Au mois de septembre, le potager se trouve à cheval entre deux saisons. Les tomates portent généralement encore des fruits, les courgettes continuent parfois à produire et quelques rangs de haricots offrent souvent de belles récoltes. Pourtant, dans le même temps, les jours raccourcissent et les semis d’automne commencent à réclamer leur place.
C’est là que le doute s’installe. Faut-il conserver les cultures d’été en septembre jusqu’à leur épuisement complet ? Ou vaut-il mieux les retirer pour semer de la mâche, des épinards, des radis ou un engrais vert ?
La réponse n’est pas la même pour toutes les plantes. Arracher tous les légumes d’été dès le début du mois peut être prématuré, surtout si les plants restent vigoureux et que les fruits continuent à mûrir. À l’inverse, maintenir jusqu’aux premières gelées des pieds malades ou devenus improductifs ne présente guère d’intérêt.
Il faut donc observer avant de décider. L’état de la plante, les récoltes encore possibles, votre climat et la culture prévue ensuite donnent de bien meilleurs repères qu’une date inscrite sur le calendrier.
Voyons comment faire ce choix au cas par cas, sans arracher trop tôt, mais sans laisser non plus des cultures épuisées occuper inutilement le terrain.
Septembre, un mois d’arbitrage au potager
Les cultures d’été n’ont pas forcément terminé leur cycle
Le mois de septembre ne marque pas partout la fin immédiate de la saison estivale. Dans le Sud, sur la façade atlantique ou lors d’une belle arrière-saison, les tomates, poivrons et courgettes peuvent encore produire pendant plusieurs semaines.
Même dans les régions plus fraîches, les journées restent parfois suffisamment chaudes pour faire mûrir les fruits déjà bien développés. Sous une serre ou un tunnel, les récoltes peuvent se prolonger encore davantage.
Chez moi, en Dordogne, il arrive que les tomates continuent à mûrir jusqu’en novembre, voire décembre sous serre. Mais certaines années humides, le feuillage décline beaucoup plus tôt. Le calendrier donne donc un repère, pas une date d’arrachage obligatoire.
Les conditions de croissance changent rapidement
À partir de septembre, la durée du jour diminue nettement. Le soleil monte moins haut, les nuits deviennent plus fraîches et les rosées persistent davantage sur le feuillage.
Les plantes frileuses réagissent à ces changements. Leur croissance ralentit. Les nouvelles fleurs donnent moins facilement des fruits, tandis que les tomates, aubergines ou poivrons déjà formés demandent plus de temps pour mûrir.
L’humidité nocturne augmente aussi les risques de maladies, en particulier sur les tomates, les concombres et les courgettes. Une plante qui semblait encore solide à la fin du mois d’août peut décliner en quelques jours si le temps devient frais et pluvieux.
Conserver une culture occupe une place qui pourrait servir autrement
Garder un pied de tomate ou de courgette ne pose aucun problème si vous n’avez rien prévu après. En revanche, la question change lorsqu’un semis de mâche, d’épinards ou de radis doit prendre le relais.
Une culture d’été médiocre peut alors vous faire manquer la bonne période pour installer une culture d’automne. Trois courgettes hypothétiques ne compensent pas toujours une planche d’épinards ou de mâche qui aurait pu produire pendant plusieurs mois.
Cette réflexion fait partie de la planification des cultures au potager. Une planche n’est pas seulement occupée par la culture présente. Elle prépare aussi les récoltes suivantes.
La bonne question à vous poserNe cherchez pas seulement à savoir si la plante peut rester vivante quelques semaines supplémentaires. Demandez-vous si elle peut encore donner une récolte intéressante.
- Le plant est-il toujours vigoureux ?
- Les fruits déjà présents peuvent-ils mûrir ?
- La place serait-elle mieux utilisée par une autre culture ?
Quatre critères pour décider de prolonger une culture d’été
Le plant est-il encore sain et vigoureux ?
Commencez par observer l’ensemble de la plante. Un feuillage un peu fatigué en fin de saison n’a rien d’anormal. Les feuilles les plus anciennes jaunissent, certaines tiges sèchent et la croissance devient moins rapide.
En revanche, un plant qui ne produit plus de nouvelles feuilles, dont les tiges ramollissent ou dont la maladie progresse chaque jour arrive probablement en fin de course.
Regardez surtout le cœur de la plante et les jeunes pousses. Sur une courgette, quelques vieilles feuilles couvertes d’oïdium ne justifient pas toujours l’arrachage. Si le centre reste vert et que de nouveaux fruits se forment, le plant peut encore produire.
