Quand récolter vos légumes pour profiter pleinement de leur saveur, de leur tendreté ou de leur capacité à se conserver ? Les dates indiquées sur les sachets de graines donnent un premier repère, mais elles ne suffisent pas. La météo, la variété cultivée et vos conditions de culture peuvent avancer ou retarder la récolte.
Le bon moment se reconnaît surtout en observant les légumes : leur couleur, leur taille, leur fermeté, l’état du feuillage ou encore celui du pédoncule. Une courgette se cueille encore jeune, tandis qu’une courge destinée à la conservation doit rester plus longtemps sur le plant. Il n’existe donc pas un seul stade de maturité valable pour toutes les cultures.
Avec l’expérience, vous saurez rapidement quels signes surveiller. En attendant, faisons le point sur les principaux légumes du potager cultivé au naturel, pour les récolter au bon stade sans les cueillir trop tôt ni attendre qu’ils perdent en qualité.
Comment savoir quand récolter un légume ?
Pour déterminer quand récolter, commencez par vous demander ce que vous attendez du légume. Souhaitez-vous le manger jeune et tendre, le laisser développer ses arômes ou le conserver pendant plusieurs mois ? La réponse change parfois complètement le moment de la cueillette.
Un poivron vert et un poivron rouge peuvent ainsi provenir du même plant. Le premier est récolté dès qu’il atteint sa taille normale. Le second reste plus longtemps en place pour se colorer et devenir plus doux. De même, une pomme de terre nouvelle et une pomme de terre de conservation correspondent à deux stades différents, tous deux parfaitement valables.
Le calendrier donne une période, pas une date précise
Les durées annoncées après le semis ou la plantation indiquent quand commencer à surveiller vos cultures. Elles ne fixent pas le jour exact de la récolte.
Un printemps frais ralentit le développement. Une période chaude l’accélère. La richesse du sol, l’arrosage, l’exposition et la variété modifient également le rythme des plantes. Deux jardiniers ayant semé le même jour ne récolteront donc pas forcément en même temps.
Le calendrier vous invite à observerUtilisez les dates théoriques comme un signal de départ, puis fiez-vous à la plante.
- Commencez à contrôler la culture à l’approche de la période prévue.
- Croisez toujours plusieurs signes avant de récolter.
Les signes à croiser : couleur, taille, fermeté et feuillage
La couleur attire immédiatement l’œil, mais elle ne suffit pas toujours. Certaines tomates mûres restent vertes, jaunes, orangées ou brun sombre. La taille dépend aussi fortement de la variété et des conditions de culture.
Le toucher complète utilement l’observation. Une tomate arrivée au bon stade devient légèrement souple. Une aubergine garde une peau brillante et reprend sa forme après une légère pression du pouce. Une courge de conservation possède au contraire une peau dure, que l’ongle ne raye plus facilement.
L’état général de la plante donne d’autres indications. Le feuillage des pommes de terre, de l’ail et des oignons jaunit puis se dessèche en fin de cycle. Le pédoncule d’une courge devient sec et liégeux. Les gousses des pois et des fèves se remplissent progressivement.
L’odorat et le goût restent précieux pour les melons, les petits pois ou les légumes que vous apprenez encore à connaître. Croquer un petit pois directement dans le rang donne parfois une réponse plus claire qu’un long tableau de dates.
| Type de récolte | Principaux repères | Exemples |
|---|---|---|
| Récolte progressive | Taille suffisante et besoin en cuisine | Carotte, poireau, blette, laitue à couper |
| Légume consommé jeune | Peau tendre, chair ferme, graines peu développées | Courgette, concombre, haricot vert |
| Maturité gustative | Couleur, parfum, légère souplesse | Tomate, melon, poivron coloré |
| Récolte de conservation | Peau durcie, feuillage sec, pédoncule liégeux | Courge, ail, oignon, pomme de terre |
Le bon stade dépend aussi de l’usage prévu
Ne cherchez pas toujours un stade unique. Une récolte précoce donne généralement un légume plus tendre, mais moins développé. Une récolte tardive favorise parfois la conservation, au prix d’une chair plus ferme ou de graines plus présentes.
Votre cuisine compte donc autant que la botanique. Une grosse courgette peut encore convenir pour être farcie ou transformée en soupe. Elle sera simplement moins fine qu’une courgette cueillie jeune. Un poivron vert se cuisine très bien, même s’il n’a pas encore acquis sa couleur définitive.
