Est-il vraiment utile de faire des buttes en permaculture ?

Les buttes en permaculture sont souvent présentées comme une solution incontournable pour réussir son potager. Dans de nombreux livres et articles, elles apparaissent presque indissociables de la permaculture (voire qu’elles sont la définition même de cette philosophie), au point que beaucoup de jardiniers débutants pensent qu’elles sont indispensables.

Mais est-ce vraiment le cas ?

En réalité, la culture sur butte a été pensée pour répondre à des contextes bien particuliers, notamment les sols pauvres ou les climats secs. Dans la majorité des jardins, cette technique peut s’avérer inutile, voire contre-productive.

Dans cet article, nous allons démystifier la butte en permaculture : quand est-elle réellement utile, quelles sont ses limites, et quelles alternatives existent pour cultiver efficacement en respectant les principes du potager bio ?

Revenir aux fondamentaux de la permaculture

Avant de parler de buttes, il est important de revenir aux fondamentaux de la permaculture qui sont de cultiver son potager en s’approchant au plus près du fonctionnement des écosystèmes naturels.

Pour cela, je vous conseille de mettre en pratique les principes suivants :

Il est tout à fait possible de faire de la permaculture sans faire de buttes de cultures. D’ailleurs dans la nature, les plantes n’ont pas besoin d’être sur des buttes pour s’épanouir. L’humus présent en surface et les minéraux contenus dans les roches du sol leur suffisent amplement !

Buttes de compost vs. buttes vivantes : ne pas confondre

On parle souvent de « buttes » en permaculture, mais il existe en réalité plusieurs approches bien différentes. Or, les confusions sont fréquentes, et elles expliquent en partie les débats autour de leur utilité.

Les buttes de compost

Buttes de permaculture constituées de compost
Ces buttes de permaculture ont été constituées en apportant d’importantes quantités de compost mûr.

Il s’agit ici de constituer des buttes de 20 à 40 cm de hauteur en apportant d’importantes quantités de compost (souvent mélangé à du bois ou à des végétaux enfouis), sur une hauteur de 20 à 40 cm.

Avantage : peuvent améliorer un sol très pauvre, sec ou caillouteux.

Inconvénients : demandent beaucoup de matières organiques, perturbent l’équilibre naturel du sol et nécessitent un gros travail physique. Dans la plupart des jardins français, elles sont donc peu utiles, voire contre-productives.

Les buttes vivantes ou buttes lasagnes

Buttes lasagnes en permaculture
En sol ingrat, la constitution de buttes vivantes peut-être envisagée.

Les buttes lasagnes reposent sur un principe différent : superposer des couches de matières brunes (feuilles mortes, broyats, carton) et de matières vertes (herbes fraîches, déchets de cuisine, consoude, orties…). La butte se décompose progressivement en surface et nourrit la vie du sol.

Avantage : favorisent la biodiversité, s’adaptent à de nombreuses situations et s’inscrivent dans la logique du sol vivant.

Inconvénient : requièrent beaucoup de matières organiques, un gros travail de préparation initiale et un entretien régulier (paillage, apports organiques).

En résumé, toutes les buttes ne se valent pas. Avant de se lancer, il est essentiel de savoir de quel type de butte on parle et si cette technique est réellement adaptée à son terrain.

Pourquoi dans la plupart des cas, il n’est pas intéressant de pratiquer la culture sur buttes ?

Sur un terrain déjà fertile, ce qui est le cas dans la plupart des régions de France, la création de buttes aura pour conséquence de bouleverser l’équilibre d’un sol déjà bien établi.

Cela reviendrait à faire de la culture hors-sol. Ce qui est totalement inutile même si l’on dispose d’un sol de qualité moyenne. Car il sera facile de l’enrichir par des apports réguliers de matières organiques en surface.

Créer des buttes nécessite un apport très important en matériaux organiques que l’on ne peut pas toujours trouver sur place. Cela demande aussi de fournir un effort physique conséquent, ce qui oblige à ce limiter à de toutes petites surfaces.

Pour ma part, j’ai mis un an pour créer un potager de 300 m2, si j’avais utilisé la technique des buttes, j’aurais dû me limiter à quelques dizaines de mètres carrés de légumes.

De plus la technique que préconisent certains auteurs, qui consiste à enterrer profondément des végétaux non décomposés et du bois dans les buttes est même néfaste pour l’équilibre du sol.

