Je vous convie aujourd’hui à mes récoltes de carottes au mois d’octobre… avec un petit retour sur cette culture potagère.
Les fidèles lecteurs et lectrices de ce blog l’auront remarqué : il y a un moment que je n’ai pas publié un article.
À dire vrai, en pleine saison de maraîchage entre le travail au jardin et les prestations de conseils, j’ai beaucoup de mal à trouver du temps pour cela.

Mais les travaux au potager sont maintenant moins nombreux, même si j’ai encore pas mal de choses à faire : rentrer les dernières courges (avant les gelées…), récolter pour les ventes de panier, protéger les cultures fragiles avec un voile d’hivernage, sarcler les fèves, l’ail ou encore les oignons blancs qui pointent le bout du nez…
Alors, prenons un peu de temps pour revenir ensemble sur une culture parmi les plus difficiles à réussir en bio, les carottes.
Le but de cet article n’est pas de détailler techniquement la culture de la carotte (cela a déjà été fait ici) mais plutôt d’en partager avec vous la mise en pratique à travers ma propre expérience…
Préparation du sol
L’une des principales difficultés de la culture de la carotte réside dans la maîtrise des adventices en début de végétation.
En effet, les carottes sont longues à lever (ça peut mettre facilement 3 semaines au printemps) et les jeunes plantules sont rapidement complètement envahies, voire étouffées, par “les mauvaises herbes“. La culture a alors beaucoup de mal à se développer correctement…
Aussi, pour permettre aux carottes de lever dans un sol non encore envahi par les adventices (les herbes spontanées si vous préférez), j’utilise la technique du faux semis.

Notez toutefois que la carotte semée en début juillet lève beaucoup plus vite (entre 5 et 8 jours en moyenne) à condition de maintenir le sol constamment humide jusqu’à la levée (Cette année, je n’ai même pas eu besoin d’arroser… Les pluies ont fait le travail).
Le faux-semis n’est pas alors une nécessité… Mais ça aide bien quand même.
Mise en place de la culture de carottes

Les carottes ont été semées en ligne début juillet avec un semoir maraîcher. Ce semis tardif est destiné aux récoltes de fin d’automne et d’hiver.
Elles ont été semées à côté des poireaux pour se protéger mutuellement de leurs mouches respectives dont les larves (des vers) peuvent causer de sérieux dégâts.
Maîtrise du démarrage
J’ai effectué un premier sarclage entre lignes de cultures (avec une houe maraîchère), et ce juste après la levée (qui s’est fait en 7 jours environ),
Un autre sarclage, accompagné d’un léger buttage (Le but étant de recouvrir le collet… lieu de ponte de la mouche de la carotte) a eu lieu durant la deuxième quinzaine d’août.

J’ai enfin procédé à un démariage (= éclaircir les carottes en supprimant celles trop proches) accompagné d’un désherbage manuel sur ligne. Je n’éclaircis pas trop. Cela permet de récolter quelques petites carottes assez rapidement tout en gardant un bon couvert sur la ligne.
Enfin, en septembre, les plantes hautes (beaucoup d’amarantes chez moi) ont été arrachées pour éviter qu’elles ne recouvrent la culture.
Par contre, les adventices basses sont maintenant laissées en place couvant ainsi parfaitement le sol…et préservant une certaine fraîcheur.
Les récoltes de carottes

Les récoltes ont démarré il y a environ 15 jours.
Je commence par prélever celles qui sont en surnombre (touchant une autre)… et les carottes sont déjà jolies !
Des légumes sains et préservés :

Très peu d’attaques de vers (le collet de la carotte est moins accessible lorsque le sol est couvert).
Les carottes sont bien formées et savoureuses…
Facilité d’arrachage : avec les herbes, le sol reste souple. Les carottes s’arrachent facilement à la main, malgré ce début d’automne sec chez moi…
On peut aussi pailler…
Le paillage est à la mode… et c’est une très bonne chose.
Mais pour les cultures de légumes racines, cela peut poser pas mal de problèmes, notamment de rongeurs. Je préfère donc personnellement procéder comme présenté sur cette page… pour cette même raison. Mais aussi par exemple parce que les systèmes racinaires des adventices sont utiles à la vie du sol… Plus encore qu’un paillage à mon sens.
Et vous-même, comment cultivez-vous vos carottes ? Avec quels résultats ? Votre expérience nous intéresse. Alors n’hésitez pas à laisser un petit commentaire ci-dessous !