Les légumes à récolter au fur et à mesure des besoins
Légumes-racines, poireaux et cultures qui peuvent rester en place

Les carottes, betteraves et navets peuvent être récoltés progressivement dès qu’ils atteignent un diamètre satisfaisant. Dégagez légèrement la terre autour du collet pour juger leur taille sans les arracher.
Les panais gagnent généralement en douceur après les premiers froids. Les topinambours se prélèvent après le dessèchement du feuillage, puis au fil des besoins. Ils se conservent mieux en terre qu’une fois arrachés, à condition que le sol ne soit ni détrempé ni gelé en profondeur.
Le poireau peut lui aussi rester en place pendant une partie de l’hiver. Récoltez cependant avant une longue période de gel si votre sol devient impossible à travailler.
Cette conservation en terre n’est pas une règle absolue. Dans un sol lourd et humide, les racines risquent davantage de pourrir. Les campagnols peuvent aussi transformer votre garde-manger en buffet libre. Tenez compte des conditions de votre jardin.
Salades à couper, blettes, céleris-branches et choux-feuilles
Les laitues à couper se récoltent feuille par feuille. Prélevez les feuilles extérieures en conservant le cœur. La plante poursuivra sa croissance et vous donnera plusieurs récoltes.
Procédez de la même manière avec les blettes, le céleri-branche et les choux cultivés pour leurs feuilles. Coupez seulement ce dont vous avez besoin, en choisissant d’abord les feuilles ou les côtes extérieures bien développées.
Une récolte régulière garde les jeunes feuilles accessibles et évite que les parties les plus âgées ne deviennent grossières. Ne dénudez toutefois pas complètement la plante : elle a besoin de feuillage pour continuer à pousser.
Quand faut-il malgré tout les récolter sans attendre ?
Une culture que l’on prélève progressivement ne peut pas rester indéfiniment au potager. Une laitue proche de la montaison doit être récoltée rapidement. Les feuilles deviennent plus fermes et parfois amères lorsque la hampe florale commence à s’allonger.
Surveillez également les risques de fortes gelées, d’excès d’humidité et de ravageurs. En fin de cycle, vous pouvez choisir de tout récolter, sauf si vous souhaitez laisser quelques plantes produire leurs semences.
Les légumes pouvant éventuellement être récoltés avant maturité
Certains légumes offrent plusieurs récoltes possibles. Vous pouvez les consommer jeunes ou les laisser poursuivre leur développement. Le bon choix dépend du goût recherché et de leur destination.
Pommes de terre nouvelles, aillet et oignons frais

Les pommes de terre nouvelles se récoltent avant la fin du cycle. Vous pouvez commencer à vérifier leur développement autour de la floraison. Soulevez délicatement un peu de terre sur le côté de la butte pour contrôler la taille des tubercules.
Leur peau reste très fine et se détache facilement sous les doigts. Elles sont délicieuses, mais ne se conservent pas longtemps. Consommez-les rapidement après la récolte.
Les oignons de printemps se prélèvent également avant le dessèchement du feuillage. Le bulbe reste petit, tendre et doux.
J’apprécie aussi énormément l’ail frais, appelé aillet. On le récolte avant la formation complète des gousses. Ses jeunes tiges parfument notamment une omelette à l’aillet.
J’ai pour habitude de semer les carottes assez dru. Je ne me précipite pas pour éclaircir dès la levée. J’attends que les premières petites racines commencent à se former.
L’éclaircissage ne sert alors plus seulement à éliminer les plants en trop. Il fournit aussi de petites carottes tendres et savoureuses, parfois dégustées directement sur place.
Vous pouvez appliquer le même principe aux navets, aux betteraves ou aux radis semés trop densément. Récoltez d’abord les plants les plus développés. Vous libérerez de la place pour les autres tout en profitant de jeunes légumes.
Poivrons verts : un choix de goût, pas une erreur
Un poivron peut être récolté vert dès qu’il atteint sa taille normale et que sa peau devient ferme et brillante. Sa saveur reste plus végétale, parfois légèrement amère.
En le laissant sur le plant, il prendra progressivement la couleur propre à la variété : rouge, orange, jaune ou parfois brunâtre. Il deviendra plus doux et plus parfumé.
