On commence traditionnellement à préparer un potager au printemps, au moment où les premières envies de semis et de plantations se font sentir. Pourtant, si vous partez d’une pelouse, d’un terrain enherbé ou d’une parcelle encore peu cultivée, attendre le retour des beaux jours complique sérieusement les choses.
Créer un potager en permaculture en automne vous laisse au contraire plusieurs mois pour préparer le sol en douceur, limiter les adventices et favoriser l’activité biologique avant les premiers semis du printemps.
L’objectif n’est donc pas forcément de cultiver immédiatement. Il s’agit surtout de préparer la terre du potager en automne pour qu’elle soit plus facile à travailler et à cultiver au printemps suivant. Selon votre sol, la végétation présente et les cultures prévues, plusieurs méthodes sont envisageables.
C’est cette préparation progressive que je vous propose ici, dans le même esprit que celui développé dans Mon Potager au Naturel : observer d’abord, intervenir le moins brutalement possible, puis adapter la technique au terrain plutôt que d’appliquer une recette toute faite.
Quand commencer son potager en permaculture ?
Le printemps n’est pas idéal…
Créer son potager en permaculture seulement au printemps reste évidemment possible. Mais si vous souhaitez semer ou planter rapidement, plusieurs difficultés apparaissent.
- La végétation déjà en place doit être supprimée ou maîtrisée avant les premiers semis. Sur une prairie ou un terrain couvert d’adventices vivaces, cette opération peut demander beaucoup de travail.
- Un sol encore froid et humide se travaille mal. Sur une terre argileuse, intervenir trop tôt produit facilement des mottes compactes qui resteront difficiles à affiner.
- À l’inverse, couvrir immédiatement un sol encore froid avec une couche épaisse de paillage ralentit son réchauffement. C’est notamment pourquoi je déconseille de pailler trop tôt au printemps.
- Enfin, la pression du calendrier pousse parfois à intervenir davantage que nécessaire simplement parce qu’il faut « faire de la place » pour les cultures.
Vous pouvez bien sûr décider de prendre votre temps au printemps. Mais dans ce cas, les premières récoltes seront elles aussi décalées.
En préparant le terrain quelques mois plus tôt, vous disposez d’une marge beaucoup plus confortable. L’hiver travaille alors en quelque sorte avec vous : les matières organiques évoluent, certaines végétations s’affaiblissent sous une couverture opaque et la structure du sol peut progressivement s’améliorer.
Pourquoi démarrer un potager en automne ?

L’automne présente plusieurs avantages pour préparer un nouveau potager, à condition de tenir compte des conditions réelles du terrain plutôt que de s’en remettre uniquement au calendrier.
- Après les premières pluies automnales, un sol desséché pendant l’été retrouve généralement une humidité favorable à l’activité biologique.
- En début d’automne, la terre conserve encore une partie de la chaleur accumulée pendant l’été.
- Une couverture installée à cette période protège le sol contre les pluies battantes, l’érosion et la formation d’une croûte superficielle.
- Les matières organiques commencent à se décomposer avant l’hiver puis poursuivent lentement leur évolution lorsque les températures le permettent.
- Une partie des adventices peut être affaiblie ou détruite avant le printemps.
- Au retour des beaux jours, vous pouvez vous concentrer sur les semis et les plantations plutôt que sur la création complète des planches de culture.
La fin septembre et le mois d’octobre constituent donc généralement une bonne période en France métropolitaine. Mais ce repère doit rester souple. Après un été très sec, mieux vaut attendre que plusieurs pluies aient réellement réhumidifié la terre. Sur un sol lourd déjà détrempé, mieux vaut au contraire patienter plutôt que de le piétiner ou de le travailler.
À retenirLe bon moment dépend davantage de l’état du sol que d’une date précise.
- Intervenez sur une terre suffisamment humide, mais non détrempée.
- Profitez si possible de la chaleur résiduelle du début d’automne.
- Préparez le terrain assez tôt pour que la couverture ou le couvert végétal ait le temps d’agir avant le printemps.
Comment créer un potager en permaculture en automne ?
Avant de recouvrir quoi que ce soit, prenez quelques minutes pour dessiner votre futur potager. Repérez les allées, les planches de culture, l’exposition et les éventuelles zones humides ou très sèches.
Pensez également aux cultures que vous installerez au printemps. Certaines zones accueilleront des semis directs, notamment carottes, navets ou radis. D’autres recevront des plants que vous aurez produits vous-même ou achetés dans le commerce.
Cette distinction compte, car une terre destinée à de jeunes semis doit être relativement propre en surface et suffisamment fine. Une planche destinée aux tomates, courges ou choux peut rester beaucoup plus largement couverte.