Les fruits ont-ils une chance réelle d’arriver à maturité ?
Tous les fruits présents en septembre ne se valent pas. Une grosse tomate encore verte a de bonnes chances de mûrir. Une fleur apparue au milieu du mois, beaucoup moins.
Il en va de même pour les poivrons, les aubergines, les melons et les courges. Concentrez-vous sur les fruits déjà bien développés. Les fleurs très tardives et les fruits minuscules mobilisent la plante sans garantir une récolte.
Vous pouvez alors supprimer quelques fleurs nouvelles ou l’extrémité de certaines tiges pour orienter les ressources vers les fruits existants. Mais restez mesuré. Une taille sévère affaiblirait la plante et exposerait les fruits au soleil direct.
Votre climat laisse-t-il encore assez de temps ?
Une tomate verte n’évoluera pas de la même façon à Perpignan, à Brest, à Strasbourg ou dans un jardin situé à 800 mètres d’altitude.
Dans les régions méridionales et les secteurs océaniques doux, les cultures d’été peuvent généralement rester plus longtemps en place. Dans les zones continentales, montagneuses ou exposées aux brouillards matinaux, la baisse des températures se fait sentir plus tôt.
Observez aussi votre propre jardin. Une parcelle orientée au sud, protégée du vent et entourée de murs conserve mieux la chaleur qu’un potager ouvert au nord. Quelques centaines de mètres peuvent parfois changer les conditions.
Avez-vous besoin de la place maintenant ?
Avant de garder une plante, demandez-vous ce que vous pourriez semer ou planter à sa place. Les semis et plantations de septembre ne disposent pas tous de la même marge.
Un engrais vert peut parfois attendre quelques jours. En revanche, un semis tardif d’épinards ou de mâche risque de lever plus lentement et de produire beaucoup plus tard.
Votre décision doit donc tenir compte de la valeur de la récolte restante, mais aussi de celle de la culture suivante.
Quelles cultures d’été prolonger en septembre ?
| Culture | Signes encourageants | Signes de fin de culture | Décision probable | Suite envisageable |
|---|---|---|---|---|
| Tomate | Plant sain, fruits déjà formés, nouvelles pousses vigoureuses | Maladie active, tiges très atteintes, croissance arrêtée | Prolonger les plants sains, retirer les autres | Mâche, épinard, engrais vert ou paillage |
| Poivron et piment | Fruits bien développés, emplacement chaud ou culture sous abri | Petits fruits bloqués, nuits fraîches, feuillage affaibli | Conserver tant que les fruits progressent | Radis, salade ou couverture du sol |
| Aubergine | Fruits proches de leur taille finale, feuillage sain | Fleurs sans suite, fruits qui ne grossissent plus | Garder seulement les plants prometteurs | Épinard ou engrais vert |
| Courgette | Cœur vert, nouvelles feuilles, fruits réguliers | Oïdium généralisé, fruits qui avortent, pied épuisé | Prolonger ou retirer selon la vigueur | Mâche, épinard ou paillage |
| Concombre | Jeunes pousses saines, fruits bien formés | Feuillage desséché, fruits déformés, absence de croissance | Décider rapidement | Engrais vert ou couverture organique |
| Haricot | Présence de fleurs et de jeunes gousses | Rang desséché, absence de nouvelles gousses | Récolter puis retirer | Radis, salade ou épinard |
| Melon et pastèque | Fruits déjà bien développés | Uniquement de jeunes fruits ou de nouvelles fleurs | Conserver les fruits avancés | Engrais vert ou paillage |
Tomates : conservez les plants sains et chargés de fruits
La tomate reste probablement la culture qui provoque le plus d’hésitations. En septembre, les plants portent parfois de nombreux fruits verts, mais leur feuillage commence à montrer des signes de fatigue.
Si les tiges restent solides et que les fruits grossissent, laissez les plants en place. Récoltez régulièrement les tomates mûres et retirez les feuilles très abîmées, surtout lorsqu’elles touchent le sol.
Vous pouvez aussi raccourcir les tiges qui continuent à fleurir sans porter de fruits suffisamment avancés. Cette intervention concentre la fin de saison sur les tomates déjà présentes.
Évitez toutefois d’effeuiller brutalement les plants. Les feuilles nourrissent les fruits et les protègent des variations de température. Une tomate presque entièrement dénudée ne mûrit pas nécessairement plus vite.
