La culture de pommes de terre sous paille est très à la mode, notamment en permaculture.
Certains jardiniers parlent de “culture de pommes de terre sous paille”, d’autres de “culture de pommes de terre sous paillis“, ou encore de “culture de pommes de terre sur gazon“…
Certains préfèrent la paille, d’autres le foin (on parle donc aussi de “culture de pommes de terre sous foin“)…
Nous verrons plus loin qu’il y a différentes approches possibles, plus ou moins semblables…
Mais nous pouvons résumer le principe en parlant de “culture de pommes de terre en permaculture”, avec pour principaux objectifs :
- Une réduction du temps de travail
- Une économie en eau
- La fertilité du sol
Comme nous le verrons plus loin, la culture des pommes de terre sous paille présente en effet des avantages indéniables.
Mais ce n’est pas toujours une bonne chose…
Commençons par un exemple.
Voici la question que m’a envoyée, le 13 juin, Christian, adhérent à mon accompagnement personnalisé :

“Bonjour Gilles
J’ai planté les pommes de terre (Bintje et Rosabella) le 22 Mars
C’est la première année que je cultive sous foin.
Je trouve que les plants sont restés chétifs (comparé aux années précédentes – 20 à 30 cm de hauteur) et ils n’ont toujours pas fleuri alors que les plants de Rosabella commencent sérieusement à jaunir.
C’est la première fois que mes pommes de terre ne fleurissent pas.
Est-ce que vous voyez une possible explication ?
D’avance merci.”
Et voici ma réponse :
“Il est très fréquent que des pommes de terre plantées précocement ne fleurissent pas… tout simplement par manque de temps de lumière et/ou de chaleur.
Le fait de pailler, empêchant le réchauffement du sol, allié à un mois de mai pluvieux et frais, aura accentuer les conditions non favorables à la floraison.
J’ajouterais que le paillage est aussi très probablement la cause d’une végétation s’étant peu développée ; c’est d’ailleurs l’une des grandes limites de cette pratique, notamment pour des cultures précoces.

Personnellement, j’ai fait cette année (mais c’est ce que je fais à peu près tous les ans) 3 plantations de pommes de terre :
- La première, des pommes de terre nouvelles Belle de Fontenay, a eu lieu vers la mi-mars. Je n’ai pas paillé… Les plants ne se sont pas non plus développés excessivement (40 cm de haut environ), n’ont pas non plus fleuri (et ne le feront pas…), et commencent également à jaunir (ce qui est normal 3 mois après la plantation, et selon les variétés, plus ou moins hâtives). J’ai néanmoins fait une première récolte très jolie cette semaine…
- La deuxième, des émeraudes, plantées vers la mi-avril, n’a pas non plus été paillée (le sol était trop frais en mai… et les plants se sont développés très vite, du fait notamment des pluies abondantes) est superbe (1 bon mètre de haut) et supporte actuellement une très belle floraison. De belles récoltes à venir…
- La troisième, des rosabella, effectuée seulement fin mai (à cause des pluies, je n’ai pas pu le faire vers la mi-mai, comme je le fais habituellement pour cette troisième et dernière série) est sortie il y a peu… je les ai buttées rapidement et vais les pailler (ce sont donc les seules qui seront paillées, car se développant en plein été).
En échelonnant ainsi mes cultures de pommes de terre, et surtout en ne paillant que la culture la plus tardive, je me donne toutes les chances d’avoir au moins une belle récolte…”
Il est toutefois indéniable que cultiver ses pommes de terre sous paille comporte quelques avantages non négligeables…
Avantages et inconvénients de cette méthode
Les avantages
Voici quelques bonnes raisons de cultiver ses pommes de terre sous paille :
- Il n’y a en principe pas à préparer la terre (un simple fauchage suffit).
- La plantation est beaucoup plus rapide puisque l’on dépose simplement les tubercules sur le sol.
- Cela revient à “butter les pommes de terre avec de la paille”… On s’épargne la “corvée” du buttage traditionnel (donc moins d’effort).