Préparer la terre de son potager en automne en vue de semer directement au printemps suivant

Pour préparer une future planche de semis directs, l’occultation reste l’une des méthodes les plus simples.
Commencez par faucher la végétation le plus près possible du sol. Laissez les résidus sur place, puis attendez si nécessaire de bonnes pluies. Une terre complètement sèche sous une bâche restera peu active.
Recouvrez ensuite toute la surface avec une bâche opaque, solidement maintenue sur les bords. Une bâche noire réutilisable, par exemple une bâche d’ensilage en bon état, peut convenir. Évitez en revanche les plastiques fins qui se déchirent rapidement et laissent des fragments dans le sol.
Privées de lumière pendant plusieurs mois, de nombreuses adventices annuelles disparaîtront ou seront fortement affaiblies. Les vivaces vigoureuses comme le chiendent ou le liseron peuvent en revanche traverser cette période et repartir ensuite. Elles demandent donc une surveillance particulière.
À la fin de l’hiver ou au début du printemps, retirez la bâche. Si le terrain est encore compact, vous pourrez l’ameublir avec une Grelinette ou, sur une surface plus importante, avec une Campagnole.
Pour les carottes, radis ou autres petites graines, un léger travail superficiel peut ensuite être nécessaire pour obtenir un lit de semence suffisamment fin. Il ne s’agit pas de retourner profondément la terre, mais de préparer seulement les premiers centimètres.
Vous pouvez également utiliser une couverture organique à la place de la bâche. Cette solution nourrit davantage le sol, mais les jeunes semis seront parfois plus difficiles à gérer si des adventices traversent le paillage.
Préparer la terre de son potager en permaculture en automne en vue de planter au printemps suivant
Pour une planche destinée à recevoir des plants déjà développés, vous disposez de davantage de liberté. Tomates, courgettes, courges, choux ou poireaux peuvent être installés dans un sol encore partiellement couvert.
Plusieurs approches sont donc possibles.
1) En bâchant
La méthode est identique à celle utilisée pour les futures zones de semis : fauchez la végétation, posez une bâche opaque sur un sol suffisamment humide et laissez-la en place pendant l’hiver.
Après son retrait, il n’est pas toujours nécessaire de travailler toute la planche. Si la terre s’est assouplie et que sa structure est satisfaisante, vous pouvez simplement ameublir localement les zones de plantation.
Sur une terre encore tassée, un passage à la Grelinette reste utile. Faites-le lorsque le sol s’émiette correctement et ne colle pas aux outils.
2) En mettant en place une couverture permanente naturelle

Si votre terre est déjà relativement meuble, une couverture permanente du sol constitue une solution particulièrement intéressante.
Fauchez d’abord la végétation existante et laissez cette matière sur place. Après les pluies, vous pouvez poser du carton brun non plastifié pour freiner les repousses. Ce carton reste facultatif sur une terre déjà peu enherbée.
Ajoutez ensuite une couverture organique : foin, paille, feuilles mortes ou BRF.
Ces matériaux ne se comportent pas tous de la même façon. Le foin se décompose assez facilement et constitue une couverture nourrissante. La paille est plus carbonée et évolue plus lentement. Les feuilles mortes se tassent rapidement, tandis que le BRF s’utilise en couche beaucoup moins épaisse.
Avec du foin, de la paille ou des feuilles, une couche de l’ordre de 15 à 25 cm peut convenir au départ, sachant qu’elle diminuera rapidement en se tassant. Il vaut mieux ajuster l’épaisseur au matériau et à la situation que chercher systématiquement à atteindre une valeur précise.
Le foin est généralement très intéressant, notamment lorsqu’il est devenu impropre à l’alimentation animale. Si vous pouvez récupérer du vieux foin localement, il constitue une excellente ressource.
Vous pouvez aussi associer plusieurs matériaux disponibles sur place. La diversité est intéressante à condition de conserver une couverture aérée et de ne pas créer une couche compacte et détrempée.
Un apport de compost mûr ou de fumier adapté peut être effectué sous la couverture lorsque le sol en a réellement besoin. Cet apport ne transforme pas pour autant la planche en butte : il s’agit simplement d’un amendement de surface.
Si le terrain est fortement compacté, mieux vaut toutefois intervenir avant de poser la couverture. Un passage de Grelinette, sans retourner les horizons, aidera l’eau, l’air et les racines à pénétrer.
Attention aux vivaces tenacesUne épaisse couverture ne suffit pas toujours à éliminer certaines plantes déjà bien installées.
- Chiendent, liseron ou rumex peuvent traverser le paillage ou repartir au printemps.
- Dans ce cas, surveillez les repousses et intervenez progressivement plutôt que d’attendre une disparition complète.
3) En constituant une butte vivante

Dans certaines situations, la constitution de buttes vivantes peut rendre service.
