Déchets végétaux

Amendements et Engrais, ne confondez pas !

Je remarque fréquemment une confusion entre les amendements et les engrais (c’est d’ailleurs d’une question qui m’a été récemment posée par un adhérent à ma prestation de coaching qui m’a donné l’idée de cet article).

Pourtant, ce n’est pas la même chose…

Mais alors qu’appelle t’on amendement et en quoi est-ce différent d’un engrais. Voyons cela.

Qu’est-ce qu’un amendement ?

Un amendement a pour objectif d’améliorer un sol, de façon durable, que ce soit au niveau de sa texture, de sa structure ou pour compenser une carence en tel ou tel élément.

Le but sera d’obtenir une terre vivante et fertile, apte à fournir tous les éléments nutritifs dont une plante (quelle qu’elle soit) a besoin pour se développer correctement.

Il est soit issus du monde végétal ou animal (dans les 2 cas, on parle d’amendement organique), soit du monde minérale.

Les amendements organiques

Amendement organique GuanorgLes amendements organiques sont issus du règne animal et du règne végétal.

Les amendements pouvant être utilisés au jardin sont très nombreux. Nous en avons déjà vu quelques uns ici.

Certains pourront provenir directement de chez nous. Citons les déchets de cuisine et ceux du jardin, les tailles de haies, le BRF, les tontes, les feuilles mortes, les cendres de bois, les engrais verts et bien sûr le compost (considéré aussi parfois comme un engrais car directement assimilable par les plantes cultivées).

D’autres pourront provenir de fermes environnantes, comme le fumier, la paille ou le foin.

On peut également trouver des amendements organiques dans les jardineries ou les coopératives agricoles : tourbe, terreau, fumier composté,compost…

Les amendements minéraux

Les amendements minéraux sont, comme leur nom l’indique, issus du règne minéral.

Certains auront pour objectifs de modifier la texture du sol. Ce sont par exemple les argiles (qui renforceront une terre légère, lui permettant ainsi de mieux retenir l’eau et les matières organiques) ou la dolomie (au contraire utilisée pour alléger une terre). Le basalte agit dans les 2 cas : il renforce les terres légères et allège les terres lourdes.

D’autres seront utiles pour pour relever le PH d’un sol acide, comme le lithothamne*, la marne ou le carbonate de calcium.

Qu’est qu’un engrais ?

Engrais universel NaturasolUn engrais a pour objectif de nourrir directement une plante.

On connait évidemment (et malheureusement) les engrais chimiques, mais on trouve également des engrais naturels, là encore soit organiques, soit minéraux.

Ces engrais ont une teneur élevée en tel ou tel élément minéral avec pour objectif un apport particulièrement important en azote (guano*, tourteau de ricin, corne broyée, sang desséché, purin d’ortie), en potasse (patenkali, vinasse de betterave), en encore en phosphore (guano de poisson, phosphates naturels).

On trouve également des engrais composés, contenant tous ces éléments minéraux à des taux variables et qui seront donc plus ou moins adaptés à tel ou tel type de culture (ce qui est marqué sur les emballages).

Ces engrais vous permettront probablement de bonnes récoltes (la plupart des engrais organiques « utilisables en agriculture biologique » sont aujourd’hui des produits de qualité).

Toutefois, il n’amélioreront pas l’état de votre sol (ou très peu) vous contraignant ainsi à en acheter chaque année (sachant qu’ils sont en général assez coûteux)…

Alors, amendement ou engrais pour votre potager ?

L’objectif, en jardinage naturel est de rendre sa terre vivante et fertile.

Les effets des amendements seront durables. La plante cultivée, quelles que soient ses exigences, puisera dans le sol ni plus ni moins que les éléments dont elle a besoin. Les surplus resteront donc dans le sol, à disposition des cultures suivantes.

Par des apports réguliers en matières organiques diversifiés, nous chercherons à améliorer puis à maintenir une fertilité naturelle garante de belles récoltes.

Les apports d’amendements sont donc à privilégier.

Mais pour amender le sol de son jardin à bon escient, encore convient-il d’en connaitre les grandes caractéristiques (voir cet article).

Néanmoins, les engrais peuvent avoir une utilité, tout au moins tant que cet objectif de terre fertile n’est pas atteint. On peut aussi les utiliser, ponctuellement, pour re-booster une plante défaillante (par exemple avec du purin d’ortie).

Mais, contrairement aux amendements, les éléments non utilisés par la culture seront rapidement lessivés, perdus à jamais… sauf pour les nappes phréatiques et les cours d’eau (on peut aussi polluer avec des engrais naturels…).

Tout ceci n’est pas forcément évident à assimiler et il n’est pas toujours facile de faire les bons choix… C’est donc pour vous aider à prendre les bonnes décisions, pour le bien de vos cultures, que mon guide pratique Mon Potager au Naturel est accompagné, si vous le souhaitez (option facultative) d’un coaching individuel

*Avertissement : l’exploitation du guano ou du lithothamne ont des conséquences écologiques considérables. Évitez d’en utiliser !