- Le fait que le sol soit paillé entraîne des économies en eau.
- Les récoltes sont facilitées (il suffit d’ouvrir le paillage, à la main).
- Le paillage participe à la protection et à l’enrichissement du sol…
Mais comme nous l’avons vu avec l’exemple de Christian, ces avantages ne sont pas toujours suffisants pour compenser certains problèmes liés au paillage…
Les inconvénients
Cultiver les pommes de terre sous paille comporte quelques limites qu’il convient de ne pas négliger.
Sol non réchauffé
En cas de cultures précoces sur sol insuffisamment réchauffé, les éléments minéraux ne sont pas correctement libérés…
Comme le montre l’expérience de Christian, la végétation a alors du mal à se développer… Et les récoltes seront alors forcément moins conséquentes
Les rongeurs
Dans un paillis, les rongeurs risquent d’être très présents.
Et vos récoltes seront alors désastreuses : pommes de terre grignotées en partie ou totalement.
Aussi, si vous avez déjà des soucis avec les rongeurs, mieux vaut sans doute éviter la culture de pommes de terre sous paille et cultiver vos pommes de terre de façon plus classique.
Risques sanitaires
Dans de nombreuses vidéos de récoltes de culture de pommes de terre sous paille, on peut voir fréquemment des signes de maladies lors de récoltes (noircissements, pourritures…)…
Le contact des tubercules avec des matériaux en décomposition n’est, à mon sens, pas souhaitable (problème en particulier avec fumier ?).
Récoltes en général moins abondantes
Les quelques petites expériences que j’ai déjà menées par le passé n’ont pas été concluantes en termes de rendements.
Ce qui est d’ailleurs en général le cas dans les retours d’expérience que j’ai pu avoir : les rendements sont inférieurs à une culture classique.
Mais chez moi, ces expériences passées ont été faites plus précocement.
Cette année, j’ai donc décider de ne pailler que ma dernière plantation effectuée fin mai…
Quels matériaux utiliser ?
Pour commencer, pour une culture de pommes de terre sous paille, un bon compost pourra être utile comme fertilisant.
Certains mettent même du fumier, mais j’avoue craindre alors de sérieux problèmes sanitaires (voir par exemple ici – mais comme il n’y a pas la vidéo annoncée pour la récolte… On peut imaginer que l’expérience n’a pas été concluante…).
Ensuite, pour le paillage à proprement parler différents matériaux sont possibles :
- Le foin
- La paille
- Du BRF (test non concluant chez moi il y a quelques années avec du BRF enfoui… À tester en paillage épais)
Les avis sont partagés quant à la préférence pour tel ou tel matériau de couverture, chacun présentant des arguments sans appel… Mais tous occultant le fait que chaque potager est régi par des règles qui lui sont propres ; règles découlant en particulier de la nature du sol et de sa qualité (vivant ou non…), mais aussi de son micro-climat ou encore des matériaux à notre disposition (si vous avez du foin chez vous, n’allez pas chercher de la paille à l’extérieur… C’est aussi cela la permaculture, non ?).
Pour ma part, je vous recommande donc, plutôt que d’obéir aveuglement à un dogme ou un autre, de tout simplement expérimenter avec le matériau le plus facilement disponible pour vous, ou d’éventuellement comparer différents paillages.
Un seul mot d’ordre donc : testez !
Quand et comment pailler les pommes de terre ?
Vous l’aurez compris, cultiver des pommes de terre sous paille en début de saison risque fort de s’avérer assez décevant.
Si le temps du mois de mai est au beau fixe, vous pouvez éventuellement le faire pour des cultures mises en place en avril…
Personnellement, je ne le fais que pour ma dernière culture (mise en place en mai).