Je pense notamment aux terrains réellement difficiles : remblai de construction, sol extrêmement mince ou zones où la terre cultivable manque presque totalement.
Sur un sol naturellement très acide ou au contraire très calcaire, une butte enrichie en matières organiques peut également offrir temporairement un milieu plus favorable à certaines cultures.
Mais ne faites pas une butte simplement parce que vous souhaitez jardiner en permaculture. Elle n’est absolument pas obligatoire.
Sa création demande beaucoup de travail, beaucoup de matières et un entretien particulier. Sur une bonne terre de jardin, une planche cultivée à plat, couverte en permanence et correctement amendée est généralement plus simple à gérer.
4) En semant des engrais verts
Vous pouvez aussi semer un engrais vert en septembre ou en début d’automne, aussi bien sur une future zone de semis que sur une zone destinée aux plantations.
Le terrain doit d’abord être suffisamment ameubli pour que les graines lèvent correctement. Une Grelinette ou une Campagnole peuvent alors suffire, suivies d’une préparation superficielle du sol.
Un couvert bien installé protège la terre pendant l’hiver, produit de la biomasse et concurrence une partie des herbes spontanées. Certaines espèces développent aussi un système racinaire intéressant pour la structure du sol.
Tous les engrais verts n’ont cependant pas la même fonction. Les légumineuses peuvent fixer une partie de l’azote atmosphérique grâce aux bactéries associées à leurs racines. Les graminées produisent beaucoup de matière et captent efficacement les éléments déjà présents dans le sol.
Au printemps, vous pourrez arracher le couvert sur une planche destinée aux semis ou le faucher avant des plantations. Vous trouverez les différentes espèces et les façons de les gérer dans mon article consacré aux engrais verts.
Je recommande surtout cette solution sur les terres lourdes ou les sols ayant besoin d’être restructurés. Sur une terre très sableuse et naturellement meuble, elle n’est pas forcément la priorité, sauf problème particulier de tassement ou besoin précis de couverture.
5) Les poules peuvent aussi préparer le terrain pour vous…

Si vous élevez quelques poules, elles peuvent elles aussi participer à la préparation d’une parcelle.
Sur une zone sans cultures, elles grattent le sol, consomment des graines, des larves, de petits invertébrés et une partie de la végétation. Leur passage peut donc réduire certaines adventices et certains indésirables du jardin.
Mais elles ne font pas le tri. Elles consomment aussi des organismes utiles et peuvent retourner complètement une couverture végétale ou endommager des cultures déjà installées.
Évitez également de les laisser trop longtemps sur une petite surface, surtout lorsque la terre est humide. Leur piétinement finirait alors par tasser le sol.
Quelle méthode choisir pour préparer votre potager en automne ?
Il n’existe donc pas une seule bonne manière de créer un potager en permaculture en automne. La meilleure méthode est celle qui correspond à votre terrain et à ce que vous souhaitez cultiver ensuite.
| Situation | Méthode à privilégier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Pelouse ou végétation annuelle dense | Bâchage ou couverture organique épaisse | Bien recouvrir toute la surface |
| Future planche de carottes, radis ou autres semis fins | Bâchage puis préparation superficielle au printemps | Conserver un lit de semence propre et fin |
| Future planche de tomates, courges ou choux | Couverture organique | Écarter le paillage au moment de planter |
| Sol lourd ou compacté | Décompactage puis couverture ou engrais vert | Ne jamais intervenir sur terre détrempée |
| Sol très pauvre ou terrain de remblai | Amendements importants ou éventuellement butte vivante | Évaluer d’abord la terre réellement disponible |
| Chiendent, liseron ou autres vivaces coriaces | Occultation prolongée et surveillance des repousses | Ne pas compter sur un simple paillage |
Une règle simple pour déciderPlus vos futures cultures sont sensibles à la concurrence des adventices, plus la préparation de surface doit être soignée.
- Pour semer de petites graines, recherchez une terre propre et facile à affiner.
- Pour planter des légumes déjà développés, vous pouvez conserver davantage de couverture.
Quelques articles complémentaires
- Pourquoi créer un potager bio ?
- Comment démarrer un potager en permaculture ?
- Connaître son sol : déterminer simplement la texture et le pH de sa terre
- Amendements et engrais : ne les confondez pas
- Au potager bio, laissons la nature aux commandes
Préparer à l’automne, c’est se simplifier le printemps
Créer un nouveau potager ne signifie pas retourner toute la terre et tout transformer en quelques jours. L’automne vous donne justement le temps de procéder progressivement.
Commencez par observer votre sol et la végétation présente. Déterminez ensuite quelles zones seront semées directement et lesquelles accueilleront des plants. Vous pourrez alors choisir entre occultation, couverture organique, engrais verts ou, dans des situations particulières, constitution d’une butte.