Si une période froide ou très humide s’annonce, récoltez les fruits qui ont atteint leur taille normale. Vous trouverez des solutions pour les faire mûrir ou les cuisiner dans l’article consacré aux tomates encore vertes en fin de saison.
Poivrons, piments et aubergines : la chaleur devient le facteur limitant
Les poivrons, les piments et les aubergines aiment davantage la chaleur que les tomates. Leur maturation devient donc très lente lorsque les nuits descendent régulièrement sous une douzaine de degrés.
Sous serre ou dans un emplacement abrité, les fruits déjà formés peuvent encore évoluer. En pleine terre, dans une région fraîche, les nouvelles fleurs de septembre donnent rarement une récolte satisfaisante.
Supprimez les fleurs les plus tardives et conservez quelques fruits bien avancés. Si ceux-ci ne grossissent plus pendant une dizaine de jours malgré des conditions correctes, le plant occupe probablement la place sans réel bénéfice.
Courgettes et concombres : observez le centre de la plante
Les courgettes peuvent produire jusqu’aux premières nuits froides, mais les premiers pieds semés au printemps arrivent parfois au bout de leurs forces en septembre.
Ne vous fiez pas uniquement aux vieilles feuilles. Regardez le cœur du plant. S’il développe encore de jeunes feuilles et des fruits bien formés, conservez-le. Retirez seulement les feuilles très atteintes ou couchées sur le sol.
À l’inverse, un pied dont le centre jaunit, qui ne produit plus que des fruits déformés ou qui avorte toutes ses jeunes courgettes a peu de chances de repartir.
Les concombres déclinent généralement plus vite. Dès que le feuillage se dessèche largement et que les fruits deviennent petits ou amers, mieux vaut libérer la planche.
Haricots : récoltez tant que de nouvelles gousses se forment
Les haricots à rames et les semis réalisés en début d’été peuvent encore produire en septembre. Continuez les récoltes tous les deux ou trois jours pour éviter que les gousses vieillissantes freinent la formation des suivantes.
Lorsque les plants ne portent plus ni fleurs ni jeunes gousses, leur maintien devient inutile. Coupez-les au niveau du sol, puis laissez les racines se décomposer dans la terre si les plantes sont saines.
Les nodosités présentes sur les racines témoignent de l’activité des bactéries associées aux légumineuses. Il est inutile de les arracher.
Melons et pastèques : concentrez-vous sur les fruits avancés
Un melon déjà proche de sa taille finale peut encore mûrir pendant une belle arrière-saison. Un fruit de la taille d’une noix formé au mois de septembre aura beaucoup moins de chances d’aboutir.
Retirez les nouvelles fleurs et les très jeunes fruits. Conservez le feuillage sain autour des fruits bien développés. Il continue à fabriquer les sucres nécessaires à leur maturation.
Basilic : récoltez avant le premier vrai refroidissement
Le basilic réagit vite aux nuits fraîches. Son feuillage noircit parfois après une seule nuit froide, surtout dans un emplacement humide.
Récoltez généreusement avant l’arrivée d’une période fraîche. Vous pouvez conserver quelques extrémités fleuries pour produire vos graines, mais ne comptez pas sur une longue reprise automnale.
Gagner quelques jours sans chauffer le jardinUne protection légère suffit parfois à prolonger la maturation des fruits déjà formés.
- Fermez les serres et tunnels en fin d’après-midi, puis aérez dès que la température remonte.
- Posez un voile sur les cultures basses pendant les nuits fraîches.
- Récoltez préventivement avant plusieurs jours de pluie froide.
- Évitez les protections hermétiques qui maintiennent une humidité excessive.
Comment prolonger les récoltes sans s’acharner ?
Récoltez régulièrement les fruits prêts
Un concombre trop gros, une courgette devenue énorme ou des haricots remplis de graines mobilisent inutilement la plante (sauf si votre objectif est la reproduction de graines… qui ne se pratique pas n’importe comment !). Une récolte régulière soutient la production des fruits plus jeunes.
Cette règle devient encore plus utile en fin de saison, lorsque la plante dispose de moins de lumière et de chaleur.
Retirez les parties très abîmées, mais conservez assez de feuillage
Les feuilles malades, cassées ou couchées sur un sol humide peuvent être supprimées. Utilisez un outil propre et intervenez de préférence par temps sec.