Pour obtenir un sol vivant riche en humus la matière organique doit se décomposer en surface en présence d’oxygène. C’est pour cela qu’il est très intéressant de pratiquer le compostage des déchets végétaux en surface directement dans les planches de cultures et non en profondeur.

Sol fertile sans buttes : les alternatives efficaces

Compostage de de surface en permaculture
En général, un bon compostage de surface, protégé par un paillage, suffira à obtenir une terre vivante et fertile !

Vous n’êtes pas obligé de construire des buttes pour avoir un sol vivant et productif. Il existe plusieurs méthodes simples et naturelles pour enrichir votre potager tout en respectant les principes de la permaculture :

  • Le paillage : étalez des feuilles mortes, de la paille, du foin, du BRF ou des résidus de récolte sur vos planches de culture. Le paillage protège le sol du dessèchement, limite l’érosion, régule l’humidité et nourrit la vie microbienne. Il réduit aussi le développement des mauvaises herbes et améliore la structure du sol sur le long terme.
  • Le compostage de surface : déposez des matériaux organiques directement sur le sol. Cette méthode enrichit progressivement le sol en humus, stimule l’activité des vers de terre et fournit tous les nutriments nécessaires aux cultures, sans perturber la structure naturelle du sol.
  • Les engrais verts : semer des plantes engrais verts, comme la moutarde, le trèfle ou la phacélie entre vos cultures principales protège le sol, fixe l’azote et augmente la biodiversité. Une fois fauchés et laissés sur place, ces engrais verts se décomposent et nourrissent naturellement la terre.
  • Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) : épandez du BRF sur vos planches pour stimuler la vie microbienne, améliorer la structure du sol et créer un apport durable de matière organique. Il se décompose lentement, enrichissant le sol et favorisant la fertilité du potager.

En combinant ces techniques, vous obtenez un potager bio productif et facile à entretenir, avec un sol vivant, riche en nutriments et parfaitement adapté aux plantations de saison, sans le travail intensif que nécessitent les buttes traditionnelles.

 

Astuces pratiques pour enrichir votre sol sans buttes

  • Paillage régulier : renouvelez-le tous les 2-3 mois ou après de fortes pluies pour maintenir l’humidité et protéger le sol.
  • Compostage de surface : étalez 2 à 5 cm de compost mûr autour des plantes sans le mélanger à la terre.
  • Engrais verts : semez-les en automne ou au printemps selon la culture suivante, et fauchez-les avant floraison pour qu’ils se décomposent sur place.
  • BRF : ajoutez-le par couches fines (2-3 cm) pour ne pas étouffer la microfaune, et laissez-le se décomposer progressivement.
  • Rotation et diversité : alternez cultures et engrais verts pour éviter l’appauvrissement du sol et stimuler la biodiversité.

Dans quel cas la culture sur buttes est-elle réellement adaptée ?

La culture sur butte est adaptée aux régions aux sols très secs, caillouteux et pauvres en matière organique, où un simple mulch ne suffira pas. Cela est le cas surtout en climat méditerranéen et dans certaines régions plus septentrionales aux sols très argileux.

Dans une telle situation, il peut être judicieux de se limiter à de plus petites surfaces et de monter des buttes lasagnes ou de compost bien mûr (en veillant à ne pas enfouir de matière organique non décomposée). Une fois les buttes créées, il n’y aura plus qu’à faire des apports réguliers de pailles, et de déchets végétaux en surface comme sur un sol classique.

Comparaison de différentes techniques en permaculture

Pour mieux comprendre leur utilité et choisir la technique adaptée à votre jardin, voici un tableau synthétique des avantages et limites des différentes buttes.