Le but reste toujours le même : arriver au printemps avec une terre suffisamment meuble, couverte et vivante pour installer les cultures sans devoir recommencer tout le travail.
Vous trouverez toutes les bases pour construire cette démarche dans Mon Potager au Naturel.
Et si votre terrain présente des difficultés particulières, ou si vous hésitez entre plusieurs options, je propose également un accompagnement personnalisé pour réfléchir avec vous aux choix les plus adaptés dès le départ.
Et vous, comment comptez-vous préparer votre potager cet automne ? Bâche, paillage, engrais verts ou autre méthode ? Vos retours d’expérience sont les bienvenus dans les commentaires.
FAQ : préparer un potager en permaculture en automne
Peut-on commencer un potager en novembre ?
Oui. Une occultation ou une couverture organique reste envisageable tant que le sol n’est ni gelé ni détrempé. En revanche, il peut être trop tard pour certains engrais verts qui n’auraient plus le temps de bien s’installer avant l’hiver.
Faut-il retourner la terre avant de la couvrir ?
Non dans la plupart des cas. Fauchez d’abord la végétation. Si le sol est très compacté, vous pouvez l’ameublir à la Grelinette sans retourner les couches de terre, puis installer la couverture.
Peut-on créer directement un potager sur une pelouse ?
Oui. Fauchez très court puis recouvrez la surface avec une bâche opaque ou une couverture organique suffisamment épaisse. Une pelouse classique disparaît généralement plus facilement que des vivaces comme le chiendent ou le liseron.
Que faire si la terre est très humide en automne ?
Évitez de la travailler et limitez les passages. Sur un sol lourd détrempé, le piétinement et les outils peuvent accentuer le tassement. Attendez une période plus ressuyée avant de décompacter ou de préparer les planches.
Quand retirer une bâche posée en automne ?
Retirez-la quelques jours à quelques semaines avant les premiers semis, selon l’état du sol. Cela vous laisse le temps d’observer les repousses éventuelles, d’ameublir si nécessaire et de préparer superficiellement la terre.






Bonjour,
Est ce que la préparation en autonome en couvrant le sol avec bâche carton foin etc…est valable sur une terre sablonneuse?
Je viens d’aquerir une parcelle sableuse donc je suppose y’a pas de vie en dessous donc comment procéder? Merci d’avance
Bonjour Mohamed,
En terre sablonneuse, l’objectif sera avant tout de l’enrichir. ça passe donc à priori par des apports de matières organiques, donc soit « en mettant en place une couverture permanente naturelle » (point 2), soit « en constituant une butte vivante » (point 3).
j’avais mis pendant 2 ans une bâche noire agricole sur tout mon potager, car j’avais des chiendents et je n’avais plus le temps de faire mon potager je l’ai enlevée seulement cet été je n’ai plus de chiendents mais par contre beaucoup de monticules de taupes et des rats taupiers. Ici s’est une région agricole donc on a beaucoup de rats. Donc ma terre doit avoir beaucoup de vers de terre puisque les taupes s’en nourrissent. merci à Gilles que je lis avec plaisir chaque semaine tous ses conseils avisés
bonjour Gilles,
un grand merci pour toutes les informations que vous nous apportez.
Je suis un peu surpris de voir que vous préconisez une bâche en plastique dans votre proposition de couverture du sol en automne.
Une bâche en plastique sera imperméable, ce qui me parait très gênant. Ai je tord ?
Bonjour Michel,
Je ne « préconise » pas forcément la bâche plastique… C’est seulement l’une des alternatives possibles (probablement la plus efficace pour éliminer les adventices, et donc particulièrement appropriée en vue de semis directs au printemps).
En fait, la question de l’imperméabilité est secondaire dans un potager familial. La taille de la bâche restant limitée, les eaux de pluies s’infiltreront par les côtés. Par ailleurs, en posant la bâche en automne, la terre est en général humide (je précise d’ailleurs dans l’article de ne pas poser la bâche sur sol sec… La bâche conservera alors cette humidité pendant l’hiver).
Cordialement,
Gilles
Bonjour Gilles et bonjour à tous,
Je relis avec plaisir cet article et me rends compte à quel point il est riche. L’an dernier, j’ai démarré un nouveau potager en appliquant cette méthode mais pas forcément à la lettre (disons pas partout) par manque de temps. J’ai eu plus de mal à démarrer au printemps les parcelles qui avaient été moins couvertes à l’automne et comme il pleuvait beaucoup, c’était plus long car il a fallu attendre le ressuyage tardif du sol pour pouvoir en élever les adventices non étouffées. En relisant l’article, j’ai la confirmation que j’aurais dû mettre une plus grande épaisseur de matériaux en automne et mieux faucher les herbes. Le temps passé en novembre aurait été gagné au printemps (à condition bien sûr d’écarter ou d’alléger le paillis au printemps pour permettre au sol de se ressuyer mais au moins le désherbage aurait été plus rapide).
