La culture des laitues a ce petit talent rare : elle donne vite des résultats… tout en pardonnant moins bien qu’on ne le croit les « à-peu-près » (un coup de chaud, un oubli d’arrosage, et hop, ça monte). La bonne approche, c’est de raisonner en rythme et en saison : vous échelonnez, vous ajustez, et vous récoltez longtemps.
Dans ce guide, je vous propose une méthode simple pour réussir vos laitues au potager naturel : choix des variétés selon la période, calendrier de semis et de plantation, distances, arrosage régulier, paillage, et astuces concrètes pour limiter la montaison et les attaques de limaces.
Connues depuis l’Antiquité, ces salades existent sous de multiples formes, et peuvent se cultiver presque toute l’année si l’on joue avec les bonnes variétés et les bons créneaux. Et rien qu’avec les différentes laitues, vous pouvez déjà assurer de la verdure dans l’assiette, saison après saison.
On y va ?
Conditions de culture des laitues
La laitue aime les sols riches en humus, frais et vivants. Sa croissance est rapide, donc elle réagit tout de suite à ce qui va bien… et à ce qui coince : manque d’eau, coup de chaud, sol trop pauvre, ou au contraire trop « dopé ». L’objectif, c’est une croissance régulière, sans stress.
Sol, fertilité et préparation avant plantation
Avant de semer ou de planter, travaillez surtout la structure : un sol souple, grumeleux, qui garde l’humidité sans rester détrempé. Une fumure équilibrée suffit largement pour la laitue.
Un apport préalable de compost mûr est généralement bienvenu, incorporé en surface ou légèrement griffé dans les premiers centimètres. Évitez les apports trop « forts » juste avant la culture : la laitue préfère la régularité à l’excès.
Le bon compost pour les laituesPour éviter les plants « tendres » et les à-coups, le plus simple est de viser un compost bien mûr, sombre et friable.
- Apportez-le avant la plantation, puis couvrez le sol pour garder la fraîcheur.
- Si votre sol est déjà riche, un simple paillage et des arrosages réguliers suffisent souvent.
Chaleur, froid et choix de l’emplacement selon la saison
La laitue apprécie les périodes fraîches et peut se cultiver longtemps dans l’année, à condition d’adapter les variétés et l’emplacement. En été, le point critique est la chaleur : elle favorise la montaison (montée à graines) et rend la germination plus délicate.
Quand il fait chaud, privilégiez une situation qui limite le stress : soleil du matin, ombre légère aux heures brûlantes, sol couvert (paillage), et arrosages réguliers. Sous châssis ou abri, pensez aussi à l’aération : un air trop chaud et stagnant accélère la montaison.
Montaison : le trio à éviterLa montaison arrive souvent quand plusieurs facteurs se cumulent. Bonne nouvelle : en corrigeant un seul levier, on améliore déjà beaucoup les choses.
- Coups de chaud répétés (plein soleil + sol nu).
- Arrosages irréguliers (stress hydrique, puis « douche » tardive).
- Excès d’azote juste avant ou pendant la culture (croissance trop tendre).
Bonnes associations au potager (cultures intercalaires)
Grâce à leur croissance rapide, les laitues se glissent facilement en cultures intercalaires entre des légumes plus lents ou plus espacés. L’idée est simple : occuper le sol, récolter vite, et laisser ensuite la place.
Variétés de laitues
Quand on parle de « laitues », on met en fait plusieurs familles dans le même panier… et ce panier peut vous sauver une saison. Certaines variétés tiennent mieux la chaleur, d’autres sont parfaites pour les premiers beaux jours, et les laitues à couper vous dépannent vite quand vous voulez récolter feuille à feuille.
Il existe de nombreuses variétés de laitues permettant de varier les plaisirs et d’étaler les récoltes. L’astuce, c’est de choisir d’abord selon la saison, puis selon vos contraintes : chaleur l’été, humidité au printemps, place disponible, et appétit de limaces.
Laitues pommées, batavia, romaines, grasses, à couper : comment choisir
Sans entrer dans un cours de botanique (on est au jardin, pas à l’examen), retenez surtout les usages et le comportement au potager :

- Laitues pommées : elles font une belle pomme tendre. Très agréables au printemps et à l’automne, mais elles peuvent être plus sensibles aux coups de chaud.
- Laitues batavia : souvent plus croquantes, généralement plus tolérantes aux variations (un bon choix « passe-partout »).