OptionAvantagesInconvénientsQuand l’utiliser ?
Buttes de compost– Recyclent une grande quantité de matière organique
– Créent un sol riche et fertile à moyen terme
– Structure aérée pour certaines cultures
– Mise en place exigeante en temps et matériaux
– Peu adaptées aux sols déjà riches ou au climat sec
– Risque de dessèchement rapide
Intéressant dans des contextes précis (excès de matières organiques, sols lourds à alléger, climat humide).
Buttes vivantes / lasagnes– Très productives les premières années
– Idéales pour petits potagers ou débutants
– Demandent beaucoup de matériaux au départ
– Fertilité qui diminue avec le temps
– Peu adaptées aux grandes surfaces
Utile pour un potager de taille réduite, en sol pauvre ou difficile à travailler.
Paillage– Protège le sol contre la sécheresse
– Nourrit la vie du sol en continu
– Simple et rapide à mettre en place
– Nécessite un apport régulier
– Peut attirer limaces et rongeurs si mal géré
Solution polyvalente, adaptée à presque tous les potagers.
Compostage de surface– Valorise directement les déchets de cuisine et de jardin
– Stimule l’activité biologique
– Très faible coût
– Esthétique parfois discutable
– Demande une répartition régulière pour être efficace
Idéal pour enrichir naturellement le sol sans gros travaux.
Engrais verts– Améliorent la structure et la fertilité du sol
– Limitent l’érosion et la pousse des adventices
– Fixation d’azote selon les espèces
– Nécessitent un temps de culture sans récolte
– Doivent être bien gérés pour éviter l’envahissement
Particulièrement adaptés pour reposer et régénérer une parcelle.

En conclusion

En définitive, les buttes en permaculture ne sont pas une recette miracle universelle. Si elles peuvent rendre de grands services dans des sols pauvres, secs ou caillouteux, elles restent souvent inutiles — voire contre-productives — dans des jardins déjà fertiles.

La permaculture ne se résume pas à une technique, mais à une démarche globale : observer son sol, favoriser la biodiversité, enrichir la terre par des apports réguliers de matière organique et créer un écosystème équilibré.

Avant de construire des buttes, posez-vous la question essentielle : est-ce vraiment adapté à mon terrain et à mes besoins ? Dans bien des cas, un sol vivant, bien paillé et enrichi en surface sera plus simple à entretenir… et tout aussi productif.

FAQ – Buttes et permaculture

Quand les buttes de permaculture sont-elles vraiment utiles ?

Les buttes sont intéressantes dans les sols pauvres, secs, caillouteux ou très argileux, où un simple paillage ne suffit pas. Elles permettent d’apporter de la matière organique et d’améliorer la structure du sol dans ces conditions difficiles.

Faut-il forcément faire des buttes pour jardiner en permaculture ?

Non, la permaculture ne se limite pas aux buttes. On peut parfaitement pratiquer le paillage, le compostage de surface, la rotation des cultures et la biodiversité sans jamais construire de butte.

Comment enrichir son sol sans faire de buttes ?

Il suffit d’apporter régulièrement de la matière organique en surface : compost, tontes de gazon, feuilles mortes, BRF… Associés à un bon paillage, ces apports favorisent la création d’humus et nourrissent la vie du sol.

Quelle est la différence entre buttes de compost et buttes vivantes ?

Les buttes de compost reposent sur de gros apports de matières organiques parfois enfouies, alors que les buttes vivantes (ou lasagnes) fonctionnent par superposition de couches brunes et vertes qui se décomposent lentement en surface.

Peut-on obtenir un sol fertile sans recourir aux buttes ?

Oui, un sol bien couvert, paillé et enrichi progressivement en surface peut devenir très fertile. C’est souvent plus simple et moins coûteux que la construction de buttes.

Quelle surface prévoir si l’on souhaite quand même faire des buttes ?

Une butte classique mesure environ 1,20 m de large sur 4 à 6 m de long. L’important est de garder une largeur qui permette de cultiver sans marcher sur la butte, afin de préserver la vie du sol.

Crédit photos : https://depositphotos.com/fr/

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20 Commentaires
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François
François
3 années il y a

Merci pour cette lecture
Cependant je recherche un document ou autre écrit qui me renseignerait sur les épaisseurs des planches permacoles à respecter selon les différents légumes à planter ou semer.
Ainsi quelle épaisseur de planche faut il établir pour des carottes ? pour des pommes de terre ? pour des salades ?
En souhaitant une réponse
François B.

Ma région
Maine et Loire (49)
Jean Yves
Jean Yves
5 années il y a

Bonjour,

Merci pour votre article, un intéressant partage d’expérience. Vous qualifiez de néfaste l’enfouissement de matières organiques non décomposées type rondins, pour quelles raisons ? Quels inconvénients y voyez-vous ?

