Permaculture au Jardin 2ème Partie : Techniques Spécifiques

Après avoir essayé, la semaine passée, de définir la permaculture, nous allons voir aujourd’hui quelques techniques de jardinage entrant dans le cadre de la permaculture : buttes, jardin-forêt, spirales aromate…

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que les pratiques qui suivent ne sont pas spécifiques à la permaculture… Elles sont aussi courantes en agriculture bio (ou alors, je pratique depuis longtemps la permaculture… sans le savoir).

Etant entendu également que la permaculture ne se limite pas au jardin mais englobe plus largement tous les aspects de la vie, dans les rapports de chacun envers la Nature et l’Humain… mais notre sujet ici se concentrera sur le jardin.

Ces techniques de culture ne constituent pas non plus des règles à suivre absolument. Vous devez au contraire commencer par observer votre environnement (par exemple quels sont les matériaux à disposition dans votre propre jardin, et autour ?) et surtout à mieux connaitre votre terre.

Après avoir pris le temps de l’observation, le jardinier-permaculteur adoptera les pratiques qui conviennent le mieux à son environnement et à sa personnalité propre.

La Permaculture en Pratique au Jardin

Il n’est bien sûr pas possible ici de dresser un tableau complet des nombreuses pratiques et techniques d’un jardin permaculture.

Nous nous contenterons donc d’en présenter succinctement les plus populaires.

La couverture permanente du sol en permaculture

Nous l’avons vu lors du précédent article consacré à la permaculture, mais il me semble essentiel de rappeler ici ce point essentiel : le sol ne doit pas rester nu.

Je vous invité à consulter cet article justement consacré à la couverture permanente du sol.

Les mélanges d’espèces

En permaculture, on cherchera à mélanger au maximum les cultures.

Ainsi, choux, salades et tomates par exemple pourront cultivés ensemble… on y ajoutera des fleurs, des aromates…

On peut tout imaginer en terme de voisinage… mais pensez au développement ultérieur des plants (par exemple un plant de courge risque de recouvrir et d’étouffer des plantes voisines).

Ces associations de cultures limitent les maladies et, en perturbant notamment l’odorat, les attaques animales.

La Spirale à Aromates

Cette technique est très prisée en permaculture.

Je suis pour ma part plus enclin à intégrer les aromates ça et là dans le jardin, tant pour certains effets répulsifs ou au contraire attractifs, que pour « brouiller » les pistes…

La spirale à aromates a notamment pour objectif d’offrir aux plantes aromatiques les meilleurs conditions pour leur développement. Ainsi :

  • les plantes appréciant  un sol frais et humide (menthe, ciboulette…) sont plantées en bas de la spirale ;
  • celles affectionnant la mi-ombre (persil, bourrache, coriandre…) sont placées sur les pentes ;
  • enfin les végétaux préférant un ensoleillement maximale (thym, romarin, lavande…) trouveront place au sommet.

 

 

 

Les Buttes de Culture

Buttes de permaculture au jardin-potager
Mes buttes-lasagnes

Rien que dans cette catégorie, les approches sont nombreuses.

Que ce soient de simples (dans l’idée, pas dans la réalisation) buttes de terre enrichies de compost, des buttes vivantes de type lasagnes, ou mieux encore de buttes constituées sur une fosse dans laquelle on aura placé des troncs d’arbres en décomposition – (voir la vidéo de Philip Forrer ci-dessous) – toutes ces approches ont le même objectif : favoriser la constitution d’un riche humus stable et permettre ainsi un développement harmonieux et optimal des plantes cultivées.

Les buttes jouent également un rôle dans l’écoulement de l’eau en excès (elles peuvent donc être utiles en terres lourdes; mais attention en zones sèches, le paillage est alors primordial).

 

 

La constitution de buttes représente certes un travail considérable de mise en place, mais les travaux d’entretien sont par contre beaucoup moins importants par la suite : pas de bêchage, désherbage fortement limité et facilité (les adventices s’arrachent aisément). Et la terre est moins basse !