Ne cherchez pas à obtenir des plants parfaitement propres. Une courgette ou une tomate de septembre n’aura jamais l’apparence d’une plante de juin. Ce n’est pas une raison pour lui retirer la moitié de son feuillage.
Réduisez progressivement les arrosages
Avec la baisse des températures, l’eau s’évapore moins vite. Les besoins diminuent donc, même si les plantes portent encore des fruits.
Arrosez au pied, de préférence le matin, et vérifiez l’humidité sous le paillage avant d’intervenir. Un sol détrempé et des nuits fraîches forment un terrain favorable aux maladies.
Renoncez aux apports azotés tardifs
Un engrais riche en azote pousserait les plantes à former de nouvelles feuilles et de jeunes tiges. Cette végétation tendre aurait peu de temps pour se renforcer avant le froid.
À ce stade, mieux vaut accompagner la maturation des fruits présents que tenter de relancer artificiellement une nouvelle phase de croissance.
Quand faut-il vraiment libérer la place ?
Lorsque la maladie progresse rapidement
Une maladie qui gagne chaque jour du terrain change la décision. Sur les tomates, un feuillage fortement atteint accompagné de taches sur les tiges ou les fruits justifie généralement une fin de culture.
Conserver un plant très malade ne fera pas mûrir davantage les fruits. Il risque plutôt d’augmenter la quantité de résidus contaminés et de compliquer le nettoyage de la planche.
Lorsque la plante ne forme plus de récolte utile
Une plante peut rester verte sans produire. C’est particulièrement trompeur avec les aubergines, les poivrons et certaines courgettes affaiblies.
Marquez mentalement ou physiquement les jeunes fruits, puis observez leur évolution pendant quelques jours. S’ils ne grossissent plus, vous aurez une réponse plus fiable qu’en regardant seulement la couleur du feuillage.
Lorsqu’un semis d’automne ne peut plus attendre
La mâche, les épinards, les radis et les laitues d’hiver ont besoin d’une levée correcte avant que la lumière et les températures ne diminuent trop.
Si vous avez prévu une culture d’automne, ne sacrifiez pas toute la planche pour quelques fruits incertains. Conservez éventuellement les plants les plus prometteurs et libérez progressivement le reste.
Cette méthode évite le grand arrachage général. Elle crée de petites surfaces disponibles au fil des semaines et facilite la succession des cultures.
Lorsqu’un refroidissement durable s’installe
Une nuit fraîche isolée ne condamne pas forcément les cultures d’été. Plusieurs jours froids, couverts et humides ont davantage de conséquences.
Lorsque les températures ne remontent plus suffisamment dans la journée, la maturation ralentit presque complètement. Les protections légères ne font alors que retarder l’inévitable.
L’erreur du « je garde encore un peu »Reporter l’arrachage de semaine en semaine peut vous faire manquer la période favorable aux cultures suivantes.
- Fixez-vous une date de réévaluation quelques jours plus tard.
- Vérifiez si les fruits ont réellement progressé.
- Comparez la récolte espérée avec celle que donnerait la culture suivante.
Comment retirer les cultures sans maltraiter le sol ?
Couper ou arracher les pieds ?
Pour les plantes saines, vous pouvez couper les tiges au niveau du sol et laisser les racines se décomposer sur place. Elles nourriront la vie souterraine et laisseront de petits canaux dans la terre.
Cette méthode convient bien aux haricots, tomates, poivrons et aubergines. Elle devient moins pratique avec les grosses souches de courgettes, qui se retirent généralement sans grand effort.
Si la plante souffre d’une maladie importante touchant aussi le collet ou les racines, retirez l’ensemble du pied pour examiner la situation.
Que faire des résidus de culture ?
Les résidus sains peuvent rejoindre le compost ou être découpés puis déposés en surface. Les tiges épaisses de tomates, d’aubergines ou de poivrons se décomposent lentement. Un broyage grossier accélère le processus.
Pour les plantes très malades, la décision dépend du problème rencontré et du fonctionnement de votre compost. Un petit tas qui chauffe peu ne détruit pas forcément les agents pathogènes.
La gestion automnale des végétaux ne consiste pas à rendre le potager nu et impeccable. Vous trouverez une approche plus complète dans l’article consacré au nettoyage naturel du potager en automne.
Évitez de retourner profondément la terre
Après le retrait des cultures, un passage léger de la grelinette peut être utile si le sol est compacté. Dans une terre souple et bien couverte, un simple dégagement de la surface suffit généralement.