Richard Gibczynski
Richard Gibczynski
7 années il y a

Je suis moi aussi d’accord avec vous dans l’ensemble, mais moi je vais essayer cette méthode sur une petite parcelle, car j’ai un sol très argileux qui se compacte à la moindre pluie à cause de ma grand-mère qui ne paillait pas le sol, donc en une année créer un sol fertile à partir d’un sol composé à presque 100% d’argile grâce au paillage va être plus long à réaliser qu’avec la culture sur butte à moins que j’apporte beaucoup de matières organiques décomposées ce qui revient à la même quantité nécessaire à l’élaboration de buttes, exceptant le bois mort mais c’est assez rapide à en récupérer en forêt avec une brouette et l’ajout de bois mort est aussi plus avantageux sur le long terme que le simple mulch car j’aurais plus de matière carbonée et plus d’humus sur le long terme contrairement au mulch qu’il faut plus régulièrement ajouter de plus il y a moins d’arrosage à faire puisque le bois mort absorbe l’eau et en evapore en continu, il se peut aussi que les plantes poussent mieux car ils auront de l’humus et du carbone à leurs racines, après si la butte est dans un climat où souffle des vents chauds et du soleil tapant, je pense que dans ce cas il ne faut pas faire de butte.
Le plus important dans une butte est qu’elle doit respirer ainsi les bactéries aerobies n’auront aucune difficulté à décomposer la matière carbonée ! car le bois se trouvera donc dans un milieu aérobie puisque l’air passera dans la butte, il n’y a qu’à voir des vidéos où des gens nous montrent que dans une butte qui respire il n’y a pas de problème de décomposition. Pour ma part pour l’élaboration d’une butte je dépose sur la surface du sol du bois mort, terreau de feuilles mortes, tonte d’herbes fraîches et paillis de chanvre et comme ça l’air circule dans la bute et il n’y aura pas de problème, si les plantes manquent d’azote, j’arroserai de purin et j’y déposerai de la tonte.
Mais après il y aussi le gros désavantage que les rongeurs pourront se régaler du bois et de plants tant qu’il y aura beaucoup de bois, et comme michel l’auteur du commentaire précédant je pourrai toujours démonter et j’aurai le gros avantage d’avoir une grosse quantité d’humus qui d’ailleurs est ma principale motivation à faire ces buttes avec du bois mort.

Michel
Michel
7 années il y a

D’accord avec beaucoup de tout ce qui est dit au dessus.

De mon expérience des buttes (3 buttes de 5m/1,10m depuis 5 ans avec bois en profondeur) en sol argilo-humique plutôt humide, j’observe ceci:

-Meilleur drainage en temps humide par la surélévation,
-desséchage rapide par temps sec d’été pour la même raison, même avec paillis. Si les étés secs se maintiennent comme cette année, avec de buttes ce ne sera pas gagné.
-La pourriture permanente du paillis de surface surabondant par rapport au reste du jardin n’est pas forcément un Plus avec les années, çà semble déséquilibrer le rapport des divers constituants du sol…Certains légumes (plutôt à racines peu profondes) ne veulent plus de la butte et sont nettement plus beaux en pleine terre,
-La prolifération des prédateurs (limaces , taupes mais surtout mulots, rats, campagnols qui apprécient le couvert du bois de fond et voyagent allègrement dans les galeries des taupes) est bien plus évidente que dans le reste du jardin.

Si les étés secs se généralisent , je redémonterai tout çà , le compte n’y est pas.

Hoog
Hoog
8 années il y a

Bonjour je viens de m’installer dans le sud ,je viens de louer un terrain de 100mettres carré et je voulais savoir si je pouvais créer une butte maintenant donc fin Janvier .merci d’avance

Benoît Mangin
Benoît Mangin
8 années il y a
En réponse à  Hoog

Bonjour,

Tout dépend de l’état de ton sol. Quelle fraction minérale (composition) ? Quel état général ? Est-il en prairie ou nu ? Quelle quantité d’activité biologique ? Quelle humidité ?

Il te faut absolument:

– D’une part, savoir si c’est ré-essuyé, ce qui à cette époque serait fort étonnant.
– D’autre part, pour quelles raisons faire des buttes ? Surtout dans le sud… Est-ce nécessaire ?

Butter ses planches est une perturbation édaphique MAJEURE, et n’est pas forcément une bonne idée. A faire seulement en cas de stricte nécessité…

Et pour ce qui est d’enterrer du bois, tu es libre de faire ce que tu veux, mais sous nos latitudes c’est presque tout le temps une énorme erreur. C’est objectif et vérifiable.