- Laitues romaines : elles montent en général en hauteur, avec des feuilles plus longues. Certaines tiennent mieux l’été.
- Laitues grasses (type sucrine) : compactes, souvent intéressantes en période chaude quand on choisit les bonnes variétés.
- Laitues à couper : vous récoltez au fur et à mesure des feuilles, et la plante continue de produire. Très pratique pour échelonner sans se compliquer la vie.
Quelles variétés selon la saison (printemps, été, automne, hiver)
Chaque variété est particulièrement adaptée à une ou plusieurs saisons (notées ci-dessous : P pour printemps, E pour été, A pour automne et H pour hiver). C’est un repère utile, mais gardez en tête que votre microclimat (exposition, sol, vent, humidité) peut changer la donne.
Citons :
- Les laitues pommées : appia (P et A), Reine de mai (P), merveille des 4 saisons (E et A), Grosse blonde paresseuse (E), du bon jardinier (E et A), merveille d’hiver (H), brune d’hiver (H)…
- Les laitues batavia : dorée de printemps (P), blonde de Paris (P), rouge grenobloise (E, A et H), Reine des glaces (E et A), Merveille de Vérano (P, E et A)…
- Les laitues romaines : ballon (P, E et A), chicon des Charentes (E et A)…
- Les laitues grasses : Sucrine (P et E), Craquerelle du midi (P).
- Les laitues à couper : feuilles de chêne rouges ou blondes (toutes saisons).
Repérer chez vous les variétés qui montent moins
Notamment pour les cultures d’été, essayez de repérer celles qui résistent le mieux à la montée à fleurs chez vous. Et comme ces différences sont très liées au terrain et au climat, la meilleure « sélection » reste souvent la vôtre, au fil des saisons.
Si le sujet vous tente, vous pouvez même reproduire vos propres semences de laitues : au fil des années, vous garderez naturellement les plantes qui se comportent le mieux dans vos conditions.
Le trio gagnant pour l’étéPour limiter la montaison quand il fait chaud, le plus efficace est souvent de combiner variété adaptée + sol couvert + arrosage régulier.
- Choisissez une variété annoncée « été » et testez-en 2 ou 3 chez vous.
- Gardez le sol frais avec un paillage, et évitez les à-coups d’arrosage.
Semer des laitues
Pour réussir la culture des laitues, le semis est souvent le moment le plus « sensible », surtout en plein été. La bonne nouvelle, c’est qu’avec deux ou trois gestes simples (profondeur, humidité régulière, et protection contre la chaleur), on obtient des levées très correctes.
Où semer : pépinière, sous châssis, pleine terre
Vous avez trois options, chacune avec ses avantages :

- En pépinière (caissette, plaque alvéolée, godets, petite planche dédiée) : c’est le plus simple pour surveiller l’humidité et repiquer ensuite les plus beaux plants.
- Sous châssis ou sous abri : pratique en fin d’hiver et début de printemps, à condition d’aérer dès que le soleil chauffe.
- En pleine terre (semis direct) : rapide et efficace au printemps ou en fin d’été quand la température redevient plus douce, mais il faut gérer la concurrence des herbes et l’éclaircissage.
Quand semer : calendrier de janvier à septembre
Les laitues se sèment pratiquement toute l’année, en adaptant les variétés et le mode de semis :
- Dès janvier-février : semez en pépinière des variétés de printemps sous châssis ou sur couches chaudes.
- De mars à juin : semez des variétés de printemps puis d’été, soit en pépinière, soit directement en pleine terre.
- En juillet-août : semez des variétés d’automne. Ce sont les semis les plus délicats : les graines germent mal quand il fait trop chaud, et un ombrage peut être nécessaire.
- En août-septembre : semez en pleine terre des variétés d’hiver à récolter en fin d’hiver et début de printemps.
Réussir les semis en été (chaleur, ombrage, germination)
Quand il fait chaud, la difficulté n’est pas « la laitue », mais la germination : si le terreau sèche, ou si le sol surchauffe, les graines font grève. Pour mettre toutes les chances de votre côté :
- Semez plutôt en fin de journée, et gardez le semis à l’ombre légère les premiers jours.
- Arrosez en pluie fine pour humidifier sans tasser, puis maintenez une humidité régulière (sans détremper).