Les techniques de constitution, les formes (droites, en courbe ou en spirale), la hauteur et les matériaux utilisés sont extrêmement variables et dépendront de vos souhaits propres, de votre terrain et bien entendu des ressources à disposition. Observez et faites preuve d’imagination…

La Forêt-Jardin

S’inspirant de l’agro-foresterie, la forêt-jardin a pour principe d’associer arbres fruitiers à grand développement (noyer, cerisiers), arbres fruitiers à développement moyen (pommiers, poiriers, pruniers…) ou plus petits (pêchers…), petits fruits, aromates…et mêmes légumes !

Il s’agit en quelque sorte de reconstituer un Jardin d’Eden…

Mais si ceci peut sembler relativement simple sur le papier, il n’en est pas de même dans la pratique. Chaque plantation doit en effet être mûrement réfléchie en fonction de son développement ultérieur, des ses besoins en lumière, de l’adaptation au voisinage de telle autre plante, etc…

Le Jardin en Ville

Contrairement à ce que l’on peut imaginer, la permaculture, en permettant une productivité maximale sur une petite surface, a toute sa place en ville.

On y appliquera les mêmes principes de non-travail du sol, d’étages de cultures, de diversification et d’associations de plantes.

Permaculture : allonger les périodes de production

Diversité variétale

Vous l’aurez compris, la permaculture repose notamment sur la diversité des espèces cultivées, gage d’équilibre au jardin, mais aussi condition à des récoltes diversifiées et étalées dans le temps.

La diversification des variétés au sein d’une même espèce (il y a par exemple des variétés de tomates précoces, des mi-saison et des tardives) permettra d’étaler encore un peu plus ses récoltes.

Semis échelonnés

Échelonner les semis d’un même légume va également dans ce sens. On peut ainsi récolter des salades, des radis, des carottes, des poireaux ou encore des choux tout au long de l’année…à condition de semer régulièrement !

Plantes pérennes

Les plantes pérennes sont privilégiées dans un jardin en permaculture : artichauts, asperges, topinambours, aulx des ours, livèche…vous offriront ainsi chaque année de précieuses récoltes, et ce sans avoir à travailler le sol, à semer ou planter.

Permaculture : avantages et inconvénients

Les avantages de la permaculture

La biodiversité constitue l’un des fondements de la permaculture, les équilibres naturels sont alors respectés et les dégâts dus aux « ravageurs » s’en trouvent dès lors fortement atténués.

Le sol bénéficiera des apports successifs de matériaux organiques et les rendements obtenus risquent de vous surprendre.

Les pénibles travaux de désherbage sont considérablement réduits si vous paillez

Vous aurez le sentiment de travailler vraiment en accord avec la Nature.

Les inconvénients de la permaculture

Jardin en permaculture
Certains ne manqueront pas de vous dire que ce jardin n’est pas bien entretenu…

Le travail de mise en oeuvre de buttes vivantes (mais ce n’est en aucun cas une obligation d’en faire) est considérable.

Les cultures étant mélangées, les récoltes ne sont pas facilitées.

Il n’est pas toujours évident (notamment si votre jardin se trouve en ville) de disposer de suffisamment de matériaux végétaux nécessaires aux différentes pratiques de permaculture comme celles vues plus haut.

Le regard des autres : un jardin mené en permaculture peut donner l’impression d’un jardin mal entretenu et les non-connaisseurs auront alors tendance à critiquer « les mauvaises herbes » parsemant votre parcelle… Tenez bon et soyez pédagogues!

Pour aller plus loin sur la permaculture au jardin

Pour appliquer concrètement les techniques prônées en permaculture dans votre potager, je vous recommande la formation vidéo de Nicolas Larzillière : « Adoptez la permaculture au potager« .