Amitiés et

Cordialement,

Benoît

le monge
le monge
8 années il y a

Bonjour
a la fin de l’été 2016 , j’ai réalisé quatre buttes forestières traditionnelles ( 1.5 m/cube de bois enfoui par buttes) , principalement provenant d’arbres morts semi enfouis toutes essences confondues , de 25/30 cm de diamètre , spongieux en surface mais nécessitant un débitage à la tronçonneuse .
Des dosses d’épicéa constituent l’entourage des buttes qui s’élèvent à environ 30/40 cm du sol .
10 m/cube de vieux terreau ont été nécessaires au remplissage et le profil des buttes présente un profil très légèrement bombé du fait de l ‘orientation S/E et d’un léger déficit d’ensoleillement .
Je suis situé à 500 m d’altitude dans une petite vallée vosgienne au pied du ballon d’alsace .
C’est un climat de moyenne montagne , avec des hivers plutôt froids et pluvieux , des printemps tardifs et des températures estivales modérées
Paradoxalement en 2015 et en 2016 le bilan pluviométrique du nord Franche-Compté est déficitaire de plus de 50% par rapport à la moyenne et la sécheresse des sols à dépassé des records, étonnant pour une région réputée pour être une des plus arrosées de France ..
C’est pour tenter de m’affranchir de ces aléas climatiques à répétition , en particulier d’un déficit d’eau , que j’ai voulu mettre en évidence les éventuelles propriétés de stockage et de restitution de l’eau sur une butte forestière ( capillarité ? évaporation ? ), partageant l’avis qu’enterrer du bois n’est pas la solution en terme de fertilisation des sols .
J’ai réalisé une structure en rondins permettant la pose de chassis découvrables ( plaques polyester transparentes ) ayant pour principales fonctions de canaliser les eaux pluviales directement dans la fosse via un drain en galets à l’aplomb du bord de fuite des plaques chassis sans passer par la case butte ainsi que de maintenir hors gel la terre des buttes , pensant ainsi gagner quelques précieuses semaines au printemps .Durant l’hiver les buttes ont été couvertes et n’ont reçues aucun apport en eau , les pluies hivernales chargeant uniquement les fosses , le seul travail étant de les alimenter en déchets verts de cuisine broyés collectés dans mon entourage .Une des premières observations au printemps fut un réchauffement précoce de la terre des buttes comme prévu me permettant d’anticiper les plantations ; quant au niveau d’humidité ( bien que délicat à estimer sans matériel performant ) de la terre des buttes , ayant réalisé quelques carottage à différentes profondeurs , il m’a semblé constant , voir légèrement supérieur à la base des buttes , le remplissage s’étant opéré en septembre / octobre sous des chaleurs caniculaires avec un criblage du terreau .
Durant tout l’été , les buttes n’ont jamais été arrosées , et le taux d’humidité est resté constant jusqu’à l’automne , malgré une sécheresse prolongée ( arrêté préfectorale sur le département ).
Très rapidement les buttes ont présentés un caractère luxuriant qu’elles ont gardés tout l’été et le rendement et la qualité des légumes sont largement supérieurs aux précédentes années de culture traditionnelle . Seul bémol , le développement important de certains légumes au détriment d’autres à mis en évidence ce qui me semble être le principal point négatif des buttes , à savoir une surface cultivable réduite nécessitant de multiplier les chantiers afin de disposer d’une surface permettant l’auto suffisance .
Quant à la réalité d’une éventuelle restitution par des échanges verticaux ( capillarité , évaporation ) , seule la poursuite d’observations permettra de conforter ou non cette hypothèse ( mesurer c’est progresser ! )
Cordialement

Vignol odile
Vignol odile
8 années il y a

Merci pour tous ces avis, j’avais envie de faire de la permaculture sur un terrain non cultive depuis presque vingt ans, mais j’ai peur de ne pas y arriver car cela demande un gros travail. Je n’ai plus vingt ans et je crois que je vais faire une lasagne, le but pour moi est de ne pas avoir trop de travail, étant seule. Je souhaite juste occuper le terrain sans mettre du gazon.

Benoît
10 années il y a

Bonjour à tous,

J’ai quelques remarques à faire, et des avis à partager sur le sujet:

– Je déconseille à quiconque de mettre 30 à 40cm de compost où que ce soit, à part dans un composteur ! Surtout pas !

-Je n’ai pas le fin mot sur l’enfouissement de la matière organique, même en décomposition. Mais personnellement, je ne le ferai pas. Pas mal de monde, dont les Bourguignon, Konrad Schreiber, Gilles Domenech, ou Moilamain, expliquent très bien en quoi c’est complètement inepte. Mais d’autres, comme Franck Nathié, expliquent bien que, chez eux, ça marche. J’ai pas la théorie, mais j’ai mon hypothèse: C’est non.