- Un voile, une cagette retournée, une planche posée en surplomb, ou un ombrage léger peuvent suffire à éviter le « coup de four ».
Le piège des semis d’étéEn été, l’ennemi n°1 est l’irrégularité : un semis qui sèche une fois peut lever de façon très inégale, voire pas du tout.
- Surveillez surtout les 3 à 7 premiers jours (c’est là que tout se joue).
- Préférez un léger ombrage plutôt qu’un plein soleil « pour que ça aille plus vite ».
Lune et semis : comment l’utiliser sans se compliquer la vie
Les semis de laitues en lune croissante sont souvent déconseillés, car le risque de montaison prématurée peut être plus élevé.
Quoi qu’il en soit, semer en période de lune décroissante peut vous servir de cadre pour planifier. Mais ce qui fait vraiment la réussite d’un semis de laitue, ce sont surtout la fraîcheur du sol, l’humidité régulière et le choix de la période (notamment en été). Si la fenêtre météo est bonne, ne vous privez pas d’un semis sous prétexte que la lune « n’est pas la bonne ».
Échelonner les semis pour récolter longtemps
Semez toutes les 2 à 3 semaines pour échelonner les récoltes. C’est le geste le plus simple pour éviter d’avoir « trois salades d’un coup »… puis plus rien pendant un mois.
Planter des laitues
La plantation (ou le repiquage depuis une pépinière) permet de choisir les plus beaux plants et d’obtenir une reprise plus régulière. Pour limiter le stress, intervenez de préférence par temps doux : en fin d’après-midi, ou un jour couvert, surtout au printemps avancé et en été.
Repiquage et plantation : gestes clés (collet, manipulation, arrosage)

Replantez quand les jeunes laitues ont quelques vraies feuilles et un petit système racinaire déjà formé. Arrosez la veille (ou humidifiez bien les mottes), puis replantez dans un sol frais.
Au moment de manipuler un plant, attrapez-le par les feuilles (ou par la motte), pas par la « tige ». C’est plus sûr, et vous évitez de blesser la zone du collet, qui conditionne une bonne reprise.
Lors de la plantation, n’enterrez pas le collet : laissez-le au contraire « flotter au vent ». Terminez par un arrosage copieux pour mettre la terre en contact avec les racines, puis maintenez une humidité régulière les jours suivants.
Le collet, c’est le point sensibleUne laitue plantée trop profond ou tassée autour du collet repart souvent mal, et peut pourrir plus facilement si le temps est humide.
- Plantez au niveau du sol : collet visible, terre simplement ramenée autour des racines.
- Arrosez pour « coller » la terre aux racines, sans noyer durablement la zone du collet.
Distances de plantation : selon le type de laitue
La règle simple : plus la laitue « pomme » (ou grossit), plus on espace. Une bonne aération limite aussi les maladies en période humide.
| Type de laitue | Distance conseillée (en tous sens) | Remarque |
|---|---|---|
| Laitues pommées | 30 cm | Pour une belle pomme sans concurrence. |
| Batavia | 30 à 35 cm | Un peu plus d’air, surtout en période humide. |
| Romaines | 30 à 35 cm | Elles prennent de la hauteur et apprécient l’espace. |
| Laitues grasses (type sucrine) | 25 à 30 cm | Plus compactes, mais gardez de l’air pour limiter les pourritures. |
| Laitues à couper | 20 à 25 cm | Récolte feuille à feuille, densité possible un peu plus forte. |
Éclaircir un semis direct sans tout arracher
Si vous semez en place, l’éclaircissage est indispensable : trop serrées, les laitues filent, restent petites, et montent plus facilement. Procédez en deux temps : un premier éclaircissage tôt, puis un second quand vous voyez lesquelles sont les plus vigoureuses.
Pour ne pas déranger les plants que vous gardez, pincez ou coupez au ras du sol les plants en trop plutôt que d’arracher tout le paquet. Et si vous retirez des jeunes plants avec leurs racines, profitez-en : certains se repiquent très bien si le sol est frais et que vous arrosez aussitôt.
Entretien d’une culture de laitues
Avec la laitue, l’entretien n’a rien de compliqué… à condition d’être régulier. Un sol propre, une couverture progressive, et des arrosages sans à-coups : c’est souvent ce trio qui fait la différence entre une belle pomme et une salade qui tire la langue.