Mais distinguons différentes façons de procéder :
Culture de pommes de terre sous paille (ou pommes de terre sur gazon)
C’est la méthode la plus simple pour cultiver les pommes de terre sans travail du sol :
- Étape 1 : fauchez l’herbe ;
- Étape 2 : épandez du compost sur l’herbe fauchée (si votre terre est bien vivante, cette étape n’est pas indispensable) ;
- Étape 3 : disposez les pommes de terre directement sur le sol, à distance voulue ;
- Étape 4 : recouvrez de 15 à 20 cm minimum de foin ou de paille (Certains préfèrent le foin alors que d’autres ne jurent que par la paille… Le mieux est sans aucun doute de tester les 2 chez vous) ;
- Étape 5 : rajoutez de la paille (ou du foin) à la levée, pour atteindre 50 à 60 cm d’épaisseur de paillage.
Je n’ai encore jamais testé cette méthode de culture de pommes de terre sous paille…
C’est envisagé pour l’an prochain.
Culture des pommes de terre sous paille avec carton
Cette méthode de culture de pommes de terre sous paille est une variante de la précédente.
Après avoir fauché, on pose du carton sur le sol, ce qui aura pour intérêt d’empêcher la levée de certaines adventices.
Ce sera utile si du liseron, du rumex ou autres plantes envahissantes et/ou virulentes sont présentes sur votre terrain.
- Étape 1 : fauchez l’herbe ;
- Étape 2 : posez du carton ;
- Étape 3 : épandez du compost sur le carton (facultatif) ;
- Étape 4 : faites des trous, à distance de plantation souhaitée, dans le carton ;
- Étape 5 : déposez les pommes de terre dans les trous, afin qu’elles soient en contact avec le sol ;
- Étape 6 : recouvrez de 15-20 cm de foin ou de paille ;
- Étape 7 : complétez le paillage pour atteindre 50-60 cm d’épaisseur.
Notez que certains procèdent un peu autrement : le paillage est épandu avant de mettre les pommes de terre en place…



Je n’ai personnellement encore jamais testé cette façon de procéder… Ce sera sans doute fait l’an prochain…
Culture de pommes de terre dans des planches en paillis permanent
Sur des planches de culture couvertes en permanence, on dépose simplement les pommes de terre sous le paillage.
Le paillage est complété après la levée pour atteindre là encore 50 ou 60 cm d’épaisseur.
J’ai fait un essai il y a 2 ans. Les plants se sont à peine développés et la récolte fut très médiocre…
Je dois toutefois préciser qu’il s’agissait d’une culture assez précoce (mise en place fin mars si je ne me trompe pas). Je ferai sans doute un autre essai l’an prochain, mais pour une mise en place plus tardive.
Culture de pommes de terre sur terre travaillée puis recouverte d’un paillage (je teste pour vous…)
Je teste cette année avec ma culture de pommes de terre Rosabelle, mise en place fin mai.
Précisons d’entrée que les tubercules ont été enfoncés dans la terre…
Il ne s’agit donc pas à proprement parler de culture de pommes de terre sous paille, pour laquelle on dépose simplement les tubercules sur le sol.
Mais cela me permettra tout de même de voir si ma culture se comporte correctement sous paillis (et notamment de vérifier à nouveau si les rongeurs ne causent pas trop de dégâts…) , et de faire quelques comparaisons quant au type de matériaux de couverture…
La terre a été travaillée à la Campagnole puis enrichie avec du compost bien mûr.
J’ai commencé par buter légèrement les plants quelques jours après la levée, puis j’ai épandu des feuilles de consoude en premier paillage protecteur (pour ne pas laisser le sol à nu trop longtemps avec les chaleurs alors très fortes) et nourricier (les feuilles vont libérer des éléments nutritifs en se décomposant).
Ensuite, ma planche de culture est divisée en 3 parties afin de pouvoir comparer :
- 1/3 laissé à nu (hormis les feuilles de consoude, qui vont vite se décomposer)
- 1/3 recouvert de paille (20 cm)
- 1/3 recouvert d’un broyat constitué cet hiver et issu d’un vieux marronnier. Ce n’est pas du BRF car constitué principalement de vieux bois (même s’il y avait aussi quelques jeunes branches). Le processus de décomposition est bien entamé…
Comparaison de différents modes de culture
Mais je vous montre ça en vidéo, tout en revenant également sur mes cultures de pommes de terre plus précoces et non paillées :
Premières observations
Et voici mes premières observations sur ma dernière culture de pommes de terre sous paille (mais avec travail préalable du sol) cette année (Rosabelle), pour comparaison entre paillage avec du broyat, paillage avec de la paille, et pas de paillage :
Promis, l’an prochain, je teste la culture des pommes de terre sous paille, dans les règles de l’art cette fois !