– Ici où la butte n’est pas une technique généralisée ou native, il est intéressant de se pencher non pas sur l’ergonomie du travail au jardin, sur “faire une butte pour faire une butte”mais bien sur les cultures qui, précisément, apprécient d’être sur buttes, notamment tout ce qui craint l’asphyxie racinaire ou un ressuyage trop lent: Fraises, alliacées…

– Attention à ne pas tomber dans l’écueil courant des “pro” versus les “anti”. Précisément, ce serait l’exact inverse d’une démarche perma-culturelle, à mon sens. Car la question deviendrait alors non pas l’opportunité – bien réelle en certaines circonstances – de dresser des buttes, mais la prétention au “savoir” qui au fonds, ne masque jamais que des velléités de pouvoir ou d’égo. Là encore, c’est l’anti-permaculture. Laissons cela au permabusiness.

– A l’échelle de nos potagers et de l’implantation relativement récente de la permaculture dans ceux-ci, nous n’avons pas assez de recul. Inutile de polémiquer, c’est stérile. Revenons-en à constater avec nos sens et notre jugeote, sans oublier qu’il est nécessaire, tout à fait normal et même très sain de faire des co….eries.

Pour ce qui est du sujet en lui-même, je n’ai ni solution ni réponse, mais des hypothèses:

– Pour nos potagers d’anciennes forêts de feuillus (notre écosystème d’origine, qui remis à l’échelle de son histoire ne s’est éteint que relativement récemment), le meilleur de la technologie actuelle me semble être la lasagne, riche en matériaux ligneux. Merci Gilles !

Cela combine des apports importants de matières organiques FRAICHES (et non pas des os à ronger, comme le compost dont le bilan carbone/nutrition est un désastre même s’il est très intéressant pour bien d’autres choses), une gestion très intéressante des spontanées (mais le problème n’est-il pas d’interroger justement ce qui nous insupporte d’ordinaire dans leur présence ?), un confort de travail très appréciable, une relative durabilité, un respect des horizons du sol, une lit de semence adapté, la possibilité de semer en direct sous mulsch, une possibilité de n’absolument plus jamais toucher au sol, une gestion tout confort de l’hydratation, la possibilité d’y intégrer le goutte à goutte ou le microporeux avec beaucoup de facilité et de souplesse, une possibilité d’en faire des couches chaudes, des pépinières, des rangées de verger maraîcher, des lignes d’agroforesterie, que sais-je encore…

C’est l’état naturel d’un sol forestier, ne l’oublions pas. C’est ce que VEUX notre terre.

Et pour ce qui est des buttes surélevées avec allées creusées, je note (pour en avoir fait une chez moi quand même, pour tirer cette affaire au clair), que tout au moins la première année, la fertilité est loin d’être aussi bonne que sur mes bonnes vieilles planches, même si les avantages en termes d’ergonomie, de gain de surface, d’optimisation de l’exposition et d’entretien des allées sont vraiment indéniables et très appréciables.

J’ai tout de même noté quelques problèmes d’érosion (je suis sur limon battant) le temps que les cultures fassent leur chevelu racinaire. Sous la pluie, ça s’érode (même sous paille), et au soleil, ça sèche très vite. C’est raté, pour le coup.

De plus, ça fait une surface de jeu pour les enfants qui s’en font un labyrinthe, idem pour les chats. Ca délimite très bien et très joliment les surfaces de culture. Là où il y a des “cuvettes”, ça se ressuie plus vite.

Bref, mon avis n’est pas tranché sur la question, et je ne tiens pas à ce qu’il le soit. Je préfère de loin la lasagne, et encore plus la lasagne sauce picarde (ma chère terre natale), c’est-à-dire alimentée par une intercalaire de couverts végétaux poussée sur place et additionnée de BRF et feuilles mortes, dont je vise également l’auto-production.

Je vais peut-être proposer à Gilles un petit article sur les lasagnes sauce picarde, où je vous parlerai et soumettrai à votre esprit critique mes propres réalisations.