J’ai eu aussi peur de trop couvrir car les propriétaires du terrain me disaient que le sol était très argileux. Mais en réalité, il n’est pas très argileux, je le trouve assez facile à travailler, rien à voir avec mon premier potager. Là encore par manque de temps (ou empressement ?) j’ai oublié un de vos conseils qui est de s’adapter à son sol en l’ayant observé et analysé soi-même.
Donc merci et je crois qu’on gagne tous à bien lire et relire en détails vos articles qui sont précieux et nuancés.
Belle journée
Bonjour Gilles et merci pout tous vos bons conseils que j’ai récolté dans votre livre « MON POTAGER AU NATUREL ».
Je souhaite démarrer un nouveau potager en permaculture sur celui que je cultive actuellement de manière traditionnelle et j’aimerais construire des carrés potager avec des bordure en bois dès cet automne.
Afin de ne pas impacter la bio diversité du sol ou nous même comme futurs consommateurs de légumes, peux t’on utiliser des planches (coffrage, lame de terrasse…) traitées (classe 4 ou autre…) ?
Merci d’avance pour votre retour.
Bien cordialement.
Yves
Bonjour Yves,
Je vous renvoie vers un article plus complet que ce que je pourrais vous répondre : https://www.jardindeco.com/Conseils/Jardin/carre-potager-bois-traite-une-solution-ecologique-LP-283
Cordialement,
Gilles
Merci Gilles de ces bons conseils
Pour ma part chaque automne je prépare une nouvelle parcelle en mettant 20 à 25 cm de fumier de cheval (litière à base de copeaux de bois)
Au printemps je mets des pommes de terre posées sur le sol et enfouies dans le fumier puis dans l’été après les avoir ramassées je mets choux choux fleurs brocolis qui produisent jusqu’en mars en général
Le printemps suivant viennent les tomates aubergines et poivrons qui seront suivies à l’automne par de l’ail et des oignons au printemps et ensuite des haricots
Après je ne sais pas car cela fait 4 ans que j’ai commencé cette pratique que j’ai développée car peu de temps pour jardiner ( ici pas de travail du sol et quasiment pas de désherbage je remets un couvert avec les solanacees)
Je vais peut-être laisser revenir la prairie car je pense qu’un des avantages quand on commence une nouvelle parcelle c’est que le sol contient des nutriments qui diminuent au fil des cultures
En général le potager est très beau sur la nouvelle parcelle.
Avez vous déjà fait ce constat ?
Amicalement
Bonjour Philippe,
Merci pour ce partage.
Oui, une prairie régénère les sols ; d’où une pratique ancestrale que l’on appelle « jachère » (on laisse simplement la prairie reprendre ses droits, pendant une ou plusieurs années, ce qui va favoriser le développement de la vie dans le sol, et donc la libération d’éléments minéraux utiles au développement des plantes).
Cela dit, cette façon de procéder présente un inconvénient : des nouvelles adventices vont à nouveau se développer sur des parcelles que l’on aura mis plusieurs années à « assainir »… Ce qui impliquera plus de travail de désherbage.
Pour cette raison, même s’il est tout à fait envisageable (et d’ailleurs, je laisse personnellement toujours quelques planches de cultures en jachère) de procéder ainsi (à condition d’une surface disponible suffisante), les jardiniers vont en général plutôt opter pour des cultures d’engrais verts et/ou des apports de matières organiques diversifiées pour maintenir, voire augmenter, la fertilité du sol.
Cordialement,
Gilles
Très bonne idée l’engrais vert
Je vais regarder ce que je peux mettre dans un sol très acide et si possible un engrais où je vais pouvoir récupérer les graines pour pas avoir à en acheter à chaque fois
Merci
Bonjour Gilles.
Je suis tout à fait convaincu par la technique du bâchage (toile de paillage en ce qui me concerne). C’est efficace, mais cela reporte la mise en culture de plus ou moins 6 mois. Mais la patience est une vertu car cela permet vraiment de commencer la culture dans de bonnes conditions. Après 6 mois de bâche, je trouve que c’est tout aussi bon de commencer au printemps ou à l’automne. Pour moi, il y a deux saisons de jardinage, la belle saison (printemps-été) et la saison froide (automne-hiver), à valoriser toutes les deux à égalité, c’est un principe de base pour un potager sobre. Commencer la culture par la saison froide n’est donc pas un sacrifice, et cela permet de faire l’agrandissement du potager en deux fois par an.
