Vous avez remarqué des galeries dans les tomates que vous cultivez ? Vos recherches vous ont amené à penser qu’il s’agissait de dégâts de noctuelles des tomates (Helicoverpa armigera)… à moins que la coupable soit la mineuse des tomates (Tuta absoluta) ?
Vous n’êtes pas seul à vous interroger ainsi. Car ces deux ravageurs causent en effet des dégâts parfois confondus au jardin. Et pourtant, leurs traces sont bien différentes pour peu que l’on sache les observer.
Voici un comparatif clair et pratique pour vous aider à faire la différence entre les deux :
Distinguer les dégâts de noctuelles de ceux engendrés par la mineuse
La noctuelle de la tomate (Helicoverpa armigera)
Qui est-ce ?

La noctuelle de la tomate est un papillon de nuit de taille moyenne (2 cm de long et 3 ou 4 cm d’envergure, ailes déployées) . Sa chenille, d’abord de couleur verte puis virant au brun ou au rouge et mesurant de 2 à 4 cm (en fin de développement), plutôt dodue, est vorace, et pas franchement discrète.
Les dégâts caractéristiques :
- Sur les fruits : Les chenilles pénètrent directement dans les tomates, souvent près du pédoncule ou à mi-hauteur, laissant un trou d’entrée bien visible (parfois avec un peu d’excréments à l’entrée).
- À l’intérieur, elles creusent des galeries larges et irrégulières dans la chair, ce qui pourrit rapidement le fruit.
- Elles peuvent aussi s’attaquer aux feuilles ou aux fleurs, mais c’est surtout sur les fruits en développement qu’elles sévissent.
Ce qui les trahit :
- Un fruit percé de l’extérieur, souvent isolé (pas toute la grappe).
- Galeries profondes et larges dans la chair.
- Une chenille bien visible, de taille respectable (2-4 cm), parfois encore présente dans le fruit.
La mineuse de la tomate (Tuta absoluta)
Qui est-ce ?
La mineuse de la tomate est également un papillon nocturne. De toute petite taille (5 à 7 mm de long pour environ 10mm d’envergure), sa larve est aussi minuscule (quelques mm) et discrète. .

Les dégâts caractéristiques :
- Sur les feuilles : la larve creuse des mines (galeries) entre les deux épidermes, laissant des taches translucides ou brunâtres (un peu comme des cloques).
- Sur les tiges, fleurs et fruits immatures : les galeries sont plus fines et sinueuses, souvent superficielles, mais elles peuvent déformer ou stopper la croissance.
- Sur les fruits : les galeries sont moins profondes que celles de la noctuelle, et on peut observer plusieurs fruits attaqués sur une même grappe.