Amitiés et bonnes expériences,

Benoît

Kevin
Kevin
10 années il y a

Bonjour

Déconseiller la butte ne revient’il pas à la conseiller!!? Vous n’avez cité que les points négatifs de celle-ci mais pas les avantages et points positif .. Et je crois qu’il est important, lorsqu’on émet une critique constructive de lister les points négatifs et positifs.
La butte n’est pas systèmatique , je suis d’accord avec vous sur ce point. L’enfouissage n’est pas systèmatique également…
Il ne faut pas appliquer de façon béte et méchante la théorie! Ma vision des choses et qu’il faut avant toutes choses; lister toutes les caractéristiques du terrain (nature du sol, nature de la couverture du sol, orientation du vent dominant, orientation Nord/Sud, écoulement des eaux de surface, zones humides, zone séches , ombres…arbres et haies etc et… Suite à ça, on met en place un “design” ou on peu également faire des essais…
La permaculture (si j’ai bien appris ma leçon) dit qu’il faut surtout commencer par observer, analyser chaques détails …
Prendre le temps de voir chaques saisons et chaques changements qui s’opérent sur le terrain.
Après il faut lister les besoins et ce qu’on recherche comme équilibre et comme résultat; suite à ça on design et on réfléchis.
Dans mon cas je pratique la butte non enfouis (suite à mes observations) j’en ai conclus avoir un sol riche et avoir besoin de récupérer et diriger les eaux de surfaces ou du moins retenir les eaux pour qu’elles s’imprègnes dans mon sol plutôt que ruisseler et partir à l’égouts en bas du village; besoin également de sortir les racines de l’eau lorsque mon sol est détrempé, besoin de créer des zones séches et humides, besoin de créer des zone ensoleillées et à l’ombre…
La butte une fois faite , (si la sol était déja bien équilibré avant) retrouvera rapidement son équilibre si ont respect le paillage et les proportions N/C, que le sol reste couvert et planté le plus possible , voir les plantes utiles et à racines pivotante.
On garde une profondeur de sol également et tout les avantages que celle ci apporte…
La butte n’est pas LA solution miracle, mais est une solution adaptée pour moi et certainement pour beaucoup d’autres.
Je pratique également la lasagne, etc..
Je ne découvre jamais mes sols pour qu’ils se réchauffes car l’effet des couche N/C chauffes la terres les 15 premiers jours de la composition des couches et si je ne plante pas tout de suite , j’aere et arrose la composition 15 jours à 3 semaines avant plantation.
J’entoure la lasagne de bottes de foins pour garder l’humiditée.
A mes yeux l’article était une bonne idée mais je crois qu’il était important d’appuyer sur le fait que > pour faire de la permaculture on n’est pas du tout obliger de faire des buttes…
Mais faire des buttes n’est pas a déconseiller! Tout dépend du travail d’analyse fait au début et si on se sent capable ou non de le faire…
Bonne journée à tous, je passe du bon temps à lire les articles de ce site 😉
Bye

delannoy
delannoy
10 années il y a

je suis en sol limoneux
pour la butte varie avec la saison et les cultures ainsi que ça taille
j essaye de planter sur butte au printemps les cultures (haricot) qui n aiment pas l humidité mais surtout le froid car nous avons souvent une période séche puis la pluie arrive et le froid
un avantage indéniable de la butte est son désherbage car je plante sur butte de pomme de terre à 70 cm que je roule et sur laquelle je sème carotte panais haricot ensuite je peux butte avec un buttoir à disque le top
en fraise je plante sur butte asperge(30 cm) la fraise déteste l humidité
par contre mais butte ne sont pas permanente car je dois apporter du fumier donc je ne suis pas un pur et un dur de la permaculture je prends ce qui m intéresse et je m adapte.
Au plaisir de lire vos remarques

Stéphane
Stéphane
10 années il y a

Mon expérience en Touraine sur un sol très argileux donc hyper humide ou dur comme du béton en été ( bien sûr je paille) est la suivante; création de 2 buttes suivant les techniques décriées dans cet article virulent, et 70% du potager en ‘normal’. Resultat sur les buttes tous les légumes racines poussent formidablement , quasi impossibles dans le potager normal ( pourtant amendé, aéro béché , composté etc.)
En plus il y a une telle facilité d’accès et d’entretien que vous passez sous silence. Oui c’est sûr c’est du boulot initialement ( ça garde la forme) mais après quelle facilité!