Je cultive systématiquement de la pomme de terre sur les parcelles que je gagne ainsi sur la végétation, parce que c’est une culture nettoyante (sol travaillé, plusieurs buttages, bonne couverture du sol par le feuillage, sol prêt à semer/planter après la récolte). C’est ma tête de rotation. Par la suite, je ne travaille le sol qu’à minima. Le cas échéant, elle est précédée d’une culture d’hiver, soit un couvert, soit des fèves.
Evidemment, si on créé un nouveau potager, on ne voudra pas le construire ainsi petit à petit, mais au moins on peut le faire en deux fois, et on appréhende d’emblée la bi-saisonnalité du potager.
Bonjour Gilles,
Ne sachant où mettre ma question, je la mets ici.
Ma question concerne non pas un jardin de pleine terre, mais une jardinière en bois, sur pieds, et d’une belle dimension.
Je m’interroge sur le matériau à utiliser pour couvrir le fond et les côtés de la jardinière (le bois a été traité). Géotextile ? Simple plastique que je vais trouer pour l’évacuation de l’eau, autre ?
Par ailleurs, comment garder vivante la terre d’une jardinière ?
Merci pour votre réponse.
Thérèse
Bonjour Thérèse,
Je n’ai aucune expérience pour ce qui concerne les cultures en jardinière.
Mais personnellement, je mettrais plutôt du géotextile.
Pour une terre vivante, il faut apporter des matières organiques diversifiées… par exemple sur le même principe que pour des buttes vivantes (voyez ici) ou plus simplement de paillage progressif (voyez la vidéo à la fin de cet article)
Cordialement,
Gilles
Bonjour Gilles,
Je m’apprête à reprendre un potager abandonne depuis 1 an ou 2. Les herbes ont bien sûr beaucoup poussé, dont du chiendent, et je cherche un moyen écologique pour décomposer toutes ces herbes. Le plus simple serait de mettre une bâche. Et je vois que vous la mentionnez la bâche ainsi que les cartons. Mais quid de leur composition et donc de leur impact sur la terre ? Peut-on alors vraiment les considérer comme écologique ?
Bonjour Thérèse,
Les cartons produits en Europe sont aujourd’hui exempts de colles et encres chimiques (c’est la norme)… Ils vont se décomposer en quelques mois et apporter ainsi un peu de matières carbonées, utiles pour la constitution d’un humus stable. Il faut toutefois enlever les étiquettes. Ce n’est malheureusement pas le cas de colis venant par exemple d’Asie, dont il vaut mieux ne pas utiliser les cartons…
Concernant les bâches plastiques, il ne s’agit évidemment pas d’un produit écologique… Mais on ne la laisse pas se décomposer sur le sol. Personnellement, je les utilise pendant de nombreuses années pour mes cultures de melons… Et je les emmène finalement en déchetterie pour, normalement, être ensuite recyclées. Alors, on est d’accord, ce n’est pas super écologique (mais rien qu’en jardinant, même avec les meilleures pratiques qui soient, on perturbe un système écologique… et le plastique est présent partout, qu’on le veuille ou non…); mais cela demeure la méthode la plus efficace, tout en étant respectueuse de la vie du sol, pour nettoyer un terrain avant de mettre en place des cultures. Notez qu’il existe aussi des bâches de paillage naturelles biodégradables (voyez par exemple ici), mais ce sont des bâches se décomposant très vite, et fines… et je ne suis absolument pas certain que des adventices vivaces ne parviennent pas à les traverser…
Cordialement,
Gilles
merci pour cette réponse argumentée !
Belle journée
Bonsoir Gilles, je suis vos publications et votre blog depuis déjà pas mal de temps et cette année j’ai expérimenté les plantations en laissant l’herbe pousser au milieu des légumes et j’ai été assez satisfait du résultat…etant dans le sud de la vallée du rhone avec des étés très chauds et très secs mon sol été mieux protégé et nécessité moins d’arrosages et surtout j’ai eu le plaisir de voir mon sol (argile calcaire) allégé gràace a mon composte étau fumier de cheval et les habitants du sol travailler en masse…je suis beaucoup plus désespéré par le chiendent…je suis entrain de préparer de nouvelles planches pour le printemps ou je veux semer de l’engrais vert et je travaille à la grelinette après les fortes pluies qui ont bien assoupli la terre…cependant les racines sont très profondes et en quantité je suis obligé de piocher après la grelinette et mélanger les couches du sol…sur une parcelle de 8m2 j’ai sorti 4 grosses brouettes de racines de chiendent…
Quels conseils pouvez vous me donner à ce propos? merci pour l’ensemble de vos publications que j’essaye de mettre en pratique comme je peux
Bonjour,
Toute débutante en jardinage, je souhaite préparer mon futur jardin pour le printemps. Je ne souhaite pas utiliser de bâche mais plutôt faire un carré organique (herbe de tonte, compost) que je laisserais tout l hiver et je le paillerais en mai. Est ce la bonne solution ? Cela fonctionnera ?