Désherber sans se fatiguer : binage rapide et couverture du sol
Sarclez et binez rapidement après la plantation (ou le semis si vous semez directement en pleine terre). L’objectif est surtout de casser la croûte de surface et de supprimer la concurrence au départ, quand les laitues sont encore petites.
Ensuite, le plus efficace est de couvrir le sol. Entourez les plants avec de la fougère ou des feuilles de consoude pour constituer une première couverture, tout en gênant les limaces. Quand les salades sont déjà bien développées, vous pouvez compléter par un paillage plus épais.
Couverture du sol en deux tempsPour éviter d’étouffer de jeunes plants, on peut couvrir progressivement : léger au début, plus épais ensuite.
- Au départ : une « couronne » de feuilles (consoude, fougère) autour du plant.
- Plus tard : un paillage plus épais entre les plants, sans enfouir le collet.
Paillage : quand, quoi, et comment éviter l’excès d’humidité

Le paillage est précieux pour garder le sol frais et limiter les à-coups d’arrosage, surtout dès que les températures montent. En revanche, en période très humide, un paillage trop compact collé au collet peut favoriser des pourritures.
Le bon réflexe : paillez entre les plants, mais gardez un petit dégagement autour du collet. Et si la météo est durablement pluvieuse, préférez une couverture plus aérée (feuilles, herbes sèches, paille légère) plutôt qu’une couche trop dense.
Arrosage régulier : fréquence, aspersion ou au pied
Arrosez les laitues le plus régulièrement possible. Cela ne veut pas dire tous les jours : l’idée est la régularité. Concrètement, tous les 2 à 3 jours, c’est très bien s’il ne pleut pas, surtout sur sol léger et en période chaude.
Les salades, contrairement à la plupart des autres légumes (qu’on arrose plutôt au pied), apprécient souvent un arrosage par aspersion (pomme d’arrosoir ou sprinkler). Le point important est de le faire au bon moment : tôt le matin, pour que le feuillage sèche vite, et éviter les périodes fraîches et humides où l’eau stagne sur les feuilles.
Le bon signe : une croissance sans stressUne laitue qui pousse régulièrement fait rarement des caprices. Surveillez surtout la fraîcheur du sol et la régularité d’arrosage.
- Si le sol sèche vite : paillage plus tôt, et arrosages plus fréquents mais raisonnés.
- Si le temps est humide : gardez de l’air autour du collet et évitez les paillages trop compacts.
Limiter la montaison : les leviers qui marchent vraiment
La montaison est presque toujours une réponse au stress : chaleur, manque d’eau, sol trop sec, ou croissance irrégulière. Pour la limiter, combinez plusieurs petits leviers plutôt que de chercher « l’astuce miracle ».
- Choisissez la bonne variété pour la saison, surtout en été.
- Gardez le sol frais (paillage, sol couvert, arrosage régulier sans à-coups).
- Évitez les extrêmes : plein cagnard sur sol nu, ou au contraire excès d’azote qui donne des feuilles trop tendres.
- Récoltez au bon moment : une laitue trop « attendue » a plus de chances de partir en graines.
Protections naturelles pour la culture des laitues
Les limaces constituent souvent le principal problème sur les jeunes laitues. Et comme elles travaillent surtout la nuit, on découvre parfois le « chantier » le matin… alors que la laitue, elle, n’a rien demandé.
L’objectif n’est pas de tout « stériliser », mais de protéger les plants au moment critique : juste après la plantation et pendant les premières semaines de reprise.
Limaces : barrières, cachettes, récolte « au bon endroit »

Voici quelques astuces simples et efficaces, à adapter selon la pression chez vous :
- Entourez les plants avec des feuilles de fougères fraîches, de consoude ou, à défaut, de cendres de bois (renouvelez ce barrage naturel dès que la période devient pluvieuse).
- Placez des planches de bois dans le jardin (pas trop loin, mais pas trop près non plus de vos cultures de salades). Les limaces iront s’y réfugier et vous n’aurez qu’à visiter régulièrement le dessous des planches pour éliminer ces indésirables.
Pour limiter les attaques, une autre stratégie consiste à concentrer vos jeunes laitues dans une zone facile à surveiller (pépinière, planche « nurserie »), puis à repiquer des plants déjà un peu costauds. Plus le plant est petit, plus il est vulnérable.
Protéger les laitues au bon momentLes limaces font le plus de dégâts sur des plants jeunes et tendres. Après quelques semaines, la laitue devient souvent plus résistante.