J’apprécie les poivrons bien colorés, mais récolter quelques fruits verts peut se justifier. Ce choix allège le plant et fournit une récolte plus précoce. Il n’existe pas ici un seul bon stade, mais deux usages différents.
Quand récolter les légumes-fruits ?
Les tomates, concombres, courgettes, poivrons, aubergines et melons ne se récoltent pas tous au même degré de développement. Certains fruits gagnent à mûrir sur le plant. D’autres doivent être cueillis jeunes, avant que les graines et la peau ne durcissent.
Tomates : couleur, souplesse et facilité de détachement

Une tomate destinée à être consommée rapidement se récolte lorsqu’elle a pris la couleur caractéristique de la variété. Le fruit doit être légèrement souple sous les doigts, sans devenir mou. Il se détache facilement avec une petite torsion.
La couleur demande un peu d’habitude. Une tomate jaune ne rougira évidemment jamais. Une variété noire ou bicolore peut conserver des zones verdâtres même lorsqu’elle est prête. Dans ce cas, fiez-vous surtout au toucher et à l’évolution générale du fruit.
Vous pouvez cueillir une tomate dès le début de sa coloration avant un épisode pluvieux, une forte attaque de ravageurs ou un départ de quelques jours. Elle poursuivra sa maturation à l’intérieur. Pour profiter de sa meilleure saveur, laissez-la cependant mûrir autant que les circonstances le permettent sur le plant.
Courgettes et concombres : les cueillir jeunes et tendres
Récoltez les courgettes longues lorsqu’elles mesurent environ 15 à 20 cm. Pour les variétés rondes, visez approximativement la taille d’une grosse orange. La peau reste alors brillante et tendre, tandis que les graines sont encore peu développées.
Une courgette oubliée peut grossir très vite. Elle reste consommable, mais sa peau devient plus ferme et ses graines prennent davantage de place. Elle conviendra mieux à une soupe, une purée ou une préparation farcie qu’à une poêlée délicate.
Pour les concombres, référez-vous à la taille habituelle de la variété. Le fruit doit être ferme et bien coloré. Récoltez-le avant qu’il ne jaunisse. Une teinte jaune, une extrémité gonflée et de grosses graines signalent généralement une récolte tardive.
Ne prenez pas une peau parfaitement lisse comme règle générale. Certaines variétés restent bosselées ou légèrement épineuses au stade de récolte.
Les récoltes qui n’attendent guèreEn pleine production, quelques jours suffisent pour dépasser le meilleur stade.
- Contrôlez courgettes et concombres tous les deux jours.
- Récoltez avant une absence les fruits déjà bien formés.
Poivrons et aubergines : fermeté, brillance et coloration
Le poivron reste ferme et brillant aux deux stades de récolte, vert ou coloré. N’attendez pas qu’il commence à se rider. Une peau fripée indique une perte d’eau et une qualité en baisse.
L’aubergine se récolte lorsque sa peau paraît lisse, tendue et brillante. Appuyez légèrement avec le pouce. L’empreinte doit disparaître rapidement. Si elle reste marquée, le fruit commence à dépasser le meilleur stade.
Une aubergine trop mûre perd sa brillance. Sa chair devient plus spongieuse et ses graines durcissent. Coupez le pédoncule avec un sécateur ou un couteau, car il peut être coriace et porter de petites épines.
Melons : plusieurs signes à croiser
Le melon demande davantage d’observation. Le parfum constitue un premier indice. Sentez le fruit près du pédoncule : une odeur sucrée commence à se dégager lorsqu’il approche du bon stade.
Selon la variété, le pédoncule se fissure autour de son point d’attache et se détache plus facilement. La zone opposée au pédoncule devient légèrement souple. La couleur de fond évolue également.
Ne vous fiez pas uniquement au poids ou au son produit par le fruit. Croisez au moins deux ou trois signes. Un melon cueilli trop tôt développe difficilement toute sa saveur après la récolte.
Quand récolter les légumes à gousses ?
Les légumes à gousses demandent des passages fréquents. Quelques jours peuvent suffire pour transformer une gousse fine et tendre en gousse fibreuse ou en grains farineux.
Haricots verts : passer régulièrement dans les rangs
Récoltez les haricots filets lorsque les gousses ont atteint une longueur suffisante, mais avant que les grains ne deviennent nettement visibles. Une jeune gousse se casse proprement et reste croquante.