À suivre…
Essai de culture de pommes de terre sous paillis dans les règles de l’art (maj 12 août 2022)
Comme promis l’an passé, je teste cette année la culture de pommes de terre sous paillis, mais cette fois sans travail du sol.
Le fainéant que je suis a étouffé les adventices en posant une bâche noire sur le sol (pendant environ 1 mois). Mais vous pouvez aussi tondre ou faucher à ras.
Dans de telles conditions (canicule, sécheresse… et pas d’arrosage !), l’expérience s’avère positive.
Et le fainéant que je suis (surtout quand il fait vraiment trop chaud…) est content !
Le travail est vraiment minime :
- J’ai posé une bâche pour éliminer les adventices ;
- J’ai épandu un peu de compost mûr ;
- Les tubercules ont été déposés sur le compost puis recouvert d’une quinzaine de centimètres de foin ;
- Un mois après, j’ai complété la couverture (qui avait déjà un peu baissé) d’une trentaine de cm de foin ;
- 3 mois après la plantation, je commence à récolter mes premières pommes de terre à la main, dans le paillis.
Allez… On va dire 1/2 heure de travail en tout et pour tout pour ce petit essai.
Ajoutons à cela que les pommes de terre récoltées dans le paillis sont parfaitement saines (même pas de verdissement)… et délicieuses (cuisson un peu longue, car elles sont bien fermes).
Je vais donc continuer à expérimenter l’année prochaine (sans doute plusieurs plantations à quelques semaines d’écart, notamment afin d’essayer de mieux cerner les conditions propices à cette méthode).
Une question se pose : “Faut-il arroser les pommes de terre sous paille ?”… Si les conditions climatiques sont identiques l’an prochain, j’arroserai probablement quand même deux ou trois fois…
Et si le temps est pluvieux, ou frais… Ben,.. On verra ce que cela donne (c’est le but).
Conclusion
La culture de pommes de terre sous paille requiert de pouvoir disposer, sinon sur son propre terrain, ou au moins dans un environnement proche (il ne s’agit pas de faire venir des bottes de foin, ou de paille de l’autre côté du pays…), de matières organiques végétales en quantités importantes.
Il me semble essentiel ici, peut-être encore plus qu’habituellement, d’adapter notre approche aux conditions climatiques ou au sol…
Un seul mot d’ordre donc : testez différentes méthodes de culture de pommes de terre sous paille, expérimentez et observez !
Et ne mettez peut-être pas tous vos œufs dans le même panier…
Personnellement, je pense que je continuerai à cultiver, dans mon potager naturel, des pommes de terre de façon classique.
Vos questions (sur le sujet traité ici) et vos partages d’expériences sont bienvenus en commentaires ci-dessous.






Bonjour Gilles, je me suis peut être mal exprimé au sujet de mon approche sur les plants de mes pommes de terre. Je pensais que faire un petit buttage seulement au moment de la levée permettait de ne pas gêner les tubercules pour sortir de terre. D’avoir un maximum de lumière pour sortir de terre.
Mais pour combler mon simple petit buttage et protéger mon sol je paille avec des tontes sèches et du foin progressivement sans gêner le développement de mes pommes de terre.
Je voudrais ton avis d’expert.
Penses tu que je puisse faire mieux tout en gardant un paillage pour protéger mon sol ?
Merci pour tes précieux conseils.