- Soignez surtout la protection juste après plantation et après une période pluvieuse.
- Un plant un peu plus « fort » en repiquage résiste mieux qu’un semis direct trop tendre.
Autres soucis fréquents : pucerons, pourriture du collet, fonte des semis
En dehors des limaces, les laitues peuvent rencontrer quelques problèmes classiques. Rien d’inéluctable, mais mieux vaut les reconnaître tôt :
- Pucerons : ils arrivent surtout au printemps et en début d’été. Une croissance trop tendre (excès d’azote, arrosages irréguliers) peut les attirer. Un jet d’eau le matin suffit parfois à limiter l’infestation sur de petits foyers.
- Pourriture du collet : favorisée par l’humidité stagnante, une plantation trop profonde, ou un paillage collé au collet. Gardez de l’air autour du collet, évitez les excès d’eau, et repiquez dans un sol frais mais non détrempé.
- Fonte des semis : surtout en semis sous abri quand l’air est trop humide et trop chaud. Aérez, évitez de détremper le substrat, et espacez les semis pour que les plantules sèchent rapidement après arrosage.
Humidité : l’alliée… qui peut devenir piègeLa laitue aime la fraîcheur, mais elle n’aime pas l’eau qui stagne. Le bon équilibre, c’est un sol humide et aéré, et un collet bien dégagé.
- Arrosez pour maintenir une humidité régulière, sans transformer la planche en marécage.
- En période humide, aérez au maximum : espacement, paillage léger, collet dégagé.
Récoltes
Les laitues se récoltent au fur et à mesure des besoins. C’est d’ailleurs l’un des plaisirs de cette culture : vous coupez quand vous en avez envie, et le potager suit.
Quand récolter pour une salade plus croquante
Récoltées le matin, avant que le soleil ne pointe, elles se conservent beaucoup mieux. Les feuilles sont alors bien gorgées d’eau, plus croquantes, et elles flétrissent moins vite.
Si vous ne pouvez pas récolter tôt, un autre bon moment est la fin d’après-midi, quand la chaleur retombe. Évitez surtout de couper en plein soleil.
Couper ou arracher : selon le type de laitue

La méthode dépend du type de laitue et de votre façon de consommer :
- Laitues pommées, batavia, romaines : on coupe souvent au ras du sol (ou on arrache avec la racine si l’on consomme rapidement). Couper proprement évite de remuer le sol et de déranger les voisins.
- Laitues à couper : récoltez feuille à feuille, ou coupez au-dessus du collet pour favoriser une nouvelle repousse.
Récolter au bon stadeUne laitue trop « attendue » perd en qualité et a plus de chances de monter à graines, surtout dès que les températures grimpent.
- Récoltez dès que la pomme est bien formée, sans chercher à battre un record de taille.
- En période chaude, préférez des récoltes un peu plus précoces.
Une culture « perpétuelle » de laitues
Dans l’esprit de la permaculture, une petite astuce consiste à laisser quelques belles laitues monter à graines. C’est simple, économique, et parfois très efficace pour obtenir des semis spontanés.
Monter à graines : lesquelles garder et où les laisser
Choisissez des laitues saines, vigoureuses, et qui se sont bien comportées chez vous (celles qui n’ont pas monté trop vite, par exemple). Laissez-les en place, sans les bousculer : elles vont s’allonger, fleurir, puis former des graines.
Pour éviter que tout se ressème « au hasard », placez plutôt ces laitues à graines en bord de planche ou dans un coin dédié. Cela permet de garder votre potager lisible tout en profitant de la dynamique naturelle.
Semis spontanés : comment en profiter sans être débordé
Lorsque les graines sont mûres, elles tombent au sol et germent quand les conditions redeviennent favorables. Vous verrez souvent apparaître de jeunes laitues à l’automne, en fin d’hiver, ou au printemps suivant, selon votre climat et la météo.
Le bon réflexe est alors de considérer ces semis comme une « pépinière gratuite » : vous éclaircissez, vous repiquez les plus beaux plants, et vous laissez le reste disparaître ou servir de nourriture au sol.
Le meilleur effet « perpétuel »Cette méthode marche d’autant mieux qu’elle s’intègre à une routine simple : garder quelques porte-graines, et repiquer les semis spontanés au bon moment.