Bonjour Gilles,
Une phrase dans cet article a attiré mon attention : « les systèmes racinaires des adventices sont utiles à la vie du sol… Plus encore qu’un paillage à mon sens. »
Effectivement moi j’ai constaté que les vers de terre aiment se cacher dans les racines de certaines adventices. Mais comment gérer donc les adventices ?
Quelles adventices doit-on laisser ? Lesquelles retirer ? Cela dépend-t-il de la légume qu’on veut cultiver ? Doit-on retirer les adventices entièrement (ce que je fais) ou juste couper la tête pour laisser des racines dans la terre avec le risque que ça repousse rapidement ?
Le désherbage est de loin la tâche la plus pénible chez moi.
(Peut-être une question intéressante pour un article.)
Merci,
Andy
Bonjour Andy,
Le désherbage est rarement la pratique préférée des jardiniers…
La question est trop complexe pour pouvoir y apporter une réponse complète ici… ou même dans un article… Il y a autant de cas différents que d’espèces d’adventices et de conditions… On ne peut donc faire de généralités.
En fait, les différentes questions que tu poses sont bonnes. Essayons d’y répondre succinctement… Après à toi d’essayer d’y répondre concrètement, au cas par cas, en testant et en observant.
Quelles adventices doit-on laisser ? (je dirais plutôt “peut-on laisser” ?) Celles qui ne dérangent pas les cultures…
Lesquelles retirer ? Celles qui gênent les cultures et celles se propageant trop…
Cela dépend des légumes que l’on veut cultiver ? Oui, les légumes à fort développement seront moins gênés par des adventices que des carottes ou des radis par exemple… mais ça dépend aussi des adventices (du trèfle ou du pourpier par exemple gêneront moins que du chiendent ou du liseron par exemple…).
Doit-on les retirer entièrement ? En général oui… mais ça fait perdre l’effet bénéfique des systèmes racinaires sur la vie du sol… A réfléchir donc en fonction des réponses aux questions précédentes…
Alors, doit-on les couper sous le niveau du sol (juste la tête ne suffira en tout cas pas) ? Certaines espèces repartiront si on les coupe, d’autres non (mais ça va aussi dépendre du sol et du climat… il semblerait par exemple que les racines de rumex pourrissent dans certaines conditions… mais chez moi par exemple, elles repartent sans problème…).
Bref, on ne peut donner de règles générales… Il faut observer.
Amicalement,
Gilles
Mes carottes éclatée
ici on a testé le repiquage des carottes au lieu de jeter au moment de l’éclaircissage…et ça fonctionne !!! il suffit de bien maintenir humide les bébés repiqués ! un peu long…mais ensuite les carottes poussent normalement.
Bcp d’attaque de limaces à l’automne sur les collets (que nous n’avions pas enterrés…) la leçon a porté, on y pensera pour les prochaines…
Bonjour Gilles,
merci de votre article et de votre blog en général dans lequel je trouve beaucoup d’aide, conseils et astuces….
Pour ma part, cette année j’ai cultivé les carottes à côté des oignons et des poireaux, je n’avais pas assez éclairci mais malgré tout j’ai eu une récolte abondante. Aucun problème de vers cette année.
Merci encore, à bientôt
Christine
Bonjour Yvon,
Tout dépend ce que tu entends par “il y a quand même des carottes atteintes…”.
Personnellement, si cela concerne moins de 10% du total, je considère facilement que les équilibres naturels se régulent correctement et laisse donc faire la nature…
Cela dit, le meilleur conseil que je puisse te donner, pour le vers de la carotte est de butter légèrement (notamment après avoir éclairci sur la ligne) la culture en enterrant le collet. Ainsi les mouches ne peuvent venir y pondre.
Tu trouveras d’autres conseils complémentaires sur la fiche de culture de la carotte sur l’Espace Privilège.
Amitiés,
Gilles
Bonsoir Gilles,
J’ai alterné carottes et poireaux. Un rang de poireaux, un de carottes, etc…
Malgré tout, il y a quand même des carottes atteintes par les vers. Que faudra-t-il faire à l’avenir?
Amitiés.
Yvon.