Ok… tu commences donc par butter (donc en limitant les problèmes de limaces en début de développement)… puis tu pailles progressivement par la suite… ça me parait à priori correct… mais, en buttant, tu perturbes forcément un peu la vie du sol (c’est inévitable)… Après, “pour faire mieux” (de ce point de vue), contente-toi de pailler dès le début (sans butter, donc sans perturber la vie du sol… mais avec plus de risques de limaces, et des rendements moindres…)… Mais on peut tourner longtemps en rond comme ça… Je te répète donc que chaque pratique a des avantages et des inconvénients (mon “avis d’expert” n’y peux rien…). En d’autres termes, si tu fais mieux d’un certain point de vue, ce sera moins bien de l’autre, et inversement… Je ne vois pas ce que je pourrais te répondre de plus…
Bonjour Gilles, je comfirme ton avis sur les pommes de terre sous paillis, en l’occurrence le foin pour moi conporte des inconvénients.
Déjà le rendement est moindre, et comme tu dis sur la première série (les primeurs) les ‘limaces font des dégâts, même si on couvre avec une protection au début.
Pour ma part pour la 2eme série je les enterre et butte légèrement.
Au début je paille très légèrement, en fait je paille en suivant la météo, je termine avec un paillage conséquent pour être sûr de limiter le verdissement. U9
Il faut se méfier en cas de grosses pluies répétées comme il y’a deux ans, j’ai été obligé de depailler.
Mon regret c’est d’être obligé de chahuter la vie du sol sur les premiers centimètres de ma terre, c’est embêtant pour la faune de surface.
As tu une autre solution ?
Merci pour ta réponse.
Bonne fêtes de fin d’année à vous tous.
Bonjour Stéphane,
Soit tu pailles, soit tu travailles la terre (avec une incidence minime si tu te contentes d’un petit travail en surface)… je ne vois pas d’autres possibilité…
Ton approche est intelligente et sensée. Ne cherche pas une perfection qui n’existe pas (à toute pratique il y a des avantages et des inconvénients).
Cordialement,
Gilles
Bonjour, je voulais savoir s’il est possible de pailler avec des feuilles mortes et la tonte de gazon ?
Merci pour votre réponse
Bonjour Martine,
Oui… Tout est possible. Mais on ne peut résumer ces questions en possible ou non… voyez ici l’article sur le paillage : https://www.un-jardin-bio.com/paillage-et-mulching/
Bonjour Gilles
Je pratique la culture des pdt sur gazon depuis 6 ans maintenant du côté de Redon (35)
Voici comment je procède :
– je tonds l’herbe que je fais “sécher” 24 à 48 heures
– je place mes semences à distance. Je dépose sur chacune d’elles un dôme de compost de 20/25 cm de diamètre et 15cm de haut
– je cerne chaque dôme avec ma tonte d’herbe
– je paille avec du foin provenant de marais “natura 2000” en interligne
– dès que mes plants font 15cm environ je paille autour
– enfin je complète le paillage au fur et à mesure de la croissance des plants en 2 ou 3 fois maxi pour avoir 50 cm de hauteur de paillis
Résultats depuis 6 ans pour 100 semences environ 150 kg de récolte.
Sol limono-argileux.
Cette technique m’a permis en 6 ans de créer un potager de 400 m2 simplement en déplaçant chaque année ma culture de pommes de terre.
Bonjour Gilles, j’ai trouvé très intéressant votre article sur la culture de pommes de terre sous paillis. Je voudrais planter des papates douces avec lemême principe. J’ai des plants qui ont déjà plusieurs feuilles. Qu’en pensez vous?
Merci pour tous vos articles et pour la réponse
Bonjour Isabelle,
Je pense que le paillage risque de casser les frêles tiges des patates douces.
Par ailleurs, les patates requièrent quand même une certaine chaleur du sol, ce que ne favorise pas un paillage épais posé précocement…
Cela dit, dans la région de Toulouse, ce dernier point n’est peut-être pas trop problématique.
Aussi, le meilleur conseil que je puisse vous donner est de faire une petit test (avec 2 ou 3 plants par exemple), en faisant bien attention de ne pas casser les tiges en posant le paillage… Vos retours d’expérience seront fortement appréciés?