Le bêchage profond bouleverse les couches du sol et demande un effort dont votre dos se passerait volontiers. Les organismes souterrains travaillent toute l’année. Laissons-leur un peu de tranquillité.
Que cultiver après les légumes d’été ?
Des légumes à croissance rapide
Les radis, certaines laitues à couper et les jeunes pousses occupent rapidement une petite surface libérée. Leur réussite dépend toutefois de la date, de votre région et de l’exposition de la planche.
Dans les secteurs chauds, ombrez légèrement les semis pendant les premiers jours et maintenez le sol frais jusqu’à la levée.
Des légumes pour l’automne et l’hiver
La mâche et les épinards figurent parmi les meilleures cultures de succession. Ils apprécient le rafraîchissement progressif des températures et occupent bien les planches libérées par les légumes d’été.
Les radis d’hiver, certaines laitues, les navets et les oignons blancs peuvent aussi trouver leur place, selon l’avancement du mois.
Un engrais vert si la planche restera libre
Lorsque vous ne souhaitez pas produire de légumes à cet emplacement, semez un couvert végétal. Il protégera la surface contre les pluies, limitera les herbes spontanées et fournira de la matière organique.
Le choix dépend de la date et de la culture précédente. La moutarde pousse vite, mais elle appartient à la même famille que les choux, navets et radis. Le seigle, l’avoine, la vesce ou la féverole répondent à d’autres besoins.
Pour choisir une espèce ou un mélange, reportez-vous au dossier consacré aux engrais verts au jardin.
Un paillage s’il est trop tard pour semer
Si la saison est déjà avancée ou si le sol devient trop froid pour obtenir une levée régulière, couvrez la planche avec des feuilles mortes, du foin, de la paille ou des résidus végétaux sains.
Cette couverture limite le tassement provoqué par les pluies et nourrit progressivement les organismes du sol. Vous préparerez ainsi la saison suivante sans laisser la terre nue.
L’article sur la manière de préparer naturellement le sol en automne vous donnera des repères complémentaires.
À retenir pour une planche libéréeUne terre débarrassée de ses cultures d’été ne devrait pas rester nue pendant plusieurs mois.
- Semez un légume d’automne si la période reste favorable.
- Installez un engrais vert si vous ne prévoyez pas de récolte.
- Couvrez le sol avec des matières organiques lorsque les semis deviennent trop tardifs.
Les erreurs fréquentes en fin d’été
Tout arracher dès le début de septembre
Le premier septembre n’est pas une date magique. Une culture vigoureuse et productive mérite de rester en place, surtout si vous n’avez aucun besoin immédiat de la planche.
Conserver tous les plants jusqu’aux gelées
À l’inverse, conserver tous les plants jusqu’aux gelées n’a guère d’intérêt lorsqu’ils ne produisent plus ou que les derniers fruits ne grossissent plus.
Semer trop tard les cultures suivantes
La lumière devient le principal facteur limitant en automne. Un semis retardé de quinze jours peut lever correctement, mais végéter ensuite pendant plusieurs semaines.
Libérez donc en priorité les surfaces destinées aux cultures qui doivent démarrer rapidement.
Laisser la terre nue après l’arrachage
Un sol nu subit directement les pluies, le vent et les variations de température. Sa surface peut se tasser, former une croûte ou perdre une partie de son activité biologique.
Semez, plantez ou couvrez. Ces trois solutions valent mieux qu’un grand espace propre, laissé à découvert jusqu’au printemps.
Faut-il prolonger les cultures d’été en septembre ?
Prolonger les cultures d’été en septembre reste intéressant lorsque les plants sont sains, que les fruits progressent encore et que la place n’est pas attendue par une culture plus utile.
Mais la fin de saison demande aussi un peu de lucidité. Une plante épuisée, malade ou bloquée par le froid ne repartira pas parce que vous lui accordez une semaine supplémentaire.
Faites le tour de votre potager et examinez chaque culture séparément. Vérifiez son état, estimez les récoltes réalistes, tenez compte de votre climat et regardez ce qui pourrait lui succéder.
Vous arriverez peut-être à une solution intermédiaire : conserver deux beaux pieds de tomates, arracher les courgettes fatiguées, semer quelques rangs d’épinards et couvrir le reste. Le potager n’exige pas une décision identique pour toutes les planches.
Et chez vous, quelles cultures d’été produisent encore en septembre ? Vos observations régionales seront utiles à d’autres jardiniers et jardinières. Vous pouvez les partager dans les commentaires.