En vous remerciant par avance
Bonjour Anne
Si les choses étaient aussi simples…
En jardinage naturel, il n’y a pas une méthode parfaite qui serait applicable partout.
Nous avons plutôt, à notre disposition, des techniques distinctes, parfois complémentaires, et plus ou moins adaptées à telle ou telle configuration.
Quel type de sol avez-vous (sableux, limoneux, argileux) ?
Dans quel état est ce sol ? tassé ou aéré ? la vie y est-elle présente ?…
Quel est votre climat ?
Quel temps fait-il actuellement chez vous ?
La terre est-elle déjà froide ?
Quel matériaux avez-vous à votre disposition ?
Bref, j’ignore tout de votre sol et de vos conditions de cultures…
Vous dire si c’est la bonne solution ou plus encore si ça va marcher n’aurait donc aucun sens.
Il faudrait, pour pouvoir vous répondre sérieusement, mener un véritable travail d’analyse de votre situation…
Un travail qu’il m’est malheureusement impossible d’entreprendre avec les milliers de visiteurs quotidiens sur ce blog…
Mais que j’aime par contre entreprendre, avec les plus motivés, en accompagnement personnalisé.
Nous pouvons alors effectuer, ensemble, un véritable travail d’investigation et déterminer ainsi les meilleures actions à mettre en œuvre dans la situation particulière qui est la vôtre.
Cordialement,
Gilles
Bonjour à vous,
Mon terrain a passé l’hiver sous une bonne couche de divers paillages (broyat , tontes + feuilles, carton) et je suis allée fouiner un peu dessous, ça me semble bien, souple, riche et vivant… la partie supérieure du broyat de bois n’étant pas encore bien décomposée, dois-je la retirer avant de passer la grelinette ou dois-je l’incorporer?
Merci encore pour votre enseignement !
Merci de votre réponse. Je n’y avais même pas pensé! J’espère Que ce blocage sera temporaire. Autrement j’en suis quitte pour tout recommencer…
Bonjour Gilles
Je viens d’acquérir un grand jardin avec beaucoup de nettoyage à faire (bois et herbe) et je souhaite démarrer un potager au printemps prochain. En ce milieu d’automne, nous sommes passés directement d’un temps chaud et très sec à des températures plutôt fraîches et pas encore beaucoup d’eau… j’ai délimité un terrain et l’ai recouvert au fur et à mesure des « arrivages » d’un tiers de carton (déménagement!), puis d’un tiers de broyat de bois, avec une composante bambou, et enfin d’un tiers de tontes de gazon. J’ai bien conscience que c’est un peu… batard comme mise en place! J’ai fait ça sur plusieurs semaines. Ma question: le manque d’eau va-t-il perturber le processus de compostage des divers éléments ou simplement le retarder? J’avais le choix entre terre froide et terre sèche…
Merci pour votre site, que je lis presque comme un roman!!
Bonjour Catherine,
Le manque d’eau va éventuellement retardé le processus de compostage… mais il va bien finir par pleuvoir de façon plus conséquente…
Mais c’est surtout au niveau de la terre qu’il pourrait y avoir des blocages (vous aviez le choix d’arroser le sol avant de le couvrir…)
Cordialement,
Gilles
bonjour Gilles.
quand je fais une nouvelle parcelle, je tond à ras puis je mets du carton que je recouvre de terreau, terre, tontes, etc. au printemps la terre est très facile à travailler.je retourne superficiellement en retirant à la main de le gros des racines d’herbe (j’ai beaucoup de chiendent) (c’est la seule fois où je retourne ma terre)
ma question, pour les planches en cours, : quand puis je mettre le fumier et le compost?
j’utilise du fumier que j’ai laissé reposer 1 an, jusqu’ici je le répandais avant l’hiver pour qu’il finisse de murir avant les plantations. (j’en mets un an sur deux en alternant les parcelles, jamais après les légumineuses), de même pour le compost. mais en mettant une bâche noire tout l’hiver comme vous le proposez -(et c’est ce que je vais faire, car j’ai vraiment trop de nettoyage à faire au printemps et je désherbe à la main en ameublissant le sol à la grelinette)- , peut-être faut il attendre le printemps après avoir retiré la bâche ?peut-être vaut il mieux mettre juste le compost et/ou le fumier au pied des plants ?(ce que je fais avec les tomates par exemple)
en revanche, à l’automne je mets de la chaux car mon terrain me paraît trop acide. au niveau texture, la terre est équilibrée.
je lis avec attention toutes vos publications et vos livres, que j’apprécie beaucoup et que je recommande autour de moi, mais j’ai tout de même des hésitations.
merci !
bénédicte d’aillières
(cotes d’armor)
Bonjour Bénédicte,
Je vous recommande de mettre le fumier plutôt à l’automne (pour qu’il se décompose pendant l’hiver, favorisant également la vie dans le sol; mais aussi pour éviter d’éventuels problèmes sanitaires en l’apportant au printemps…) et le compost au printemps (il sera directement disponible pour les cultures).