Bon dimanche,
Gilles
bonjour, en mars j’ai laissé un message concernant mon expérience de “planter” des pommes de terre de consommation (petit stock qui germé et différentes variétés) dans un épais tas de feuilles mortes que j’ai étalé sur une bande de 3mx1m et de 40 cm d’épaisseur. tous cela sans aucune rigueur… jardiniers aguerri(es) veuillez m’excuser… je pratique un jardin d’agrément non nourricier à l’année. Sur un autre message je faisais suite de l’évolution: mars et début avril le temps à été plus frais et arrosé et même certains jours de gelée qui ont bien grillés les jeunes pousses des “patates” Hé oui ça à poussé par ci par là…. Comme dit si bien Gilles un paillage précoce n’est pas forcément adapté et encore moins avec des feuilles qui forment des strates compactes, décomposition “fraiche” avec les pluies rosée gel etc.. depuis 1 semaine la douceur passe par là… les pousses ressortent plus vigoureuses . je joint une photo de cette planche aujourd’hui, apparemment quelques petits dégâts de la gente baveuse.. Bref pour finir
Cela fonctionne un peu, j’ai rajouté d’autres tubercules il ya 15 jours je suis têtu.. Ce que j’en retire surtout, en effet le substrat est froid, il ya pas mal de vies dedans bonnes ou féroces, c’est risqué si la marchandise est achetée ou conséquente, mais cela fonctionne et m’intèresse . Je poursuis et reviendrais pour info. Si cela intrigue quelques personnes, tant mieux
Allez bon courage à tout le monde, et encore merci Gilles
Faut’ il utiliser du foin récent (encore embottelé de l’année ou plus vieux) ou peut ‘on utiliser du vieux foin ( stocké en vrac, humide)
Bonjour Jean-Claude,
Personnellement, pour une culture de pommes de terre sous paillis, je préfère du foin en bon état sanitaire, donc récent, pour limiter les risques de pourritures des tubercules…
Mais c’est peut-être là une crainte injustifiée ? Si certains lecteurs utilisent du vieux foin sans que cela pose problème, n’hésitez pas à nous en faire part ici !
Personnellement j’utilise un stock de foin qui a bien 30 ans provenant d’une grange voisine et qui a déjà pourri dans un talus pendant 1an et demi (la grange a été rachetée et vidée). Et bah les patates sont pas difficiles ! Ça change absolument rien haha 😂
Par contre c’est clairement la galère a eller sortir le foin du trou où il a été jeté en vrac 😅
J’ai fait à peu près la même chose, avec une moindre épaisseur de paillis, un peu de fertilisant pour des résultats analogues. Dés la 1ère canicule, le feuillage a brûlé. Les pommes de terre sont petites à moyennes, mais saines. Quelques unes aussi grignotées. C’est la 3 eme année que je pratique ainsi. Le principal avantage : plus de doryphores… et moins de travail.
Je suis étonné que vs fassiez cette mise en pratique depuis aussi peu de temps.Voilà 15ans que j’applique cette méthode et ne suis pas prèt d’en changer.Toutefois je procède un peu différemment:mon sol est toujours propre puisque tjrs paillé.Qd je prévois planter mes p de terre, je dégage la paille bien travaillée et mixée par les v de terre afin de la réchauffer.Ensuite je l’affine légèrement sur le rang afin d’incorporer le fertilisant organique puis je dépose ma p de terre .Aussitot après,je couvre les plants par 30 cm de paille mixée et je reviens 80j plus tard pr la récolte définitive.Préalablement, j’ai consommé des p de t nouvelles.Je considère que le rendement est correct par rapport à celui annoncé pour la variété donnée.Qt à la façon de procéder,le risque n’est pas grand à craindre et l’intérèt important qt au temps de travail demandé.
Nous n’avions que de la pelouse (plutôt un pré) autour de la maison. Je l’ai transformée en potager avec cette méthode :
Sur la pelouse tondue, j’ai déposé les pommes de terre en rangs
Sur chaque p dt, j’ai mis un petit tas de compost
Par dessus, j ‘ai rajouté un peu d’herbe tondue
Au fur et à mesure que les plants poussaient, je rajoutais un peu de terreau, un peu de tonte
A l’automne, j’ai fait de bonnes récoltes et la terre était meuble.