Les variétés sans fil tolèrent un peu mieux les retards, mais elles finissent elles aussi par durcir. En pleine production, passez dans les rangs tous les deux ou trois jours.
L’expérience reste ici votre meilleure alliée. Cueillez quelques gousses, cuisinez-les et goûtez-les. Vous identifierez rapidement le stade qui vous convient pour la variété cultivée.
Petits pois et pois gourmands : surveiller le remplissage des gousses
Les petits pois se récoltent lorsque les gousses sont bien remplies, tout en restant vertes et tendres. Les grains doivent être formés sans devenir durs.
Ouvrez une gousse et goûtez un pois cru. Il doit être tendre, juteux et légèrement sucré. S’il devient farineux, la récolte a trop attendu.
Pour les pois gourmands ou mange-tout, intervenez plus tôt. Cueillez les gousses lorsqu’elles ont atteint leur longueur normale, avant que les grains ne gonflent fortement.
Fèves et haricots à grains : frais ou secs selon l’usage
Pour consommer les fèves fraîches, récoltez les gousses lorsqu’elles sont bien remplies et encore vertes. Les grains doivent rester tendres. Plus vous attendez, plus leur peau s’épaissit.
Les haricots à grains offrent deux stades. Pour une consommation en demi-sec, récoltez lorsque les grains sont gros et que les gousses commencent à jaunir. Pour obtenir des grains secs destinés à la conservation, attendez que les gousses sèchent sur les plants, puis terminez le séchage à l’abri si le temps devient humide.
Quand récolter les légumes pommés, les fleurs et les tiges renflées ?
Laitues et choux pommés : une pomme ferme, sans attendre la montaison

Les choux pommés se récoltent lorsque leur pomme devient dense et ferme. N’attendez pas forcément qu’elle atteigne le plus gros volume imaginable. Une pomme trop avancée risque de se fendre ou de pourrir, surtout par temps humide.
Les laitues pommées doivent présenter un cœur bien formé. En été, surveillez-les attentivement. Une chaleur marquée peut déclencher rapidement la montaison des salades.
Récoltez avant que la tige centrale ne s’allonge. Une laitue montée devient plus coriace et généralement plus amère.
Brocolis et choux-fleurs : récolter avant l’ouverture des fleurs
Le chou-fleur se récolte lorsque la pomme est bien développée, compacte et régulière. N’attendez pas que sa surface se désunisse ou que de petites fleurs apparaissent.
Pour le brocoli, coupez la tête principale lorsque les boutons restent bien serrés. Ils ne doivent pas encore s’ouvrir ni jaunir. Après cette première récolte, plusieurs variétés produisent des pousses latérales plus petites.
Choux de Bruxelles, choux-raves et céleris-raves : les bons repères
Les choux de Bruxelles forment de petits bourgeons le long de la tige. Récoltez-les lorsqu’ils sont fermes et bien serrés, en commençant par ceux du bas. Les récoltes peuvent ensuite se poursuivre en remontant progressivement.
Le chou-rave correspond à une tige renflée au-dessus du sol. Récoltez-la avant qu’elle ne devienne fibreuse. Pour la plupart des variétés courantes, un diamètre proche de 6 à 10 cm constitue un bon repère, mais certaines variétés peuvent grossir davantage sans durcir.
Le céleri-rave se récolte lorsqu’il atteint une taille satisfaisante et avant les fortes gelées. Son renflement reste partiellement visible au-dessus du sol. Ne cherchez pas nécessairement un très gros céleri : les sujets moyens sont généralement plus faciles à cuisiner.
Quand récolter les légumes destinés à la conservation ?
Pommes de terre, ail et oignons : attendre la fin du cycle
Pour conserver les pommes de terre plusieurs mois, attendez que le feuillage ait jauni puis presque entièrement séché. Récoltez par temps sec, laissez la terre sécher sur les tubercules et ne les lavez pas avant le stockage.
Les oignons et l’ail destinés à la conservation se récoltent lorsque les deux tiers environ du feuillage ont jauni ou se sont couchés. N’attendez pas que toutes les parties aériennes aient disparu, surtout si une période pluvieuse s’annonce.
Laissez ensuite sécher les bulbes dans un endroit aéré et protégé de la pluie. Les enveloppes extérieures doivent devenir sèches avant le rangement.