- Gardez seulement quelques laitues à graines : 2 à 4 suffisent souvent.
- Replantez les jeunes laitues dès qu’elles ont quelques vraies feuilles, dans un sol frais.
Conclusion : des laitues réussies, c’est surtout une question de régularité
Pour réussir la culture des laitues, inutile de chercher compliqué : une variété adaptée à la saison, un sol humifère et couvert, et un arrosage régulier sans à-coups font déjà l’essentiel. Ajoutez une protection simple contre les limaces au bon moment, et vous récolterez plus longtemps, avec des salades plus tendres et plus croquantes.
Si vous ne deviez retenir qu’une idée : échelonnez vos semis. C’est le geste le plus fiable pour éviter la « surproduction » d’un coup… puis le trou dans les récoltes.
Et vous, quelles variétés de laitues se comportent le mieux chez vous, et à quelle période avez-vous le plus de mal (plein été, fin d’hiver, limaces…) ? Dites-le en commentaire : vos retours aident toujours d’autres jardiniers à ajuster leurs pratiques.
Pour aller plus loin et poser des bases solides sur l’ensemble du potager, vous pouvez aussi consulter Mon Potager au Naturel, un guide complet pour réussir vos cultures potagères.
FAQ
À quelle profondeur semer les graines de laitue ?
Semez très clair : à peine recouvertes. En pratique, comptez quelques millimètres à 0,5 cm maximum, puis tassez doucement et gardez humide sans détremper.
Combien de temps faut-il pour que les laitues lèvent ?
Selon la température, la levée prend souvent de 3 à 10 jours. En période chaude (sol trop chaud et sec), la germination peut ralentir, devenir irrégulière, voire échouer.
Quand repiquer des plants de laitue ?
Replantez quand les jeunes plants ont 3 à 4 vraies feuilles et une petite motte qui se tient. Repiquer trop tôt fragilise, trop tard ralentit la reprise.
Peut-on cultiver des laitues en pot ou jardinière ?
Oui, très bien. Prévoyez au moins 15 à 20 cm de profondeur, un substrat riche (avec compost mûr), et des arrosages réguliers. En été, une ombre légère aux heures chaudes aide beaucoup.
Pourquoi mes laitues deviennent amères ?
L’amertume vient surtout du stress (chaleur, sécheresse, croissance irrégulière) et d’une récolte trop tardive. Pour l’éviter : variété adaptée à la saison, arrosage régulier, sol couvert, et récolte un peu plus jeune en période chaude.
Comment conserver une laitue fraîche après la récolte ?
Récoltez tôt le matin, rafraîchissez si besoin, puis conservez au frais dans un linge légèrement humide (ou une boîte aérée). Idéalement, consommez sous 2 à 4 jours selon la variété et la fraîcheur de départ.
Que faire si les limaces détruisent tout malgré les protections ?
Renforcez la protection au moment critique : repiquez des plants plus robustes, protégez temporairement avec une cloche ou un voile fin la nuit, et combinez planches-pièges + ramassage régulier après la pluie. Souvent, c’est l’addition de plusieurs petites mesures qui fait basculer la situation.
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Pour protéger les laitues des limaces, il y a aussi les collerettes Adalia. Je les utilise avec satisfaction depuis plus de 10 ans.
Dans de bonnes conditions nous allons pouvoir commencer à semer des laitues. Je voudrais vous recommender la laitue Cressonnette Marocaine. Cette laitue qui se sème de février à août et se récolte feuille à feuille d’avril à octobre. Quelques pieds suffisent à fournir de la salade jusqu’à la saison froide. Donc peu de graines sont nécessaires et elle se ressème facilement.
C’est une salade croquante, genre batavia, avec un très bon goût qui rappelle la Mache. Tous ceux qui l’ont essayés l’on adoptée.
Il faut un peu chercher pour trouver de la graine, en général on en trouve chez les vendeurs bio.
Je suis étonnée qu’elle soit si peu connue. En ce qui me concerne si je devais n’en garder qu’une sorte ce serait elle.
Bonne saison jardinière à tous.
Bonjour,
comme beaucoup je remercie et je félicite Gilles pour ce blog si bien fait.