Et me voilà avec un potager de 400 m2 environ.
comme je ne savais pas encore comment faire, j’ai essayé un compromis cette année : les pommes de terre dans un sol bien préparé (grelinette/compost en automne, couvert pendant l’hiver) en avril j’ai planté les pommes de terre dans des trous d’environ 10 cm de profondeur, puis je n’ai jamais fait de butte mais j’ai fait un super paillage avec du foin en couche inférieure et de la paille en couche supérieure. de l’eau deux fois. planté en avril, récolté en juin. récolte magnifique.
C’est la 2e année que nous pratiquons la culture de PDT sous paillage. C’est plutôt satisfaisant. La récolte a été variable, à la fois selon les zones (déjà cultivées l’an passé ou non: les 2e ont moins données, sol très argileux), selon les variétés et selon les plants. Mais globalement la sécheresse a laissé des traces, les PDT n’ont pas eu le temps de faire pleinement leur cycle.
Pour l’an prochain nous allons bien laisser les pluies d’automne humidifier le sol, puis nous paillerons les planches, puis nous bâcherons toute la zone, et l’an prochain nous essaierons d’utiliser du compost.
Gilles, est-ce gênant de cultiver les PDT tous les ans au même endroit? (sachant que nous n’avons guère le choix)
Bonjour André,
Oui… c’est gênant (mêmes prélèvements tous les ans, risques de maladies)… mais comme vous dites que vous n’avez pas le choix…
bonjour,,,, l arrosage a du mal à traverser 30cm de foin, perso je pose les tubercules et le foin quand le sol est bien trempé et ensuite pas d’arrosage jusqu’à la récolte,
Bonjour,
Sana arrosage du tout … Dans quelle région êtes vous? Chez moi, en Haute Provence, avec une sècheresse terrible commencée dès cet hiver, le sol est sec sur au moins 30 cm (ma sonde ne descend pas plus bas). Malgré le paillage, j’ai dû arroser, mais pour certaines plantes, ce fut insuffisant : pour la 1ère foi depuis fort longtemps, je dois acheter des courgettes !
Bien à vous.
Ma terre étant très argileuse, j’avais tenté cette méthode après une première plantation et récolte désastreuse en mode “traditionnel” l’année de mon arrivée ici.
Au moment de la récolte, les pommes de terres, belles sur les dessus, étaient toutes grignotées par dessous et déjà attaquées par les cloportes ou a demi décomposées.
Depuis, je cultive peu de pommes de terres, de façon traditionnelle, et le paille après le buttage. En fait, je m’en sert pour “nettoyer” une parcelle. Par exemple cette année, j’ai mis des pommes de terre à la place d’une ancienne planche de fraises envahie par le liseron, et, surtout, potentille rampante. La culture des PdT a permis de bien enlever les racines de ces plantes indigènes, indicatrices des sol très argileux.
De plus, après la récolte en primeur, j’ai apporté quelques seaux de compost, et désormais, ce sont navets , choux et poireaux qui ont pris place sur cette planche.
Ma conclusion : en présence de rat taupiers, la culture de PdT sous paillis est un désastre.
D’ailleurs, j’ai constaté que les plantes de la familles des aïls éloignent ces bestioles, du coup, je calcule pour avoir en permanence des cultures, d’ail, d’oignon, de poireaux un peu partout dans le potager, pour voir moins de dégâts (les rats viennent de deux friches voisines où les propriétaires ne font rien pour limiter leur propagation).
Bonjour, cette année, j’ai planté mes pommes de terre sous paillis de foin le 28 mars, par contre, en début d’hiver, j’ai mis le foin bien épais sur le rang. Au moment de la plantation, je l’ai écarté à l’endroit où j’ai enterré les pommes de terre à environ 15cm de profondeur, j’ai mis une belle poignée de fumier de mouton bien mûr sur la terre. Mes patates ont bien poussé, et sont très belles. Je vais rajouter du foin autour de tous les pieds le long du rang. Voilà, j’attends le résultat à la récolte.