Courges : peau dure, pédoncule sec et couleur définitive
Les courges de conservation restent sur le plant beaucoup plus longtemps que les courgettes. Attendez qu’elles aient pris leur couleur définitive.
La peau doit résister à la pression de l’ongle. Le pédoncule devient sec, dur et liégeux. La partie posée sur le sol perd sa teinte verte et prend une couleur crème ou orangée selon la variété.
Coupez le pédoncule en en conservant quelques centimètres. Ne soulevez pas la courge par cette poignée fragile. Une blessure à cet endroit réduit fortement la durée de conservation.
En France métropolitaine, les récoltes principales ont généralement lieu en septembre ou en octobre. Rentrez toutefois les fruits avant les premières gelées, même si certains ne semblent pas complètement arrivés à leur stade de conservation.
Racines et poireaux : les laisser en terre ou les stocker ?
Laisser des carottes, panais ou poireaux en place évite un stockage supplémentaire. Cette méthode convient bien dans un sol drainé, peu exposé aux rongeurs et accessible en hiver.
Récoltez plutôt l’ensemble de la culture si votre terre reste gorgée d’eau, si les campagnols sont actifs ou si de longues gelées vous empêchent de travailler le sol. Les racines peuvent alors être conservées au frais, dans du sable légèrement humide ou selon votre méthode habituelle.
Construisez vos propres repèresLa variété, le sol et votre goût influencent le stade de récolte qui vous convient.
- Notez la date et les signes observés pour chaque variété.
- Ajoutez après dégustation : trop tôt, parfait ou trop tard.
Les erreurs fréquentes au moment de récolter
Se fier à un seul signe
Une belle couleur ne garantit pas toujours une bonne maturité. Une grosse taille ne signifie pas forcément qu’un légume sera plus savoureux. Un pédoncule sec ne suffit pas si la peau d’une courge reste encore tendre.
Croisez la vue avec le toucher, l’odorat ou l’état général de la plante. Deux signes concordants donnent une réponse beaucoup plus fiable qu’un seul indice isolé.
Attendre qu’un légume soit le plus gros possible
La taille maximale n’est pas toujours synonyme de qualité. Les courgettes, concombres, radis, navets, choux-raves et haricots perdent généralement en tendreté lorsqu’ils grossissent trop.
Récolter régulièrement stimule aussi la poursuite de la production chez les courgettes, concombres, haricots et pois. Une plante qui mène ses graines jusqu’à maturité consacre davantage d’énergie à sa reproduction.
Confondre maturité gustative et maturité de conservation
Une pomme de terre nouvelle possède une peau fine et une saveur délicate, mais elle se conserve mal. Une pomme de terre de garde reste en terre jusqu’au dessèchement du feuillage.
Un oignon frais se consomme avec sa tige verte. Un oignon de conservation doit achever son cycle et sécher. Une courgette se récolte jeune, tandis qu’une courge d’hiver attend le durcissement de sa peau.
Avant de récolter, posez-vous donc cette question simple : vais-je consommer ce légume rapidement ou chercher à le conserver ?
Observez, récoltez, goûtez… puis ajustez
Savoir quand récolter ne consiste pas à mémoriser une date pour chaque légume. Commencez par identifier l’usage recherché, puis observez la couleur, la taille, la fermeté, le feuillage et le pédoncule. Goûtez lorsque vous hésitez.
Vous vous tromperez peut-être de quelques jours au début. Ce n’est pas bien grave. Une récolte un peu précoce ou tardive vous apprendra à mieux reconnaître le stade qui convient à votre variété et à vos préférences.
Pour aller plus loin, mon guide pratique Récolter au bon moment rassemble les repères sensoriels, les détails culture par culture, des tableaux de référence et un modèle de carnet de récolte.
Et vous, quel légume vous donne encore du fil à retordre au moment de décider s’il faut le récolter ? Partagez votre expérience dans les commentaires.
FAQ sur le bon moment pour récolter les légumes
Peut-on récolter des tomates encore peu colorées ?
Oui, notamment avant une forte pluie, une absence ou lorsque les fruits risquent d’être abîmés. Cueillez-les dès que leur couleur commence à évoluer, puis laissez-les mûrir à température ambiante. Une tomate entièrement verte développera généralement moins d’arômes.
Quels légumes faut-il récolter avant de partir quelques jours ?