Je ne suis que jardinière amatrice. Que pensez-vous de couvrir mon petit jardin avec du broyat de jeunes rameaux de charmille ? On m’a dit qu’il fallait attendre juin pour que le soleil aie assez chauffé la terre pour qu’elle « digère » tout ça. Par ailleurs j’ai lu aussi que la terre ne devait pas rester à découvert. Alors je ne sais plus…
Sinon à propos du marc de café, je l’ai testé en en mettant un peu l’an dernier au pied des salades quand je les ai repiquées. Et pour la première année, elles sont parvenues jusqu’à nos assiettes. Précédemment j’en perdais plus de la moitié, dont le pied était attaqué par des gros vers blancs à tête brune (des larves de hanneton je crois). Ils ne doivent vraiment pas aimer le café !
Merci à Gilles et à tous pour vos conseils.
Bonjour Marie,
Merci pour votre commentaire.
Un broyat de charmille conviendra très bien comme couverture du sol.
Oui, il est préférable de protéger le sol avec un paillage voir l’article sur le paillage ici : https://www.un-jardin-bio.com/paillage-et-mulching/ …mais il faut en effet le faire au bon moment
Pour couvrir le sol, il est en général préférable d’attendre que le sol soit suffisamment réchauffé (sauf si la couverture est permanente bien entendu), mai ou juin selon les régions…
Cordialement,
Gilles
bonjours gilles et bonjours tout le monde
je suis un étudiant en licence Agriculture durable ,je fais aussi le maraichage chez moi a la maison ;aujourd’hui je suis confronté à de petit problème que je ne parviens pas a réparer : dans notre jardin familiale j’ai des planche de laitue qui, repiqués plus d’une semaine ne manifeste pas de signe de croissance extérieur ;je les arroges normalement matin et soir mais je doute fort si ce n’est pas notre climat car la température va de 25 à 37 °C ;je garde toujours mes planches a l’air libre pas d’ombrage ni rien pour les mettre a l’abri du soleil; je prie Me et Mr de bien vouloir m’aider à corrigé mes culture si vraiment c’est des anomalies . et j’aimerai aussi savoir comment connaitre les différents types de laitue ;je fais toujours le jardinage mais je ne connais pas quel type de laitue je cultive ;
Et maintenant parallèlement aux problèmes liés a mon jardin ;j’aimerai savoir comment un étudiant comme moi peut avoir une bourse pour continuer ses études en master afin de mettre en valeur l’agriculture biologique dans ma région.
merci d’avance
Bonjour Ibrahima,
Il serait justement bienvenu d’ombrager les salades avec une telle chaleur… surtout juste après la plantation. Cela dit, une semaine c’est peu… et si les salades ne manifestent pas de signe de dessèchement, elles vont reprendre. Patience !
Reconnaître les différents types de laitues n’est pas évident, mais voilà ce que je peux dire :
– les laitues pommées sont à feuilles entières, souvent arrondies et tendres. Elles forment une pomme ;
– les laitues batavias sont des laitues à feuilles à nervure palmée et la surface est cloquée. Elles sont croquantes, mais tendres avec des bordures souvent découpées et ondulées. Elles forment également une pomme ;
– les laitues romaines ont des feuilles épaisses et un port dressé. Elles ont une forte nervure centrale les rendant rigides et croquantes. La pomme est allongée et en général volumineuse ;
– les laitues à couper ne forment pas de pomme.
Les feuilles sont tendres, découpées et frisées. Elles repoussent après chaque récolte.
Pour ce qui concerne les bourses, je ne peux malheureusement pas vous aider.
Cordialement,
Gilles
je vous remercie pour votre aide et bonne continuation
Bonjour
Je ne désire pas faire de commentaire mais plutôt savoir si vous avez des idées pour la culture biologique en Afrique de l’Ouest (Burkina Faso) c’est à dire en zone tropicale.
Bonjour Issa,
Je ne sais franchement pas quoi répondre à ce message (des idées…c’est un peu vague).
Vous trouverez sur ce blog, des conseils de culture bio…mais pas forcément adaptés à vos conditions de culture (sol, végétation, climat, légumes cultivés différents).
Aussi, je vous suggère plutôt de vous mettre en relation avec des organismes existants chez vous…
Restant bien sûr à votre disposition pour répondre à des problématiques plus précises, dans la mesure de mes connaissances (qui sont bien maigres en ce qui concerne l’agriculture sous climat tropical, même si j’ai vécu quelques temps au Burkina…)
Cordialement,
Gilles
Bonjour Gilles,
Super article très pratique. C’est vrai on ne sais jamais trop quoi semer comme variété suivant la saison.