Ce qui les trahit :
- Nombreuses mines foliaires, parfois avant même les dégâts sur fruits.
- Dégâts discrets mais nombreux, souvent répartis sur plusieurs organes.
- Larve petite, difficile à repérer à l’œil nu.
En résumé
| Caractéristique | Helicoverpa armigera (noctuelle) | Tuta absoluta (mineuse) |
|---|---|---|
| Type de galeries | Larges, profondes | Fines, sinueuses, souvent superficielles |
| Lieu des dégâts | Fruits surtout (parfois feuilles) | Feuilles, fruits, tiges, fleurs |
| Taille de la larve | Moyenne à grosse (jusqu’à 4 cm) | Très petite (quelques mm) |
| Fruit percé de l’extérieur ? | Oui | Parfois, mais discrètement |
| Galeries visibles dans les feuilles ? | Rarement | Oui, très fréquentes |
| Présence sur plusieurs fruits ? | Souvent un fruit isolé | Plusieurs fruits d’une même grappe |
Astuce terrain
- Quand vous voyez des feuilles minées + des galeries fines dans plusieurs fruits : pensez Tuta absoluta.
- Quand c’est un fruit bien abîmé avec une grosse galerie et un trou net : c’est sûrement Helicoverpa qui est passée par là.
Moyens de protection naturels
Voici les méthodes de protection naturelles et efficaces, adaptées à chacun de ces ravageurs.
Protection contre la noctuelle de la tomate (Helicoverpa armigera)
Objectif : empêcher la ponte et éliminer les chenilles avant qu’elles ne creusent.
Prévention :
- Pour piéger les mâles et surtout repérer les vols de papillons adultes, posez un piège à phéromones spécifiques pour la noctuelle de la tomate.
- Afin de bloquer les pontes des papillons adultes, placez le début de la floraison, un voile anti-insectes (type filet à mailles fines – 1 mm max).
- Si une attaque a été observée l’année précédente. évitez de planter les tomates à nouveau au même endroit.
- Favorisez les auxiliaires : les oiseaux, les chauves-souris, les guêpes parasitoïdes ou les punaises prédatrices sont vos alliés. Plantez autour du potager des fleurs riches en nectar (ex. : fenouil, achillée, phacélie).
En cas d’attaque :
- Ramassez manuellement les chenilles (facile, elles sont visibles dans les fruits touchés).
- Traitez éventuellement avec du Bacillus thuringiensis kurstaki (Bt-k), un bio-insecticide efficace si pulvérisé au bon moment (sur les jeunes chenilles, pas les grosses). À appliquer le soir, quand les chenilles sortent. Personnellement, je n’utilise aucun insecticide, fut-il « bio »et relativement sélectif…
Lutte contre la mineuse de la tomate (Tuta absoluta)
Objectif : perturber le cycle du ravageur (œuf → larve → adulte) et renforcer la plante.
Prévention :
- Placez un piège à phéromones sexuel spécifiques à la mineuse : utiles pour piéger les mâles et ralentir la reproduction.
- Une surveillance régulière est de rigueur : dès les premières mines sur les feuilles, il faut agir.
- Protégez les cultures avec un filet anti-insectes : même logique que pour Helicoverpa, mais encore plus utile car Tuta peut se multiplier très vite.
- Renforcez les défenses naturelles avec des extraits fermentés (prêle, ortie, consoude) pour aider les plants à mieux se défendre.
- Plantez en association avec les tomates du basilic, des soucis ou encore du romarin. Ces plantes peuvent aider à dissimuler les odeurs de la tomate (effet répulsif léger mais utile en prévention).
En cas d’attaque :
- Éliminez les feuilles minées à la main et brûlez ou compostez à chaud (une température montant au-delà de 60°C est nécessaire !).
- Pulvérisez éventuellement du Bacillus thuringiensis (Bt-a ou Bt-k).
Bonus – En toutes circonstances :
- Favorisez la biodiversité autour du potager : des haies, des fleurs, des abris à auxiliaires. Plus le système est vivant, plus les prédateurs naturels prennent le relais.
- Évitez absolument les insecticides à large spectre, même bio : ils tuent aussi les auxiliaires utiles (les meilleurs alliés contre ces deux bestioles).






Bonjour j’ai eu ce cas sur mes tomates, j’ai arrosé copieusement avec du purin d’ortie 10 litres par plant ( 0.5 litre de purin pour 10l d’eau ) et j’ai vu le résultat qui est impeccable. Je renouvelle l’arrosage 15 jours après.
Merci pour le partage Gilles.
Mais quelques précisions seraient bienvenues… Mineuse ou noctuelle ? Effet sur chenilles ou adultes ? Arrosage au pied ou pulvérisation ? Et quels effets avez-vous observé au juste ?
Bonjour, pas grand monde en commentaire, abandon de jardin pour les congés ou trop de boulot en cette saison ?
Je ne pense pas avoir été victime de ces bestioles pour l’instant ! Par contre nos pommes de terre sont belles cette année et bien sûr les doryphores se sont invités. Nous avons suivi tes recommandations les concernant et en surveillant dès leurs premières apparitions, nous les avons éliminé, très peu d’adultes mais des pontes multiples avec leurs éclosions suivi de larves mais en restant vigilants une quinzaine de jours nous en sommes débarrassés, encore des conseils qui fonctionnent très bien. Peut-être aidé aussi par des prédateurs car j’ai observé qu’une multitude d’insectes visitaient ces patates ?
Bonjour et encore merci pour tous ces conseils bien utile.
J’ai eu de nombreuses attaques l’année dernière sur mes tomates encore verte.
ce que tu décris ressemble en tout point à ce qui m’est arrivé, mais les chenilles que j’attrapais parfois en plein repas étaient vertes, du même vert que la tomate alors que sur tes photos elles sont brunes.
tu penses que ce sont quand même de noctuelles?
merci.
Bonjour Sabin,
Les chenilles de noctuelles passent par différentes couleurs dans leur évolution (d’abord vertes, elles ne deviennent en fait marron, ou rougeâtres, qu’en fin de développement)…
Il est donc probable qu’il s’agissait bien de la noctuelle.