Je cultive mes pommes de terre sous paille / foin / déchets végétaux variés depuis quelques années, surtout parce que dans ma terre très argileuse, c’est beaucoup plus simple !
En fait, c’est ma culture d’année 1, quand je veux créer une nouvelle zone : tonte, pommes de terre, paillage, récolte qui fait aussi office de séance de désherbage, re-paillage ou semis d’engrais verts, et ma zone est prête pour les années suivantes ! Pas forcément pour y faire du potager d’ailleurs, j’avais aussi fait comme ça avant d’implanter une haie ou aux futurs emplacements des petits fruits.
Selon les années, la récolte est inégale, mais jusque là suffisante, et ça me permet d’utiliser mes vieilles pommes de terre molles et moches qu’il me reste enfin d’hiver. Bref, je trouve que c’est un bon compromis, qui me permet de produire directement sur une zone brute, et me permet, année après année, d’aménager mon espace !
Merci pour ce partage Julie.
Mettre une nouvelle zone en culture avec des pommes de terre sous paillis est en effet une bonne façon de procéder (simple et efficace pour “nettoyer” un terrain).
Cordialement,
Gilles
Bonjour,
En 2021 j’ai plante 10 kg de pdt sous foin/ sur gazon avec juste une poignée de terreau a chaque tubercule , quelques mois après j’ai récolté environ 60kg (en ajoutant les 10 kg manges et partagés en pdt nouvelles ) j’ai juste du remettre du paillage a mi parcours😁
Effectivement 2-3 campagnols sont venus casser la croûte et quelques patates ont verdit mais je les ai laissés en places pour avoir des spontanées en 2022. Juste après les pdt j’ai planté des courgettes et courges qui ont été hyper productives et vraiment massives ! (Mon sol est plutôt très tassé et pas franchement nourricier )
Cette année je recommence sans aucune hésitation !
PS : j’habite à la campagne et les voisins venaient régulièrement inspecter mes pratiques “olé olé ” haha ! Ils ont pas été déçus j’ai eu le même rendement qu’eux avec charrue – buttage- engrais- sueur et mal de dos mais sans rien faire d’autre que m’asseoir et regarder !
Est ce que vous buter les plants ?
Bonjour vous mettez le gazon et ensuite le foin sur quelle épaisseur ?
Bonjour à tous . Aujourd’hui étant noyé à l’extérieur j’en profite pour regarder les conseils de Gilles et n’ayant qu’une expérience de débutant en ce qui concerne les PDT c’est une fois de plus très intéressant et le mérite apparemment de demander beaucoup moins d’efforts que ce que je croyais. Alors juste une question pour ce qui concerne le choix entre le foin et la paille , celle-ci n’est-elle pas gavée de pesticides en comparaison du foin naturel ?
Bonjour Pascal,
Il y a en effet plus fréquemment des pesticides avec la paille que le foin… sauf évidemment pour de la paille bio (et certains éleveurs conventionnels traitent peu… à voir avec eux).
Amicalement,
Gilles
Bonjour,
Article intéressant qui conforte mon expérience de ces dernières années.
J’ai voulu cultiver quelques pommes de terre dans un jardin, mais ne pouvant pas y aller régulièrement pour butter, j’ai testé la culture sous paille, avec arrosage programmé.
Les trois premières années, simplement en paillant au dessus (bintje, belle de fontenay, amandine). J’ai remarqué une végétation réduite et une récolte médiocre. Je me suis demandé si mon sol était pauvre mais des cultures de courges, poivrons, melons, à côté fonctionnaient très bien.
L’année suivante en mettant du carton sous la paille et en ayant mis un peu de compost dans le sol. Idem, récolte médiocre mais gros avantage pour étouffer les liserons.
Je testerai bien la méthode de Christian : butte au début puis foin par la suite.
Bonne journée.