Que penses tu des variétés de batavia dont les sachets de graines sont marqué « semis toutes saisons »? est ce vraiment adaptable à toutes les saisons ?
Pour ta photo de repiquage sur BRF, est ce la 1ere année de BRF ? as tu mis quelques choses avant sous le BRF ?
Bonjour Christian,
Les batavias toutes saison sont plus polyvalentes que d’autres variétés. Mais il n’en demeure pas moins qu’elles poussent mieux à certaines saisons (ça dépend aussi du sol, du climat local…). Bref il faut faire des essais pour savoir lesquelles sont les mieux adaptées chez soi.
Concernant le BRF, oui il s’agissait de la première année de BRF (la photo date de l’année dernière). J’ai épandu au préalable un peu de compost. Et les salades étaient superbes, sans pratiquement aucun arrosage (sous serre) !!!
Bonne journée,
Gilles
Salut Romain,
Merci pour ton astuce. Je connaissais le charbon de bois mais pas la cannelle…
Pour tes semis précoces, tout dépend du temps à venir. Personnellement, après un début d’hiver trop doux, je redoute de grands froids en février, voir plus tard. On verra bien !
A plus,
Gilles
Salut Gilles !
Perfect timing, je viens de semer mes premières laitues Reine de Mai et Rouge Grenobloise. C’est la première fois que je sème si tôt on verra bien.
Pour le problème de fonte des semis, je saupoudre mon terreau avec de la cannelle ou de la poudre de charbon de bois. Ca a des propriétés antifongiques !
A bientôt,
Romain.
Contre la fonte des semis, que pensez-vous du marc de café ?
Très franchement, rien…
Je n’ai jamais essayé et j’ignorais que le marc de café pouvait protéger de la fonte des semis…
Aussi, vos témoignages sont bienvenus !
Cc Giles,
Super ton article il tombe a pique.
Aurais tu des conseils pour bien reussir nos semis ds salade. Je n ai jamais de belle réussite.
J en ai semé la semaine derniere ils omt filé… ou alors il se développent jusqu au 1er feuilles et ils meurt….
Au secours ! 🙂
A oui je fait mes semis dans des plaques alvéolés.
Merci pour ton aide.
Amicalement
Aurelie
Bonjour Aurélie,
Il s’agit très certainement de la fonte des semis.
2 causes possibles :
-le champignon responsable de cette maladie est présent dans ton terreau de semis…si il s’agit d’un terreau du commerce, j’en doute ;
– tu arroses trop tes semis. En effet, même si le terreau doit rester bien humide jusqu’à la levée, il ne doit pas être détrempé (c’est une cause très fréquente de la fonte des semis). Personnellement, je laisse toujours le terreau commencer à sécher avant d’effectuer un nouvel arrosage…
Il y a une technique qui permet de préserver les graines de cette maladie cryptogamique : tremper les semences dans une décoction de prêle (50 g de plante pour 1 litre d’eau) non diluée. Voir ici : https://www.un-jardin-bio.com/la-prele-protege-vos-cultures/
Amitiés,
Gilles
Bonjour Gilles,
Bonjour à tou-te-s,
Comme Romain, j’ajoute de la poudre de charbon de bois (issu d’une chaudière à bois, surtout pas du charbon de bois pour barbecue) – celui-ci étant écrasé au pilon, saupoudrée sur mes plaques multicellules et avant de recouvrir les graines avec un peu de sable.
J’ai en effet aussi des problèmes de fonte de semis, alors que j’utilise un terreau pour professionnels. La comparaison avec et sans charbon de bois est flagrante.
Et pour qu’ils ne filent pas, il faut que les semis soient dans un endroit le plus lumineux possible (lumière directe), surtout en cette saison.
Bon début de saison,
Jérôme, jardinier-maraîcher (49)
Bonjour Jérôme,
Merci pour ton témoignage.
Une petite remarque : si les plants sont atteints par la fonte des semis, ils fileront, qu’il y ai suffisamment de lumière ou non…
Cela dit, une luminosité suffisante (après la levée) est en effet essentielle, surtout en cette saison.
Je te souhaite également un très bon début de saison cher collègue.
Gilles
Et si au préalable tu fais macérer ta poudre de charbon de bois quelques heures dans un purin de prêle, c’est encore plus efficace.
Bonne idée Christian…je vais tester ça !