FAQ – prolonger ou arrêter les cultures d’été
Puis-je rentrer un pied de poivron ou d’aubergine cultivé en pot ?
Vous pouvez le placer sous une véranda lumineuse, dans une serre ou près d’une fenêtre bien exposée avant les nuits froides. Inspectez soigneusement le feuillage pour ne pas introduire de pucerons ou d’aleurodes. La maturation des fruits présents peut se poursuivre, mais la plante risque de perdre une partie de ses feuilles avec le changement de conditions.
Faut-il récolter toutes les tomates avant plusieurs jours de pluie ?
Récoltez en priorité les tomates qui ont atteint leur taille normale et commencent à changer de couleur. Les très petits fruits peuvent rester sur le plant si celui-ci est sain. Lorsqu’un épisode pluvieux s’accompagne d’une nette baisse des températures, mieux vaut toutefois ramasser une partie des fruits pour limiter les risques d’éclatement et de maladie.
Peut-on conserver les cultures d’été plus longtemps sous une serre non chauffée ?
Une serre non chauffée prolonge généralement la saison en protégeant les plantes de la pluie, du vent et des premières nuits froides. Aérez-la chaque jour pour évacuer la condensation. Fermez-la avant la baisse des températures, mais évitez de maintenir une atmosphère humide qui favoriserait les maladies.
Que faire si je libère une planche trop tard pour semer un engrais vert ?
Couvrez le sol avec des feuilles mortes, du foin, de la paille ou des résidus végétaux sains. Vous pouvez aussi déposer une couche de compost mûr avant le paillage. Cette protection restera en place pendant l’hiver et sera écartée au moment des semis printaniers.
Les racines des tomates et des courgettes peuvent-elles rester dans le sol ?
Les racines de tomates saines peuvent rester en terre après la coupe des tiges. Elles se décomposeront progressivement. Les souches de courgettes sont plus volumineuses et se retirent facilement. Si une plante présente une pourriture du collet ou un problème racinaire, retirez l’ensemble du système racinaire pour examiner le sol et éviter de laisser des tissus atteints.






Merci pour tous ces conseils,mais dans ce sud Aveyron une absence de pluie depuis la mi avril et des chaleurs encore forte fait que je suis obligé de mettre beaucoup en « stand-by » par défaut d’eau pour arroser ayant épuisé toutes mes réserves,entre 11 et 12 m3, et il n’est pas conseillé de prendre l’eau du robinet pour la préserver aux usages domestiques.
En attendant la pluie je vous souhaite une bonne soirée
Très, très bonne choix que ce blog de septembre .
Instinctivement j’ai commencé a pratiquer vos conseils et, donc, ça me conforte que mes instincts sont bons.
Par contre, vous ne parlez pas des choux dont je pensais qu’on pouvait en planter jusque début octobre ?
Merci
Pascal L P
Bonjour Pascal,
Oui, vous avez raison : certains choux peuvent encore être plantés en septembre, voire début octobre selon les régions et les variétés.
Si je n’en parle pas ici, c’est surtout parce que l’article ne cherche pas vraiment à faire le tour des cultures à installer à cette période. Et après des légumes-fruits, déjà gourmands, les choux ne sont pas forcément la succession la plus évidente puisqu’ils le sont eux aussi.
Mais c’est tout à fait envisageable si le sol est suffisamment riche.
Cordialement,
Gilles
Merci Gilles pour tous ces conseils de bon sens mais qui ont le mérite de faire réfléchir. Je lis vos publications chaque semaine et j’y trouve toujours un intérêt et les conseils d’un professionnel qui sait de quoi il parle, ce qui n’est pas toujours le cas quand on consulte internet. J’espère que vous pourrez nous informer aussi gentiment pendant encore longtemps . Merci encore à vous.
Merci pour le soutien Michèle !
Bonjour, comme les pieds de poivrons que je sème en février poussent doucement la première année et donnent peu du coup, je rentre toujours mes plants dans des pots.
Ils repoussent encore mieux et plus vite, comme ils sont déjà grands, dès le début de la prochaine saison et font bien plus de poivrons que la première année :o)
On pourrait dire que je les traite presque en bisannuelle mais c’est une plante vivace à l’origine et ça marche !
Par contre il ne faut pas oublier d’en resemer en début d’année pour avoir pleins de poivrons en 2028 !
Bon week-end :o)
Merci pour le partage Nat !