.
Dès la plantation en pleine terre (après les seins de glace), j’arrose une première fois les plants de manière copieuse puis les laisse une semaine sans arrosage. Par la suite je donne à chaque pied trois litre d’eau tous les quatre jours et donne du purin d’ortie un arrosage sur deux. (s’il pleut plus de 10 mins je saute un arrosage).
Durant les 15 derniers jours de juin apparaissent les premières fleurs, c’est à ce moment là que je remplace le purin d’ortie par du purin de consoude (cher si achat) ou du purin de pissenlits.
Cette année je vais essayer une astuce donnée par Gilles, à savoir placer des feuilles d’orties dans les trous de plantation un mois avant d’y placer les pieds
Cordialement

casas
casas
20 mars 2015 20 h 11 min

Pour ma part j’utilise le purin d’ortie dès l’apparition des racines en dessous des godets afin de fortifier les plants.
De la plantation en terre jusqu’au premières fleurs je remplaces le purin d’ortie par du purin de consoude (en petite dose car je ne possède pas de plants consoude booking 14 et l’achat de purin de consoude n’est pas bon marché) mais surtout par du purin de pissenlit (fleur, tige et racine)
Je traite avec une décoction (ou macération désolé pour les termes exacts) d’ail et laurier sauce ou ail et sauge (effet identique)
De l’apparition des fleurs à la récolte j’utilise seulement l’eau du puits et rien d’autre.
Cordialement

Madorre
Madorre
21 mars 2015 13 h 05 min
En réponse à  casas

Bonjour Casas,

Ta méthode m’a l’air très intéressante ! Lorsque tu arrosages tes plants encore en godets lorsque les racines en sortent, est-ce que ça ne les “brûle” pas trop ?
J’ai bien envie de tester la macération de laurier sauce ! 🙂

A bientôt !

Madorre
Madorre
20 mars 2015 18 h 25 min

Bonjour Gilles,

Encore des plantes bien utiles à “cultiver” chez soi ! Merci pour ces conseils 🙂

A bientôt !

Eddy Borzée
19 mars 2015 11 h 20 min

On peux utiliser ces plantes pour les infusions, macérations, et extraits. Merci pour le partage et les infos.

conspartarbor
conspartarbor
18 mars 2015 10 h 33 min

Bonjour,
Ces préparations sont spécifiques à la biodinamie.

Je pense qu’une bonne partie des bien fait de ces plantes nous pouvons les avoir dans les infusions, macérations, et extraits.
Cela ne veux pas dire que ce qui est préconiser par la biodinamie est mauvais . Mon seul problème c’est qu’il faut que ce système est spécifique à la biodinamie alors que les extraits tout le monde peut en faire s’il a la connaissance du produit et l’utilisation.

Salutations