« La chaux enrichit le père mais ruine le fils »… en gros, vous annihilez les bonnes actions que vous effectuez par ailleurs… sachant qu’un compost par exemple est déjà naturellement basique (donc compensant l’acidité), et que, si besoin, il y a d’autres amendements organiques non nocifs pour la vie du sol (je vous invite à relire ce chapitre dans Mon Potager au Naturel…)
Merci pour votre soutien !
Gilles
merci beaucoup !
Bonjour,
je me demandais si ma poule en liberté n’allait pas manger tous les vers de terre de mon jardin. Alors après avoir épandu mon composte (avec plein de lombrics dedans) sur la parcelle, j’ai tout recouvert de plastique. ai-je bien fait?
De plus, est ce une bonne idée de garder ce plastique noir tout au long de la saison (printemps/été) pour ne pas avoir a me soucier des adventis? genre, comme les cultures de fraisiers, mais pour tout: salade, tomate, poivrons, …? Pourquoi faudrait il enlever cette bâche noire? Merci pour vos réponses judicieuses et avisées!
Juju
Bonjour Juju,
La poule va manger de nombreux vers (pas seulement les vers de terre, mais aussi des plus embêtants pour les cultures…). Elle va aussi, par sa déjection fertiliser la terre… y favorisant la vie, et donc notamment les populations de vers de terre. En d’autres termes, c’est un cycle de vie naturel.
Pour le plastique, certains le laissent en effet en place pour empêcher les adventices de pousser au sein de certaines cultures. Je le fais moi-même pour mes cultures de melons qui apprécient vraiment… mais d’une manière général, la terre ne sera pas irriguée (sauf à mettre des tuyaux gouttes à gouttes sous le plastique – ce que je fais donc pour mes melons). Et surtout, en le laissant trop longtemps, le sol manque de vie et finit par s’asphyxier… Pour moi, 6 mois, c’est un maximum pour laisser une bâche plastique en place
Salut Gilles,
Un article très intéressant, merci ! Ça complète assez bien ce que j’avais en tête en voulant écrire un article sur la préparation du sol pour les cultures suivantes.
Personnellement j’ai un peu de mal avec la bâche, je préfère nourrir la vie du sol en même temps. Donc mettre un mulch organique sur le sol. Le carton fait d’ailleurs des merveilles pour tuer et se faire décomposer la végétation en place. J’y rajoute aussi une épaisseur de paille car le carton est relativement rapidement décomposé. D’ailleurs, j’y plante aussi directement, comme des choux en hiver. Ça permet d’occuper le sol avec des racines et de ce fait, nourrir, et aérer le sol.
Si ça t’intéresse ou si ça intéresse certains de tes lecteurs j’ai écris un article sur le mulch que j’ai voulu assez généraliste :
https://www.jardinerfute.com/mulch/
À bientôt j’espère !
Heikel
Salut Heikel,
Je comprends ta réticence concernant la bâche…
Précisons toutefois que c’est la technique la plus simple à mettre en oeuvre et surtout la plus efficace pour « nettoyer » le terrain (les couvertures naturelles, même avec du carton, ne sont pas toujours suffisantes pour prendre le dessus sur les adventices…)
Par ailleurs, contrairement à ce que tu sembles penser, la technique du bâchage favorise la vie du sol : la végétation spontanée présente sous la bâche va se décomposer, ainsi que la plupart de leurs racines… et, de par la chaleur qu’elle engendre, la vie animale se développe très bien sous une bâche.
Bonne journée,
Gilles
Salut Gilles,
Je me suis mal exprimé alors, mon message n’était pas que la bâche n’était pas utile. Comme tu le dis, c’est la solution la plus simple. On pose la bâche et c’est fait.
Ceci dit, la bâche ne favorise pas la vie du sol en tant que telle. Ce n’est pas la bâche qui permet à la vie du sol d’augmenter, mais la végétation en place qui meurt et se décompose, c’est un effet inhérent à chaque technique. D’ailleurs, la vie du sol augmente rarement durant cette procédure, le sol peut s’assécher et la rhizosphère n’est plus présente. Ainsi la vie et micro-faune peut même décroître.
C’est pourquoi je favorise une couverture organique, afin que cette dernière puisse se décomposer et de par sa présence, nourrir la vie du sol. Mais c’est un choix personnel (et surtout esthétique) et dans les faits, je pense pas que la différence soit vraiment grande entre les 2 techniques !