Ramassez en priorité les courgettes déjà formées, les concombres, les haricots verts, les petits pois et les laitues proches de la montaison. Ces cultures peuvent dépasser rapidement leur meilleur stade. Les carottes, panais, poireaux et courges encore en cours de maturation peuvent davantage attendre.
Faut-il récolter les légumes juste après la pluie ?
Attendez si possible que le feuillage et les fruits aient séché, surtout pour les légumes destinés à la conservation. L’humidité favorise les blessures, les salissures et les pourritures. Une récolte destinée à être consommée immédiatement pose moins de difficultés.
Que faire d’une courgette ou d’un concombre devenu trop gros ?
Le légume reste généralement consommable. Retirez la peau si elle est dure et enlevez les grosses graines. Utilisez une grosse courgette en soupe, en gratin ou farcie. Un concombre jauni et amer sera en revanche peu agréable à manger.






Bonjour Gilles,
il me semblait qu’on récoltait les aubergines encore immature et justement pas mature, pour éviter d’avoir des graines dures et en trop grand nombre.. une précision à ce sujet? Merci 🙂
Bonjour Audrey,
Oui, les aubergines se récoltent avant la formation des graines.
Je précise qu’il s’agit du moment où la peau change de couleur, ce qui a lieu avant la formation des graines…
Bref, c’est sans doute la notion de « parfaite maturité » qui prête à confusion. J’entends par là « maturité idéale pour la récolte » mais je la précise, pour les légumes concernés, dans l’article; alors qu’avec votre exemple, vous parlez pour moi de « maturité passée ».
Bonne journée,
Gilles
Merci pour ses explications. J’ai découvert l’utilisation de l’aillet !
J’ai de belles pommes de terre cultivées dans des feuilles sèches, récolte propre et facile mais gare aux rongeurs qui viennent se servir !… Je fais des compotes dessert de tomates vertes avec du sucre et des épices au choix (un régal aussi en confiture). Salées ou sucrées : toujours les cuire ! on peut aussi en faire un apéro genre Martini (vu sur internet mais pas encore essayé). Je fais sécher dans des « filets de séchage poisson » des tranches de grosses courgettes (5/7 kg pièce !) , d’aubergines etc que je saupoudre de sel pour essayer d’éviter les moisissures (pas facile avec les courgettes). C’est moins savoureux que frais mais ça dépanne en hiver, surtout quand on a raté ses bocaux.
Merci Gilles pour tous ces renseignements. Une tit’ question
Comme je n’ai pas beaucoup de place pour stocker peux-tu me dire pour les pommes de terre si une fois le feuillage totalement détruit je peux les laisser dans le sol et ne les récolter qu’au moment de les utiliser. Elles ont super bien donné cette année comme l’ail, les oignons et les échalotes. Ces derniers sont rangés en caissette et prennent toute la place dans le cellier.
Jusqu’au moment de les consommer ? si il y en a jusqu’à l’hiver, certainement pas… Après, il est possible de les laisser encore 1 mois ou 2 en terre; mais ça va dépendre du temps à venir (s’il pleut beaucoup ce n’est pas terrible), mais aussi de l’état des pommes de terre (si elles sont un peu abîmées, cela n’ira pas à s’arrangeant).
bonjour gilles…un moyen aussi de stocker les légumes est dans le sable dans un hangar une ancienne méthode .
Salut Gilles,
Superbe synthèse 🙂 Personnellement, pour les tomates au delà des critères que tu évoques, je les tâte et dès qu’elles sont légèrement molles, c’est un signe pour les récolter et qu’elles sont arrivées à maturité, qu’en penses-tu ?
Sinon, je voulais également rebondir sur la montée en graine car beaucoup de personnes voient cela d’un mauvais oeil mais, il peut être aussi intéressant de semer plus qu’il n’en faut justement pour laisser certaines cultures monter en graine et bien sûr dans le but de récupérer la variété ou de la laisser se resemer d’elle-même 🙂
J’ai tourné dernièrement une vidéo sur ce phénomène naturel et plus particulièrement sur les salades, si cette dernière intéresse toi et tes lecteur(trices), je me permet de te glisser le lien 😉 > https://au-potager-bio.com/pourquoi-les-salades-montent-en-graines/
Merci encore de ton partage et au plaisir de te lire …
Amicalement,
Yannick