Jérôme BOISNEAU
Jérôme BOISNEAU
10 années il y a

Bonjour,
Je suis maraicher en permaculture depuis 7 ans, et j’ai fait beaucoup d’essais.
– Dans un bas-fond froid et humide, j’ai fait des buttes (terre de l’allée pelletée sur les bandes de culture) et c’est très bénéfique au printemps
– sur un coteau sec l’été, mais avec beaucoup d’argile, même technique, et bonne conclusion aussi, car l’argile est très longue à se réchauffer au printemps, et les buttes ont toujours 2 à 3 semaines d’avance sur les partie non buttées. En plus, après un épisode pluvieux, le sol ressuie beaucoup plus vite, ce qui est nécessaire pour pouvoir semer ou sarcler les quelques cultures qui ne peuvent pas être paillées.
– enfin, un autre avantage est de bien délimiter les chemins des zones ou je ne pose JAMAIS un pied ni un genoux.

Enfin, bravo pour ton blog qui fait partie de ceux qui m’ont donné envie de partager ma passion, l’apiculture, en créant aussi mon blog. Tu peux le voir ici : http://www.MaPremiereRuche.com
Les abeilles sont bien complémentaires du jardin et du verger, et c’est bien plus facile à gérer que je ne le croyais avant d’essayer 🙂
Bonne continuation,
Jérôme BOISNEAU

michaudon
michaudon
10 années il y a

Bonjour. Vous avez tous raison; il faut simplement adapter les dispositions particulières à chacun des terrains en gardant ,comme objectif essentiel, la nécessité d’obtenir une terre aérée, légère, proche du terreau, dans laquelle les légumes seront à l’aise et trouveront leurs nutriments; en disant cela je pense surtout au paillage qui pour moi est super important. Je ne suis pas un adepte des buttes mais il y a certainement des cas où elles peuvent avoir une certaine utilité.

Françoise
Françoise
10 années il y a

Bonjour,
je suis en total accord avec ce qui est dit suite à ma propre expérience. J’ai crée mon jardin sur un terrain en pleine campagne et non cultivé depuis plusieurs décennies, juste l’herbe était fauchée. Malgré cela le résultat a été médiocre. J’ai donc essayé un petit “lasagne” et la différence a été phénoménale. J’ai compris que mon sol n’était pas assez profond et pauvre en nutriments (marron clair alors que sur le lasagne c’était noir en fin de saison. Je n’ai pas essayé de transformer mon jardin en lasagne gigantesque car en effet cela demande beaucoup de travail et matière. Par contre j’ai creusé les allées (sur plusieurs années et ce n’est pas fini), et les ai remplies de BRF, mis la terre sur les planches et surtout pailler en continue. Au bout de 4 ans ma terre est noire et mes légumes beaucoup plus beaux. Par contre pour les légumes très gourmands (courgettes, courges, poivrons …) j’ai fait une butte que j’enrichis en permanence par paillage (je n’ai pas de problème pour avoir des matériaux, je tonds (j’entretiens) tous les chemins alentours. L’hiver j’y dépose les déchets de ronces et autres et ainsi je ne les refais pas chaque année. J’ai compris qu’il fallait connaître toutes ces techniques mais surtout les adapter en fonction de ses observations, de son temps, de son énergie …. ce sont des pistes à s’approprier.
Françoise

Luc Herbecq
Luc Herbecq
10 années il y a

Bonjour,
D’accord de mettre en doute la nécessité de cultiver sur des buttes dans toutes les régions et dans tous les sols. Personnellement je pense que la culture sur butte est nécessaire lorsqu’il n’y a pas assez de profondeur de terre pour la variété de légume qu’on désire y cultiver.( ex: cultiver des carottes longues dans 10 cm de terre ). Mais il me semble nécessaire de surélever les bande de culture si vous cultivé sur un terrain très humide . vous y gagnerez au printemps, les étés trop humides et les hivers précoces. Je n’ai pas l’expérience des branches entière enfuient et je reconnais que là j’ai un doute ,sauf en zone humide pour drainer.

Paluch
Paluch
10 années il y a

Bonjour Gilles,
Je suis tout à fait d’accord avec toi, l’agriculture intensive a détruit bon nombre de sols en France, mais lorsque l’on démarre un potager sur un sol qui n’a pas été cultivé de manière intensive ou sur un terrain en friche, on a de grande chance que ce sol soit fertile même si les sols aux alentours sont dégradés par l’agriculture industrielle.
Je partage ton avis pour les nouvelles constructions et les lotissements, effectivement dans ce cas il s’agit le souvent de terre de remblai très pauvre qui n’ont plus rien avoir avec le sol naturel de la région.

Amicalement,
Guillaume