 

  • Bonjour Gilles,
    Bonjour à tou-te-s,

    J’avoue avoir toujours un peu de mal lorsque sont évoquées « les techniques (qui se revendiquent) de la permaculture. Si les principes ont été clairement énoncés (tout en indiquant leur caractère non-exhaustif), que des méthodes de conception en découlant ont été élaborées, je ne pense pas qu’il soit possible d’identifier telle ou telle technique comme ‘relevant de la permaculture’. En effet, chacun peut selon moi piocher parmi les techniques existantes celles qui seront les plus appropriées pour son contexte spécifique (conditions pédo-climatiques, objectifs…), à commencer par la large palette des techniques agro-écologiques.
    Sans m’étaler plus avant sur le sujet, j’observe que lorsqu’est évoquée la permaculture – à travers les techniques mises en oeuvre notamment – on oublie un peu trop fréquemment d’évoquer son essence, à savoir l’éthique sur laquelle elle repose…

    Bien amicalement,

    Jérôme, jardinier-maraîcher inspiré par la permaculture

  • Bonjour a tous !
    Je suis à fond dedans en ce moment : je viens de passer un weekend tres agréable en stage d’initiation à la permaculture (2 jours de cours et conférences), et je suis revenu avec un beau diplôme ! Bien entendu , en 2 jours , on ne voit que les bases et fondements de cette « science » qui est enseignée par des specialistes , avec différents niveaux et agréments .
    La suite , c’est le stage de 72 h ( 2 semaines complètes ) que je ferai sans doute l’an prochain .
    C’est une vaste discipline et je pense que ça vaut bien de lancer un sujet sur le forum de l’espace formation ?

  • Bonjour Gilles,
    Je viens de relire ton article sur la permaculture. Je commence à y comprendre quelque chose.
    La question que je me pose est celle-ci : Comment faire de la permaculture lorsque chaque décimètre carré est, sitôt libre, envahi par les galinsogas?
    C’est une invasion permanente. Pour te donner une idée, certains avaient escaladé les asperges. J’en ai marre, vraiment.
    Amitiés. Yvon.

  • Bonjour Yvon,
    La permaculture repose notamment sur un principe de couverture permanente du sol, que ce soit sous forme de buttes vivantes, de paillage ou de culture d’engrais verts… ces différentes techniques permettent, avec le temps, d’éradiquer nombre d’herbes indésirables.
    Concernant les galinsogas, il semblerait (je parle au conditionnel car je n’ai jamais testé) qu’un paillis de seigles (épais de 3-4 cm), sur les cultures légumières, éradiquait efficacement cette adventice.
    Les engrais verts d’été fournissent également une excellente couverture de sol capable de venir à bout des galinsogas.

    Un second principe de la permaculture : faire avec ce qui pousse naturellement… et les galinsogas sont justement comestibles (voir ici) !

    Amitiés,
    Gilles

  • Bonjour,
    Après avoir lu et regardé des vidéos, pour comprendre ce qu’est l a permaculture, je n’ai pas trouvé vraiment de synthèse sur le sujet.
    En effet, je trouve dans certains cas la mise en place de carton, dans d’autre pas, il n’est pas précisé l’intérêt de chaque methode.
    Quand à l’arrosage, on me dit qu’il n’est plus necessaire d’arroser ?
    Je m’y perd

  • Bonsoir,
    La permaculture est un domaine très vaste. Les pratiques dépendent du sol, du climat, des matériaux disponibles… bref, une synthèse est tout simplement impossible.
    Expérimentez ! lisez des livres complets (liens en bas de l’article) voilà le seul conseil adapté…
    Pour ce qui concerne le carton, son intérêt premier est d’empêcher les repousses d’adventices. Il n’est donc pas indispensable, mais utile.
    Pour l’arrosage, tout dépend de la région dans laquelle vous vous trouvez : en Bretagne, ils peuvent en effet être nuls car les pluies suffisent. En climat méditerranéen, cela risque d’être plus compliqué.
    Cordialement,
    Gilles

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