  • D’accord avec ta remarque sur la pollution par les engrais organiques, Gilles ! En principe si on a un sol bien vivant, qu’on n’a pas massacré à coup d’engrais (même organiques) ou de pesticides, pas besoin d’engrais ! Il suffit de couvrir son sol de matières brunes (carbone) et vertes (azote) pour obtenir une fertilité durable. Petite remarque : la tourbe n’est en aucun cas un amendement : il s’agit de matière organique fossilisée en milieu anaérobie … à éviter absolument, les tourbières, surexploitées, sont des milieux à la biodiversité spécifique vu qu’on se trouve en milieu acide. Laissons les sphaignes faire tranquillement leur travail et laissons nos sols en paix !

  • De mon point de vue il est préférable de « nourrir » la terre, mettre de l’engrais revient à se servir de la terre comme support de culture. J’ai des soucis avec ça je viens d’acheter une maison et donc un jardin en Beauce à la limite de la Sologne. J’ai la chance d’être adossé à la forêt d’Orléans, ce qui à épargné mon terrain des retombée de produit phytosanitaires et engrais chimiques de toute sorte. Je paille, BRF, paille, et fumier, je compare avec le sol de la forêt de l’autre coté de la clôture et je suis pas trop mal.

  • Bonjour Gilles,
    Tu as raison, comme d’habitude (ça m’énerve! GRR) (;-))))
    Cette année, je voudrais pailler, avec du foin ou avec de la paille. Comment faire? Faut-il étaler ces produits puis les écarter, semer entre 2 et refermer ensuite refermer?
    Bon dimanche, Gilles!
    Amitiés.
    Yvon.

    • Bonjour Yvon,
      Je n’ai pas toujours raison… il m’arrive aussi de me tromper !
      A cette époque, mieux vaut semer d’abord, puis pailler un peu plus tard, seulement lorsque le sol est bien réchauffé (pas avant la fin mai- début juin dans ton Nord).
      Si tu avais déjà mis un paillage permanent en place, alors oui, il faudrait l’écarter pour semer… puis le ramener lorsque les plants sont bien levés.
      Bon dimanche à toi
      Gilles

  • Je ne suis pas jardinière, je me contente de regarder mon compagnon jardiner et de manger ses récoltes, mais je suis quand même intéressée par ton blog, j’ apprécie tous ces fonctionnements écologiques. Je n’aurais jamais su faire la différence entre les deux classements.

  • Bonjour Gilles.
    Plus que 6 jours (le 20 avril) à attendre et me préparer avant que je ne soulève la bâche qui m’a permis de couvrir (pendant 6 mois) la parcelle que je compte utiliser pour ma première plantation de pommes-de-terre.
    A part les quelques adventices qui se sont accrochées à la vie et que je vais devoir déloger (et utiliser plus tard comme « compostage à même le sol »), je crois être prêt pour aligner quelques rangées de tubercules.
    Pourrais-tu STP me conseiller une variété de pomme-de-terre que je pourrais préserver le plus longtemps possible, jusqu’à l’hiver prochain (je suis du signe de l’Ecureuil…) ?
    Et merci encore pour toutes ces précisions sur l’amendement et la fertilisation.
    Roger (sous un ciel mitigé).

    • Bonjour Roger,
      Désolé, mais j’évite de conseiller telle ou telle variété… chacune se comportant de façon bien différente en fonction des conditions de culture de chacun (sol, micro-climat…).
      Il n’y a que l’expérience sur le terrain qui vaille en la matière. Le meilleur conseil que je puisse te donner est d’en planter plusieurs variétés afin de pouvoir comparer.
      A bientôt,
      Gilles

  • Bonjour Gilles,
    Je viens de découvrir ton blog et déjà j’ai trouvé beaucoup de réponses, comme laisser le sol se réchauffer avant de pailler.. ce que je faisais mais en culpabilisant un peu.
    Je cherchais des information sur le liseron en me disant qu’il avait sûrement des propriétés intéressantes s’il pouvait parfois se développer si généreusement dans certains jardins.
    En effet, la terre est trèèèès tassée, très compacte, dans mon jardin. Une bonne couverture de carton, du petit bois à l’automne dernier a permis à de nombreux vers de terre de se développer.
    Je dirais presque que cela fourmille de verre de terre. Cependant, jardiner sur un tapis de liseron est Je les arrache. Maintenant que les pousses sont sorties, il est difficile de déterrer les racines.
    J’avais l’intention de les couper aux ciseaux. Comme ça, le sol ne sera pas nu, le liseron continuer d’aérer la terre. qu’en penses-tu?
    En attendant merci pour ton partage. Bonne poursuite, aline